Moroccan Iron Steel : sidérurgiste en difficulté, créanciers en embuscade

Après Stroc Industrie, Delattre Levivier Maroc ou Buzzichelli, Moroccan Iron Steel s’ajoute à la liste des sidérurgistes marocains en difficulté.  En état de cessation de paiement, la société a été placée en redressement judiciaire par la cour d’appel de commerce de Casablanca. Elle attend désormais la validation d’un plan de continuation.

L’entreprise est en période d’observation depuis le 5 mai 2025, date à laquelle la cour d’appel a ouvert la procédure. Quelques mois plus tôt, en janvier, le tribunal de commerce de Casablanca avait opposé une fin de non-recevoir à la demande de redressement initiée par Moroccan Iron Steel.

Le syndic désigné, Me Abdelmajid Errais, avait quatre mois pour préparer un rapport détaillé sur la situation financière, économique et sociale de l’entreprise, et proposer des solutions de sortie. Ce délai étant écoulé sans qu’il parvienne à finaliser son rapport, il a sollicité une prolongation de délai, actuellement en cours d’examen. La décision sera rendue le 2 octobre.

Pour le sidérurgiste, l’objectif est désormais de convaincre le tribunal d’homologuer un plan de continuation. C’est-à-dire un rééchelonnement de dettes, qui peut théoriquement s’étaler sur dix ans.

En attendant cette échéance, les créanciers sont mis à l’arrêt. Le redressement gèle leurs actions individuelles : aucun fournisseur, aucune banque ne peut poursuivre l’entreprise de son propre chef. La dette se traite désormais dans le cadre d’une procédure collective, et sous le contrôle du juge-commissaire et du syndic. Les poursuites déjà lancées, qu’il s’agisse de saisies ou de ventes judiciaires, sont suspendues par l’effet du jugement.

Créanciers en embuscade

Moroccan Iron Steel est impliqué dans plusieurs litiges. Le plus lourd l’oppose à Banque centrale populaire qui ne lui réclame pas moins de 76 millions de dirhams. Ce montant a été reconnu par un arrêt rendu le 5 mai 2025 par la cour d’appel de commerce de Casablanca.

Avant ce jugement, la banque avait tenté d’exécuter sur le patrimoine de l’entreprise : son principal actif foncier, un terrain de 5,38 hectares à Douar Brahma (Mohammédia), avait été programmé pour une vente judiciaire à deux reprises en 2024. D’abord, avec une mise à prix de 137,43 MDH, ramenée ensuite à 48,99 MDH.

D’autres créanciers ont également cherché à recouvrer leurs créances sur l’outil industriel de l’entreprise. Afriquia Gaz avait obtenu plusieurs jugements en 2023 et enclenché une procédure de vente judiciaire visant les équipements stratégiques de Moroccan Iron Steel : lignes complètes de broyage de la ferraille, fours, laminoirs, tours mécaniques et numériques. La mise à prix globale avait été fixée à 8,29 MDH.

La société Grindwell Norton Ltd, filiale indienne du groupe Saint-Gobain spécialisée dans les abrasifs, s’était également jointe à cette opération.

Pression sur le dirigeant

La pression ne vise pas uniquement les actifs de la société. Elle s’étend aussi au patrimoine personnel du dirigeant, Mohamed Chahed El Filali.

En juin 2025, la Société nationale de garantie et de financement de l’entreprise, connue sous l’appellation Tamwilcom, avait programmé la vente judiciaire d’un bien immobilier lui appartenant : une villa dénommée « Rony », située à Anfa (Casablanca), d’une superficie de 1.317 m². La mise à prix avait été fixée à 26,4 MDH.

Au-delà de ces condamnations et saisies, l’état global de l’endettement de Moroccan Iron Steel reste encore à préciser. Le dispositif du redressement charge le syndic d’arrêter les créances sur la base des déclarations déposées, avant d’établir une photographie complète du passif.

Confiserie. Finetti et son dirigeant condamnés à verser 124 MDH à la BCP

La société Finetti, un des principaux acteurs de la confiserie marocaine, doit verser 124,2 millions de dirhams à la Banque centrale populaire (BCP). Cette condamnation a été prononcée le 19 juin 2025 par le tribunal de commerce de Casablanca.

La décision concerne également le dirigeant de l’entreprise, Mustapha Sebbar, condamné à titre solidaire en sa qualité de garant du crédit objet du litige.

Le tribunal a ordonné le paiement des intérêts légaux à compter de la date de la demande, et a prononcé une contrainte par corps au minimum à l’encontre du dirigeant.

La juridiction tranchait une action en paiement introduite par la BCP en mars 2023. Deux expertises judiciaires ont été réalisées dans le cadre de l’instruction du dossier : l’une comptable menée par l’expert Mourad Nait Ali (livrée en mai 2024) ; l’autre bancaire, effectuée par l’expert Abdellah El Bouamrani (livrée en mai 2025).

Le contentieux s’inscrit dans un litige plus large entre la BCP et le fabricant de bonbons. Selon une annonce judiciaire consultée par Médias24, une vente aux enchères avait été autorisée par la justice à la demande de la banque, portant sur un terrain bâti de près de deux hectares situé à Had Soualem. Le bien avait été mis à prix à près de 16 MDH.

Basé à Casablanca, dans la zone industrielle de Sidi Bernoussi, le confiseur commercialise notamment la marque Ola.

Ces dernières années, Finetti a fait l’objet de nombreuses procédures judiciaires, incluant des saisies de matériel de production, des ventes aux enchères de ses équipements et plusieurs actions initiées par des créanciers.

Kamal Mokdad quitte la BCP

« Après 8 années jour pour jour passées à la Banque centrale populaire, en tant que directeur général en charge de la BCP et de l’International, l’heure est venue pour moi d’ouvrir un nouveau chapitre », a écrit Kamal Mokdad, DG en charge de l’International depuis mars 2017.

Après avoir passé une dizaine d’années au sein du département Banque de Mazars à Paris, Kamal Mokdad a rejoint le bureau de Casablanca début 2007 notamment pour structurer une offre d’audit et de conseil dédiée aux institutions financières. Diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d’un Executive MBA ainsi que du diplôme français d’expertise comptable, il a, à son actif, plusieurs missions d’envergure conduites aussi bien au Maroc, en France qu’en Afrique de l’Ouest et du Centre.

 

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