Les bénéfices de la cote devraient progresser de 10,4% en 2025

Les revenus et les bénéfices de la cote devrait maintenir une tendance haussière cette année et l’année prochaine, d’après une note diffusée par Attijari Global Research (AGR).

« Le profil de croissance des revenus du marché maintiendrait une tendance haussière durant la période 2024-2025, à 5,3% et 8% respectivement contre 4,7% en 2023 », explique la société de recherche.

Une masse bénéficiaire qui s’accélèrera en 2025

Cette année, les bénéfices de la cote devraient atteindre plus de 32,3 MMDH, en progression de 7,3% par rapport à l’année précédente. Cette progression devrait être majoritairement portée par les banques et les mines. À eux seuls, ces deux secteurs devraient contribuer pour 78% de la hausse des bénéfices agrégés du marché.

Il est également à noter qu’en 2025, AGR prévoit une accélération de la croissance des bénéfices de la cote, avec une progression de 10,4%.

Le secteur bancaire devrait, selon les prévisions d’AGR, afficher « un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de ses bénéfices de 9,1% durant la période 2023-2025, porté par la nouvelle dynamique d’investissement au Maroc ».

Le secteur minier devrait, sur la même période, enregistrer un TCAM de 50,6% de ses bénéfices, grâce à l’entrée en service de nouveaux projets.

Mais certaines entreprises devraient voir leurs résultats nets reculer. Les principales révisions à la baisse concernent les valeurs SNEP, Sonasid ainsi que les cimentiers. « D’une part, Sonasid et SNEP sont pénalisées par un spread ‘intrant-produit fini’ moins favorable à l’échelle internationale. D’autre part, les cimenteries cotées subissent une montée visible de la concurrence locale conjuguée à une baisse des exportations de clinker », explique AGR.

Les niveaux de valorisation du marché devraient s’améliorer sur la période 2024-2025

En 2023, le marché traitait à un P/E de 20x. Avec la hausse attendue de la masse bénéficiaire de la cote cette année et l’an prochain, ce chiffre devrait se réduire. Les niveaux de valorisation devraient redescendre à 18,8x en 2024, pour atteindre 17,1x en 2025.

« À noter que les télécoms et les banques tirent les niveaux de valorisation du marché à la baisse, soit des P/E 2025 récurrents de 12,7x et 13,8x respectivement. En retraitant ces deux secteurs, le P/E 2025 du marché ressort à 24,2x », conclut AGR.

Parallèlement, le P/E 2025 le plus élevé qui est attendu est celui de la santé, à près de 32x, précédé des ports avec un P/E de 26,4x.

BKGR anticipe une hausse de 13,4% de la capacité bénéficiaire de la cote cette année à 33,2 MMDH

La société de recherche BKGR a publié son forecast 2024-2025. Elle projette une amélioration des revenus et de la capacité bénéficiaire de la cote en 2024 et 2025.

Une amélioration attendue de l’activité commerciale de la cote de 5,9% à 275 MMDH est attendue en 2024, portée par l’ensemble des secteurs (+6,1% pour les financières, +5,7% pour l’industrie et +6,5% pour les assurances). La société de recherche souligne qu’en 2025, une croissance des revenus de la cote de 7% devrait être observée pour atteindre 294,2 MMDH.

La capacité bénéficiaire de la cote devrait également progresser cette année, ainsi qu’en 2025. D’après BKGR, elle devrait se bonifier de 13,4% cette année à 33,2 MMDH. Retraité de la provision Wana constatée par IAM en 2023 et des contributions au Fonds 126, le RNPG global devrait s’améliorer de 7,1% en 2024. En 2025, la capacité bénéficiaire de la cote devrait atteindre les 36 MMDH.

Chaque secteur d’activité − industrie, financières et assurances − devrait voir son RNPG progresser cette année, selon BKGR.

L’industrie devrait voir sa capacité bénéficiaire progresser de 15,6% à 17,7 MMDH, attribuable principalement à IAM qui devrait afficher un RNPG en hausse de 13,4%, tiré par la non-récurrence du don au Fonds spécial de gestion des effets du séisme et de la provision de 500 MDH. De son côté, TotalEnergies devrait profiter de la non-récurrence de l’amende réglée dans le cadre de l’accord conclu avec le Conseil de la concurrence. LafargeHolcim Maroc devrait également contribuer avec une appréciation attendue de 23,4%, sous l’effet combiné de l’optimisation des coûts de production et de la hausse du chiffre d’affaires redevable à la reprise de la dynamique sur le marché domestique.

Concernant les financières, leur capacité bénéficiaire devrait enregistrer une croissance à deux chiffres de 10,7% à 13,8 MMDH, portée principalement par la bonne tenue du PNB et par l’allègement des charges générales d’exploitation, compensant ainsi la légère hausse attendue (+1,1%) du coût du risque devant accompagner la croissance de l’encours de crédits et couvrir une éventuelle dégradation de la sinistralité au Maroc. Cela s’explique par les retombées négatives des crédits Oxygène et Relance, et de la notation de certains pays d’implantation pour les acteurs disposant de filiales en Afrique. La hausse prévue des dotations pourrait toutefois être compensée par d’éventuelles reprises émanant de la politique de provisionnement prudente et prospective adoptée par le secteur en 2023.

La capacité bénéficiaire des assurances devrait, en 2024, s’apprécier de 14% à 1,7 MMDH, tirée notamment par le bon comportement attendu de l’activité commerciale ainsi que par un allègement des pressions inflationnistes.

Les banques devraient être les premières contributrices à la croissance des bénéfices de la cote cette année, avec une contribution positive de 1.327 MDH, suivi des télécoms et du BTP avec des contributions positives respectives de 708 MDH et 509 MDH.

La masse des dividendes en 2024 est également attendue en hausse de 6,3% à 21 MMDH. Selon BKGR, elle devrait progresser légèrement pour atteindre 21,4 MMDH en 2025.

Plus de 1,5 milliard de DH de dividendes additionnels attendus cette année (BKGR)

Cette année, les revenus, la profitabilité et la masse des dividendes devraient progresser, selon les projections de BKGR.

D’après la société de recherche, les revenus de la cote devraient afficher une bonification de 5,6% par rapport à 2022, à 265 milliards de DH. Notamment du fait de la bonne contribution des produits nets bancaires des financières, attendue en hausse de 10,2% à 62,4 MMDH. Dans un second temps, l’industrie devrait être l’autre secteur à même de contribuer à la hausse des revenus, avec une amélioration de 4,4% à 182 MMDH.

Particulièrement scrutés par les investisseurs et le marché en général, comment évolueront les bénéfices et la masse des dividendes ? Et qui contribuera le plus à ces évolutions ?

Une masse bénéficiaire attendue en hausse de 13,7%, à 29,2 MMDH

D’après les projections de BKGR, les profits des entreprises de la cote devraient afficher une bonne progression cette année, de près de 5 MMDH en valeur par rapport à l’année dernière, pour se fixer à 29,2 MMDH.

Cette dernière serait surtout poussée à la hausse par la non-récurrence de l’astreinte de Maroc Telecom. « L’analyse du breakdown de l’évolution de la capacité bénéficiaire en 2023 fait ressortir une contribution positive attendue, provenant à hauteur de 54% de Maroc Telecom suite à la non-récurrence de l’astreinte imposée par l’ANRT et du contrôle fiscal de 618 MDH comptabilisé en 2022″, souligne la société de recherche. In fine, la capacité bénéficiaire du secteur Telecom devrait progresser de 2,7 MMDH en valeur.

L’évolution des bénéfices devrait également découler à 28% des résultats des financières grâce à la hausse du PNB suite à la hausse du taux directeur. Le secteur bancaire devrait apporter une contribution de près de 1,4 MMDH à la capacité bénéficiaire globale selon les projections de la société de recherche. Néanmoins, il est à noter que « BMCI et CDM ont des contrôles fiscaux en cours, ce qui pourrait altérer l’évolution de la capacité bénéficiaire en 2023 ».

Néanmoins, certains secteurs atténuent cette progression. « Cette contribution positive devrait être principalement atténuée par le recul de 785 MDH de la contribution des mines, en lien avec la baisse attendue des cours des métaux de base et du recul escompté du chiffre d’affaires, et de 231 MDH en raison principalement de la baisse significative du résultat anticipée par le management de TotalEnergies Marketing Maroc », poursuit BKGR.

Notons que, selon la société de recherche, « retraité des éléments exceptionnels ayant impacté IAM en 2022 et des contributions au Fonds 126, le RNPG global devrait s’améliorer de 5,9%, à 30,5 MMDH en 2023 ».

De fait, cette hausse des bénéfices engendrera une amélioration de la masse des dividendes au titre de cette année.

Les dividendes attendus en hausse de 9,6% cette année

Les prévisions de la société de recherche tablent sur une masse de dividendes en hausse de 9,6% à 18,7 MMDH, soit 1,6 MMDH additionnels par rapport à 2022.

Cette performance est principalement anticipée du fait de la hausse de la distribution attendue de Maroc Telecom, liée à la non-récurrence de l’astreinte. Le yield cette année devrait être globalement similaire à celui observé l’an dernier à 3,3%.

Notons que ce rendement est toujours négatif, au vu du niveau d’inflation observé sur la période.

Royal Air Maroc espère renouer avec les bénéfices en 2024

Plombés par deux années de crise, les comptes du transporteur national s’améliorent progressivement après une activité intense lors des fêtes de fin d’année, et une reprise qui se confirme, selon une source fiable. Même s’il faudra attendre le résultat de l’activité estivale du transport de passagers pour se prononcer.

« L’année comptable entre le 1er novembre 2022 et le 31 octobre 2023 vient de démarrer, il est donc trop tôt pour se prononcer sur une éventuelle rentabilité. Le cours international du kérosène étant toujours aussi élevé, ce facteur devrait continuer à impacter négativement son poste de dépenses », explique notre source. Selon elle, la RAM sera fixée d’ici la fin de l’été prochain.

Le cours moyen du baril de pétrole, dont est fortement lié le cours du Jet Kérosène, plafonne actuellement à 90 dollars. D’après notre source, c’est encore loin du prix idéal, estimé entre 50 et 60 dollars pour renouer rapidement avec les bénéfices.

Bien que ce poste de dépenses représente aujourd’hui environ 25% des dépenses de la compagnie, contre seulement 19% avant la crise en 2019, notre source précise que cette hausse du coût du kérosène n’a pas été répercutée sur le prix des billets d’avion de la RAM, alors que la plupart des concurrents ont procédé à des augmentations comprises entre 20% et 50% des tarifs du transport aérien.

 L’activité estivale sera déterminante pour redresser les comptes

Notre interlocuteur se félicite par ailleurs du fait que les fêtes de fin d’année ont permis de générer une activité très satisfaisante. La prochaine saison estivale sera déterminante pour redresser les comptes, déficitaires depuis les trois derniers exercices comptables : à -3,7 MMDH en 2019-2020, -3 MMDH en 2020-2021 et -2,7 MMDH lors du dernier bilan 2021-2022.

« Si le bilan de la saison estivale à venir est aussi bon que celui de l’été 2022, qui avait dépassé celui de 2019 en termes de trafic, et à moins d’une nouvelle explosion du prix du baril, il n’est pas exclu que la RAM renoue avec la rentabilité à la fin de l’exercice actuel », avance notre source.

Une éventualité liée à la stagnation actuelle du prix du kérosène (80-90 dollars), au récent déblocage d’une aide publique de 2 MMDH qui a permis de faire face à l’envolée du cours, passé de 60 à 120 dollars en raison de la guerre Russie-Ukraine, et à l’arrêt de son trafic international durant trois mois (entre novembre 2021 et février 2022), qui avait abouti à une perte d’environ 2,7 MMDH.

« Pas de bénéfices envisagés avant 2024 »

Reste que ce résultat négatif devra encore être affiné, après la consolidation et la clôture des comptes prévues fin mars. Il sera certainement en nette amélioration par rapport à celui de l’exercice précédent 2020-2021, qui avoisinait les 3 milliards de dirhams, avance notre interlocuteur.

« Si les charges baissent durant les trois mois de l’été, qui représentent 60% des recettes annuelles de la RAM, cela permettra d’assainir ses finances et de retrouver dans un premier temps un équilibre entre ses postes de dépenses et recettes, avant d’envisager des bénéfices pour l’exercice 2023-2024 », conclut notre source.

Une telle performance permettra de passer des commandes d’aéronefs pour être en mesure d’ouvrir de nouvelles routes aériennes à partir de 2025.

Un scénario optimiste en adéquation avec celui de l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui table sur un retour à la rentabilité de l’industrie à l’horizon 2023… sauf pour les compagnies africaines qui, elles, devront attendre l’année prochaine pour revenir aux niveaux de rentabilité de 2019.

Seule exception notable dans le paysage mondial du transport aérien, Ethiopian Airlines est restée bénéficiaire au cours de ces trois années de crise. La compagnie a réalisé un bénéfice record de 937 millions de dollars pour l’exercice 2021-2022, qui s’est clos en juin 2022.