Bank of Africa agréée négociateur compensateur sur le marché à terme marocain

Bank of Africa annonce l’obtention de l’agrément de négociateur compensateur (NC) dans le cadre de l’opérationnalisation du marché à terme au Maroc. Ce statut lui permet d’assurer la compensation des opérations sur produits dérivés standardisés, en garantissant leur bonne fin et en renforçant la sécurité, la transparence et la fluidité du marché.

L’agrément atteste du respect des standards élevés en matière de gestion des risques, de gouvernance, de conformité réglementaire et d’infrastructures opérationnelles. Grâce à ce nouveau rôle, la banque pourra accompagner les investisseurs institutionnels et les entreprises dans leurs stratégies de couverture et de gestion des risques, via des solutions basées sur les contrats à terme.

Cette étape consolide le positionnement de Bank of Africa dans les activités de marché et renforce sa crédibilité auprès des acteurs nationaux et internationaux, tout en contribuant à la modernisation de la place financière marocaine.

https://medias24.com/2025/09/24/marche-a-terme-la-bourse-de-casablanca-realise-un-test-grandeur-nature-avant-le-lancement/

Créance Azeroual : freinée contre une héritière, Bank of Africa avance sur d’autres fronts

Entre Bank of Africa et les héritiers Azeroual, le jeu d’échecs juridique se poursuit, sur fond de procédures croisées et de course au recouvrement d’une créance bancaire de plus de 100 millions de DH.

Si la banque a été freinée sur le volet concernant Chantal Azoulay, bénéficiaire d’un redressement judiciaire à Marrakech, elle conserve en revanche la main contre les autres héritiers débiteurs, restés en dehors de la procédure collective.

Médias24 apprend, de source judiciaire, que le syndic en charge du redressement de Chantal Azoulay a tenté d’étendre cette procédure à l’ensemble des ayants droit Azeroual. Cette requête a toutefois été rejetée par le tribunal de commerce de Marrakech, par un jugement rendu le 30 décembre.

Conséquence : la banque, qui bénéficie d’un jugement exécutoire portant sur une créance de 102 MDH à l’encontre des héritiers Azeroual, peut poursuivre les mesures d’exécution forcée contre l’ensemble des débiteurs concernés, à l’exception de Chantal Azoulay, seule bénéficiaire de la protection attachée à la procédure de redressement judiciaire.

Cette exécution ne peut toutefois s’opérer qu’à hauteur de la quote-part successorale revenant à chacun des héritiers condamnés, conformément au jugement rendu par le tribunal de commerce de Casablanca. Le redressement judiciaire ouvert à Marrakech ne concerne que Chantal Azoulay, héritière de feu Amram Azeroual.

Les autres ayants droit, issus de la succession de feu Mayer Azeroual – Jacob, Eli, Sol, Johar, Miled et Daniel Azeroual – demeurent, eux, en dehors de toute procédure collective. Médias24 ne dispose pas, à ce stade, du détail de la ventilation des quotes-parts individuelles, ni de leur répartition précise dans l’actif successoral.

S’agissant de Chantal Azoulay, la procédure collective ouverte à Marrakech ralentit sensiblement l’action de Bank of Africa, sans pour autant anéantir sa créance. L’établissement bancaire demeure créancier au passif, mais doit désormais se soumettre au régime spécifique du redressement judiciaire, impliquant la déclaration de créance, sa vérification, puis un règlement selon les modalités et le rang applicables dans le cadre de la procédure.

Bank of Africa avait d’ailleurs contesté l’ouverture de ce redressement, estimant qu’il faisait obstacle à l’exécution d’un jugement devenu définitif et y voyant une tentative, de la part de la débitrice, d’échapper aux mesures d’exécution forcée.

En droit, l’ouverture d’une procédure collective entraîne en effet le gel immédiat des poursuites individuelles engagées par les créanciers. Cette analyse n’a toutefois pas été retenue par la juridiction commerciale de Marrakech, qui a rejeté la tierce opposition formée par la banque par un jugement rendu le 30 décembre.

Révélé par Médias24, le litige trouve son origine dans plusieurs contrats de crédit conclus à partir de 2009 entre Bank of Africa et Amram et Mayer Azeroual, ultérieurement restructurés par une série d’avenants.

Ces financements, destinés principalement au développement d’un projet immobilier d’envergure à Marrakech et complétés par des facilités de trésorerie, ont donné lieu, après le décès des emprunteurs, à une action en paiement dirigée contre leurs héritiers.

Par jugement du 21 octobre, le tribunal de commerce de Casablanca a condamné les ayants droit à régler une dette bancaire arrêtée à 102 MDH, dans la limite de leurs quotes-parts successorales.

Affaire Abroun : les banques mises à l’épreuve, jugements au cas par cas

Révélée par Médias24, la condamnation de la BMCI pour faute bancaire au profit du groupe Abroun agite les milieux d’affaires. Deux jours après la parution de cette décision dans nos colonnes, de nouveaux éléments obtenus par nos soins en précisent les ressorts techniques.

Tirées de documents judiciaires, ces données mettent surtout en lumière d’autres procédures visant des banques de la place, elles aussi attaquées par le même défendeur et sur la base de griefs comparables. Des dossiers construits selon une même ligne argumentative, mais ayant conduit à des issues judiciaires contrastées.

48,5 millions de dirhams. C’est le montant total que la BMCI devra verser dans le dossier Abroun Gold TV Sat. La banque, pressentie pour un rachat par le groupe Holmarcom, a été condamnée le 18 décembre par le tribunal de commerce de Casablanca pour manquement à ses obligations professionnelles.

Selon le jugement consulté par Médias24, les juges ont retenu un grief précis : la non-restitution de lettres de change pourtant contre-passées dans le compte de la société, en violation des règles encadrant l’escompte commercial.

Abroun en difficulté, mais sans responsabilité globale de la BMCI

Sur le fond, l’action engagée par Abroun reposait sur un grief central. La société – aujourd’hui en liquidation judiciaire – reprochait à la BMCI d’avoir conservé des effets de commerce revenus impayés, tout en les ayant simultanément réintégrés dans son compte par le mécanisme du contre-passé.

Selon Abroun, cette pratique l’aurait privé de la possibilité d’exercer ses recours contre les signataires des effets et aurait artificiellement aggravé sa trésorerie. Dans ses écritures, l’entreprise a tenté d’élargir le débat, soutenant que ces dysfonctionnements avaient contribué à la dégradation de sa situation financière et généré un préjudice global qu’elle évaluait à plus de 120 MDH.

Le tribunal n’a toutefois retenu qu’un manquement circonscrit, écartant toute responsabilité globale de la banque dans la faillite du groupe.

De son côté, BMCI a soutenu avoir procédé à la restitution des effets litigieux à la société ou à ses représentants, mettant frontalement en cause la fiabilité des déclarations du syndic de la liquidation, initiateur de la requête en tant que représentant de l’entreprise.

La banque a dénoncé une construction du grief a posteriori, fondée selon elle sur une exploitation sélective des pièces produites dans le cadre de la procédure collective, au détriment de ses propres documents internes – notamment les registres de remise et de restitution des effets.

Le premier syndic désigné dans cette procédure, Abdelaziz Sedki, à l’origine des premières actions en responsabilité engagées contre les banques, a depuis été écarté à la suite d’une condamnation pénale (l’intéressé a fait appel). Un élément extérieur au débat judiciaire stricto sensu, mais qui nourrit, en toile de fond, les interrogations sur la solidité des investigations ayant servi de point de départ à ces procédures.

Sur le terrain juridique, BMCI a également opposé une fin de non-recevoir tirée de la prescription, faisant valoir que les dernières opérations d’escompte remontaient à janvier 2016 et que l’action engagée en janvier 2024 était tardive. Elle a, en outre, rejeté toute tentative d’élargissement du débat à une responsabilité globale dans la faillite du groupe, contestant tout lien de causalité entre ses pratiques bancaires et la cessation de paiement, qu’elle impute exclusivement à la gestion interne de la société.

Le tribunal n’a que partiellement suivi cette ligne de défense. S’il a écarté les accusations les plus larges tenant à une responsabilité bancaire dans l’effondrement du groupe, il a retenu l’existence d’un manquement autonome : le défaut de restitution des effets de commerce après extinction de la créance par contre-passé.

Sur la prescription, les juges ont considéré que la faute n’avait été révélée qu’à l’occasion des expertises intervenues dans la procédure collective, faisant courir le délai à compter de cette date. La condamnation a donc été cantonnée aux montants correspondant aux effets non restitués et au préjudice directement lié. C’est une décision de première instance, susceptible de suspension en cas d’appel.

Attijariwafa bank : même schéma, solution inverse

Dans le dossier visant Attijariwafa bank, l’issue a été tout autre.

Jugée le 3 décembre 2025, soit quelques jours plus tôt par le même tribunal de commerce de Casablanca, l’action en responsabilité introduite cette fois par Abroun Vision Nord, société sœur d’Abroun Gold TV Sat aujourd’hui en redressement judiciaire, a été rejetée.

L’argumentaire présenté par la demanderesse suivait pourtant une logique proche. Abroun Vision Nord reprochait à Attijariwafa bank d’avoir contre-passé dans son compte courant des lettres de change escomptées, tout en conservant leurs originaux, ce qui aurait, selon elle, faussé sa situation financière et compromis l’exercice de ses recours cambiaires.

La société sollicitait, à ce titre, une expertise judiciaire et faisait état d’un préjudice financier important, fondé sur la valeur cumulée des effets concernés et sur des intérêts qu’elle estimait indûment comptabilisés.

Mais le tribunal a adopté une lecture radicalement différente. Il a estimé que ces griefs avaient déjà été examinés et tranchés dans le cadre de la procédure de vérification des créances opposant les mêmes parties. Les juges se sont notamment appuyés sur un arrêt d’appel rendu en février 2022, ayant retenu que les lettres de change litigieuses avaient été restituées à la société.

Cette appréciation reposait sur un faisceau d’éléments précis : registre bancaire d’émargement, signatures de réception, et mandat donné par la société à un tiers pour la récupération des effets impayés. Autant de pièces qui ont conduit la juridiction à considérer que la restitution était établie et que les montants correspondants avaient, en conséquence, été neutralisés dans la dette bancaire.

Contrairement au dossier BMCI, le tribunal a donc jugé qu’aucune faute autonome ne pouvait être isolée, ni aucun préjudice distinct caractérisé. Les demandes indemnitaires ont été rejetées, les juges estimant que le litige relevait d’un contentieux déjà « absorbé  » par les décisions antérieures rendues dans la procédure collective.

Bank of Africa : un troisième front encore ouvert

La séquence se prolonge avec Bank of Africa. Ici, on a affaire à deux dossiers parallèles. Le premier a été initié par Abroun Gold TV Sat. Il a donné lieu à une décision de rejet en première instance. Le dossier est actuellement en appel.

Le second est l’œuvre d’Abroun Vision Nord. En novembre 2025, sa défense a saisi le tribunal de commerce de Casablanca d’une action en responsabilité bancaire, sur un terrain juridique très proche de ceux déjà explorés face à la BMCI et à Attijariwafa bank.

Dans sa requête introductive, la société reproche à la banque une série de manquements professionnels dans la gestion de ses concours bancaires : conditions de financement jugées inadaptées, défaut de conseil, mais surtout conservation de lettres de change revenues impayées malgré leur contre-passation en compte, en violation alléguée de l’article 502 du Code de commerce.

Abroun Vision Nord soutient que ces pratiques l’ont privée de ses recours cambiaires, tout en aggravant artificiellement sa position débitrice. La requête évoque notamment un volume important d’effets de commerce – plus de 500 selon les écritures – pour une valeur cumulée dépassant 40 MDH, et sollicite la désignation d’un expert judiciaire afin de chiffrer précisément les irrégularités et le préjudice invoqué.

À ce stade, le dossier n’a pas encore donné lieu à une décision au fond. Mais cette nouvelle procédure confirme la ligne suivie par le groupe Abroun : mettre à l’épreuve, devant la même juridiction, une responsabilité bancaire fondée sur des griefs récurrents, avec des issues qui, jusqu’ici, se sont révélées loin d’être uniformes.

Litige majeur entre Bank of Africa et la famille Azeroual

Bank of Africa est engagée dans un contentieux bancaire majeur avec les héritiers Azeroual. La banque de Othman Benjelloun a fait condamner plusieurs membres de la famille à régler une dette dépassant les 102 millions de dirhams, apprend Médias24 de sources judiciaires.

Le jugement a été rendu le 21 octobre par le tribunal de commerce de Casablanca. Il fait suite à une action en paiement engagée par Bank of Africa après le décès successif des deux emprunteurs initiaux, feu Amram et Mayer Azeroual, connus de longue date pour leur engagement au sein de la communauté juive au Maroc. L’établissement bancaire a assigné leurs héritiers, invoquant leur qualité de repreneurs des droits et obligations nés des contrats de crédit dans le cadre successoral.

Le contentieux porte sur plusieurs contrats de crédit bancaire, conclus à partir de 2009 puis restructurés par une série d’avenants. Selon la décision, ces financements visaient principalement le développement d’un projet immobilier d’envergure à Marrakech, complété par des facilités de trésorerie, notamment un crédit dit « Oxygène ».

Les contrats prévoyaient des taux d’intérêt conventionnels distincts, ainsi que des clauses de pénalités et d’indemnités contractuelles en cas de défaillance. Après le décès des emprunteurs, la banque a estimé que les héritiers étaient tenus au règlement des sommes dues dans la limite de l’actif successoral.

La position de Bank of Africa, et celle des débiteurs

Devant la juridiction commerciale, Bank of Africa, assistée par Me Adil Lamtiri, a soutenu que les échéances de remboursement n’avaient pas été respectées, malgré plusieurs mises en demeure restées infructueuses.

La banque a fait valoir que la créance était certaine, liquide et exigible, en s’appuyant sur les contrats de crédit, leurs avenants successifs et les relevés de comptes bancaires produits aux débats.

Les héritiers, représentés par le cabinet Mohamed Aghnaj & Associés, ont contesté le montant réclamé. Ils ont soutenu que certains intérêts et pénalités ont été appliqués en contradiction avec les stipulations contractuelles.

La défense a également fait valoir que le remboursement des crédits immobiliers était lié à la commercialisation du projet, ce qui devait, selon elle, être pris en compte dans l’appréciation du caractère exigible de la créance.

Une expertise bancaire déterminante, une condamnation non solidaire

Face à ces contestations, le tribunal a ordonné une expertise bancaire. Le rapport de l’expert judiciaire a conduit à réviser à la baisse les prétentions de Bank of Africa, en écartant certaines sommes jugées non justifiées.

Sur la base de cette expertise, la juridiction a fixé la dette résiduelle à 102.256.699,87 dirhams, somme retenue par le tribunal. Les héritiers ont été condamnés mais sans solidarité, chacun n’étant tenu qu’à hauteur de sa part successorale. La juridiction a également accordé à la banque une indemnité contractuelle de 2%, soit un peu plus de 2 millions de dirhams.

Selon nos informations, cette décision de première instance est devenue exécutoire, les défenseurs n’ayant pas fait appel. BoA a même obtenu un certificat de non appel.

Bascule vers Marrakech : un redressement judiciaire contesté par Bank of Africa

L’action en paiement n’est qu’un volet de l’affaire. Le 11 novembre, le tribunal de commerce de Marrakech a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre de Chantal Azoulay, commerçante et héritière de Amram Azeroual, à la suite d’une demande introduite par les héritiers eux-mêmes.

Cette procédure entraîne automatiquement le gel des poursuites individuelles et des voies d’exécution, obligeant les créanciers à déclarer leurs créances dans le cadre du passif.

Cela explique pourquoi Bank of Africa a formé une tierce opposition devant la chambre du tribunal de commerce de Marrakech des difficultés de l’entreprise. La banque conteste l’ouverture de cette procédure, craignant qu’elle ne neutralise l’exécution de la condamnation obtenue à Casablanca.

Le dossier est actuellement en cours d’examen, une audience étant prévue ce mardi 16 décembre.

Redressement LJM : Alj créancier envers sa filiale, BoA recalée

En redressement judiciaire, la société Les Jeunes Maçons (LJM) est débitrice envers sa propre société mère, Cap Holding. C’est ce que révèle une ordonnance rendue le 8 décembre par le juge-commissaire chargé de la procédure, qui a validé un montant de 2,4 MDH au profit de l’entité dirigée par Chakib Alj.

Cap Holding, qui a déclaré sa créance dans le cadre de la procédure collective, se positionne en tant que créancier ordinaire. Et attendra un remboursement suivant l’ordre fixé dans le futur plan de continuation.

Ce document sera présenté par le syndic et soumis pour homologation par le tribunal de commerce de Fès, où le dossier est ouvert depuis février 2025.

Selon nos informations documentées depuis l’enclenchement de l’affaire, l’endettement déclaré dépasse aujourd’hui les 70 MDH.

Smaex validée, BoA recalée

Cette même audience du 8 décembre a connu deux autres décisions marquantes : la première concerne l’Assurance Marocaine d’Assurance à l’exportation (Smaex), qui a été admise pour un montant de 1,6 MDH.

Bank of Africa a, en revanche, essuyé une fin de non-recevoir concernant la créance qu’elle revendiquait sur Les Jeunes Maçons. Le juge-commissaire avait préalablement ordonné une expertise bancaire afin de déterminer le montant exact de la dette.

Les éléments parvenus à nos soins indiquent que l’expertise n’a jamais été menée à terme, faute de consignation des frais dans les délais. D’où l’irrecevabilité de la déclaration de créance.

Cela étant, cette décision ne constitue pas un « rejet au fond  » de la demande.

Bourse de Casablanca : banques, énergie… les nouvelles recommandations des analystes

Dans un marché marqué par une forte dynamique boursière et une attention accrue des investisseurs sur la qualité des fondamentaux, plusieurs valeurs cotées à la Bourse de Casablanca ont récemment fait l’objet de mises à jour de la part des maisons de recherche.

Celles-ci ont, pour l’essentiel, choisi de maintenir leurs recommandations et leurs cours objectifs, estimant que les performances récentes et la visibilité à moyen terme restent en ligne avec leurs scénarios centraux. Voici ce qui ressort de ces dernières recommandations.

Les valeurs bancaires

CIH Bank

Sur CIH Bank, la lecture d’Attijari Global Research reste résolument positive, portée par des réalisations jugées solides à fin septembre 2025 et une visibilité bénéficiaire qui demeure bien orientée. L’analyste maintient ainsi sa recommandation « Acheter » sur le titre, avec un cours objectif de 492 DH, faisant ressortir un potentiel de hausse de 22% par rapport aux niveaux de cours observés en 2 décembre et avec un horizon de recommandation de 12 mois.

Dans le détail, les performances opérationnelles enregistrées au cours des neuf premiers mois de l’année viennent conforter les anticipations de croissance retenues pour l’ensemble de l’exercice.

Le produit net bancaire affiche une progression de 14,3% à 4.041 MDH, un rythme supérieur à celui attendu sur l’année et correspondant à un taux de réalisation confortable des prévisions annuelles. Cette dynamique repose d’abord sur la marge d’intérêt, en hausse sensible, bénéficiant à la fois de la croissance des crédits et d’une amélioration de la marge d’intermédiation. En parallèle, la banque enregistre une forte accélération de ses commissions ainsi qu’une contribution positive des activités de marché, traduisant une diversification accrue de ses sources de revenus.

Sur le front du risque, Attijari Global Research relève une situation maîtrisée. Le coût du risque demeure globalement contenu et progresse à un rythme inférieur à celui des encours de crédits, ce qui se traduit par une amélioration du taux du coût du risque. Cette évolution est jugée cohérente avec le profil de croissance du portefeuille et conforte le scénario retenu pour l’ensemble de l’année, dans un environnement qui reste pourtant marqué par certaines incertitudes.

Enfin, la rentabilité ressort comme l’un des principaux points d’appui de la thèse d’investissement. Le résultat net part du groupe affiche une hausse de 31,2% à 862 MDH à fin septembre, un niveau supérieur aux attentes initiales et correspondant à près de 80% de l’objectif annuel. Cette performance conforte le scénario central d’Attijari Global Research, qui anticipe pour CIH Bank le franchissement du seuil d’un milliard de dirhams de bénéfice sur l’exercice 2025, justifiant le maintien du cours objectif et de la recommandation sur le titre.

Crédit du Maroc

Sur Crédit du Maroc, la lecture d’Attijari Global Research s’inscrit elle aussi dans une logique de continuité, l’analyste ayant maintenu sa recommandation « Acheter » sur le titre, avec un cours objectif inchangé de 1.285 DH. Par rapport au cours observé le 2 décembre de 970 DH, ce scénario fait ressortir un potentiel de hausse de 32%.

Les réalisations à fin septembre 2025 confirment en effet la trajectoire de croissance retenue par AGR pour les exercices à venir. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire affiche une progression de 9,8% à 2.678 MDH, en ligne avec la prévision annuelle, correspondant à un taux de réalisation de 75%. Cette évolution repose très largement sur la marge d’intérêt, qui explique plus de 80% de la croissance du PNB, portée à la fois par la progression des encours de crédits et par une amélioration marquée de la marge d’intermédiation. Les commissions et les activités de marché continuent également de contribuer positivement, traduisant une dynamique commerciale plus équilibrée.

Sur le plan opérationnel, Crédit du Maroc poursuit sa trajectoire d’amélioration de l’efficacité. Le coefficient d’exploitation recule de 1,6 point pour s’établir à 45,2%, un niveau meilleur que celui anticipé pour l’ensemble de l’exercice.

Depuis le changement d’actionnariat intervenu en 2022, AGR met en avant une baisse cumulée significative de cet indicateur, reflet d’un nouveau dynamisme du produit net bancaire dont le rythme de croissance est désormais nettement supérieur à celui des charges de gestion. Cette évolution renforce la visibilité sur la capacité de la banque à dégager durablement de la valeur.

L’amélioration du profil de risque constitue toutefois le point le plus saillant de la note. Le coût du risque recule fortement pour s’établir à 228 MDH, en baisse de plus de 20% sur un an et largement inférieur aux anticipations initiales. Cette évolution s’explique notamment par l’amélioration du taux de créances en souffrance, qui recule de manière significative sur la période, un élément jugé structurant dans l’appréciation du scénario de moyen terme.

Enfin, la progression de la rentabilité vient confirmer la solidité de cette trajectoire. Le résultat net part du groupe ressort en hausse de 19,9% à 690 MDH à fin septembre, soit un taux de réalisation élevé de 83% de l’objectif annuel.

Bank of Africa

Sur Bank of Africa, l’analyse d’Attijari Global Research demeure favorable, portée par une dynamique bénéficiaire jugée solide et par des progrès continus en matière d’efficacité opérationnelle. L’analyste maintient sa recommandation « Acheter » sur le titre, assortie d’un cours objectif de 300 DH, ce qui fait ressortir un potentiel de hausse de 35% par rapport au cours du 1er décembre (223 DH).

Les réalisations à fin septembre 2025 viennent conforter le scénario retenu pour l’exercice en cours. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire ressort en hausse de 8,7% à 15.279 MDH, un rythme supérieur à celui anticipé sur l’ensemble de l’exercice et correspondant à un taux de réalisation de 77% des prévisions annuelles.

Cette progression est très largement portée par la marge d’intérêt, qui explique 85% de la croissance du PNB, avec une hausse de 10,9% à 10.613 MDH, soutenue à la fois par la progression des crédits et par une amélioration marquée de la marge d’intermédiation.

Enfin, la rentabilité confirme la solidité de la dynamique observée. Le résultat net part du groupe progresse de 12% à 3.011 MDH à fin septembre, soit 80% de l’objectif annuel fixé par l’analyste. Cette performance, supérieure aux prévisions initiales, conforte le scénario de croissance bénéficiaire d’Attijari Global Research pour l’exercice 2025 et justifie le maintien du cours objectif et de la recommandation sur le titre.

CFG Bank

Sur CFG Bank, l’analyse d’Attijari Global Research demeure favorable, l’analyste maintenant sa recommandation « Acheter » avec un cours objectif inchangé de 287 DH.

Par rapport au cours observé fin novembre, ce scénario fait ressortir un potentiel de hausse de 19%, soutenu par une amélioration jugée remarquable de la profitabilité et par la montée en puissance progressive du modèle de la banque.

Les réalisations à fin septembre 2025 confirment la dynamique de croissance retenue pour l’exercice. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire progresse de 34% à 909 MDH, en ligne avec la prévision annuelle de 1.204 MDH, soit un taux de réalisation de 75%.

Dans le détail, la marge d’intérêt évolue mieux que prévu, en hausse de 32% à 376 MDH, portée par la forte dynamique des crédits, en progression de 20%, et par une amélioration de la marge d’intermédiation de 25 points de base à 2,87%. La marge sur commissions progresse pour sa part de 21% à 335 MDH, correspondant à un taux de réalisation de 76% de la prévision annuelle, tandis que les activités de marché enregistrent une hausse marquée de 71%, dans un contexte obligataire et boursier favorable.

L’élément le plus structurant de la note réside toutefois dans les gains d’efficacité liés à l’effet taille. Grâce aux économies d’échelle, le coefficient d’exploitation s’améliore de 11,3 points pour s’établir à 47,4%, un niveau qui surperforme déjà les projections communiquées par le management lors des « Capital Market Days » de mai 2025, lesquelles tablaient sur un COEX inférieur à 50% à partir de 2028–2029. Pour AGR, cette avancée traduit une inflexion durable du profil de rentabilité de la banque.

Cette amélioration opérationnelle se reflète directement dans la capacité bénéficiaire. Le résultat brut d’exploitation ressort à 478 MDH, en hausse de 71%, représentant un taux de réalisation élevé de 83% de la prévision annuelle. Dans ce contexte, et par mesure de prudence, Attijari Global Research indique maintenir inchangée sa prévision de résultat net part du groupe pour 2025, anticipé à 363 MDH, en progression de 39% sur un an, soit une croissance supérieure de 11 points à celle du PNB. L’analyste rappelle par ailleurs que la banque devrait consommer la totalité de ses déficits reportables sur l’exercice 2025, un élément structurant pour la lecture des résultats à venir.

Taqa Morocco : maintient de la recommandation « Achat »

Sur Taqa Morocco, la lecture de BMCE Capital Global Research demeure clairement constructive, malgré un premier semestre marqué par des contraintes opérationnelles et conjoncturelles.

BKGR maintient sa recommandation « Achat » sur le titre, avec un objectif de cours de 3.078 DH, faisant ressortir un potentiel de hausse de 34% par rapport au cours de 2.300 DH observé début décembre.

Le chiffre d’affaires consolidé ressort ainsi en retrait de 4,8% à 5.379 MDH à fin juin, avant de limiter sa baisse à -2,2% à 7.957 MDH à fin septembre, porté par un troisième trimestre plus dynamique.

À l’échelle de l’exercice, BKGR anticipe néanmoins un redressement progressif de l’activité, avec un chiffre d’affaires attendu à 11,2 MMDH en 2025, en hausse de 2,1%, puis à 11,6 MMDH en 2026, sous l’hypothèse d’une stabilisation des prix du charbon et d’une normalisation de l’effet change.

Cette pression conjoncturelle se reflète également dans la rentabilité opérationnelle. L’EBE recule de 9,7% à 1.648 MDH au premier semestre, avant de s’établir à 2.415 MDH à fin septembre, soit une baisse plus limitée de 6,7%.

Sur le plan de la capacité bénéficiaire, un RNPG attendu à 1.080 MDH en 2025, en légère progression de 2,6%, puis à 1.119 MDH en 2026, soit une croissance additionnelle de 3,6%. Cette amélioration s’accompagne d’un allègement de l’endettement net, en baisse de 6,6% à 6.327 MDH à fin juin 2025, soutenu par la génération de flux de trésorerie et les remboursements de dettes réalisés sur la période.

https://medias24.com/2025/12/02/bourse-les-banques-cotees-voient-leur-pnb-augmenter-de-63-a-fin-septembre-2025-1587927/

City Club en redressement : le syndic neutralise une action de BoA

Bank of Africa subit les premiers effets du redressement du réseau City Club. Le juge-commissaire a ordonné la suspension de l’exécution d’une créance de 2 MDH réclamée par la banque à City Nakhil, salle rattachée au groupe de Jonathan Harroch.

Rendue le 2 décembre, l’ordonnance suit la saisine du syndic Abdelmajid Rais, qui fait jouer les mécanismes du Code de commerce pour geler les poursuites individuelles visant des dettes antérieures à l’ouverture du redressement. La créance visée découle d’un jugement d’avril 2025, désormais mis en pause en attendant le traitement collectif du passif.

BoA reste le principal créancier du réseau. Ses créances cumulées dépassent la quarantaine de millions de dirhams, selon les décisions que Médias24 a pu consulter. City Nakhil n’est qu’un échantillon du contentieux : la banque détient déjà plusieurs jugements en paiement contre diverses entités City Club, dont Sacha Edy, société pivot de la galaxie Harroch.

Sacha Edy a ouvert la voie au redressement. Déclarée en cessation de paiement en août 2025, elle a été la première à basculer sous procédure, avant l’extension à près d’une trentaine de sociétés où elle détient, directement ou par ricochet, des participations (confusion de patrimoine). Toutes ces entités peuvent désormais geler les actions de recouvrement, y compris les voies d’exécution déjà enclenchées.

Cette protection reste toutefois temporaire. Elle court le temps d’élaborer un plan de continuation, qui pourrait déboucher sur un rééchelonnement des dettes sur dix ans. Les créanciers devront déclarer leurs créances et se positionner dans le cadre du futur plan. À terme, les City Club devront suivre des échéanciers serrés. Et tout manquement pourrait rouvrir la voie à la liquidation judiciaire.

City Club : le syndic veut neutraliser les assauts des créanciers

Chargé du redressement judiciaire des établissements City Club, le syndic Abdelmajid Rais entame les premières démarches pour le gel des poursuites engagées contre les sociétés du groupe Harroch. Des demandes ont été déposées pour neutraliser les actions de Bank of Africa, principal créancier du réseau et à l’origine de plusieurs condamnations en paiement contre ses différentes entités.

La première requête vise City Nakhil (Rabat), condamnée en avril dans un dossier opposant la société à Bank of Africa. La banque avait fait notifier une mise en demeure début septembre pour récupérer une dette de 2 millions de DH. En réponse, le syndic a saisi le juge-commissaire Badr Eddine Lamaadeb pour faire suspendre l’exécution de la décision.

L’action a été déposée le 11 novembre. Présentée une première fois devant le juge-commissaire, elle a été renvoyée à début décembre afin de permettre aux parties de déposer leurs observations.

Dans cette démarche, le syndic entend activer les mécanismes du livre V du Code de commerce, qui prévoient la suspension automatique des poursuites liées à des dettes antérieures au jugement de redressement. Tant que la procédure est ouverte, aucun créancier ne peut exécuter seul une condamnation – sauf exceptions prévues par la loi. Les créanciers doivent déclarer leurs créances et se soumettre au traitement encadré par une procédure dite « collective », qui fixe l’ordre et les modalités éventuelles de paiement.

City Club, Bank of Africa et la CNSS

Le redressement judiciaire du réseau City Club prend sa source dans la procédure ouverte contre Sacha Edy, considérée comme le pivot juridique du groupe Harroch. C’est à partir de ce dossier que le tribunal de commerce a étendu la procédure à près d’une trentaine de sociétés opérant sous l’enseigne City Club, plaçant l’ensemble du réseau sous contrôle judiciaire. Le syndic Abdelmajid Rais en assure désormais la direction effective, en remplacement de Jonathan Harroch, poursuivi dans une affaire pénale et détenu depuis la fin de 2024.

Toutes les sociétés rattachées bénéficient du même cadre légal. Les poursuites individuelles sont gelées pour permettre un traitement unifié du passif et l’élaboration d’une réponse collective aux difficultés du groupe.

Bank of Africa occupe une position centrale dans le dossier. La banque détient l’essentiel des créances bancaires du réseau et a multiplié, ces derniers mois, les condamnations en paiement contre diverses entités City Club, pour un montant global avoisinant les 40 millions de DH.
La CNSS figure également parmi les créanciers importants, avec plusieurs saisies-exécutions et ventes judiciaires engagées dans différents établissements du groupe.

Dans le même temps, le syndic se penche sur la préparation du plan de continuation. Un rapport économique et social doit être transmis au tribunal avant que celui-ci n’arrête l’orientation du dossier. En état de cessation de paiement, le groupe vise un rééchelonnement de dette sur une dizaine d’années.

BoA. Un RNPG à 3 milliards de dirhams à fin septembre 2025

Bank of Africa (BoA) termine le troisième trimestre 2025 sur une forte progression de ses performances. Dans ce sens, le résultat net a augmenté de 26% pour atteindre 2 MMDH, tandis que le RNPG s’apprécie de 12% à 3 MMDH.

Les revenus poursuivent leur progression. En social, le produit net bancaire atteint 7,7 MMDH, en hausse de 19% par rapport à la même période en 2024.

Cette performance résulte de la hausse de la marge d’intérêts (+17%), de la marge sur commissions (+15%) et de la bonne tenue des activités de marché (+15%).

En consolidé, le produit net bancaire s’élève à 15,3 MMDH, en progression de 9%. L’amélioration se reflète aussi dans le coefficient d’exploitation, qui recule en social à 38,3% (contre 42,8% un an plus tôt) et en consolidé à 43,4%.

Cette efficacité opérationnelle permet une hausse marquée du RBE : +23% en social, à 4,8 MMDH et +13% en consolidé, à 8,6 MMDH.

Le Groupe poursuit ses efforts d’assainissement du portefeuille de crédits. Le taux de couverture consolidé s’améliore à 69,7% à fin septembre 2025 (contre 68,5% fin 2024), tandis que le taux de couverture social avance à 66% contre 64,1% un an auparavant.

La dynamique commerciale demeure soutenue. Les crédits de la Banque hors Resales, progressent de 3%, ou de 6% sur une base glissante, pour atteindre 146 MMDH.

Cette évolution est tirée par les crédits aux entreprises, et plus particulièrement les crédits à l’équipement en hausse de 13%, accompagnés d’un gain de parts de marché de 13 points de base. En consolidé, les crédits s’établissent à 227 MMDH, en croissance de 2% (4% sur une année glissante).

Les dépôts de la clientèle s’inscrivent également en hausse, atteignant 164 MMDH en social (+3%, ou +8% glissant) et 262 MMDH en consolidé (+2%, ou +8% glissant). Au Maroc, cette évolution est notamment soutenue par la hausse des dépôts non rémunérés (+4%).

En octobre 2025, Bank of Africa a consolidé son assise financière à travers une augmentation de capital par incorporation de réserves, assortie de l’attribution d’actions gratuites au ratio d’une action pour 48 détenues.

https://medias24.com/2025/10/19/bank-of-africa-un-p-e-attractif-et-une-marge-de-progression-encore-importante-en-bourse/

Le litige entre Bank of Africa et Hassan Derham refait surface

Bank of Africa : une marge de progression encore importante en bourse

Le secteur bancaire reste l’un des moteurs historiques de la Bourse de Casablanca, à la fois par son poids dans les indices et par sa contribution aux résultats agrégés du marché.

L’année 2025 s’annonce d’ailleurs sous de bons auspices pour l’ensemble des banques cotées. La croissance attendue du produit net bancaire devrait bénéficier de plusieurs leviers favorables, à commencer par l’assouplissement monétaire décidé par Bank Al-Maghrib en mars 2025, qui soutient à la fois les marges d’intérêt et les revenus issus des activités de marché.

Ainsi, la réduction anticipée du coût du risque grâce à un matelas de provisions accumulé lors des dernières années devrait contribuer à améliorer la rentabilité sectorielle.

C’est dans ce contexte que Bank of Africa (BOA), comme ses homologues, a connu une belle dynamique en bourse. Depuis le début de l’année 2025, l’action a gagné près de 14%. Elle se négocie autour de 230 DH.

BOA : un PE sous la moyenne de marché

Il faut dire aussi que la valorisation est redevenue un critère déterminant dans les décisions d’investissement, le secteur bancaire se distingue aujourd’hui par son price earning ratio (P/E) qui reste inférieur à la moyenne du marché.

Alors que le MASI se négocie actuellement autour de 21,9 fois les bénéfices attendus en 2025, les banques cotées évoluent, pour la plupart, dans une zone bien plus basse. BOA affiche ainsi un P/E de 13,2x, contre 14,7x pour CIH, 13,5x pour Crédit du Maroc, 14x pour Attijariwafa bank, 12,7x pour BCP et 21,6x pour BMCI. Seule CFG Bank s’éloigne de cette tendance avec un multiple de 24,3x.

« Un P/E inférieur à la moyenne du marché traduit souvent deux choses : soit une sous-valorisation liée à un potentiel de croissance encore sous-estimé, soit une prime de risque plus élevée exigée par les investisseurs », explique un analyste de marché.

« Dans le cas des banques marocaines, la décote reflète moins un risque structurel qu’un potentiel encore mal pricé par le marché. Leurs bénéfices progressent de manière régulière, la qualité des actifs s’est nettement améliorée ces dernières années et leurs marges devraient bénéficier de l’environnement monétaire plus accommodant. Autrement dit, les valorisations actuelles montrent davantage une sous-appréciation du profil de rentabilité à moyen terme qu’une faiblesse fondamentale », poursuit-il.

« BOA affiche aujourd’hui un profil hybride qui combine deux dimensions recherchées par les investisseurs. D’un côté, elle offre une visibilité solide sur la rémunération de l’actionnaire, avec un dividende stable de 7 DH par action et un rendement proche de 3,6 %. »

« Ce caractère régulier attire les portefeuilles à la recherche de flux de revenus prévisibles. De l’autre, la banque présente une dynamique bénéficiaire soutenue, avec une capacité nette qui devrait dépasser 3,6 MMDH en 2026, soit une hausse de plus de 36 % par rapport à 2023. La croissance annuelle moyenne de son produit net bancaire se situe autour de 6 %, tirée par l’amélioration de la marge d’intérêt et des activités de marché« .

Les activités de marché devraient constituer l’un des leviers les plus importants de la trajectoire bénéficiaire de BOA au cours des prochaines années.

« Cette double dimension prend encore plus de valeur quand on la met en perspective avec la valorisation actuelle. Avec un P/E attendu de 11,7x en 2026, le titre se traite avec une décote de près de 38% par rapport au marché. En d’autres termes, les investisseurs paient aujourd’hui un profil de rendement classique, alors qu’ils accèdent à une banque en expansion, capable d’améliorer ses marges tout en assurant une distribution stable ».

« Selon mes estimations, le titre pourrait évoluer vers une zone proche de 270 DH à 275 DH. Cela représenterait un potentiel d’appréciation d’environ 20% par rapport aux niveaux actuels », estime l’analyste de la place. Dans ce sens, le titre dispose encore d’un potentiel d’appréciation important et poursuit sa progression au fil du temps.

« Le plan stratégique de BOA s’inscrit dans une dynamique d’investissement qui s’intensifie, notamment sur les crédits à l’équipement. Cette orientation reflète une volonté claire de capter la demande liée aux projets d’infrastructure et à la modernisation industrielle, deux segments porteurs dans le cycle actuel ».

« L’amélioration attendue de la conjoncture économique joue également un rôle clé. Une croissance plus soutenue devrait se traduire par une meilleure qualité du portefeuille de crédits et, par conséquent, par une poursuite de la baisse du coût du risque. Cette tendance constitue un levier important pour renforcer la rentabilité au cours des prochaines années ».

« La politique monétaire représente un autre facteur de soutien. Si Bank Al-Maghrib poursuit l’assouplissement entamé en 2025, le coût de refinancement des banques pourrait s’alléger davantage, ce qui aurait un effet direct sur les marges d’intérêt et sur la dynamique bénéficiaire », souligne notre interlocuteur.

« L’entrée en vigueur du cadre prudentiel SREP à l’horizon 2027 pourrait toutefois imposer de nouvelles exigences en matière de fonds propres réglementaires. Pour BOA comme pour ses pairs, cela impliquera probablement un ajustement de la politique de capitalisation et pourrait influencer le rythme de distribution des dividendes ».

Résultats financiers de BOA au S1-2025

Le produit net bancaire de BOA s’établit à 10,3 MMDH, en hausse de 8% sur un an, porté par l’ensemble des moteurs de croissance.

La marge d’intérêt progresse de 8%, la marge sur commissions de 2,3%, et les activités de marché enregistrent une envolée spectaculaire de 54,2%, ce qui démontre la capacité de la banque à diversifier ses sources de revenus au-delà du cœur de métier traditionnel.

Le résultat brut d’exploitation progresse de 12% pour atteindre 6,1 MMDH, reflétant à la fois une gestion maîtrisée des charges et une efficacité opérationnelle renforcée. Cette amélioration se traduit directement sur la ligne finale, avec un résultat net part du groupe en croissance de 16% à 2,25 MMDH à fin juin 2025.

Cette performance s’appuie également sur une dynamique commerciale solide : les encours de crédits atteignent près de 227 MMDH, en hausse de 2%, tandis que les dépôts progressent de 2% à plus de 261 MMDH.

Ces indicateurs confirment la montée en puissance de l’activité de financement, en particulier sur les crédits à l’équipement, dans un contexte de reprise de l’investissement.

Enfin, la contribution des différentes zones géographiques, notamment l’Afrique subsaharienne, représente désormais 43% du résultat net, contre 54% pour le Maroc.

Nouvelle condamnation pour le groupe City Club

Bank of Africa vient de remporter une nouvelle action en paiement contre l’une des salles de sport de la chaîne City Club. Rendu le 9 octobre par le tribunal de commerce de Casablanca, le jugement vise précisément City Club Medina, condamnée à verser plus de 2,7 millions de dirhams à l’établissement bancaire.

Le débiteur devra également s’acquitter d’une indemnité contractuelle de 10.000 dirhams et des intérêts conventionnels au taux de 6 %, à compter du lendemain de la clôture du compte, le 2 juin 2024, jusqu’à parfaite exécution, selon le dispositif de la décision consultée par Médias24.

Ce jugement s’ajoute à une série d’une dizaine de condamnations similaires visant le groupe dirigé par Jonathan Harroch, incarcéré depuis un an dans le cadre d’une affaire criminelle en cours d’instruction. Créancier principal, BoA est à l’origine de la plupart de ces actions, qui se sont multipliées depuis 2025, pour un cumul provisoire de créances dépassant 30 millions de dirhams.

La décision intervient deux jours après le jugement plaçant en redressement judiciaire une vingtaine de sociétés rattachées au groupe, dont la majorité exploite des salles sous l’enseigne City Club. City Club Medina ne figure toutefois pas dans cette liste.

Pour rappel, chaque salle est exploitée sous forme de société commerciale distincte, bien que dirigée par le même gérant unique, Jonathan Harroch. Ces entités ont contracté leurs crédits séparément, conduisant les créanciers, dont BoA, à engager des actions en recouvrement individualisées pour chaque société débitrice.