En prévision du Mondial 2030, de nouveaux projets d’autoroutes à l’étude
Les préparatifs pour le Mondial 2030 seront intensifiés. Durant le Conseil des ministres tenu le 4 décembre dernier, Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, qui est également président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), s’est engagé à accélérer la réalisation des chantiers stratégiques, notamment ceux relatifs à l’élargissement et la rénovation des aéroports des six villes hôtes, ainsi qu’à l’affermissement des infrastructures routières et à la densification des réseaux intra-urbains.
Sur ce dernier point, plusieurs marchés ont été lancés depuis le début de l’année 2024, relatifs à de nouvelles autoroutes qui sont à l’étude ou en cours de construction.
Initiés par le ministère de l’Equipement et de l’eau, ces marchés interviennent dans le cadre du développement et de la modernisation du réseau routier national, visant à améliorer les conditions de déplacement des usagers en mettant en place plusieurs programmes ambitieux.
Connexion de l’autoroute continentale Casablanca-Rabat à l’autoroute Casablanca Had Soualem et Dar Bouazza : un marché qui tarde à aboutir
L’un des projets structurants dans le pipe, mais qui connaît un certain blocage, est celui de la connexion de l’autoroute continentale Casablanca-Rabat à l’autoroute Casablanca-Had Soualem et Dar Bouazza.
Un appel d’offres pour l’étude de définition de cette autoroute de connexion a été lancé en juin dernier, avant d’être relancé à deux fois reprises en août et en octobre.
Les trois marchés ont été déclarés infructueux. Le dernier a connu la participation de trois opérateurs : la société Conseil Ingénierie et Développement, la société NOVEC et le groupement formé par SETEC Maroc et SETEC International.
La Direction régionale de l’Equipement, du transport et de la logistique de Casablanca-Settat a jugé que les offres techniques qui ont été présentées par ces candidats étaient non conformes aux dispositions de l’article 4 du règlement de consultation (RC), qui a trait aux documents et justificatifs devant accompagner chaque soumission.
Cette liaison autoroutière reliera l’autoroute continentale Casablanca-Rabat à l’autoroute Tit Mellil-Berrechid, à l’autoroute Casablanca-Berrechid (A3), à l’autoroute Casablanca-Had Soualem (A1) et à la route régionale RR320, avec comme principal objectif la réduction significative de la distance et du temps de parcours des usagers à destination de Berrechid et Had Soualem et en provenance de Rabat.
Une telle liaison autoroutière soulagerait l’autoroute A1 entre Tit Mellil et Had Soualem.
Cette infrastructure renforcera également l’offre de transport de la métropole de Casablanca et des villes qui l’entourent, et accompagnera la croissance importante enregistrée dans la zone du projet.
L’étude de définition, dont le marché tarde à aboutir, devra être réalisée en 5 mois et permettre d’apporter des solutions appropriées sur les plans de l’aménagement, des coûts et de la satisfaction des besoins sur la base d’étude techniques, économiques et environnementales pertinentes.
Elle devra être réalisée selon une démarche progressive, qui s’articule autour des études suivantes :
- Etude préliminaire de l’axe autoroutier reliant l’autoroute continentale Casablanca-Rabat et l’autoroute Casablanca-Had Soualem et Dar Bouaaza ;
- Etude de définition de l’axe autoroutier reliant l’autoroute continentale Casablanca-Rabat et l’autoroute Casablanca-Had Soualem et Dar Bouaaza ;
- Etude de trafic et d’exploitation de l’axe autoroutier reliant l’autoroute continentale Casablanca-Rabat et l’autoroute Casablanca-Had Soualem et Dar Bouaaza.
Les provinces et préfectures concernées par la présente étude sont celles de Benslimane, Mohammédia, Médiouna, Nouacer et Berrechid.
Après une première annulation, l’étude de la connexion des autoroutes de Rabat-Casablanca continentale, Rabat-Fès et Kénitra-Tanger relancée
Le ministère de l’Equipement prévoit également de relier trois autres autoroutes : celles de Rabat-Casablanca continentale, de Rabat-Fès et de Rabat-Fès-Kénitra. Une étude de définition de cette autoroute de connexion a été lancée par le ministère une première fois en mai dernier, avant d’être annulée par la Direction régionale de Rabat-Salé-Kénitra. Ce marché a de nouveau été relancé le 20 juin dernier.
L’objectif de ce projet est de créer un axe autoroutier d’excellence, destiné non seulement à connecter les principaux centres économiques du pays, mais également à décongestionner les artères surchargées des grandes métropoles, à l’image de Rabat.
Ce projet vise spécifiquement à établir une nouvelle infrastructure autoroutière contournant Rabat pour les usagers des axes Rabat-Casablanca, Rabat-Fès et Kénitra-Tanger, réduisant ainsi les distances et les temps de trajet.
En outre, il offrira une alternative aux usagers venant de Fès pour rejoindre Tanger ou Casablanca, évitant ainsi le passage actuel par la route nationale N°6. Ce nouvel axe contribuera ainsi à désengorger la ville de Rabat et à améliorer la mobilité urbaine.
Ce grand chantier s’inscrit comme une pièce maîtresse des transformations infrastructurelles, en répondant aux besoins croissants en mobilité pour les trois régions Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
L’étude, objet du marché en cours, vise ainsi à proposer des solutions appropriées en termes d’aménagement, de coûts et de satisfaction des besoins, fondées sur des études techniques et économiques pertinentes.
Son but est axé sur le développement des variantes pour l’autoroute de connexion entre les trois autoroutes mentionnées, et la proposition de couloirs potentiels et l’esquisse de solutions pertinentes qui les composent.
Ces solutions doivent être conçues en tenant compte des différents objectifs recherchés et de leur hiérarchisation, ainsi que de l’importance et de la nature des contraintes rencontrées.
Les solutions seront groupées, puis sélectionnées en fonction de leur type et niveau de service, de leur fonctionnement et articulation dans l’aire de l’étude de leurs coûts. Il s’agit des études suivantes :
- Etude préliminaire de l’autoroute de connexion entre les autoroutes Rabat-Casablanca continentale, Rabat-Fès et Kénitra-Tanger.
- Etude de définition de l’autoroute de connexion entre les autoroutes Rabat-Casablanca continentale, Rabat-Fès et Kenitra-Tanger.
- Etude de trafic et d’exploitation de l’autoroute de connexion entre les autoroutes Rabat-Casablanca continentale, Rabat-Fès et Kenitra-Tanger. Sur ce volet, l’étude devra aboutir à une estimation du trafic sur les différentes sections de l’autoroute, permettant d’évaluer le volume ainsi que la structure du trafic à différents horizons (à la date de mise en service prévisionnel, + 5 ans, +10 ans, +15 ans et +20 ans) et sur les différentes sections. Il s’agit notamment d’avoir une estimation pour 2030, pour sa mise en service, et pour 2035, 2040, 2045 et 2050 comme horizons pour les prévisions de trafic.
Autoroute de Béni Mellal-Bipole Fès-Meknès : le budget revu à la hausse
L’autre étude de connexion également lancée est celle reliant l’autoroute de Béni Mellal au bipole Fès-Meknès.
Lancé pour la troisième fois en octobre dernier, ce marché consiste en l’élaboration de l’étude d’avant-projet de cette autoroute, ainsi que l’étude de définition et d’avant-projet des ouvrages d’art et l’exécution des travaux topographiques. Il consiste aussi en l’étude de définition et d’avant-projet des échangeurs et nœuds prévus.
Les missions de ce marché d’étude que le titulaire aura à sa charge sont au nombre de cinq :
- Exécution de la prise de vue et des travaux topographiques nécessaires à la réalisation des plans ;
- L’analyse et la revue de l’étude de définition ;
- L’étude d’avant-projet ;
- L’étude de définition des ouvrages d’art ;
- L’étude de définition de franchissement des routes classées et autres modes de transport.
Le budget pour la réalisation de cette étude est passé de plus de 8 MDH à 16,16 MDH dans le dernier appel d’offres. Il a été revu à la hausse. Le délai d’exécution est fixé à 18 mois.
Un autre marché relatif à cette autoroute de connexion a été annulé en novembre par le directeur régional de l’Equipement et de l’eau de Béni Mellal-Khénifra. Il portait sur la réalisation des prestations topographiques pour l’immatriculation des parcelles du domaine public de l’autoroute relevant de la province de Béni Mellal, pour un budget estimé à 797.760 DH.
Il a été attribué à la société TGM, avant d’être annulé, notamment à la suite de l’expiration du délai d’approbation et du retard de délégation des crédits.
L’autoroute de Guercif-Nador : un projet sur trois tranches
Cette autoroute se constitue de trois principales sections : une première entre Guercif-Saka, une seconde reliant Saka à Driouch, et une troisième reliant Driouch à Nador. Les travaux de construction de cette troisième ont déjà été attribués au groupement STRAPORT-Seprob pour 1,03 milliard de DH. Les deux autres sont toujours en cours.
Pour la première section (Guersif-Saka) de cette autoroute, le marché relatif aux travaux a été précédé d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par le ministère de l’Equipement. Le gouvernement a, pour cette tranche, reçu un financement du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) afin de couvrir le coût de réalisation.
Le ministère envisage d’utiliser une partie des sommes accordées au titre de ce prêt pour financer le contrat de l’assistance à la maîtrise d’ouvrage pour le suivi environnemental, social, financière et juridique du projet de l’autoroute Guercif-Nador.
Les travaux concernés par l’assistance se présentent comme suit :
- Une autoroute en 2×2 voies, sur une longueur de 104,2 km ;
- 15 viaducs et 114 dalots ;
- Un échangeur au niveau de Saka ;
- 53 rétablissements ;
- Une bifurcation ;
- Une aire de service ;
- Un échangeur (RN2).
Le délai approximatif des travaux de cette première tranche est estimé à 48 mois.
Pour la seconde tranche de cette autoroute (Saka-Driouch), un marché de préqualification a été lancé par le ministère, portant sur la construction de trois lots. Si la maîtrise d’œuvre de la première tranche de ce projet d’autoroute est financée par la BAD, le Royaume a sollicité un financement auprès de la Banque islamique de développement (BIsD) pour financer le coût du projet de construction de la seconde section.
Les travaux prévus dans le cadre de ce marché sont les suivants :
- Une autoroute en 2×2 voies ;
- 6 viaducs, 46 dalots et une voûte ;
- Une aire de service ;
- 16 rétablissements.
Les autres marchés en cours relatifs à cette autoroute sont les suivants :
– La mise en conformité de certaines lignes, estimée à 3,6 MDH ;
– La réalisation des prestations topographiques pour l’immatriculation des parcelles du domaine public de cette autoroute au niveau de la province de Guercif, estimée à 1,25 MDH, pour une durée fixée à 12 mois. Ce marché a été attribué à la société JT TOPO SARL pour 1,231 MDH.
Il consiste en la réalisation des prestations topographiques nécessaires à l’élaboration des dossiers techniques de morcellement et de recollement de bornage, et l’établissement des titres fonciers au nom du domaine public de l’Etat pour les parcelles expropriées immatriculées, en cours d’immatriculation et non immatriculées en se basant sur les plans parcellaires, états parcellaires et décrets d’expropriation publiés.
D’autres études de contournement sont en cours, notamment l’étude de contournement d’Agadir, estimée à 7,9 MDH. Le marché portant sur l’actualisation de l’étude de définition de l’autoroute de contournement Est de la ville de Marrakech a, lui, été attribuée à Conseil Ingenierie et développement pour 3,25 MDH.