Gigafactories chinoises au Maroc : Christophe Lecourtier répond à Jacques Attali
« Monsieur Attali, c’est un esprit libre qui aime bien pousser les raisonnements jusqu’à leur terme », répond Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, lors de son intervention, vendredi dernier, à la Fondation Links (1 h 40), en réponse à une question posée par un membre de l’assistance, ancien élève de l’ISCAE.
« Nous, nous sommes un peu plus dans la machine du quotidien. (…) Il est incontestable, évidemment, que le Maroc a toutes les raisons de vouloir en avoir sur son sol [les gigafactories], ce n’est pas à nous de juger cela », estime M. Lecourtier.
« Il est vrai que notre option principale, c’est que ces gigafactories puissent produire des batteries qui confortent l’écosystème existant, qui est majoritairement, non seulement, mais en totalité, le produit industriel européen et français, que ce soit Stellantis, ou Peugeot, Citroën, Renault », détaille le diplomate.
Pour lui, « là, il y a quelque chose de gagnant-gagnant pour le Maroc, pour la France (…) Pour ces produits-là, on n’a pas tellement de champions des batteries. Donc, c’est ça le cercle vertueux, mais on en discute exactement dans ces termes ».
« C’est ce sens-là que je donnais à l’idée d’une intégration plus forte (entre) technologies françaises et marocaines. (…) Donc, moi, je suis dans le verre résolument à moitié plein. Je pense qu’au Maroc, il est généralement, entre nous, plus qu’à moitié plein, c’est plutôt 80% plein », explique le diplomate.
« Ce n’est pas du tout une alerte, mais c’est une invitation à nos acteurs économiques, à vos autorités, à faire en sorte que tout ça s’inscrive dans un renforcement de ce qui existe, plus de compétitivité des voitures électriques, plutôt que de risquer d’introduire, finalement, quelque chose qui gâcherait (la fête, NDLR) », précise M. Lecourtier qui qualifie le modèle marocain en la matière de « très belle réussite ».
En mars dernier, l’UE avait instauré des droits compensateurs à deux productions chinoises installées au Maroc. Ce sont des droits destinés à contrecarrer des subventions supposément données par le Maroc à ces industriels chinois.