Atos dans la tourmente, quid de l’activité du groupe au Maroc ?

Le géant informatique français Atos, présent au Maroc, est dans une situation financière délicate. Il manque de liquidité et traîne une dette faramineuse de près de 5 milliards d’euros.

Le groupe dont l’action traitait à Euronext à plus de 60 euros il y a 4 ans, s’échange désormais timidement au-dessus de la barre de 1 euro. En 5 ans, le groupe a perdu 98% de sa valeur.

Depuis plusieurs mois, voire années, des médias français racontent la fuite des grands cadres d’Atos et des dirigeants successifs qui ont quitté le navire comme Rodolphe Belmer en 2022 et Bertrand Meunier en octobre 2023.

L’entreprise est clairement dans une mauvaise passe. Elle est, d’ailleurs, depuis plusieurs mois, à la recherche d’un sauvetage économique. Cette situation, qui plonge le groupe et ses actionnaires dans l’incertitude, aura-t-elle des répercussions au Maroc ?

Si personne ne peut dire de quoi sera fait l’avenir de l’entreprise dans le Royaume, tant l’avenir de la maison mère, elle-même, est incertain, la question mérite d’être soulevée.

Présente dans plus de 70 pays dans le monde, elle détient également des activités au Maroc depuis sa base située à Casanearshore.

Restructuration des participations d’Atos au Maroc

Contacté sur le sujet, le groupe, aussi bien au Maroc qu’en France, n’a pas donné suite à nos sollicitations et demandes d’entretien. L’objectif était de savoir si l’onde de choc en France et le plan de restructuration à venir auront un impact au Maroc ou non. L’autre aspect que nous souhaitions interroger est le type d’activités opérées par Atos au Maroc et si les temps extraordinaires vécus par le groupe amèneront un changement stratégique d’activité d’Atos dans le pays.

Si aucune réponse ne nous a été fournie concernant ces interrogations, des événements juridiques consultés par Médias24 montrent d’importants changements dans les participations marocaines d’Atos laissant supposer que la restructuration du groupe à l’international a également touché le Royaume.

Selon les informations disponibles, ces changements ont démarré début 2023 avec la création d’une nouvelle entreprise d’Atos au Maroc sous l’appellation de Atos Technologies Maroc.

 Cette dernière est portée par deux filiales du groupe français, l’une en France et l’autre au Maroc, respectivement Bull SAS et Atos ITS Nearshore Center Maroc représentées à l’époque par Yannick Tricaud. Ce dernier était, jusqu’à son départ annoncé en mars dernier par la presse française, le directeur des opérations d’Atos en Europe du Sud.

En juin 2023, Atos Technologies Maroc réalise une augmentation de capital de 162 MDH réservée à Atos ITS Nearshore Center Maroc, dont 107 MDH intégralement libérées en rémunération de l’apport du fonds de commerce d’ATOS ITS Nearshore Center Maroc relatif à ses activités digitales et 55,7 MDH par apport en numéraire.

Quatre mois plus tard, nous sommes donc en septembre 2023, Atos Technologies Maroc change de dénomination sociale et devient Eviden Technologies Maroc portant le nom de l’entité d’Atos en charge de la Big Data et la sécurité mise en place en 2022.

Car, dans le cadre de la recherche de solutions pour s’en sortir, le géant français a décidé en 2022 de scinder en deux son activité entre deux entités indépendantes nommées: la première, Tech Foundations, regroupe les activités historiques d’infogérance du groupe ; la seconde, Eviden, englobe les activités big data et sécurité.

A l’évidence, les activités marocaines ont rejoint donc le giron de cette dernière, Eviden, que les observateurs estiment être la pépite du groupe Atos.

Depuis, nous n’avons pas relevé d’autres actualités relatives au capital ou aux participations d’Atos. Le seul évènement, juridiquement marquant, signalé est un changement dans le management en date du 9 mai 2024.  Yannick Tricaud quitte la présidence d’Eviden Technologies Maroc, après avoir quitté le groupe en France. Il est remplacé par Hélène Bringer.

Autre évènement à signaler, celui-ci a par contre été publiquement annoncé par le groupe fin mai dernier, est la nomination de Safia Faraj au poste de directrice d’Atos en Afrique. Dans le communiqué, le groupe français explique que celle qui a été directrice des opérations en Afrique pendant quatre ans, puis dirigeante d’Atos au Maroc pendant plus de dix ans, « poursuivra la trajectoire de croissance à deux chiffres du groupe sur le continent et conduira la vision ambitieuse d’Atos pour l’Afrique, axée sur le développement de services cloud et de solutions basées sur l’intelligence artificielle, tout en accélérant la transformation numérique du secteur public, des services financiers et des opérateurs de télécommunications ».

Un paquebot en sauvetage économique

Dans sa communication officielle, le groupe français annonce des ambitions pour le continent africain qui semble se développer à deux chiffres. Le discours optimiste pour les activités sur le continent ne reflète pas la situation économique critique que traverse le groupe.

L’entreprise avait annoncé avoir besoin de 1,1 milliard d’euros de liquidités pour 2024-2025 et vouloir réduire de 3,2 milliards d’euros sa dette brute, qui a atteint près de 5 milliards d’euros, pour sauvegarder son activité.

La chute du géant des services numériques est également un sujet politique du fait de ses activités. L’État français s’est positionné pour reprendre certaines branches du groupe, notamment dans le domaine de la sécurité et des supercalculateurs, essentiels à la simulation d’essais nucléaires ou à la gestion du parc des centrales nucléaires. L’État a proposé 700 millions d’euros pour les acheter, mais son offre doit encore être acceptée par le groupe.

Pour s’en sortir, le groupe a même cherché à se délester de toute l’activité historique d’infogérance regroupée dans Tech Foundations. Il était en négociation avec le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Mais le deal ne se fera pas. Challenges.Fr a révélé en février dernier qu’après plusieurs mois de négociations tendues, « les discussions entre Atos et Daniel Kretinsky pour la vente de Tech Foundations sont rompues. Le milliardaire tchèque ne serait toutefois pas hostile à la présentation d’une offre globale de reprise du géant français en cas de mise en place d’un plan de sauvegarde. »

Le 11 juin dernier, le conseil d’administration a choisi le consortium mené par Onepoint, son principal actionnaire, pour parvenir à un accord définitif sur la restructuration financière qui sera mise en œuvre d’ici juillet 2024, au détriment de celle de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky.

Le 25 juin au soir, un coup de théâtre s’est produit avec le retrait des négociations de Onepoint et son consortium, jugeant que les conditions n’étaient pas réunis pour conclure un accord.

De fait, cette récente décision remet dans l’arène Daniel Kretinsky. Rachètera-t-il l’ensemble ou une partie ? d’autres acheteurs se manifesteront-ils ? Les actifs marocains seront-ils dans le lot de cessions ou pas ? Le potentiel futur acquéreur décidera-t-il de garder un pied dans le royaume ? Des questions qui restent en suspend pour l’heure…

La Bourse de Casablanca ouvre quasi-stable

A l'ouverture de la séance du 7 août, le Masi penchait sensiblement vers le vert avec 0,06% à 9.415,13 points.

Le Madex affichait également une légère hausse de 0,07% à 7.693,57 points.

La place boursière casablancaise avait clôturé les échanges de la veille dans le vert, le Masi progressant de 0,32% à 9.409,25 points, et le Madex se bonifiant de 0,34% pour s'établir 7.688,44 points.

Groupon allège ses effectifs au Maroc

C’est dans la nuit de lundi à mardi dernier que Groupon a décidé de supprimer plusieurs postes parmi ses effectifs basés au Maroc. Selon une source interne, le nombre de postes supprimés attiendrait les 150 salariés. La direction de Groupon Maroc indique de son côté qu'un "petit nombre" de salariés seront licenciés. Ces salariés, toujours selon la direction, occupent plusieurs fonctions et travaillent exclusivement pour le marché européen.

Ces suppressions de postes prendront effet à compter du 30 avril. Selon une source interne, les tâches réalisées par ces salariés seraient désormais effectuées par des salariés basés en Roumanie.

Il est à noter, cependant, que cette décision n'a pas d'impact sur Groupon Maroc ni sur Groupon Voyages.

Groupon.ma, premier site marocain de vente en ligne dédié aux bons plans voyages lancé en 2012, est une filiale du géant Groupon, inventeur du concept d’achat groupé et numéro un mondial sur le marché des daily deals.

Créé en novembre 2008 à Chicago, et après avoir développé son offre en Amérique du Nord, le réseau Groupon est aujourd'hui implanté en Europe, en Asie et en Amérique du sud et en Afrique. Présent dans pus 48 pays, Groupon compte actuellement plus 200 millions de clients inscrits et emploie plus de 10 000 salariés dans le monde.