Barrage Al Wahda : l’ABH du Sebou procède à un lâcher d’eau contrôlé

L’agence du bassin hydraulique de Sebou a décidé de procéder à une opération de lâcher d’eau au niveau du barrage Al Wahda, le plus grand barrage du pays, doté d’une capacité de 3,8 milliards de mètres cubes. Ce lâcher, qui devrait atteindre un débit de 250 mètres cubes par seconde (m³/s), est prévu ce jeudi 29 janvier 2026 à partir de 15 heures.

En coordination avec les autorités locales, les dispositions de sécurité nécessaires ont été activées au niveau de l’aval du barrage pour que l’opération se déroule avec fluidité.

Cette opération de lâcher n’est pas aléatoire. Elle suit un protocole technique préétabli pour la gestion des eaux de retenue des barrages en période de crue, afin d’assurer la sécurité des ouvrages et de réduire le risque d’inondation des zones aval.

Le barrage d’Al Wahda connaît une situation exceptionnelle de remplissage, depuis le 21 janvier 2026, avec des apports journaliers qui ont dépassé 100 millions de mètres cubes par jour, atteignant environ 209 millions de mètres cubes au cours des dernières 24 heures, ce qui représente l’équivalent de la consommation annuelle de la plus grande ville du Maroc, Casablanca.

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Ces apports ont permis de porter le volume de la retenue de ce barrage à 80 % de sa capacité, soit une réserve d’environ 2,8 milliards de mètres cubes. Ce niveau, qui n’avait plus été atteint depuis mars 2018, constitue à lui seul plus d’un tiers des réserves des barrages marocains. Ces derniers connaissent une amélioration significative de leur situation hydrique et s’apprêtent à dépasser très prochainement le seuil historique des 10 milliards de mètres cubes.

En deux jours, les barrages au Maroc ont gagné l’équivalent d’une année de consommation en eau de Casablanca

Les récentes précipitations ont contribué à une hausse notable du niveau de remplissage des barrages. Selon les données du ministère de l’Équipement et de l’eau, les réserves ont significativement augmenté en seulement deux jours.

Le taux global de remplissage est passé de 29,1% le lundi 10 mars 2025 à 30,4% le mercredi 12 mars 2025, soit une hausse de 1,4 point. En volume, les réserves sont passées de 4.896,42 Mm³ à 5.123,67 Mm³, marquant un gain substantiel de 227,25 Mm³ en seulement deux jours.

Pour donner un ordre de grandeur, cette hausse correspond pratiquement à la consommation annuelle en eau potable de Casablanca, estimée entre 220 Mm³ et 230 Mm3.

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Une hausse portée par plusieurs barrages stratégiques

Cette progression significative des réserves hydriques est principalement soutenue par les performances de plusieurs barrages majeurs du Royaume.

 Al Wahda, le plus grand du pays, a enregistré le gain le plus important avec une augmentation de 73,27 Mm³ en deux jours. Son taux de remplissage est passé de 38,8% le 10 mars à 40,9% le 12 du même mois, soit une progression de 2,1%. Ce barrage représente à lui seul 32,2% de l’augmentation totale observée.

 Oued El Makhazine s’est distingué par la plus forte progression en pourcentage, avec une hausse de 6,32%, soit un apport de 42,57 Mm³. Son taux de remplissage est passé de 71,0% à 77,3%.

 Sidi Mohamed Ben Abdellah, essentiel pour l’alimentation en eau de Rabat et de Casablanca, a enregistré un gain de 25,5 Mm³, faisant passer son taux de remplissage de 44,3% à 46,9%, soit une augmentation de 2,6%.

 Dar Khrofa a également connu une progression notable, avec un apport de 13,4 Mm³, ce qui correspond à une hausse de 2,8%, son taux de remplissage passant de 13,6% à 16,4%.

 Idriss 1er a vu ses réserves augmenter de 9,8 Mm³, avec un taux de remplissage évoluant de 26,0% à 26,9%, soit une progression modeste de 0,9%.

Ahmed Al Hanssali a enregistré un gain de 9,7 Mm³, avec une progression de 1,45% du taux de remplissage, qui est passé de 7,6% à 9,0%.

 Al Massira a enregistré une hausse de 8,3 Mm³, son taux de remplissage passant de 3,0% à 3,7%, soit une augmentation de 0,3%.

Enfin, le barrage Acharif Al Idrissi a vu ses réserves augmenter de 7,2 Mm³, correspondant à une hausse de 5,9%, avec un taux de remplissage passant de 80,8% à 86,7%.

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Les réserves des barrages ont augmenté de 120 millions de m3 depuis le 14 mars

Du 14 au 28 mars, les barrages nationaux ont enregistré une montée remarquable de leurs niveaux d’eau, principalement grâce aux précipitations abondantes qui ont arrosé le pays. Cette augmentation significative des réserves hydriques, totalisant une croissance de 119,57 millions de mètres cubes (Mm3) dans l’ensemble des barrages, témoigne de l’impact direct des pluies. Les réserves de l’ensemble des barrages se situent ce jeudi 28 mars 2024 à 4,4 milliards de mètres cubes (MMm3), selon les chiffres du ministère de l’eau et de l’équipement.

Comme ordre de grandeur, rappelons que les barrages du pays fournissent chaque année 1 MMm3 qui sont transformés en eau potable et consommés à travers le pays.

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Parallèlement, le taux de remplissage global, passant de 26,5% à 27,2%, entre le 28 et le 14 mars 2024, reflète la capacité accrue de stockage des barrages. Il vient renforcer la résilience face aux défis liés à l’eau, et souligner l’importance cruciale des précipitations pour la stabilité des approvisionnements en eau du pays.

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Principaux bénéficiaires

Médias24 a déterminé quels barrages ont le plus bénéficié des récentes précipitations. Voici un aperçu des résultats, mettant en évidence les cinq barrages qui ont tiré le meilleur parti des dernières pluies.

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De nouveaux aménagements hydro-agricoles dans la province de Ouezzane

La Direction provinciale de l’agriculture de Ouezzane a lancé un appel d’offres pour l’aménagement hydro-agricole des périmètres irrigués dans la zone d’action de Lakdioua, qui relève de la commune rurale de Zoumi. Le prestataire devra exécuter dans un délai de 12 mois, les travaux suivants, dont le coût est estimé à 1,6 million de dirhams : 

– l’exécution des terrassements nécessaires à la construction des ouvrages de tête, des séguias et ouvrages annexes ;

– la pose des blocages en pierres sèches sur 20 cm d’épaisseur ;

– la construction de murs ou parties d’ouvrages en maçonneries de moellons ou en béton ;

– le façonnage de l’acier pour armatures ;

– la mise en œuvre du béton pervibré pour ouvrages et séguias ;

– l’exécution des ouvrages annexes (prises, chutes, dalots…) ;

– la démolition éventuelle de certaines parties de séguias anciennes et autres ouvrages.

Ces aménagements hydro-agricoles sont d’une grande importance pour la province de Ouezzane, dominée par les activités agricoles, avec une superficie agricole utile de 144.850 ha. Première région productrice de tournesol, la province compte également des céréales (65.000 ha), des cultures maraîchères (1.691 ha), des oliviers (65.000 ha), des légumineuses (5.400 ha) et de l’arboriculture (4.700 ha).  

Ces cultures sont en partie irriguées par des précipitations, dont la moyenne annuelle atteint 800 mm, irrégulièrement réparties, mais aussi via les eaux des barrages Al Wahda et Oued el Makhazin. Ces eaux, au même titre que celles des nappes phréatiques, servent à irriguer un périmètres de 936 ha, en attendant les 2.705 ha de périmètres en cours d’aménagement.

Le taux de remplissage des barrages atteint 34,4%

Ce mercredi 8 mars 2023, le taux moyen de remplissage des barrages est de 34,4%. Selon la Direction générale de l’eau, les réserves globales du Royaume se situent à 5,55 milliards de mètres cubes (MMm3). Il y a un an jour pour jour, les réserves enregistrées atteignaient 5,27 MMm3 (32,7%). Soit exactement le même taux de remplissage que nous avions constaté le lundi 20 février 2023, lors de notre précédent point sur la situation des barrages.

En une quinzaine de jours, le taux de remplissage des barrages du Royaume a augmenté de 1,7 point de pourcentage, l’équivalent de 270 millions de mètres cubes. Les hausses les plus significatives ont été enregistrées au niveau des barrages Bin El Ouidane, Sidi Mohammed Ben Abdellah et Mansour Eddahbi. Quant aux réserves d’Al Massira, d’Al Wahda et du barrage Idriss Ier, elles ont légèrement augmenté, à l’inverse de celles d’Ahmed El Hansali.

Le barrage d’Al Massira principale desserte en eau potable de plusieurs villes

Les réserves du barrage Bin El Ouidane (14,1%), d’une capacité de 1,2 MMm3, ont augmenté de 24,8 Mm3 pour s’établir à un peu plus de 172 Mm3. Alimenté par deux cours d’eau, oued Ahansal et oued El Abid, Bin El Ouidane a bénéficié du ruissellement des eaux de la fonte des neiges qui ont recouvert les cimes du Haut Atlas central, notamment dans les localités de Zaouiat Ahansal et Aït Bouguemez.

« Ce ruissellement est également appelé ‘temps de concentration’. C’est la durée nécessaire à la goutte de pluie ou au flocon de neige le plus éloigné pour qu’il atteigne un barrage. Dans le cas de celui de Bin El Ouidane, il est de quelques heures seulement », explique à Médias24 une source de l’Agence du bassin hydraulique d’Oum Errabia, dont relève également le barrage d’Al Massira.

Deuxième plus grand barrage du pays par la taille de son bassin de retenue (2,6 MMm3), Al Massira a vu ses réserves passer de 132,4 Mm3 (5%) à 156,8 Mm3 (5,9%) depuis le 20 février 2023. Une hausse peu significative, de l’ordre de 24,4 Mm3. En effet, « le barrage Al Massira est un grand barrage en termes de capacité de stockage ; il est donc plus difficile à remplir que d’autres », indique une source de l’ABH Oum Errabia.

« Pour que son taux de remplissage augmente significativement, il faut des apports importants. Or les dernières pluies n’ont généré qu’un faible apport de 3 à 4 Mm3 par jour. D’autre part, ses réserves subissent une forte pression, car il dessert en eau potable Marrakech, Safi, Casablanca, Settat et Berrechid. »

A la question de savoir si des lâchers d’eau sont prévus à partir du barrage Ahmed El Hansali vers celui d’Al Massira, notre interlocuteur précise que « pour l’instant, les ressources disponibles dans les barrages relevant de l’Agence du bassin hydraulique d’Oum Errabia sont strictement réservées à l’approvisionnement en eau potable. Il n’y aura donc pas de lâcher d’eau ».

Une mesure appuyée par la diminution du taux de remplissage du barrage Ahmed El Hansali. D’une capacité de stockage de 668,2 Mm3, ses réserves sont passées de 76,5 Mm3 (11,4%) à 63,6 Mm3 (9,5%), soit une diminution de l’ordre de 12,9 Mm3.

Légère augmentation des réserves d’Al Wahda et Idriss Ier

Outre le barrage Bin El Ouidane, plusieurs grandes retenues d’eau du Royaume ont profité des récentes conditions météorologiques favorables. A commencer par le barrage Idriss Ier. D’une capacité de stockage de 1,1 MMm3, l’édifice a vu ses réserves (27,4%) augmenter de 15,4 Mm3.

Le barrage Al Wahda, plus grande retenue d’eau artificielle du Royaume (3,5 MMm3), est lui aussi concerné par cette hausse. Entre le 20 février (2 MMm3) et le 8 mars (2,1 MMm3), ses réserves ont augmenté de 100 Mm3.

Édifié en 1974 pour mobiliser les eaux des bassins versants des oueds Bouregreg, Grou et Korifla, le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah possède une capacité de retenue de l’ordre de 974,8 Mm3. Son taux de remplissage est passé de 26,9% (262,7 Mm3) à 29,6% (288,9 Mm3). L’équivalent de 26,2 Mm3 supplémentaires.

Enfin, dans la région Drâa-Tafilalet, le barrage Mansour Eddahbi a également tiré profit des dernières précipitations. Les réserves de ce barrage (29,9%), d’une capacité de 445,3 Mm3, ont augmenté de 20,4 Mm3 pour s’établir à près de 290 Mm3.