Comment le Maroc renforce son intégration industrielle de la mine aux batteries

D’ici 2030, le Maroc disposera d’une industrie de transformation à proximité des mines, en amont de la chaîne d’approvisionnement des batteries, renforçant ainsi l’intégration locale de cette filière. L’industrie des batteries connaîtra un essor majeur avec la mise en service prochaine, au Maroc, de la première gigafactory d’Afrique.

Une R&D active, le succès de l’industrie automobile, la position stratégique du royaume et un engagement politique fort sont autant d’éléments qui pourraient faire du pays un hub régional majeur dans les années à venir.

À cela s’ajoutent les risques liés aux métaux stratégiques, dont les prix pourraient augmenter ou dont l’approvisionnement pourrait être perturbé en raison de la concentration géographique des pays producteurs. En l’absence d’une chaîne d’approvisionnement locale et efficiente, une telle pénurie affecterait directement le développement de cette industrie, laquelle dépend non seulement de matières premières, mais également de matières premières de haute qualité pour garantir des produits performants.

Aujourd’hui, le Maroc dispose de plusieurs ressources minières, notamment des phosphates, du cobalt et du cuivre, ainsi que d’une production modeste avec des potentialités en cours de développement en nickel et manganèse. Citons également des projets de développement avancé des ressources de lithium et de graphite. À terme, le Maroc disposera localement de toutes les ressources nécessaires pour l’industrie des batteries.

Cependant, la seule présence de matières brutes n’est pas suffisante, car plusieurs métaux nécessitent un traitement industriel pour la fabrication des produits finis à des teneurs industrielles précises.

Par exemple, le Maroc, qui produit annuellement des quantités importantes de cuivre (environ 100.000 tonnes de concentré), ne peut pas faire profiter directement ses industriels de ses ressources, puisque la production des mines sous forme de concentré est inutilisable par les industriels et nécessite un raffinage à l’étranger. Ce dernier est également un élément décisif, puisqu’en 2024, la décision des fonderies chinoises de réduire leurs productions a amené les prix de cuivre au-dessus de 10.000 dollars/tonne.

Afin de rattraper ce retard, plusieurs projets d’unités industrielles sont en cours de développement, avec des projets qui seront opérationnels prochainement, portés principalement par les grands groupes miniers.

Le projet de loi 72.24 modifiant la loi 33.13 relative aux mines prévoit d’introduire une nouvelle autorisation de valorisation minière qui exempte d’avoir une licence minière pour être autorisé à construire de telles unités industrielles.

Projet d’une usine de fabrication de cathodes de cobalt (Managem)

Située dans le site industriel de Guemassa, une nouvelle usine de fabrication de cathodes de cobalt à destination des producteurs de voitures électriques est prévue pour entrer en production durant le troisième trimestre de 2025 et pour une homologation avant la fin de l’année en cours.

En partenariat avec Renault comme principal offtaker, cette usine s’approvisionnera à la mine de Bou Azzer pour une production annuelle de 3.500 tonnes de sulfate de cobalt de qualité batterie. L’homologation est la phase la plus décisive pour ce projet, car le sulfate de cobalt produit devra être extrêmement pur, une condition exigée par les fabricants de batteries et en particulier les fabricants de précurseurs, les matériaux intermédiaires de base utilisés pour fabriquer les composants actifs des batteries.

La production de la mine de Bou Azzer a chuté de 15 % en 2024, atteignant seulement 1.287 tonnes de cobalt, une conséquence directe de la forte dépréciation de ce métal sur les marchés mondiaux. Dans ce contexte, les projets de valorisation locale apparaissent comme une stratégie clé pour générer de la valeur indépendamment des fluctuations internationales.

Projet d’une première fonderie de cuivre en Afrique du Nord (Managem)

Avec la mine de Tizert qui devrait entrer en production cette année, l’ambition de Managem n’est pas seulement de doubler la production du cuivre au Maroc, mais également de traiter pour la première fois le concentré de cuivre pour produire de la cathode de cuivre et des fils de cuivre pour l’industrie électrique.

Avec un investissement compris entre 10 et 15 milliards de dirhams, une première fonderie sera construite par Managem pour augmenter la valeur ajoutée du cuivre produit par le groupe, notamment celui de Tizert. En plus de la cathode de cuivre, d’autres sous-produits sont également envisagés, notamment l’oxyde de fer destiné aux industries de la sidérurgie (teneur en fer > 60 %).

Les projets de Managem ne se limiteront pas au cuivre et au cobalt, puisque ce groupe minier compte également investir dans une usine de traitement de manganèse pour la production de sulfate de manganèse de qualité batterie. Le sulfate de manganèse de qualité batterie, à 32,21 % de Mn, est destiné au matériau actif de cathode précurseur (PCAM) de type NMC et aux carbonates et tétraoxydes pour les batteries LMFP. La construction de cette usine devrait débuter prévisionnellement durant le deuxième semestre de l’année en cours.

Projet d’une usine pour la fabrication du graphite sphérique purifié et enrobé à Tanger (Falcon Energy Materials)

La société Falcon Energy Materials est portée par la société canadienne SRG Mining et un investissement important de La Mancha Resources, présidée par Naguib Sawiris qui détient 19,9 % des parts.

Le projet de l’entreprise vise la construction d’une usine d’anodes à Tanger pour la fabrication de graphite purifié sphérique enrobé. Une usine pilote, opérationnelle dès le deuxième semestre, aura une capacité de production quotidienne d’environ 100 kilogrammes de graphite purifié sphérique enrobé.

L’usine principale devrait être opérationnelle à partir du premier trimestre de l’année 2027, avec une production commercialisable moyenne de 26.000 tonnes par an de graphite sphérique purifié et enrobé, et 18.000 tonnes par an de particules fines provenant de l’usine d’anodes (pour recyclage). Ce projet prévoit des revenus de 1,14 milliard de dollars, avec un retour sur investissement attendu après une seule année. Le graphite naturel sera approvisionné à partir d’une mine en Guinée détenue par Falcon et qui est en cours de construction, avec des ressources estimées d’environ 50 millions de tonnes de graphites à une teneur de 3.98%.

Au Maroc, le groupe Managem est en train de certifier les ressources de deux gisements potentiels de graphite. Les estimations situent ces ressources entre 30 et 50 millions de tonnes de graphite avec une teneur supérieure à 12 %. Cette certification précède une décision d’investissement dans une mine dont les produits seront également valorisés, dans le cadre d’un nouveau projet, pour produire du graphite concentré à 97 % et du graphite sphérique purifié non revêtu.

Projet OCP pour l’intégration de l’industrie de la batterie

De son côté, le groupe OCP ne devrait pas rester à l’écart de l’écosystème industriel des batteries. En premier, le projet Mera Batteries, porté par InnovX, ambitionne de contribuer à la production d’1 GWh de batteries LFP.

Composant clé des batteries lithium fer phosphate (LFP), il est logique que le Maroc valorise la disponibilité du phosphate de son sous-sol. La fabrication du matériau cathodique FePO₄ repose sur un procédé relativement simple : le mélange d’un sel de fer (comme le sulfate ferreux FeSO₄) avec une source de phosphate (tel que l’acide phosphorique H₃PO₄) en solution aqueuse.

En marge du développement du programme stratégique Mzinda Meskala, le groupe OCP projette la construction d’un complexe industriel Mzinda. Ce complexe sera intégré au Phosphate Hub Mzinda par des activités de valorisation en aval (downstream), permettant d’ajouter de la valeur aux dérivés de phosphate à mesure qu’ils progressent dans la chaîne d’approvisionnement, en se rapprochant davantage des clients finaux, les précurseurs.

À court terme, la disponibilité du lithium ne pose aucun problème majeur, malgré la récente volatilité des prix observée sur les marchés internationaux. Les réserves actuelles et les capacités de production permettent de répondre à la demande immédiate, bien que des tensions puissent survenir localement en fonction des dynamiques géopolitiques et des contraintes logistiques.

Cependant, à moyen et long termes, les projections sont beaucoup plus préoccupantes. Selon les estimations de l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), la demande mondiale devrait être multipliée par six d’ici 2030, voire par quarante d’ici 2040, en raison de l’essor de l’industrie des véhicules électriques.

Dans ce contexte, le Maroc a une opportunité stratégique à saisir. Plusieurs gisements et indices de lithium ont déjà été identifiés sur son territoire, notamment dans l’Anti-Atlas et à Bir El Mami. En exploitant ces potentialités, le Royaume pourrait bien positionner son industrie dans la production de batteries LFP, à court et à long termes.

Exploration minière : les nouvelles ambitions du Maroc dans les terres rares

Dans le monde d’aujourd’hui, les terres rares occupent une place économique et géopolitique importante. Ces métaux stratégiques, indispensables à la transition énergétique, aux industries de pointe, spatiales et de défense, sont au cœur des enjeux de souveraineté et de compétition internationale.

Un article récent publié dans le journal Daily Galaxy a examiné la distribution mondiale des ressources minières critiques, notamment des terres rares, en s’appuyant sur des données actualisées de l’USGS. En plus de la Chine et de l’Australie, qui disposent d’importantes réserves en terres rares, cet article révèle que l’Afrique et plus particulièrement le Maroc et l’Afrique du Sud abritent d’importants gisements de zinc, de lithium et de cobalt, ce qui en fait un acteur clé pour l’approvisionnement en matériaux destinés aux batteries et aux énergies vertes.

L’ONHYM a tenu le mercredi 26 mars 2025 son conseil d’administration. L’occasion de dresser le bilan des travaux effectués durant l’année dernière et qui se sont soldés par le forage de quatre puits d’exploration d’hydrocarbures et le lancement de plusieurs projets pour l’intensification de la recherche sur les minéraux stratégiques et critiques indispensables à la transition énergétique et numérique.

Durant l’année 2024, les travaux d’exploration minière menés par l’ONHYM et ses partenaires ont porté sur 44 projets couvrant une large gamme de substances stratégiques et critiques, répartis dans les zones les plus prometteuses du pays.

Parmi ces opérations, 22 projets ont été conduits directement par l’ONHYM, tandis que les 22 autres ont été réalisés dans le cadre de partenariats, incluant notamment des gisements de terres rares (REE) et de niobium (Nb) à Targhat, de lithium (Li) à Bir El Mami, de cuivre (Cu) sur les sites de Merija, d’Oulad Yaacoub, d’Alma et d’Amane Tazougart (contenant également de l’argent (Ag)), ainsi que des ressources en cobalt (Co) à Tizi N’Ouchene et en nickel (Ni)-cuivre (Cu) à Tassent-Anefgou.

Les projets d’exploration des terres rares en cours de développement

Le Maroc abrite plusieurs prospects (gisements potentiels) et indices de terres rares, dont les ressources se trouvant dans le mont Tropic qui ont été précédemment prouvées. Cependant, à ce jour, aucune exploitation de ces minerais critiques n’a été engagée dans le pays, en raison de la rareté de cette ressource et de la complexité de son exploitation. Cette situation exige d’importants investissements en R&D et le recours à des partenariats technologiques internationaux.

En dehors du mont Tropic, dont l’exploitation est conditionnée par un accord de délimitation de la zone économique exclusive avec l’Espagne, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) intensifie ses efforts d’exploration continentale. Depuis plusieurs années, l’ONHYM mène des campagnes d’exploration visant à évaluer, dérisquer et promouvoir plusieurs gisements potentiels de terres rares. Parmi les projets lancés en 2024, on peut citer :

Le Maroc, un potentiel sous-estimé en terres rares

Le Maroc présente une diversité géologique propice à la formation de gisements de terres rares, principalement associés à des roches alcalines et des complexes carbonatitiques. Les terres rares identifiées au Maroc se trouvent dans divers types de roches, associées à d’autres minéralisations. À ce jour, les travaux d’exploration ont révélé trois principaux types de gisements :

Selon les données de l’ONHYM, les avancées réalisées sur plusieurs projets d’exploration ont permis d’établir une estimation préliminaire des ressources :

Le gisement de Lahjeyra montre des ressources estimées à 372 millions de tonnes avec une teneur moyenne de 0,62% en terres rares légères. Ce site présente également des concentrations intéressantes en niobium et thorium.

Non loin, le projet Lamlaga affiche des ressources encore plus importantes, atteignant 618 millions de tonnes à 0,64% d’oxydes de terres rares, avec certaines zones dépassant 0,95%.

Le gisement de Twihinate se distingue par ses 584 millions de tonnes de ressources et ses teneurs particulièrement élevées, pouvant atteindre 1,47% d’oxydes de terres rares dans les zones les plus riches.

D’autres occurrences notables complètent ce panorama minier, dont le site d’Awark qui présente des teneurs allant jusqu’à 4,6% de terres rares sur certaines sections. Plus au nord, dans le Haut Atlas, le gisement de Tamazirt offre des ressources plus modestes mais avec des concentrations intéressantes en thorium et niobium.

Enfin, le projet Targhat, encore en phase d’exploration, suscite un intérêt particulier avec des échantillons atteignant des teneurs record de 6,4% en terres rares, positionnant le Maroc parmi les zones les plus prometteuses au niveau mondial pour ces métaux stratégiques.

La réforme du code minier, un atout important pour la souveraineté et l’émergence de l’industrie nationale

L’installation récente de nombreux industriels chinois spécialisés dans la fabrication de batteries électriques et de leurs composants témoigne de l’attractivité croissante du Maroc dans ce secteur stratégique. Cette dynamique devrait culminer avec la prochaine mise en œuvre de la première gigafactory du continent africain, profitant de la position géostratégique du pays.

Pérenniser cette avancée nécessite de sécuriser toute la chaîne de valeur : sécurisation de l’approvisionnement en matières premières, transformation des métaux critiques et recyclage des batteries. Une équation complexe, mais indispensable pour une industrie durable.

Ce défi industriel, bien qu’ambitieux, repose sur la concentration des efforts de tous les acteurs : pouvoirs publics, industriels, centres de recherche et investisseurs. Une telle synergie pourrait permettre au Maroc de développer un savoir-faire reconnu internationalement et de s’imposer comme un acteur clé dans l’écosystème mondial des batteries électriques.

La prochaine réforme du code minier marocain introduira plusieurs nouveautés structurantes, dont la création d’un cadastre minier pour accorder plus de transparence et de gouvernance au secteur, l’établissement d’une commission nationale des minéraux stratégiques et critiques sous tutelle ministérielle et la définition d’une liste officielle de minéraux stratégiques arrêtée par l’administration. D’une importance stratégique, cette liste, une fois finalisée, permettra de prioriser l’approvisionnement de l’industrie nationale en minéraux critiques, couvrant tout ou partie de leurs besoins, et ainsi de renforcer la souveraineté industrielle du Royaume.

Falcon Energy Materials lève 6 millions de dollars canadiens pour son projet maroco-guinéen de graphite

Dans un communiqué daté du 17 mars 2025, la compagnie Falcon Energy Materials a annoncé une levée de fonds de 6 millions de dollars canadiens pour accélérer son projet de production de graphite, qui comprend la construction d’une mine en Guinée et d’une usine d’anodes à Tanger.

Design de l’usine de Tanger inspiré de l’usine de Hensen en Chine. Les six composantes de l’usine sont : (1) usine de sphéroïdisation, (2) usine de purification, (3) usine de revêtement, (4) usine de finition, (5) stockage d’acide, (6) station de traitement des eaux.

Prévue pour être finalisée avant le 24 mars prochain, Falcon Energy Materials prévoit une émission privée de 10.000.000 d’unités au prix de 0,60 dollar canadien par unité. Chaque unité comprend :
1. Une action ordinaire de la société.
2. Un bon de souscription non transférable qui permet à son détenteur d’acheter une action supplémentaire au prix de 0,75 dollar canadien par action, et ce, pendant une période de 36 mois à partir de la date de clôture de l’émission.

« Nous sommes très heureux d’accueillir plusieurs nouveaux actionnaires de renom, disposant de solides relations d’affaires en Europe, de l’autre côté de l’Atlantique et à travers le monde. Avec les catalyseurs prévus pour Falcon, leur soutien nous place dans une excellente position pour faire progresser le développement de nos projets au Maroc et en Guinée », a déclaré Matthieu Bos, directeur général de Falcon.

Pour rappel, la société canadienne SRG Mining est à l’origine du projet de graphite, avec Benoit LaSalle, également directeur de AYA Gold & Silver, à la présidence du conseil d’administration de Falcon. Le projet bénéficie également du soutien de La Mancha Resources, présidée par Naguib Sawiris qui détient 19,9 % des parts et a promis un investissement allant jusqu’à 50 millions de dollars canadiens pour financer les initiatives de Falcon.

Au Maroc, une étude de faisabilité pour la construction de l’usine d’anodes à Tanger est prévue au cours de cette année avec une production cible de 25.000 tonnes par an de matériaux d’anodes avancées à partir du premier trimestre de l’année 2027. Elle constituera la base pour l’établissement d’une étude d’impact pour compléter le processus d’autorisation au Maroc.

La valeur actuelle nette (NPV) du projet, calculée avec un taux d’actualisation de 8 %, est estimée à 1,1 milliard de dollars. Le projet nécessite un investissement total de 106 millions de dollars au Maroc et 185 millions de dollars en Guinée. Le retour sur investissement est prévu après un an, avec des coûts opérationnels de 3.193 dollars par tonne et un prix de vente de 9.000 dollars par tonne de graphite sphérique purifié et enrobé.

À terme, une production commercialisable moyenne de 26.000 tonnes par an de graphite sphérique purifié et enrobé, 18.000 tonnes par an de particules fines provenant de l’usine d’anodes (pour recyclage), ainsi que 42.000 tonnes par an de flocons grossiers de graphite extraits de la mine guinéenne.

Hydrogène, batteries et véhicules électriques : le Maroc pose les jalons de sa mobilité verte

La 1re édition du Green Impact Expo & Summit (GIES 2025) s’est ouverte le mardi 11 février à Casablanca, réunissant acteurs publics et privés autour de solutions innovantes pour une mobilité durable. Lors de cet événement, le ministre de l’Industrie et du commerce a mis en avant la stratégie marocaine dans ce secteur, soulignant les opportunités économiques et les avancées industrielles du pays.

Selon Ryad Mezzour, le Maroc voit dans la mobilité durable une véritable opportunité économique. « C’est une opportunité où l’on est bons, on a des atouts, on a des choses à vendre ». Le pays bénéficie en effet d’une industrie automobile compétitive qui doit impérativement s’adapter aux exigences du marché international, notamment avec la transition vers le tout-électrique prévue en Europe à partir de 2035.

Le ministre a insisté sur la nécessité pour le Maroc d’intégrer la chaîne de valeur des batteries électriques afin de préserver les 250.000 à 260.000 emplois du secteur, et de maintenir sa position de premier exportateur national, avec un chiffre d’affaires de 150 MMDH.

« Si l’on ne bascule pas, si on n’intègre pas cette chaîne de valeur, on risque de perdre notre premier secteur exportateur », a-t-il averti.

Premiers succès dans la production de batteries

Ryad Mezzour a également annoncé une avancée significative : « Depuis trois semaines, le premier élément de la batterie électrique – la pré-cathode – a été produit au Maroc ». Ce développement marque une étape clé vers l’intégration complète de la production des batteries sur le territoire national.

Le Maroc ambitionne de devenir l’un des rares pays au monde à produire l’ensemble des composants d’une batterie électrique – cathode, anode, séparateur, électrolyte, cellule, module – ainsi que les véhicules électriques. « Ce ne sera pas pour dans dix ans ou vingt ans, c’est pour l’année prochaine, et cela a déjà commencé », a affirmé le ministre.

Le Maroc vise une transformation majeure de son industrie d’ici 2030-2032, avec une projection de triplement des exportations. « Si nous réussissons ce pari, nos exportations seront multipliées par trois, notre valeur ajoutée également, et nos emplois devront au moins doubler », a-il précisé.

Avec cette dynamique, le Maroc pourrait devenir le seul pays de la région euro-africaine capable de produire un véhicule électrique « de la mine à la voiture », exploitant ses ressources naturelles comme le phosphate et le cobalt pour alimenter son industrie automobile.

Ryad Mezzour a exhorté les chefs d’entreprises à s’engager dans cette transformation. « Ce que nous faisons est enthousiasmant et transformatif, mais nous avons besoin de vous ».

Avec cette vision, le Maroc entend consolider son rôle dans l’industrie mondiale de la mobilité durable et renforcer son attractivité pour les investisseurs internationaux.

 

L’intervention du président de la CGEM a également marqué cet événement. Il a souligné l’importance des initiatives visant à sensibiliser les acteurs économiques aux enjeux et aux opportunités de la mobilité durable. Selon lui, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc est devenu l’un des pays les plus avancés en matière de neutralité carbone. Il a rappelé que le pays figure régulièrement dans le top 10 mondial des indices de performance climatique et s’est doté d’une stratégie nationale bas carbone ambitieuse à l’horizon 2050.

Chakib Alj a mis en avant les investissements massifs du Maroc dans l’éolien et le solaire, permettant d’atteindre une part de 44% d’énergies renouvelables dans la capacité installée, avec un objectif de 52% bien avant 2030. Ces efforts ont conduit à une réduction d’environ 4,5 millions de tonnes de CO2 en 2022, soit l’équivalent des émissions annuelles de 1,5 million de voitures thermiques.

Il a également insisté sur la nécessité d’une transition vers une mobilité propre, rappelant que le transport représente 20% des émissions de gaz à effet de serre au Maroc. Il a salué le succès des tramways de Casablanca et de Rabat-Salé et évoqué les projets en cours, notamment le remplacement de 30% des véhicules de l’administration par des modèles électriques d’ici 2030 et l’expansion de la flotte de bus électriques.

Par ailleurs, le patron des patrons a souligné l’importance des incitations fiscales et du déploiement de bornes de recharge pour favoriser l’adoption des voitures électriques. Il a également soulevé le problème de la congestion du trafic, et l’importance de la digitalisation et des nouvelles technologies,comme l’intelligence artificielle appliquée à la gestion du trafic, pouvant réduire la congestion de 30%.

En matière de transport ferroviaire, Chakib Alj a salué la réussite de la ligne à grande vitesse Al Boraq et évoqué les projets d’extension vers Marrakech et Agadir, ainsi que le développement du réseau express régional entre Kénitra et le Grand Casablanca. Il a insisté sur le fait que ces infrastructures seront déterminantes pour la Coupe du monde 2030, qui générera des flux de déplacement exceptionnels.

Il a enfin mis en avant les opportunités économiques liées à la mobilité durable, notamment la position du Maroc parmi les six premiers pays promoteurs de l’hydrogène vert. Selon lui, le développement de l’hydrogène et des batteries pourrait transformer l’économie marocaine, renforcer ses exportations et accélérer la convertibilité du dirham. Il a conclu en appelant à une mobilisation collective pour faire du Maroc un leader mondial de la mobilité durable.

Écosystème de batteries de véhicules électriques : la structuration de la chaîne de valeur fait défaut

Les organisateurs du Forum international de la chimie, qui se déroule les 17 et 18 mai à Rabat, ont programmé plusieurs panels, dont un relatif à un sujet capital pour l’économie nationale : la construction d’un écosystème idoine, dédié aux batteries à haute performance au Maroc.

Alors que le Royaume joue pleinement sa partition sur l’échiquier mondial de l’industrie automobile, il compte également faire sa place dans la filière d’avenir de la production de véhicules électriques, et celle des voitures à hydrogène vert. La programmation du panel précité, lors du forum international, est d’autant plus pertinente que la batterie représente, à elle seule, entre 30% et 40% du coût des véhicules électriques.

Un chantier prioritaire mais exigeant

Intissar Benzakour, directrice scientifique du groupe Managem, est formelle : la construction de l’écosystème de production de batteries à haute performance passe par la structuration de l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’approvisionnement en matières premières jusqu’au recyclage.

La responsable au sein de l’entreprise cotée, qui a alerté sur les barrières technologiques élevées dans le domaine de la production de batteries, a mentionné la centralité de la recherche et développement pour les différents niveaux de la chaîne de valeur écosystémique. « L’édification de l’écosystème de batteries à haute performance nécessitera des efforts considérables en termes d’innovation, de recherche et développement et d’investissement », a expliqué la lauréate de l’Ecole nationale de l’industrie minérale de Rabat.

A ce niveau, il importe de préciser que le dernier rapport de l’AIEA a révélé que pour que 100% des véhicules dans le monde puissent rouler à l’électricité ou à l’hydrogène, il faudrait que la capacité actuelle de fabrication des batteries soit multipliée par 88. C’est dire si la marge de croissance et de progression de cette filière, dominée par la Chine, est considérable. Le géant asiatique assure 65% de la production mondiale de batteries en lithium, utilisatrices de cobalt et dont le Royaume est un producteur de référence, en plus de détenir d’autres matières premières utiles pour la production de batteries (phosphates, fluore, graphite, etc.). De l’avis des spécialistes, le cobalt marocain est le plus pur au monde. D’ailleurs, BMW et Renault ont signé des accords avec Managem afin d’assurer leur approvisionnement en la matière.

« Avec les réserves connues de lithium, il est possible de construire plus de 2 milliards de véhicules électriques de plus. En revanche, le même niveau d’abondance de réserves des autres métaux entrant dans la fabrication des batteries est moins certain », a indiqué Rachid Yazami, expert réputé mondialement dans le domaine des batteries en lithium, et président du Conseil scientifique de l’Université privée de Fès (UPF).

Pour des raisons d’efficacité, de cohérence et de mutualisation des ressources, Rachid Yazami et Intissar Benzakour estiment que l’Etat a un rôle fédérateur crucial à jouer – en fixant le cap et les objectifs – dans l’émergence de l’écosystème susmentionné. L’inventeur marocain a lancé un appel urgent. « Il faut y aller maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, le Maroc dispose d’une technologie permettant de recharger les batteries en moins de dix minutes. Notre pays a la capacité d’exporter des véhicules électriques, accompagnés de leur système de recharge », a alerté le scientifique.

Une taille critique avérée

« Le Maroc produit autour de 700.000 véhicules par an, avec une part de 90% dédiée à l’export, notamment le marché européen d’où seront bannies, dès 2035, les voitures à moteur thermique. Donc le sujet de la batterie est un enjeu de taille pour le Maroc. Et ce, eu égard au chiffre d’affaires généré par les exportations de véhicules (plus de 10 MM d’euros en 2022 et 12 MM d’euros projetés en 2023) », a assuré Mohamed Bachiri, président de la Commission Innovation et développement industriel de la CGEM et directeur de Renault Maroc.

Le membre influent du patronat marocain recommande de lancer progressivement l’écosystème de la batterie, tout en suggérant un inventaire national des ressources minières dites « critiques », plus particulièrement celles entrant dans la production de batteries dédiées aux voitures propres. Selon le patron de Renault Maroc, cette mesure permettrait à l’industrie de la chimie (située en amont de la production de batteries) de se positionner sur ces matières premières.

« En 2030, entre 4 et 5 millions de véhicules électriques seront vendus en Europe ; ce qui suppose un essor conséquent de l’écosystème de la batterie, en l’occurrence la production d’énergie verte, les bornes de recharge, les panneaux solaires, etc. », a souligné l’industriel.

Bachiri a évoqué plusieurs leviers de nature à faciliter la construction de l’écosystème de la batterie haute performance au Maroc. Il s’agit, entre autres, du développement du savoir-faire local via des alliances avec des partenaires étrangers, de la souveraineté au niveau des matières premières, de l’essor des énergies renouvelables, du développement des capacités de stockage d’énergies vertes et de recyclage des matières premières dangereuses (cobalt). En guise de conclusion, l’ancien directeur général de la Somaca a indiqué que le Maroc avait la taille critique pour disposer d’une gigafactory spécialisée dans la production – en très gros volume – de batteries pour voitures électriques et autres dispositifs.

Rachid Yazami : voici les conditions de réussite du projet de production de batteries au lithium au Maroc

L’annonce de la création d’une gigafactory de production de batteries au lithium a été faite par le ministre de l’Industrie, Ryad Mezzour, en marge de l’US-Africa Business Summit, tenu à Marrakech du 19 au 22 juillet.

Selon le ministre, le deal sera conclu avant la fin de l’année et portera sur une usine d’une capacité de 16 GW, de quoi équiper 300.000 voitures. A part ces données, rien ne filtre sur ce projet, notamment l’identité du partenaire industriel qui va le porter. Encore moins sur les marchés ciblés qui, selon l’expert Rachid Yazami, sont très nombreux et ne se limitent pas au secteur automobile.

Dans cette interview, Rachid Yazami, qui porte lui-même un projet d’usine de fabrication de batteries, nous livre ses premières impressions sur cette annonce. Il évoque les préalables à la réussite d’un tel projet et au développement d’une véritable industrie de batteries au lithium au Maroc.

Médias24 : Dans une déclaration à nos confrères de SNRT News, vous avez estimé que le ministre de l’Industrie s’était précipité dans l’annonce du projet de gigafactory pour la production de batteries au lithium, puisque rien n’est acté pour l’instant…

Rachid Yazami : Oui, mais c’est un détail. Ce n’est pas très grave. Moi, je n’aurais pas fait la même chose. Mais chacun fait comme il veut. Le ministère a préféré faire une annonce. Il a le droit de faire ça…

– Votre projet d’usine de batteries au lithium au Maroc est-il toujours d’actualité ?

– Oui, je l’ai toujours, bien sûr.

– S’agit-il également d’une gigafactory pour fournir des batteries aux producteurs de voitures électriques ?

– Il y a une correction à faire à ce sujet. Ce que je vois, c’est que le marché marocain pour les batteries au lithium ne se limite pas aux voitures électriques. Il y a ce qu’on appelle le stockage de l’énergie, puisqu’on peut stocker de l’énergie solaire et éolienne dans des batteries au lithium. Le soleil n’est là que le jour, donc on peut stocker l’énergie produite le jour pour l’utiliser la nuit. Idem pour l’éolien : quand il y a du vent, on stocke pour les périodes où il n’y en a pas.

– La technologie est-elle suffisamment avancée pour permettre le stockage de l’énergie ?

– Non seulement elle est déjà avancée, mais elle est déjà appliquée. Peut-être même qu’au Maroc, il y a déjà des systèmes de mini-stockage. Mais ça reste embryonnaire. Là, on parle de plusieurs gigawhatheures (GWh) par an. Le ministre a parlé de 16 GWh…

– Que représentent 16 GWh ?

– Déjà, il faut savoir que 16 GWh correspondent à une production annuelle, l’addition de l’énergie des batteries produites tout au long de l’année. 16 GWh, c’est un peu plus que la moitié de ce que fait Tesla aujourd’hui. Mais pour mettre cela en perspective par rapport à ce que le monde projette en termes de production, en 2030 on atteindra 1.600 GWh. La production de 16 GWh, il faut la placer dans ce contexte. Le Maroc ne fera que 1% de la production mondiale si l’on s’en tient à ce projet. C’est un début bien sûr. Et c’est toujours mieux que rien. La seule chose, c’est que le début de cette industrie nouvelle au Maroc doit se faire dans les règles de l’art.

– Quelles sont justement les conditions de réussite de ce type de projet ?

– En général, les batteries au lithium sont sûres. Mais si on ne contrôle pas la qualité dès le départ, leur sécurité est moins assurée. Si le Maroc privilégie l’utilisation de ces batteries dans des voitures électriques, il faut faire très attention à la qualité, à la sécurité. Une voiture électrique a besoin d’une batterie de 30 à 50 kWh. Les Tesla montent à 75, voire à 100 kWh. Si cette énergie, qui est très importante, est dégagée en quelque secondes, c’est le feu, des explosions…

– La sécurité est d’après vous un point stratégique ?

– Pas stratégique, mais nécessaire.

– Et cela dépend de la qualité du constructeur qui va mener ce projet ?

– En effet. Il faut que le constructeur aie un track record crédible. Et indépendamment de la nature du partenaire, il faut que le Maroc ait un centre de qualification des batteries pour réaliser des tests sur la sécurité et sur les durées de vie, afin de s’assurer que les batteries fabriquées au Maroc ou importées soient conformes aux normes internationales.

– Si on conçoit une usine de batteries, il ne faudrait pas, selon vos dires, qu’elle se destine uniquement aux voitures électriques… Quels sont les autres usages possibles ?

– Dans le stockage de l’énergie, il y a plein d’applications. A Singapour par exemple, beaucoup de bâtiments produisent leur propre énergie et la stockent. Ils ne paient plus de facture d’électricité et peuvent même vendre l’excédent produit. Pour l’instant, au Maroc, l’ONEE n’a pas encore développé les systèmes qui permettent aux gens de revendre leur excédent de production.

– Le ministre de l’Industrie a évoqué un atout que détient le Maroc : la présence sur son sol de cobalt et de phosphates, des matières premières nécessaires à la production de batteries. Mais ces matières doivent être transformées au préalable. Selon vous, a-t-on le savoir-faire ou l’industrie de transformation pour accompagner l’émergence de l’industrie des batteries ?

– Idéalement, quand on négocie un contrat avec un fabricant de batteries, il faut qu’en même temps, on amène le savoir-faire pour transformer les phosphates et le cobalt en produits utilisables dans les batteries. Pour l’instant, ça n’existe pas. On n’a pas d’usines au Maroc qui fabriquent le NMC (nickel, manganèse, cobalt) ni le LFP (lithium, fer, phosphates). En plus, on n’a pas de lithium au Maroc…

– Et le lithium est essentiellement produit en Chine…

– Oui, la Chine est un des grands producteurs mondiaux de lithium. Mais ce sont surtout des pays d’Amérique latine, comme le Chili, la Bolivie et l’Argentine, qui disposent de cette matière. L’Australie aussi en possède.

– D’après ce que vous décrivez, cette usine annoncée devra disposer, avant même son installation, d’une industrie chimique de transformation des matières premières…

– Oui, c’est indispensable. Et transformer les minerais en produits utiles pour les batteries demande beaucoup de temps. Si vous êtes boulanger, vous produisez du pain. Mais si vous n’avez pas la farine, la levure, le sel, vous ne pouvez pas produire ce pain. Ce qu’on a actuellement au Maroc, ce n’est même pas la farine, mais l’épi de blé, la graine…

– Dispose-t-on du savoir-faire pour développer ces industries de transformation de la matière première ?

– L’expérience que j’ai au Maroc m’a montré que nos ingénieurs et nos techniciens peuvent être formés très rapidement et parvenir à un niveau de savoir-faire très élevé. Je n’ai pas d’inquiétude par rapport aux ressources humaines. On peut former les gens. D’ailleurs, le partenaire industriel qui va monter l’usine au Maroc doit aussi former des ingénieurs et des techniciens marocains.

– Cette usine peut-elle être compétitive face à la Chine, qui est leader de la production de batteries, surtout si on s’oriente vers l’export ?

– A mon avis, le marché marocain est déjà très grand pour absorber les 16 GWh en seulement un mois. Il faut multiplier par cinq ou par dix la capacité de production pour satisfaire déjà le marché marocain.

– Quand vous parlez du marché marocain, faites-vous référence aux producteurs automobiles ou au consommateur final, du fait du potentiel de vente de voitures électriques sur le marché domestique ?

– C’est un tout. Tous les fabricants de voitures actuellement s’orientent vers la voiture électrique. A partir de 2030-2035, il n’y aura plus de voitures thermiques produites en Europe, aux Etats-Unis ni dans certains pays asiatiques. Dans dix ans, il n’y aura plus donc de voitures thermiques. Si vous possédez une voiture thermique, vous pouvez bien sûr la garder jusqu’en 2035 et même au-delà, il n’y a pas de problème. Mais la nouvelle production sera entièrement électrique. La demande sur les batteries lithium sera énorme.

– Pourra-t-on assurer une compétitivité à l’export ?

– Si on parle d’export, le Maroc a quand même des accords de libre-échange avec l’Union européenne, les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Il faut penser à l’Afrique aussi, c’est un gros marché. Le Maroc a donc un grand atout compétitif, sachant que les Chinois paient des taxes douanières quand ils exportent vers l’Europe. Maintenant, pour que le Maroc puisse exporter, il faut que la batterie marocaine gagne la réputation de l’orange marocaine dans le monde. Il faudrait qu’elle soit de très bonne qualité, ou d’une qualité au moins égale à ce qui se fait en Europe et en Asie.

– Parlons du projet que vous portez. Est-il similaire à celui annoncé par le ministre de l’Industrie ?

– Ce projet, je ne le connais pas encore. C’est une annonce. On ne sait pas qui est le partenaire, s’il est asiatique ou européen. Nous, on travaille avec des partenaires reconnus mondialement par rapport à leur histoire dans la production de batteries au lithium.

Si on va en Chine, actuellement, il y a au moins un millier d’usines qui fabriquent des batteries au lithium. Et les meilleurs sont déjà occupés, ils ne peuvent pas travailler avec le Maroc. Ils sont déjà pris dans des projets en Europe et aux Etats-Unis. Car ce qu’ils veulent, c’est fabriquer là où il y a le marché. Et pour eux, le marché actuel, c’est l’Europe. L’Europe va d’ailleurs passer d’ici 2025 de 3% à 20% du marché mondial de batteries au lithium. C’est énorme. Au moment où nous discutons là, il y a au moins 25 gigafactory qui sont en production en Europe. Et comme les Européens sont pratiquement au même niveau que le Maroc dans ce secteur, ces usines sont fabriquées essentiellement par les Asiatiques.

– Le Maroc pourrait justement être une base de production intéressante pour les Européens afin de produire moins cher…

– Si on est compétitifs par rapport aux Chinois, c’est clair que le Maroc sera attractif.

– Et votre projet, quel marché cible-t-il ?

– La première chose qu’on va faire, c’est une étude de marché. Personnellement, je vois un grand marché au niveau des unités de production d’énergie renouvelables. Masen (l’Agence marocaine pour l’énergie durable, ndlr) a grand besoin de stockage. Le bâtiment, qui est un secteur extrêmement important au Maroc, a également besoin de stocker de l’énergie. Idem pour les stations de dessalement d’eau de mer. L’agriculture aussi a besoin d’énergie. Ce sont des secteurs très porteurs au niveau du marché des batteries au lithium au Maroc. Il ne faut pas se limiter aux voitures électriques.