Conseil de la concurrence : quels sont les cabinets d’audit perquisitionnés ?
Après Glovo, le Conseil de la concurrence vient de signer le deuxième “dawn raid” de son histoire. Le 24 juin 2025, des opérations de visite et saisie inopinées ont été menées dans les locaux de deux cabinets d’audit basés à Rabat.
Le régulateur n’a pas dévoilé l’identité des entreprises en question. Selon nos informations, il s’agit de Fizazi & Associés et Auditcloud Maroc, deux entités qui occupent des bureaux mitoyens.
Ces interventions ont été autorisées par le procureur du Roi compétent et réalisées avec l’appui d’officiers de police judiciaire désignés. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une instruction sur de possibles pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de l’audit financier et comptable.
Rappel important : à ce stade, aucune conclusion n’est tirée quant à l’existence d’infractions, comme le rappelle expressément le communiqué du Conseil de la concurrence.
Les opérations de perquisition, bien que lourdes sur le plan procédural, ne préjugent pas de la culpabilité des entreprises concernées. Seule une instruction contradictoire au fond permettra, le moment venu, de confirmer ou d’infirmer les faits allégués.
À l’origine de l’intervention, une plainte déposée en novembre 2024
Ce que l’on sait, c’est que les perquisitions font suite à un contentieux en cours. Il a été amorcé suite à une plainte déposée le 13 novembre 2024 auprès du Conseil de la concurrence. Le plaignant y accuse les cabinets de se livrer à des pratiques anticoncurrentielles et d’être impliqués dans une situation de concentration illégale de pouvoir.
Selon les éléments de la plainte, le dirigeant de Fizazi & Associés détiendrait une “procuration irrégulière” permettant de gérer les activités d’Auditcloud Maroc (supervision des ressources humaines, signature de documents, etc.). Ce chevauchement, décrit comme une interdépendance manifeste, faciliterait une coordination dans les réponses aux appels d’offres publics, ce qui, soutient le plaignant, fausserait la concurrence et entraverait l’accès au marché pour d’autres acteurs.
Pour l’heure, il ne s’agit que de soupçons
Si la plainte évoque des pratiques de soumissions concertées et de collusion susceptibles de constituer une infraction aux articles 6 et 11 de la loi 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence, il convient de souligner que, pour l’heure, aucune conclusion définitive ne peut être tirée.
Le Conseil de la concurrence précise que ces opérations de visite et saisie ne permettent pas de conclure à l’existence d’un manquement, celle-ci devant être statuée par les instances délibératives du Conseil, après une instruction contradictoire respectant les droits de défense des parties concernées.