Autoroute de l’eau Laou-Oum Er-Rbia : Nizar Baraka fait le point sur les prochaines étapes du projet

« Le projet royal de l’autoroute de l’eau, allant de Laou à Oum Er-Rbia, dont la première tranche a été finalisée en octobre 2023, a permis le transfert d’environ 700 millions de m³ jusqu’à aujourd’hui », a déclaré Nizar Baraka à l’occasion de la conférence-débat, les Grands Rendez-vous de Médias24, organisée jeudi 12 juin à Casablanca.

« Cela a permis de répondre au besoin de 11 millions d’habitants et d’éviter les coupures d’eau, notamment à Casablanca« .

« Ce projet sera réalisé en trois phases importantes », a par ailleurs souligné Nizar Baraka. « La seconde, qui permettra d’atteindre 800 Mm³, fait partie du méga-deal signé récemment avec les Émiratis, Taqa, Nareva et le Fonds Mohammed VI ».

« La troisième phase démarrera une fois que les nouveaux barrages prévus dans la zone du Nord seront finalisés », a précisé le ministre. « Avec cette troisième phase, nous passerons à 1,2 milliard de m³ qui seront transférés par an, afin de répondre essentiellement aux besoins en agriculture, mais aussi en eau potable ».

L’assistance technique pour l’interconnexion entre les barrages Oued Al Makhazine-Dar Khrofa confiée à Geogis Conseil

Ce projet, dont le délai d’exécution est de 24 mois, comporte les ouvrages suivants :

– la conduite de raccordement de la station de pompage au barrage se fera par une conduite en acier DN1800 par piquage sur la conduite DN1200 sortant du barrage ;

– une station de pompage d’un débit de 3,2 m³/s ;

– une conduite de refoulement en acier de DN 1800 ;

– une cheminée d’équilibre pour la protection des conduites de refoulement et d’adduction ;

– une conduite gravitaire de DN 1800 sur environ 40 km ;

– un ouvrage de restitution au niveau du barrage Dar Khrofa ;

– une ligne aérienne de raccordement électrique avec postes de départ et de transformation.

Le canal de 37 km aura une capacité de transfert de 100 millions de mètres cubes par an, avec un débit d’équipement de 3,2 m³/s. Le projet vise principalement à alimenter la ville de Tanger en eau potable, à soutenir l’irrigation agricole, à permettre une extension des surfaces irriguées, à réduire les risques de crues et à améliorer la gestion des périodes de sécheresse.

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À Meknès, un projet à 280 MDH pour sécuriser l’accès à l’eau potable

La première tranche de ce projet, qui consiste à renforcer la sécurisation de l’alimentation en eau potable du monde rural à partir du barrage Idriss 1er, est en cours de réalisation, a affirmé le directeur provincial de l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE)- branche Eau, Khalid Rahel, dans un entretien accordé à la MAP, faisant état, dans ce cadre, de la réalisation à terme d’une dizaine de forages par l’Agence du bassin hydraulique de Sebou (ABHS) avant qu’ils ne soient équipés par l’ONEE. Quant aux deuxième et troisième tranches, a fait savoir M. Rahel, elles devraient être lancées incessamment.

Le projet concerne plusieurs communes rurales dont Lamhaya, Oued Jdida, Sidi Abdellah Lkhayat, Mghassiyin, Moulay Driss, Oualili, N’zala, Cherkaoua, Ain karma, Ain jemaa, Dar Oum Soltan, Ain Orma, Ait Ouallal, a-t-il dit.

A Meknès ville, la production de l’eau potable est assurée par l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE), tandis que la distribution est gérée par la Régie autonome de distribution de l’eau et de l’électricité (RADEM). Selon M. Rahel, l’alimentation en eau potable dans la ville se fait de manière « normale ». Dans le milieu rural cependant, où la gestion est assurée par l’ONEE, la régression des forages au niveau de J’bel de Moulay Drisse a impacté l’approvisionnement des communes rurales de N’zlat Bni Ammar et Oualili.

Par ailleurs, la direction provinciale de l’ONEE-branche eau a entrepris une série de mesures et d’actions pour faire face à cette situation et réduire l’impact du stress hydrique sur l’alimentation en eau dans les différentes communes relevant du territoire de la province.

Parmi ces mesures, le responsable provincial a cité :

– la recherche et la réparation des fuites ;

– la réduction de la pression au niveau des réseaux de distribution ;

– la sensibilisation et le contrôle des industriels et des grands consommateurs ;

– l’organisation des campagnes de sensibilisations auprès de la société civile et du grand public.

La ville de Meknès est approvisionnée en eau potable depuis les sources de Btit et Ribaa à hauteur de 40% et les forages de Haj Kaddour, Saiss et Ras El Ma (30%). Une adduction du barrage Idriss 1er assure les 30% restant, selon des données de la RADEM.

Les services concernés sont à pied d’œuvre au niveau de la province, à l’instar du reste du Royaume, pour rationaliser l’utilisation de l’eau et sécuriser l’alimentation en cette denrée vitale, en application des directives royales qui accordent un intérêt particulier à cette question stratégique. Dans ce cadre, le gouvernement attache une importance capitale à cette problématique, en mobilisant des ressources financières et humaines conséquentes, et en mettant en place des comités de vigilance au niveau national pour assurer un suivi minutieux et responsable de cette question.

Dans cette optique, le gouvernement s’efforce d’accélérer la mise en oeuvre des projets s’inscrivant dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation. Ce dernier prévoit la réalisation de plusieurs barrages et l’exploitation optimale de leurs eaux, le dessalement de l’eau de mer et l’interconnexion des bassins hydriques, à l’instar du raccordement des bassins de Sebou et de Bouregreg, réalisé grâce à une expertise marocaine et dans un laps de temps très court.

(Avec MAP)

Deux groupements aux commandes du projet d’interconnexion des barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa

Le projet d’interconnexion du barrage Oued El Makhazine avec le barrage Dar Khrofa est composé de deux lots.

Le premier concerne les travaux de réalisation de la station de pompage et de la tranche 1 de la conduite d’adduction. Il a été confié au groupement SNCE-SOGEA-SOGETRAMA pour un montant de 271 millions de DH.

Quant au deuxième lot, qui englobe les travaux de réalisation de la tranche 2 de la conduite d’adduction, il a été attribué au groupement STAM-SAPEP pour un coût d’environ 527 millions de DH.

Le délai d’exécution de chaque lot est de 8 mois.

Pour une capacité de transfert d’un volume de 100 Mm³/an d’eau, avec un débit d’équipement de 3,2 m³/s, le projet d’interconnexion du barrage Oued El Makhazine au barrage Dar Khrofa s’inscrit dans le cadre de la sécurisation de l’alimentation en eau potable et industrielle (AEPI) du Grand Tanger.

Ce projet comporte, à titre indicatif, les ouvrages suivants :

– la conduite de raccordement de la station de pompage au barrage se fera par une conduite en acier DN1800 par piquage sur la conduite DN1200 sortant du barrage ;

– une station de pompage d’un débit de 3,2 m³/s ;

– une conduite de refoulement en acier de DN1800 ;

– une cheminée d’équilibre pour la protection des conduites de refoulement et d’adduction ;

– une conduite gravitaire de DN1800 sur environ 40 km ;

– un ouvrage de restitution au niveau du barrage Dar Khrofa ;

– une ligne aérienne de raccordement électrique avec postes départ et transformation.

Dans une déclaration à la presse, à l’issue de la réunion du comité de pilotage du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, tenue en septembre dernier, le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka, a affirmé que les efforts se poursuivent pour réaliser l’interconnexion des barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa en vue d’assurer l’approvisionnement en eau potable des habitants de Tanger.

Sans l’autoroute de l’eau, l’eau potable aurait été coupée à Casa et Rabat le 18 décembre (Baraka)

Casablanca et Rabat ont été épargnées d’un arrêt de fourniture d’eau potable le 18 décembre dernier grâce au projet d’interconnexion entre les bassins de Sebou et de Bouregreg, selon le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka. Bien sûr, il s’agit d’une image pour donner la mesure de l’interconnexion.

« Si nous n’avions pas procédé à la réalisation du projet royal d’interconnexion entre les bassins de Sebou et de Bouregreg, nous aurions coupé l’eau le 18 décembre dans la région nord de Casablanca et à Rabat. Grâce à ce projet, 115 millions de mètres cubes ont été injectés [depuis septembre dernier], ce qui a permis d’atteindre le taux actuel de 19% au niveau du bassin de Bouregreg, a-t-il noté lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers du mardi 2 janvier.

Le projet d’interconnexion hydrique entre le barrage de Sebou et celui de Sidi Mohamed Ben Abdellah a été finalisé le lundi 28 août 2023. L’exploitation commence progressivement avec un débit initial ne dépassant pas les 3 mètres cubes par seconde.

Le débit d’eau augmentera progressivement, jusqu’à 15 m³ par seconde. Le timing est idéal, puisque selon la Direction générale de l’eau, relevant du ministère de l’Equipement et de l’eau, le taux de remplissage du barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah est actuellement à un niveau très bas, à hauteur de 15,2%, soit l’équivalent de 148,6 millions de m³ sur une capacité de retenue de près d’un milliard de m³.

https://medias24.com/2023/08/29/roundup-irrigation-eau-potable-tout-sur-la-nouvelle-autoroute-de-leau/

Roundup. Irrigation, eau potable… tout sur la nouvelle autoroute de l’eau

Le projet d’interconnexion hydrique entre le barrage de Sebou et celui de Sidi Mohamed Ben Abdellah a été finalisé le lundi 28 août 2023. L’exploitation commence progressivement avec un débit initial ne dépassant pas les 3 mètres cubes par seconde.

Le débit d’eau augmentera progressivement jusqu’à 15 m3 par seconde. Le timing est idéal, puisque selon la Direction générale de l’eau, relevant du ministère de l’Equipement et de l’eau, le taux de remplissage du barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah est actuellement à un niveau très bas. Soit 15,2%, l’équivalent de 148,6 millions de m3 sur une capacité de retenue de près d’un milliard de m3 [en fin d’article, vous pouvez consulter le dashboard de Médias24 sur l’évolution des réserves des barrages].

Ces dernières années, la pénurie d’eau et la répartition inégale des ressources qui caractérisent la situation hydrique du Royaume ont poussé le gouvernement à opérer des arbitrages en défaveur de l’agriculture, afin d’assurer l’essentiel, à savoir l’alimentation en eau potable des Marocains. 

Une hiérarchisation somme toute logique, mais insoutenable sur la durée, d’autant que l’orientation stratégique agricole du Royaume ambitionne d’assurer non pas une autosuffisance, mais du moins une souveraineté alimentaire. D’où le lancement de ce projet d’interconnexion, dénommé à juste titre « l’autoroute de l’eau ». 

Assurer la souveraineté hydrique et alimentaire

L’interconnexion entre le bassin du Sebou et celui du Bouregreg fait en effet partie d’un vaste projet d’interconnexion des bassins du Loukkos, Sebou, Bouregreg, Oum Er-Rbia, et l’interconnexion des bassins du Laou et de la Moulouya. Ils permettront de capter un volume d’eau global variant entre 800 et 1.100 millions de m3, dans le cadre d’une gestion solidaire des ressources en eau entre bassins hydrauliques. 

L’idée est de mobiliser le maximum des eaux actuellement perdues en mer. « L’interconnexion entre les barrages permettra de mettre en un pool unique les ressources de cinq grands bassins hydrauliques et, ainsi, de réduire les ressources en eau perdues en mer, et d’optimiser la gestion entre les bassins hydrauliques, notamment en situation de pénurie », assure à Médias24 Ahmed El Bouari, directeur de l’Irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole au ministère de l’Agriculture.

S’agissant en particulier de l’interconnexion des bassins Sebou, Bouregreg, Oum Er-Rbia et Tensift, elle permettra de mobiliser un volume annuel entre 500 et 800 millions de m3, sur deux phases. Une première phase qui vient d’être achevée avec l’interconnexion Sebou-Bouregreg sur une longueur de 67 km pour mobiliser un volume annuel moyen de 300 millions de m3. La seconde phase assurera l’interconnexion entre le bassin de Bouregreg et Oum Er-Rbia, où le taux de remplissage des barrages ne dépasse pas les 15%. 

 

9 mois de travaux et 6 milliards de DH

Pour en revenir à l’actualité et à l’interconnexion entre Sebou (Fès) et Sidi Mohamed Ben Abdellah (Rabat), c’est un chantier qui a été mené à bien après d’importants travaux réalisés en l’espace de 9 mois, afin d’installer des tubes en acier d’un diamètre de 3,2 m, destinés à transporter l’eau sur une distance de 66,5 km. Deux stations de pompage ont été mises en place. 

C’est le ministère de l’Agriculture, à travers ses services d’irrigation et l’Office régional de mise en valeur du Gharb (ORMVAG), qui a été la cheville ouvrière de ce projet. « La réalisation de cette interconnexion a été confiée au département de l’Agriculture, en raison de l’expérience et de l’expertise accumulées par ses structures en matière de réalisation des grands adducteurs d’eau », souligne Ahmed El Bouari. 

Le financement de ce projet à hauteur de 6 milliards de DH a été possible grâce à un montage, dont le chef de file est CDG Capital, avec CIH et Bank of Africa. « C’est un prêt bancaire de préfinancement de 50% de la valeur du marché, couvrant la première phase des travaux », nous explique une source proche du dossier.

« L’objectif était de financer la période où le consortium chargé du projet n’a pas encore encaissé les paiements dus par l’Office régional de mise en valeur agricole du Gharb », a-t-elle ajouté. Pour faire simple, c’est une facilité de caisse de près de 3 milliards de DH, débloquée dès le début des travaux. « De par l’urgence du projet, nous avons opté pour ce mode de financement pour accélérer la procédure et éviter les risques liés au financement », explique la même source.

176.000 hectares irrigués 

Cette interconnexion entre le barrage du Sebou et Sidi Mohamed Ben Abdellah permettra de réduire davantage la demande sur le barrage d’Al Massira. En outre, elle renforcera l’approvisionnement en eau pour les agglomérations de Casablanca et Rabat, tout en dégageant des ressources supplémentaires permettant d’irriguer près de 176.000 hectares.

Les filières qui en bénéficieront sont multiples. À commencer par les cultures maraîchères, mais aussi les fruits rouges, les céréales, les arbres fruitiers… C’est un pas décisif vers la souveraineté hydrique. D’autant que ces dernières décennies, le changement climatique, l’augmentation des demandes en eau potable et des secteurs économiques, ont intensifié les pressions sur les ressources en eau. 

« Ces pressions ont particulièrement affecté les périmètres d’irrigation et ont exacerbé les déficits en eau des périmètres irrigués, dont l’approvisionnement a enregistré des restrictions drastiques dans les bassins irrigués de la Moulouya, Doukkala, Tadla, Haouz, Souss-Massa, Tafilalet et Ouarzazate », déplore le directeur de l’Irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole au ministère de l’Agriculture.

Des restrictions hydriques qui ne sont plus soutenables dans les zones irriguées du fait qu’elles sont opérées sur plusieurs années successives. À titre d’exemple, pour la campagne agricole 2022-2023, la dotation d’eau allouée aux grands périmètres irrigués à partir des barrages n’a pas dépassé 900 Mm3, soit un taux de couverture d’à peine 17% de la dotation prévue dans les documents de planification de l’eau évaluée à 5.300 Mm3/an.

L’impact sur certaines filières a été indéniable. Par exemple, dans le cas de la filière phœnicicole (palmiers-dattiers), la suspension des dotations agricoles (150 Mm3), à partir des barrages de Mansour Eddahbi et Hassan Dakhil, a débouché sur une baisse de la production de 30% lors de la récolte relative à la campagne 2021-2022. 

Car contrairement à certaines idées reçues, « le secteur de l’irrigation n’utilise en fait que le reliquat des ressources en eau des barrages, après satisfaction des demandes en eau potable et des autres secteurs et, de ce fait, reste le plus impacté par les changements climatiques », précise Ahmed El Bouari. 

Autoroute de l’eau : « Fin octobre, nous atteindrons le débit cible » (Akhannouch)

« Le transfert d’eau du Sebou au Bouregreg servira à alimenter les villes de Casablanca et Rabat − particulièrement Rabat. L’eau de cette région excédentaire, dont une partie se perdait en mer, sera valorisée et transférée à travers ces 70 km de canaux pour alimenter le Bouregreg », a déclaré Aziz Akhannouch ce mardi 29 août sur le site du projet de transfert d’eau du Sebou au Bouregreg, où il effectuait une visite de terrain.

Sur le lieu, Aziz Akhannouch a annoncé que le chantier était toujours en cours. La prouesse marocaine permettant d’interconnecter le bassin du Sebou au Bouregreg n’est qu’une tranche d’urgence, comme nous l’expliquions dans un article dédié.

L’exploitation de cette tranche commence progressivement avec un débit de 3 m³/seconde pour atteindre à la fin 15 m³/seconde.

« Grâce aux efforts de tous, un projet qui aurait pu prendre trois ans a été réalisé en dix mois », s’est félicité le chef du gouvernement. « Mais nous sommes toujours en chantier », a-t-il relativisé. « Les premières motopompes ont été installées, d’autres doivent être installées et d’autres encore sont en projet. »

Et d’ajouter : « Fin octobre, nous atteindrons le débit cible. Rabat et Casablanca seront alimentées par plus d’un million de m³ par jour. »