Assurances : les primes atteignent 48,3 MMDH à fin septembre 2025

Le secteur des assurances a poursuivi sa progression au troisième trimestre 2025. Selon les statistiques publiées par l’ACAPS, le marché a généré 13,2 MMDH, en hausse de 6,5% par rapport au T3-2024.

En cumul depuis le début de l’année, les primes atteignent 48,3 MMDH, en hausse de 7,2%. La branche vie génère 21 MMDH (+6,9%), tandis que la non-vie atteint 27,3 MMDH (+7,5%).

Cette amélioration résulte principalement de la vigueur du segment non-vie, tandis que l’activité vie évolue de manière plus contrastée.

Sur le seul T3-2025, la non-vie a totalisé 7,1 MMDH de primes, en hausse de 9,3%. Cette croissance est d’abord portée par l’automobile, qui atteint 3,5 MMDH (+10,1%) et par les accidents corporels, qui s’élèvent à 1,5 MMDH (+8%).

Aussi, l’activité vie a atteint pour sa part 6,1 MMDH de primes, en hausse de 3,4% sur un an. Mais l’évolution est hétérogène. L’épargne en dirhams se contracte à 4,4 MMDH (-6,5%), alors que les garanties décès progressent à 841,7 MDH (+8,2%).

L’épargne en unités de compte enregistre, quant à elle, une progression exceptionnelle pour atteindre 766,6 MDH sur le troisième trimestre 2025 (+141,1%).

Sanlam Maroc et Lana Cash lancent « Assurance Al’Rah7a »

Sanlam Maroc et Lana Cash, filiale du Groupe CIH Bank, annoncent le lancement de « Assurance Al’Rah7a« , une nouvelle gamme de micro-assurance pensée pour protéger chaque foyer marocain.

« Cette initiative traduit l’engagement des deux partenaires à rendre l’assurance accessible et concrète pour tous, en accompagnant chaque famille marocaine à s’assurer et protéger son avenir », souligne le communiqué.

Ainsi, les deux partenaires mettent « la simplicité, l’accessibilité et la proximité au cœur de leur approche, avec l’objectif de répondre aux besoins essentiels du quotidien : protéger sa famille, soutenir ses parents et préserver la stabilité financière face aux imprévus de santé ».

À cela s’ajoute une offre structurée en trois produits distincts, adaptés aux besoins et budgets de chacun. « Amane Al Ousra garantit, en cas de décès, le versement d’un capital défini à l’avance afin d’assurer la sécurité financière de la famille de l’assuré », précise le communiqué.

« Amane L’Walidine offre, pour sa part, une rente trimestrielle destinée aux parents de l’assuré, afin de leur garantir un soutien stable et durable », poursuit-il.

Enfin, « Istichfaa Cash prévoit le versement d’une indemnité journalière en cas d’hospitalisation, permettant ainsi de couvrir les charges du quotidien et de préserver la sérénité du foyer ».

Avec ce lancement, Sanlam Maroc et Lana Cash réaffirment enfin « leur engagement à promouvoir une assurance inclusive, notamment pour les populations encore éloignées des circuits financiers traditionnels, offrant ainsi à chaque Marocain la possibilité de s’assurer pour un avenir en toute confiance ».

ACAPS. Les primes d’assurance atteignent 18,2 MMDH au T1-2025

Les primes du secteur des assurances ont atteint 18,2 MMDH au premier trimestre 2025, en progression de 5,5% sur un an, selon les dernières statistiques de l’ACAPS.

La dynamique est tirée par la branche vie, avec un net regain d’intérêt pour les supports en unités de compte (UC).

L’assurance-vie poursuit sa reprise, avec 6 MMDH de primes émises au T1, en hausse de 8,7% par rapport à la même période de 2024.

Du côté de la branche non-vie, la croissance reste positive mais plus contenue (+3,9%), avec un volume global de 12,2 MMDH de primes.

Les actifs gérés par les assureurs ont progressé de 1,3% par rapport à décembre 2024 pour s’établir à 222,8 MMDH.

Sur le plan technique, les assureurs ont versé 10 MMDH de prestations au cours du trimestre, soit une hausse de 6,9%. Cette charge est portée par la branche vie (+9,2%), tandis que la non-vie progresse de 5,4%.

Assurance automobile : vers une refonte du barème d’indemnisation, inchangé depuis 40 ans

Casablanca a accueilli cette semaine [16 et 17 avril 2025] la 11ᵉ édition du Rendez-vous de l’assurance, devenu au fil des ans un carrefour mondial de réflexion, d’échange et d’inspiration.

« Les plus hautes instances de notre secteur nous font l’honneur de leur présence : la FANAF, la GAIF, l’OAA, Insurance Europe, GFIA… Nous avons également parmi nous les représentants de la régulation américaine et européenne, des actuaires et des insurtechs pour les acteurs du secteur, venus des quatre coins du globe. L’heure est au partage d’expériences, mais aussi aux annonces concrètes », affirme Mohamed Hassan Bensalah, président de la Fédération marocaine de l’assurance (FMA).

« J’ai le plaisir de vous faire part de l’avancée de deux projets structurants dans notre marché : la dématérialisation de l’attestation d’assurance automobile et la mise en place d’une plateforme de paiement multicanal. Tous deux devraient être déployés au cours du 2ᵉ semestre de cette année« , annonce-t-il.

Mais au-delà de ces avancées, d’autres évolutions majeures risquent de bouleverser le secteur dans les mois à venir. La première concerne la révision du barème d’indemnisation en assurance automobile, resté inchangé depuis 1984.

« Cette mise à jour, nécessaire, aura un impact non négligeable sur les niveaux de prix. En parallèle, la révision des critères tarifaires devrait nous permettre de mieux ajuster les primes aux profils de nos clients, dans une logique de tarification plus équitable ».

La seconde grande évolution porte sur le basculement progressif des assurés santé vers le régime universel. « C’est un chantier que nous anticipons depuis longtemps. L’échéance approche, et il est désormais essentiel d’intensifier notre collaboration avec la CNSS afin de garantir une transition fluide et de simplifier les démarches pour nos assurés ».

IA : entre opportunités et responsabilités

« L’assurance demeure un pilier de stabilité. Un métier qui protège, qui accompagne et qui anticipe. Un métier plus que jamais essentiel pour la résilience de nos sociétés ».

Pourtant, ce métier est désormais bousculé par l’innovation majeure qu’est l’intelligence artificielle. « Elle touche déjà tous les maillons de notre chaîne de valeur : de la souscription à la gestion des sinistres, de la relation client à la détection de fraudes ».

« Cette révolution doit être accompagnée, encadrée et pensée de manière éthique et responsable. Nous devons travailler en étroite collaboration avec les régulateurs pour mettre en place un cadre réglementaire adapté qui encourage l’innovation tout en protégeant les assurés ».

Dans ce sens, un défi central émerge, celui de préserver la mutualisation du risque face à la personnalisation accrue. « L’IA permet une tarification plus fine, mais l’ADN de notre métier repose sur la solidarité. Nous devons veiller à ce que la technologie ne devienne pas un facteur d’exclusion, mais bien un levier d’inclusion, d’équité et de progrès collectif ».

Pour une assurance plus inclusive et plus proche

« L’IA permet d’atteindre des populations peu ou mal couvertes, d’adapter les produits à leurs besoins réels, et de simplifier des parcours souvent jugés complexes ou intimidants », ajoute-t-il.

« Nous devons continuer à élargir nos canaux de distribution dans une logique pleinement multicanale, en exploitant les opportunités offertes par le digital et par l’IA ».

« Il est essentiel de favoriser l’émergence des Insurtech et des Deep Tech. Ces jeunes pousses agiles et innovantes sont de véritables catalyseurs pour notre secteur. Accompagner ces acteurs, c’est investir dans l’avenir de notre profession ».

Cybersécurité : urgence à modéliser les risques

Les attaques sont de plus en plus sophistiquées. Leurs impacts économiques se chiffrent en centaines de millions, parfois plus. Et pourtant, la couverture des risques cyber reste encore marginale.

« Il devient impératif de mieux comprendre ces risques, de les modéliser avec précision, afin de pouvoir les couvrir de façon fiable, pérenne et adaptée à leur complexité croissante ».

« Les grands réassureurs ont un rôle clé à jouer : leur expertise, leur solidité et leur vision long terme sont essentielles pour bâtir, ensemble, une véritable culture de la cyber-résilience ».

L’ACAPS lance le programme « Émergence » pour accompagner la transformation numérique des assurances

L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) a lancé, ce jeudi 3 avril, le « Programme Émergence« , dont l’objectif est de favoriser l’échange, de stimuler la créativité et de promouvoir une vision partagée pour accompagner la transformation numérique du secteur des assurances, indique un communiqué de l’ACAPS.

À travers une série d’ateliers organisés du 7 avril au 30 mai, les réflexions seront enrichies par l’apport d’experts internationaux et l’analyse de retours d’expérience concrets. L’objectif est en effet d’offrir aux acteurs du secteur un cadre structuré de réflexion, avec l’appui de talents technologiques qui contribueront à la modélisation des cas d’usage sous forme de prototypes simplifiés, explique la même source.

En favorisant le dialogue entre experts et acteurs du secteur, le Programme Émergence contribue à renforcer les synergies et à structurer une réflexion collective sur les défis et opportunités liés à l’innovation technologique. Il vise à faire émerger des cas d’usage innovants et porteurs d’impact pour le développement du secteur, ajoute le communiqué.

Le Programme Émergence est porté par la Cellule Innovation & Insurtech, créée en janvier 2023 par l’ACAPS. Sa mise en place répond à la nécessité d’anticiper les évolutions du marché, fortement influencées par l’essor des technologies numériques et leur impact sur les modèles économiques et les attentes des consommateurs.

ACAPS. Les primes collectées en 2024 en hausse de 5,3%

Les primes en assurance vie ont totalisé 27,2 MMDH en 2024. L’épargne en dirhams représente 22,1 MMDH avec une augmentation de 3,7%, tandis que l’épargne en unités de compte affiche une forte progression de 31,1% pour atteindre 1,65 MMDH. Les primes décès se stabilisent à 3,46 MMDH avec une augmentation de 3,7%.

Les primes non-vie ont atteint 32,5 MMDH en 2024. L’assurance automobile reste dominante avec 15,3 MMDH en hausse de 6,2%, dont 12,6 MMDH pour la responsabilité civile (+5,6%).

L’assurance incendie progresse à 2,5 MMDH avec une croissance de 9,7%, tandis que les accidents du travail et maladies professionnelles s’établissent à 2,75 MMDH (+7,7%).

En revanche, l’assurance transport diminue à 808,6 MDH en recul de 3,9% et les risques techniques chutent à 377,4 MDH avec une baisse de 17,8%, reflétant un repli du marché des grands projets industriels.

Les placements affectés aux contrats d’assurance s’élèvent à 219,9 MMDH en 2024, enregistrant une légère hausse de 1,1%.

Les actifs de taux atteignent 104,9 MMDH, soit 48% du total, tandis que les actifs d’actions s’élèvent à 93,7 MMDH, correspondant à 42%. Les dépôts en comptes indisponibles s’établissent à 2,6 MMDH, enregistrant une baisse de 39,7%.

Les placements affectés aux contrats en unités de compte ont atteint 3,209 MMDH, affichant une hausse de 17,3%.

Les prestations payées par les assureurs ont reculé de 12,1% en 2024, totalisant 10,6 MMDH. Cette baisse pourrait refléter une diminution du volume des sinistres ou des ajustements dans les politiques d’indemnisation.

Ouverture à Marrakech de la 49e assemblée générale de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines

Les travaux de la 49e assemblée générale de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF) ont débuté, lundi 24 février, à Marrakech, sur le thème « Développement inclusif et durable de l’assurance en Afrique ».

S’exprimant à cette occasion, le président de la FANAF, César Ekome Afene, a expliqué que le thème de cette session met l’accent sur l’assurance inclusive et la nécessité d’apporter des solutions adaptées aux besoins des populations, insistant sur l’importance d’identifier ces besoins en amont et sur le rôle des assurances publiques, de la micro-assurance, de la digitalisation et des nouveaux modes de distribution.

Il a également souligné l’élargissement du périmètre des risques assurés, incluant le changement climatique, les crises financières et sanitaires, ainsi que les défis de sécurité, estimant que l’industrie de l’assurance doit innover pour répondre aux attentes croissantes en matière d’inclusion et de durabilité.

Relevant l’importance d’une action coordonnée dans cette dynamique et la nécessité d’une approche fondée sur des outils de modélisation et des instruments de prévention, M. Ekome Afene a fait état de l’amélioration du taux de pénétration de l’assurance.

 

Lors de cette rencontre, la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, a souligné la mise en place d’une stratégie nationale d’inclusion financière visant à élargir l’accès aux services financiers, avec une seconde phase prévue dès 2025. Elle a insisté sur l’importance de l’inclusion financière pour la stabilité économique et sociale, ainsi que sur les efforts du Royaume en matière de gestion des risques et d’adaptation au changement climatique.

Mme Fettah a mis en avant le régime de couverture des événements catastrophiques instauré en 2020, qui a prouvé son efficacité après le séisme d’Al Haouz.

Enfin, elle a évoqué la stratégie « Finance Climat 2030 », visant à mobiliser des financements privés pour renforcer la résilience du secteur financier face aux risques climatiques, tout en encourageant d’autres pays africains à adopter des solutions similaires.

De son côté, le président de la FMA, Mohammed Hassan Bensalah, a indiqué que l’assurance constitue un « levier de développement pour l’Afrique », ajoutant que le secteur fait face à différents défis qui représentent aussi des opportunités, compte tenu du potentiel immense du marché africain.

Il a mis en relief la nécessité d’élargir la couverture aux citoyens, notamment aux populations les plus vulnérables, affirmant que la micro-assurance constitue une priorité, et que le digital, bien qu’important, ne remplacera jamais la proximité avec les assurés.

M. Bensalah a, d’autre part, appelé à une approche collective pour harmoniser les cadres réglementaires et tracer la voie vers un marché unique de l’assurance en Afrique, faisant remarquer que le continent doit développer un modèle adapté à ses enjeux et à sa culture.

Pour sa part, le président de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), Abderrahim Chaffai, a fait observer que la stratégie nationale d’inclusion financière joue un rôle clé dans la promotion de l’assurance inclusive, puisqu’elle vise à démocratiser l’accès aux services financiers et à élargir la couverture aux populations vulnérables par la microassurance et la diversification des cadres de distribution.

Il a, dans la foulée, insisté sur l’importance de développer un écosystème assurantiel inclusif, en intégrant des solutions numériques comme la vente en ligne des produits d’assurance, et en réduisant les écarts de protection pour permettre une plus grande inclusion financière.

M. Chaffai a, en outre, mis en avant le rôle de l’assurance dans le développement durable et la résilience climatique, notant que le Maroc a développé un régime d’assurance contre les catastrophes, incluant un Fonds de solidarité pour les non-assurés.

Cette 49e assemblée générale sera l’occasion pour les participants d’échanger sur diverses thématiques, notamment le rôle de l’assurance et de la réassurance pour combler le déficit de protection, la contribution du secteur de l’assurance à la durabilité des économies africaines, ainsi que le rôle de la régulation pour l’accélération de l’innovation et du développement de l’assurance en Afrique.

(Avec MAP)

L’ACAPS réélue à la vice-présidence du comité exécutif de l’IAIS

L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) maintient sa position stratégique au sein de l’IAIS.

Cette réélection témoigne de la reconnaissance continue des efforts et de l’engagement de l’ACAPS en faveur des marchés émergents et des économies en développement (EMDE), se félicite l’ACAPS dans un communiqué. Le mandat de Siham Ramli consiste à coordonner les projets et activités de l’IAIS en lien avec les EMDE, tout en renforçant leur intégration au sein des structures et des initiatives de l’association.

Il convient de noter que l’Autorité poursuit également sa contribution active aux travaux de l’IAIS, en siégeant au comité exécutif en tant que représentant de la région MENA, ainsi qu’aux comités d’audit et des risques et d’implémentation et d’évaluation.

L’IAIS est l’organisme normalisateur du secteur des assurances à l’échelle internationale. À ce titre, elle définit les normes applicables à la supervision, aux opérateurs et au fonctionnement des marchés des assurances. Elle aide également à leur implémentation et leur mise en œuvre auprès des différentes juridictions membres. L’IAIS est membre du Financial Stability Board.

Ahmed Réda Chami : plus de 8,5 millions de Marocains ne bénéficient pas de l’AMO

Lors de son intervention d’ouverture à l’occasion de la publication de l’avis d’autosaisine du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur la généralisation de l’assurance maladie obligatoire de base, Ahmed Réda Chami a expliqué que le chiffre de 8,5 millions comprend environ 5 millions de personnes qui ne sont pas inscrites au système d’assurance santé, et 3,5 millions dans une situation dite de « droits fermés », ce qui signifie qu’elles ne peuvent pas bénéficier de la couverture, bien qu’elles soient inscrites.

Le président du CESE a souligné que la part des dépenses de santé directement prise en charge par les assurés s’élève à 50% du coût total des soins, ce qui est élevé par rapport aux normes internationales qui fixent un plafond de 25%, selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Banque mondiale. En conséquence, « certains assurés doivent renoncer aux traitements de base pour des raisons financières ».

Il a également indiqué que le taux d’inscription au système d’assurance santé a atteint aujourd’hui 86,5% de la population, contre moins de 60% en 2020.

Malgré les progrès réalisés, Ahmed Réda Chami a insisté sur l’existence de défis nécessitant un traitement minutieux, et sur l’importance d’écouter les acteurs et les experts pour garantir la durabilité et le succès de cet ambitieux projet.

Les apports de la généralisation de l’AMO

Dans sa présentation sur les réalisations et les apports de la généralisation de l’AMO contenus dans l’avis d’autosaisine, Fouad Benseddik, membre du CESE et rapporteur, a mis en lumière les importantes avancées réalisées par le Maroc en matière de couverture médicale universelle. « L’assurance maladie est désormais non seulement un droit, mais aussi une obligation légale pour tous les citoyens marocains ».

Le point central de la présentation concernait la mise en œuvre de la loi-cadre 09-21 du 23 mars 2021, publiée au Bulletin officiel le 6 octobre 2022, dont l’objectif était « l’élargissement de la couverture médicale d’ici à fin 2022 pour que 22 millions de bénéficiaires supplémentaires puissent accéder à l’assurance maladie obligatoire ». Cette assurance couvre « les frais des soins, des médicaments et d’hospitalisation », a-t-il rappelé.

Fouad Benseddik a également loué « la publication, à un rythme soutenu, des lois et décrets d’extension de l’assurance maladie obligatoire (AMO) », avec pas moins de 27 décrets adoptés pour étendre cette couverture, statuant que « tout citoyen marocain a désormais, de jure, le droit et l’obligation d’être immatriculé à un régime d’assurance maladie« .

Le rapporteur a expliqué que l’extension de l’AMO « s’est traduite, depuis fin décembre 2022, par l’immatriculation de 14,6 millions d’assurés supplémentaires ». Parmi ces nouveaux assurés, « près de 11 millions de personnes » ont été transférées depuis l’ancien régime Ramed vers le régime AMO Tadamon.

À fin septembre 2024, 31,8 millions de personnes ont été immatriculées, soit environ 86,5% de la population, estimée à 36,8 millions d’habitants.

Les retombées socio-économiques de la généralisation de l’AMO

Evoquant les retombées socio-économiques de la généralisation de l’AMO, Fouad Benseddik a précisé que « celle-ci réduit les coûts financiers des soins supportés par les ménages, ce qui libère leur pouvoir d’achat et stimule la demande ». De plus, « l’AMO stimule l’offre de soins et l’investissement privé dans le secteur de la santé, incluant les infrastructures, les cliniques, les pharmacies, les laboratoires et le matériel médical ».

En outre, « la généralisation de la protection sociale a amélioré l’inclusion financière des ménages », en permettant l’intégration de plus de 2 millions de nouveaux comptes bancaires, en raison notamment de l’obligation faite aux assurés de disposer d’un compte pour percevoir les aides sociales directes.

Le rapporteur a également mentionné l’impact de la couverture médicale sur l’économie nationale, indiquant qu' »une augmentation de 10% de la couverture médicale est généralement associée à une croissance de +0,3 % du PIB », selon la Banque mondiale.

Constats et mesures correctives

En ce qui concerne les constats relevés dans l’avis d’autosaisine, Fouad Benseddik a indiqué que « près de 25% des personnes immatriculées auprès des régimes contributifs du secteur privé, sous la gestion de la CNSS, se trouvent en situation de droits fermés ». En outre, « plus de 23% de la population marocaine, soit 8,5 millions de personnes, ne bénéficient pas de l’assurance maladie ». Parmi ces personnes, « 4,9 millions, représentant 13,5% de la population, ne sont immatriculées à aucun régime », tandis que « 3,5 millions sont immatriculées, mais se trouvent en situation de droits fermés, y compris du fait de tiers ».

Pour corriger ces lacunes, plusieurs mesures ont été prises, dont « le vote d’une amnistie pour les travailleurs non salariés (TNS) ayant trois mois d’impayés ou plus pour la période de novembre 2023 et antérieure ». Par ailleurs, « la conditionnalité des aides sociales directes à l’immatriculation et à la régularisation du paiement des cotisations de l’AMO » a été évoquée. Enfin, il a été prévu d’octroyer à la CNSS la possibilité de recourir aux procédures de recouvrement forcé, notamment via l’avis à tiers détenteur (ATD).

Les défis

Le CESE a relevé, dans son avis, les défis auxquels est confrontée l’accessibilité à l’offre de soins, rappelant que la généralisation de la couverture médicale obligatoire de base n’a de réalité matérielle que si chaque assuré peut « bénéficier d’une offre de soins accessible et de qualité ».

Fouad Benseddik a en premier lieu cité « l’inégalité de l’offre de soins au niveau territorial ». En effet, « cinq régions regroupent 64% des établissements hospitaliers et des structures d’appui au réseau hospitalier, ainsi que 79% des cliniques privées ».

Il a également évoqué la pénurie et l’exode des professionnels de santé, précisant que le Maroc compte seulement « 1,8 professionnel de santé pour 1.000 habitants« , alors que l’OMS recommande un seuil de « 4,45 professionnels pour 1.000 personnes » afin de garantir une couverture sanitaire universelle. Selon le ministre de la Santé et de la protection sociale, le Maroc fait face à « un manque de 32.000 médecins et de 65.000 infirmiers« .

Le membre du CESE a mentionné en outre les « incertitudes sur le calendrier de la refonte du système de santé », qui risquent de nuire à la généralisation de l’AMO. Le retard dans le développement de certaines infrastructures, comme les centres de santé de base et les pôles de santé de proximité, pourrait compromettre la qualité de l’offre de soins, alors que « l’offre de soins des centres médicaux créés par les mutuelles semble aujourd’hui gelée ».

Revenant sur les constats issus de l’enquête de perception menée par le CESE sur les défis liés à l’accessibilité des soins, Fouad Benseddik a indiqué que « le niveau de satisfaction général des assurés est modéré« , précisant que « le système de couverture est majoritairement perçu comme complexe, peu protecteur et insuffisamment clair quant aux prestations couvertes, aux coûts et aux conditions d’accès et de remboursement ».

Un autre constat préoccupant est « la persistance de la barrière financière », qui conduit « près de 60% de la population non couverte et 36% de la population assurée à renoncer aux soins ». En cause, « la nécessité d’avancer des frais importants et de patienter pour le remboursement », créant ainsi une « charge financière lourde, surtout pour les familles à revenu modeste ».

Il a également évoqué les « remboursements limités », soulignant que « les montants remboursés couvrent peu », et que « trop de dépenses restent à la charge des assurés, surtout pour les soins spécialisés ». De plus, « la faiblesse du remboursement entraîne des difficultés et mine même la couverture », car les frais non remboursés deviennent un obstacle majeur pour les familles aux ressources limitées.

Fouad Benseddik a mis en avant les « disparités d’accès aux soins entre les régions mais aussi entre le public et le privé ». Les zones urbaines sont mieux pourvues, offrant des « services de meilleure qualité », tandis que « les soins ne sont pas les mêmes partout, avec une différence notable entre l’urbain et le rural ».

Le secteur privé est souvent « préféré pour la qualité des soins », mais il est « coûteux », et les inégalités d’accès restent un problème majeur. « Même lorsque les services privés sont meilleurs, tout le monde ne peut se les permettre », a-t-il rappelé.

Il a aussi signalé « la faible adhésion au principe de l’AMO », expliquant que « 52% des personnes non couvertes ne sont pas prédisposées à y souscrire ». « La faiblesse de la couverture complémentaire » a également été soulevée puisque « seuls 8% des assurés en bénéficient ».

Les recommandations du CESE

Fouad Benseddik a cité plusieurs recommandations contenues dans l’avis d’autosaisine visant à améliorer l’efficacité du système de santé et de protection sociale au Maroc. Parmi les propositions, il a mentionné la nécessité de « mettre à l’étude des réformes législatives, réglementaires et techniques » pour rendre l’assurance maladie plus accessible et efficace.

Le rapporteur a souligné « la mise en place d’un identifiant national de sécurité sociale immatriculant tous les résidents au Maroc », avec une déclaration obligatoire et une mise à jour régulière. Cette tâche pourrait être confiée à « l’Agence nationale des registres » et nécessiterait « une révision des textes législatifs relatifs à la gouvernance et au financement de l’AMO ».

Il a également évoqué « la mise en place d’un régime national universel obligatoire de base« , géré par un organisme public dédié spécifiquement à cette branche de sécurité sociale. Ce régime inclurait « les contribuables, les assistés et les assurés, dans un cadre cohérent ».

Une autre proposition a porté sur « l’institution d’un cadre législatif spécifique pour permettre la création et la pérennisation des régimes de couverture complémentaire, gérés par des mutuelles ou des dispositifs d’assurance pour les entreprises ou les particuliers ».

Pour renforcer l’accès aux soins, Fouad Benseddik a également proposé de « supprimer la notion de fermeture des droits et de systématiser l’immatriculation ainsi que le recouvrement des cotisations ». Cela permettrait de s’assurer que personne ne se retrouve sans couverture en raison de formalités administratives.

Il a aussi suggéré d’explorer « la possibilité de dissocier la mission de l’administration des recettes et celle de la gestion des soins », en créant un organisme public indépendant qui pourrait assurer la gestion des immatriculations et des cotisations de manière plus efficace.

Il a mis en avant l’importance d’intégrer « les régimes dérogatoires maintenus au titre de l’article 114 de la loi n° 65-00, dans le système d’assurance maladie obligatoire de base ». Cette intégration viserait à unifier les différents régimes en un cadre unique, permettant ainsi de garantir à tous les assurés des prestations équitables, tout en prenant en compte les spécificités de chaque régime.

Fouad Benseddik a proposé de développer le tiers-secteur et de consacrer son caractère d’utilité publique sanitaire et sociale. Cela inclut la « révision des dispositions réglementaires permettant aux mutuelles de gérer, en sociétés filiales à but non lucratif, des structures de soins de proximité », et « l’établissement d’un cadre légal garantissant la pérennité de l’offre de soins en nature de la CNSS pour tous les assurés et leurs ayants droit ». Cette perspective permettrait d’aller vers « l’extension d’un réseau de polycliniques à l’échelle nationale ».

Parmi les autres recommandations, il a appelé à « élaborer un Code national de déontologie« , engageant toutes les parties prenantes à garantir l’intégrité des pratiques de facturation, à renforcer le droit à l’information et au consentement éclairé, ainsi qu’à instaurer « l’obligation d’affichage des droits des patients dans tous les établissements de soins ».

Le rapporteur a également insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance et la redevabilité. Parmi les mesures proposées, il a recommandé de « rendre plus représentative la composition des conseils d’administration des organismes gestionnaires et de renforcer leurs attributions et responsabilités ». Il a également proposé de « créer un Haut Conseil de l’AMO », qui jouerait un rôle de concertation, d’analyse et de consultation indépendante dans la gestion de l’AMO.

En outre, Fouad Benseddik a suggéré de « confier, conformément à l’article 15 de la loi n° 09-21, la gestion de l’AMO de base à un organisme public unifié » pour renforcer la cohérence du système. Il a appelé à « organiser régulièrement des assises nationales de la protection sociale », impliquant toutes les parties prenantes et favorisant le dialogue.

Une autre recommandation importante concerne « la mise en place des comptes satellites de la protection sociale« , qui permettraient une information numérique et analytique pour le suivi et l’évaluation des politiques sociales, ainsi que « la revue des comptes de l’AMO dans le cadre de la loi de finances » pour garantir une gestion financière responsable et alignée sur les objectifs nationaux.

 

Deux nominations chez Allianz Maroc

Cette nomination s’inscrit dans le cadre de la stratégie de renforcement de la structure de gouvernance de la compagnie, qui vise à apporter un savoir-faire externe et une expertise diversifiée et reconnue dans des secteurs clés, indique un communiqué d’Allianz Maroc.

« Nous sommes ravis d’accueillir Malika Youssoufine et Mohammed Amine Benhalima au sein de notre conseil d’administration. Leurs parcours exceptionnels et leurs expertises variées renforceront la capacité de la compagnie à répondre aux défis du secteur, tout en garantissant une gouvernance solide », déclare Abderrahim Dbich, administrateur directeur général d’Allianz Maroc, cité dans le communiqué.

Avec plus de trente ans d’expérience dans l’industrie et les services, Malika Youssoufine a occupé plusieurs postes de direction dans des multinationales de divers secteurs, notamment en tant que directeur général d’AXA Assistance Maroc. Son expertise couvre la transformation culturelle et organisationnelle, l’optimisation des processus RH et pratiques managériales, la RSE, ainsi que la gestion de projets à forts enjeux, note le communiqué.

En outre, elle participe activement à la promotion de la Responsabilité sociale des entreprises au sein de la CGEM, en tant que membre de la commission d’attribution du label RSE, dont elle a été vice-présidente de 2018 à juin 2023. Membre du Club des femmes administratrices (CFA), Malika Youssoufine est également engagée en faveur des questions liées à la parité et à la diversité.

Pour sa part, Mohammed Amine Benhalima développe une activité de conseil, et siège en tant qu’administrateur indépendant dans des sociétés cotées et non cotées à la Bourse des valeurs de Casablanca.

En tant que consultant pour la Banque mondiale, Mohammed Amine Benhalima contribue à la mise en œuvre de réformes pour le développement des marchés de capitaux au Maroc. Il est aussi membre de l’organisme d’évaluation des opérations de privatisation.

Avant cela, il a occupé des postes clés à la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), où il était directeur général adjoint. Il a également exercé en tant que président directeur général de Fipar-Holding, et en tant qu’administrateur directeur général de CDG Capital.

AtlantaSanad : le chiffre d’affaires demeure stable au premier semestre

Les revenus du groupe à fin juin ont atteint 3.096 MDH, stables par rapport à l’année précédente.

Cette évolution est issue de l’activité vie qui ressort avec un chiffre d’affaires de 669 MDH en hausse de +10,3%, soit +62 MDH en liaison avec le développement de la commercialisation des produits d’épargne.

Sur le segment non-vie, le chiffre d’affaires réalisé se situe à 2 427 MDH en retrait -2,1% par rapport à juin 2023, soit -52 MDH.

Cette baisse s’explique par le niveau important des affaires nouvelles réalisées en 2023 en risques techniques.

 

Le secteur bancaire marocain continue d’afficher des fondamentaux solides (CCSRS)

Le CCSRS a examiné et approuvé durant cette séance le rapport sur la stabilité financière au titre de l’année 2023 et fait le point sur l’état d’avancement de la feuille de route de stabilité financière couvrant la période 2022-2024, précise un communiqué.

Le Comité a également passé en revue les conclusions des travaux de son sous-comité mensuel ainsi que les résultats de l’évaluation des risques systémiques et noté à cet égard que les indicateurs de suivi continuent de montrer la solidité et la résilience du secteur financier marocain, poursuit la même source.

L’analyse de la situation du système financier au regard des évolutions économiques et financières, observées et attendues, a permis au Comité de relever les principaux constats suivants :

– L’économie mondiale, en dépit du resserrement monétaire, des tensions géopolitiques et des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, « a montré en 2023 une résilience notable accompagnée d’une atténuation tangible des pressions inflationnistes ». Toutefois, ces perspectives s’inscrivent en ralentissement en raison notamment des fortes incertitudes qui les entourent. Dans ce contexte, l’économie nationale a enregistré une nette amélioration de sa croissance, avec un rythme passant de 1,5% en 2022 à 3,4% en 2023.

Pâtissant d’une faible production agricole, « ce rythme devrait revenir, selon les projections de Bank Al-Maghrib, à 2,8% cette année avant de s’accélérer à 4,5% en 2025, tiré par la poursuite du raffermissement des activités non agricoles. »

Au niveau des comptes extérieurs, le déficit du compte courant s’est atténué en 2023 à 0,6% du PIB et devrait rester contenu, à 1,7% du PIB en 2024 et à 2,7% en 2025. Dans ces conditions, les avoirs officiels de réserve de Bank Al-Maghrib « continueraient de se renforcer pour assurer la couverture de près de 5 mois et demi d’importations de biens et services. »

Pour ce qui est des finances publiques, le déficit budgétaire poursuivrait son atténuation post-covid, se stabilisant à 4,4% du PIB en 2024 avant de s’alléger à 4,1% en 2025, tandis que l’endettement du Trésor connaitrait une légère hausse à 70,1% du PIB en 2024 avant de diminuer à 68,5% en 2025.

– Dans cette conjoncture et après une progression de 2,7% en 2023, le crédit bancaire au secteur non financier devrait enregistrer une accélération de son rythme à 4,4% au terme de cette année et à 5,2% en 2025.

Compte tenu de l’accroissement des créances en souffrance, le taux de sinistralité du secteur bancaire s’est établi à 8,5% à fin 2023 et à 8,8% à fin mai 2024. Le taux de couverture de ces créances par les provisions s’est maintenu autour de 68%.

Le secteur bancaire « continue d’afficher des fondamentaux solides ». Sur le plan de la rentabilité, le résultat agrégé des banques à fin 2023 a enregistré un rebond de 20,4% après une contraction de 13% en 2022, à la faveur principalement du net redressement du résultat des opérations de marché.

Au plan de la solvabilité, les banques ont dégagé, sur base sociale, un ratio moyen de solvabilité de 15,5% et un ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 de 12,9%, supérieurs aux minimas réglementaires de 12% et 9% respectivement.

Sur base consolidée, ces ratios se situent respectivement à 13,5% et 11,6%. De surcroit, l’exercice de macro-stress test de
solvabilité « continue de montrer la résilience du secteur bancaire face à des scénarios simulant la détérioration des conditions macroéconomiques ». Le ratio de liquidité à court terme « demeure à un niveau confortable », supérieur au seuil réglementaire de 100%.

– Pour ce qui est des infrastructures de marchés financiers, « elles continuent de faire preuve d’une forte résilience, tant sur le plan financier qu’au niveau opérationnel, et présentent toujours un niveau de risque faible pour la stabilité financière. »

– Concernant le secteur des assurances, en dépit de la hausse des taux d’intérêt, « il a pu maintenir sa croissance bien qu’à un rythme moins rapide ». Son chiffre d’affaires a atteint 55,9 milliards de DH à fin 2023, en légère progression de 3,9% portée principalement par celle de 5,8% de la branche non-vie.

La croissance de la branche vie, freinée notamment par le segment épargne, a, quant à elle, accusé une décélération sensible à 1,8% contre une moyenne de 11,9% au cours des dix dernières années.

Sur le plan de la rentabilité, le secteur a dégagé un résultat net comptable de 4,2 milliards de DH , en progression de 6,2%, portant ainsi le taux de rendement des fonds propres (ROE) à 9,6%.

Le ratio des plus-values latentes sur les placements s’est amélioré à 9,3%, dans un contexte de reprise du marché boursier, ce qui a eu un impact positif sur la marge de solvabilité du secteur qui a atteint 330,4% contre 312,7% un an auparavant. Cette marge, calculée sous le régime prudentiel actuel, reste au-dessus du seuil réglementaire mais ne couvre à ce stade que le risque de souscription.

Par ailleurs, les exercices de stress tests réalisés font ressortir une résilience globale des entreprises d’assurances à des conditions macroéconomiques et techniques défavorables.

– Sur le marché boursier, l’indice MASI s’est inscrit sur une tendance haussière, enregistrant depuis le début de l’année un gain de 10%, avec une baisse de la volatilité à 6,87% en moyenne au premier semestre 2024 contre 9,4% au deuxième semestre 2023. La valorisation globale du marché se situe à un niveau relativement élevé avec un PER ( price earning ratio) estimé à 20,7x, proche de la moyenne des cinq dernières années.

Pour sa part, le ratio de liquidité du marché ressort en amélioration à 11,53% à fin mai contre 8,7% une année auparavant.

– Sur le marché obligataire, les taux des BDT sont restés globalement stables au premier semestre 2024, mais en baisse sensible en comparaison avec le premier semestre 2023. L’encours de la dette privée à fin avril 2024 a progressé de 3,54% en glissement annuel, pour se situer à 262,9 milliards de DH, émis à hauteur de 80% par les établissements financiers et les entreprises publiques.

L’endettement net des émetteurs non-financiers par appel public à l’épargne « reste à un niveau globalement maîtrisé malgré une légère augmentation en 2023 ». Il s’établit à 53% des fonds propres pour les émetteurs cotés et à 80% pour les émetteurs non cotés.

L’actif net global des OPCVM s’est établi à 609,7 milliards de DH au 31 mai 2024, en hausse de 8,9% par rapport à fin 2023. Les souscriptions nettes depuis le début de l’année s’élèvent à 34,6 milliards de DH, orientées à hauteur de 54% vers la catégorie « obligations à moyen et long termes ».

Concernant les autres catégories d’OPC, l’actif net global des OPCI s’élève à 87,4 milliards de DH à fin mars 2024, en hausse de 42,6% en glissement annuel.

L’encours des fonds de titrisation a augmenté, d’une année à l’autre, de 24,7% à fin mars 2024 avec un actif total titrisé de 17,4 milliards de DH. L’actif net global des OPCC a atteint 2,55 milliards de DH à fin mars 2024, en augmentation de 3,3% en glissement annuel.

Par ailleurs, le Comité a salué les efforts déployés pour parachever la mise en conformité du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme avec les recommandations du GAFI. Cette conformité a été entérinée par le GAFIMOAN lors de sa réunion plénière tenue à Manama en mai 2024, conclut-on.