Cannabis médicinal : la Beldya marocaine exportée vers la Suisse, l’Afrique du Sud et l’Australie

Au-delà de la culture du cannabis légal au Maroc, une dynamique nouvelle est en marche. Celle de l’exportation de la variété Beldya, exclusivement à usage médicinal.

Ce processus est encadré par l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC). Mais, au lieu d’une approche par pays, c’est sur l’industrie pharmaceutique que le Maroc a concentré ses efforts.

La variété Beldya, cultivée au Maroc, a été exportée vers des laboratoires pharmaceutiques implantés en Suisse, en Afrique du Sud et en Australie, qui disposent souvent de filiales dans d’autres pays. Cela permet à une cargaison livrée en Suisse, par exemple, d’alimenter ensuite les marchés allemand, portugais ou autres.

Plusieurs expéditions de la Beldya déjà réalisées

« Ce n’est pas une logique géographique, mais plutôt industrielle« , nous explique-t-on. Cette avancée est le fruit d’un travail considérable pour faire connaître le produit marocain dans le monde entier, ainsi que sa qualité et la rigueur qui entoure sa production.

Pour stimuler la demande, l’ANRAC mène une stratégie active de promotion. Des rencontres de prise de contact avec de potentiels clients sont régulièrement organisées par l’Agence au profit d’opérateurs marocains dans plusieurs pays étrangers.

Selon nos informations, après Berlin, la prochaine rencontre est prévue à Zurich. « L’objectif étant de mettre en relation les opérateurs marocains encadrés avec des industriels étrangers intéressés par l’importation de la variété locale », à des fins médicinales, nous expliquent nos sources.

À ce jour, les résultats commencent à se faire sentir. Plusieurs expéditions ont été réalisées. Des industriels du secteur pharmaceutique installés en Suisse et en Afrique du Sud ont déjà importé des quantités significatives de la Beldya.

La dernière opération d’exportation a été réalisée vers l’Australie. Il s’agit d’une première opération qui a porté sur des échantillons destinés notamment à des analyses comparatives entre les normes marocaines et australiennes. Une commande plus importante est déjà prévue.

Des conditions d’exportation strictes

Il faut noter que l’exportation de la variété Beldya du cannabis légal marocain ne peut s’effectuer que dans un cadre médical. Les conditions sont strictes. Il s’agit de plantes dont le taux de THC est supérieur à 1%, que seule une industrie pharmaceutique peut commander.

Celle-ci doit impérativement présenter un certificat d’importation délivré par les autorités compétentes de son pays, attestant de l’usage médical du produit et de sa conformité réglementaire.

Une fois le dossier transmis à l’ANRAC, ce dernier le soumet au ministère de la Santé et de la Protection sociale. Après la validation par ce dernier, une autorisation d’exportation est accordée à l’opérateur concerné.

Les commandes sont donc strictement encadrées. Elles ne sont renouvelées que sur la base de nouvelles autorisations des deux côtés. « Chaque cargaison est liée à une demande formelle du pays importateur, via une industrie pharmaceutique dûment certifiée », précisent nos sources.

Côté marocain, l’encadrement des coopératives et des opérateurs nationaux figure parmi les priorités de l’ANRAC. Ces derniers sont accompagnés sur la qualité de leur production, sa commercialisation, ainsi que sur le respect des normes en vigueur. « L’objectif est qu’ils puissent retourner sur ces marchés à nouveau, après de premières commandes », concluent nos sources.

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Cannabis légal : le compte est bon pour les semis de la Beldya

« Au dimanche 8 juin, plus de 4.000 hectares ont été plantés en ce qui concerne la Beldya », nous confie-t-on.

« Pour les variétés importées, les importations se poursuivent toujours, pour un démarrage des semis prévu en juin », ajoutent nos sources.

« Les semences importées sont stockées au niveau des pépinières, pour être plantées par la suite ».

Rappelons que pour la Beldya, les préparatifs de cette troisième campagne avaient démarré en début d’année. Les semis, initialement prévus début mars, ont accusé un léger retard, en raison des conditions climatiques, notamment des précipitations qu’a connues le Royaume en début d’année.

Les opérateurs s’attendent toutefois à une bonne campagne, meilleure que celle de l’an passé.

Quant aux semis pour les variétés importées, plus de 30% des importateurs ayant manifesté leur intérêt avaient déjà déposé leur demande auprès de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) en avril dernier.

La récolte de la Beldya et du cannabis légal finalisée

« Nous sommes en train de préparer la réception de la marchandise de la part des agriculteurs et des coopératives », indiquent nos sources qui précisent que « cette opération n’a pas encore pris fin ».

Si nos sources ne peuvent pas faire d’estimation pour l’instant, elles assurent toutefois que cette opération a été précédée d’autres étapes de contrôle et de vérification de la conformité des dispositions réglementaires. En effet, avant de procéder à la récolte, l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) s’assure d’abord de la traçabilité du produit et des semences importées.

Certains opérateurs ayant cultivé cette année le cannabis local vont, pour leur part, bientôt démarrer l’exportation de la Beldya médicinale vers des pays européens et l’Australie, nous apprend-on. Ces opérations sont actuellement en phase de validation des circuits logistiques.

La récolte de la Beldya réglementée, une étape historique pour le Maroc

S’il s’agit de la deuxième campagne pour le cannabis légal, dont les semences sont importées de l’étranger, la récolte de la Beldya réglementée représente une étape historique pour le Maroc. Il s’agit de la première campagne dans les trois provinces où la production a été autorisée par l’ANRAC, à savoir Chefchaouen, Taounate et Al Hoceima.

Rappelons-le, l’utilisation de cette variété a été autorisée en 2024 sur une superficie de 1.916 ha pour les coopératives de production, et ce, sur la base des premiers résultats enregistrés de l’étude lancée avec l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) sur la caractérisation de la variété locale marocaine.

L’ANRAC a par ailleurs mis en place, en concertation avec l’Office nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), un protocole avec des conditions précises et spécifiques pour verrouiller l’utilisation de cette variété, en conformité avec les dispositions réglementaires.

L’Agence a ainsi autorisé, depuis début 2024 jusqu’en août, l’utilisation de 1.634 quintaux de semences de cannabis local, sur la base des 106 autorisations d’utilisation de la semence Beldya octroyées par l’ONSSA à autant de coopératives de production qui regroupent 1.816 agriculteurs.

En ce qui concerne le cannabis légal, 3.029 autorisations ont été octroyées par l’ANRAC jusqu’en août 2024, contre 721 en 2023. Dans le détail, il s’agit de 2.837 autorisations au profit de 2.659 agriculteurs pour l’activité de culture et de production de cannabis, contre 430 autorisations en 2023, et de 192 autorisations au profit de 98 opérateurs, contre 291 autorisations en faveur de 138 opérateurs en 2023.

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La nouvelle vie des cultivateurs de cannabis à Ketama après la grâce royale

« C’est comme si on renaissait de nouveau ». C’est l’expression qui revient sur toutes les langues ici à Issaguen, dans le Haut Rif, la région historique de la culture du kif, à la suite de la grâce royale du 19 août qui a concerné un total de 4.831 personnes condamnées, poursuivies ou recherchées dans des affaires liées à la culture du cannabis.

Le fait qu’elle émane de la plus haute autorité du Royaume signifie pour eux une garantie que l’Etat est sérieux dans ses promesses quant à la légalisation de la culture du cannabis pour les usages licites, nous confie un groupe d’agriculteurs appartenant à la coopérative « Adebibe Al Filahia ». Une page a été définitivement tournée et la confiance s’est installée. C’est une nouvelle ère qui commence, et on le sent dans leur discours et dans leur attitude.

Ces agriculteurs locaux, qui se sont regroupés au sein de coopératives de culture et de production de cannabis pour des usages médicaux, industriels et cosmétiques, ont été autorisés par l’ANRAC à cultiver la Beldya, plus communément appelée kif. Ils expriment fortement leur attachement à cette espèce de terroir qui fait la renommée de cette région de Ketama.

Agriculteurs de la coopérative Adebibe Al Filahia, recevant leur carte d’autorisation d’un agent local de l’ANRAC. – (C) Médias24

Dans cette région, chacun d’eux a un proche (membre de la famille, voisin) détenu ou recherché par les autorités pour des affaires liées à la culture du cannabis. Eux-mêmes vivaient dans la peur et l’angoisse de se faire arrêter ou que leur nom figure dans l’une des multiples plaintes.

Ils nous décrivent donc l’immense joie, le soulagement et la gratitude avec laquelle ils ont accueilli l’annonce de la grâce royale.

La peur et l’angoisse cèdent la place à la liberté et l’espoir

Aujourd’hui, c’est une nouvelle vie qui commence, notamment pour les personnes qui ont été autorisées à cultiver la Beldya qui va être exclusivement destinée à l’usage pharmaceutique et médical. Yassine, l’une des personnes recherchées dans des affaires liées à la culture du cannabis et ayant bénéficié de la grâce royale, se remémore son passé et nous confie son espoir en l’avenir.

« C’était une magnifique surprise de la part de S.M. le Roi. Mes amis m’ont envoyé par whatsApp l’annonce de la grâce royale. J’ai été bouleversé et la joie m’a gagné avec l’espoir de figurer parmi les bénéficiaires. Deux jours après, j’apprends que mon nom figurait effectivement parmi les personnes graciées. J’ai pleuré de joie, moi, mes parents et toute la famille qui vivait mon calvaire », nous raconte-t-il.

Carte d’autorisation de culture du cannabis de l’ANRAC, facilitant les opérations de contrôle. – (C) Médias24.

« Regarde la différence entre aujourd’hui et hier ! Maintenant, je passe les barrages de la gendarmerie la tête haute, sans peur et avec dignité. J’ai intégré une coopérative de production du cannabis à usage licite et, avec l’autorisation, je peux vivre librement et confortablement », poursuit-il.

Yassine était recherché depuis plus d’un an, poursuivi pour culture illégale de cannabis dans la région de Bni Boufrah, rattachée à la province d’Al Hoceima. « Il y avait un conflit entre des personnes du douar ; l’une d’elles a déposé plainte et, lors de l’enquête, mon nom a été associé à la culture du kif même si je n’avais aucun lien avec cette affaire. C’est comme cela que j’ai fait l’objet d’un mandat de recherche pour culture de cannabis », explique-t-il.

C’est le cannabis qui nous permet d’éviter l’extrême pauvreté. Il ne faut pas croire qu’on mène une vie de riches

Si Yassine tenait tant à ne pas se faire arrêter, c’est qu’il aurait été jugé pour récidive. Il raconte qu’il avait déjà écopé de trois ans et demi de prison pour le même délit, celui de la culture du cannabis ; une sentence qu’il venait de purger un an auparavant.

« Cette année que j’ai passée en cavale était peut-être plus dure que la période que j’avais passée en prison. Il est très difficile de vivre en tant que personne recherchée, la peur d’être arrêté à n’importe quel moment ne me quittait pas. J’ai perdu le sommeil, et à chaque petit bruit que j’entendais, j’avais l’impression qu’on venait me chercher. Je vivais terrorisé, je ne pouvais ni aller au souk, ni voyager, ni m’attabler dans un café, et quand je me déplaçais, je devais toujours rester sur mes gardes, c’était une vie d’enfer », ajoute-t-il.

Agriculteurs de la coopérative Adebibe Al Filahia, recevant leur carte d’autorisation d’un agent local de l’ANRAC. – (C) Médias24

« C’est comme si on était des criminels, alors que nous n’avons fait que cultiver du cannabis. On n’a pas d’alternative, on a quitté l’école très tôt, on ne peut rien faire d’autre, c’est notre principale source de revenus. Ici, nous cultivons le cannabis de génération en génération, il nous est impossible de nous en passer pour assurer une vie avec un minimum de dignité pour nos parents et nos enfants », explique notre interlocuteur.

« On s’adonne aussi à d’autres cultures comme le blé, mais avec la cherté de la vie, ce n’est pas suffisant. C’est le cannabis qui nous permet d’éviter l’extrême pauvreté. Il ne faut pas croire qu’on vit une vie de riches. Il y a des années où la récolte n’est pas suffisante pour couvrir nos charges, et où nous finissons endettés ».

Mais tout cela est désormais de l’histoire ancienne pour Yassine. Agé de 33 ans, il aborde sa nouvelle vie avec beaucoup d’espoir. Il se prépare à se marier très prochainement et à cultiver sa terre en destinant sa récolte aux usages licites du cannabis.

De plus en plus d’agriculteurs rejoignent les rangs de la filière licite

Au-delà de l’aspect humain, cette grâce a eu l’effet d’une garantie de l’engagement de l’Etat dans ce processus de légalisation de la culture du cannabis à usage licite. Les agriculteurs qui étaient encore réticents à intégrer ce mouvement s’en trouvent rassurés.

Chez ceux que nous avons rencontrés, l’intérêt pour la filière licite est réel et palpable. Petit à petit, ils rejoignent les rangs des agriculteurs autorisés par l’ANRAC.

Cette agence étatique est présente en force sur le terrain avec ses cadres qui font un grand travail de sensibilisation et qui ont su nouer une relation de confiance et de proximité avec les agriculteurs.

Bâtiment construit avec des matériaux à base de tige de cannabis comme matière isolante. – (C) Médias24.

Quant à ceux qui sont toujours réticents, ils attendent de voir le résultat chez leurs voisins qui ont franchi le pas. Parmi les craintes exprimées figure le risque de ne pas pouvoir écouler toute la production.

Un risque qui n’a pas lieu d’être puisque, comme nous l’explique l’ANRAC, avant d’être autorisée, la coopérative à laquelle appartient l’agriculteur est tenue de présenter un contrat avec une société ou une coopérative de transformation qui permet d’écouler toute la production convenue entre les parties.

Et le fait de pouvoir sortir de la clandestinité et d’exercer leur métier légalement sans être menacés de poursuite ou d’arrestation ne les laisse pas indifférents.

Au-delà des poursuites judiciaires et des arrestations, les habitants devaient subir les plaintes calomnieuses et les contrôles fréquents. La simple indication « Ketama » sur sa carte d’identité pouvait déclencher les suspicions, comme nous l’ont confié plusieurs témoins. Avec la légalisation de la culture du cannabis, la situation est en train de se normaliser graduellement dans la région, et les agriculteurs disposant d’une autorisation disent se sentir plus à l’aise.

En effet, le code QR sur cette carte permet, en cas de contrôle, de s’assurer de la validité de l’autorisation et des informations relatives à la personne qui en est détentrice.

La légalisation ouvre des opportunités de montée en valeur

Issaguen est à plus de deux heures de route d’Al Hoceima. Nichée sur les montages du Rif central, cette région, très belle par ses paysages montagneux et forestiers, gagnerait à être mieux connectée. Malgré la route en bon état, son éloignement des grandes villes et des aéroports l’empêche de profiter de tout son potentiel touristique.

Cet enclavement pousse également les habitants à l’exode, que ce soit à l’étranger ou dans d’autres villes marocaines, selon les témoignages recueillis sur place. La seule activité qui les maintienne sur place est la culture du kif, quand elle leur permet de subvenir à leurs besoins.

Récolte de cannabis séché à l’ombre. – (C) Médias24.

Toutefois, les agriculteurs tiennent à préciser qu’il ne s’agissait pas de s’enrichir. Contrairement à certaines idées reçues, le système précédant la légalisation ne profitait pas aux agriculteurs qui ne faisaient que survivre, selon leurs dires, à l’inverse des trafiquants.

D’après les informations recueillies sur place, le revenu d’un hectare varie entre 50.000 DH et 100.000 DH lors d’une saison normale. Une somme qu’ils doivent partager avec les propriétaires des terres qu’ils cultivent. Avec la légalisation, ces revenus devraient sensiblement augmenter pour atteindre 300.000 DH en moyenne par hectare.

Abdellatif Adebibe, président de la coopérative « Adebibe Al Filahia », travaille sur le projet de création d’une unité de transformation à travers une coopérative distincte (Amgoud Sativa) qui a pour objectif de monter en valeur dans la filière, de participer à créer des emplois locaux et d’aider au développement du territoire.

Abdellatif Adebibe, président de la coopérative Adebibe Al Filahia et militant de la cause de la légalisation de la culture de la Beldya. – (C) Médias24.

Cannabis : 150 nouveaux écotypes identifiés pour la Beldya au Maroc

La culture de la Beldya, variété locale du cannabis, a été autorisée cette année pour la première fois au Maroc par l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC), après une année test de la culture des semences importées de cannabis.

« Pour cette variété, les recherches se poursuivent », a déclaré Mohamed El Guerrouj lors d’un atelier de travail organisé ce vendredi 17 mai par la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutiques (FMIIP).

« Une convention de 10 millions de dirhams a été signée avec l’Institut national de la recherche agronomique, et nous avons déjà identifié 150 nouveaux écotypes« , a-t-il souligné.

« Nous n’avons pas autorisé cette variété pour rien. Nous avons de bons résultats », en termes de recherche. « Les agriculteurs sont demandeurs, car si tous attendent la semence importée de cannabis, nous n’avancerons pas par rapport aux objectifs des petits agriculteurs qui n’ont pas l’eau. La Beldya, c’est le bour. Ce sont des semis de février ; ça n’a rien à voir avec les semences importées », a encore expliqué Mohamed El Guerrouj.

Et d’ajouter : « La Beldya a été traitée d’une manière intelligente avec les coopératives de production, la situation est maîtrisée. »

« En octobre 2024, nous aurons la première semence marocaine de Beldya à commercialiser »

« Cependant, la totalité des écosystèmes identifiés ont un THC supérieur à 1%. L’article 6 de la loi en vigueur régissant les activités du cannabis est clair. Il stipule que l’industrie pharmaceutique est la seule à pouvoir utiliser le THC supérieur à 1%. Ce qui fait que pour la Beldya, il y a un engagement direct selon lequel seule l’industrie pharmaceutique constituera l’utilisateur final« , poursuit Mohamed El Guerrouj.

« Dans la convention signée entre les opérateurs de transformation et les industriels pharmaceutiques, il est clairement indiqué que dans le cas où ces industriels n’achètent pas la Beldya, les opérateurs de transformations devront détruire du THC et n’en laisser que 1%. Il y aura donc un retour vers le 1%. Et au Maroc, nous aurons, vers fin octobre prochain, la première semence marocaine de Beldya à commercialiser, avec un THC inférieur à 1% et un CBD maximum« .

« Avec les experts, nous avons toutefois constaté que tous ceux qui ont fait l’extraction pour réduire le taux du THC sont également obligés de réduire le CBD. Sur le plan de la rentabilité économique, ils pourront être perdants. Sauf que si au Maroc nous sommes à un THC inférieur à 1%, lorsque les opérateurs voudront commercialiser leur CBD en Europe, le taux devra être inférieur à 0,2 ou à 0,3%. »

« Cela signifie que même s’ils ont de la semence légale avec un taux de THC de 0,9%, ils seront obligés de le réduire, et en le réduisant, ils réduiront également le taux de CBD. Dans ce cas, la rentabilité entre en jeu. C’est pour toutes ces raisons que l’on continue de travailler sur la Beldya, sur le plan de la rentabilité quant à l’utilisation du CBD », conclut Mohamed El Guerrouj.

Cannabis : en 2024, plus de 2.300 autorisations délivrées par l’ANRAC, 732 hectares de Beldya déjà plantés

« Sur les 2.342 autorisations délivrées par l’ANRAC en 2024, 2.174 ont été délivrées à 2.074 agriculteurs contre 430 en 2023″, ajoute notre source.

Le gap entre le nombre d’autorisations délivrées et celui des agriculteurs « s’explique par le démarrage, cette année et pour la première fois comme révélé par Médias24, de la culture de la Beldya, après son autorisation par l’ANRAC », ajoute notre interlocuteur.

« Certains agriculteurs ont donc importé les semences de l’étranger et plantent également la Beldya. Ils ne peuvent pas de ce fait être comptés doublement », explique-t-il, soulignant que « cette évolution traduit la forte adhésion et mobilisation des agriculteurs, ainsi que l’intérêt qu’ils portent à la culture de cannabis ».

168 autorisations délivrées aux opérateurs

En ce qui concerne les opérateurs, « un total de 168 autorisations ont été délivrées par l’ANRAC, au vendredi dernier, et à 61 opérateurs, dont 49 sont déjà opérationnels« .

Ces autorisations se présentent comme suit :

Toujours d’après la même source, « les sept autorisations pour l’importation des semences s’ajoutent aux 17 accordées aux opérateurs en 2023. Un total de 24 autorisations d’importations de semences ont donc été délivrées » au vendredi dernier, depuis la légalisation du cannabis au Maroc. « Chacune est valable pour 10 ans. »

En ce qui concerne les autorisations pour le transport, les 28 accordées aux opérateurs en 2024 « s’ajoutent pour leur part aux trois délivrées l’année passée », poursuit notre interlocuteur. En 2023, « 179  autorisations ont été délivrées à 82 opérateurs« , rappelle-t-il.

Pour ce qui est de la superficie autorisée, « les 2.074 agriculteurs sont autorisés pour 2.078 hectares, contre 430 agriculteurs pour 286 ha en 2023″. Il s’agit donc d’une évolution notable.

La Beldya : 732 hectares plantés à fin février

Notre source a également fait le point sur la culture de la Beldya, qui a démarré en début d’année. « La superficie plantée s’élève à 732 hectares pour 875 agriculteurs. Cela représente 80% de la superficie autorisée et 70% des agriculteurs. »

Plus en détail, les 732 hectares sont distribués comme suit selon notre source :

« Il s’agit donc d’une superficie moyenne de moins d’un hectare pour chaque agriculteur« , conclut notre interlocuteur. Pour la Beldya, « 63 autorisations ont été accordées par l’ANRAC sur la base de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) ».

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