Baricitinib : Pas de verdict, ITPC obtient une nouvelle expertise
Pas de verdict final dans le dossier du Baricitinib. Alors qu’on attendait un jugement sur l’annulation (ou non) du brevet du laboratoire américain Incyte, le tribunal de commerce de Casablanca a choisi de relancer l’affaire en ordonnant une contre-expertise.
La décision a été rendue le 22 septembre. Elle fait suite à la demande de l’ONG ITPC Mena, qui contestait les conclusions du rapport dressé précédemment par le Pr Ahmed Essadki. Ce dernier s’était prononcé en faveur de la validité du titre de propriété industrielle d’Incyte. Une position à rebours avec la requête de l’ONG, qui veut faire annuler le brevet afin de permettre la production de génériques au Maroc.
La nouvelle expertise a été confiée à Mohamed Rachid Abou Zaid. Les parties se retrouveront lors de l’audience du 13 octobre.
Dans son rapport, le Pr Essadki estimait que la molécule Baricitinib présentait bien un caractère innovant, et devait donc être protégée par un brevet. Le chimiste a rappelé le parcours complexe et coûteux de son développement, mené par Incyte en partenariat avec Eli Lilly, et considéré que les critiques d’ITPC Mena relevaient d’un « biais rétrospectif ». Selon lui, l’OMPIC avait légitimement accordé la protection à l’entreprise américaine.
Ces conclusions ont été rejetées par ITPC Mena, qui dénonçait un rapport « partial » et entaché d’irrégularités. L’ONG reprochait à l’expert d’avoir repris presque exclusivement les arguments d’Incyte, sans contre-analyse indépendante, et d’avoir ignoré un rapport de l’OMPIC de 2022 concluant à l’absence d’activité inventive pour la majorité des revendications. Elle pointait aussi un vice de procédure, l’absence de convocation formelle de toutes les parties, ainsi qu’une confusion entre brevet et autorisation de mise sur le marché.
La désignation de Mohammed Rachid Abou Zaid porte à six le nombre d’expertises dans ce dossier, signe d’un procès complexe. L’expert devra, comme ses prédécesseurs, se pencher sur les revendications du brevet, en apprécier la nouveauté et l’inventivité, et déterminer si elles remplissent les critères de brevetabilité.
Le tribunal reprendra l’examen du dossier lors de l’audience du 13 octobre.