Les équipements des Assemblées annuelles BM-FMI seront réutilisés pour les écoles affectées par le séisme d’Al Haouz

Cette décision intervient en application des orientations royales, appelant l’ensemble des intervenants à apporter le soutien nécessaire aux citoyens affectés par le séisme d’Al Haouz et à trouver des alternatives permettant à tous les élèves des établissements d’enseignement touchés par ce tremblement de terre de reprendre leurs études, a indiqué Mohammed El Kharmoudi dans une déclaration à la presse en marge de ces Assemblées.

Il sera ainsi procédé à la réutilisation et à l’exploitation des équipements et du matériel destinés à l’organisation des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, dans le cadre des travaux de réaménagement des établissements scolaires affectés par le tremblement de terre, a ajouté M. El Kharmoudi.

(Avec MAP)

Le FMI, la Banque mondiale et le Maroc publient une déclaration des « Principes de Marrakech »

À l’occasion des Assemblées annuelles 2023 de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Marrakech, Ajay Banga, président de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances du Royaume du Maroc, et Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, ont publié le mercredi 11 octobre 2023, la déclaration suivante, annonce le FMI :

« Alors que la communauté mondiale se réunit à Marrakech, nous devons nous serrer les coudes, unis dans l’objectif de protéger notre prospérité future et de mettre fin à l’extrême pauvreté. Les perspectives de croissance mondiale à moyen terme sont à leur plus bas niveau depuis des décennies. Les effets néfastes des crises successives sont de plus en plus apparents, au moment même où de nombreux pays luttent pour surmonter une inflation élevée, un endettement élevé et d’importants déficits de financement pour fournir des services de base, soutenir les infrastructures et l’action climatique, et lutter contre la pauvreté, les inégalités et la fragilité croissantes.

« Le monde est devenu plus sujet aux chocs, avec des risques accrus pour la croissance, le développement, l’emploi et le niveau de vie, qui creusent les inégalités au sein des pays et entre eux. Les économies émergentes et en développement ont été particulièrement durement touchées. L’écart de revenus avec les économies avancées s’est encore creusé, et le monde n’est pas sur la bonne voie pour éliminer l’extrême pauvreté d’ici 2030.

« Notre compréhension des principaux risques et forces perturbatrices auxquels est confrontée l’économie mondiale a évolué : la menace existentielle posée par le changement climatique, les disparités croissantes en matière de revenus et d’opportunités et les tensions géopolitiques s’intensifient. La numérisation rapide et les transformations technologiques créent de nouveaux défis, mais aussi des opportunités, et aucun pays ne doit être laissé de côté.

« Marrakech 2023 est un appel à une action collaborative mondiale renforcée face aux défis communs, afin que nous puissions renforcer la résilience et élargir les opportunités pour un avenir meilleur.

« Ces 4 Principes de Marrakech pour la coopération mondiale fournissent un cadre général pour aider à exploiter le pouvoir du multilatéralisme au bénéfice de tous. »

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En voici le détail :

1. Revigorer une croissance inclusive et durable

Promouvoir des réformes structurelles propices à la croissance visant à renforcer la gouvernance, l’État de droit, le commerce et l’environnement des affaires afin d’attirer de nouveaux investissements et de créer des emplois.

Élargir les sources de financement en stimulant la mobilisation des ressources intérieures, en intensifiant la fourniture et l’utilisation efficace des ressources concessionnelles, en exploitant les ressources des donateurs, en favorisant l’investissement direct étranger et en catalysant le financement du secteur privé, tout en améliorant l’efficacité des dépenses publiques.

Lutter contre la fragilité en utilisant efficacement les mécanismes de soutien aux États fragiles et touchés par des conflits et en s’attaquant conjointement aux sources mondiales d’insécurité alimentaire et énergétique.

2. Renforcer la résilience

Renforcer les capacités institutionnelles en construisant des institutions et des cadres politiques plus solides avec le soutien des organisations internationales.

Maintenir la stabilité extérieure en poursuivant des politiques macroéconomiques saines et éviter les retombées perturbatrices sur d’autres pays.

Renforcer les cadres de gestion et de résolution de la dette publique en améliorant la gestion de la dette extérieure et intérieure et en améliorant l’efficacité et la rapidité de la restructuration de la dette.

Améliorer la préparation et l’atténuation des crises mondiales en augmentant la résilience des chaînes d’approvisionnement, en renforçant la préparation aux pandémies, en renforçant les secteurs financiers, en entreprenant des ajustements macroéconomiques en temps opportun, en mettant en place une protection sociale adaptative et en renforçant le filet de sécurité financière mondial.

Découpler la croissance des risques climatiques en développant les capacités de gestion et de mise en œuvre de stratégies rentables de réduction et de planification des risques de catastrophe, en permettant la construction et l’entretien d’infrastructures résilientes aux chocs climatiques et aux catastrophes, en renforçant les efforts régionaux contre les défis écologiques susceptibles de conduire à des migrations forcées, notamment en préserver la biodiversité et promouvoir des pratiques de gestion durable des terres et de l’eau.

3. Soutenir les réformes transformationnelles

Accélérer la transition verte à travers une détermination des efforts de tous les pays pour faire progresser la décarbonation de leurs économies sur la base des principes de l’Accord de Paris, tout en garantissant la sécurité énergétique tout au long de la transition.

Gérer les transformations technologiques pour éviter la fragmentation numérique, réduire la fracture numérique, faciliter la création de systèmes de paiement nationaux et transfrontaliers modernisés et efficaces et favoriser l’inclusion financière. Des règles et réglementations harmonisées au niveau international doivent également être élaborées en tandem sur les actifs cryptographiques, la protection des données, la cybersécurité et l’intelligence artificielle.

Améliorer les systèmes de santé et la préparation grâce à un travail collaboratif visant à renforcer la sécurité sanitaire mondiale en améliorant la couverture sanitaire universelle, en renforçant les systèmes de santé et en établissant des mécanismes mondiaux pour garantir un accès équitable aux vaccins et aux médicaments.

Promouvoir une éducation équitable et de qualité pour faire progresser les efforts mondiaux en faveur d’une éducation inclusive et équitable de qualité, élargir l’accès à l’enseignement de la petite enfance, du primaire et du secondaire, et améliorer la qualité pour garantir l’apprentissage en classe.

Construire l’égalité des sexes pour élargir et permettre les opportunités économiques, autonomiser et impliquer les femmes en tant que leaders.

4. Renforcer et moderniser la coopération mondiale

Renforcer le système monétaire international et ses règles, conventions et institutions pour répondre aux besoins des pays et faciliter le commerce, les paiements et les flux d’investissement transfrontaliers.

Renforcer le système commercial multilatéral pour soutenir la coopération et la croissance économiques mondiales en veillant à ce qu’il soit fondé sur des règles, non discriminatoire, juste, ouvert, inclusif, durable et transparent et doté de mécanismes efficaces de règlement des différends.

Renforcer la collaboration, car le FMI et la Banque mondiale s’engagent à travailler en étroite collaboration, et avec des partenaires, pour aider les pays membres à relever les défis et à tirer parti des opportunités.

Maroc-SFI : quatre accords de financement de 195 millions de dollars

« Ce financement contribuera également au soutien de la stratégie de redressement économique du Maroc à la suite du tremblement de terre dévastateur qu’a connu le pays en septembre », explique l’entité financière dans un communiqué.

Les investissements portent sur :

  1. Un prêt de 106 millions de dollars consenti à OCP, le plus grand producteur mondial d’engrais à base de phosphate, destiné à financer son ambitieux programme de centrales solaires et contribuer à l’écologisation des systèmes alimentaires mondiaux ;
  2. Un mécanisme de partage des risques de 36 millions de dollars mis en place avec la Banque Centrale Populaire (BCP) et la Compagnie marocaine de goutte-à-goutte et de pompage (CMGP), une entreprise marocaine qui produit et distribue des systèmes d’irrigation, destiné à soutenir l’agriculture durable au Maroc, notamment dans la région touchée par le tremblement de terre ;
  3. Une prise de participation de 10 millions de dollars, en partenariat avec Mediterrania Capital, au capital du fournisseur de services financiers marocain Cashplus, dans le but de favoriser l’inclusion financière et l’accès aux services financiers dans le pays ;
  4. Un prêt vert de 45 millions de dollars octroyé au cimentier marocain Ciments de l’Afrique (Cimaf), visant à soutenir la production de ciment bas carbone en Afrique.

Par ailleurs, IFC a annoncé qu’elle fournira des services-conseils, en collaboration avec le Centre régional d’investissement (CRI) de la région de Marrakech-Safi, afin d’évaluer l’impact du tremblement de terre sur l’économie locale et de prendre les mesures adaptées pour soutenir les entreprises touchées.

« Ce soutien consultatif fait partie d’un programme de réponse plus large du groupe de la Banque mondiale visant à mobiliser des financements et de l’expertise pour aider le Maroc à reconstruire et à rétablir les communautés touchées par le tremblement de terre », explique t-on.

À cette occasion, Nadia Fettah a souligné « la qualité de ces nouveaux projets ciblant des domaines de coopération importants pour le Royaume du Maroc, notamment le développement durable, l’agriculture, l’inclusion financière et l’expansion en Afrique« .

La ministre se dit « convaincue que la qualité des projets financés par la SFI ne manquera pas d’avoir des effets positifs sur la croissance et sur l’inclusion économique et sociale, en particulier des jeunes et des femmes ».

Elle estime que « la qualité de l’appui apporté par la SFI » au Maroc et aux partenariats « qui se renforcent » entre l’institution et les entités publiques et privées du Royaume, permettent de confirmer la position de la SFI « en tant que partenaire privilégié pour la dynamisation du secteur privé au Maroc et pour l’expansion des entreprises marocaines en Afrique ».

Les assemblées annuelles du FMI et la Banque mondiale maintenues à Marrakech (officiel)

La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva avait annoncé une décision à ce sujet ce lundi 18 septembre. « Restez à l’écoute. D’ici lundi, nous aurons pris une décision en tenant compte de tous les facteurs », a déclaré Kristalina Georgieva à l’agence Reuters vendredi 15 septembre.

Ce lundi 18 septembre, l’annonce était donc très attendue. C’est désormais chose faite. Tard dans la soirée (23h38 heure marocaine), le communiqué officiel est publié. Il annonce la décision conjointe des deux institutions et des autorités marocaines « de tenir les Assemblées annuelles 2023 à Marrakech du 9 au 15 octobre, en adaptant le contenu aux circonstances ».

Voici le contenu du communiqué conjoint :

« Depuis le tremblement de terre dévastateur survenu au Maroc le 8 septembre, les services de la Banque mondiale et du FMI ont travaillé en étroite coordination avec les autorités marocaines et une équipe d’experts pour évaluer minutieusement la capacité de Marrakech à accueillir les Assemblées annuelles de 2023. En entreprenant cette évaluation, les principales considérations étaient que les réunions ne perturberaient pas les efforts vitaux de secours et de reconstruction et que la sécurité des participants puisse être assurée. Après un examen attentif des conclusions, les Directions de la Banque mondiale et du FMI, ainsi que les autorités marocaines, ont convenu de tenir les Assemblées annuelles 2023 à Marrakech du 9 au 15 octobre, en adaptant le contenu aux circonstances.

« Alors que nous envisageons les réunions, il est de la plus haute importance que nous les menions d’une manière qui n’entrave pas les efforts de secours en cours et qui soit respectueuse des victimes et du peuple marocain. En cette période très difficile, nous pensons que les Assemblées annuelles offrent également l’occasion à la communauté internationale de se tenir aux côtés du Maroc et de son peuple, qui a une fois de plus fait preuve de résilience face à la tragédie. Nous restons également déterminés à assurer la sécurité de tous les participants. »

Le maintien de cet évènement international dans la ville ocre est un soulagement pour le Maroc, particulièrement pour le secteur touristique à Marrakech, et un signal fort de la part du FMI et la BM.

L’annonce des deux institutions internationales a d’ailleurs été suivie de la publication d’un communiqué du ministère de l’Economie et des finances qui souligne l’importance du maintien de l’évènement : « Cette confirmation intervenant dix jours après le séisme qui a frappé la province d’Al-Haouz située à 70 km de Marrakech, vient conforter encore une fois la confiance des deux institutions internationales dans la résilience du Royaume et sa capacité à faire face aux situations de crise dont il a fait preuve aux cours des dernières années, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. »

« Ainsi, du 09 au 15 octobre 2023, Marrakech sera bien la ville hôte de ce grand rendez-vous annuel de la finance internationale et accueillera les Ministres des finances et les Gouverneurs des banques centrales de 189 pays membres. Des dirigeants du secteur public, des parlementaires, des décideurs et experts du secteur privé, des représentants d’ONG, des économistes, des universitaires, et des médias internationaux, se réuniront dans la ville ocre, pour débattre des enjeux économiques mondiaux, des défis du développement, et politiques de financement dans un contexte de ralentissement exacerbé par une montée des tensions géopolitiques », ajoute le communiqué marocain.