Crédits immobiliers : l’analyse des offres bancaires par Afdal

Une analyse des données actualisées d’Afdal, premier comparateur de financement habitat au Maroc recensant plus de 5.000 offres provenant de plus d’une dizaine de partenaires bancaires, offre un aperçu des meilleures opportunités pour les emprunteurs selon leur profil. Ceci s’inscrit dans le cadre de la récente décision de Bank Al-Maghrib de baisser le taux directeur, un tournant stratégique visant à faciliter l’accès au financement tout en renforçant la compétitivité entre les banques.

Analyse des taux hypothécaires actuels (TAEG incluant Assurance et TVA)

Dans cette comparaison, le taux annuel effectif global (TAEG) a été pris en compte. Ce dernier inclut non seulement le taux d’intérêt nominal, mais aussi le coût de l’assurance Décès Invalidité (D.I.) et la TVA. Ce mode de calcul reflète la véritable compétitivité des banques et l’impact global pour les emprunteurs.

Source : Données extraites du comparateur Afdal.ma, appartenant à CPI S.A, premier fournisseur de technologie de simulation de financement habitat au Maroc.

Les fonctionnaires et les salariés du secteur privé continuent de bénéficier des taux les plus compétitifs, avec des TAEG démarrant à 5,38%. Ces conditions avantageuses concernent particulièrement les montants moyens et élevés. Les Marocains résidant à l’étranger (MRE), salariés du secteur privé, accèdent également à des offres intéressantes, avec des TAEG à partir de 5,61% selon la banque et le montant du financement, notamment pour des tranches de 400.000 DH, 900.000 DH et 1,3 MDH.

Les agriculteurs et indépendants restent confrontés à des conditions plus exigeantes, avec des TAEG dépassant souvent 5,88%, voire atteignant des taux supérieurs à 7% pour certains profils comme les commerçants.

Enfin, les emprunteurs des hautes tranches de financement (CSP A++) bénéficient des meilleures conditions du marché, avec des TAEG à partir de 5,28% pour des montants supérieurs à 4 MDH, selon les banques les mieux classées.

La réduction récente du taux directeur par Bank Al-Maghrib devrait entraîner une baisse progressive des taux hypothécaires, renforçant ainsi les opportunités pour les emprunteurs. Dans ce contexte, les banques cherchent à se positionner de manière plus agressive face à la concurrence, en adaptant leurs politiques commerciales.

Les commerçants et agriculteurs pourraient bénéficier d’une amélioration des offres si les banques adoptent des politiques plus inclusives. Une baisse généralisée des TAEG devrait rendre les offres encore plus attractives pour toutes les catégories d’emprunteurs.

Le taux annuel effectif global (TAEG) est une base de comparaison fiable, car il inclut tous les coûts liés au crédit, notamment le taux d’intérêt nominal, les primes d’assurance Décès Invalidité et la TVA. Souvent négligée dans les comparaisons simplifiées, cette approche permet aux emprunteurs de mieux comprendre l’impact financier total de leur crédit et d’identifier les banques offrant le meilleur rapport qualité-prix.

Comment bien préparer le financement d’un projet d’achat immobilier au Maroc

Dans l’imaginaire commun, acheter un bien immobilier reste une grosse source de stress et d’angoisse. Les futurs acheteurs doivent bien se préparer afin d’entamer les procédures sereinement.

Mais comment faire ? Quelles sont les étapes à suivre ? A travers l’expertise de notre partenaire, Yakeey, spécialiste dans l’acquisition immobilière, on vous donne les éléments essentiels à savoir pour financer le projet d’un achat immobilier au Maroc.

En tout premier lieu, il faut évaluer votre capacité d’emprunt, cela permet de savoir combien vous pouvez emprunter en fonction de votre situation financière. Pour cela, il faut inclure les revenus mensuels, ainsi que les revenus locatifs (s’ils sont justifiables), et retrancher les charges en cours (comme les mensualités de crédit actuelles).

Au Maroc, les banques acceptent généralement un taux d’endettement jusqu’à 50%, c’est-à-dire que vos mensualités de crédit ne doivent pas dépasser la moitié de vos revenus mensuels si vous voulez bénéficier d’un emprunt. Les prêts immobiliers vont de 7 à 25 ans. Notez que lus la durée est longue, plus les mensualités sont réduites, mais le coût total du crédit augmente.

Constituer un apport personnel

Constituer un apport personnel lors de l’acquisition d’un bien immobilier est essentiel. Il faut prévoir minimum 10% du prix d’achat pour couvrir les frais annexes comme les droits d’enregistrement et les honoraires du notaire.

Si l’apport est plus important, entre 20 à 30%, vous pouvez bénéficier de meilleures conditions de prêt, comme un taux d’intérêt plus avantageux ou la réduction du montant à emprunter.

Résultat : les mensualités et le coût global du crédit diminuent. Épargner régulièrement est vivement conseillé afin de constituer cet apport essentiel dans votre projet d’achat.

Chez Yakeey, chaque bien immobilier proposé inclut une simulation de financement pour vous donner une idée précise des mensualités à prévoir.

Une fois que vous savez quelle est votre capacité d’emprunt, vous pouvez solliciter un accord de principe auprès d’une banque. Il s’agit d’une pré-approbation qui vous permet d’avancer sereinement dans la recherche de biens, en ayant une idée claire de votre budget.

Avec ce document en main, vous pouvez choisir un bien immobilier en toute certitude qui s’aligne avec votre budget.

Taux d’intérêt fixe ou variable ?

Qui dit crédit, dit taux d’intérêt, mais quelle option est la meilleure ? Au Maroc, les taux d’intérêt varient entre 4% et 6%, en fonction de votre profil emprunteur et de la durée du prêt.

Le taux fixe reste inchangé pendant toute la durée du prêt. Il permet de connaître à l’avance le montant de vos mensualités, mais il est souvent plus élevé que le taux variable.

Tandis que le taux variable peut fluctuer, à la hausse comme à la baisse, en fonction des conditions du marché financier. Le taux variable peut être plus attractif au départ mais il comporte un risque d’augmentation des mensualités si les taux d’intérêt augmentent sur le marché.

Certaines banques proposent un taux variable avec un plafond, ce qui permet de limiter l’augmentation du taux en cas de hausse excessive des taux d’intérêt.

Une fois que vous avez trouvé votre bien coup de cœur et que vous avez signé le compromis de vente, il faudra obtenir l’accord définitif de financement. Assurez-vous que le bien dispose d’un titre foncier sans litige. Sur ce volet, faire appel à des professionnels de l’immobilier, comme Yakeey, ils pourront vous accompagner et vous assurer que les biens proposés bénéficient de vérifications approfondies, notamment sur les titres fonciers, pour garantir une transaction en toute sécurité.

Une fois l’accord de prêt validé, la banque débloque les fonds, et le notaire finalise la transaction.

À ce moment-là, vous pouvez entamer la constitution de votre dossier qui contient relevés bancaires, bulletins de salaire, attestations de travail, etc.

Comment bien comparer les offres de financement

Au-delà du simple taux d’intérêt, d’autres facteurs sont à considérer pour choisir la meilleure offre de financement, comme le taux annuel effectif global (TAEG) (hors assurance) qui inclut tous les frais associés au crédit (frais de dossier, garantie), mais exclut l’assurance.

Dans votre assurance emprunteur, vérifiez les assurances obligatoires (décès-invalidité, Multi Risque Habitation) et la manière dont elles sont facturées (mensualités ou paiement en une fois).

N’oubliez pas de calculer le montant total des intérêts sur la durée totale du prêt.

Certaines banques permettent des remboursements anticipés sans frais. Cette option est à considérer pour plus de flexibilité à long terme. De plus, certains établissements bancaires offrent la possibilité de moduler vos mensualités ou des produits financiers complémentaires à taux préférentiels.

Le financement d’un achat immobilier au Maroc demande une préparation intense et rigoureuse. Pour résumer, les trois phases clés à retenir sont :

1- L’évaluation de la capacité d’emprunt,

2- l’obtention de l’accord de principe

3- La finalisation du prêt.

Lors du processus, il ne faut pas oublier de s’attarder sur les critères clés comme le TAEG, les assurances et les modalités de remboursement.

Désormais, vous êtes mieux armés pour faire un choix éclairé.

Les notaires déplorent les nouvelles mesures fiscales qui « risquent de freiner les transactions immobilières »

« L’origine de propriété, le permis d’habiter, une copie de la CNIE du ou des future(s) contribuable(s) vendeur(s), le projet de l’acte de vente ou de promesse de vente, ou encore le certificat de propriété… sont autant de documents que l’administration fiscale exige depuis le 1er juillet 2024, en plus d’une demande sous forme d’informations à renseigner sur un site dédié, pour obtenir, en contrepartie, la fameuse attestation fiscale prévue par l’article 95 du Code de recouvrement des créances publiques de 2011″, nous explique Me Mohamed Lazrek, notaire et ancien secrétaire général du Conseil de l’ordre des notaires, joint par Médias 24.

« Conformément aux dispositions de l’article 139 de la loi de finances 2024, ce document autorise les notaires à recevoir, puis à enregistrer leurs actes auprès du service d’enregistrement concerné, avant de les inscrire sur les titres fonciers y afférents. Toutefois, si cette procédure vise à augmenter les recettes de l’Etat, dans la pratique, elle semble ralentir dangereusement la réalisation des transactions immobilières dans notre pays », souligne notre source.

Des dispositions qui retardent le processus de vente…

Selon notre interlocuteur, les contraintes des nouvelles dispositions de la LF 2024, notamment dans son article 139, sont nombreuses et pénalisent aussi bien les notaires que les contribuables.

« L’article 139 de la LF 2024 stipule que les notaires doivent refuser de dresser des contrats de vente sans cette attestation fiscale, qui démontre que le vendeur est en règle avec l’administration fiscale. Cette attestation peut être demandée par les notaires par voie électronique, ce qui est une bonne chose puisque le processus peut être plus fluide. Cependant, l’administration fiscale doit suivre de l’autre côté, pour éviter les blocages, et c’est l’un des principaux problèmes que nous rencontrons depuis environ un mois », déplore Me Lazrek.

« L’administration peut prendre entre une semaine et des mois pour traiter nos demandes, ce qui impacte le déroulement du processus de vente, et par ricochet, les rentrées de l’Etat, qui sont censées s’améliorer par la mise en place de ces dispositions ». Ainsi, au lieu d’accélérer les choses, l’Etat les ralentit en passant plusieurs jours à la recherche des dettes du vendeur vis-à-vis de l’administration fiscale, dont il devra s’acquitter avant l’établissement du contrat de vente. 

… et qui risquent de ralentir les ventes dans le secteur de l’immobilier

Ainsi, contrairement aux anciennes dispositions, cette attestation, qui concernait auparavant le bien en question, concerne à présent le vendeur. « Ladite attestation fiscale n’est ainsi délivrée au notaire que lorsque le vendeur en question règle préalablement tous les impôts émis ou restant à émettre en son nom. Autrement dit, le contribuable doit payer de ses propres deniers avant d’espérer vendre son terrain ou sa maison », ce qui renvoie à une autre problématique ».

En effet, « de nombreux contribuables décident initialement de vendre un de leurs biens immobiliers dans l’unique but de régler leurs créances publiques et/ou privées, qui alourdissent considérablement leurs charges quotidiennes ou pénalisent dangereusement leurs salaires et revenus mensuels ». Or, avec les nouvelles dispositions, les vendeurs risquent d’y renoncer, vu toutes les charges qu’ils devront payer avant l’établissement du contrat de vente.

« Cette nouvelle initiative, même si elle paraît moderne et louable, risque malheureusement de bloquer le processus de vente et pourrait même amener certains vendeurs à se rétracter, surtout lorsqu’ils apprendront que les montants réclamés par l’administration fiscale sont abusifs ou contestables et qu’ils risquent de résorber l’intégralité ou une bonne partie du produit de la vente envisagée ». 

Abus de confiance

D’un autre côté, la loi interdit à présent au notaire de procéder à l’enregistrement du contrat de vente jusqu’à l’obtention de ladite attestation fiscale. En attendant, ce dernier ne peut établir qu’une promesse de vente. Avec les nouvelles dispositions en vigueur, « lorsque les contribuables vendeurs cèdent leurs biens, ils demandent au notaire chargé de la transaction de régler pour leur compte l’intégralité de leurs dettes publiques et/ou privées, avant de percevoir le solde du prix de vente. Or, les notaires sont confrontés à une contrainte légale de taille : l’abus de confiance ».

Et Me Lazrek d’expliquer : « la loi 39-08 formant Code des droits réels datant du 22 novembre 2011 précise que l’acquéreur n’acquiert son droit de propriété qu’à partir du jour de l’inscription de son acte d’achat sur les livres fonciers ». Ce qui veut dire que dans le système marocain, l’acquéreur n’acquiert son droit de propriété qu’à partir du jour de l’inscription de son acte d’achat sur les livres fonciers.

« C’est dans cette optique que l’acquéreur va déposer le prix d’achat chez le notaire en exigeant le transfert de la propriété foncière en son nom, avant de se dessaisir des fonds dont il n’est que simple dépositaire ». Ce n’est donc qu’après avoir réellement inscrit l’acte d’achat auprès de cette agence foncière, que le notaire chargé de la transaction est habilité à se dessaisir du prix de vente entre les mains du/des vendeur(s) ou de leurs créanciers. Sinon, ce professionnel pourrait être poursuivi par l’acheteur pour abus de confiance, s’il s’avère qu’il a décaissé ses fonds avant de garantir leur objet.

« Aujourd’hui, l’administration fiscale semble toutefois faire abstraction de cette règle juridique très importante, puisque ses différents receveurs envoient des avis à tiers détenteurs en courrier électronique aux notaires qui, en conformité avec les prescriptions de l’article 139 de la LF 2024, ont déposé une demande d’attestation fiscale sur le site concerné, pour passer ultérieurement la transaction immobilière projetée. Pire encore, certains de ces préposés du fisc exigent, sous peine de tenir le notaire pour solidairement responsable, le paiement immédiat des sommes saisies, nonobstant la réalisation effective de la vente par l’inscription foncière. D’autres requièrent le paiement préalable des taxes grevant le bien objet de la demande, ou tout autre impôt à la charge du vendeur, même s’ils sont rattachés à d’autres biens ou à d’autres transactions civiles ou commerciales, avant de signer cette fameuse attestation ‘de délivrance’ fiscale ». 

Tout cela implique que « les parties, qui n’ont logiquement pas encore signé l’acte de vente immobilière, doivent régler tous les impôts dont ils sont redevables. Ce qui veut dire encore que s’ils ne disposent pas des sommes réclamées, la transaction n’aura jamais lieu« , poursuit notre source.

« D’ailleurs, et en poussant le raisonnement plus loin, même si le notaire obtient cette fameuse attestation fiscale, et que le bien objet de la vente n’est redevable d’aucun impôt, les fonds consignés dans son étude ne peuvent être utilisés pour le compte du vendeur pour régler d’autres dettes fiscales, qu’après l’inscription foncière. Or, en pratique, les receveurs et percepteurs, en plus d’envoyer des ordres de paiement sous forme d’ATD, inscrivent parallèlement des hypothèques forcées sur les biens des contribuables débiteurs ». 

Entre l’abandon de la transaction et l’engagement de la responsabilité professionnelle et pénale, un dilemme de taille pour les notaires

De plus, « lorsque le notaire demande la mainlevée de cette inscription auprès des préposés de l’administration fiscale, ces derniers refusent de lever leur hypothèque avant le paiement des sommes qu’ils exigent. Alors que juridiquement, le notaire ne peut nullement payer ces impôts, avant de garantir à l’acquéreur le transfert de la propriété en son nom, puisque ce n’est qu’après l’inscription foncière que les fonds deviennent la propriété exclusive du ou des vendeurs », ajoute notre interlocuteur.

« Tout cela constitue souvent un obstacle à la réalisation de la vente immobilière, puisque le notaire se retrouve face à un vrai dilemme : 

abandonner la transaction face au refus de se faire délivrer préalablement par le receveur ou le percepteur fiscal la mainlevée d’hypothèque grevant le bien objet de la vente, c’est à dire avant le paiement de l’impôt moyennant un engagement écrit adressé par le notaire au receveur/percepteur fiscal, en attendant l’inscription foncière de l’acte de vente;

payer l’impôt préalablement à l’inscription foncière en prenant le risque d’engager sa responsabilité professionnelle et pénale. Car dans ce cas, l’acquéreur est en droit d’invoquer l’abus de confiance.« 

Un arrangement avec les établissements bancaires pour dépasser ces complications ?

Pour faire face à ces complications, les notaires ont réussi à trouver un arrangement avec les établissements bancaires, qui ont parfaitement compris le danger lié à ces contraintes juridiques. 

« Lorsque le bien du vendeur est grevé d’une hypothèque conventionnelle inscrite au profit d’une banque, voire même d’un commandement ou d’une saisie pratiquée par ses avocats, le notaire délivre un engagement où il s’oblige à régler les sommes convenues, passé le délai d’un mois. Et dans le cas où il n’utiliserait pas cette mainlevée pour des raisons inattendues, il s’engage à l’annuler ou à la restituer à son initiateur. En pratique, le notaire procède généralement à l’inscription de son contrat de vente, accompagné de la mainlevée d’hypothèque bancaire, puis il procède au paiement du montant promis à la banque avant de verser le solde au vendeur ». 

« Ce qui revient à conclure que l’administration fiscale ne peut pousser les professionnels à enfreindre la loi. Bien au contraire, elle devra plutôt les aider à s’y conformer. Et dans cette perspective, cette nouvelle procédure semble faire un amalgame entre le droit de priorité fiscal de l’État, et le droit de propriété des fonds de l’acheteur, tant que l’acte d’acquisition n’est pas inscrit sur les registres fonciers. Car si l’administration fiscale dispose d’un avantage de recouvrement, l’acheteur lui, dispose d’un droit de propriété sur son argent qu’il confie au notaire et que ce dernier ne peut en aucun cas transférer au profit du vendeur avant de subroger l’acheteur au vendeur à la conservation foncière ».

La solution proposée par les notaires

Quelles sont à présent les solutions qu’on pourrait envisager pour préserver les droits de l’Etat, tout en permettant à l’acheteur de recouvrir la propriété du bien qu’il projette d’acquérir ? 

« À mon avis, une simple procédure d’avis à tiers détenteur adressée par les receveurs et percepteurs publics à l’intention des notaires est suffisante pour recouvrir les créances de l’État », estime Me Mohamed Lazrek.

« Et alors même que ces préposés administratifs auraient pratiqué une hypothèque sur un bien immeuble, il doivent, préalablement au paiement de l’impôt, en délivrer la mainlevée aux notaires, tout en les notifiant parallèlement par ATD, des montants à payer après l’achèvement des formalités liées à leur acte de mutation ».

« Le notaire sera obligé dans ce cas de régler ces sommes pré-saisies à la fin de ses démarches administratives, et de délivrer le solde du prix de vente, s’il y a lieu, au vendeur, accompagné des reçus justifiants les montants débloqués au profit des receveurs et percepteurs de l’administration fiscale », conclut notre source. 

Platinum Power : les biens immobiliers des dirigeants à Rabat mis en vente en février

La vente, qui se tiendra le 14 février à 13 h, porte sur cinq biens immobiliers appartenant à Hicham Benazzouz et Omar Belmamoun, respectivement actuel et ancien PDG de Platinum Power. Les biens saisis se situent essentiellement à Rabat.

Hicham Benazzouz est concerné par une villa localisée à Hay Ryad et une maison à Témara, pour une mise à prix respective de 6,2 MDH et 1,46 MDH.

Omar Belmamoun se voit, pour sa part, dessaisi d’un important patrimoine foncier à Rabat. Les enchères porteront sur un appartement (mise à prix de 4,8 MDH) et une villa (4,8 MDH) dans le quartier Souissi, et sur un terrain dans le quartier de l’Aviation (1,5 MDH).

Les prix de départ ont été fixés sur la base d’une expertise judiciaire. La mise à prix ne reflète pas la valeur réelle des biens saisis. Elle a été minorée de 15% afin d’encourager les enchères.

Les deux propriétaires font les frais d’une sanction patrimoniale pour faute de gestion. Le tribunal de commerce leur impute des erreurs ayant entraîné la faillite de Platinum Power, entreprise placée en liquidation judiciaire.

https://medias24.com/2023/04/12/platinum-power-pourquoi-les-dirigeants-ont-ete-sanctionnes/

Collectivités territoriales : mise en place du registre des biens immobiliers

Publié au Bulletin officiel du 9 février 2023, un arrêté conjoint du ministre de l’Intérieur et de la ministre des Finances vient fixer le modèle du registre des biens immobiliers des collectivités territoriales, en application de l’article 3 de la loi 57-19, relative à la gestion de ces biens.

Cet article dispose que chaque collectivité territoriale doit tenir son registre, divisé en deux parties : l’une pour ses biens publics et l’autre pour ses biens privés. Objectif : assurer une transparence en matière de gestion des biens immobiliers et contribuer ainsi à résoudre la problématique de l’apurement des biens immobiliers, relevée lors de l’examen du projet de loi au Parlement.

En effet, ces biens constituent “une source importante permettant de créer des ressources durables des collectivités territoriales”, et un élément central dans “l’application du programme de développement territorial”, ainsi qu’un mécanisme important pour “promouvoir et encourager l’investissement”.

Un recensement détaillé

Ce texte est venu répondre à une problématique qui a fait l’objet de plusieurs alertes, notamment par la Cour des comptes qui a relevé dans ses rapports les défaillances des collectivités territoriales dans la gestion de leurs biens immeubles. Certaines ne disposent pas des titres de propriété de leurs biens et n’entreprennent aucune action pour en régulariser la situation juridique.

Désormais, à travers ces registres, seront recensés les biens publics, privés, inscrits à la conservation foncière et ceux en cours d’inscription, mais aussi ceux qui ne le sont pas, les biens acquis, cédés, les biens objet d’expropriation ou de location, ainsi que ceux mis à la disposition de l’Etat, d’autres collectivités territoriales ou d’établissements publics.

Ainsi, conformément au modèle annexé à l’arrêté ministériel, le président du conseil de la collectivité territoriale “est chargé de gérer le registre dans lequel sont recensés tous les biens immobiliers que possède la collectivité territoriale”, avec toutes leurs caractéristiques (nature du bien, superficie, situation juridique, détails du lieu où il se trouve, etc.). Il est également chargé de “numéroter et signer chacune de ses pages”, sachant que le registre peut prendre une forme immatérielle.

Une fois mis à jour, il est chargé de le publier à travers “tous les moyens de publicité adéquats, notamment le portail national des collectivités territoriales”. Mais aussi, de “déposer une copie au siège de la collectivité territoriale, à disposition des intéressés”.