MASI : jusqu’où peut aller l’indice en 2026 ?

Depuis le début de l’année 2026, le MASI affiche une progression de 2,9%, malgré une évolution marquée par une alternance de séances de hausse et de correction. Après une progression entre le 2 et le 6 janvier, l’indice a corrigé lors des séances des 7 et 8 janvier.

L’année 2026 démarre dans un climat d’optimisme et de continuité des belles performances réalisées en 2025. C’est le ressenti des analystes. Cette dynamique s’explique par un mélange de facteurs qui ont porté le marché : un cadre macroéconomique plus lisible, une masse bénéficiaire des entreprises en progression, les grands chantiers de l’investissement public, mais aussi les événements sportifs dans le Maroc.

Au-delà de ces facteurs de soutien, que disent aujourd’hui les niveaux techniques du MASI, et jusqu’où l’indice peut-il aller ?

« Le MASI se comporte globalement bien en ce début d’année. On est dans une phase de transition après la sortie de la consolidation observée fin 2025, avec des mouvements encore contenus d’une séance à l’autre. Les signaux techniques restent constructifs et, tant que l’indice se maintient sur ses niveaux actuels et plus de 16.000 points, le scénario de poursuite haussière reste d’actualité », commente un analyste de la place.

« L’alternance entre hausse et correction que l’on observe depuis début janvier est tout à fait normale. En début d’année, il y a toujours des ajustements de portefeuilles et des arbitrages, d’autant plus après une année très performante. Les variations restent limitées, de l’ordre de quelques dixièmes de point, ce qui traduit une volatilité légère et saine. Cette mini-volatilité n’a rien d’inhabituel tant que le climat de marché reste rassurant et que les fondamentaux ne sont pas remis en cause ».

Jusqu’où peut aller le MASI à moyen terme ?

Pour Jérôme Boumengel et Tarik Amiar, fondateurs et associés gérants de African Financial Investment, « après une année 2025 remarquable, la Bourse de Casablanca aborde 2026 avec des perspectives toujours favorables. Plusieurs éléments plaident en faveur d’une poursuite de la dynamique haussière ».

« La croissance économique du Maroc demeure solide, portée à la fois par le redressement du secteur agricole et par la bonne tenue des activités non agricoles, créant un contexte propice à la performance des sociétés cotées ».

« La dynamique bénéficiaire reste particulièrement soutenue. D’après nos estimations, la croissance des bénéfices attendus sur les douze prochains mois s’établit autour de 21%, un niveau largement supérieur à la moyenne décennale de 7% ».

« Parallèlement, les valorisations se sont normalisées. Le P/E prospectif du MASI est revenu en ligne avec sa moyenne à cinq ans, autour de 19x, après avoir culminé à 22x avant la phase de consolidation observée début septembre ».

« L’analyse technique confirme ce scénario constructif. Le MASI semble avoir achevé sa consolidation et le retour de la pression acheteuse pourrait permettre une sortie haussière du triangle de consolidation », concluent-ils.

Un franchissement des sommets historiques vers 20.321 points ouvrirait la voie à l’objectif des 22.562 points

Une configuration technique qui ouvre la voie à de nouveaux sommets

Après plusieurs mois d’évolution sans direction tranchée, le MASI semble avoir franchi un cap technique important. C’est en tout cas la lecture livrée par BMCE Capital Global Research dans son dernier snapshot technique, où la maison de recherche estime que l’indice pourrait entrer dans une nouvelle phase haussière susceptible de le conduire vers un nouveau plus haut historique.

Depuis l’été 2025, le marché évoluait dans une large phase de consolidation en triangle, bornée par un creux situé autour de 17.765 points et un sommet proche de 20.060 points. Ce mouvement oscillatoire, anticipé dans leurs précédentes analyses, s’est prolongé jusqu’à la fin décembre, sans remise en cause de la tendance de fond.

« Cette période de consolidation s’est accompagnée de volumes relativement modérés, nettement inférieurs à ceux observés lors des phases haussières précédentes. Entre le 28 août et le 29 décembre 2025, le volume moyen quotidien sur le marché central s’est établi à environ 463 MDH, traduisant un marché en attente, mais sans pression vendeuse marquée. Pour BKGR, cette configuration correspond à la vague finale (vague E) du triangle, identifiée autour du niveau de 18.387 points, marquant la fin de la phase corrective ».

Des signaux techniques qui confirment la solidité du mouvement

À la clôture de la séance du 5 janvier 2026, le MASI s’est établi à 19.441 points, confirmant son maintien au-dessus de la moyenne mobile exponentielle à 20 jours. Un élément jugé d’autant plus significatif que l’indice a trouvé, depuis septembre, un appui à trois reprises sur sa moyenne mobile à 200 jours, sans jamais la rompre.

Sur le plan des indicateurs, BKGR souligne également l’absence de divergence baissière sur le RSI en données hebdomadaires. L’oscillateur reste au-dessus de sa zone de neutralité, ce qui conforte l’idée d’un marché toujours inscrit dans une dynamique haussière saine, sans excès technique immédiat.

C’est toutefois l’analyse en vagues d’Elliott qui constitue le cœur du scénario avancé par BKGR. Selon cette lecture, le MASI serait entré dans la cinquième vague haussière d’une troisième vague de grand degré. Historiquement, ce type de configuration correspond à des phases de marché caractérisées par une reprise progressive des volumes et un sentiment de marché de plus en plus positif, pouvant aller jusqu’à une certaine euphorie.

Dans ce cadre, la sortie haussière du triangle ouvre un premier objectif technique situé autour de 21.000 points. Ce niveau constitue, pour BKGR, une cible cohérente à court terme après la validation de la fin de la consolidation.

Au-delà de ce premier palier, l’analyse devient plus ambitieuse. BKGR s’appuie sur un nouveau canal haussier reliant les points d’achèvement des vagues 2, 3 et 4. La borne supérieure de ce canal coïncide avec une extension de Fibonacci de 61,8% appliquée aux vagues (1) et (3), ce qui fait émerger une zone cible comprise entre 22.500 et 22.800 points.

Cette zone correspondrait à la fin théorique de la vague 5, et donc à un nouveau plus haut historique pour l’indice MASI. Un scénario que la maison de recherche juge crédible tant que la structure technique actuelle n’est pas remise en cause.

BKGR conclut en réaffirmant son opinion positive sur l’orientation du marché actions marocain. « Ce biais reste valable tant que le MASI se maintient au-dessus du seuil stratégique des 16.000 points, niveau qui constitue la borne basse de la structure de long terme ».

« Dans ce cadre, la fin de la consolidation en triangle est désormais considérée comme actée, et la reprise en cours pourrait conduire l’indice vers un nouveau all-time high, dans un environnement de marché appelé à rester porteur », concluent les analystes de BKGR.

Source : BKGR

Bourse de Casablanca : banques, énergie… les nouvelles recommandations des analystes

Dans un marché marqué par une forte dynamique boursière et une attention accrue des investisseurs sur la qualité des fondamentaux, plusieurs valeurs cotées à la Bourse de Casablanca ont récemment fait l’objet de mises à jour de la part des maisons de recherche.

Celles-ci ont, pour l’essentiel, choisi de maintenir leurs recommandations et leurs cours objectifs, estimant que les performances récentes et la visibilité à moyen terme restent en ligne avec leurs scénarios centraux. Voici ce qui ressort de ces dernières recommandations.

Les valeurs bancaires

CIH Bank

Sur CIH Bank, la lecture d’Attijari Global Research reste résolument positive, portée par des réalisations jugées solides à fin septembre 2025 et une visibilité bénéficiaire qui demeure bien orientée. L’analyste maintient ainsi sa recommandation « Acheter » sur le titre, avec un cours objectif de 492 DH, faisant ressortir un potentiel de hausse de 22% par rapport aux niveaux de cours observés en 2 décembre et avec un horizon de recommandation de 12 mois.

Dans le détail, les performances opérationnelles enregistrées au cours des neuf premiers mois de l’année viennent conforter les anticipations de croissance retenues pour l’ensemble de l’exercice.

Le produit net bancaire affiche une progression de 14,3% à 4.041 MDH, un rythme supérieur à celui attendu sur l’année et correspondant à un taux de réalisation confortable des prévisions annuelles. Cette dynamique repose d’abord sur la marge d’intérêt, en hausse sensible, bénéficiant à la fois de la croissance des crédits et d’une amélioration de la marge d’intermédiation. En parallèle, la banque enregistre une forte accélération de ses commissions ainsi qu’une contribution positive des activités de marché, traduisant une diversification accrue de ses sources de revenus.

Sur le front du risque, Attijari Global Research relève une situation maîtrisée. Le coût du risque demeure globalement contenu et progresse à un rythme inférieur à celui des encours de crédits, ce qui se traduit par une amélioration du taux du coût du risque. Cette évolution est jugée cohérente avec le profil de croissance du portefeuille et conforte le scénario retenu pour l’ensemble de l’année, dans un environnement qui reste pourtant marqué par certaines incertitudes.

Enfin, la rentabilité ressort comme l’un des principaux points d’appui de la thèse d’investissement. Le résultat net part du groupe affiche une hausse de 31,2% à 862 MDH à fin septembre, un niveau supérieur aux attentes initiales et correspondant à près de 80% de l’objectif annuel. Cette performance conforte le scénario central d’Attijari Global Research, qui anticipe pour CIH Bank le franchissement du seuil d’un milliard de dirhams de bénéfice sur l’exercice 2025, justifiant le maintien du cours objectif et de la recommandation sur le titre.

Crédit du Maroc

Sur Crédit du Maroc, la lecture d’Attijari Global Research s’inscrit elle aussi dans une logique de continuité, l’analyste ayant maintenu sa recommandation « Acheter » sur le titre, avec un cours objectif inchangé de 1.285 DH. Par rapport au cours observé le 2 décembre de 970 DH, ce scénario fait ressortir un potentiel de hausse de 32%.

Les réalisations à fin septembre 2025 confirment en effet la trajectoire de croissance retenue par AGR pour les exercices à venir. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire affiche une progression de 9,8% à 2.678 MDH, en ligne avec la prévision annuelle, correspondant à un taux de réalisation de 75%. Cette évolution repose très largement sur la marge d’intérêt, qui explique plus de 80% de la croissance du PNB, portée à la fois par la progression des encours de crédits et par une amélioration marquée de la marge d’intermédiation. Les commissions et les activités de marché continuent également de contribuer positivement, traduisant une dynamique commerciale plus équilibrée.

Sur le plan opérationnel, Crédit du Maroc poursuit sa trajectoire d’amélioration de l’efficacité. Le coefficient d’exploitation recule de 1,6 point pour s’établir à 45,2%, un niveau meilleur que celui anticipé pour l’ensemble de l’exercice.

Depuis le changement d’actionnariat intervenu en 2022, AGR met en avant une baisse cumulée significative de cet indicateur, reflet d’un nouveau dynamisme du produit net bancaire dont le rythme de croissance est désormais nettement supérieur à celui des charges de gestion. Cette évolution renforce la visibilité sur la capacité de la banque à dégager durablement de la valeur.

L’amélioration du profil de risque constitue toutefois le point le plus saillant de la note. Le coût du risque recule fortement pour s’établir à 228 MDH, en baisse de plus de 20% sur un an et largement inférieur aux anticipations initiales. Cette évolution s’explique notamment par l’amélioration du taux de créances en souffrance, qui recule de manière significative sur la période, un élément jugé structurant dans l’appréciation du scénario de moyen terme.

Enfin, la progression de la rentabilité vient confirmer la solidité de cette trajectoire. Le résultat net part du groupe ressort en hausse de 19,9% à 690 MDH à fin septembre, soit un taux de réalisation élevé de 83% de l’objectif annuel.

Bank of Africa

Sur Bank of Africa, l’analyse d’Attijari Global Research demeure favorable, portée par une dynamique bénéficiaire jugée solide et par des progrès continus en matière d’efficacité opérationnelle. L’analyste maintient sa recommandation « Acheter » sur le titre, assortie d’un cours objectif de 300 DH, ce qui fait ressortir un potentiel de hausse de 35% par rapport au cours du 1er décembre (223 DH).

Les réalisations à fin septembre 2025 viennent conforter le scénario retenu pour l’exercice en cours. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire ressort en hausse de 8,7% à 15.279 MDH, un rythme supérieur à celui anticipé sur l’ensemble de l’exercice et correspondant à un taux de réalisation de 77% des prévisions annuelles.

Cette progression est très largement portée par la marge d’intérêt, qui explique 85% de la croissance du PNB, avec une hausse de 10,9% à 10.613 MDH, soutenue à la fois par la progression des crédits et par une amélioration marquée de la marge d’intermédiation.

Enfin, la rentabilité confirme la solidité de la dynamique observée. Le résultat net part du groupe progresse de 12% à 3.011 MDH à fin septembre, soit 80% de l’objectif annuel fixé par l’analyste. Cette performance, supérieure aux prévisions initiales, conforte le scénario de croissance bénéficiaire d’Attijari Global Research pour l’exercice 2025 et justifie le maintien du cours objectif et de la recommandation sur le titre.

CFG Bank

Sur CFG Bank, l’analyse d’Attijari Global Research demeure favorable, l’analyste maintenant sa recommandation « Acheter » avec un cours objectif inchangé de 287 DH.

Par rapport au cours observé fin novembre, ce scénario fait ressortir un potentiel de hausse de 19%, soutenu par une amélioration jugée remarquable de la profitabilité et par la montée en puissance progressive du modèle de la banque.

Les réalisations à fin septembre 2025 confirment la dynamique de croissance retenue pour l’exercice. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire progresse de 34% à 909 MDH, en ligne avec la prévision annuelle de 1.204 MDH, soit un taux de réalisation de 75%.

Dans le détail, la marge d’intérêt évolue mieux que prévu, en hausse de 32% à 376 MDH, portée par la forte dynamique des crédits, en progression de 20%, et par une amélioration de la marge d’intermédiation de 25 points de base à 2,87%. La marge sur commissions progresse pour sa part de 21% à 335 MDH, correspondant à un taux de réalisation de 76% de la prévision annuelle, tandis que les activités de marché enregistrent une hausse marquée de 71%, dans un contexte obligataire et boursier favorable.

L’élément le plus structurant de la note réside toutefois dans les gains d’efficacité liés à l’effet taille. Grâce aux économies d’échelle, le coefficient d’exploitation s’améliore de 11,3 points pour s’établir à 47,4%, un niveau qui surperforme déjà les projections communiquées par le management lors des « Capital Market Days » de mai 2025, lesquelles tablaient sur un COEX inférieur à 50% à partir de 2028–2029. Pour AGR, cette avancée traduit une inflexion durable du profil de rentabilité de la banque.

Cette amélioration opérationnelle se reflète directement dans la capacité bénéficiaire. Le résultat brut d’exploitation ressort à 478 MDH, en hausse de 71%, représentant un taux de réalisation élevé de 83% de la prévision annuelle. Dans ce contexte, et par mesure de prudence, Attijari Global Research indique maintenir inchangée sa prévision de résultat net part du groupe pour 2025, anticipé à 363 MDH, en progression de 39% sur un an, soit une croissance supérieure de 11 points à celle du PNB. L’analyste rappelle par ailleurs que la banque devrait consommer la totalité de ses déficits reportables sur l’exercice 2025, un élément structurant pour la lecture des résultats à venir.

Taqa Morocco : maintient de la recommandation « Achat »

Sur Taqa Morocco, la lecture de BMCE Capital Global Research demeure clairement constructive, malgré un premier semestre marqué par des contraintes opérationnelles et conjoncturelles.

BKGR maintient sa recommandation « Achat » sur le titre, avec un objectif de cours de 3.078 DH, faisant ressortir un potentiel de hausse de 34% par rapport au cours de 2.300 DH observé début décembre.

Le chiffre d’affaires consolidé ressort ainsi en retrait de 4,8% à 5.379 MDH à fin juin, avant de limiter sa baisse à -2,2% à 7.957 MDH à fin septembre, porté par un troisième trimestre plus dynamique.

À l’échelle de l’exercice, BKGR anticipe néanmoins un redressement progressif de l’activité, avec un chiffre d’affaires attendu à 11,2 MMDH en 2025, en hausse de 2,1%, puis à 11,6 MMDH en 2026, sous l’hypothèse d’une stabilisation des prix du charbon et d’une normalisation de l’effet change.

Cette pression conjoncturelle se reflète également dans la rentabilité opérationnelle. L’EBE recule de 9,7% à 1.648 MDH au premier semestre, avant de s’établir à 2.415 MDH à fin septembre, soit une baisse plus limitée de 6,7%.

Sur le plan de la capacité bénéficiaire, un RNPG attendu à 1.080 MDH en 2025, en légère progression de 2,6%, puis à 1.119 MDH en 2026, soit une croissance additionnelle de 3,6%. Cette amélioration s’accompagne d’un allègement de l’endettement net, en baisse de 6,6% à 6.327 MDH à fin juin 2025, soutenu par la génération de flux de trésorerie et les remboursements de dettes réalisés sur la période.

https://medias24.com/2025/12/02/bourse-les-banques-cotees-voient-leur-pnb-augmenter-de-63-a-fin-septembre-2025-1587927/

Entreprises cotées : plus de 40 MMDH de bénéfices attendus en 2025 (BKGR)

Selon le dernier Forecast publié par BMCE Capital Global Research en octobre 2025, le résultat net part du groupe (RNPG) agrégé des sociétés cotées devrait connaître une envolée, passant de 31,5 MMDH en 2024 à 41,2 MMDH en 2025, soit une progression spectaculaire de +30,8%.

En 2026, la capacité bénéficiaire poursuivra sa progression pour atteindre 44,4 MMDH, soit +7,7% sur un an.

Même retraité des éléments exceptionnels liés au règlement du litige IAM/INWI, le RNPG afficherait une croissance robuste de 12,3% en 2025 et de 11,3% en 2026.

Cette performance sera portée par la quasi-totalité des secteurs, avec des contributions marquées des télécoms, des banques, de l’industrie et des secteurs émergents comme la santé et l’immobilier.

>> Banques : un pilier durable de la rentabilité

Le secteur bancaire restera l’un des principaux moteurs de la croissance bénéficiaire. Le produit net bancaire (PNB) devrait atteindre 76,682 MMDH en 2025 (+6,6%) après 71,9 MMDH en 2024, puis 80,3 MMDH en 2026 (+4,8%).

Le résultat brut d’exploitation (RBE) progresserait de +7,8 % à 45,2 MMDH en 2025, avant d’atteindre 47,5 MMDH en 2026 (+5,1 %).

Enfin, le RNPG du secteur bancaire passerait de 15,5 MMDH en 2024 à 18,1 MMDH en 2025 (+16,1%), puis 19,4 MMDH en 2026 (+7,2 %).

>> Industrie, BTP et matériaux : accélération soutenue           

L’industrie continuera d’alimenter la dynamique du marché. Son chiffre d’affaires devrait croître de 7,3% en 2025 (199,4 MMDH) puis de 9,6% en 2026 (218,7 MMDH).
Parmi les moteurs clés :

Dans le BTP, la forte demande en construction dopera les résultats de Ciments du Maroc, TGCC, Sonasid ou Jet Contractors, avec un RNPG en hausse de 23,2% en 2025 et de 11% en 2026.

>> Santé : locomotive de croissance

Le secteur de la santé figure parmi les plus dynamiques. Son chiffre d’affaires bondira de +34% en 2025 (8,85 MMDH) et de +24,4 % en 2026 (11 MMDH).

>> Immobilier : redressement confirmé

Après plusieurs années de ralentissement, l’immobilier retrouve un rythme de croissance élevé. Le chiffre d’affaires grimpera de 33,4% en 2025 (6,8 MMDH) puis de 16,3% en 2026 (7,9 MMDH).

Le RNPG bondira de 77,3% à 875 MDH en 2025, puis de 26,8% à 1,1 MMDH en 2026, porté par Alliances, Résidences Dar Saada et Addoha.

>> Mines : Managem propulse la rentabilité

Le secteur minier devrait être l’un des plus performants. Le chiffre d’affaires augmentera de 21,2% en 2025 (12,7 MMDH) et de 41% en 2026 (17,9 MMDH).

Le RNPG bondira de 67,9% en 2025 puis de 72,3% en 2026, porté par l’essor de Managem, dont le bénéfice pourrait plus que tripler grâce aux nouveaux projets miniers.

>> Énergie et gaz : performances contrastées

L’énergie présentera des trajectoires divergentes. Taqa Morocco restera stable avec un RNPG en hausse de 2,6%.

En revanche,  Afriquia Gaz verrait ses bénéfices reculer de -6,2% et TotalEnergies Marketing Maroc de -11,8%, en raison de l’effet prix et de la hausse des charges.

>> Assurances : croissance contenue

Les primes nettes progresseront de 9,2% en 2025 (22,8 MMDH) et de +6,4% en 2026 (24,2 MMDH).

Malgré une sinistralité plus élevée, le RNPG sectoriel augmentera de +5,3 % en 2025 (1,7 MMDH) et de +12 % en 2026 (2 MMDH).

Bourse de Casablanca : la correction actuelle annonce-t-elle un « bear market » ?

Comment se comporte aujourd’hui la Bourse de Casablanca ? Jusqu’où peut aller la correction en cours ? Autant de questions que se posent les investisseurs, et plus particulièrement les petits porteurs, face à la volatilité qui agite le marché depuis la rentrée.

Depuis début septembre, le MASI a effacé près de 8,9% de sa valeur, passant du cap symbolique des 20.000 points à un niveau légèrement supérieur à 18.000 points. La chute a été progressive : -5,2% sur le mois de septembre, puis -3,83% entre le 1ᵉʳ et le 14 octobre.

Une séquence qui reflète un véritable changement de climat boursier après un premier semestre euphorique.

Pour autant, il ne s’agit plus de chercher à expliquer les causes immédiates de cette baisse, ni de tenter de prédire son point d’arrêt. Le marché a ses propres dynamiques, souvent imprévisibles, et l’actualité peut à tout moment bouleverser les anticipations les plus solides.

Petits porteurs : entre peur et spéculation

Cette correction se fait sentir d’abord chez les investisseurs individuels, particulièrement sensibles aux signaux de marché. « Nous avons observé une vague de ventes sur plusieurs titres, principalement de la part des petits porteurs« , confie un analyste de la place. « Leur réaction est souvent émotionnelle : une simple information peut peser sur leur moral et les pousser à revoir leurs positions ».

Majoritairement tournés vers des stratégies de court terme, ces investisseurs cherchent à engranger des plus-values rapides. Cette approche spéculative peut certes être lucrative, mais elle les expose à des risques élevés, notamment dans un contexte de volatilité accrue. Nombre d’entre eux se retrouvent aujourd’hui face à des portefeuilles en forte baisse et redoutent de voir leurs capitaux fondre.

À l’opposé, les investisseurs institutionnels et les grands fonds disposent d’une vision de long terme et des stratégies plus structurées. Ils sont souvent mieux armés pour absorber ces phases de marché et attendre le retour d’une dynamique haussière.

Une correction saine et attendue

Côté analystes, le constat est unanime : la correction actuelle est certes marquée, mais elle reste saine, naturelle et attendue. « Le marché n’est pas entré en bear market », affirment-ils, rappelant qu’une telle phase d’ajustement est logique après plusieurs mois de hausse soutenue.

« En ce mois d’octobre, la Bourse traverse une période de forte volatilité, largement alimentée par des facteurs psychologiques », explique un analyste de la place.

Autrement dit, la nervosité des investisseurs pèse davantage que les fondamentaux économiques, lesquels demeurent solides pour la majorité des sociétés ayant publié leurs résultats semestriels.

Cette lecture est partagée par BKGR : « Au volet boursier et malgré des réalisations semestrielles bien orientées, le MASI amorce en septembre un cycle de consolidation, marquant vraisemblablement le début d’une phase de prises de bénéfices à l’issue d’une année exceptionnellement lucrative. La concrétisation du pipe non négligeable d’IPO (dans l’attente des annonces officielles) pourrait relancer la machine, même si les perturbations sociales liées au mouvement GenZ212 pourraient en réduire l’ampleur à court terme ».

En d’autres termes, la correction actuelle ne remet pas en cause les fondamentaux du marché, mais elle invite à davantage de prudence.

« Il faut adapter les stratégies d’investissement à ce nouveau contexte, sans céder aux discours alarmistes véhiculés sur les réseaux sociaux », précisent les analystes.

Des baisses généralisées et marquées sur plusieurs titres

La correction boursière s’est traduite par une série de replis sur la semaine du 6 au 10 octobre, avec un MASI en recul de 1,44% et un MASI20 en baisse de 1,89%.

Plusieurs valeurs ont subi des chutes significatives. Akdital a perdu 6,41%, Microdata 7,13%, Minière Touissit 5,21%, tandis que Realisations Mécaniques et Rebab Company ont reculé de 5,63 % et 6,21 % respectivement.

Même certaines grandes capitalisations ont été touchées, comme LafargeHolcim Maroc (-5,16%) ou CIH Bank (-4,06%).

Cette tendance baissière s’est aussi reflétée sur plusieurs secteurs : l’indice santé a chuté de 4,5%, les boissons de 4,07%, et les services portuaires et hôteliers de 4,72%.

Malgré cette vague de corrections, les analystes y voient avant tout une phase de consolidation plus qu’un signe de panique, le MASI restant en hausse de plus de 25% depuis le début de l’année.

Confiance en repli, mais un marché toujours serein selon AGR

La correction actuelle de la Bourse s’accompagne d’un léger fléchissement de la confiance des investisseurs. Selon le dernier Indice de confiance AGR publié en octobre 2025, le moral du marché ressort à 61,6 points, en repli de 1,5 point par rapport au trimestre précédent.

Cette baisse n’enlève toutefois rien au fait que la perception globale demeure dans la zone dite « d’assurance », un niveau qui traduit un sentiment de sérénité des investisseurs vis-à-vis des perspectives à trois mois.

Cette évolution masque toutefois des contrastes marqués selon les profils. La confiance des investisseurs étrangers connaît une chute spectaculaire : leur indice recule de 17,9 points à 47,5 points, basculant ainsi de la phase d’assurance à celle « d’attentisme ».

À l’inverse, les investisseurs locaux, qui représentent près de 89% des volumes échangés, affichent une résilience notable. Les institutionnels et OPCVM restent quasi stables à 61,5 points, les acteurs de référence progressent à 67,2 points (+3,5 points), et les investisseurs particuliers enregistrent même une hausse significative de 4,3 points, atteignant 68,4 points.

Moins d’appétit pour le risque et volumes attendus en recul

Cette confiance en demi-teinte se reflète dans les anticipations des acteurs. Seulement 57% des investisseurs sondés s’attendent à une hausse du MASI sur les trois prochains mois, contre 74% lors de l’édition précédente.

De même, seuls 38% prévoient une amélioration des volumes échangés, contre 62% auparavant. Signe supplémentaire de prudence, la part des investisseurs prêts à injecter une partie de leur trésorerie sur le marché actions chute de 59% à 29%.

Dans le même temps, ils sont toutefois plus nombreux à envisager de concentrer leurs investissements sur les actions dans les trois prochains mois (43% contre 26% précédemment), preuve d’un repositionnement stratégique plutôt que d’un désengagement.

Concernant les résultats annuels des sociétés cotées, 63% des répondants anticipent des réalisations « de bonne qualité », un chiffre quasi stable par rapport au précédent sondage.

L’analyse d’AGR révèle également un environnement macro et géopolitique encore pesant sur le sentiment de marché. 40% des investisseurs estiment que le contexte géopolitique pourrait avoir un impact négatif sur les trois prochains mois, même si cette proportion recule nettement par rapport aux 62% de l’édition précédente.

Par ailleurs, 43% jugent que l’environnement international n’aura « pas d’impact significatif », signe d’une normalisation des perceptions.

L’optimisme reste cependant dominant quant au climat économique national : 80% des sondés se disent confiants ou très confiants pour les mois à venir.

En revanche, le contexte politico-social suscite davantage de craintes, 43% anticipant désormais un impact défavorable sur le marché actions, contre seulement 6% lors du précédent trimestre.

Une confiance qui reste solide malgré la volatilité

Malgré la correction du marché et l’augmentation de la volatilité, le sentiment dominant demeure celui d’un marché structurellement solide et psychologiquement résilient. Le recul de l’indice de confiance s’explique moins par des facteurs fondamentaux que par des ajustements d’anticipations à court terme.

La baisse de l’appétit pour le risque, le repositionnement des portefeuilles et l’attentisme des investisseurs étrangers traduisent avant tout une phase de respiration logique après un cycle de hausse soutenue. Pour AGR, cette dynamique reste saine et ne remet pas en cause les perspectives positives du marché à moyen terme.

LafargeHolcim Maroc, un titre encore sous-valorisé par le marché

Depuis le début de l’année, l’action LafargeHolcim Maroc progresse de 2,5% et affiche un cours de 1.900 DH à la clôture du 15 septembre 2025, pour une capitalisation supérieure à 46 MMDH.

Ce lundi, le groupe a connu un changement dans son actionnariat avec la cession de plus de 3 MMDH sur le marché de blocs par la Banque islamique de développement au profit de plusieurs institutions et OPCVM, selon une source sûre.

En marge de cette opération, l’action a terminé en baisse de 4,28%, avec un volume d’échanges de 55,9 MDH sur le marché central.

« La baisse du cours est tout à fait normale, car on parle d’un bloc massif de plus de 3 milliards de dirhams cédé avec une décote par rapport au cours du marché », explique un analyste de la place.

« Forcément, le marché ajuste son prix au niveau de la transaction, surtout quand elle porte sur près de 7% du capital ».

« Le fait que les 7% du capital soient passés d’un actionnaire unique vers plusieurs investisseurs institutionnels élargit le flottant et rend le titre plus visible sur le marché. Avec une part plus importante du capital désormais susceptible d’être échangée, la liquidité potentielle augmente et l’action peut mieux refléter l’équilibre entre offre et demande au quotidien ».

« LafargeHolcim est généralement reconnue pour son rendement attractif en matière de dividendes, avec un DPA 2024 de 70 DH par action et un niveau de payout jugé intéressant, donc un taux de distribution élevé et apprécié par les investisseurs en quête de rendement ».

« Sur le plan de la valorisation, le titre reste, à nos yeux, sous-valorisé par rapport à d’autres sociétés du secteur du BTP qui s’échangent avec des multiples plus exigeants. Avec un PER autour de 23x, il existe encore une marge de progression », conclut-il.

Au moment de la rédaction de ces lignes, le carnet d’ordres de la séance du 16 septembre montre une domination du côté vendeur.

Les offres de vente démarrent à 1.975 DH pour 586 actions avec un total de 1.692 titres proposés jusqu’à 2.000 DH, alors qu’en face, les meilleures intentions d’achat se situent entre 1.925 DH et 1.962 DH pour 519 actions.

Les prévisions du titre LHM

Selon les prévisions de BKGR, le chiffre d’affaires de LafargeHolcim Maroc devrait passer de 8,1 MMDH en 2024 à 8,7 MMDH en 2025, puis à 9,3 MMDH en 2026.

Cela représenterait une progression annuelle de 7% sur chacune des deux années, soutenue par la poursuite de la dynamique d’investissement et par une demande en matériaux de construction qui resterait bien orientée.

BKGR anticipe également une amélioration progressive de la rentabilité opérationnelle. Le résultat d’exploitation (REX) est attendu à 3,3 MMDH en 2024, 3,5 MMDH en 2025 et 3,8 MMDH en 2026, soit des hausses respectives de 8,1% puis 7,8%. Cette évolution s’expliquerait notamment par la contraction de la facture énergétique du groupe, qui allègerait ses coûts de production et soutiendrait ses marges.

Pour le résultat net part du groupe (RNPG), BKGR table sur 1,8 MMDH en 2024, 1,9 MMDH en 2025 et 2,15 MMDH en 2026.

Les taux de croissance attendus seraient de 8,9% en 2025 et 8,2% en 2026, ce qui confirme une trajectoire bénéficiaire solide pour LafargeHolcim Maroc sur l’horizon de prévision.

Pour rappel, au deuxième trimestre 2025, le chiffre d’affaires consolidé de LafargeHolcim Maroc s’établit à 2,1 MMDH, en hausse de 16,8% par rapport aux 1,8 MMDH enregistrés un an plus tôt.

Cette progression est portée par l’augmentation des volumes de ventes de ciment et de béton prêt à l’emploi, dans un contexte où la demande nationale de ciment a progressé de 15,4% sur la période.

Sur l’ensemble du premier semestre, le chiffre d’affaires atteint 4,2 MMDH contre 3,7 MMDH au S1-2024, soit une croissance de 12,7%.

L’endettement net s’élève à 4,8 MMDH à fin juin 2025, en recul de 13,8% par rapport aux 5,6 MMDH enregistrés à la même date l’année précédente.

Immobilier coté : un changement de comptabilité qui décale les revenus

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau plan comptable du secteur immobilier en janvier 2025, les promoteurs immobiliers cotés à la Bourse de Casablanca présentent désormais leurs résultats financiers selon un référentiel unifié.

Le chiffre d’affaires est reconnu uniquement à la signature de l’acte authentique, les bénéfices ne peuvent plus être lissés d’un exercice à l’autre, et les stocks sont encadrés par des règles d’évaluation plus strictes, souvent validées par des experts externes.

Cette réforme découle d’un besoin exprimé par les établissements de crédit, mais aussi par les investisseurs, face à la difficulté de comparer les états financiers des opérateurs immobiliers, notamment ceux cotés en bourse.

Le cœur du problème résidait dans les disparités importantes dans les méthodes de comptabilisation du chiffre d’affaires, qui faussaient la lecture de la performance et de la viabilité des projets.

Mais six mois plus tard, que nous disent vraiment les premiers états de synthèse publiés sous ce nouveau cadre ? Ces nouvelles règles modifient-elles uniquement la présentation des chiffres ou traduisent-elles des évolutions réelles dans l’activité des groupes cotés ? Et surtout, quel impact concret peut-on observer sur les opérateurs immobiliers cotés en bourse, tant sur le plan financier que boursier ?

Un chiffre d’affaires en hausse, mais désormais redéfini

Au premier trimestre 2025, les trois principaux promoteurs cotés, Addoha, Alliances et RDS, ont tous enregistré une hausse du chiffre d’affaires publié par rapport à la même période en 2024. Mais cette progression, bien que réelle, n’est pas directement comparable avec les exercices précédents, en raison du changement de référentiel.

Le chiffre d’affaires généré par Addoha au T1-2025 s’élève à 722 MDH, contre 689 MDH un an plus tôt, soit une progression de 5%. Si l’on applique les anciennes règles de comptabilisation, le chiffre d’affaires aurait été de 851 MDH, ce qui représente une évolution de 24% sur un an. La différence liée au changement de méthode atteint donc 129 MDH, correspondant à des revenus non encore comptabilisés en raison du nouveau référentiel.

Alliances affiche un chiffre d’affaires de 715 MDH, en hausse de 10% par rapport aux 650 MDH de T1-2024. En référentiel retraité, ce chiffre aurait atteint 854 MDH, soit une croissance de 31%. L’écart entre les deux méthodes s’élève ainsi à 139 MDH.

Le cas de RDS est plus spécifique. Le chiffre d’affaires déclaré au T1-2025 est de 64 MDH, contre 54 MDH à la même période l’an dernier, soit une hausse de 19%. Cette évolution est liée à des livraisons de stocks disponibles. RDS précise que le nouveau plan comptable n’a pas modifié la structure de reconnaissance de ses revenus au cours du trimestre.

Un effet comptable, certes visible, mais avant tout temporel

« L’écart entre les chiffres d’affaires publiés en 2025 et ceux qui auraient été constatés selon l’ancien référentiel comptable ne traduit pas un ralentissement de l’activité. C’est, très clairement, un effet de calendrier, lié aux nouvelles règles d’enregistrement imposées par le plan comptable sectoriel immobilier (PCSI). Désormais, le chiffre d’affaires ne peut être reconnu qu’au moment de la signature définitive de l’acte de vente devant notaire », explique un analyste de marché.

Autrement dit, même si un bien est achevé, livré et partiellement payé, il ne sera pas comptabilisé tant que le contrat n’est pas signé. Auparavant, certains promoteurs pouvaient enregistrer le revenu dès la remise des clés ou sur la base d’une simple facture. Le changement introduit par le nouveau référentiel est donc strict, mais vise bel et bien à renforcer la lisibilité et l’uniformité des comptes.

« Prenons un exemple. Addoha, son chiffre d’affaires constaté au T1-2025 s’élève à 722 MDH. Mais en appliquant l’ancienne méthode, il aurait atteint 851 MDH. La différence de 129 MDH ne signifie pas une perte ou une sous-performance, mais reflète simplement des ventes dont la signature définitive interviendra dans les exercices suivants ».

« Ces nouveautés sont prises en compte par les bureaux de recherche dans l’élaboration de leurs prévisions ».

C’est donc une réalité nouvelle pour les analystes et les investisseurs : le chiffre d’affaires devient plus « juridique » que jamais, collé à l’acte de vente, ce qui limite toute anticipation ou gestion de clôture. Pourtant, cette contrainte ne remet pas en cause les fondamentaux du secteur.

« Il faudra désormais apprendre à lire les résultats avec ce filtre, en s’appuyant sur d’autres indicateurs clés comme les préventes, les unités livrées, le chiffre d’affaires sécurisé ou encore la production en cours. Car c’est bel et bien dans ces données que se reflète l’activité réelle. Le nouveau plan comptable n’efface rien , c’est juste qu’il redistribue simplement les temporalités ».

En bourse, une évolution globalement positive pour le secteur immobilier

Depuis le début de l’année, l’indice sectoriel immobilier à la Bourse de Casablanca progresse de 4,8%.

RDS enregistre une hausse notable de 43,9%, tandis qu’Alliances affiche une progression de 4,2%. De son côté, Addoha recule de 5,8%

« Le contexte actuel reste favorable à une poursuite de la croissance. La baisse du taux directeur décidée par Bank Al-Maghrib en mars assouplit les conditions de financement pour les ménages et les opérateurs. Par ailleurs, le déploiement progressif des aides directes à l’acquisition de logement est perçu comme un levier de soutien à la demande, en particulier pour le logement social et intermédiaire », estime l’analyste.

Selon les prévisions de BKGR, les trois principaux promoteurs immobiliers cotés présentent une trajectoire d’amélioration progressive de leurs fondamentaux boursiers.

Alliances affiche un Price Earning Ratio (PER) attendu de 22,6x en 2025, puis 17,5x en 2026, ce qui traduit une anticipation de forte croissance bénéficiaire. Le titre pourrait ainsi regagner en attractivité, d’autant que le DPA passerait de 4 DH à 6 DH sur la période, avec un rendement qui resterait modeste, autour de 1,2% en 2026.

Pour Addoha, la trajectoire est similaire, mais avec des niveaux de valorisation encore élevés. Le PER atteindrait 56,6x en 2025 puis 48,4x en 2026, malgré une amélioration progressive du dividende par action (de 1 DH à 3 DH), portant le rendement à 6,3%.

Enfin, RDS se distingue par une baisse marquée de son PER, de 23,4x à 15,6x, qui reflète l’ampleur attendue de la reprise bénéficiaire.

Perspectives 2025-2026 : une dynamique globale positive

Selon les estimations de BKGR, le secteur immobilier coté devrait connaître une nette reprise de ses fondamentaux au cours des deux prochaines années. Le chiffre d’affaires global des trois opérateurs cotés passerait de 5,1 MMDH en 2024 à 7,0 MMDH en 2025, puis 8,1 MMDH en 2026, soit une croissance cumulée de 60% sur deux ans. Le résultat net part du groupe triplerait quasiment sur la même période.

La croissance projetée d’Alliances reste régulière. Le chiffre d’affaires progresserait de 17% en 2025, puis de 11% en 2026, soutenu par une dynamique continue des projets résidentiels et touristiques. Le résultat net suivrait une pente similaire, avec 64% en 2025, puis 29% en 2026, dépassant la barre symbolique des 600 MDH.

Pour Addoha, les revenus augmenteraient également de 17% en 2025, pour atteindre environ 3 MMDH, avant de franchir 3,4 MMDH en 2026 (+13%). Toutefois, la croissance bénéficiaire serait plus modérée, soit 2,6% en 2025, puis 16,7% en 2026.

Enfin, RDS afficherait une reprise spectaculaire. Le chiffre d’affaires passerait de 136 MDH en 2024 à plus de 1,2 MMDH en 2025, puis 1,6 MMDH en 2026, soit une multiplication par douze en deux ans.

Le RNPG suivrait cette dynamique, atteignant 160 MDH en 2026, après avoir été négatif en 2024. Ces prévisions reflètent une accélération attendue des livraisons et un retour progressif à l’équilibre financier.

Les bancaires en bourse : ce qui se cache derrière l’écart de valorisation avec le marché

Alors que le marché boursier marocain affiche un niveau de valorisation soutenu, avec un PER moyen de 20,8x en mai 2025, le secteur bancaire continue d’évoluer à un rythme distinct.

Son ratio cours/bénéfices plafonne à 13,9x selon les calculs de Serval Asset Management, creusant un écart de 6 points avec l’ensemble du marché. Ce différentiel, rarement atteint depuis dix ans, attire l’attention des analystes comme des investisseurs.

L’écart interroge d’autant plus que les banques marocaines conservent des fondamentaux solides. La croissance des bénéfices devrait dépasser les 10% en 2025 selon les prévisions de BKGR, portée par la bonne tenue du produit net bancaire, la baisse progressive du coût du risque et un environnement monétaire devenu plus favorable depuis l’assouplissement du taux directeur en mars.

Pourtant, la valorisation boursière des grandes banques reste stable, comme si le marché hésitait à reconsidérer leur profil de risque.

Faut-il y voir une prime de risque persistante, liée à une perception structurelle du secteur, ou bien une opportunité temporaire de revalorisation ? L’analyse des écarts de PER, croisée avec les dynamiques bénéficiaires, permet d’esquisser plusieurs pistes de lecture.

Des fondamentaux bancaires pourtant solides

Si l’on remonte quelques années en arrière, le PER moyen du secteur bancaire marocain évoluait autour de 17x, dans un marché porté par une croissance régulière du crédit et une perception de stabilité. Ce niveau a été perturbé par la crise sanitaire en 2020, mais les valorisations avaient partiellement rebondi à partir de 2021, à mesure que les résultats des banques se redressaient.

Depuis 2023, le mouvement s’est enrayé. Malgré une amélioration continue des résultats, les multiples de valorisation restent contenus, bien en deçà des moyennes historiques. Cette stagnation contraste avec le retour d’un environnement favorable : la politique monétaire est redevenue accommodante, avec un taux directeur abaissé à 2,25% en mars 2025, ce qui réduit le coût de refinancement pour les banques. En parallèle, la structure des dépôts demeure stable, tandis que la collecte, notamment sur les segments retail et corporate, continue de progresser.

Du côté des risques, la tendance est également rassurante. Les banques maintiennent une politique prudente de provisionnement, ce qui permet d’anticiper une légère baisse du coût du risque en 2025, selon les projections de BKGR. Cela contribue à préserver les marges nettes et à soutenir la rentabilité.

Des profils qui expliquent, en partie, la décote sectorielle

Derrière la moyenne sectorielle de 13,9x, le paysage bancaire marocain présente une forte dispersion. Ce sont surtout les grandes banques, pourtant les plus solides sur le plan des résultats, qui tirent cette moyenne vers le bas.

Le différentiel de valorisation entre les banques marocaines et le reste du marché reste marqué, mais il n’est pas figé. Il reflète avant tout des réalités contrastées. Certaines banques, comme Attijariwafa bank ou BCP, affichent des PER modérés alors que leurs fondamentaux restent solides, et leur croissance bénéficiaire attendue dépasse les 10%. D’autres, comme CFG ou BMCI, présentent des multiples plus élevés pour des raisons spécifiques, liées à leur structure de revenus ou à leur profil boursier.

Attijariwafa bank, valorisée à 13,9x, affiche l’un des PER les plus faibles du secteur. BCP suit une trajectoire proche, avec un PER de 14x. CIH Bank, de son côté, affiche un multiple de 14,9x, en ligne avec sa stratégie de développement actif et la reconnaissance progressive de son positionnement auprès des investisseurs.

Plus haut dans la fourchette, Bank of Africa (16,3x) et Crédit du Maroc (15,75x) se distinguent par des profils plus différenciés. BOA capitalise sur sa présence régionale et une trajectoire de croissance continue.

À l’autre bout du spectre, deux banques présentent des PER nettement plus élevés. BMCI, valorisée à 25,2x, se distingue par un effet mécanique lié à une base bénéficiaire encore en reprise. Sa faible liquidité boursière rend également son PER plus sensible aux variations ponctuelles.

CFG Bank, avec un PER de 30,2x, évolue dans une configuration différente : sa récente entrée en bourse et la nature de ses activités en font un profil particulier, que le marché semble valoriser selon d’autres critères.

Lors d’un échange avec la presse à l’occasion du Capital Market Day de CFG Bank, Younes Benjelloun, directeur général exécutif, a expliqué que ce multiple reflète deux éléments fondamentaux : une croissance annuelle attendue de l’ordre de 20% à l’horizon 2028-2029, au-dessus des standards bancaires, et un ROE cible supérieur à 16 %, contre une moyenne de 10% à 12% dans le secteur.

Ce niveau élevé de rentabilité est rendu possible par un modèle hybride, avec 50% de revenus issus des commissions (peu gourmands en fonds propres) et 50% de marge d’intérêt. Ainsi, le PER de CFG ne peut être comparé mécaniquement à celui des banques matures. Il reflète une équation croissance + rentabilité, que le marché semble reconnaître. Tant que ce profil se confirme, le PER pourra rester durablement au-dessus de la moyenne sectorielle, sans pour autant constituer une survalorisation injustifiée.

Vers une revalorisation du secteur bancaire ?

Pour un analyste de marché, « la moyenne sectorielle est trompeuse. Ce sont les grandes capitalisations, bien détenues, qui tirent le ratio vers le bas. Mais chaque banque raconte une histoire différente ».

« Le contexte boursier de 2025 vient aussi renforcer les arguments en faveur d’une revalorisation progressive. Le MASI bancaire a franchi la barre des 19.000 points, un seuil symbolique qui confirme une tendance haussière installée. Dans le même temps, la politique monétaire s’oriente à la détente, avec un taux directeur abaissé à 2,25% en mars et d’autres ajustements envisagés. Ce n’est pas anodin pour les banques. Un cycle de baisse des taux élargit les marges d’intérêt, relance la demande de crédit, et améliore les perspectives de résultats », explique-t-il. Dans cet environnement, les investisseurs pourraient revoir leur grille de lecture.

Enfin, au-delà du positionnement technique, les fondamentaux plaident pour une attention renouvelée au secteur bancaire. En 2024, les banques ont affiché des progressions notables de leurs produits nets bancaires, une amélioration de leurs marges et des politiques de distribution attractives. « On a un secteur rentable, bien capitalisé, qui distribue généreusement et qui bénéficie d’un environnement macro stable. Il n’est pas logique qu’il reste en décote trop longtemps ». « La revalorisation n’est pas garantie. Mais elle n’a rien d’illusoire, surtout si le marché poursuit sa dynamique haussière et que les banques continuent d’exécuter leur trajectoire », conclut-il.

Les entreprises cotées en bourse voient leur chiffre d’affaires augmenter de 5,8% en 2024

En 2024, le chiffre d’affaires global des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca a atteint 320,8 MMDH, enregistrant une croissance de 5,8% par rapport à 2023, où il s’élevait à 303,2 MMDH, selon une note de recherche de la société de bourse M.S.IN.

Cette augmentation de 17,6 MMDH est principalement tirée par la performance de plusieurs secteurs clés, notamment le secteur bancaire, le BTP, les distributeurs et les mines.

Au quatrième trimestre 2024, le chiffre d’affaires des sociétés cotées a connu une hausse significative de 9,5%, passant de 49 MMDH en T4-2023 à 53,7 MMDH en T4-2024.

Le secteur bancaire a été le principal contributeur à cette hausse, avec une progression de 10,3 MMDH (+12,7%), portant son chiffre d’affaires à 91,4 MMDH.

Cette performance s’explique par la baisse des taux d’intérêt et la dynamique positive du marché boursier en 2024.

Le secteur du BTP a également enregistré une augmentation de 2,4 MMDH, bénéficiant des chantiers d’infrastructures liés à l’organisation de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2030 au Maroc.

Le secteur des distributeurs a contribué à hauteur de 1,5 MMDH (+5,7%), notamment grâce à la performance de Label Vie (+618 MDH) et Auto Nejma (+606 MDH).

Par ailleurs, le secteur minier a également contribué positivement avec une hausse de 1,3 MMDH (+14,6%), tirée par la croissance de Managem (+18%), qui a bénéficié de l’appréciation des cours des métaux tels que l’or, l’argent, le cuivre et le zinc.

En revanche, le secteur de l’électricité a enregistré une baisse de 2,3 MMDH (-17,5%), principalement due à la chute des prix du charbon sur les marchés internationaux. Le secteur agroalimentaire a quant à lui reculé de 2,9%, tandis que le secteur des boissons a progressé de 5,7%.

« Cette croissance du chiffre d’affaires des entreprises cotées s’inscrit dans un contexte marqué par une atténuation de l’inflation, passant de 6,6% en 2022 à 0,9% en 2024, ainsi que par le lancement de grands projets d’infrastructures en prévision de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2030. Une dynamique positive dans les secteurs de l’immobilier et du BTP, soutenue par le nouveau programme d’aide au logement, a également joué un rôle clé « , explique M.S.IN.

La dette totale par principaux secteurs en bourse

L’endettement net des entreprises cotées à la Bourse de Casablanca (hors secteur financier) a augmenté de 8,8 %, atteignant 64,7 MMDH, selon une analyse de BMCE Capital Global Research.

Cette hausse est principalement portée par des secteurs clés tels que les télécommunications, les mines et la promotion immobilière.

Le secteur des télécommunications reste le plus endetté, représentant 35% de l’encours global de la dette nette, largement attribuable à Maroc Telecom, dont la dette nette a augmenté de 6,1 MMDH en raison du règlement d’un montant de 6,4 MMDH suite à un jugement dans l’affaire l’opposant à WANA.

Le secteur des mines occupe la deuxième place avec 15% de l’encours global de la dette, porté par Managem, dont l’endettement a augmenté de 2,7 MMDH en raison de ses nouvelles acquisitions, notamment celle de Sound Energy Morocco East Ltd et de l’actif aurifère Karita en Guinée, ainsi que de l’accélération des projets Tizert et Boto.

Le secteur de la promotion immobilière représente 11% de la dette nette globale, avec Akdital qui a accru son endettement de 623 MDH pour financer son plan d’expansion et le renouvellement de ses infrastructures existantes.

Les investissements par principaux secteurs en bourse

Par ailleurs, les investissements en capital (CAPEX) des entreprises cotées ont bondi de 48% en 2024, atteignant 27,8 MMDH.

Cette hausse est principalement portée par les secteurs des télécommunications, des mines et de la santé. Maroc Telecom a mobilisé 40% des CAPEX totaux, avec une enveloppe de 11,2 MMDH (+42,2% par rapport à 2023), destinée au déploiement de ses infrastructures.

Le secteur minier a drainé 27% des CAPEX, soit 7,5 MMDH, principalement investis par Managem pour ses projets cuprifères et aurifères, ainsi que pour ses acquisitions.

Enfin, Akdital a investi 1,9 MMDH en 2024 (+58% par rapport à 2023) pour équiper les cliniques inaugurées en 2024 et celles prévues pour 2025, notamment à Oujda, Rabat, Nador et Guelmim.

La prime de risque baisse à 6,5% au 1er semestre de 2025 (BMCE Research )

Pour la première fois, BMCE Capital Global Research (BKGR) a choisi de calculer la prime de risque actions (PRA) à travers une méthode par sondage, estimant qu’elle reflète mieux la dynamique actuelle du marché. La prime retenue pour le premier semestre 2025 ressort ainsi à 6,5%, en baisse par rapport à septembre 2024 (7,1%).

Ce recul traduit une confiance renforcée des investisseurs, dans un contexte de progression rapide du marché boursier et d’anticipations bénéficiaires solides.

L’indice MASI affiche une hausse de 41,4% en dix-sept mois, soutenu par un regain de liquidités et l’assouplissement de la politique monétaire.

En 2024, Bank Al-Maghrib a procédé à deux baisses du taux directeur, ce qui a renforcé l’attrait pour les actions. Mais cette accélération pose la question des niveaux de valorisation et du risque d’un ajustement à court terme.

Un changement méthodologique pour mieux capter la dynamique du marché

Jusqu’à présent, BMCE Research évaluait la prime de risque à travers trois méthodes principales : historique, instantanée et prospective. La première compare les rendements passés du marché actions avec le taux sans risque. La seconde mesure l’écart entre la rentabilité attendue des actions et le taux sans risque. La troisième repose sur les valorisations cibles des analystes.

Dans cette mise à jour, BMCE Research a estimé que ces approches ne reflétaient pas pleinement les spécificités actuelles du marché, davantage influencé par des éléments techniques que par des fondamentaux de long terme.

La méthode par sondage, introduite en 2017, permet d’intégrer directement les attentes des investisseurs institutionnels (OPCVM, compagnies d’assurances et caisses de retraite).

L’optimisme ambiant se reflète également dans la liquidité du marché. Le volume moyen quotidien (VMQ) a plus que doublé en un an, passant de 229 MDH en janvier 2024 à 536 MDH en janvier 2025. Cette progression illustre un marché plus profond et plus actif, soutenu par l’afflux de capitaux et des anticipations favorables sur les résultats des entreprises cotées.

Des fondamentaux solides, mais un risque de correction à court terme

Plusieurs facteurs structurels continuent d’alimenter la dynamique haussière du marché. L’annonce de grands projets, comme la coorganisation de la Coupe du monde et le développement de gigafactories, devrait stimuler l’activité économique et bénéficier aux entreprises cotées. L’amnistie fiscale décidée par le gouvernement encourage également l’afflux de capitaux vers les actifs financiers.

Les prévisions bénéficiaires des entreprises restent bien orientées. BMCE Research anticipe une croissance de 22,7% des bénéfices des sociétés cotées en 2025, ainsi qu’une hausse de 19% des dividendes distribués. La disparition de l’effet exceptionnel de la provision d’IAM en 2024 renforce cette visibilité.

Toutefois, l’euphorie actuelle pourrait être tempérée par une correction technique. Le marché ayant progressé de manière quasi ininterrompue depuis plus d’un an, une phase de prises de bénéfices au premier semestre 2025 ne serait pas surprenante.

Un arbitrage actions/obligations en pleine recomposition

Avec la baisse des taux directeurs, les placements obligataires perdent en attractivité face aux actions. Le spread entre le dividend yield (D/Y) et les bons du Trésor à 10 ans s’est resserré, passant de -106 pts fin 2023 à -35 pts actuellement. Cette situation milite en faveur d’un arbitrage en faveur des actions, surtout si la Banque centrale poursuit son assouplissement monétaire.

La question de la valorisation des actions reste centrale. Le PER moyen du MASI, bien qu’en hausse, ne reflète pas encore une surchauffe comparable à celle d’autres marchés en fin de cycle haussier. La poursuite de cette dynamique dépendra largement des décisions de la Banque centrale et de la capacité des entreprises à délivrer les résultats attendus.

BMCE Research estime que le MASI pourrait progresser de 16,5% d’ici la fin de l’année, après avoir déjà enregistré 12,67% au 17 février.

La croissance économique, bien qu’attendue à la hausse, pourrait être légèrement inférieure aux prévisions de Bank Al-Maghrib. BMCE Capital prévoit une augmentation du PIB de 3%, contre 3,9% dans le scénario central de la Banque centrale. Cette divergence souligne une certaine prudence face aux défis économiques et aux incertitudes pouvant peser sur l’activité.

Dans ce contexte, la prime de risque de 6,5% pour le S1-2025 reflète un équilibre entre l’optimisme des investisseurs et la nécessité de rester attentif aux signaux d’essoufflement du marché. Si les facteurs techniques et monétaires continuent de le soutenir, il devra faire preuve de résilience face aux ajustements potentiels à venir.

Les titres recommandés par AGR, BKGR et CFG Bank

Face à un marché en mouvement, les institutions de recherche AGR, BKGR et CFG Bank affinent leurs recommandations, mettant en avant des secteurs et des entreprises qui captent la dynamique actuelle.

Chacune avec sa propre lecture, elles identifient des opportunités à travers la solidité des banques, l’essor de la santé privée, la montée en puissance des paiements digitaux et le développement des infrastructures.

Si certaines valeurs se démarquent par leur potentiel de revalorisation, d’autres s’imposent par leur résilience ou leur rôle stratégique dans l’économie.

Derrière ces choix, des tendances se dessinent, révélant des approches distinctes.

Quels secteurs porteront la croissance en 2025 et où se situent les meilleures opportunités ?

>> Secteur bancaire

L’institution de recherche AGR identifie BCP, Crédit du Maroc (CDM) et BMCI comme des opportunités d’achat. D’après ses projections, BCP présente un potentiel d’appréciation de 12% à horizon 2026, avec un ratio P/E estimé à 13,0x.

De son côté, CDM affiche une progression potentielle de 28%, soutenue par une amélioration de sa rentabilité et une valorisation post-OPV jugée attractive (P/E 26E à 16,1x).

Quant à BMCI, elle bénéficie d’une dynamique favorable, mais son coefficient d’exploitation élevé limite son potentiel de valorisation à 18%.

En revanche, AGR recommande de conserver en portefeuille les titres de BOA, CIH Bank et CFG Bank, considérant que leur valorisation actuelle intègre déjà leur potentiel de croissance.

Les analystes de CFG Bank recommandent l’achat de Crédit du Maroc et Attijariwafa bank, mettant en avant leur robustesse financière et leur capacité à capter la reprise économique.

De leur côté, les analystes de BKGR estiment qu’Attijariwafa bank est une valeur sous-évaluée et bien positionnée pour bénéficier de la croissance économique à venir. Selon l’institution, la banque représente une valeur stratégique du marché, qui offre un profil équilibré entre stabilité et potentiel de valorisation.

>> Secteur de la Santé

Akdital figure parmi les valeurs stratégiques du secteur de la santé recommandées par CFG Bank et BKGR. En 2024, le groupe a enregistré une hausse exceptionnelle de 114,7%.

L’entreprise bénéficie d’une forte dynamique soutenue par l’essor du secteur privé de la santé au Maroc.

BKGR considère Akdital comme une valeur Momentum Driven, portée par la demande croissante en soins et l’expansion de son réseau hospitalier.

>> Secteur de la technologie

HPS s’impose comme une référence dans le secteur des paiements digitaux, et les analystes s’accordent sur son rôle dans un marché en pleine mutation, le recommandant à l’achat.

BKGR estime que le titre reste sous-évalué, malgré une performance négative de -1,33% en 2024, et met en avant son potentiel de revalorisation grâce à ses fondamentaux solides et à la croissance soutenue du secteur.

Pour CFG Bank, c’est surtout son expansion internationale qui constitue son principal atout. L’institution insiste sur sa capacité à capter de nouveaux marchés et à s’imposer comme un acteur majeur des paiements électroniques à l’échelle mondiale.

>> Secteur des télécommunications et de la consommation

BKGR reste sur la réserve concernant Itissalat Al-Maghrib, qualifiant le titre d’élément déclencheur après une année 2024 en repli de 14,3%.

De son côté, CFG Bank adopte une approche plus confiante envers Maroc Telecom, mettant en avant sa solide capacité de génération de cash et sa politique de dividendes régulière, qui en fait une valeur défensive attrayante.

Dans le secteur de la consommation, Mutandis retient l’attention de CFG Bank, qui souligne son modèle économique robuste et sa croissance soutenue, confortant ainsi sa place parmi les valeurs à privilégier.

>> Secteur de l’assurance et de l’agroalimentaire

BKGR recommande AtlantaSanad, considérée comme une valeur bien positionnée dans le secteur des assurances avec une valorisation jugée cohérente. L’institution met en avant sa capacité à maintenir une rentabilité stable dans un environnement économique en évolution.

Dans l’agroalimentaire, Cosumar est également retenue pour son profil défensif. Elle offre une stabilité financière et des flux de revenus prévisibles, ce qui en fait une option intéressante pour les investisseurs cherchant une exposition à un secteur résilient.

>> Secteur de l’industrie et des infrastructures

Dans le secteur industriel, BKGR met en avant Sonasid, qui bénéficie d’un potentiel de rebond avec la relance des grands projets de construction.

La société profite d’un environnement favorable dans l’acier et les matériaux de construction, soutenu par la demande croissante des infrastructures. Managem, de son côté, reste une valeur suivie dans le secteur minier, notamment pour son exposition aux métaux précieux, où les perspectives de prix sont jugées attractives à moyen terme.

CFG Bank recommande de suivre Taqa Morocco, positionnée sur le marché de la production d’énergie avec un rôle stratégique dans la transition énergétique. L’entreprise s’oriente vers des projets de dessalement et d’hydrogène vert, ce qui lui confère un intérêt accru pour les investisseurs cherchant une exposition aux énergies renouvelables.

>> Secteur du transport et de la logistique

Enfin, dans le domaine du transport, BKGR recommande à l’achat Marsa Maroc, qui bénéficie de l’augmentation des flux commerciaux et d’une demande croissante pour les services logistiques au Maroc.

Son rôle dans la gestion portuaire en fait un acteur essentiel pour le développement du commerce extérieur, avec un potentiel de croissance stable à long terme.

Plus de 1,5 milliard de DH de dividendes additionnels attendus cette année (BKGR)

Cette année, les revenus, la profitabilité et la masse des dividendes devraient progresser, selon les projections de BKGR.

D’après la société de recherche, les revenus de la cote devraient afficher une bonification de 5,6% par rapport à 2022, à 265 milliards de DH. Notamment du fait de la bonne contribution des produits nets bancaires des financières, attendue en hausse de 10,2% à 62,4 MMDH. Dans un second temps, l’industrie devrait être l’autre secteur à même de contribuer à la hausse des revenus, avec une amélioration de 4,4% à 182 MMDH.

Particulièrement scrutés par les investisseurs et le marché en général, comment évolueront les bénéfices et la masse des dividendes ? Et qui contribuera le plus à ces évolutions ?

Une masse bénéficiaire attendue en hausse de 13,7%, à 29,2 MMDH

D’après les projections de BKGR, les profits des entreprises de la cote devraient afficher une bonne progression cette année, de près de 5 MMDH en valeur par rapport à l’année dernière, pour se fixer à 29,2 MMDH.

Cette dernière serait surtout poussée à la hausse par la non-récurrence de l’astreinte de Maroc Telecom. « L’analyse du breakdown de l’évolution de la capacité bénéficiaire en 2023 fait ressortir une contribution positive attendue, provenant à hauteur de 54% de Maroc Telecom suite à la non-récurrence de l’astreinte imposée par l’ANRT et du contrôle fiscal de 618 MDH comptabilisé en 2022″, souligne la société de recherche. In fine, la capacité bénéficiaire du secteur Telecom devrait progresser de 2,7 MMDH en valeur.

L’évolution des bénéfices devrait également découler à 28% des résultats des financières grâce à la hausse du PNB suite à la hausse du taux directeur. Le secteur bancaire devrait apporter une contribution de près de 1,4 MMDH à la capacité bénéficiaire globale selon les projections de la société de recherche. Néanmoins, il est à noter que « BMCI et CDM ont des contrôles fiscaux en cours, ce qui pourrait altérer l’évolution de la capacité bénéficiaire en 2023 ».

Néanmoins, certains secteurs atténuent cette progression. « Cette contribution positive devrait être principalement atténuée par le recul de 785 MDH de la contribution des mines, en lien avec la baisse attendue des cours des métaux de base et du recul escompté du chiffre d’affaires, et de 231 MDH en raison principalement de la baisse significative du résultat anticipée par le management de TotalEnergies Marketing Maroc », poursuit BKGR.

Notons que, selon la société de recherche, « retraité des éléments exceptionnels ayant impacté IAM en 2022 et des contributions au Fonds 126, le RNPG global devrait s’améliorer de 5,9%, à 30,5 MMDH en 2023 ».

De fait, cette hausse des bénéfices engendrera une amélioration de la masse des dividendes au titre de cette année.

Les dividendes attendus en hausse de 9,6% cette année

Les prévisions de la société de recherche tablent sur une masse de dividendes en hausse de 9,6% à 18,7 MMDH, soit 1,6 MMDH additionnels par rapport à 2022.

Cette performance est principalement anticipée du fait de la hausse de la distribution attendue de Maroc Telecom, liée à la non-récurrence de l’astreinte. Le yield cette année devrait être globalement similaire à celui observé l’an dernier à 3,3%.

Notons que ce rendement est toujours négatif, au vu du niveau d’inflation observé sur la période.

Maroc Telecom : BKGR recommande d’alléger le titre dans les portefeuilles

A la suite de la publication des résultats annuels de Maroc Telecom, la société de recherche BKGR a revu le cours cible de la valeur. Elle recommande aux investisseurs d’alléger le titre dans les portefeuilles et anticipe un cours cible de 88 dirhams, soit un downside de 3,3% par rapport au cours actuel.

Un ralentissement des activités Mobile au Maroc

Le groupe a affiché des performances en quasi-stagnation, par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires a affiché une légère baisse de 0,2% à 35,7 MMDH. La société de recherche note que l’opérateur poursuit sa perte de vitesse sur le marché national.

En effet, le chiffre d’affaires des activités Maroc a baissé de 1,8% par rapport à 2021 à 19,5 MMDH. Une baisse « imputable au repli des revenus Mobile de 3,9% à 11.789 MDH et en particulier de la Data Mobile de 5,6% », précise BKGR. Le ralentissement se fait également ressentir sur le parc client national, avec un repli de 3,3% en glissement annuel à 19,3 millions d’abonnés « consécutivement à une contraction de 4% sur le prépayé Mobile vraisemblablement attribuable aux offres agressives des concurrents, qui a été atténuée par une progression de +2,3% du parc Mobile postpayé », détaille la société de recherche.

Cette perte de vitesse a cependant été partiellement compensée par les activités des filiales africaines du groupe, en croissance de 2% à 17,2 MMDH, tirés principalement par la forte croissance de la Data Mobile (+28% à taux de change constant).

La rentabilité pénalisée par des éléments non courants

Malgré le fait que la concurrence soit de plus en plus accrue sur le marché national, l’opérateur parvient à maintenir des indicateurs opérationnels satisfaisants. La société de recherche note que « l’opérateur historique parvient à stabiliser son EBITDA ajusté à 18,5 MMDH (-0,5%). Par conséquent, la marge d’EBITDA ajusté se fixe à 51,8% (-0,2 pt d’une année à l’autre) ».

Cette dernière intègre une marge d’EBITDA de l’activité internationale en légère amélioration de 0,1 pt à 43,6%, et une marge d’EBITDA au Maroc en légère baisse de 0,3 pt à 56,1%.

BKGR note que « l’EBITA ajusté ressort en léger recul de -1% à 11,4 MMDH, tandis que l’EBITA publié se contracte de -22,3% à près de 9 MMDH, compte tenu de l’astreinte de 2,45 MMDH imposée par l’ANRT suite au non-respect de certaines injonctions du régulateur liées à l’abus de position dominante en matière de dégroupage ».

De plus, le RNPG, déjà fortement impacté par l’amende de l’ANRT a encore été rogné du fait d’un contrôle fiscal pour un montant de 618 MDH. In fine, non ajusté, il ressort en baisse de 54,2% à 2,75 MMDH.

Ces incidents ont naturellement affecté la politique de distribution du groupe. Depuis 2020, le groupe n’affiche plus de ratio de payout historique aux alentours des 95% ou 100%. Comme le note BKGR, « après une baisse exceptionnelle du payout en 2020 à 63%, compte tenu du contexte sanitaire et en 2021 à 75% (vs 95% historiquement), l’opérateur télécom maintient une politique de distribution prudente avec un payout de 70% en 2022 eu égard à l’impact significatif sur le résultat net de l’astreinte imposée par le régulateur des télécommunications marocain ».

Le conseil de surveillance de Maroc Telecom proposera, lors de la prochaine assemblée générale, la distribution d’un dividende de 2,19 dirhams par action contre 4,78 dirhams au titre de l’année 2021. Cette distribution représente un montant global de 1,9 MMDH. « Cette réduction de la masse de dividende aurait pour objectif le renforcement des fonds propres de la société en vue de les rétablir à des niveaux normatifs, et ce, vraisemblablement pour financer notamment son important programme d’investissements à venir », souligne BKGR.

Des prévisions 2023 revues à la baisse

Cette année, le groupe devrait moins bien performer que prévu selon BKGR. La société de recherche anticipe « un chiffre d’affaires consolidé en repli de 3,4% à 34,5 MMDH sous l’effet de la poursuite attendue de la baisse de la part de marché Mobile attribuable principalement à l’impact du recul du pouvoir d’achat conjugué à la réduction des tarifs d’interconnexion mobile et à la pression concurrentielle, notamment avec l’offre data illimitée non disponible chez Maroc Telecom ». Au préalable, BKGR tablait sur des revenus globaux de 34,9 MMDH.

La profitabilité devrait, quant à elle, fortement progresser cette année de 96,4% pour atteindre 5,4 MMDH, contre 5,5 MMDH dans les anciennes projections. Cette hausse provient de la non-récurrence de l’amende de 2,45 MMDH de l’ANRT.

La société de recherche anticipe également « un retour du DPA prévisionnel à un niveau plus proche du normatif avec 4,35 dirhams vs 2,19 dirhams en 2022 pour un payout de 70% et un D/Y de 4,7% sur la base du cours du 24/02/2023 ».

En 2024, « nous escomptons une quasi-stagnation du chiffre d’affaires consolidé, avec une légère baisse de 0,4% à 34,4 MMDH intégrant une décélération escomptée du revenu moyen par utilisateur au Maroc, compte tenu du recours accru aux over-the-top (service permettant le transport de la voix et vidéo, ndlr), qui devrait être compensée par une bonne tenue de l’activité des filiales Moov », conclut la société de recherche.

 

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