Le Mauritanien Sidi Ould Tah, nouveau président de la BAD

Sidi Ould Tah est arrivé largement en tête avec 70% des voix. Il remplacera le Nigérian Akinwumi Adesina à partir du 1er septembre 2025.

Président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) depuis 2015, qu’il a métamorphosée en un acteur stratégique du financement des économies africaines, Sidi Ould Tah, a bénéficié d’un soutien sans faille des pays régionaux.

Lors de ce mandat, Sidi Ould Tah compte renforcer les institutions financières régionales, affirmer l’indépendance financière de l’Afrique sur les marchés mondiaux, utiliser la dynamique démographique comme levier de développement et construire des infrastructures résilientes face au changement climatique.

 Figure majeure de la finance de développement africaine

Titulaire d’un doctorat en économie de l’Université de Nice-Sophia-Antipolis et d’un DEA de l’Université Paris VII, Sidi Ould Tah a également suivi des programmes exécutifs à Harvard, à la London Business School et au Swiss Finance Institute.

Sa carrière débute à la Banque mauritanienne pour le développement et le commerce, avant de le conduire à l’Autorité arabe pour l’investissement et le développement agricole à Khartoum, puis à la Banque islamique de développement en Arabie saoudite.

De retour en Mauritanie, il occupe les postes de conseiller à la présidence et à la primature, puis de ministre des Affaires économiques et du développement de 2008 à 2015.

Une transformation stratégique de la BADEA

À la tête de la BADEA depuis juillet 2015, Sidi Ould Tah a orchestré une transformation ambitieuse de l’institution. Sous sa direction, le capital autorisé de la banque a été augmenté de 376%, passant de 4,2 milliards à 20 milliards de dollars en 2022.

Les engagements annuels ont atteint 2,2 milliards de dollars en 2023, contre 250.000 dollars à ses débuts. En janvier 2024, la BADEA a émis son premier eurobond de 500 millions d’euros à un taux compétitif de 3,75%.

Le 9e plan quinquennal (2025-2029), doté d’un budget de 18,375 milliards de dollars, reflète la vision stratégique de Sidi Ould Tah. Ce plan vise le développement des infrastructures, le renforcement des chaînes de valeur agricoles, le soutien au commerce et au secteur privé, ainsi que l’accompagnement des PME.

(Avec MAP)

La BAD lance au Maroc sa solution numérique dédiée à la supervision des projets

En passe d’être généralisée à l’ensemble des pays africains, RASME (Appraisal Supervision Monitoring and Evaluation) exploite une palette de technologies numériques pour améliorer les processus de suivi-évaluation des projets, fait savoir un communiqué de la BAD.

À l’aide d’appareils mobiles, d’images aériennes ou satellitaires, la solution informatique RASME permet de collecter des données précises et fiables en temps réel pour suivre l’avancement des projets dans des formats numériques (données, photos, vidéos, cartes, etc.), directement depuis le terrain.

La cérémonie de lancement de cette solution continentale a été marquée par le début d’un atelier de formation de quatre jours réunissant plus de 80 participants notamment les partenaires marocains de la Banque et les chefs de projets basés au Maroc.

Intervenant à cette occasion, le responsable-pays de la Banque africaine de développement pour le Maroc, Achraf Tarsim, a affirmé qu’avec RASME, la collecte de données sur les projets gagne en rapidité, en efficacité et en coût, ce qui permettra une meilleure conception et un bon déploiement des futures opérations de la Banque.

De son côté, le directeur-adjoint du Trésor et des finances extérieures, Abdelkrim Achir, qui représentait le ministère de l’Économie et des finances, a souligné que « le Maroc est un pays émergent qui aspire à de nouveaux paliers de croissance avec un rythme de développement en accélération ».

« Cette solution permettra d’y contribuer en fournissant des données fiables pour assurer une gestion plus efficace et efficiente des projets. La prise de décision n’en sera que plus facile pour servir les priorités de développement », a-t-il dit.

La présentation de cette nouvelle solution a été suivie d’échanges autour des possibilités offertes par les différents vecteurs de collecte de données et de facilitation du processus de suivi-évaluation des projets.

(Avec MAP)

Maroc-BAD : quatre accords de financement de plus 6 MMDH

Ces accords portent sur le financement des programmes suivants :

La cérémonie de signature de ces accords s’est déroulée en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui, du ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, du ministre-délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Mohcine Jazouli et du directeur général de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), Abderrahim Houmy.

A cette occasion, Fouzi Lekjaa a souligné l’importance de ces accords de financements qui suivent une approche « participative et intégrée », englobant la formation, le financement de projets à dimension industrielle et promettant des perspectives d’emploi, les infrastructures et leur renforcement, ainsi que les projets liés au domaine forestier et à l’exploitation de ses capacités pour préserver les équilibres environnementaux.

En outre, le ministre s’est félicité du niveau et de la qualité des relations entre le Maroc et la BAD, mettant l’accent sur l’appui de la Banque au Royaume dans le cadre de la mise en œuvre des réformes structurelles essentielles et des assistances techniques dans différents domaines.

De son côté, Achraf Tarsim a indiqué que ces projets structurants et complémentaires reflètent « l’excellente relation qui lie la BAD avec son premier partenaire en Afrique, le Maroc ». Ces accords, a-t-il poursuivi, concernent un projet lié à la transformation de l’université marocaine pour qu’elle puisse être plus entrepreneuriale, plus digitale et plus inclusive, ainsi qu’un projet relatif au renforcement de la compétitivité des territoires marocains pour attirer davantage d’investisseurs et créer de nouvelles opportunités économiques.

Pour M. Tarsim, le troisième projet vient compléter cette offre avec une meilleure connectivité pour lier le nouveau port Nador West Med au réseau autoroutier du Maroc, pour que les investisseurs qui s’installent puissent bénéficier de cette offre complémentaire et accroître leur compétitivité. Quant au 4e projet, il permettra notamment de renforcer les chaînes de valeurs forestières, d’introduire l’entrepreneuriat au niveau de ces zones et de renforcer la capacité en termes de séquestration de carbone.

Quatre programmes

L’objectif du programme d’appui à la transformation pour une université marocaine digitale, entrepreneuriale et inclusive est de contribuer à l’amélioration de la qualité du capital humain et à l’autonomisation des jeunes, à travers un accès inclusif à un enseignement supérieur d’excellence, innovant et en synergie avec l’écosystème territorial.

Le programme axé sur les résultats pour l’amélioration de la compétitivité territoriale au Maroc vise, quant à lui, à contribuer à l’amélioration de la compétitivité territoriale afin d’attirer les investisseurs, créer des emplois et améliorer l’inclusion socio-économique.

Pour le programme d’appui au développement inclusif et durable des zones forestières, il a pour objectif de contribuer au développement des filières forestières clés, d’organiser les interprofessions, de promouvoir l’entreprenariat forestier et aquacole féminin et des jeunes, en plus de développer l’Ecotourisme, promouvoir les partenariats public-privé (PPP) et la coopération sud-sud et appuyer la transformation digitale du secteur forestier.

Quant au projet autoroutier Guercif -Nador, il porte sur la contribution au renforcement des infrastructures de transport de la région de l’oriental et la promotion de l’économie de cette région en assurant une desserte avec une liaison routière de grande capacité qui s’imbrique dans le réseau autoroutier national. Ainsi, le complexe portuaire de Nador West Med et la zone d’activités y associée, seront desservis par ce projet autoroutier qui permettra d’améliorer notablement la rentabilité dudit complexe portuaire et de faciliter son exploitation.

(Avec MAP)

La BAD approuve 915 MDH pour le développement durable des zones forestières au Maroc

Ce projet vise à contribuer au renforcement de la résilience de l’économie marocaine face aux changements climatiques et à améliorer le cycle de l’eau, en particulier, indique un communiqué de la Banque africaine de développement (BAD) publié à l’occasion de ses Assemblées annuelles 2024, dont la cérémonie d’ouverture officielle s’est déroulée ce mercredi 29 mai à Nairobi.

Ciblant près de 6,5 millions de personnes vivant dans les zones rurales relevant des régions de Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Souss-Massa au niveau des quatre bassins versants et de quatre parcs nationaux, le projet s’assigne pour objectif de « soutenir l’émergence d’une classe moyenne rurale à travers une gestion durable des ressources naturelles, la promotion inclusive des chaînes de valeur forestières et le développement de l’entrepreneuriat forestier et aquacole », précise la même source.

L’opération bénéficiera aux coopératives, aux interprofessions et aux petites et moyennes entreprises qui opèrent dans les filières forestières et aquacoles dans les régions cibles.

Selon la BAD, le projet contribuera à la concrétisation des ambitions de la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 » à travers une série d’actions, dont l’aménagement intégré de quatre parcs nationaux, la promotion de la biodiversité en réintroduisant des espèces de faune disparues et/ou menacées, en plus de la restauration des terres touchées par l’érosion à travers leur traitement biologique.

Il s’agit aussi de promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans les filières aquacoles et forestières en leur facilitant l’accès au financement, en leur fournissant des services d’accompagnement et de proximité et en mettant en place trois incubateurs pour les jeunes et les femmes entrepreneurs agricoles.

En outre, ces actions portent sur le développement de l’écotourisme en aménageant des zones dédiées dans quatre parcs nationaux, l’appui à quatre filières « liège », « eucalyptus », « plantes aromatiques et médicinales » et « aquaculture continentale », avec la définition de plans de développement et la mise en place de zones de transformation qui renforcent la valeur ajoutée des filières.

De même, ledit projet prévoit la mise en place d’un centre d’excellence et d’innovation forestières, la mise en place d’un réseau d’échange et de bonnes pratiques entre l’Afrique du Nord, l’Afrique centrale et l’Afrique australe, ainsi que le renforcement des capacités de gestion et de coordination des acteurs du secteur forestier.

(Avec MAP)

La BAD approuve la nouvelle stratégie pays du Maroc pour la période 2024-2029

Cette nouvelle feuille de route servira les priorités du Nouveau Modèle de développement (NMD) du Royaume à l’horizon 2035 et contribuera à renforcer la compétitivité et la résilience de l’économie marocaine, indique la Banque africaine de développement  (BAD), à l’occasion de ses Assemblées annuelles 2024 qui se tiennent du 27 au 31 mai à Nairobi.

« Cette nouvelle stratégie fixe le cap, les objectifs et le rythme de nos investissements sur les cinq prochaines années dans le Royaume, notre premier partenaire sur le continent avec plus de 12 milliards d’euros mobilisés dans des secteurs stratégiques », a expliqué Achraf Tarsim, responsable pays de la BAD pour le Maroc, cité dans le communiqué.

Cette feuille de route définit deux priorités qui consistent à renforcer la croissance inclusive par le développement des compétences, l’employabilité et l’entrepreneuriat et à consolider, par le déploiement d’infrastructures durables, la résilience de l’économie aux chocs exogènes.

D’après la BAD, ce nouveau DSP innove notamment par son approche nexus « eau-énergie » qui permettra d’élaborer davantage de projets intégrés pour atténuer le stress hydrique et soutenir une croissance forte et inclusive.

Fruit de larges consultations auprès d’acteurs publics et privés, la nouvelle stratégie pays tire les enseignements du précédent DSP qui a contribué à concrétiser les importants progrès réalisés par le Maroc en matière de développement socio-économique.

Au cours de la période 2017-2023 couverte par la vision précédente, la Banque a mobilisé près de 3 milliards d’euros.

En matière de résultats sur la période 2017-2023, la BAD a contribué à sécuriser l’accès à l’eau potable pour cinq millions d’habitants et à étendre la couverture de l’assurance maladie de 62% en 2017 à 100% en 2023.

Le Maroc est un membre fondateur de la BAD. Depuis 1978, la Banque y a investi plus de 12 milliards d’euros dans près de 190 projets. Son portefeuille actif compte 40 opérations, totalisant 3,5 milliards d’euros dans les secteurs de la santé, de l’eau, de l’agriculture, des transports, de l’énergie et du secteur financier.

La BAD accorde trois prêts de 1,9 MMDH au groupe OCP pour son programme d’investissement vert

Ces accords de financement ont été signés par Ousmane Fall, directeur du département de l’Industrialisation et du développement du commerce de la Banque africaine de développement (BAD), et Karim Lotfi Senhadji, directeur financier du groupe OCP, indique la Banque dans un communiqué.

Le premier prêt, d’un montant de 150 millions de dollars (1,5 MMDH) provenant des ressources de la BAD, et le deuxième prêt de 18 millions de dollars (équivalent à près de 180 MDH) des ressources du Fonds climatique Canada-BAD, serviront au financement de la construction de trois usines modulaires de dessalement d’eau de mer, fait savoir la même source. Ces usines du groupe OCP auront une capacité annuelle totale de 110 millions de m³.

Outre une autonomie des sites industriels et miniers du groupe OCP en eau non conventionnelle, le projet permettra de fournir jusqu’à 75 millions de m³ d’eau potable aux villes de Safi, El Jadida et aux zones avoisinant les usines de Safi et Jorf de OCP, précise la BAD. Plus de 1,5 million de personnes bénéficieront de cette eau potable.

S’agissant du troisième prêt, de 20 millions de dollars (200 MDH) provenant des ressources du Fonds pour les technologies propres (CTF-Clean Technology Fund), il servira au financement de systèmes de stockage d’énergie générée par des sources renouvelables. Ces systèmes alimenteront en énergie des usines de dessalement et d’autres unités productives du groupe OCP.

Ce financement vise également à soutenir les populations les plus vulnérables, entre autres, par l’approvisionnement en eau potable et par la création d’emplois, y compris pour les jeunes et les femmes, ainsi qu’en milieu rural.

« Nous sommes fiers d’être associés à cet ambitieux projet qui apporte une réponse stratégique au stress hydrique qui s’amplifie au Maroc. Le projet permettra également d’optimiser la gestion de la ressource hydrique dans les activités industrielles de l’OCP en utilisant de l’eau de mer dessalée », a dit le responsable du bureau-pays de la BAD au Maroc, Achraf Tarsim, cité dans le communiqué.

« Nous apprécions grandement ces prêts, qui représentent des contributions significatives à notre programme d’investissement de 13 milliards de dollars de 2023 à 2027. Nos objectifs de durabilité visent à atteindre 100% d’eau non conventionnelle d’ici 2024, 100% d’énergie renouvelable d’ici 2027, l’autosuffisance en ammoniac vert d’ici 2032 et la neutralité carbone totale d’ici 2040″, a déclaré Karim Lotfi Senhadji, directeur financier du groupe OCP.

« Nous sommes heureux de constater que ce fonds se déploie efficacement au Maroc pour contribuer à répondre aux enjeux climatiques. Nous sommes ravis d’y être associés aux côtés de nos partenaires : la Banque africaine de développement et le groupe OCP », a souligné Jean Touchette, conseiller et chef de la coopération à l’ambassade du Canada au Maroc.

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La BAD mobilise 246 millions d’euros pour la construction de l’autoroute Guercif-Nador

Ce financement, précise un communiqué de la Banque africaine de développement (BAD), est composé de 200 millions d’euros de la BAD et de 46 millions d’euros du fonds Africa Growing Together Fund (AGTF).

Le secteur du transport, qui constitue l’un des principaux leviers de la croissance économique et du développement du Maroc, figure parmi les priorités du Royaume. Il contribue, tous modes confondus, à 15% des recettes de l’Etat et à l’emploi de 5% de la population active occupée, représentant 2,8% du PIB national en 2022, note le communiqué.

Et d’ajouter que le projet s’inscrit dans la dynamique de modernisation des infrastructures de transport et de services associés pour accroître la compétitivité logistique du pays et son attractivité. Il permettra notamment de connecter le grand complexe industrialo-portuaire de Nador West Med au réseau autoroutier du Maroc, souligne-t-on.

Ce projet, fait savoir la BAD, vise à renforcer la connectivité de la région de l’Oriental pour attirer davantage d’investissements et générer de nouvelles opportunités économiques et créer de l’emploi.

Il vise également à améliorer la sécurité routière sur l’axe Guercif-Nador et à connecter au réseau autoroutier le futur port de Nador West Med pour contribuer à l’augmentation des volumes de marchandises y transitant, et les villes de Nador, Guercif et l’ensemble des villes situées sur ce corridor.

S’agissant des résultats attendus, le communiqué met l’accent sur le renforcement de la compétitivité logistique de la région de l’Oriental en facilitant l’accès au port de Nador West Med et sa future zone d’activité, et sur la réduction des coûts de transport et d’entretien des véhicules, en plus de l’amélioration de la sécurité routière sur l’axe Guercif-Nador.

L’objectif est aussi d’apporter aux populations de la région de l’Oriental une mobilité plus aisée.

Le FM6I et la BAD veulent accroître les sources de financement de l’investissement productif au Maroc

Signé par le président de la BAD, Akinwumi Adesina, et le directeur général du FM6I, Mohamed Benchaâboun, lors des Market Days du Forum pour l’investissement en Afrique (AIF), tenu du 8 au 10 novembre à Marrakech, ce partenariat permettra aux deux institutions d’identifier les initiatives qui pourraient faire l’objet d’un financement conjoint, ainsi que d’explorer d’autres mécanismes de financement, tels que le partage des risques par le biais de produits de garantie, indique un communiqué conjoint.

La BAD a confirmé son soutien aux initiatives lancées par le Fonds et a réitéré son engagement à travailler à ses côtés pour mobiliser divers modèles de financement et variétés d’options d’assistance technique.

Faisant du Fonds un levier majeur pour renforcer l’intervention de la BAD au Maroc, ce partenariat est la concrétisation d’une ambition partagée par les deux institutions consistant à renforcer le rôle du secteur privé dans le financement de l’économie marocaine, souligne le communiqué.

A noter que le Fonds Mohammed VI pour l’investissement a lancé trois initiatives majeures pour catalyser l’investissement productif au Maroc, conformément aux orientations royales. Dans ce sens, le Fonds finalise actuellement le processus de sélection des sociétés de gestion chargées de gérer des fonds thématiques et sectoriels, destinés à offrir aux entreprises marocaines des solutions de financement pour renforcer leur capacité d’investissement, créer des emplois durables et développer leurs activités sur de nouveaux marchés géographiques.

La deuxième initiative porte sur un produit de dette subordonnée, qui viendra compléter son offre de financement en fonds propres, et qui permettra également aux entreprises marocaines de financer leurs projets d’investissement tout en renforçant leurs fonds propres.

Quant à la troisième initiative, elle concerne le développement des outils innovants pour préparer des projets d’infrastructures et prendre des participations dans ces projets afin d’accélérer le rythme de la mise en œuvre des projets d’infrastructures durables au Maroc.

A ce titre, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement compte, à travers ces différentes initiatives, mobiliser 30 milliards de DH aux côtés de son capital initial de 15 MMDH.

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Le Maroc et la BAD signent trois accords de financement de plus de 2,9 MMDH

Le premier accord pour le financement du programme d’appui à l’accès inclusif aux infrastructures de santé (PAAIIS) porte sur montant de 120 millions d’euros (M€), soit environ 1,3 MMDH, et le deuxième concerne le financement du Programme d’appui à la généralisation de la couverture sociale pour une meilleure employabilité (PAGSC-II), d’un montant de 149 M€ (environ 1,6 MMDH).

Le 3e accord, quant à lui, porte sur le financement de l’assistance d’urgence pour le tremblement de terre d’Al Haouz, d’un montant de 1 million de dollars (environ 10,35 millions de DH).

(Avec MAP)

Ricardo Mourinho Félix : “En 2022, la BEI a injecté plus de 381 millions d’euros dans l’économie marocaine”

Ce mercredi 22 février, la Banque européenne d’investissement (BEI) a fait le point sur son activité au Maroc. Au cours des cinq dernières années, elle a mobilisé 2,5 milliards d’euros pour accompagner le développement du Royaume.

Environ 40% de ses financements ont concerné les petites et moyennes entreprises (PME) et l’industrie, 20% les énergies renouvelables, 19% le transport durable, 16% la santé et l’éducation.

En 2022, la BEI a injecté plus de 381 millions d’euros dans l’économie marocaine, dont 50% dédiés à des projets structurants dans l’environnement, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

L’année dernière a également été marquée par le financement de l’Office national des chemins de fer (ONCF) avec un prêt de 200 millions d’euros. Il s’agit du premier projet signé dans le cadre du Partenariat Vert avec le Royaume du Maroc.

Médias24 a échangé avec Ricardo Mourinho Félix, vice-président de la BEI, sur ces réalisations et sur les perspectives de son action au Maroc.

La BEI poursuivra sa mobilisation en 2023 sur des secteurs prioritaires pour le Royaume, comme le Pacte vert, notamment en matière de biodiversité, d’environnement et de gestion de l’eau.

Médias24 : La BEI, c’est plus de 7 milliards d’euros de financement pour le Maroc à travers une centaine d’opérations sur les vingt dernières années. Comment décrivez-vous la relation entre la BEI et le Maroc ?

Ricardo Mourinho Félix : Je souhaiterais d’abord souligner que le Maroc est le deuxième bénéficiaire des financements de la BEI dans la région sud-méditerranée au cours des dernières années.

Depuis longtemps, comme principal bailleur de fonds, la BEI a un partenariat de grande qualité avec le Royaume du Maroc : depuis 2017, nous avons ainsi consacré 2,5 milliards d’euros d’investissements pour financer des projets à fort impact répondant aux priorités économiques du Royaume.

La relation entre la BEI et le Maroc est historique, forte et durable. Depuis plus de vingt ans, la BEI accompagne le Maroc sur des projets structurants tels que l’approvisionnement en eau, l’assainissement, les infrastructures de transport et d’énergie, l’éducation et l’appui aux PME.

Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités marocaines publiques et des entreprises privées pour garantir que les projets financés répondent aux besoins réels du pays et de sa population. Nous avons également travaillé avec des partenaires locaux et les autres bailleurs de fonds présents au Maroc, afin d’assurer la durabilité et l’efficacité des projets.

Nous sommes fiers de notre contribution au développement économique et social du Maroc. Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec les autorités marocaines pour soutenir des projets d’investissement stratégiques pour le pays.

Nous sommes également conscients des défis actuels auxquels le Maroc est confronté, notamment la crise économique et ses impacts sur l’accès au financement des petites et moyennes entreprises. C’est pourquoi l’appui aux PME a représenté environ 40% de notre activité au Maroc de 2017 à 2022.

La relation entre la BEI et le Maroc est assurément solide, et nous poursuivrons notre mobilisation en 2023 sur des secteurs prioritaires pour le Royaume comme le Pacte vert, notamment en matière de biodiversité, d’environnement et de gestion de l’eau. Bien entendu, nous poursuivrons aussi notre appui au développement économique et aux énergies renouvelables.

La PME, une cible prioritaire

– En 2021, un rapport conjoint de la BEI avec la Banque africaine de développement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement a mis en évidence la difficulté des PME marocaines à accéder au financement et à investir. Ce nouveau programme de la BEI peut-il aider à résoudre ce problème ? Et si oui, comment ? 

– En 2021, une analyse inédite de la BAD, de la BEI et de la BERD mettait effectivement en évidence trois grandes difficultés des petites et moyennes entreprises marocaines.

D’abord, le problème d’accès au financement, qui touche principalement les PME. Alors qu’elles représentent 90% des entreprises, l’investissement et la valeur ajoutée se concentrent sur un faible nombre d’entreprises.

Ensuite, le problème particulier des PME agricoles, dans un secteur qui concentre 70% de la population active rurale et 80% de l’emploi.

Enfin, la problématique d’intégration des entreprises marocaines dans les chaînes de valeur mondiales.

Et au Maroc, les PME jouent un rôle peut-être plus important qu’ailleurs dans la dynamique économique. A la BEI, nous avons toujours accordé une importance capitale au développement du secteur privé.

A ce titre, les prêts intermédiés aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) représentent le principal secteur d’activité de la BEI dans le monde. Nous travaillons avec des partenaires et intermédiaires financiers locaux, comme le CIH à travers un financement de 60 millions d’euros signé en 2021, le CAM avec un programme de 200 millions d’euros signé en 2020 pour les PME agricoles, et plus récemment la BCP via une garantie de financement de 8 millions d’euros. Cette dernière permettra le financement d’un volume d’investissement de l’ordre de 50 millions d’euros pour les PME marocaines exportatrices, permettant ainsi à la BCP de prendre plus de risques.

De plus, la BEI apporte toute son expertise technique et financière en matière de décarbonation, de productivité et de numérisation, dans une optique de renforcement des chaînes de valeur avec l’UE.

Ce vendredi, je donnerai le coup d’envoi d’un nouveau guide sur la décarbonation en partenariat avec la CGEM, dans le cadre du programme « Trade and Competitiveness », cofinancé par l’Union européenne, pour améliorer la compétitivité et l’accès au financement des petites et moyennes entreprises.

Nous sommes aujourd’hui à l’écoute des autorités pour étudier toutes les opportunités et les modalités d’intervention dans le cadre du Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

– La BEI a accordé un crédit à l’ONCF de 2,6 milliards de dirhams. Pourquoi a-t-il été inscrit dans le cadre du Green Deal européen ?

– La coopération en matière climatique et de protection de l’environnement a toujours été un axe fondamental du partenariat UE-Maroc.

Concernant ce nouvel investissement avec l’ONCF, j’étais au Maroc le 18 octobre 2022 lors de son annonce, et j’y ai rencontré le matin même le vice-président de la Commission, M. Timmermans, avant la signature du Partenariat vert UE-Maroc.

Derrière le pacte européen, il y a cette philosophie de transformer les défis climatiques et environnementaux en opportunités.

Je tiens à souligner que ce partenariat est le premier conclu dans le cadre de la dimension extérieure du Green Deal européen, concrétisant ainsi les orientations politiques du Nouvel agenda pour la Méditerranée de l’UE et de l’initiative Team Europe.

Cela démontre également toute l’importance que le Maroc accorde à ce partenariat avec sa Contribution nationale déterminée. C’est l’un des pays à avoir constamment affiché des objectifs climatiques ambitieux.

Le lendemain de la signature de ce Partenariat vert, nous annoncions, aux côtés de M. Rabie Khlie, ce contrat de financement de 200 millions d’euros, représentant 80% d’une enveloppe globale de 250 millions d’euros mise à disposition de l’ONCF.

Cet appui financera en particulier des projets du programme national de réhabilitation et de mise à niveau du réseau ferroviaire marocain, comme des infrastructures, des équipements et des ateliers industriels. Il contribuera au renouvellement et à la remise en état de voies, d’ouvrages d’art et d’installations de traction électrique, ainsi qu’à l’amélioration des systèmes de signalisation, de télécommunication et de sécurité du réseau ferroviaire.

Des mesures d’adaptation au changement climatique sont également prévues, comme la mise en œuvre de programmes de protection contre les inondations sur le réseau. La BEI accompagnera l’ONCF pendant toute la durée du trajet pour consolider sa feuille de route d’adaptation au climat.

– Toujours dans le cadre du financement des entreprises et des grands projets, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement recherche des partenaires pour atteindre une enveloppe de 45 MMDH. La BEI est-elle intéressée par ce fonds ? Va-t-elle y participer ?

– Nous sommes aujourd’hui à l’écoute des autorités pour étudier toutes les opportunités et les modalités d’intervention dans le cadre de ce fonds.

Je pense que ce fonds produira un effet levier important et permettra d’accélérer le rythme de réalisation de projets structurants.

Son principe d’intervention, à travers des fonds sectoriels, est particulièrement intéressant. Nous mettrons à disposition toute notre expertise en matière d’appui aux PME, de transport vert, d’éducation et d’énergie renouvelable.

20% des financements dédiés aux énergies renouvelables

– L’énergie représente pour l’Europe une question primordiale, notamment au regard du contexte géopolitique actuel. Le Maroc est l’un des pays les plus prometteurs de la région en matière d’énergie renouvelable. Comment la BEI considère-t-elle les opportunités de partenariat entre le Maroc et l’Europe ? Y a-t-il des projets auxquels elle participera à l’avenir ?

– La Banque a toujours suivi avec intérêt les projets d’interconnexion entre le Maroc et l’Europe ; l’objectif étant d’augmenter la capacité de transit des liaisons, de renforcer la sécurité et la fiabilité du réseau intérieur existant.

Nous avons participé, dès 1995, au renforcement de l’interconnexion électrique entre le Maroc, l’Espagne et l’Algérie. Nous avons financé la première interconnexion Maroc/Espagne, puis le doublement de l’interconnexion en partenariat avec l’Office national de l’électricité.

De plus, ces cinq dernières années, nous avons consacré 20% de nos financements aux énergies renouvelables, soit environ 516 millions d’euros, à travers l’éolien, l’hydraulique et le solaire. Tous ces appuis contribuent à l’objectif du Maroc de sécuriser plus de 52% de son mix électrique à partir de sources renouvelables d’ici 2030.

La BEI a toujours suivi avec intérêt les projets d’interconnexion, notamment les modalités de transfert des énergies renouvelables vers l’Europe. Le mémorandum signé pendant la COP27 entre le Maroc et quatre pays européens, dans le cadre de la feuille de route pour le commerce durable de l’électricité, devrait faciliter davantage la mise en œuvre de ces projets.

En septembre dernier, nous avons aussi signé avec l’agence Masen (Agence marocaine pour l’énergie durable, ndlr) un accord de coopération portant sur une subvention de deux millions d’euros, pour évaluer le potentiel éolien offshore du Maroc. La BEI a une importante expérience dans le financement des parcs éoliens en mer en Europe, en l’occurrence au Portugal, en Norvège et en Ecosse.

Enfin, le potentiel d’exploitation de l’énergie solaire pour créer de l’hydrogène est réel au Maroc. La Banque a publié une étude récente, avec l’Alliance solaire internationale et l’Union africaine notamment, qui souligne tous les avantages en matière de sécurité d’approvisionnement, de création d’emplois et de décarbonation.

Nous avons appuyé de nombreux projets d’hydrogène en Europe. Notre portefeuille de conseil représente 45 projets pour plus de 15 milliards d’euros d’investissements.

En tant que banque de l’UE, nous avons apporté une contribution significative aux projets d’hydrogène vert en Europe et pourrions fournir notre expertise dans ce domaine au Maroc.

– Vous avez déjà participé au financement de projets d’énergie verte au Maroc, notamment des centrales solaires Noor. Quel bilan en faites-vous ?

– Ces dix dernières années, la BEI a soutenu de nombreux projets d’énergie renouvelable au Maroc pour un montant total de financement de près d’un milliard d’euros. Nous sommes fiers d’avoir contribué à l’avancement de la transition énergétique dans ce pays, qui est l’un des plus avancés et les plus prometteurs en matière d’énergie renouvelable dans la région.

Tout d’abord, nous avons soutenu les réseaux électriques avec l’ONEE. Cette contribution a été essentielle pour renforcer la capacité de transit des liaisons et augmenter la sécurité et la fiabilité du réseau intérieur existant. Nous avons également soutenu la station de transfert d’énergie par pompage (STEP) d’Abdelmoumen pour la production d’électricité. Cette station utilise une technologie innovante qui permet de stocker l’énergie produite par les éoliennes et les panneaux solaires, pour la restituer lorsque la demande en électricité est élevée.

En 2022, nous avons décaissé 100 millions d’euros dans le cadre du programme éolien global, qui comprend Midelt et Jbel Hdid. Ce programme est une initiative majeure qui vise à développer la production d’énergie éolienne au Maroc. Il comprend également des efforts pour améliorer les infrastructures de transport et l’efficacité énergétique.

Nous avons aussi financé trois des quatre centrales Noor Ouarzazate. Ces centrales solaires sont des projets emblématiques de la transition énergétique au Maroc, produisant de l’énergie propre et renouvelable. Nous sommes fiers de notre contribution à leur réalisation.

Enfin, nous sommes confiants dans la direction que prend le Maroc dans la transition vers les énergies renouvelables, en particulier l’hydrogène vert. En tant que banque de l’UE, nous avons apporté une contribution significative aux projets d’hydrogène vert en Europe et pourrions fournir notre expertise dans ce domaine au Maroc.

Nous sommes convaincus que le Maroc est bien engagé pour atteindre ses objectifs en matière d’énergie renouvelable et serions heureux de continuer à apporter notre soutien pour aider le pays à atteindre ses objectifs ambitieux.

– Quelles seront vos priorités de financement pour le Maroc dans les prochaines années ? 

– Le Maroc a des stratégies dans de nombreux domaines et un Nouveau Modèle de développement qui constitue le cadre de toutes nos interventions.

En tant que Banque de l’Union européenne, notre approche opérationnelle est d’agir en soutien au développement au Maroc, dans une logique de complémentarité et en parfaite ligne avec la coopération UE-Maroc.

Concrètement, nous portons une vision d’investissement à long terme aux côtés de l’UE, pour promouvoir le développement économique durable et l’innovation, et mettre en œuvre les objectifs climatiques de l’UE au Maroc, notamment dans le cadre du Partenariat vert européen.

Nos priorités s’articulent donc naturellement autour de celles du Royaume ; en matière de protection et de développement du capital humain, à travers la santé et l’éducation, deux secteurs qui ont représenté 20% de nos interventions ces cinq dernières années.

Cette année, nous sommes particulièrement attentifs aux priorités du Maroc pour atteindre ses objectifs de développement durable. Parmi ces priorités, nous pouvons en noter quatre.

Tout d’abord, un appui continu aux petites et moyennes entreprises qui constituent le moteur de l’économie marocaine en matière de création d’emplois et d’innovation. Nous soutenons les entreprises exportatrices dans le cadre du programme pour le commerce et la compétitivité, y compris à travers nos prêts intermédiés.

Puis, la biodiversité et l’environnement, qui sont des enjeux cruciaux pour le Maroc. Le pays cherche à renforcer sa résilience et à lutter contre les effets du changement climatique.

Ensuite, la gestion de l’eau, un enjeu majeur pour le Maroc en raison de la rareté de cette ressource dans le pays. Le Maroc cherche à mettre en place des politiques de gestion de l’eau efficaces pour garantir l’accès à l’eau potable pour tous les citoyens.

Enfin, les secteurs de la santé et de l’éducation continueront d’être au cœur de nos priorités, car ils ont un réel impact sur la vie quotidienne des Marocains et des Marocaines. Par ce soutien, nous préparons l’avenir des jeunes.

– Nous connaissons l’intérêt de la BEI pour le financement en lien avec le changement climatique. La Banque va-t-elle financer les projets marocains dans ce domaine, comme les usines de dessalement d’eau par exemple ?

– Le changement climatique a des impacts majeurs sur les populations, notamment en termes d’exode. Pour garantir de meilleures conditions de vie aux populations touchées par ce phénomène, nous devons anticiper ces mouvements de population et mettre en place des solutions adaptées.

L’un des défis majeurs est de garantir un accès à l’eau potable, une question primordiale pour la santé, le développement et le bien-être humain. La BEI possède une grande expertise dans le domaine du dessalement de l’eau et soutient les infrastructures liées à l’eau depuis de nombreuses années au Maroc.

Cependant, il est important de prendre en compte le fait que l’eau est une question globale, qui nécessite une approche intégrée. Le dessalement n’est que l’une des solutions possibles pour répondre aux défis liés à l’eau. D’autres solutions incluent la conservation des bassins versants, la lutte contre les inondations et la réutilisation des eaux usées par exemple. Il est donc important de considérer l’ensemble de ces solutions pour garantir un accès durable à l’eau pour les populations concernées.

Je voudrais saluer l’effort important du Maroc en la matière, avec une enveloppe budgétaire conséquente de 150 milliards de dirhams allouée au programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation pour la période 2020-2027.

La BEI s’inscrit dans cette approche de développement à long terme, en soutien aux Objectifs de développement durable du Maroc. Nous sommes à disposition des autorités pour aider le Royaume à promouvoir une utilisation de ressources en eaux de surface plus durables et plus résilientes.

– Comment s’effectue le choix du financement dans un pays donné ? Est-ce à la demande des Etats concernés, des organisations ? Pouvez-vous nous décrire le processus ?

– Tout d’abord, la BEI n’est pas une banque commerciale et n’a pas de but lucratif. Il n’y a pas non plus de quota par pays. En tant que banque de l’Union européenne, la BEI finance des projets concrets, alignés sur les grandes priorités européennes. Avant la décision d’octroi de financement, nous effectuons une analyse technique et financière du projet. Nous étudions l’impact de ce projet en termes d’emplois créés et soutenus, en termes également environnemental et d’empreinte carbone.

Tout projet soutenu doit respecter les critères d’éligibilité de la BEI et être viable sur les plans financier et économique.

L’organisation des projets s’effectue grâce au dialogue politique sectoriel que nous maintenons constamment avec les autorités publiques et des entités privées, notre objectif étant de répondre aux besoins et aux priorités du pays concerné.

Lors de ma visite, je m’entretiendrai avec différents ministères, en particulier celui de la Transition énergétique, pour discuter de l’agenda du Partenariat vert, et ainsi voir comment nous pourrions le soutenir par des investissements afin de permettre au Maroc d’atteindre ses Objectifs de développement durable.

Car en tant que Banque du climat, l’action climatique est au cœur de nos activités.

Ensuite, nos équipes d’ingénieurs, d’économistes et d’analystes financiers instruisent chaque projet en étroite collaboration avec le promoteur.

Le Comité de direction transmet alors un rapport, pour décision définitive, au Conseil d’administration, lequel se réunit dix fois par an. Une fois approuvé, le prêt peut être décaissé en une ou plusieurs tranches en fonction des besoins de l’emprunteur.

Enfin, en tant que Banque de l’UE, nous avons une coordination permanente avec la Délégation de l’Union européenne au Maroc, qui apporte un appui budgétaire et technique sous forme de dons, comme l’enveloppe de 14 millions d’euros pour le programme de construction de 150 écoles communautaires en zone rurale, accordée en 2022.

Maroc-BAD : deux prêts de 3,1 MMDH pour le financement de programmes de céréaliculture et de couverture sociale

Deux accords de prêts de la Banque africaine de développement (BAD) ont été signés ce lundi 7 novembre pour le financement des deux programmes suivants :

– Le Programme d’appui au développement compétitif et résilient de la céréaliculture (PADCRC), d’un montant de 199 millions d’euros (soit environ 2,16 milliards de DH) :

L’objectif de ce programme est de contribuer à la mise en œuvre des réformes visant le développement de la productivité et de la résilience de la céréaliculture, afin de garantir la sécurité alimentaire et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations de céréales.

– Le Programme d’appui à la généralisation de la couverture sociale (PAGCS), d’un montant de 87 millions d’euros (soit environ 944 millions de DH) :

Il vise l’accompagnement du chantier prioritaire de la généralisation de la protection sociale, notamment l’appui à l’atteinte de la couverture sanitaire universelle, l’extension du régime de retraite, la généralisation des allocations familiales et l’amélioration de la gouvernance et de l’efficacité du système de la protection sociale.

Les accords de prêts ont été signés au siège du ministère de l’Économie et des finances à Rabat, par Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget, Achraf Tarsim, représentant résident du Bureau national de la Banque africaine de développement à Rabat, en présence de Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, et de Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé et de la protection sociale.

L’ONU, la BAD, l’OMS et la BEI s’intéressent à la fondation MAScIR

« Cette visite fait suite à la présentation des activités de la fondation MAScIR, qui a eu lieu au cours de la réunion du Groupe des partenaires pays (GPP), le 7 octobre et à laquelle le management de la fondation a été invité, sur proposition de Leila Farah Mokadem, représentante de la BAD à Rabat », explique un communiqué de la fondation.

Après avoir pris connaissance des travaux de recherche menés par la fondation, les membres de la délégation ont exprimé leur volonté d’initier avec MAScIR un dialogue plus élargi et de bâtir un partenariat institutionnel et multiforme permettant de valoriser l’expertise de la fondation dans le soutien aux secteurs privés et productifs du continent africain.

Les discussions ont également porté sur l’appui potentiel que pourraient apporter les prestigieuses institutions représentées dans cette délégation tant sur le volet du financement que celui d’un accompagnement visant à renforcer la visibilité de la fondation sur le plan régional, notamment dans les domaines de la santé et de l’agriculture.

« Par ailleurs, la délégation s’est particulièrement intéressée à la startup Moldiag, issue des travaux de recherche de MAScIR, et spécialisée dans la mise au point et la production de kits de diagnostics moléculaires, dont le kit de diagnostic du Covid19. Ainsi, Dr. Bigdeli, représentante de l’OMS a d’ailleurs fortement recommandé de préqualifier les kits MAScIR auprès de l’OMS », ajoute la même source.

On note que MAScIR est un centre de recherche relevant de l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P), ayant le statut de fondation, et qui a pour objet de promouvoir et de développer au Maroc des pôles de recherche et développement répondant aux besoins du pays en technologies avancées, notamment dans le secteur de la biologie médicale.