Business Ready 2025. Le Maroc bien noté sur les réformes mais encore en retrait sur l’efficacité réelle

Le nouveau rapport Business Ready 2025 de la Banque mondiale livre une photographie chiffrée du climat des affaires des économies mondiales, dont celle du Maroc. Il s’agit de la 2e édition de cette nouvelle génération d’indicateurs qui remplace Doing Business et qui restera en phase de déploiement jusqu’en 2026.

La lecture des scores du Maroc fait ressortir un profil contrasté. Le cadre réglementaire et les services publics y sont mieux notés que la moyenne mondiale et que la plupart des économies comparables, mais l’efficacité opérationnelle reste en retrait, y compris par rapport à certains pairs de la région MENA.

Business Ready 2025 évalue les économies selon trois grands piliers : le cadre réglementaire, les services publics au service des entreprises et l’efficacité opérationnelle, c’est-à-dire l’expérience réelle des entreprises lorsqu’elles interagissent avec l’administration, les réseaux et les institutions.

Chaque pilier agrège les résultats de dix indicateurs qui couvrent tout le cycle de vie d’une entreprise, de la création à l’insolvabilité, en passant par la fiscalité, le commerce international, l’accès aux services financiers ou la concurrence. Les scores sont exprimés sur une échelle de 0 à 100, où 100 représente la meilleure performance.

À l’échelle mondiale, les moyennes de 2025 s’établissent à 66,32 pour le cadre réglementaire, 53,97 pour les services publics et 60,03 pour l’efficacité opérationnelle.

Pour le Maroc, le score agrégé s’établit en 2025 à 63,44 points sur 100, en progression par rapport à la 1re édition, lors de laquelle le Maroc avait enregistré 62,41. Ainsi, le Maroc se classe 2e en Afrique et dans le monde arabe, respectivement derrière le Rwanda et le Bahreïn.

Ce que révèlent les scores du Maroc

Le Maroc présente un profil globalement favorable. Concernant le cadre réglementaire, le pays obtient un score de 70,06, nettement au-dessus de la moyenne mondiale. Cela signifie que, sur le papier, les lois, règlements et dispositifs formels encadrant la vie des entreprises sont relativement bien alignés sur les bonnes pratiques, qu’il s’agisse de l’enregistrement des sociétés, des règles du jeu concurrentiel, de la protection des droits de propriété ou des cadres encadrant le travail et la résolution des litiges commerciaux.

Par comparaison, la Tunisie affiche un score réglementaire de 62,56, sensiblement inférieur à celui du Maroc, tandis que la Jordanie se situe à 67,90. Dans le groupe restreint des économies MENA couvertes par Business Ready 2025, le Maroc se positionne donc dans le haut du tableau sur cet indicateur, proche de certains pays du Golfe comme Bahreïn, sans atteindre toutefois les niveaux des économies de l’OCDE les mieux notées, dont les scores dépassent souvent 75 à 80.

Le contraste est encore plus marqué concernant les services publics, qui mesure les services concrets mis à disposition des entreprises (portails en ligne, systèmes fiscaux numériques, infrastructures aux frontières, dispositifs d’information, guichets uniques, etc.). Sur cet indicateur, le Maroc obtient un score de 64,55, soit plus de 10 points au-dessus de la moyenne mondiale de 53,97.

Pour un investisseur ou un entrepreneur, cela traduit un environnement où l’administration a fait un effort réel de digitalisation et de structuration des services destinés au secteur privé. La comparaison régionale est ici particulièrement favorable. La Jordanie atteint 57,97, tandis que la Tunisie reste très loin derrière avec un score de 43,02. Autrement dit, parmi les pays de la région MENA inclus dans l’édition 2025, le Maroc fait partie des économies où les services publics en appui aux entreprises apparaissent les plus structurés selon cette métrique.

C’est sur l’efficacité opérationnelle que le diagnostic est plus nuancé. Cet indicateur mesure la façon dont les entreprises vivent ces règles et ces services au quotidien (délais de raccordement aux réseaux, simplicité effective des démarches, coûts de conformité, fluidité des paiements et des procédures, fiabilité des plateformes et des systèmes, etc.). Sur ce terrain, le Maroc obtient un score de 55,71, inférieur à la moyenne mondiale de 60,03.

Cela signifie que, malgré un cadre réglementaire solide et des services publics relativement bien développés, les entreprises marocaines continuent de se heurter à des frictions non négligeables lorsqu’il s’agit d’exécuter les procédures, d’obtenir des autorisations ou de bénéficier pleinement des dispositifs existants.

La comparaison avec les pays de niveau de revenu similaire et de la même région est instructive. Sur l’efficacité opérationnelle, le Maroc fait mieux que la Tunisie (52,46) mais reste en retrait par rapport à des économies comme la Jordanie (59,17) et, plus encore, Bahreïn, dont le score dépasse 70.

Le principal constat est que le Maroc a réussi à moderniser ses textes et à mettre en place une offre de services publics considérée comme robuste à l’échelle de la région, mais la chaîne d’exécution reste incomplète. Il persiste un efficiency gap entre la norme et la pratique.

Plus de 3,2 MMDH de la Banque mondiale en appui au programme « Service intra-métropolitain rapproché » à Casablanca

Le conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé un financement de 350 millions de dollars (plus de 3,2 milliards de DH) pour le pôle de mobilité et de logistique du Grand Casablanca. Ce projet vise à améliorer l’accès aux emplois et aux services essentiels en renforçant les services ferroviaires de passagers dans cette zone géographique, centre névralgique du réseau ferroviaire marocain, indique la Banque mondiale.

Le programme entend également renforcer les capacités de planification et de financement de l’Office national des chemins de fer (ONCF), pour la gestion et l’expansion des infrastructures ferroviaires.

Le Maroc connaît une urbanisation rapide, avec 60% de sa population vivant actuellement en milieu urbain, une proportion qui devrait atteindre 70% d’ici 2050. Cette croissance, particulièrement marquée dans la région Casablanca-Settat, moteur clé de l’économie nationale, offre d’importantes opportunités de développement, rappelle la Banque mondiale.

Dans la zone du Grand Casablanca, le programme « Service intra-métropolitain rapproché » (SIR) modernise les services ferroviaires en rénovant et construisant des gares, tout en augmentant la fréquence des trains de voyageurs. Ce programme garantit l’accès à des lieux clés en 45 minutes, élargissant ainsi les opportunités pour les habitants et les entreprises, tout en améliorant la connectivité et en réduisant l’impact environnemental.

Ce financement de la Banque mondiale appuiera le programme SIR dans la mise en place d’un service ferroviaire électrifié de voyageurs, reliant le centre urbain aux banlieues telles que Zenata, Mohammédia, Nouaceur et Bouskoura.

Quinze gares ferroviaires multimodales

Le programme s’appuiera sur une emprise ferroviaire de 73 kilomètres pour accroître la capacité des voies et améliorer l’infrastructure, notamment les systèmes électriques et de signalisation, avec une attention particulière portée à la résilience climatique. Il vise à désengorger les lignes actuelles et à renforcer la capacité de fret vers le port de Casablanca. Il comprend également des investissements dans l’entretien et la modernisation des infrastructures dans la région Casablanca-Settat.

Quinze gares ferroviaires multimodales seront construites ou réaménagées, en intégrant des principes de développement axés sur les transports en commun et des normes d’accessibilité universelle. Le programme améliorera par ailleurs les installations logistiques du Grand Casablanca, en mettant l’accent sur la logistique ferroviaire à Aïn Sebaâ et sur la connectivité autour d’une nouvelle zone logistique à Zenata.

« L’appui de la Banque mondiale renforcera la gouvernance et les capacités opérationnelles de l’ONCF, appuyant ainsi sa vision à long terme de transformation en société anonyme jouant un rôle de premier plan dans la prestation de services clients », a déclaré Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale.

D’ici juin 2031, le programme SIR devrait avoir un impact significatif en facilitant l’accès à des infrastructures de transport durables pour plus de 560.000 résidents. Il améliorera aussi l’accès à l’emploi, avec une augmentation de 7 % des lieux de travail accessibles en 45 minutes via les services ferroviaires de voyageurs. De même, l’accès aux services essentiels sera renforcé, avec une hausse de 7,3 % des points de service atteignables dans ce même délai.

Réformes, financements, gouvernance : le double plaidoyer marocain au Forum Mo Ibrahim

Comment financer l’Afrique que nous voulons est la question centrale du forum Mo Ibrahim. L’enjeu n’est plus de diagnostiquer, mais d’agir. Dans ce cadre, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, a livré sa lecture.

« Ces dernières années, le Maroc a augmenté ses recettes fiscales de 30% et alloué des budgets pour soutenir des projets sociaux. Le secteur public est mobilisé. Mais les défis exigent des moyens plus conséquents. Et pour avancer, il faut de l’argent accessible. Pas de financements surfacturés », rappelle la ministre.

« Nous avons besoin d’argent à coût réduit, auto-concessionnel. On n’a pas besoin de financements chers ». Le modèle marocain, dit-elle, repose sur des réformes réalistes, alignées sur les besoins du pays. Des équipes compétentes sont en place. Ce qui manque, c’est l’accès à un financement qui respecte cette dynamique. « Si nous voulons de l’argent, mais que c’est de l’argent donné de façon chère, ça ne nous aide pas ».

Sur la transition énergétique, la ministre explique que le Maroc a fait le choix des renouvelables, qui couvrent aujourd’hui 42% de sa production d’électricité. Mais les règles du jeu ont changé en cours de route.

« Il y a quelques années, le gaz n’était pas une énergie propre. Mais à cause de la guerre en Ukraine, par magie, le gaz est redevenu une énergie propre. Et nous, on a perdu du temps ».

Cette volte-face pénalise les pays africains qui disposent de ressources naturelles. « On ne pollue pas la planète. On souffre de la pollution ».

La ministre appelle à une lecture plus cohérente des standards internationaux.

Si on a nos ressources domestiques avec la maturité et la responsabilité, permettez-nous de les utiliser à bon escient.

Migration, talents, entreprises : l’Afrique ne peut plus se contenter de subir

Sur un autre registre, celui de la migration, le constat est tout aussi frontal. Les politiques migratoires européennes sont perçues comme une réponse désordonnée à la précarité interne du continent. Et pendant que les ministères de l’Intérieur gèrent les flux, les ministères des Finances, eux, voient les compétences partir. « Nous avons besoin d’environ 100.000 ingénieurs d’ici 2035. Le Maroc, comme d’autres pays, en manque cruellement ».

Le problème n’est pas ceux qui partent. Il concerne aussi ceux qui restent. Car tout le monde ne peut pas émigrer, et la création d’emplois locaux devient urgente. « Nous avons besoin de solutions économiques et de possibilités d’investissement. […] d’emplois dans le secteur rural. De petits entrepreneurs. D’entités relativement simples ».

« Quand on parle de migration, le terme désigne souvent uniquement ceux qui n’ont pas d’emploi. Mais il faut regarder plus largement. Les multinationales réalisent d’énormes profits en Afrique, pourtant elles restent absentes du récit économique du continent.

« Ce dont nous avons besoin, ce sont des entreprises de taille intermédiaire capables d’investir et de créer des emplois. La finance mixte devrait les accompagner, mais en réalité, ces mécanismes fonctionnent mal ».

« Nos économies ont un besoin urgent d’emplois, notamment en milieu rural. Il faut soutenir les petits entrepreneurs, les structures locales simples mais efficaces. Et pour cela, il est indispensable de mettre en place des solutions concrètes, structurelles, pour financer cette économie réelle qui porte l’emploi ».

Des réformes impossibles sans une infrastructure de décision

Le ministre marocain de l’Inclusion économique, Younes Sekkouri a, quant à lui, soulevé une limite institutionnelle, à savoir « la capacité qu’ont nos gouvernements à établir des réformes ».

« Trouver des emplois… Nous avons un véritable problème lorsqu’il s’agit du mandat. Un mandat de 5 ans, 6 ans en fonction du pays… Nous avons des difficultés à avoir un gouvernement efficient, pas en termes de programme, mais d’un point de vue de réforme profonde au niveau de la société. Écouter la société que nous voulons réformer ».

Face à ce constat, il appelle à poser les fondations d’une gouvernance pérenne, structurée autour d’un socle de décisions stables. « Il est essentiel que nous puissions construire une infrastructure de prise de décision ».

« Je vois à quel point il a été très difficile, pendant pratiquement 4 ans, avec d’autres ministres dans nos gouvernements, de pouvoir établir une certaine confiance. Et cette confiance doit être institutionnalisée à travers une infrastructure de décision qui aidera les gouvernements à aller en profondeur au niveau de réformes ».

L’un des exemples cités par le ministre de l’Emploi est la nécessité de retravailler la relation entre la jeunesse et l’environnement du marché du travail.

« Notre jeunesse, par exemple, refuse de travailler de la même manière que les générations précédentes. Donc, il est important d’avoir un nouveau code du travail ».

Une souveraineté financière encore à construire

Les participants réunis à Marrakech pour le panel d’ouverture du Forum Mo Ibrahim ont livré un diagnostic unanime : le financement du développement africain ne peut plus reposer sur des logiques d’aide, ni sur des structures héritées.

Le capital existe sur le continent, mais il est fragmenté, insuffisamment mobilisé et trop souvent dirigé hors des priorités fondamentales. Plus de 70% des projets structurants de l’agenda 2063 sont financés par des partenaires extérieurs. Cette dépendance prive l’Afrique de toute marge de manœuvre stratégique. Elle révèle aussi un paradoxe : alors même que des marchés de capitaux émergent dans plusieurs pays, la coordination reste absente, et les ressources disponibles sont sous-utilisées.

Le cadre conceptuel de l’avantage comparatif continue d’enfermer les économies africaines dans un rôle d’exportatrices de matières premières, sans transformation locale. Ce schéma limite leur insertion dans les chaînes de valeur mondiales. Aucun pays ne s’est industrialisé en vendant des ressources brutes. L’enjeu est désormais d’investir dans les capacités productives et dans les écosystèmes industriels.

Le potentiel de la ZLECAf est reconnu, mais son déploiement se heurte à des blocages logistiques, réglementaires et politiques. Des produits fabriqués en Afrique doivent parfois transiter par l’Europe ou l’Asie pour atteindre un autre pays africain. Les coûts du commerce intra-africain restent 20% plus élevés que ceux avec des partenaires extérieurs. Dans ces conditions, l’intégration continentale reste largement théorique.

Enfin, la mise en œuvre des stratégies est revenue comme un point de blocage central. L’Afrique ne manque ni d’agendas, ni de plans, ni même de consensus. Mais tant que les leviers de décision resteront entre les mains d’acteurs extérieurs, ou dispersés entre silos, les ambitions resteront théoriques. La prochaine décennie devra trancher : ou bien les moyens rejoignent enfin les priorités, ou bien le continent manquera à nouveau le rendez-vous avec sa propre transformation.

Fact-checking. Le Maroc compte-t-il vraiment 83% d’entreprises informelles ?

Selon le récent rapport de la Banque mondiale, publié le 25 avril dernier, 83% des entreprises marocaines seraient informelles, et 80% de l’emploi au Maroc relèverait de l’informel en 2018. Une information largement reprise par les médias marocains.

Ces taux soulèvent, toutefois, plusieurs interrogations. À quelle période se rapportent réellement ces données, et que valent-elles sur le plan méthodologique ?

D’une part, ils semblent surprenants au regard des nombreuses mesures prises pour lutter contre l’informalité sous toutes ses formes. D’autre part, le rapport ne précise pas à quelle année cette donnée se rapporte : s’agit-il de 2024, de 2023 ou d’une période antérieure ?

En l’absence d’indication temporelle, ce chiffre perd une grande partie de sa signification analytique. Dans un souci de clarification, Médias24 a contacté la Banque mondiale pour avoir plus de détails.

Informalité des entreprises : la statistique de 83% date de 2014 !

Interrogée au sujet du chiffre de 83% des entreprises marocaines qui seraient informelles mentionné dans le rapport, notre source précise qu’il s’agit d’une estimation datant de 2014.

Dans le cas présent, le chiffre avancé de 83% fait référence à des données et estimations vieilles de plus d’une décennie. Dès lors, la prudence s’impose avant de relayer ce chiffre comme s’il reflétait la réalité économique de 2025.

Le rapport a été corrigé : la mention des 83% d’entreprises marocaines qui sont informelles n’y figure plus

Notre source indique par ailleurs que le rapport a été corrigé en conséquence. « Veuillez noter que le chiffre de 83% se réfère à une estimation ancienne de la part de l’emploi informel. Nous avons corrigé cela dans le rapport, et nous citons le rapport de 2014 pour les dernières statistiques dont nous avons connaissance, établies sur des données au niveau des entreprises », affirme-t-elle.

Ainsi, la version actuellement disponible en ligne, qu’il s’agisse de l’édition française ou anglaise, ne fait plus mention du chiffre de 83% d’entreprises informelles au Maroc. « Les données sur les entreprises informelles sont rares. La part des entreprises informelles dans le secteur privé dépend de la définition », lit-on dans le rapport après correction. (p. 33).

Notre source ajoute en réponse à nos interrogations, « D’après la définition basée sur l’affiliation à la sécurité sociale, nous savons que 89% d’un échantillon de micro et petites entreprises sont informelles« .

Toutefois, il convient également d’apporter des précisions à ce niveau. Le chiffre de 89%, cité dans le rapport de la Banque mondiale intitulé « À la recherche de meilleurs emplois : le défi de l’informalité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord« , repose sur une enquête menée en 2008 auprès d’un échantillon de seulement 211 micro et petites entreprises.

Bien que cette enquête apporte un éclairage qualitatif utile, la taille réduite de l’échantillon et l’ancienneté de l’enquête limitent fortement la portée statistique des résultats, rendant toute extrapolation à l’ensemble de l’économie marocaine en 2025 méthodologiquement fragile.

Informalité de l’emploi au Maroc : un chiffre à replacer dans son contexte

Selon le même rapport de la Banque mondiale, 80% de l’emploi au Maroc aurait été informel en 2018. Un chiffre saisissant, également largement relayé.

Interrogée sur ce chiffre et sur la méthodologie de calcul, notre source précise qu’il s’agit d’une estimation portant sur la population occupée.

« L’estimation concerne uniquement la population employée. Les critères sont de ne pas avoir de contrat formel, de ne pas avoir d’affiliation à la sécurité sociale, ou que l’établissement où ils travaillent ne tienne pas de registres/comptes écrits. Notez que tous les travailleurs familiaux non rémunérés qui contribuent sont considérés comme informels. L’emploi total inclut les employés, les employeurs, les travailleurs indépendants, les travailleurs familiaux contributeurs (non rémunérés), les membres de coopératives de producteurs et d’autres travailleurs non rémunérés. Cela concerne la population employée âgée de 15 ans et plus… De même, en 2015, le HCP a rapporté que le chiffre était de 80% », indique notre source.

Il convient d’abord de rappeler que ces statistiques du haut-commissariat au Plan remontent à l’année 2015, et que l’approche méthodologique utilisée par le HCP présente certaines spécificités. « Il s’agit de l’emploi informel approché par l’absence de couverture médicale », précise ainsi le rapport du HCP (p. 16).

Cependant, en 2025, la population active occupée à la fin du premier trimestre s’élevait à environ 10,6 millions de personnes. Or, à elle seule, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) recense actuellement plus de 4 millions de cotisants bénéficiant d’une couverture médicale, soit près de 40% des personnes occupées. À cela s’ajoutent d’autres formes d’emploi non rémunéré, notamment en milieu rural, dont les bénéficiaires sont également couverts par un régime de protection sociale depuis la généralisation de l’AMO.

Climat des affaires au Maroc. Un cadre réglementaire robuste, mais une efficacité opérationnelle limitée (Banque mondiale)

Dans son édition hivernale 2025, la Banque mondiale livre une lecture précise et nuancée de l’économie marocaine. Elle souligne la reprise de la croissance non agricole, les effets d’un investissement public renforcé, ainsi que les progrès en matière de stabilité macroéconomique. Mais au cœur du rapport, une dimension retient l’attention : celle du climat des affaires, désormais analysée à travers un nouveau prisme, celui du référentiel B-Ready. Le Maroc y présente une performance contrastée, révélant à la fois des avancées sur les cadres réglementaires et des difficultés persistantes sur le terrain de l’efficacité opérationnelle.

Des fondations solides sur le plan réglementaire

Les données révèlent que le Maroc obtient de bons résultats en matière de réglementation. Sur la qualité des cadres légaux et des services publics, il dépasse la moyenne des pays à revenu comparable. Cela traduit les efforts engagés pour moderniser l’environnement réglementaire, renforcer les institutions et structurer les politiques publiques dans une perspective d’attractivité économique.

Mais la performance s’affaiblit dès lors qu’on évalue l’efficacité de mise en œuvre. La Banque mondiale le souligne sans ambiguïté : « Le Maroc a globalement obtenu de bons résultats dans la première édition de B-Ready, ayant tendance à surpasser les pays de niveau de revenu similaire en matière d’évaluation des cadres réglementaires et des services publics, mais pas en matière d’efficacité opérationnelle, qui est pourtant essentielle pour que les politiques publiques aient un impact sur la dynamique des entreprises », lit-on dans le rapport.

Ce n’est pas la norme qui manque, mais sa traduction concrète dans la pratique. Ce n’est pas l’intention politique qui fait défaut, mais la capacité d’exécution. Le rapport met ainsi en évidence un écart marqué entre les progrès réalisés sur le plan réglementaire et les résultats économiques attendus.

Une efficacité institutionnelle à renforcer

Selon le même rapport, trois domaines concentrent les principales faiblesses :

– Le marché du travail, tout d’abord, reste marqué par des obstacles et des coûts à l’embauche dans le secteur formel. Ces contraintes favorisent une informalité persistante et creusent un écart entre les travailleurs intégrés et ceux restés à la marge. Le rapport évoque un fossé entre “insiders” et “outsiders”, révélateur d’un marché du travail dual, peu propice à l’inclusion.

– En matière de résolution des litiges commerciaux, des lacunes sont relevées dans l’organisation des tribunaux, dans la transparence procédurale et dans la digitalisation. Ces insuffisances prolongent les délais, réduisent la prévisibilité et alimentent l’incertitude, autant de facteurs qui freinent l’initiative entrepreneuriale.

– Le troisième axe concerne l’environnement de l’insolvabilité. Le cadre juridique reste incomplet, les services de liquidation peu digitalisés, et les procédures de réorganisation longues et inefficaces. Ces faiblesses compromettent la capacité des entreprises viables à se restructurer rapidement et entravent la réallocation optimale des ressources.

Il en résulte un constat clair : le Maroc, dans cette première évaluation B-Ready, affiche une meilleure performance sur la qualité des règles que sur leur application. Il s’aligne sur les standards réglementaires, mais reste en retrait en matière d’efficacité institutionnelle. Les fondations sont posées, mais l’usage demeure entravé. Le cadre formel progresse, mais l’expérience des acteurs économiques reste souvent confrontée à des lenteurs, à des frictions, à une exécution incomplète.

Ce n’est pas une remise en cause des réformes déjà engagées. C’est une invitation à aller plus loin. Pour que les politiques publiques ne se limitent pas à des textes, mais trouvent leur incarnation dans les pratiques. Pour que la modernisation juridique devienne aussi une modernisation fonctionnelle. Pour que l’environnement des affaires ne soit pas seulement lisible sur le papier, mais fluide dans la réalité.

La Banque mondiale ne formule ni blâme ni verdict. Elle propose un cadre d’analyse. Elle montre que les fondations sont là, mais qu’il est temps de les rendre pleinement opérationnelles. Réformer ne suffit plus. Il faut désormais mettre en œuvre, exécuter, délivrer. Car c’est dans la qualité de l’application que se mesure, en définitive, la crédibilité d’un climat des affaires.

Protection sociale au Maroc. La Banque mondiale approuve un 3e financement de 600 millions de dollars

Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé un financement de 600 millions de dollars pour la troisième phase du programme de renforcement du capital humain pour un Maroc résilient . Cette troisième et dernière opération vise à soutenir la résilience du Maroc face aux risques sanitaires, à améliorer le capital humain durant l’enfance, à réduire la pauvreté des personnes âgées et à renforcer la gestion des risques climatiques, indique un communiqué de la Banque mondiale.

Depuis 2020, le Maroc est confronté à de multiples défis, notamment la pandémie de COVID-19, les fluctuations des prix des matières premières, l’inflation, un séisme dévastateur et des sécheresses prolongées. En réponse, le pays a engagé des réformes ambitieuses, guidées par le Nouveau modèle de développement (NMD), afin de favoriser une croissance plus forte et équitable.

Cette initiative appuie les réformes nationales du Maroc visant à étendre l’assurance maladie obligatoire et la couverture maladie gratuite pour les populations vulnérables, la refonte des services de santé, la mise en place d’un programme d’aide sociale directe, l’extension d’une couverture retraite durable et le renforcement de la protection contre les chocs climatiques, fait savoir le communiqué.

Les deux premières opérations de financement, approuvées en juin 2022 et décembre 2023, ont permis d’accompagner d’importants changements législatifs, notamment la généralisation de l’assurance maladie obligatoire et le lancement d’un programme complet d’aides sociales. Cette troisième opération vise à consolider ces avancées en renforçant la gouvernance, en précisant la mise en œuvre des transferts monétaires et des régimes de retraite, et en améliorant l’efficacité de la gestion des risques de catastrophe.

Le Maroc progresse sur la voie de la couverture sanitaire universelle en mettant en œuvre des réformes destinées à renforcer la protection contre les risques sanitaires (et ce, grâce à une couverture accrue de l’assurance maladie), à étendre l’assurance maladie, en modernisant l’offre de soins et en assurant une répartition plus équitable des professionnels de santé.

Le gouvernement ambitionne d’assurer la couverture de l’ensemble de la population dans le cadre d’un régime d’assurance maladie unifié, géré par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Malgré des progrès significatifs, avec une couverture effective atteignant désormais 75 % de la population, des défis persistent, notamment pour les travailleurs non salariés, ajoute la même source.

Le programme d’aides sociales directes, soutenu par la nouvelle Agence nationale du soutien social (ANSS), ciblera jusqu’à 60% de la population non couverte par d’autres régimes d’allocations familiales.

Cité dans le communiqué, Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de la division Maghreb et Malte de la Banque mondiale, souligne : « Cette initiative vise à renforcer le système de protection sociale du Maroc. Aujourd’hui, ce système permet déjà à environ 75 % de la population d’accéder à des soins de santé plus abordables et à plus de 40 % des ménages de bénéficier de transferts monétaires. Ces réformes sont conçues pour rendre le système plus complet, plus équitable et plus efficace, en particulier au profit des populations les plus vulnérables aux aléas climatiques, notamment les agriculteurs ».

Aziz Akhannouch s’entretient avec le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA

Ces entretiens ont été l’occasion de passer en revue les réformes structurelles initiées par le gouvernement, conformément aux hautes directives royales, et de mettre en lumière les différents programmes qui lui ont permis de préserver les équilibres macroéconomiques et de consolider la résilience de l’économie nationale, indique un communiqué du département du chef du gouvernement.

À cette occasion, M. Akhannouch a salué « les efforts entrepris par la Banque mondiale dans l’accompagnement des projets de développement dans notre pays, en harmonie avec les priorités arrêtées par le programme gouvernemental, notamment l’ouverture de l’institution financière internationale sur de nombreux chantiers nationaux ambitieux, mis en œuvre conformément à la vision royale éclairée ».

Les deux parties ont évoqué les différents domaines dans lesquels la Banque mondiale a exprimé sa disposition à accompagner le Royaume, à l’instar de la promotion de l’emploi, de la sécurité hydrique, du traitement de l’impact des changements climatiques, de la transition numérique, de l’efficience énergétique, de l’économie bleue, ainsi que de programmes visant la valorisation du capital humain.

La rencontre a également été l’occasion d’évoquer les perspectives du partenariat en ce qui concerne l’accompagnement par la Banque mondiale des projets programmés dans le cadre des préparatifs du Royaume pour abriter des manifestations internationales majeures, notamment les projets liés au renforcement des infrastructures et de la connectivité.

Le Maroc et le Groupe de la Banque mondiale sont liés par des relations de partenariat privilégiées remontant à l’année 1960, qui ont permis depuis de mobiliser plus de 27,12 milliards de dollars pour l’accompagnement de plusieurs projets dans différents secteurs de développement dans le Royaume, conclut le communiqué.

La Banque mondiale approuve un financement de 2,5 MMDH pour renforcer la résilience climatique de l’agriculture marocaine

Le nouveau programme vise à renforcer la résilience climatique et la gestion des risques dans l’agriculture pluviale en favorisant des pratiques climato-intelligentes, et en améliorant la gestion de l’eau et des sols grâce à l’agriculture de conservation, indique un communiqué de la Banque mondiale.

Il contribuera, également, à améliorer les moyens de subsistance et la qualité des emplois en stabilisant les rendements, et en atténuant les risques climatiques, notamment par la promotion de l’agriculture sans labour et l’augmentation de la superficie couverte par les systèmes d’assurance agricole réformés.

Selon la même source, cette initiative renforcera également la sécurité alimentaire, la qualité des aliments et la sécurité nutritionnelle en soutenant l’expansion de l’agriculture biologique sur 25 .000 hectares, en améliorant le contrôle de la qualité de l’huile d’olive, et en atténuant les risques sanitaires liés aux aliments au niveau de la distribution grâce à l’amélioration des normes sanitaires dans environ 1. 200 points de vente alimentaires.

Le programme financé par la banque mondiale vise également à aider les agriculteurs à produire et commercialiser des denrées alimentaires de qualité, tout en augmentant leurs revenus grâce à un meilleur accès aux marchés. Il permettra aussi de réduire les pertes et le gaspillage alimentaires, de renforcer les capacités des secteurs public et privé et de sensibiliser à la sécurité nutritionnelle.

Au total, le programme devrait bénéficier à 1,36 million de personnes, dont près de 120 .000 agriculteurs et plus d’un million de consommateurs, grâce à l’amélioration de la sécurité sanitaire et nutritionnelle des aliments.

« En soutenant une mise à l’échelle ambitieuse de pratiques agricoles climato-intelligentes, ce programme innovant appuyé par la Banque mondiale aidera le Maroc à créer des emplois verts dans les zones rurales et à renforcer la sécurité alimentaire nationale, conformément au programme Génération Green 2020/2030 du pays », a déclaré Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, cité dans le communiqué.

Le secteur agroalimentaire est crucial pour la croissance économique du Maroc, représentant 16 % du produit intérieur brut et 19 % des exportations totales en 2023. Il joue également un rôle essentiel dans l’emploi, avec 67 % des emplois ruraux et 36 % de l’ensemble des emplois, dont 30 % dans l’agriculture primaire et 6 % dans l’agro-industrie.

Cependant, le secteur fait face à des défis majeurs en raison des années successives de sécheresse, entrainant une baisse significative de la production, notamment dans le secteur des céréales pluviales, mettant ainsi en évidence sa vulnérabilité aux risques climatiques.

Compte tenu des récentes perturbations économiques et des tendances climatiques actuelles, la transformation du système alimentaire marocain devient de plus en plus essentielle pour un développement stable et durable, notamment grâce à une production accrue et plus efficace, tout en minimisant les impacts négatifs sur les ressources naturelles et en contrôlant les émissions de gaz à effet de serre.

Un don de 5 millions de dollars ( 50 millions de DH) du Fonds pour une planète vivable (LPF) viendra renforcer stratégiquement le programme, en soutien aux petits exploitants agricoles, pour mettre en œuvre un système innovant d’incitations découplées, facilitant leur transition des pratiques agricoles conventionnelles vers des pratiques climato-intelligentes.

Dette extérieure du Maroc. L’encours a plus que doublé entre 2010 et 2023 (Banque mondiale)

En 2023, la dette extérieure totale du Maroc s’est élevée à 69,27 milliards de dollars, selon les données du rapport de la Banque mondiale sur la dette internationale. Ce montant représente 50% du revenu national brut (RNB) du pays et équivaut à 110% de ses exportations annuelles. Ces ratios indiquent que le Maroc continue de financer une part importante de ses besoins via des emprunts extérieurs.

Le service de la dette extérieure marocaine (remboursements de principal et paiements d’intérêts) a représenté 9% des recettes d’exportation et 4% du RNB en 2023. Ces paiements incluent à la fois des emprunts contractés auprès de créanciers publics et privés.

En termes de flux financiers nets, le Maroc a enregistré 2,93 milliards de dollars d’entrées nettes de dette en 2023. Ce montant reflète l’écart entre les nouveaux emprunts contractés et les remboursements effectués au cours de l’année. Par ailleurs, les entrées nettes de capitaux propres se sont élevées à 989 millions de dollars.

Structure de la dette extérieure

Pour mieux comprendre la structure de la dette extérieure totale du Maroc en 2023, qui s’élève à 69,27 milliards de dollars, elle se décompose comme suit :

La dette publique et garantie par l’État, dont le rapport fournit des détails précis sur les détenteurs, représente plus de 65,1% de la dette extérieure totale.

 

Le portefeuille est principalement composé de créanciers multilatéraux, qui détiennent 49% de la dette extérieure publique et garantie. La Banque mondiale (20%) et la Banque africaine de développement (10%) constituent les principaux contributeurs dans cette catégorie. Ces prêts, souvent accordés à des taux préférentiels, permettent d’atténuer les coûts du financement tout en assurant une certaine stabilité face aux turbulences des marchés financiers internationaux.

Toutefois, les créanciers privés, notamment les détenteurs d’obligations (27%), restent influents. Ces derniers offrent des opportunités de financement plus rapides, mais souvent à des conditions moins avantageuses.

En parallèle, les prêts bilatéraux, bien qu’en recul par rapport aux années précédentes, représentent encore 15% de l’encours total, avec des contributions notables de pays comme la France (5%) et l’Allemagne (5%).

Entre 2019 et 2023, les conditions de financement se sont progressivement durcies en raison d’une conjoncture économique défavorableL’analyse des nouvelles conditions d’emprunt met en évidence une nette détérioration des termes de financement. Les emprunts auprès des créanciers privés, bien qu’essentiels pour diversifier les sources de capitaux, deviennent plus coûteux et présentent depuis 2021 des maturités plus courtes. Par exemple, les prêts privés contractés en 2023 affichent un taux d’intérêt moyen de plus de 6%, le plus élevé depuis 2019.

De même, Les taux d’intérêt moyens sur les nouveaux engagements auprès des créanciers publics ont dépassé 4% en 2023, contre une moyenne de 1,5% sur la période 2019-2022.

En ce qui concerne la maturité moyenne des emprunts, les créanciers publics continuent d’offrir des conditions plus avantageuses, avec des maturités plus longues (supérieures à 20 ans en moyenne), tandis que les créanciers privés se limitent à des échéances plus courtes. Les périodes de grâce suivent une logique similaire, avec des délais plus longs du côté des créanciers publics.

Le recours important à des financements en devises, principalement en dollars américains et en euros, expose l’économie marocaine à des fluctuations monétaires. Toute dépréciation du dirham alourdit mécaniquement le service de la dette, augmentant les contraintes financières sur l’État et les entreprises.

Données historiques : évolution de la dette extérieure

L’analyse du rapport montre une progression constante de l’encours de la dette extérieure marocaine au cours des dernières décennies. En 2010, la dette extérieure totale s’élevait à 27,35 milliards de dollars, avant d’atteindre 55,28 milliards en 2019 et 69,27 milliards en 2023. Cette hausse est attribuable à l’augmentation des besoins de financement pour soutenir des projets d’investissement et répondre aux défis économiques.

Dans le même sens, les décaissements de dette à long terme en 2023 se sont élevés à 6,43 milliards de dollars, un montant largement dominé par des emprunts publics garantis par l’État. Les remboursements de principal ont, quant à eux, atteint 4,39 milliards de dollars, tandis que les paiements d’intérêts se sont chiffrés à 1,30 milliard de dollars.

Le poids de cette dette reflète une dynamique structurelle dans laquelle le pays s’est engagé pour soutenir sa croissance économique, moderniser ses infrastructures et répondre aux besoins de liquidités induits par des crises successives : pandémie, chocs énergétiques et instabilité économique mondiale.

Avec un encours total de dette extérieure atteignant 69,27 milliards de dollars en 2023, le Maroc s’appuie majoritairement sur les créanciers multilatéraux, mais demeure également exposé à des créanciers privés et bilatéraux, dont les conditions de financement se durcissent. Cette situation, bien qu’en ligne avec celle d’autres pays à revenu intermédiaire, requiert une réflexion approfondie sur les stratégies d’endettement et de développement à long terme.

Il convient de préciser que nous faisons référence ici à la dette extérieure totale, et non à la dette souveraine, dont l’encours reste estimé, selon les données du ministère de l’Économie et des finances, à environ 254 MMDH en 2023. La dette totale englobe plusieurs composantes, notamment la dette souveraine, mais également les dettes contractées par les entreprises publiques, le secteur privé et les banques.

La Banque mondiale approuve un financement de 2,5 MMDH pour la gestion des déchets au Maroc

Le nouveau programme soutenu par la Banque mondiale contribuera directement à la réalisation des objectifs du programme national de gestion des déchets ménagers et assimilés (PNDM) mis en place en 2023 par le Maroc, en aidant à améliorer les performances financières et environnementales du secteur tout en renforçant la gouvernance, les politiques et la gestion de ce dernier.

Il contribuera notamment à :

– améliorer la gestion de plusieurs décharges contrôlées et à étendre les efforts de valorisation des déchets, en utilisant des modèles économiques financièrement viables,

– fermer et réhabiliter un certain nombre de décharges abandonnées non contrôlées,

– identifier des sources de revenus supplémentaires pour le secteur et soutenir le suivi et le rapportage des émissions de gaz à effet de serre du secteur, conformément aux engagements du Maroc dans le cadre de l’Accord de Paris.

« Contribuer à la promotion de villes plus agréables à vivre et plus attractives est une priorité pour la Banque mondiale au Maroc. Notre cadre de partenariat actuel met l’accent sur la nécessité d’améliorer les services d’infrastructures clés dans les zones urbaines », a déclaré Moustapha Ndiaye, directeur de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, cité dans le communiqué. « Ce nouveau programme s’inscrit dans la continuité de notre engagement de longue date dans le secteur de la GDMA et complète les efforts du gouvernement pour améliorer la fourniture de services locaux et la qualité de vie des citoyens tout en soutenant les efforts du Maroc, d’adaptation et d’atténuation au changement climatique », a-t-il ajouté.

Le nouveau programme est soutenu par l’assistance technique et le financement de la Facilité mondiale pour la réduction des risques de catastrophe (GFDRR) et de la Facilité de conseil public-privé pour les infrastructures (PPIAF).

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2024/11/23/dechets-menagers-21-mmdh-pour-la-rehabilitation-de-230-decharges-non-controlees-dici-2034/

Tanger Med : 4 MMDH pour doubler le trafic de camions et renforcer la durabilité du port

La Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), deux institutions du Groupe de la Banque mondiale, ont annoncé le lundi 4 novembre, la conclusion d’un partenariat avec Tanger Med, afin d’agrandir le terminal pour camions et passagers et de renforcer la position stratégique du Maroc en tant que plaque tournante du commerce régional et mondial, indique un communiqué de l’IFC.

Le prêt accordé par IFC à Tanger Med, d’un montant de 197 millions d’euros (dont 47 millions fournis dans le cadre de son Programme de portefeuille de prêts conjoints), sera le premier financement assorti à des indicateurs de durabilité au Maroc, et aussi parmi les premiers concernant le secteur portuaire dans les marchés émergents à l’échelle mondiale.

Les principaux indicateurs de performance associés au prêt portent sur la diversité hommes-femmes et l’utilisation d’énergies renouvelables.

Un groupe de banques internationales emmené par JP Morgan soutient également le projet avec un prêt commercial d’un montant de 203 millions d’euros. Une garantie de la MIGA contre le non-respect des obligations financières couvrira ces prêteurs pendant une période de 15 ans. Ce type de garantie protège contre les pertes résultant du manquement d’une entreprise publique à effectuer en temps voulu un paiement au titre d’une obligation financière.

Le montage financier devrait permettre d’augmenter la capacité du port et de porter le nombre de camions traités à plus d’un million de camions. Le complexe portuaire a traité en 2023 près de 477.000 unités TIR. Le projet devrait également créer des emplois directs, stimuler la croissance économique et renforcer la confiance des investisseurs dans le secteur des infrastructures au Maroc.

« Tanger Med joue un rôle essentiel dans les importations et les exportations du Maroc. Ce projet permettra au complexe portuaire d’accroître considérablement sa capacité de manutention de camions, de soutenir la croissance des exportations dans les secteurs agroalimentaire et industriel, et de renforcer les liens commerciaux entre le Maroc et l’Europe », souligne Loubna Ghaleb, membre du directoire et directrice de la Stratégie au Groupe Tanger Med, citée dans le communiqué.

« Ce projet renforcera la position du Maroc en tant que hub maritime et logistique mondial en pleine expansion, idéalement placé pour relier les principaux marchés d’Europe, d’Afrique et des Amériques », explique David Tinel, représentant régional d’IFC pour le Maghreb. « Nous nous attendons à ce qu’il suscite d’autres investissements dans le secteur marocain des infrastructures pour capitaliser sur les formidables opportunités qui se présentent, alors que le pays se prépare à coorganiser la Coupe d’Afrique des nations 2025 et à accueillir la Coupe du monde de la FIFA en 2030 ».

Le complexe Tanger Med est le premier port à conteneurs d’Afrique et de Méditerranée, et il assure des liaisons maritimes directes vers 180 ports et 70 pays. Le groupe Tanger Med entend favoriser la diversité de genre en mettant en œuvre des programmes destinés à promouvoir l’accès des femmes à des postes de direction, avec l’objectif d’augmenter le nombre de femmes cadres.

En outre, dans le cadre de sa stratégie pour devenir un pôle d’énergie propre et conformément à son plan de décarbonation, Tanger Med s’est fixé pour objectif d’augmenter la part de l’électricité verte (solaire et éolienne). Le projet prévoit également différentes mesures pour atténuer les risques climatiques, par exemple le rehaussement des brise-lames et des quais pour contrer l’élévation du niveau de la mer, et l’allongement des quais pour accueillir des navires plus grands et moins polluants, souligne le communiqué.

IFC mise 363 MDH et rejoint le tour de table de BLS de la famille Belkhayat

La Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale et institution d’aide au développement axée sur le secteur privé dans les marchés émergents, a annoncé, ce mercredi 23 octobre, une prise de participation en monnaie locale d’une valeur de 363 millions de DH (soit environ 37 millions de dollars) dans Building Logistics Services S.A (BLS), prestataire de services logistiques au Maroc et filiale de H&S Invest Holding, précise un communiqué.

L’accord d’investissement entre IFC et BLS a été signé en marge des Assemblées annuelles 2024 du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale.

Suite à cet investissement, IFC détiendra une participation minoritaire dans BLS aux côtés de STOA, un fonds d’impact créé fin 2017 qui a également acquis une participation minoritaire de 20 % dans BLS en 2023, ajoute-t-on.

Le projet, poursuit la même source, répond au besoin de modernisation et de professionnalisation des services de transport et de logistique dans le pays, contribuant ainsi à améliorer l’accès aux marchés et aux services, tout en réduisant les coûts pour les entreprises et les particuliers.

« Je suis ravi et honoré de voir IFC rejoindre notre Conseil d’administration. Leur contribution et celle de l’équipe infrastructure de STOA permettront à BLS d’accélérer le déploiement de ses services sur le marché et d’être plus centré sur le client », a déclaré Moncef Belkhayat, PDG de H&S Invest Holding.

Et d’ajouter : « Nous mettrons en place une politique en matière sociale, environnementale et de gouvernance (ESG) avec l’ambition d’être la première société logistique africaine en termes de protection de l’environnement, de politiques de développement durable et de gouvernance d’entreprise au plus haut niveau ».

« La prise de participation de IFC dans BLS renforcera la compétitivité du secteur logistique marocain », a indiqué Sérgio Pimenta, vice-président d’IFC pour l’Afrique. « En soutenant un champion local de la logistique dans l’expansion de ses opérations, ce projet contribuera à rendre les chaînes d’approvisionnement plus efficaces et soutiendra les ambitieux objectifs de développement de l’entreprise qui créeront des emplois et amélioreront les conditions de vie », ajoute le même responsable.

Le projet s’aligne sur le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Maroc pour les exercices 19-25 et s’inscrit dans le mandat d’IFC de mobiliser des capitaux privés à long terme pour le financement d’infrastructures essentielles de transport et de logistique dans les marchés émergents.

Au cours des trois derniers exercices, IFC a investi et mobilisé 1,3 milliard de dollars au Maroc et pour ce seul exercice, elle a déjà engagé près de 600 millions de dollars en faveur de la réalisation des objectifs de développement du pays, conclut-on.