BNP Paribas opère une fusion-absorption de sa filiale BDSI par la BMCI, les employés s’inquiètent

Une opération de restructuration des filiales de BNP Paribas au Maroc provoque une protestation de la part de salariés. L’opération consiste en la fusion-absorption de la filiale IT du groupe BNP, BDSI, par son autre filiale BMCI.

Filiale du groupe BNP Paribas créée en 2004, BDSI assure la gestion et l’évolution du système d’information des banques du groupe en Afrique et Outre-Mer. Elle se présente comme un « Hub IT disposant d’une offre élargie répondant aux besoins de nos banques au Maroc, Algérie, Sénégal, Côte d’Ivoire et en Outre-Mer ».

Elle assure la gestion applicative, la gestion de l’infrastructure serveur et du Réseau & Télécom, la gestion du parc informatique, en plus des activités régaliennes garantissant le maintien en condition opérationnelle du SI, tout en améliorant la maîtrise et le contrôle des risques IT.

Cette filiale qui était rattachée à la DSI Région Afrique, l’entité organisationnelle IT du Groupe BNP Paribas, sera, à en croire les employés BDSI, absorbée par BMCI, la banque marocaine de BNP Paribas.

La rédaction de Médias24 a été contacté, le 4 septembre, par le Bureau syndical BDSI, constitué pour défendre les intérêts des salariés. 

Dans un échange avec Médias24, un représentant des salariés nous explique que BDSI compte 170 salariés et « gère les systèmes d’information de la plupart des banques francophones du groupe BNP Paribas en Afrique, y compris la BMCI ».

Cependant, avec le retrait progressif de BNP Paribas du continent africain, la charge de travail de la filiale a progressivement diminué. « Nous ne gérons aujourd’hui que les systèmes d’information du groupe au Maroc, en Algérie, en France d’outre-mer, et pour la BMCI », précise-t-il.

Selon le représentant des salariés, « face à cette baisse d’activité, BNP Paribas a opté pour une fusion de BDSI avec la BMCI ». 

S’ils ne sont pas contre l’opération en elle-même, les salariés déclarent s’inquièter des modalités de son exécution. Ils constituent un bureau syndical, composé de 26 membres, affilié à la CDT afin de peser sur les négociations. Notre source, membre du bureau syndical, nous explique qu’une « pétition a été signée par une centaine de collaborateurs de BDSI où ils expriment leurs préoccupations, exacerbées par le rejet des propositions syndicales par la BMCI« .

Plusieurs points les inquiètent. D’abord le transfert des contrats de salariés de BDSI à BMCI. Pour le syndicat, « les 170 salariés de BDSI deviendront officiellement des collaborateurs de BMCI, une mesure que le syndicat estime irréfléchie car la BMCI n’a pas besoin de ce nombre de personnes pour gérer son système d’information, certains postes seront même en double », souligne-t-il.

Le syndicat réclame une transition « équitable ». « La transition doit se faire en bonne et due forme, de sorte à préserver les droits des salariés de BDSI », insiste-t-il. Pour le moment, la forme actuelle de cette fusion est jugée « pénalisante » par les salariés de BDSI, que ce soit en termes de « salaire annuel, d’avantages ou de primes ».

Médias24 a contacté le service communication de BNP Paribas et lui a posé plusieurs questions. « Nous n’avons pas de commentaire« , répond le groupe français.

Le bureau syndical espère que ses revendications seront entendues pour éviter une issue conflictuelle susceptible d’impacter les activités du groupe gérées actuellement par la BDSI.