Amnistie du cash : un premier impact visible sur les besoins en refinancement des banques

Parmi les 125 MMDH collectés dans le cadre de cette opération, 50 MMDH ont été déclarés aux banques sur le seul mois de décembre 2024. Parmi ces milliards, certaines liquidités étaient déjà déposées dans le secteur bancaire. D’autres correspondent à du cash injecté pour la première fois dans le circuit bancaire.

L’analyse détaillée des déclarations étant toujours en cours, nos sources n’ont pas encore pu nous communiquer le montant de ce que l’on peut considérer comme « le  cash prélevé sur la circulation fiduciaire ». Cela dit, son impact commence à se faire sentir, notamment sur un indicateur important : les opérations principales de refinancement de Bank Al-Maghrib.

Des avances en baisse

Les avances à 7 jours et les reprises de liquidités constituent les principales opérations de refinancement de Bank Al-Maghrib, adaptées selon la situation de liquidité des banques.

Pour schématiser, en cas de déficit, la Banque centrale injecte des fonds en accordant des avances à 7 jours aux banques, à un taux proche du taux directeur et contre des garanties, leur permettant ainsi de maintenir le financement de l’économie. À l’échéance, ces prêts sont remboursés avec intérêts.

Les montants servis dans le cadre de cette opération montrent une baisse significative des avances entre fin décembre 2024 et début janvier 2025.

Elles sont passées à 53,3 MMDH lors de l’appel d’offres du 08/01/2025, soit le niveau le plus bas sur l’ensemble de la période analysée, à savoir d’octobre 2024 à janvier 2025. Une baisse qui intervient après 60 MMDH servis sur l’appel d’offres du 02/01/2025 et 72,6 MMDH servis lors de l’appel d’offres du 25/12/2024.

Les autres semaines qui précédaient, le montant moyen servi se situait autour des 60 MMDH.

Cela indique une baisse des besoins exprimés en liquidité par les banques commerciales auprès de Bank Al-Maghrib, probablement en raison de la liquidité qui est entrée dans leurs comptes.

L’effet vignette

Interrogé par Médias24, un banquier de la place partage son analyse de la situation. Selon lui, bien que l’amnistie ait couvert l’ensemble de l’année, ce qu’il qualifie d’ »effet vignette » a conduit à un afflux exceptionnel de liquidités dans les deux dernières semaines de décembre, impactant ainsi les opérations de refinancement entre les banques et la Banque centrale.

« La baisse des opérations de refinancement à 7 jours est largement attribuable à l’entrée de liquidités, liée à l’amnistie. Plus de cash signifie des besoins de financement réduits, entraînant mécaniquement une diminution des avances accordées par la Banque centrale. Par conséquent, une augmentation de la liquidité se traduit par une contraction des opérations de financement et de refinancement, dont les avances à 7 jours », explique notre banquier.

« Une évaluation précise de l’impact sur le refinancement des banques aurait nécessité une estimation exacte du volume de liquidités injectées pour la première fois dans le système bancaire. Néanmoins, l’impact est déjà tangible. Les effets observés s’alignent sur les dynamiques attendues face à un afflux massif de liquidités », poursuit-il.

Et de conclure : « Reste à savoir comment Bank Al-Maghrib analysera cette évolution et si elle jugera nécessaire d’intervenir à terme ».

–00O00–

Pour comprendre la relation banque commerciale-Banque centrale

Les banques commerciales ont besoin de liquidités pour financer l’économie, c’est-à-dire accorder des crédits aux ménages et aux entreprises. Ces banques empruntent et prêtent de l’argent entre elles, sur le marché interbancaire, à un taux appelé taux interbancaire.

Bank Al-Maghrib fixe un taux directeur qui sert de référence. Son but est d’orienter ce taux interbancaire pour assurer la stabilité des prix et soutenir l’économie. Pour atteindre cet objectif, la Banque centrale, dans le cadre de sa politique monétaire conventionnelle, injecte ou retire de la liquidité dans le système bancaire via des opérations de marché, parmi lesquelles :

La dynamique du marché bancaire ainsi que le niveau de liquidité en circulation peuvent être estimés en examinant le volume et l’ampleur de ces opérations. Si l’hypothèse d’une augmentation de la liquidité liée à l’amnistie se vérifie, nous devrions observer une baisse des demandes de liquidité de la part des banques.

Il convient toutefois de souligner que l’étude des autres mécanismes de refinancement, tels que les pensions à un ou trois mois d’échéance, ainsi que les prêts garantis, comporte certains biais liés à leur maturité. C’est pourquoi nous avons préféré recentrer l’analyse sur les avances à 7 jours.

Enfin, rappelons que la régularisation spontanée est restée en vigueur tout au long de l’année, même si l’effet de fin d’année a été particulièrement marqué, comme le montrent les publications de Bank Al-Maghrib. Pour évaluer concrètement cet impact, nous nous sommes donc appuyés sur l’examen des situations hebdomadaires de la Banque centrale, de fin septembre 2024 au 8 janvier 2025.

Voici la nouvelle gouvernance de Société Générale Maroc après son rachat par Saham

Après la finalisation de l’opération de cession conclue entre le groupe Société Générale et le groupe Saham, une nouvelle gouvernance est mise en place, entérinée par une réunion du conseil de surveillance de Société Générale Maroc, ce 3 décembre.

Lors de cette réunion, Société Générale Maroc a renouvelé ses instances de gouvernance et de gestion.

La composition du nouveau conseil de surveillance est la suivante :

Par ailleurs, le nouveau conseil de surveillance confirme et renouvelle les mandats des membres du directoire. Sa composition est la suivante :

Sur proposition du président Moulay Hafid Elalamy, le conseil de surveillance a nommé Jérôme Brun en tant que directeur général adjoint et nouveau membre du directoire en charge de la supervision et du pilotage des Risques et de la Finance.

Société Générale : étape décisive ce mardi 3 décembre

Comme nous le révélions dans un précédent article, après l’obtention du feu vert de Bank Al-Maghrib pour le rachat de la filiale marocaine de la Société Générale, la suite logique est le closing de l’opération. Un closing que nous avions annoncé pour début décembre. Nous connaissons maintenant la date exacte. Le closing sera signé ce mardi 3 décembre à Casablanca. 

Cette signature actera définitivement l’acquisition de 57,67% du capital de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) par le groupe Saham.

La priorité de Saham est « de mettre la banque sur les rails », avec pour objectif à court terme de « devenir l’une des meilleures banques de la place en termes de service client ».

https://medias24.com/2024/11/22/deal-sg-saham-apres-lobtention-de-lagrement-de-bank-al-maghrib-closing-imminent-de-loperation/

Brahim Benjelloun Touimi nommé président du conseil d’administration de la Bourse de Casablanca

Brahim Benjelloun Touimi succède à Kamal Mokdad, dont le mandat est arrivé à son terme. Ce dernier occupait la fonction de président de la Bourse de Casablanca depuis le 18 juin 2020.

Le conseil d’administration a tenu à saluer son leadership dans la mise en œuvre de la stratégie de la Bourse de Casablanca et le remercie pour sa présidence qui a connu un fort développement et une transformation du marché boursier, indique un communiqué de la Bourse de Casablanca. Kamal Mokdad reste administrateur de la Bourse de Casablanca, représentant la Banque Centrale Populaire (BCP).

Brahim Benjelloun Touimi dispose d’une vaste expérience dans le secteur financier. Docteur en monnaie, finance et banque de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, il est administrateur directeur général délégué de Bank of Africa, administrateur des entités bancaires européennes du groupe, président du conseil ou administrateur de différentes sociétés du groupe au Maroc opérant dans les activités de banques d’affaires, services financiers spécialisés, et administrateur de la compagnie d’assurances RMA et de sa holding, O Capital Group.

Il est par ailleurs administrateur de la Fondation BMCE Bank pour la promotion de l’éducation et la préservation de l’environnement ainsi que de la Fondation Othman Benjelloun. Il siège également au conseil d’administration de Proparco, institution financière française de développement. Il est aussi administrateur de la Bourse de Casablanca.

Qui contrôle les principales banques commerciales au Maroc ?

Le secteur bancaire connaît rarement des changements majeurs dans les structures d’actionnariat. Quand cela se produit, c’est un événement.

C’est justement ce qui est arrivé en cette fin d’année 2022 avec le transfert du contrôle de Crédit du Maroc (CDM) du groupe Crédit Agricole France au groupe Holmarcom. Ce dernier a acquis 63,7% du capital de la banque pour un montant de 3,8 MMDH.

Par ailleurs, une autre opération de moindre ampleur avait été concrétisée fin novembre. Elle concerne CFG Bank qui voyait également l’un de ses actionnaires, le fonds d’investissement Amethis, quitter le tour de table après plusieurs années consacrées à soutenir le développement et la structuration du groupe, notamment dans son activité de banque commerciale.

En 2022, 176 MMDH de capitalisation bancaire

Durant cette même année, en bourse le secteur bancaire a été globalement malmené avec une baisse de plus de 17% de l’indice Masi Banques, quand le Masi lui baissait plus fortement à de près de 20% sur la même période. La capitalisation du secteur bancaire coté, composé d’Attijariwafa bank, BCP, BMCI, BOA, CIH Bank, Crédit du Maroc, est d’environ 176 MMDH.

Concernant les indicateurs opérationnels du secteur, les derniers disponibles sur une année entière sont ceux de 2021, marquée par une forte progression de la masse bénéficiaire du secteur par rapport à l’année 2020, frappée par le Covid et la hausse des provisions.

Pour ce qui concerne les activités de dépôts et de crédits bancaires, les derniers chiffres disponibles à fin novembre et publiés par Bank Al-Maghrib montrent une évolution annuelle de 5,9% du crédit bancaire à 1.024 MMDH et une hausse annuelle des dépôts de 5,1% à 1,1 MMDH.

Concernant les taux débiteurs, ils affichaient au troisième trimestre un recul par rapport au deuxième trimestre, passant de 4,29% à 4,24%.

A quoi ressemble l’écosystème bancaire marocain ? A qui appartiennent les principales banques commerciales du pays ? Leurs réalisations ? Réponse en infographie.

Source : AMMC