Logistique. Moncef Belkhayat détaille le partenariat BLS-Varun Beverages Morocco

Varun Beverages Morocco, franchiseur et producteur des marques de PepsiCo comme Pepsi et Lay’s a conclu un accord d’une ampleur peu commune avec BLS, filiale du groupe H&S Invest Holding, présidé par Moncef Belkhayat.

Il s’agit l’un des plus grands contrats d’entreposage jamais signés dans le secteur des produits de grande consommation (FMCG) au Maroc.

Ce partenariat porte sur la mise à disposition d’un espace logistique de 31.000 m² pour une valeur de 120 MDH sur une durée ferme de neuf ans. 

Contacté par Médias24, Moncef Belkhayat, PDG de BLS, nous dévoile les détails de ce partenariat.

Vers l’externalisation et l’optimisation des coûts

Varun Beverages Morocco, l’entreprise de référence dans le secteur des boissons et snacks au Maroc, souhaite se concentrer sur son cœur de métier, à savoir le développement et la croissance de ses marques, tout en confiant sa logistique à un acteur spécialisé.

« Aujourd’hui, les grandes multinationales privilégient leur cœur de métier, à savoir le brand building, c’est-à-dire la construction et le développement de leurs marques », nous explique Moncef Belkhayat.

« Toutes les activités considérées comme annexes, comme la logistique, sont confiées à des spécialistes. Partout dans le monde, ces entreprises ont fait le choix stratégique d’externaliser la logistique, qu’elles ne perçoivent pas comme une activité centrale de création de valeur. Pour les multinationales des produits de grande consommation, la véritable activité stratégique consiste à investir dans le marketing et le développement de leurs marques ».

« Au Maroc, il existe encore une culture où les entreprises préfèrent internaliser leur logistique, souhaitant garder leurs marchandises sous contrôle direct. Mais cette mentalité évolue. Cela change dans le sens où même les entreprises nationales commencent à penser à sous-traiter. Ainsi, de plus en plus de sociétés de logistique spécialisées voient le jour et sont capables de maîtriser les coûts de gestion. In fine, la décision repose sur un arbitrage entre le coût d’investissement et les coûts de gestion opérationnelle« , nous explique notre interlocuteur.

Cette externalisation de la logistique implique-t-elle une baisse des coûts ? « Elle coûtera moins cher lorsque les pouvoirs publics pourront mettre en place une politique de développement de la logistique dans ce sens », nous répond Moncef Belkhayat.

« Dans les développements urbanistiques historiques au Maroc, la logistique était un parent pauvre. C’est-à-dire que les terrains pour la logistique n’existaient pas généralement. Et s’ils devaient exister dans les plans de développement urbain, ils ne dépasseraient pas 1.000 à 2.000 m2 de superficie. Or, aujourd’hui, pour pouvoir écraser les coûts, il faut du volume ». 

« Il est donc essentiel de développer des plateformes logistiques de 5 à 10 hectares d’un seul tenant. C’est la seule façon de réduire les coûts et de moderniser le secteur. Par exemple, lorsqu’on survole les périphéries de villes comme Barcelone ou Paris, on y voit d’immenses entrepôts alignés, desservis par des camions semi-remorques. Ce modèle est rendu possible grâce à une planification urbaine qui réserve de vastes espaces dédiés à la logistique, permettant ainsi d’optimiser les coûts ».

« Nous sommes en train d’y arriver au Maroc« , estime-t-il, « grâce à la politique de l’Agence marocaine pour le développement de la logistique (AMDL) qui vise à mettre à la disposition des opérateurs des terrains importants ». Il s’agit en effet de zones logistiques construites par l’Agence, à Agadir notamment et à Ouled Saleh. « Ce sont des terrains allant de trois à dix hectares, offrant aux opérateurs logistiques la possibilité d’accéder à du foncier adapté pour construire de grandes plateformes et ainsi réduire significativement les coûts. »

Quatre plateformes pour Varun Beverages Morocco

Selon Moncef Belkhayat, quatre plateformes logistiques seront mises à la disposition de Varun Beverages Morocco par BLS.

La première est actuellement en construction à Lakhyayta, au sud de Casablanca. « C’est un terrain acheté auprès d’un opérateur espagnol il y a neuf mois. Nous sommes en train d’y construire un entrepôt de 25.000 m2 pour Varun Beverages Morocco, en plus de 6.000 m2 sur d’autres villes, à savoir Salé, Meknès et Tanger« , souligne-t-il.

Par ailleurs, le groupe dimensionne actuellement ses capacités avec un programme d’investissement ambitieux de 2 milliards de dirhams (MMDH) sur les deux prochaines années afin de répondre à la demande croissante des multinationales et des entreprises nationales en quête de solutions logistiques modernes et compétitives.

Cet investissement se déploie, d’après notre interlocuteur, sur plusieurs sites stratégiques :

Quid du financement ? Il repose sur plusieurs leviers d’après le PDG de BLS. « D’abord, une ouverture de capital a été réalisée auprès de la Société financière internationale (IFC), membre du groupe de la Banque mondiale, pour un montant d’environ 370 MDH en octobre dernier, suivie d’une deuxième augmentation de capital auprès de Capital Croissance, fonds d’investissement piloté par BMCE Capital Investissements, filiale du groupe Bank of Africa, pour un montant de 75 MDH ».

« À cela s’ajoute un emprunt obligataire de 500 MDH, levé en juillet dernier auprès de plusieurs OPCVM marocains. Le reste du financement provient de dettes d’investissement », avec la possibilité de bénéficier de subventions dans le cadre de la Charte d’investissement, ce qui permet de compléter le montage financier nécessaire pour atteindre le montant total de 2 MMDH.

Une capacité totale de 250.000 positions palettes

Notons toutefois que ce contrat n’est pas un cas isolé. BLS a déjà remporté plusieurs appels d’offres en 2024, parmi lesquels Procter & Gamble (11.000 positions palettes), Lesieur (12.000 postions palettes), LG (15.000 positions palettes), Transmed (10.000 positions palettes), McDonald’s (2.000 positions palettes), ou encore des acteurs du secteur pharmaceutique (4.500 positions palettes pour plusieurs clients).

Le groupe gère aujourd’hui un total de 250.000 positions palettes à travers le Royaume. En plus de ses clients externes, il prend également en charge la logistique d’un grand client interne, Dislog, ainsi que celle de certains locataires tels que la Compagnie chérifienne de chocolat et La Voie Express (60.000 positions palettes).

Tout ceci fait que le groupe couvre à présent la logistique des produits de grande consommation, principalement les produits secs, mais aussi les produits pharmaceutiques, et s’étend désormais à la logistique de la température contrôlée, avec un marché de 2.000 positions palettes qu’il vient de remporter.

Moncef Belkhayat souhaite accroître encore la capacité du groupe. Mais pour l’instant, les deux priorités de BLS sont, d’une part, de finaliser l’acquisition de La Voie Express et son intégration complète dans les systèmes d’information, les ressources humaines et les opérations ; et, d’autre part, de poursuivre le développement d’opérateurs logistiques intégrés de bout en bout.

Cela inclut notamment le renforcement du transport et du transit freigh forwarding, avec la société Marbar Logistics, qui constitue un levier stratégique important pour le groupe.

« Marbar Logistics enregistre aujourd’hui des croissances annuelles de 30% depuis qu’on l’a acquise. C’est donc un levier de croissance important pour le groupe. Mais, ce qui est encore plus important, c’est le développement de notre pôle transport avec les acquisitions de Comptoir Service notamment, et prochainement de Transload, dont le dossier a été transmis au Conseil de la concurrence, ce qui nous permettra de consolider un pôle transport qui fait partie des cinq plus grands nationaux. »

« Il s’agit d’une stratégie globale et holistique couvrant l’ensemble du stockage. Cela inclut la sous-traitance et la location, mais aussi le transport de marchandises, le freight forwarding et le transit. Grâce à cette approche, le groupe se positionne aujourd’hui comme l’opérateur national leader de la logistique end-to-end, allant du freight forwarding au transport et à l’entreposage ».

BLS veut devenir le premier opérateur logistique coté

Moncef Belkhayat souligne par ailleurs que, dans le contexte de transformation digitale et de réorganisation du marché de la distribution, de nouvelles dynamiques logistiques voient le jour.

À mesure que la vente en ligne se développe et que la livraison devient un critère central pour le consommateur, le modèle traditionnel des magasins pourrait évoluer vers une logistique urbaine plus flexible. « Cela passera par la création de grands opérateurs logistiques comme BLS ou Amazon, si ce dernier arrive au Maroc, capables de massifier les flux en périphérie des villes, tout en implantant des warehouses, de petits entrepôts de proximité dans les quartiers, pour assurer une livraison rapide, parfois en moins de 20 minutes. »

Dans ce sens, « je prévois la mise en place d’une politique nationale visant à externaliser les marchés de gros des centres-villes vers la périphérie. Cette démarche permettrait, par exemple, à Derb Omar de transférer ses activités de stockage en dehors de Casablanca, tout en conservant ses bureaux commerciaux en centre-ville ». L’ensemble de la logistique de stockage serait ainsi déplacé dans le cadre de cette politique de massification, optimisant à la fois les coûts et l’efficacité opérationnelle.

Il ne faut pas non plus négliger l’importance croissante des standards de qualité, estime-t-il, en particulier pour les produits alimentaires, où l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) joue un rôle clé dans la mise à niveau des exigences. Dans ce contexte, « les entrepôts de Derb Omar ne répondent plus aux attentes des multinationales. Ces dernières privilégient désormais des opérateurs logistiques structurés, organisés et respectant des standards élevés de qualité et de sécurité, tout en proposant des solutions respectueuses de l’environnement, conformes aux exigences internationales. »

Pour conclure, Moncef Belkhayat rappelle que l’actionnariat de BLS est composé à 60% de H&S Invest Holding, tandis que les 40% restants sont détenus par STOA, IFC (Banque mondiale) et BMCE Capital. « L’objectif du groupe est de poursuivre son développement afin de devenir le premier opérateur logistique national à entrer en bourse ».

Visas Schengen : nouvelles modalités sans rendez-vous à BLS Rabat

Les titulaires d’un visa Schengen d’une durée d’un an, délivrés au cours des quatre dernières années, peuvent demander leur renouvellement en se présentant sans rendez-vous à BLS Rabat, du lundi au jeudi, de 9 h à 11 h. Cette procédure est valable jusqu’à épuisement du quota hebdomadaire. Les demandeurs doivent fournir une copie de leurs visas les plus récents lors du dépôt de leur dossier, précise BLS dans un communiqué.

Les détenteurs d’un visa Schengen de trois ans ou plus, délivrés au cours des quatre dernières années, peuvent également bénéficier de cette procédure. Ils doivent se présenter sans rendez-vous à BLS Rabat tous les vendredis de 8 h à 10 h, jusqu’à épuisement du quota hebdomadaire. Une copie des visas les plus récents est exigée au moment du dépôt de la demande.

Selon la même source, les personnes possédant un visa Schengen d’une durée de deux ans ou plus, délivré au cours des quatre dernières années, peuvent demander son renouvellement sans rendez-vous, du lundi au jeudi, de 9 h à 11 h, jusqu’à épuisement du quota hebdomadaire. Une copie du visa le plus récent est requise.

Par ailleurs, BLS continue de proposer des rendez-vous via sa page web pour les demandeurs qui préfèrent cette option.

Facilitation des demandes de visa d’études

À partir du 17 février, les demandes de visa pour études universitaires pourront être déposées directement à BLS Rabat sans rendez-vous, dans la limite du quota quotidien. Cette mesure vise à simplifier et à accélérer la soumission des dossiers des étudiants. Ceux ayant déjà obtenu un rendez-vous en ligne, et dont le dossier est prêt, peuvent également le soumettre sans attendre.

BLS de Moncef Belkhayat lance un programme d’investissement de 2,1 MMDH

Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 4 février, Moncef Belkhayat, PDG de BLS a transmis une lettre d’intention au directeur général de l’Agence marocaine du développement et de la logistique, Ghassan El Mechrafi, dans laquelle il confirme l’intention de Buildings & Logistic Services de déployer le programme d’investissements ambitieux sur les exercices 2025 et 2026. Ce programme comprend :

• l’acquisition de la plateforme Lkhyayta Hub et son extension pour atteindre +50.000 m²
• ⁠l’acquisition d’une plateforme de 60.000 m² à Casablanca
• l’⁠acquisition et la construction d’une plateforme de 15.000 m² sur une assiette foncière de 200.000 m² à Mohammedia
• ⁠l’acquisition de 2 plateformes logistiques à Tanger d’une superficie totale de 30.000 m²
• la ⁠construction de nouvelles plateformes logistiques à Kenitra, Meknès, Tétouan et Marrakech d’une superficie totale de 30.000 m²
• la construction d’un minimum de 100.000 m² dans le cadre du programme stratégique de massification multi-flux de l’AMDL.

Ce programme d’investissement s’ajoute aux 300 millions de DH de la plateforme de Casa Hub située dans la province de Médiouna à Sidi Hajjaj, d’une superficie de 51.500 m² inaugurée en décembre 2024.

« Aujourd’hui, le fait de pouvoir couvrir le Maroc au niveau logistique et relier Tanger à Guerguerate est une fierté nationale pour nous », a déclaré le PDG de BLS, Moncef Belkhayat, lors de la conférence de presse.

Un constat partagé par le ministre du Transport et de la logistique Abdessamad Kayouh qui a souligné que sa présence « témoigne de [sa] fierté face à cette dynamique positive que connait le secteur de la logistique ». Il considère que ce secteur est « stratégique » pour le Royaume « dans l’accélération industrielle et la compétitivité. »

« Nous sommes un opérateur logistique end to end. Nous faisons du freight forwarding. L’enjeu est la taille, le plus nous grandissons, nous fusionnons, le mieux c’est. La taille permet d’écraser les coûts, et ces derniers permettent de battre l’inflation », a expliqué Moncef Belkhayat.

Doubler les capacités logistiques

Le programme d’investissement prévu pour les deux prochaines années permettra à BLS de consolider son positionnement de leader de la logistique intégrée au Maroc, de créer 1.000 emplois supplémentaires dans les métiers de la supply chain, de doubler ses capacités logistiques en passant à un million de m² d’actifs contre 500.000 m² aujourd’hui et 500.000 positions palettes contre 250.000 positions palettes actuelles sous gestion.

Il permettra également au groupe d’être présent sur 34 sites dans 19 villes marocaines, à savoir : Agadir, Ain Atiq, Ait Melloul, Bouskoura, Casablanca, Fès, Guerguerat, Kenitra, Khouribga, Lkhyayta, Marrakech, Meknès, Mohammedia, Nador, Oujda, Salé-Bouknadel, Tanger, Tétouan et Tit Mellil.

« Des partenariats solides et axés sur l’impact sont essentiels pour stimuler une croissance durable », a déclaré Cheick-Oumar Sylla, directeur régional d’IFC pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique. « En soutenant le développement et les opérations d’entreprises leaders en logistique comme BLS, IFC contribue à renforcer la compétitivité du secteur, à positionner le Maroc comme un hub régional du commerce et de la logistique et à créer de nouveaux emplois », a-t-il souligné.

 

Building Logistics Services ouvre son nouveau centre « BLS Casa Hub » à Tit Mellil

S’exprimant à cette occasion, Abdessamad Kayouh a souligné l’importance des initiatives et des investissements privés alloués au secteur de la logistique au Maroc, au titre du partenariat établi dans le cadre de la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique.

Il a également réaffirmé la disposition de son département à soutenir toutes les initiatives contribuant à la création d’emplois et concourant au développement d’infrastructures logistiques de massification des flux de marchandises au niveau des différentes régions du Royaume.

Le ministre a, en outre, mis l’accent sur la dynamique enclenchée par l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) pour accélérer le déploiement du programme stratégique des zones logistiques, tout en annonçant l’inauguration imminente et le lancement de la commercialisation de la zone logistique au sud d’Agadir, dans la commune de Lqliaa. Et d’ajouter que des travaux d’aménagement de plusieurs nouveaux projets seront lancés en 2025, notamment à Casablanca Sud, Kénitra et Fès, ainsi qu’en 2026 à Casablanca Nord, Agadir Nord et dans les provinces du sud du Royaume, sur une superficie globale de plus de 600 hectares.

Ces projets, répondant aux besoins logistiques exprimés par les différents opérateurs privés, permettront de disposer d’un foncier aménagé, idéalement situé en périphérie des villes, pour une meilleure structuration des flux de la distribution nationale, en vue de faire face aux défis liés à la mobilité et d’accompagner les évolutions dans les modes de consommation, a-t-il expliqué.

Ainsi, la réussite de la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique est une responsabilité partagée et un engagement mutuel entre l’État et le secteur privé, a-t-il affirmé, appelant l’ensemble des parties prenantes à mobiliser les efforts nécessaires et à renforcer les synergies pour accélérer la réalisation des différents chantiers pour un développement optimal de ce secteur.

De son côté, le PDG de BLS, Moncef Belkhayat, a souligné que ce projet, représentant un investissement de 300 MDH et soutenu par une politique d’incitations gouvernementales, ne se limite pas aux infrastructures, précisant qu’il englobe également le transport, les systèmes informatiques et le développement des ressources humaines.

Ce projet a permis la création de 150 emplois directs et 300 emplois indirects, contribuant ainsi à la dynamisation du secteur logistique, a-t-il déclaré, notant que cette initiative « illustre notre volonté de renforcer les capacités nationales tout en accompagnant les orientations stratégiques du ministère ».

 

Abdellatif Maâzouz, Moncef Belkhayat et Abdessamad Kayouh.

« Ce projet s’inscrit dans notre engagement quotidien à garantir l’approvisionnement de tous les Marocains, qu’ils résident dans les zones urbaines ou rurales. Grâce à une politique gouvernementale intégrée et cohérente, les produits de première nécessité sont disponibles dans tous les points de vente à travers le pays, conformément aux objectifs stratégiques du secteur logistique ».

Moncef Belkhayat a, par la même occasion, réitéré l’engagement de BLS à développer des projets similaires dans d’autres régions stratégiques du Royaume, telles qu’Agadir, Fès, Tanger, ainsi que dans le Sud, notamment à Dakhla et Guerguerat, tout en exprimant l’ambition de la société d’accompagner les politiques publiques pour positionner le Maroc parmi les leaders mondiaux de la logistique et du transport à l’horizon 2030.

(Avec MAP)

BLS inaugure sa nouvelle plateforme logistique le 25 décembre à Tit Mellil

La nouvelle plateforme BLS Casa Hub, dont la construction a été lancée en janvier dernier, s’étend sur un terrain de 51.500 m², dont 39.000 m² de superficie construite. Dotée de 55 quais, elle disposera d’une capacité de stockage initiale de 69.000 palettes. Ce projet a mobilisé un budget de 190 millions de DH.

Située à Tit Mellil, cette plateforme permettra à Buildings & Logistic Services de gérer jusqu’à 250.000 positions palettes. La capacité de stockage sera doublée dans un an, avait déclaré Moncef Belkhayat, président de H&S Invest Holding.

« Avec cette nouvelle plateforme et ces deux acquisitions, BLS pourra offrir à ses clients une prestation sur mesure et end-to-end, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur logistique : du freight forwarding, transit, transport et logistique 3PL (gestion des flux et des stocks), jusqu’à l’entreposage (stockage pharmaceutique, stockage à température contrôlée, stockage à température ambiante et stockage high value) et la personnalisation de produit », avait-il souligné.

 

IFC mise 363 MDH et rejoint le tour de table de BLS de la famille Belkhayat

La Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale et institution d’aide au développement axée sur le secteur privé dans les marchés émergents, a annoncé, ce mercredi 23 octobre, une prise de participation en monnaie locale d’une valeur de 363 millions de DH (soit environ 37 millions de dollars) dans Building Logistics Services S.A (BLS), prestataire de services logistiques au Maroc et filiale de H&S Invest Holding, précise un communiqué.

L’accord d’investissement entre IFC et BLS a été signé en marge des Assemblées annuelles 2024 du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale.

Suite à cet investissement, IFC détiendra une participation minoritaire dans BLS aux côtés de STOA, un fonds d’impact créé fin 2017 qui a également acquis une participation minoritaire de 20 % dans BLS en 2023, ajoute-t-on.

Le projet, poursuit la même source, répond au besoin de modernisation et de professionnalisation des services de transport et de logistique dans le pays, contribuant ainsi à améliorer l’accès aux marchés et aux services, tout en réduisant les coûts pour les entreprises et les particuliers.

« Je suis ravi et honoré de voir IFC rejoindre notre Conseil d’administration. Leur contribution et celle de l’équipe infrastructure de STOA permettront à BLS d’accélérer le déploiement de ses services sur le marché et d’être plus centré sur le client », a déclaré Moncef Belkhayat, PDG de H&S Invest Holding.

Et d’ajouter : « Nous mettrons en place une politique en matière sociale, environnementale et de gouvernance (ESG) avec l’ambition d’être la première société logistique africaine en termes de protection de l’environnement, de politiques de développement durable et de gouvernance d’entreprise au plus haut niveau ».

« La prise de participation de IFC dans BLS renforcera la compétitivité du secteur logistique marocain », a indiqué Sérgio Pimenta, vice-président d’IFC pour l’Afrique. « En soutenant un champion local de la logistique dans l’expansion de ses opérations, ce projet contribuera à rendre les chaînes d’approvisionnement plus efficaces et soutiendra les ambitieux objectifs de développement de l’entreprise qui créeront des emplois et amélioreront les conditions de vie », ajoute le même responsable.

Le projet s’aligne sur le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Maroc pour les exercices 19-25 et s’inscrit dans le mandat d’IFC de mobiliser des capitaux privés à long terme pour le financement d’infrastructures essentielles de transport et de logistique dans les marchés émergents.

Au cours des trois derniers exercices, IFC a investi et mobilisé 1,3 milliard de dollars au Maroc et pour ce seul exercice, elle a déjà engagé près de 600 millions de dollars en faveur de la réalisation des objectifs de développement du pays, conclut-on.

Transmed et BLS signent un contrat de partenariat sur les métiers de la logistique

Distributeur intégré de marques internationales, opérant dans l’industrie FMCG et Food Service,  Transmed représente différentes sociétés FMCG mondiales sur différents marchés, parmi lesquelles: P&G, Mars, Clorox, Kellogg’s, Walkers, McCormick, Duracell, Ulker, Sysco, Danone, C-Food, Gimco, Mattel, Gullon, Lorenz, Mondelez International, Bahlsen, Ferrero, Dr. Oetker, Perfetti, Laita, Earth Goods, Halabi, Crew’s et bien d’autres.

C’est donc un client de taille qui choisit la nouvelle plate-forme de Buildings & Logistic Services (BLS). Ce dernier avait précédemment annoncé l’ouverture de cette nouvelle plateforme sur une superficie de 40 000 mètres carrés couverts et qui sera opérationnelle au 1er janvier 2025, précise un communiqué de l’opérateur.

Suite à la signature de ce partenariat, Mazen Damiani Chief Operating 0fficer du Groupe Transmed a annoncé : « nous sommes heureux de nous allier au leader de la logistique end to end au Maroc. L’entreposage étant un premier jalon de notre coopération en attendant d’avancer sur les métiers du freight forwarding, le transit, le transport et le 3PL ».

De son côté Anass Moutaoukil Directeur général de BLS a déclaré : « Nous sommes ravis d’accueillir Transmed dans nos locaux et nous espérons renforcer notre collaboration sur des activités connexes faisant partie de la chaine de valeur logistique. Ce partenariat témoigne de la qualité des services offerts par les équipes de BLS et notre volonté de continuer de nous développer à travers des acquisitions et des projets en Green Field comme celui de Tit Mellil ».

SFI rejoint STOA dans le capital de BLS à hauteur de 17%

Le Conseil de la concurrence a reçu la notification d’une opération de concentration économique concernant l’acquisition du contrôle conjoint de la société Building Logistics Services SA par la Société Financière Internationale aux côtés de la société H&S Invest Holding SA et la société STOA SA.

La Société Financière Internationale envisage la prise de participation d’environ 17% des actions et droits de vote de la société Building Logistics Services SA.

La société STOA était entrée dans le capital de BLS en 2023, en effectuant l’acquisition d’une part minoritaire du capital via une injection de 330 MDH.

Désormais, SFI va prendre une participation minoritaire et va injecter 360 MDH dans BLS. Ce montant permettra à l’entreprise d’assurer son plan de développement des plateformes de stockage et de son infrastructure de transport.

La holding mère, H&S Invest, restera majoritaire auprès de STOA et de SFI à hauteur de 60% du capital de la société.

Building Logistics Services SA est une société anonyme de droit marocain, spécialisée dans l’entreposage de produits de grande consommation d’hygiène, d’alimentation, de santé et de produits cosmétiques.

Contacté, le président de H&S Invest, Moncef Belkhyat nous indique « qu’après avoir remporté le Prix national de la logistique en 2024, BLS vient de remporter plusieurs appels d’offres signés par des clients prestigieux en 3PL tels que P&G Maroc, Lesieur, Danone, LG et Imperial Tobacco ».

Présente dans 12 villes du Maroc, la société BLS emploie 180 salariés et dispose d’une capacité de stockage de 150.000 palettes. Elle compte des clients comme Kosmopharm, Chari, Sothema, Steripharm, Pepsi, Lesieur, Dislog Group ou encore Aiguebelle.

Dislog Group : financement, stratégie, IPO, internationalisation… un entretien avec Moncef Belkhayat

Depuis 2005, la galaxie Belkhayat s’étend en conquérant des marchés et en élargissant son scope d’activités. Le tout est mené par la holding familiale H&S Invest Holding, avec son vaisseau amiral, Dislog Group, qui affiche des ambitions d’introduction en bourse, désormais connues de tous.

L’année dernière a été marquée par une accélération considérable du périmètre du groupe, à coups de millions de dirhams, pour développer ses différentes verticales industrielles et sa présence à l’international. Médias24 a pu s’entretenir avec Moncef Belkhayat, « patriarche » de la holding familiale et actionnaire majoritaire. Ce dernier décrypte le fonctionnement tentaculaire du groupe et sa stratégie de développement dans les années à venir, incluant l’IPO et l’internationalisation.

Dislog Group et BLS, les deux piliers de développement des Belkhayat

Les activités de la holding familiale sont poussées par deux piliers principaux. Il s’agit des deux business units (BU) que sont Dislog Group et Buildings and Logistic Services (BLS).

 

« Au-dessous de cette holding de tête, il y a 4 BU : une industrielle portée par Dislog, une BU logistique portée par BLS, une BU immobilière portée par Kaya Immobilier et une unité Marketing/média portée par WB Africa. Chacune des BU dispose d’un CEO qui est indépendant et, en ce qui me concerne, je gère la partie développement et M&A qui apporte le soutien aux équipes opérationnelles », décrit Moncef Belkhayat.

Le vaisseau amiral de cette holding est Dislog Group qui compte pour 50% des revenus globaux. Un bras armé qui a connu de grandes transformations depuis sa création. « Dislog est la BU industrielle que nous avons transformée, en dix-huit ans, d’une société de distribution en un vaisseau amiral industriel qui opère dans 10 unités industrielles différentes et 3 industries indépendantes que sont l’industrie de l’hygiène, de l’alimentation et la santé. Il s’agit de notre positionnement pour rendre accessibles les produits aux consommateurs. Nous gérons une centaine de marques, certaines produites par nous et d’autres marques que l’on distribue pour d’autres. Le tout entre quotidiennement chez 8 millions de foyers au Maroc ».

Mais depuis plusieurs années, les efforts ont également été mis sur BLS, qui compte désormais pour 35% des revenus globaux. « C’est un opérateur spécialisé dans l’asset management et un opérateur spécialisé dans les solutions logistiques. Son positionnement est d’être un opérateur end-to-end sur l’ensemble des éléments de valeur de la logistique. C’est un intégrateur totalement intégré qui offre du service et de la gestion d’actifs », nous détaille le président de H&S.

Mais l’an dernier, c’est surtout avec Dislog Group que Moncef Belkhayat a accéléré sa politique de croissance externe tous azimuts. Pour preuve, depuis la création de Dislog Group, 16 acquisitions ont été effectuées, dont la moitié sur l’année 2023 seulement.

Un EBITDA attendu en hausse de 60% en 2024 et une IPO décalée en 2025

Lors d’un précédent article traitant d’une IPO du groupe, une prévision de revenus à 3 milliards de DH en 2023 était annoncée. Une donnée confirmée par le dirigeant, qui n’est pas avare de précisions sur la santé financière du groupe.

« Dislog Group a bel et bien réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 3 MMDH en 2023, maintenant nous avons une situation financière très solide. Pour donner un ordre d’idée, l’EBITDA de Dislog Group a progressé de 23% par an sur les 17 dernières années. C’est une véritable performance. L’an dernier, l’EBITDA a progressé de 60%, et nous prévoyons un trend similaire de 60% de croissance cette année », confie-t-il.

Cette forte croissance est également assurée par différents instruments financiers mis en place pour lever des fonds, et permettant de poursuivre une politique de croissance externe agressive. « Nous avons mis en place une stratégie qui consiste à grandir par acquisitions. Depuis 2005, nous en avons fait 24, donc 10 acquisitions en 2023 [pour l’ensemble de H&S Invest, ndlr]. Le financement provient d’une stratégie financière de renforcement des fonds propres par les fonds de private equity. Nous sommes d’ailleurs en discussion avec d’autres fonds pour réinjecter des liquidités et renforcer nos fonds propres. En somme, mon travail est de lever des fonds pour racheter des entreprises dans les trois secteurs que sont la santé, l’hygiène et l’alimentation », explique le dirigeant.

Sa stratégie de développement sera également conduite par une IPO. Initialement prévue cette année, le dirigeant nous explique que le timing a changé. Moncef Belkhayat nous informe qu’une opération d’obligations remboursables en actions (ORA) sera lancée courant 2024. Une opération qui permettra au groupe de lever des fonds pour poursuivre son développement avant d’effectuer une IPO. « Selon la loi elle, nous avons 36 mois maximum après l’émission des ORA pour réaliser l’introduction en bourse », nous confie le dirigeant.

Mais la stratégie de financement pour effectuer toutes ces acquisitions passe également par de la dette bancaire ; cependant, Moncef Belkhayat soigne ses indicateurs financiers. « L’autre élément de la stratégie financière, c’est la levée de dette bancaire. Sur ce point, nous ne dépassons jamais trois fois notre niveau d’EBITDA en dette. Elle ne dépasse jamais ce niveau. Comme notre EBITDA progresse de façon significative, notre propension à lever pour engager des acquisitions augmente ».

Ce sont ces leviers qui permettent au groupe de fortement accélérer sa croissance et également de s’internationaliser. D’ailleurs, Dislog Group a déjà annoncé deux nouvelles acquisitions en ce début d’année.

L’Europe, un terrain de jeu stable et lucratif pour Dislog Group

En effet, après avoir racheté une entreprise du groupe Mutandis, CMB Plastique, le groupe annonçait jeter son dévolu sur une entreprise espagnole, pour laquelle il est en négociation exclusive. Une potentielle acquisition stratégique à plusieurs égards. Le patron de H&S Invest nous confie que d’autres projets d’acquisition sont dans le pipe, sans cependant déflorer le sujet. « Nous avons annoncé en 2024 l’acquisition de Chef Sam en Espagne. Une autre entreprise est en cours de négociation et sera annoncée bientôt. Elle opère dans le secteur de la pharma au Maroc », lance-t-il. Un secteur porteur de croissance dans lequel Dislog Group a déjà mis le pied avec Kosmo Pharma, Steri Pharma et Soma Pharma.

Le virage stratégique de Dislog Group ces dernières années a donc trait à son internationalisation. Avec cette négociation exclusive en cours avec Chef Sam, le groupe serait présent dans 9 pays.

Ce relais de croissance développé par l’industriel n’est pas le fruit du hasard. « Nous avons beaucoup grandi au Maroc et, quand vous êtes dans les produits de grande consommation, vous travaillez généralement avec un opérateur et vous ne pouvez pas travailler avec la concurrence. De fait, il nous fallait trouver des leviers de croissance à l’étranger, en sachant que l’on ne trouve pas de cibles à racheter au Maroc. Il y a un manque de dealflow », confie Moncef Belkhayat.

Pour assurer son succès, le groupe s’est centré sur le Vieux Continent, à l’environnement économique stable et à la profondeur de marché intéressante. « Nous avions le choix d’aller en Afrique subsaharienne, en Asie ou en Europe. L’Europe a été notre choix du fait de la stabilité économique, la profondeur de marché y est meilleure et, enfin, nous avons détecté une opportunité pour promouvoir le made in Morocco avec Chef Sam, qui nous donne accès à 20.000 points de vente en Europe pour distribuer, ou bien produire et distribuer nos produits du Maroc vers Europe ».

La présence en Europe de Dislog Group lui permet de bénéficier d’un réseau de distribution intéressant, avec des synergies business fortes entre le Maroc et l’autre rive de la Méditerranée. « Nous avons déjà des commandes et je peux vous assurer que notre industrie, sur les produits de grande consommation, est compétitive en Europe, grâce à l’inflation des deux dernières années. Les prix en Europe ont pris 50% à 60%, donc nos prix deviennent intéressants. La nature a horreur du vide. Aujourd’hui, vous allez sur un rayon de Franprix en France, la mandarine marocaine est vendue à 5 euros le kilo », explique-t-il. « Nous avons décroché, pour l’une de nos usines au Maroc, une grosse commande de chez Carrefour France. Donc les synergies industrielles pour promouvoir le made in Morocco sont là ».

Ces acquisitions sont fortement porteuses d’affaires. D’ailleurs, le dirigeant souligne que le volume d’affaires consolidé réalisé en France est de 40 millions d’euros par an, soit plus de 10% du volume d’affaires global de Dislog Group. Une dynamique qui ne ferait que s’accentuer pour booster le chiffre d’affaires du vaisseau amiral de H&S Invest de 50% cette année, selon les prévisions. « Et dans cette tendance, Chef Sam va nous rapporter 12% de plus. Ce qui fait que nos activités européennes, d’ici fin 2024, vont peser 22% du total du groupe, si cette dernière acquisition se réalise. Avec la consolidation de nos acquisitions en 2024, nous devrions passer de 3 MMDH de revenus à 4,5 MMDH« , se promet Moncef Belkhayat.

Outre l’acquisition en cours d’une société dans le secteur de la santé au Maroc, le dirigeant nous apprend que « 3 sociétés marocaines sont dans le pipe pour être acquises par BLS », le second pilier industriel de la holding. « Nous continuerons ensuite à chercher d’autres sociétés à acquérir en Europe, car c’est un lieu stratégique pour créer des synergies opérationnelles avec le Maroc », conclut Moncef Belkhayat.