Réouverture du mythique stade « La Casablancaise » après sa réhabilitation

Cette réouverture s’est déroulée en présence du nouveau ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Mohamed Saâd Berrada, du wali de la région de Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, de la présidente du Conseil de la ville de Casablanca, Nabila Rmili, ainsi que des élus et autres personnalités civiles et militaires.

Dans une déclaration à la MAP, Nisrine Loubarès, architecte chargée du projet, a indiqué que la réhabilitation de cette infrastructure sportive renommée a concerné la piste d’athlétisme ainsi que d’autres installations réservées à la gymnastique, outre l’aménagement d’un espace pour enfants et pour des disciplines comme le Judo et la Boxe, notant que la Casablancaise a été longtemps le lieu privilégié d’entraînement pour des champions nationaux dans différents sports.

Le président du directoire de la Société nationale de réalisation et de gestion des équipements sportifs (Sonarges), Youssef Belqasmi s’est félicité, à ce propos, de la réouverture de cet édifice sportif mythique, avant d’ajouter qu’il représente une contribution importante à l’animation sportive et culturelle à Casablanca.

Il a fait savoir que la Casablancaise répond aujourd’hui aux attentes des sportifs tout en prévoyant des lieux dédiés aux activités culturelles, précisant que la gestion les missions de gestion et de maintenance des locaux de ce stade ont été confiées à Sonarges conformément à une convention avec le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports et la commune de Casablanca.

De son côté, la directrice régionale de la culture, Hafida Khouyi a fait état, dans le cadre de ce projet, de la rénovation du théâtre Abdessamad El Kenfaoui, la création de salles de lectures ainsi qu’une médiathèque, outre un espace dédié à la présentation des nouvelles éditions livresques et ce, dans le but de promouvoir la lecture chez les jeunes.

Autre déclaration à la presse, celle de l’ancienne championne olympique, Nawal El Moutaoukil qui a mis en avant le rôle de la Casablancaise dans la promotion du sport et la révélation de talents dans différentes disciplines, ainsi que la réalisation d’exploits dans les compétitions internationales.

A son tour, Aziz Daouda, ancien directeur technique à la Fédération royale marocaine d’athlétisme a exprimé la joie qu’il ressent à l’occasion de la réouverture de ce stade, rappelant qu’il est à l’origine des prouesses réalisées par l’ancienne championne olympique Nawal El Moutaoukil, Malika Hadki, première athlète marocaine à avoir pris part aux Jeux olympiques à Munich en 1972 ou encore Fatima Fakir.

Et de conclure en rappelant que ce stade, construit dans les années 1930, a donné naissance à des champions et des championnes en gymnastique qui ont, aux côtés des gymnastes du club Al Fath de Rabat, formé la sélection nationale dans sa grande majorité.

Fatima Ezzahra El Idrissi, une athlète paralympique en or ou la rage de vaincre (portrait)

Les images de la victoire sont saisissantes. Fatim Ezzahra El Idrissi crie sa douleur et sa joie quand elle parvient à décrocher la médaille d’or et à battre de 6 minutes le record du monde du marathon. Une revanche pour cette sportive de 29 ans qui avait chuté lors des JO de Tokyo de 2020. “À 60 mètres de la ligne d’arrivée, j’avais eu un claquage et j’étais tombée”, confie à Médias24 l’athlète native de la petite ville d’Oulmès. Cette chute va tout changer pour la jeune femme. Loin de se décourager, elle tente le tout pour le tout.

« Ne pas abandonner » est ce qui ressort dès les premières minutes de notre entretien avec Fatima Ezzahra El Idrissi. Et ce fut le cas. La para-athlète enchaîne les médailles et pulvérise même le record du monde en 2023 dans le 1.500 mètres T13.

Sortir de sa zone de confort

Elle se qualifie aux Jeux paralympiques de Paris, sauf que cette fois-ci, la Marocaine choisit de sortir de sa zone de confort en participant au marathon. Alors qu’elle ne s’entraînait jusqu’à présent que pour une catégorie : le 1.500 mètres T13. “Ma chute aux Jeux de Tokyo a été le boost décisif pour me dépasser. J’avais tellement de rage que j’ai pu décrocher la médaille d’or au marathon et la médaille d’argent dans ma spécialité, le 1.500 mètres”, déclare-t-elle non sans émotion.

Sur les dix derniers kilomètres du marathon, Fatima Ezzahra El Idrissi est prise de vertige. “Je ne voyais plus rien, mais je n’ai pas abandonné parce que je suis capable de mourir pour mon pays”. Elle l’avoue, le marathon a été l’un des plus grands défis qu’elle a eu à surmonter.

J’avais tellement de rage que j’ai pu décrocher la médaille d’or au marathon

Cette consécration a nécessité cinq années de sacrifices : réveils matinaux, régimes éreintants, entraînements intensifs… Fatima Ezzahra El Idrissi n’a reculé devant rien pour décrocher la médaille.

Tombée dans la marmite, comme Obélix

À 5 ans, la native d’Oulmès participe à une course, la remporte et tombe amoureuse de ce sport. C’est la seule de la famille à pratiquer l’athlétisme. Ses deux frères sont férus de football.

Le père El Idrissi, mécanicien, encourage sa fille depuis toujours et l’aide même financièrement pour atteindre ses rêves. Quant à sa mère, elle se dévoue sans réserve à ses enfants. “J’ai eu une enfance difficile, mais nous étions une famille soudée comme les doigts d’une main”, nous précise-t-elle. D’ailleurs, après sa chute lors des Jeux paralympiques de Tokyo, sa famille a fait bloc derrière elle. “Le plus important, c’est que tu ailles bien ; ta santé, c’est le plus important pour nous”, lui a dit son père au téléphone quelques minutes après.

La Fédération royale de sport des non-voyants et des malvoyants repère la para-athlète. Elle l’a rejointe depuis cinq ans. Alors que la jeune femme avait commencé la compétition avec des athlètes valides, sa vue décline rapidement et la situation ne s’améliorera pas avec l’âge. Elle obtient alors une certification internationale qui lui ouvre les portes des Jeux paralympiques. Jusqu’à ce jour, la para-athlète continue de challenger des athlètes valides, jour après jour, pour améliorer ses performances. Durant l’année, elle s’entraîne avec le club Atlas Oulmès, et quand les compétitions approchent, Fatima Ezzahra El Idrissi rejoint l’équipe de Salé pour éviter de s’entraîner en altitude comme dans sa ville d’origine.

Depuis qu’elle est enfant, sa vie est rythmée par le sport. Elle arrête ses études au collège et se consacre exclusivement aux compétitions. “C’est grâce aux courses et aux médailles que je gagne ma vie”. Quelquefois, c’est l’art de la débrouille qui prime puisque Oulmès reste une ville assez pauvre.

Persévérance malgré les blessures

La médaillée d’or nous révèle que, pendant les Jeux de Paris, elle a souffert d’une blessure dont personne n’était au courant. “Je me suis foulée la cheville à dix jours de la compétition. Je n’ai rien dit pour pouvoir aller jusqu’au bout. J’ai tenu bon face à la douleur”, dit-elle dans un souffle. “Je ne pouvais me permettre de baisser le rythme des entraînements afin d’être prête pour le jour J. Heureusement, j’ai le soutien indéfectible de mon entraîneur Aziz Yahyaoui et de la directrice technique de la Fédération royale de sport des non-voyants et des malvoyants, Nadia Jennane.”

Je me suis foulée la cheville à dix jours de la compétition. Je n’ai rien dit pour pouvoir aller jusqu’au bout. J’ai tenu bon face à la douleur

Après sa consécration, Fatima Ezzahra El Idrissi doit se reposer pour permettre à sa cheville de récupérer. Elle déclare : “Je ne m’attendais pas à recevoir autant d’amour de la part des Marocains. J’ai même reçu une lettre de félicitations de la part du Roi Mohammed VI, je n’en croyais pas mes yeux”. Désormais, elle n’a qu’une chose en tête : rentrer, pour serrer ses proches dans ses bras et fêter cette victoire en famille, une victoire de tous les Marocains. Ce sera fait ce mercredi 11 septembre. Inchallah.

Trois athlètes marocains se hissent en finale du 400 m et du 1.500 m aux mondiaux d’athlétisme U20

Ainsi, l’athlète marocain Walid El Boussiri s’est qualifié pour la finale du concours du 400 m, en se classant à la troisième place de la troisième série avec un temps de 46sec 73/100è.

De son côté, le Marocain Jaouad Khchina s’est qualifié pour la finale de l’épreuve du 1.500 m en terminant à la deuxième place de la 3e série (3:42.15). Sa compatriote Saida El-Bouzy a décroché son billet pour la finale du même concours, après avoir occupé la 2e place de la troisième série (4:20.94).

Le Maroc est représenté à ces Mondiaux U20 par 13 athlètes, dont trois filles. Il s’agit d’Ayoub Ghazraoui (10.000 m), Abdelwahed Aachour et Houssam Baba (3.000 m steeple), Abderrahman El Assal (800 m), Walid El Boussiri (400 m), Ayoub El Fakhar (800 m et 1500 m) et Ossama Er-Radouani (3.000 m). Les couleurs nationales sont défendues également par Oussama Fagrach (400 m haies), Jaouad Khchina (1.500 m et 3.000 m) en plus de Zakaria Sabir (400 m haies).

Chez les filles, on compte la participation de Mariem El Zahidi (400 m haies), Saida El Bouzy (1.500 m) et Hassana Ibn Abdel Matey (1.500 m). Depuis sa première participation à l’édition de 1986, le Maroc compte à son actif 21 médailles, dont 3 en or, autant en argent et 15 en bronze. L’or avait été remporté dans l’épreuve du 1.500 m par Adil Kaouch en 1998, Yassine Benseghir en 2002 et Abdelaati Iguidir en 2004.

(Avec MAP)

JO 2024. Le bilan de l’athlétisme au cœur des déceptions marocaines

À chaque édition des Jeux olympiques, l’athlétisme a toujours suscité d’énormes attentes au Maroc. On s’était laissé emporter par l’enthousiasme ambiant en espérant que Fatima Ezzahra Gardadi ou encore Nora Ennadi (400 m haies) seraient médaillées. Il n’en a rien été. 

Notons que l’on parle ici des disciplines liées à la course, et aucunement des autres telles que le saut en longueur, triple, en hauteur, à la perche, ou encore des lancers (javelot, marteau, poids) ni même du sprint.

Si Soufiane El Bakkali a maintenu son rang pour qu’on ne finisse pas fanny dans le plus universel des sports, avec une nouvelle médaille en or au 3.000 m steeple, aucun autre athlète n’a réussi à gonfler le bilan du Maroc à l’occasion des Jeux olympiques 2024. 

Certes, on espérait secrètement une moisson plus riche, mais le champion du monde en titre a simplement confirmé le poids de l’athlétisme marocain, qui était estimé à une médaille, au vu des performances des quatre dernières éditions :

– Londres 2012 : une médaille de bronze ;

– Rio 2016 : aucune médaille ;

– Tokyo 2021 : une médaille d’or ;

– Paris 2024 : une médaille d’or.

Depuis sa première participation aux JO de Rome en 1960, le Maroc a remporté 21 médailles en 16 éditions. Avec une moyenne de 1,3 médaille par édition, peut-on affirmer que le Maroc est une grande nation d’athlétisme aux Jeux olympiques ? La réponse est dans la question.

Il est indéniable que l’athlétisme est le principal pourvoyeur de médailles lors de cet événement planétaire, représentant 80% des succès marocains. Les exploits de Hicham El Guerrouj, Nawal El Moutawakil, Khalid Skah ou encore Soufiane El Bakkali et d’autres encore ont écrit les plus belles pages de l’histoire du Maroc aux Jeux olympiques.

En outre, « c’est la discipline sportive la plus pratiquée et la plus répandue sur tout le territoire national, avec plus de 196 clubs et associations sportives », indique la Fédération royale marocaine d’athlétisme (FRMA). Il est donc naturel que le bilan olympique du Maroc soit jugé à l’aune des résultats en athlétisme.

Niveau relevé et préparation imparfaite

Mais il ne faut pas oublier que l’athlétisme est un sport impitoyable. Il faut être à 100% de ses capacités physiques et mentales pour espérer l’emporter le jour J. Ce qui n’a pas été le cas pour la majorité des athlètes marocains à Paris. D’autres, malgré une préparation optimale, ont dû faire face à un niveau global plus élevé que jamais.

Contactée par Médias24, Hakima Bencherifa, directrice de la communication de la Fédération royale marocaine d’athlétisme et ancienne directrice de l’Institut national d’athlétisme, affirme que se qualifier aux Jeux olympiques est un exploit en soi. « Le niveau est très élevé. Tous les athlètes qualifiés aux JO ont cet objectif en tête. Nous étions présents avec 13 athlètes dans différentes disciplines. Nous avons notamment réussi à remplir les quotas du marathon en qualifiant trois hommes et trois femmes ». 

« Ils ont tous fait de grands sacrifices ces dernières années pour en arriver là et représenter le Maroc de la meilleure manière. Il faut donc rester positif”, poursuit-elle. Mais cela n’a pas suffi. À l’exception de Soufiane El Bakkali, qui a réussi son pari en conservant son titre, les 12 autres athlètes ont nourri des espoirs pour l’avenir sans pour autant marquer ces JO de leur empreinte.

Cela est dû à l’adversité, mais pas uniquement. Certains n’ont pas eu une préparation optimale. « Pour être franc, je ne suis pas satisfait de mon résultat. Je m’attendais à mieux, mais le parcours était difficile et je ne me sentais pas prêt à 100% comme je l’aurais espéré », a déploré Othmane El Gomri au micro de la chaîne Arryadia, après avoir terminé à la 18e place du marathon, à plus de quatre minutes du vainqueur, l’éthiopien Tamirat Tola. 

Eliminée en demi-finale du 400 m haies, la vice-championne d’Afrique Noura Ennadi a elle aussi regretté une préparation tronquée en raison d’une blessure. De plus, dans ce sport où l’on ne fabrique pas de génération spontanée, le trou générationnel est évident. Depuis l’édition de Pékin 2008, l’athlétisme marocain n’a pas réussi à engranger plus d’une médaille. Combler ce manque en quelques années était presque mission impossible.

Au fond, le problème est structurel et prend des allures de quadrature du cercle. Il est si profond qu’il n’est pas uniquement lié à la FRMA. Tout commence à l’école et se poursuit jusqu’à l’université. Pour l’instant, l’athlétisme n’a pas la place qu’il mérite dans le système éducatif national. Pourtant, ses bienfaits sont innombrables. Car, dans le pire des cas, la pratique de ce sport permet de former des athlètes pour d’autres disciplines.

La gouvernance sportive au Maroc, un obstacle plutôt qu’un catalyseur de performance ? (Étude)

La performance sportive est-elle le fruit d’un don, donc de l’inné? Ou de la gouvernance du sport, de la formation, de l’innovation… ? Qu’en est-il dans le cas des Jeux olympiques?

Pendant des décennies, le Maroc a brillé sur les scènes internationales en athlétisme, football, boxe et tennis. Cependant, depuis 2004, une érosion lente mais constante des performances nationales s’est installée, laissant place à une situation préoccupante. Le Maroc, présent aux Jeux olympiques depuis sa première participation en 1960, n’a cumulé que 26 médailles : 8 d’or, 5 d’argent et 13 de bronze, sur 17 éditions, soit une moyenne inférieure à deux médailles par édition. Selon la morasse budgétaire 2024, le budget de fonctionnement alloué au programme du sport de haut niveau s’élève à 23,9 MDH, tandis que le budget d’investissement est de 2,1 MMDH.

Dans le même sens, un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) publié en 2020 indique que la part du financement externe du sport de haut niveau (sponsoring, publicité, dons, etc.) dans le budget annuel des fédérations sportives était de 20% en 2018 et 2019, de 30% en 2020, et devrait atteindre 45% en 2022, selon les prévisions. Si l’on suppose que cette part est restée stable à 45% de 2022 à 2024, le financement total du sport de haut niveau en 2024 devrait avoisiner 3,8 MMDH. Un montant qui, paradoxalement, n’est pas reflété par l’état actuel du sport marocain, en particulier aux Jeux olympiques.

Cette dégradation, bien que multifactorielle, semble directement imputable à des failles profondes dans la gestion des fédérations sportives, appelant à une refonte du modèle de gouvernance actuel.

Des dysfonctionnements structurels, étroitement liés à des carences en gouvernance, continuent de handicaper le développement du sport national. Les deux piliers principaux, le ministère des Sports et le Comité national olympique marocain (CNOM), s’emploient à créer une « valeur sportive » par le biais de subventions. Cependant, la création de cette valeur par la formation et l’innovation est souvent reléguée au second plan, réduisant ainsi l’impact des interventions. La gouvernance, souvent désignée comme le bouc émissaire des contre-performances, devrait pourtant être perçue comme le levier fondamental pour identifier et corriger les causes profondes de l’échec sportif.

La gouvernance du sport de haut niveau au Maroc s’articule autour de contrats d’objectifs qui, en théorie, devraient définir les engagements des fédérations sportives vis-à-vis du ministère. Pourtant, ces contrats, souvent perçus comme de simples formalités administratives pour accéder aux subventions, manquent cruellement de substance en termes de suivi et d’évaluation. Ils laissent de côté des éléments cruciaux tels que la formation continue et l’innovation, pourtant essentiels pour un succès durable.

Ainsi, l’absence de suivi rigoureux a des répercussions directes sur les performances sportives. Lorsqu’il n’y a aucune incitation à atteindre ou dépasser des objectifs concrets, la motivation pour innover ou améliorer la gestion des talents s’étiole. Ce cadre de gouvernance, où la discipline administrative prime sur une gestion orientée vers les résultats, crée un terreau propice à la stagnation.

Cependant, l’efficacité des fédérations sportives est désormais mesurée par le nombre de médailles, tandis que leur efficience est évaluée par le ratio médailles/dépenses.

Dans ce contexte, une étude menée par Sanaa Boukhari et Mohamed Ouaddaadaaa de l’Université Mohammed V de Rabat, publiée en novembre 2022 dans la revue internationale des sciences de gestion, vient confirmer ce constat. Elle révèle que le déclin du sport de haut niveau au Maroc est intrinsèquement lié à la nature des interactions entre les principaux acteurs institutionnels : le ministère des Sports, le Comité national olympique marocain et les Fédérations royales sportives marocaines.

En analysant de près les dynamiques relationnelles entre ces entités, l’étude met en lumière plusieurs mécanismes de gouvernance qui non seulement influencent mais, dans certains cas, freinent directement la performance sportive du pays. Seul le football a pris une trajectoire différente et autonome en élaborant sa propre stratégie, comme révélé par Médias24.

Voici les principaux constats de l’étude :

Un aspect clé de cette gouvernance est le rôle des « acteurs relais », ces intermédiaires qui facilitent les interactions entre le MS et les FRSM. Ces fonctionnaires ou cadres intermédiaires, grâce à leurs relations personnelles et à leur connaissance du système, jouent un rôle central dans l’octroi des subventions. Leur influence dépasse parfois les structures officielles, créant un système parallèle où les décisions reposent davantage sur des liens informels que sur des critères de performance clairement définis. « Certains responsables du MS peuvent être considérés comme des « relais », avec qui les fédérations nouent des relations pour en tirer des informations nécessaires à l’obtention de leurs subventions ou la négociation d’une majoration de celles-ci« .

Cette personnalisation des relations au sein des institutions sportives pose un sérieux problème de transparence. Les décisions basées sur ces relations manquent souvent d’objectivité, favorisant certaines fédérations indépendamment de leurs résultats. Cela conduit à une distribution inégale des ressources, se traduisant par une fragmentation des performances sportives au niveau national.

Dans une autre étude, Abderrazak El Akari et Mohamed Ouaddaadaa constatent une grande concentration des subventions.

Dans cette étude intitulée « la gouvernance financière du sport au Maroc : Cas des subventions publiques octroyées aux Fédérations sportives nationales« , les deux auteurs mettent en évidence une répartition disproportionnée des subventions : « cinq fédérations (football, athlétisme, golf, sports équestres, judo) ont perçu 60% du montant global des subventions en 2017, 74% en 2018, et environ 80% en 2019. Alors que 20% des fédérations n’ont pas perçu de subvention en 2017 et en 2019, pendant que la moitié des fédérations ont perçu moins de 2MDH en 2017 et en 2018″.

Le rôle du Comité national olympique marocain (CNOM) dans la gouvernance du sport de haut niveau au Maroc est également remis en question. Les relations entre le CNOM et les FRSM se limitent souvent à des échanges financiers, notamment pour l’attribution de bourses aux athlètes participant à des compétitions internationales. Cependant, cette approche, focalisée sur le soutien financier, manque cruellement de vision stratégique à long terme.

L’absence de soutien continu et d’accompagnement stratégique entrave la progression des athlètes et des fédérations. Le CNOM, qui devrait être un catalyseur de la performance sportive en soutenant le développement des compétences et la planification à long terme, se cantonne trop souvent à un rôle de simple financeur. Cette lacune empêche la création de synergies efficaces entre les institutions, indispensables pour élever le sport marocain à un niveau compétitif sur la scène internationale.

« Les relations CNOM/FRSM sont caractérisées par l’absence d’un réel accompagnement de la part aussi bien du MS que du CNOM dans le processus de production d’une meilleure « valeur sportive ». Cette dernière n’est pas appréhendée comme le résultat d’une synergie de contribution de ces acteurs. Elle est plutôt conçue comme une conséquence exclusive de l’apport d’un capital financier. »

Quelles conséquences sur la performance sportive ?

Les répercussions de cette gouvernance défaillante sont palpables : les résultats sportifs stagnent, voire régressent, sur la scène internationale. Les athlètes marocains, qui devraient bénéficier d’un soutien institutionnel fort pour maximiser leur potentiel, se retrouvent souvent démunis, faute de ressources, de suivi et d’encadrement. Cette situation dépasse le cadre des performances individuelles, ternissant également l’image du Maroc dans les compétitions mondiales.

De surcroît, la dépendance excessive aux relations personnelles pour l’octroi de subventions et le soutien aux fédérations crée un système où l’efficacité et l’équité sont compromises. Les fédérations les mieux connectées sont favorisées, au détriment d’autres, ce qui diminue les chances de voir émerger des talents issus de fédérations moins privilégiées, affaiblissant ainsi le potentiel global du sport marocain.

Pour une réforme de la gouvernance sportive

Les conclusions de l’étude sont claires : une réforme de la gouvernance du sport de haut niveau au Maroc est impérative. Pour améliorer les performances, il est essentiel de renforcer les mécanismes d’évaluation des résultats, tant au niveau des fédérations que des acteurs institutionnels. Les subventions devraient être conditionnées à l’atteinte d’objectifs mesurables, avec un suivi régulier permettant d’ajuster les stratégies en fonction des performances réelles.

Il est également crucial de promouvoir une culture de la transparence et de la reddition de comptes au sein des institutions sportives. Les décisions doivent être basées sur des critères objectifs de succès, non sur des relations personnelles ou des réseaux informels. Cela nécessite la mise en place de mécanismes de gouvernance inclusifs, où les fédérations et les athlètes sont activement impliqués dans les processus décisionnels.

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Pour cultiver le talent et obtenir un rendement sportif optimal, le financement, bien que nécessaire, reste insuffisant. Il ne suffit pas de distribuer des primes et d’allouer des fonds pour créer un champion. La véritable clé réside dans l’investissement massif dans les infrastructures sportives et dans leur mise à disposition pour les jeunes talents.

L’accès facilité à ces infrastructures dès le plus jeune âge est essentiel, car la plupart des champions se révèlent dans la jeunesse et l’enfance, lorsque le potentiel est le plus malléable. C’est un suivi rigoureux, un engagement continu et des infrastructures de qualité qui forment la colonne vertébrale d’une carrière sportive réussie. Sans cet environnement propice, le talent reste à l’état latent, et les médailles se font rares.

Message de félicitations du Roi Mohammed VI au champion olympique Soufiane El Bakkali

Dans ce message, le Roi a exprimé ses félicitations les plus chaleureuses à l’athlète Soufiane El Bakkali pour avoir remporté la médaille d’or du 3.000 m steeple lors des Jeux olympiques de Paris 2024 et permis ainsi au Maroc de conserver ce titre pour la deuxième fois consécutive après l’édition de Tokyo 2020.

Félicitant l’athlète pour cette honorable victoire aussi bien pour Soufiane El Bakkali que pour son pays le Maroc, le Roi a salué « son patriotisme sincère, sa ferme volonté et sa persévérance habituelle pour décrocher cette prestigieuse médaille olympique », souhaitant que « votre détermination et votre succès remarquable soient une source d’inspiration pour les jeunes sportives et sportifs marocains afin de suivre votre exemple et réaliser des exploits qui honorent le sport marocain et le hissent davantage lors des prochaines manifestations internationales ».

Le Souverain, qui a fait part de ses félicitations et de sa considération à l’athlète, a imploré le Très-Haut de lui accorder davantage de réussite et de couronner de succès ses efforts pour porter haut les couleurs nationales, tout en l’assurant de sa haute sollicitude et bienveillance.

JO 2024. Mohamed Tindouft en finale du 3.000 m steeple

Mohamed Tindouft se qualifie ainsi pour la finale qui aura lieu le mercredi 7 août au stade de France.

JO 2024: Noura Ennadi qualifiée pour les demi-finales du 400 m haies

Noura Ennadi a pris la deuxième place de la cinquième série des qualifications, en 55.26, derrière l’Américaine Sydney McLaughlin-Levrone (53.60).

Les demi-finales auront lieu mardi 6 août vers 19h (GMT+1).

Présentation à Rabat du programme national antidopage pour les sportifs marocains aux JO Paris 2024

Le programme, esquissé lors d’une conférence de presse, vise à remplir les conditions et recommandations du Comité international olympique (CIO) avant de disputer les joutes olympiques.

En vertu de ce programme, exécuté du 14 janvier au 17 juillet 2024, 136 sportifs ont été contrôlés dans 19 disciplines sportives, en coordination avec 18 fédérations sportives et avec la participation de 6 fédérations internationales.

Durant ce programme, qui intervient avant les JO parisiens, l’AMAD a effectué 128 contrôles et 390 examens, contre 176 à l’occasion des JO de Tokyo, dont 61,5 % concernent l’athlétisme.

L’Agence a également élaboré un programme de sensibilisation, présentiel et à distance, au profit des sportifs, comportant 7 séances touchant différentes spécialités destinées à 75 sportifs.

À ce propos, la présidente de l’AMAD, Fatima Abouali, a indiqué à la presse que ce programme vise à préparer les sportifs à la participation aux JO-2024, en alliant contrôle et sensibilisation.

L’Agence a œuvré pour adapter le programme aux exigences et conditions des instances internationales spécialisées, a affirmé la responsable, faisant remarquer que chaque discipline sportive a des spécificités qu’il faut prendre en compte.

De son côté, le secrétaire général de l’AMAD, Moulay Ahmed Belimam, a indiqué, dans une déclaration similaire, que le programme s’est conformé aux exigences des organisateurs des Jeux concernant le contrôle et la sensibilisation des sportifs qualifiés aux JO, précisant que trois catégories ont été établies : les sports à haut risque, à risque moyen et à risque limité.

Vu que chaque discipline sportive a ses propres spécificités, l’AMAD a œuvré depuis le début de l’année pour qualifier les sportifs en matière de lutte antidopage afin de pouvoir participer aux JO, a-t-il souligné, ajoutant que le contrôle et le suivi représentent 45 % des actions menées par l’Agence depuis le début de l’année.

Créée le 13 janvier 2021, conformément à la loi 97-12 du 30 août 2017 et son décret d’application 2-18-303 du 5 juillet 2019, l’Agence marocaine antidopage est une institution indépendante dont les missions incluent la préparation et l’exécution du programme annuel des actions de contrôle antidopage dans le sport sous toutes ses formes, la coordination des actions de prévention et de lutte contre le dopage, ainsi que la proposition de toute mesure permettant la prévention et la lutte contre le dopage.

(Avec MAP)

Aziz Daouda commente les derniers mondiaux : « L’athlétisme marocain reprend son élan »

Le Maroc s’est distingué lors des Mondiaux d’athlétisme de Budapest qui se sont déroulés du 19 au 27 août, avec deux trophées : une médaille d’or de l’athlète Soufiane El Bakkali au « 3.000 m steeple » et une médaille de bronze de Fatima Ezzahra Gardadi au « marathon ».

Si la victoire d’El Bakkali était « attendue », selon Aziz Daouda, celle de Gardadi « a surpris tout le monde ». L’athlète de 31 ans a brillé lors de l’épreuve du marathon (42,195 km).

Avec un chrono de 2 h 25 min 17 s, elle se classe à la 3e place du podium ; deux Ethiopiennes, Amane Beriso Shankule et Gotytom Gebreslase, ayant pris l’avantage de cette course, avec respectivement un chrono de 2 h 24 min 23 s et 2 h 24 min 34 s.

Aziz Daouda a apporté une contribution essentielle au parcours mondial de plusieurs champions marocains

Dans un échange avec Médias24, Aziz Daouda revient sur la qualité de la tactique et la performance de Gardadi lors de la course. « Les athlètes avaient une avance considérable sur elle et, à 3 km de la fin de la course, elle a changé de rythme et dépassé l’athlète éthiopienne sur les derniers mètres, faisant sensation dans le public ».

« C’est un résultat extraordinaire, d’autant plus que personne ne s’y attendait. C’est aussi la première fois qu’une femme marocaine arrive à un tel niveau à l’épreuve du marathon ». Rappelons que la dernière médaille marocaine lors de cette épreuve remonte à 2005, aux Mondiaux d’athlétisme de Helsinki, lorsque Jaouad Gharib avait remporté une médaille d’or.

Quant à la performance de Soufiane El Bakkali, Aziz Daouda souligne qu’elle combine talent et qualité de l’entraînement. « L’athlète fait preuve de beaucoup de maturité, et a suivi un entraînement intelligent avec l’un des meilleurs entraîneurs du monde, d’où sa réussite dont tous les Marocains avaient la certitude ».

Représenté aux Championnats du monde de Budapest par 17 athlètes (12 hommes et 5 femmes), le Maroc a fini la compétition à la 13e place au tableau des médailles, ex æquo avec le Japon et la Grèce, grâce aux médailles remportées par  Soufiane El Bakkali et Fatima Ezzahra Gardadi.

« Ce n’est pas la chance qui fait les champions »

Notre interlocuteur note que les performances d’El Bakkali et Gardadi reposent sur des stratégies similaires à celles de l’époque où il était lui-même entraîneur, notamment « la maturité avec laquelle ils ont géré leur course ».

« L’entraînement ne repose pas uniquement sur la technique. Il faut adapter cette dernière à la particularité socioculturelle marocaine et réfléchir à ce qui convient le mieux comme méthode, intensité et volume de travail aux athlètes marocains ».

« Ce n’est pas possible de s’entraîner en copiant les autres. C’est dans ce sens qu’on a mis au point une méthode de travail qui a une empreinte marocaine et qui a d’ailleurs révolutionné par la suite les méthodes d’entraînement : l’école marocaine d’athlétisme« , tient à préciser Aziz Daouda.

« On a mis au point, entre autres, une façon de travailler avec nos athlètes qui repose sur des entraînements en altitude et en bord de mer ». D’ailleurs, les caméras étrangères sont souvent braquées sur les performances marocaines et mettent en avant l’école nationale d’athlétisme avec ses spécificités, ajoute-t-il.

« La performance est un art, et les entraîneurs ne sont pas tous capables de former des sportifs de haut niveau ». Aziz Daouda rappelle dans ce sens les trois fondamentaux d’une bonne performance en athlétisme : la formation des cadres pour un entraînement de qualité, la disponibilité des moyens matériels ainsi que celle des infrastructures.

Aujourd’hui, « le manque de formation de qualité pour le métier d’entraîneur est palpable. Au niveau de l’Institut royal de formation des cadres de la jeunesse et des sports, les programmes ne sont pas ce qu’ils doivent être, et le nombre d’étudiants est anecdotique ».

« Les Marocains aiment la course »

« Le Maroc a dominé depuis très longtemps les compétitions mondiales d’athlétisme. Il y a eu de très bons coureurs et il est important de se souvenir des pionniers qui ont eu des résultats remarquables, à une époque difficile où les moyens n’étaient pas aussi importants qu’aujourd’hui », fait remarquer Aziz Daouda.

Il nous rappelle également ce qu’il considère comme étant « le geste fondateur de l’athlétisme au Maroc ». En 1983, lors de la cérémonie après la finale de la Coupe du Trône, feu Hassan II avait mis Nawal El Moutawakel et Saïd Aouita à l’écart des autres personnes qui devaient être décorées ce jour-là. Le roi s’est ensuite placé entre les deux, puis s’est tourné vers la tribune officielle en soulevant le bras des deux athlètes. « Cette anecdote en or marquera à jamais l’histoire de l’athlétisme marocain et propulsera les athlètes sur la scène internationale ».

Ce sont, rappelons-le, des athlètes qui, aux côtés d’autres champions marocains, ont fait la gloire du Maroc en remportant au total 33 médailles depuis la 1re édition des Championnats du monde d’athlétisme en 1983. L’athlète Said Aouita sera le premier Marocain médaillé d’or olympique de l’histoire, et Nawal Moutawakel la première athlète arabe à remporter une médaille d’or.

Dans le top 3 des athlètes marocains les plus titrés, Hicham El Guerrouj est en haut du podium. Ce quadruple champion du monde (1.500 m) et double champion olympique (1.500 m et 5.000 m), compte à son palmarès 6 médailles aux Mondiaux : 4 d’or (1.500 m) et 2 d’argent (1.500 m et 5.000 m).

Soufiane El Bakkali est le deuxième athlète marocain le plus titré avec 4 médailles (2 d’or, 1 d’argent et 1 de bronze), et Nezha Bidouane arrive en troisième position avec 2 médailles d’or et 1 médaille d’argent au 400 m haies.

Le Roi Mohammed VI félicite l’athlète Fatima Ezzahra Gardadi

Dans ce message, le Roi exprime ses « chaleureuses félicitations à l’athlète pour sa médaille de bronze gagnée au Marathon féminin du Championnat du monde d’athlétisme (Budapest 2023) », saluant cet exploit « mérité qui honore le sport marocain et souligne sa présence distinguée dans les différentes compétitions internationales ».

Le Souverain souhaite à l’athlète davantage de succès et de réussite dans son parcours sportif, l’assurant de sa bienveillance.

Nouvelle consécration pour l’athlète marocain Soufiane El Bakkali

Soufiane El Bakkali a signé un chrono de 5min 14sec 06/100e devant l’Italien Leonardo Feletto (5:23:15). La troisième place est revenue au Britannique William Battershill (5:26:91).

L’athlète marocain a remporté, jeudi dernier, la finale du 3.000 m steeple de la Diamond League, lors du meeting de Zurich.

Le meeting de Zagreb, appelé le “Memorial Borisa Hanzekovica”, est une compétition internationale d’athlétisme qui se déroule une fois par an à Zagreb, en Croatie, depuis 1951. Il fait partie du World Athletics Continental Tour, anciennement dénommé Challenge mondial IAAF.

(Avec MAP)