Fatiha Moudni élue à la tête du Conseil de la ville de Rabat

La nouvelle maire de Rabat a été élue ce lundi 25 mars.

Fatiha Moudni succède ainsi à Asmae Rhlalou, qui a présenté sa démission le 28 février dernier, après des mois de blocage à la mairie de Rabat.

Conseil de Rabat : Rhlalou recadrée après une paralysie des services administratifs ?

Le feuilleton des blocages et conflits au sein de la mairie de Rabat se poursuit. Le nouvel épisode concerne la maire et le directeur des services. En conflit avec ce dernier, pourtant nommé par ses soins, Asmae Rhlalou lui a retiré toutes ses délégations ainsi que le pouvoir de signature.

L’origine du conflit, d’après les élus sondés par Médias24, est le refus du directeur de valider des décisions de la maire portant sur des prétendus avancements professionnels de ses proches.

Cette situation a entraîné un blocage administratif de la mairie pendant plusieurs jours.

Un retrait de signature qui provoque la paralysie des services administratifs

« Le directeur des services s’est vu interdire l’accès à son espace de travail par la maire. Celle-ci a souligné que les bureaux étaient les siens et que personne n’avait le droit d’y accéder sans son accord. Il a donc fait constater par un huissier de justice qu’on l’empêchait d’y accéder », affirme à Médias24 l’élu d’opposition Omar Hayani.

L’élu ajoute qu’après cet incident, Rhlalou lui a retiré toutes ses délégations avant de s’envoler pour la Chine, où elle a séjourné dix jours pour assister à un congrès des maires dans la ville chinoise Guangzhou.

Durant cette période, le retrait de ses pouvoirs a empêché l’approbation de contrats de travaux, d’achat de fournitures ou de services, de valider des documents relatifs à la perception des revenus ou des décaissements de la commune et, enfin, de signer toutes les correspondances administratives.

En l’absence de la maire, une situation de blocage total s’est installée à la mairie du 30 novembre au 11 décembre, sans aucun responsable pour gérer les affaires administratives comme les virements des salaires ou le règlement des factures des prestataires.

Plusieurs entrepreneurs ont menacé d’organiser un sit-in devant la commune si leurs dossiers n’étaient pas réglés, et si les documents nécessaires ne leur étaient pas rapidement remis pour mener à bien les démarches administratives liées à certaines de leurs transactions.

Les élus évoquent une intervention du wali pour mettre fin au blocage

Des conséquences fâcheuses pour la capitale, qui ont justifié une intervention de la wilaya, selon Hayani.

Dès son retour, Rhlalou a signé un document (ci-dessous) annulant sa décision antérieure, et restituant au directeur des services toutes les autorisations qui lui avaient été retirées.

Et d’ajouter qu’Asmae Rhlalou a commis une grave erreur stratégique en retirant ses délégations au directeur des services, car elle a compromis les affaires et la bonne marche de la commune.

« La présidente a outrepassé sa fonction et que cela pourrait entraîner sa destitution dans le cas d’une récidive qui porterait atteinte aux intérêts de la commune », estime notre interlocuteur.

Une erreur stratégique commise par la maire dont se félicite l’un de ses opposants, l’élu Driss Razi (RNI). Ce dernier explique qu’en cas de récidive, Asmae Rhlalou pourrait être suspendue par le wali qui convoquera tous les élus pour élire un nouveau président sans obligation d’attendre octobre 2024 pour que le conseil puisse voter son départ à la majorité des deux tiers.

Ci-après, les documents destinés au directeur des services signés par la présidente du conseil de la ville de Rabat. Les deux premiers sont datés du 30 novembre et annulent la délégation de signature. Le troisième est daté du 11 décembre et accorde de nouveau une délégation de signature.

 

 

Mairie de Rabat : Asmaa Rhlalou accusée de favoriser l’avancement professionnel de ses proches

Après la paralysie des travaux de la mairie, des élus dénoncent les violations du règlement régissant la transparence des épreuves de l’examen d’aptitude professionnelle (EAP) des agents communaux.

Asmaa Rhlalou est accusée, selon nos sources, de vouloir favoriser l’avancement interne de ses proches au terme des examens qui ont eu lieu la semaine dernière. Pour cela, elle a évincé plusieurs de ses détracteurs, comme les présidents d’arrondissement qui devaient faire partie de la commission des correcteurs.

Alors qu’elle avait nommé les membres de cette commission chargée de superviser le déroulement des épreuves écrites et orales de l’édition 2023 de cet examen, la maire a ensuite décidé de changer sa composition en nommant un nouveau jury qui serait, de surcroît, présidé par une personne extérieure à la commune.

Selon nos sources, la tenue d’un sit-in des représentants syndicaux de la commune est désormais envisagée pour protester contre « les manipulations de la maire ».