Affaire Abroun : les banques mises à l’épreuve, jugements au cas par cas

Révélée par Médias24, la condamnation de la BMCI pour faute bancaire au profit du groupe Abroun agite les milieux d’affaires. Deux jours après la parution de cette décision dans nos colonnes, de nouveaux éléments obtenus par nos soins en précisent les ressorts techniques.

Tirées de documents judiciaires, ces données mettent surtout en lumière d’autres procédures visant des banques de la place, elles aussi attaquées par le même défendeur et sur la base de griefs comparables. Des dossiers construits selon une même ligne argumentative, mais ayant conduit à des issues judiciaires contrastées.

48,5 millions de dirhams. C’est le montant total que la BMCI devra verser dans le dossier Abroun Gold TV Sat. La banque, pressentie pour un rachat par le groupe Holmarcom, a été condamnée le 18 décembre par le tribunal de commerce de Casablanca pour manquement à ses obligations professionnelles.

Selon le jugement consulté par Médias24, les juges ont retenu un grief précis : la non-restitution de lettres de change pourtant contre-passées dans le compte de la société, en violation des règles encadrant l’escompte commercial.

Abroun en difficulté, mais sans responsabilité globale de la BMCI

Sur le fond, l’action engagée par Abroun reposait sur un grief central. La société – aujourd’hui en liquidation judiciaire – reprochait à la BMCI d’avoir conservé des effets de commerce revenus impayés, tout en les ayant simultanément réintégrés dans son compte par le mécanisme du contre-passé.

Selon Abroun, cette pratique l’aurait privé de la possibilité d’exercer ses recours contre les signataires des effets et aurait artificiellement aggravé sa trésorerie. Dans ses écritures, l’entreprise a tenté d’élargir le débat, soutenant que ces dysfonctionnements avaient contribué à la dégradation de sa situation financière et généré un préjudice global qu’elle évaluait à plus de 120 MDH.

Le tribunal n’a toutefois retenu qu’un manquement circonscrit, écartant toute responsabilité globale de la banque dans la faillite du groupe.

De son côté, BMCI a soutenu avoir procédé à la restitution des effets litigieux à la société ou à ses représentants, mettant frontalement en cause la fiabilité des déclarations du syndic de la liquidation, initiateur de la requête en tant que représentant de l’entreprise.

La banque a dénoncé une construction du grief a posteriori, fondée selon elle sur une exploitation sélective des pièces produites dans le cadre de la procédure collective, au détriment de ses propres documents internes – notamment les registres de remise et de restitution des effets.

Le premier syndic désigné dans cette procédure, Abdelaziz Sedki, à l’origine des premières actions en responsabilité engagées contre les banques, a depuis été écarté à la suite d’une condamnation pénale (l’intéressé a fait appel). Un élément extérieur au débat judiciaire stricto sensu, mais qui nourrit, en toile de fond, les interrogations sur la solidité des investigations ayant servi de point de départ à ces procédures.

Sur le terrain juridique, BMCI a également opposé une fin de non-recevoir tirée de la prescription, faisant valoir que les dernières opérations d’escompte remontaient à janvier 2016 et que l’action engagée en janvier 2024 était tardive. Elle a, en outre, rejeté toute tentative d’élargissement du débat à une responsabilité globale dans la faillite du groupe, contestant tout lien de causalité entre ses pratiques bancaires et la cessation de paiement, qu’elle impute exclusivement à la gestion interne de la société.

Le tribunal n’a que partiellement suivi cette ligne de défense. S’il a écarté les accusations les plus larges tenant à une responsabilité bancaire dans l’effondrement du groupe, il a retenu l’existence d’un manquement autonome : le défaut de restitution des effets de commerce après extinction de la créance par contre-passé.

Sur la prescription, les juges ont considéré que la faute n’avait été révélée qu’à l’occasion des expertises intervenues dans la procédure collective, faisant courir le délai à compter de cette date. La condamnation a donc été cantonnée aux montants correspondant aux effets non restitués et au préjudice directement lié. C’est une décision de première instance, susceptible de suspension en cas d’appel.

Attijariwafa bank : même schéma, solution inverse

Dans le dossier visant Attijariwafa bank, l’issue a été tout autre.

Jugée le 3 décembre 2025, soit quelques jours plus tôt par le même tribunal de commerce de Casablanca, l’action en responsabilité introduite cette fois par Abroun Vision Nord, société sœur d’Abroun Gold TV Sat aujourd’hui en redressement judiciaire, a été rejetée.

L’argumentaire présenté par la demanderesse suivait pourtant une logique proche. Abroun Vision Nord reprochait à Attijariwafa bank d’avoir contre-passé dans son compte courant des lettres de change escomptées, tout en conservant leurs originaux, ce qui aurait, selon elle, faussé sa situation financière et compromis l’exercice de ses recours cambiaires.

La société sollicitait, à ce titre, une expertise judiciaire et faisait état d’un préjudice financier important, fondé sur la valeur cumulée des effets concernés et sur des intérêts qu’elle estimait indûment comptabilisés.

Mais le tribunal a adopté une lecture radicalement différente. Il a estimé que ces griefs avaient déjà été examinés et tranchés dans le cadre de la procédure de vérification des créances opposant les mêmes parties. Les juges se sont notamment appuyés sur un arrêt d’appel rendu en février 2022, ayant retenu que les lettres de change litigieuses avaient été restituées à la société.

Cette appréciation reposait sur un faisceau d’éléments précis : registre bancaire d’émargement, signatures de réception, et mandat donné par la société à un tiers pour la récupération des effets impayés. Autant de pièces qui ont conduit la juridiction à considérer que la restitution était établie et que les montants correspondants avaient, en conséquence, été neutralisés dans la dette bancaire.

Contrairement au dossier BMCI, le tribunal a donc jugé qu’aucune faute autonome ne pouvait être isolée, ni aucun préjudice distinct caractérisé. Les demandes indemnitaires ont été rejetées, les juges estimant que le litige relevait d’un contentieux déjà « absorbé  » par les décisions antérieures rendues dans la procédure collective.

Bank of Africa : un troisième front encore ouvert

La séquence se prolonge avec Bank of Africa. Ici, on a affaire à deux dossiers parallèles. Le premier a été initié par Abroun Gold TV Sat. Il a donné lieu à une décision de rejet en première instance. Le dossier est actuellement en appel.

Le second est l’œuvre d’Abroun Vision Nord. En novembre 2025, sa défense a saisi le tribunal de commerce de Casablanca d’une action en responsabilité bancaire, sur un terrain juridique très proche de ceux déjà explorés face à la BMCI et à Attijariwafa bank.

Dans sa requête introductive, la société reproche à la banque une série de manquements professionnels dans la gestion de ses concours bancaires : conditions de financement jugées inadaptées, défaut de conseil, mais surtout conservation de lettres de change revenues impayées malgré leur contre-passation en compte, en violation alléguée de l’article 502 du Code de commerce.

Abroun Vision Nord soutient que ces pratiques l’ont privée de ses recours cambiaires, tout en aggravant artificiellement sa position débitrice. La requête évoque notamment un volume important d’effets de commerce – plus de 500 selon les écritures – pour une valeur cumulée dépassant 40 MDH, et sollicite la désignation d’un expert judiciaire afin de chiffrer précisément les irrégularités et le préjudice invoqué.

À ce stade, le dossier n’a pas encore donné lieu à une décision au fond. Mais cette nouvelle procédure confirme la ligne suivie par le groupe Abroun : mettre à l’épreuve, devant la même juridiction, une responsabilité bancaire fondée sur des griefs récurrents, avec des issues qui, jusqu’ici, se sont révélées loin d’être uniformes.

En liquidation, Abroun fait condamner BMCI pour faute bancaire

Round up. BMCI et Holmarcom : un deal potentiel qui pourrait remodeler le secteur bancaire

Holmarcom et BNP Paribas ont confirmé être entrés en discussions exclusives autour d’un éventuel rachat de la participation de 67% détenue par le groupe français dans BMCI. À ce stade, il s’agit de premiers échanges : aucun accord n’a été conclu et toute avancée resterait conditionnée aux autorisations réglementaires, notamment celles du Conseil de la concurrence.

Comme dans tout processus de ce type, plusieurs scénarios demeurent possibles. Les discussions peuvent se traduire par un accord formel, mais elles peuvent aussi rester sans suite. Pour l’instant, seule la phase de négociation est ouverte.

BNP Paribas, pour sa part, précise que « si la transaction devait se conclure courant 2026, l’impact positif sur le ratio CET1 de BNP Paribas à la date de réalisation serait d’environ +15 pbs« .

Ce ratio, qui mesure les fonds propres de haute qualité rapportés aux risques portés par la banque, est l’indicateur de référence de la solidité financière des établissements.

Autrement dit, la sortie de BMCI du périmètre consolidé allégerait légèrement les risques pondérés de BNP Paribas, ce qui améliorerait mécaniquement son capital réglementaire. Elle se traduira également par un produit non négligeable dans le bilan de la banque française. Les 15 pbs donnent également sur l’évaluation que cible la banque française.

Pour rappel, deux grandes banques françaises ont déjà quitté le Maroc : Crédit Agricole, qui a cédé sa participation dans Crédit du Maroc à Holmarcom, plus récemment Société Générale, dont les filiales SGMB et La Marocaine Vie ont été reprises par le groupe Saham.

Ces retraits successifs de grandes banques françaises vont rebattre les cartes pour les acteurs marocains. Avec l’arrivée d’actionnaires locaux aux commandes de groupes auparavant pilotés depuis Paris, la dynamique concurrentielle devrait clairement se renforcer. Des banques plus agiles, plus proches du marché, plus rapides et indépendantes dans leurs décisions vont désormais se mesurer directement aux acteurs historiques.

Le groupe Holmarcom

Le groupe Holmarcom est une holding familiale marocaine de renom, présidée par Mohamed Hassan Bensalah.

L’organisation repose sur quatre pôles d’activité : la finance, l’agro-industrie, la logistique et l’immobilier. Cette structure résume l’essentiel du périmètre du groupe, sans entrer dans le détail de chaque segment.

Dans cet ensemble, trois sociétés sont cotées à la Bourse de Casablanca : Les Eaux Minérales d’Oulmès, AtlantaSanad Assurance et Crédit du Maroc.

Holmarcom est aujourd’hui le principal actionnaire de Crédit du Maroc. Le groupe en détient une part majoritaire de façon directe, à travers Holmarcom Finance Company, qui possède 54,61% du capital.

À cela s’ajoute une participation, portée cette fois par AtlantaSanad, qui détient 11,04%. Au total, le groupe Holmarcom contrôle donc 65,6% de la banque Crédit du Maroc.

Aux côtés de Crédit du Maroc, AtlantaSanad est l’autre grande filiale financière de Holmarcom. Le groupe en détient un peu plus de 61% à travers Holmarcom Insurance Activities et Holmarcom SA. Le reste du capital est partagé entre quelques institutionnels, dont le CIH et la CDG, ainsi qu’un flottant encore présent sur le marché.

Ce lien capitalistique prend de l’importance aujourd’hui, car AtlantaSanad détient aussi une petite participation dans BMCI. Holmarcom était donc déjà présent, même marginalement, au capital de la banque avant l’ouverture des discussions exclusives avec BNP Paribas. Cette participation montre que le groupe ne découvre pas totalement la BMCI. Et cela s’inscrit dans la continuité de son ancrage dans le secteur bancaire depuis la reprise de Crédit du Maroc.

Dans le scénario où Holmarcom rachèterait la participation de BNP Paribas, ce bloc s’ajouterait aux 8,44% détenus par AtlantaSanad. L’ensemble placerait alors le groupe immédiatement au-delà du seuil de 75% du capital, ce qui lui donnerait une position forte dès l’aboutissement de l’opération.

BMCI et Crédit du Maroc sont aujourd’hui deux banques distinctes, chacune opérant sous son propre actionnariat. Si les discussions en cours entre Holmarcom et BNP Paribas aboutissent à une acquisition, la question d’un éventuel rapprochement entre les deux banques pourrait se poser. Il ne s’agit pour l’heure que d’une hypothèse et rien n’a été annoncé en ce sens. L’idée apparaît simplement parce que les deux établissements pourraient, dans ce cas, se retrouver dans le même groupe.

Les données financières de BMCI

BMCI termine les neuf premiers mois de 2025 avec une activité bien orientée. Le produit net bancaire atteint 2,95 MMDH, en légère progression par rapport à l’an dernier, et le résultat brut d’exploitation s’élève à 1,76 MMDH, traduisant un équilibre entre revenus et maîtrise des charges.

Le résultat net social ressort à 367 MDH, en nette hausse, grâce notamment à une baisse du coût du risque sur cette base. En consolidé, le résultat net se stabilise autour de 313 MDH, l’effet positif du résultat d’exploitation étant atténué par un renforcement des provisions.

Le coût du risque évolue de manière contrastée : il diminue nettement en social, à 401 MDH, mais augmente en consolidé, pour atteindre 603 MDH. Cette différence tient principalement au périmètre des filiales consolidées et à la prise en compte de portefeuilles spécifiques.

Les crédits à la clientèle s’établissent à 55,1 MMDH, un niveau en retrait par rapport à fin 2024, tandis que les dépôts restent quasiment inchangés à 48,1 MMDH. Les ratios réglementaires demeurent confortables, avec un ratio de solvabilité de 13,5% et un ratio de liquidité de 129%.

Actionnariat de BMCI à fin juin 2025

Source : AMMC

Les données financières de Crédit du Maroc

Crédit du Maroc termine le troisième trimestre 2025 sur une dynamique clairement orientée à la hausse. Les crédits ont progressé de 5,2% sur un an pour atteindre 58,1 MMDH, une évolution tirée à la fois par les entreprises et les particuliers, avec des niveaux de croissance marqués sur les crédits à l’équipement, le crédit-bail ou encore le financement de la PME.

Les ressources clientèle suivent le même mouvement. Elles s’élèvent à 58,47 MMDH, en hausse de 6,8%, portées essentiellement par la progression des dépôts à vue, qui gagnent 10,7% sur un an pour atteindre 42,1 MMDH.

Le produit net bancaire affiche une croissance de 9,8%, pour s’établir à 2,68 MMDH, soutenu par la marge d’intérêt, les commissions et la contribution en hausse des filiales spécialisées. Le résultat brut d’exploitation progresse également de 13,1%, à 1,47 MMDH, grâce à la maîtrise des charges et à l’amélioration du coefficient d’exploitation.

Le coût du risque recule nettement, à 228 MDH, soit une baisse de 21%, permettant au résultat net consolidé d’enregistrer une progression marquée de 19,9%, pour atteindre 690 MDH au 30 septembre 2025. Le ratio de solvabilité, lui, s’améliore à 13,86%, au-dessus du seuil réglementaire de 12%.

Actionnariat du CDM à fin juin 2025

Source : AMMC

Les métiers de BMCI et de Crédit du Maroc : un socle commun, mais une organisation différente

BMCI dispose de près de 249 agences au Maroc à fin 2024, tandis que Crédit du Maroc compte 268 agences. Bien que BMCI et Crédit du Maroc exercent toutes deux les métiers de banque universelle, la structuration et la mise en avant de ces activités diffèrent nettement.

Du côté de BMCI, les activités s’inscrivent dans une architecture relativement classique, articulée autour de grands pôles : la banque de détail, la banque de l’entreprise, les activités de marché et le crédit à la consommation via la business unit Personal Finance.

La banque précise ainsi que sa ligne Retail regroupe les activités destinées aux particuliers et professionnels, tandis que la ligne Corporate couvre les services aux entreprises, incluant le trade finance, le cash management, les financements structurés ou les opérations de marché. Les métiers spécialisés – intermédiation boursière, assurance, leasing, gestion d’actifs – sont logés dans des filiales comme BMCI Bourse, BMCI Assurance, BMCI Leasing, ou encore la banque offshore, mais demeurent intégrés dans une organisation qui met l’accent sur de grands ensembles fonctionnels.

Pour Crédit du Maroc, le document de référence montre une organisation beaucoup plus segmentée en filières métiers. Les activités ne sont pas regroupées dans de larges blocs, mais individualisées en unités dédiées. Ainsi, CDM Immobilier prend en charge l’ensemble du crédit habitat et le développement de l’offre destinée à la promotion immobilière, tandis que CDM Salaf porte le crédit à la consommation et travaille sur l’ajustement des règles d’octroi et l’amélioration des parcours clients.

Le leasing et le factoring sont réunis dans une filiale unique, Crédit du Maroc Leasing & Factoring, et la bancassurance est portée par CDM Assurances, qui développe notamment les produits « takaful ».

La différence la plus marquante concerne toutefois les activités de marchés. Chez BMCI, elles s’inscrivent dans un pôle de marché classique, intégré au modèle global. À l’inverse, Crédit du Maroc a structuré une banque d’investissement à part entière, regroupant la salle des marchés, l’intermédiation via CDM Capital Bourse, la gestion d’actifs portée par CDM Patrimoine et une activité de conseil en opérations de haut de bilan (M&A, ECM, DCM).

Les deux banques couvrent également la finance participative, mais là encore l’approche diverge. BMCI propose son offre participative via la marque Najmah, tandis que Crédit du Maroc l’organise au sein de la fenêtre Arreda, soutenue par un comité hebdomadaire chargé d’instruire et de valider les financements participatifs, ce qui témoigne d’un dispositif interne plus formalisé.

https://medias24.com/2025/12/11/holmarcom-en-negociation-pour-la-reprise-de-la-bmci-1593769/

BMCI, CDM et AtlantaSanad : les valeurs du périmètre Holmarcom augmentent en bourse

L’annonce de discussions exclusives entre Holmarcom et BNP Paribas au sujet de la cession des 67% détenus par BNP dans BMCI, est saluée par le marché. L’opération porterait la participation de Holmarcom à plus de 75% en cas de concrétisation.

Les trois valeurs du périmètre du groupe, BMCI, Crédit du Maroc (CDM) et AtlantaSanad, ont toutes affiché des hausses en Bourse. AtlantaSanad, qui détient déjà 8,44% du capital de BMCI, se retrouve elle aussi au cœur de l’actualité entourant cette opération.

À 10h30, ce 12 décembre, les trois valeurs se distinguent nettement parmi les plus fortes hausses de la séance.

Lecture des carnets d’ordres

Sur la valeur BMCI, la demande dépasse légèrement l’offre dans le carnet d’ordres, avec 2.194 titres demandés contre 2.024 titres proposés à la vente. À l’achat, les ordres se concentrent entre 620,1 DH et 621,2 DH, avec plusieurs lignes significatives, dont 343 titres à 621,1 DH, 300 titres à 621 DH et 500 titres à 616 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 635 DH pour 100 titres, puis s’étalent jusqu’à 640 DH, notamment 582 titres à 636,9 DH, 110 titres à 638 DH, 399 titres à 639 DH et 417 titres à 640 DH. Le carnet totalise ainsi 20 ordres à l’achat et 22 ordres à la vente, pour une profondeur globalement équilibrée.

Sur CDM, la demande ressort légèrement supérieure à l’offre dans le carnet d’ordres, avec 1.765 titres demandés contre 1.651 titres proposés à la vente. Les ordres à l’achat s’échelonnent entre 1.012 DH et 1.050 DH, avec plusieurs lignes notables dont 274 titres à 1.050 DH, 387 titres à 1.031 DH, 326 titres à 1.026 DH et 250 titres à 1.025 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 1.055 DH pour 3 titres, puis progressent jusqu’à 1.095 DH, avec des volumes plus fournis, notamment 90 titres à 1.070 DH, 91 titres à 1.074 DH, 36 titres à 1.075 DH, 252 titres à 1.090 DH et 10 titres à 1.088 DH. Le carnet recense 14 ordres à l’achat et 20 ordres à la vente.

Sur AtlantaSanad, l’offre est nettement supérieure à la demande dans le carnet d’ordres, avec 3.955 titres proposés à la vente contre 2.022 titres demandés à l’achat. Les ordres acheteurs se situent entre 139 DH et 146,1 DH, dont une ligne majeure de 1.000 titres à 146,1 DH, suivie de 190 titres à 146 DH et 500 titres à 141 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 149 DH pour 272 titres, puis s’échelonnent jusqu’à 153 DH, où figurent plusieurs blocs importants, notamment 456 titres à 149,45 DH, 1.938 titres à 150 DH, 170 titres à 151,4 DH et 449 titres à 152,7 DH. Le carnet affiche 12 ordres à l’achat et 20 ordres à la vente, illustrant une pression vendeuse supérieure en volume.

Pour rappel, lors de la séance du 11 décembre, BMCI a clôturé à 590 DH, en hausse de 5,36% par rapport à son cours de référence de 560 DH, avec un volume échangé de 2,98 MDH portant sur 5.215 titres. CDM a terminé à 1.001 DH, en progression de 4,27%, pour un volume de 5,83 MDH correspondant à 5.891 titres. De son côté, AtlantaSanad a clôturé à 139 DH, en hausse de 1,16%, avec un volume de 6,15 MDH et 44.927 titres échangés.

Ainsi, le MASI progresse légèrement de 0,34% pour atteindre 18.561 points, tandis que la capitalisation boursière s’établit à 990 MMDH.

BNP Paribas opère une fusion-absorption de sa filiale BDSI par la BMCI, les employés s’inquiètent

Une opération de restructuration des filiales de BNP Paribas au Maroc provoque une protestation de la part de salariés. L’opération consiste en la fusion-absorption de la filiale IT du groupe BNP, BDSI, par son autre filiale BMCI.

Filiale du groupe BNP Paribas créée en 2004, BDSI assure la gestion et l’évolution du système d’information des banques du groupe en Afrique et Outre-Mer. Elle se présente comme un « Hub IT disposant d’une offre élargie répondant aux besoins de nos banques au Maroc, Algérie, Sénégal, Côte d’Ivoire et en Outre-Mer ».

Elle assure la gestion applicative, la gestion de l’infrastructure serveur et du Réseau & Télécom, la gestion du parc informatique, en plus des activités régaliennes garantissant le maintien en condition opérationnelle du SI, tout en améliorant la maîtrise et le contrôle des risques IT.

Cette filiale qui était rattachée à la DSI Région Afrique, l’entité organisationnelle IT du Groupe BNP Paribas, sera, à en croire les employés BDSI, absorbée par BMCI, la banque marocaine de BNP Paribas.

La rédaction de Médias24 a été contacté, le 4 septembre, par le Bureau syndical BDSI, constitué pour défendre les intérêts des salariés. 

Dans un échange avec Médias24, un représentant des salariés nous explique que BDSI compte 170 salariés et « gère les systèmes d’information de la plupart des banques francophones du groupe BNP Paribas en Afrique, y compris la BMCI ».

Cependant, avec le retrait progressif de BNP Paribas du continent africain, la charge de travail de la filiale a progressivement diminué. « Nous ne gérons aujourd’hui que les systèmes d’information du groupe au Maroc, en Algérie, en France d’outre-mer, et pour la BMCI », précise-t-il.

Selon le représentant des salariés, « face à cette baisse d’activité, BNP Paribas a opté pour une fusion de BDSI avec la BMCI ». 

S’ils ne sont pas contre l’opération en elle-même, les salariés déclarent s’inquièter des modalités de son exécution. Ils constituent un bureau syndical, composé de 26 membres, affilié à la CDT afin de peser sur les négociations. Notre source, membre du bureau syndical, nous explique qu’une « pétition a été signée par une centaine de collaborateurs de BDSI où ils expriment leurs préoccupations, exacerbées par le rejet des propositions syndicales par la BMCI« .

Plusieurs points les inquiètent. D’abord le transfert des contrats de salariés de BDSI à BMCI. Pour le syndicat, « les 170 salariés de BDSI deviendront officiellement des collaborateurs de BMCI, une mesure que le syndicat estime irréfléchie car la BMCI n’a pas besoin de ce nombre de personnes pour gérer son système d’information, certains postes seront même en double », souligne-t-il.

Le syndicat réclame une transition « équitable ». « La transition doit se faire en bonne et due forme, de sorte à préserver les droits des salariés de BDSI », insiste-t-il. Pour le moment, la forme actuelle de cette fusion est jugée « pénalisante » par les salariés de BDSI, que ce soit en termes de « salaire annuel, d’avantages ou de primes ».

Médias24 a contacté le service communication de BNP Paribas et lui a posé plusieurs questions. « Nous n’avons pas de commentaire« , répond le groupe français.

Le bureau syndical espère que ses revendications seront entendues pour éviter une issue conflictuelle susceptible d’impacter les activités du groupe gérées actuellement par la BDSI.

BMCI : hausse du résultat net consolidé, contrôle fiscal et sur les opérations de changes en cours

La banque affiche une légère hausse de l’encours crédits de 2,6% à 56 MMDH. Les dépôts progressent de 3% à 45,5 MMDH.

Le PNB consolidé du groupe affiche une progression de 13,5% à 2,6 MMDH, « essentiellement du fait de la hausse du résultat des opérations de marché et de la marge d’intérêts respectivement de +94,1 % et +2,9 % ».

Le coût du risque consolidé a enregistré une hausse de 4,2 % à fin septembre 2023 par rapport à fin septembre 2022. Le taux de couverture des créances par les provisions des comptes sociaux s’établit à 82,8 %.

Le résultat net consolidé progresse de 138% à 239 MDH.

Il est cependant à noter que la BMCI a reçu de la part de l’Administration fiscale, en mai 2023, un avis de vérification portant sur l’impôt sur les sociétés, la taxe sur la valeur ajoutée, l’impôt sur les revenus et la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus au titre des exercices 2019 à 2022. La vérification sur place est en cours et la banque n’a reçu aucune notification à la date d’arrêté des comptes.

La BMCI a reçu de la part de l’Office des changes, courant mars 2023, un avis de vérification portant sur les opérations de change. La vérification sur place est en cours et la banque n’a reçu aucune notification à la date d’arrêté des comptes.

En résumé, les contrôles sont en cours et les sanctions éventuelles ne sont pas encore prononcées.

Banques : l’impact des restrictions de Bank Al-Maghrib sur la distribution des dividendes

Malgré le passage de la crise du Covid-19, Bank Al-Maghrib reste toujours sur ses gardes concernant les capacités financières des banques et la solidité du système financier marocain.

Dans une interview accordée à Médias24, Abdellatif Jouhari nous apprenait que les banques sont toujours obligées de passer par la case Banque centrale avant de distribuer le moindre dirham en dividendes, la rémunération des actionnaires étant toujours liée au niveau des fonds propres et au respect des ratios prudentiels.

« C’est dans le cadre de l’observation des règles prudentielles et avec les stress tests que nous demandons aux banques de nous soumettre semestriellement, que nous leur avons dit de ne pas distribuer de dividendes sans l’accord préalable de la Banque centrale », nous avait-il expliqué. « Nous l’avons fait pour 2021 et 2022. Nous verrons comment les choses vont se présenter pour 2023 ».

Une sorte de mesure préventive qui permet au régulateur de sécuriser le secteur, surtout dans un contexte où les impayés sont montés en flèche et où le niveau d’incertitude reste élevé, aussi bien dans l’économie nationale qu’à l’international.

« Toutes les banques seront habilitées à distribuer des dividendes en 2023 »

Ainsi, pour l’exercice 2023, Bank Al-Maghrib fera une revue dès le mois prochain sur le niveau des fonds propres des banques, leur solidité financière, les risques encourus, le niveau des créances en souffrance pour évaluer si oui ou non celles-ci pourraient distribuer une partie de leurs résultats à leurs porteurs de titres.

Selon un analyste spécialisé dans le secteur, cet examen sera une simple formalité, car toutes les banques, notamment celles cotées en Bourse, respectent largement les règles prudentielles en matière de fonds propres. Et aussi parce que leur activité s’est bien tenue en 2023, exercice qui connaîtra, selon notre expert, une belle croissance au niveau des PNB et des bénéfices.

Il donne pour indice la participation par les banques aux dons de solidarité en faveur du fonds dédié aux victimes du séisme d’A Haouz sans trop de difficultés. « En 2020, certaines banques ont dû renoncer à la distribution des dividendes ou baisser le niveau de distribution pour pouvoir participer à l’élan de solidarité nationale. Bank Al-Maghrib étudiait les bilans des banques au cas par cas pour évaluer le niveau qui doit être distribué par chacune d’entre elles car les temps ont été difficiles. Cette année, Bank Al-Maghrib n’a pas été très regardante sur l’opération de dons, ce qui montre que le régulateur a des données qui démontrent que la situation des fonds propres est confortable », explique notre analyste.

Notre source estime ainsi que non seulement toutes les banques cotées en Bourse vont distribuer des dividendes, mais que le niveau du dividende moyen par action du secteur sera élevé par rapport à l’année dernière.

La BMCI n’a pas distribué de dividendes en 2020

On est donc loin de la situation de l’année 2020 où plusieurs institutions financières ont dû revoir leur politique de distribution, un peu forcée par la banque centrale à rester dans les clous.

C’est le cas de la BMCI par exemple, qui a n’a pas pu distribuer le moindre dirham au titre de l’exercice 2019. Une source au sein du marché nous explique que la filiale de BNP Paribas naviguait avec un niveau de ratio prudentiel qui ne lui permettait pas de rémunérer ses actionnaires et s’est ainsi vu opposer un non catégorique par Bank Al-Maghrib. Notre source nous confie que BMCI voulait même distribuer un dividende exceptionnel pour cette année, chose que Bank Al-Maghrib n’a pas autorisée.

A part cette banque qui passait et passe toujours par une zone de turbulence qui a nécessité le lancement de tout un plan de restructuration depuis 2021, toutes les autres banques ont distribué des dividendes à leurs actionnaires comme le montre ce tableau, mais pas au niveau qu’elles souhaitaient toutes.

Un peu comme le CIH, qui a dû baisser en 2020 le dividende par action auquel il avait habitué ses actionnaires de 14 à 8 dirhams. Ou encore le Crédit du Maroc qui est passé d’un dividende distribué en 2019 de 18,7 dirhams à 4,5 dirhams en 2020, avant de monter à 25,9 dirhams en 2021, puis 27 dirhams pour le compte de l’exercice 2022.

Les actionnaires d’Attijari, de la BCP et de BOA n’ont pas ressenti l’impact de la secousse du Covid

Seules les trois grandes banques du pays, réputées pour leur solidité financière et habituées tous les ans à renflouer leurs fonds propres pour pouvoir rester dans la course aux parts de marché aussi bien au Maroc qu’en Afrique subsaharienne, ont pu maintenir la même politique de rémunération des actionnaires.

Pendant l’année du Covid, Attijariwafa bank s’est même permis le luxe de distribuer un dividende exceptionnel de 6,50 dirhams (relatif aux résultats de 2019) pour rester dans les niveaux habituels des exercices précédents. La BCP et Bank of Africa sont restées également dans la même ligne qu’avant, conservant un niveau de dividendes comparable à ceux des exercices précédents.

Des opérations qui n’auraient pas pu se faire si ces trois banques n’avaient pas, comme nous l’explique notre analyste financier, recouru à des levées de fonds sur le marché obligataire pour renforcer les capitaux durs. Et ce par le biais d’émissions d’obligations subordonnées ou de CoCo Bonds, instruments devenus à la mode au niveau du secteur bancaire depuis que Bank Al-Maghrib a durci ses règles prudentielles pour se conformer aux nouvelles normes mondiales.

BMCI cède son établissement de paiement DIGIFI à AB 15 Ventures

Dans son communiqué publié ce vendredi 17 février, BMCI annonce la cession de sa filiale DIGIFI à la société AB 15 Ventures.

La transaction devrait être finalisée au premier semestre 2023 et reste soumise à la réalisation des conditions suspensives habituelles pour ce type d’opérations, notamment l’obtention des autorisations réglementaires requises.

DIGIFI est établissement de paiement, dont l’agrément a été obtenu en juillet 2019, détenu à hauteur de 76% par BMCI et 24% par le groupe BNP Paribas. La filiale de la banque française dispose d’un parc important d’environ 170.000 clients, développé par un réseau de 97 agents partenaires dans tout le Maroc, avec un taux d’acquisition annuel avoisinant 13%.

La même source précise que la société AB 15 Ventures entend réorienter le business model de cet établissement de paiement, en s’appuyant sur son M-Wallet Smartflouss développé par DIGIFI. Smartflouss offre une large gamme de services dont les services cash, transferts et paiements, avec des parcours clients 100% digitaux.

Pourquoi BMCI lance des CoCo Bonds sur le marché de la dette ?

Ce n’est pas la première fois que ce genre de titres de dette est émis sur le marché marocain. Attijariwafa bank a été la première à activer ce levier de financement, en 2016 déjà. Elle a été suivie par Bank of Africa, Crédit Agricole du Maroc, CFG Bank. On compte depuis près d’une vingtaine d’émissions d’obligations subordonnées avec des clauses d’absorption de pertes et de paiement des intérêts.

Un levier de financement assez nouveau et très tendance, aussi bien au Maroc que sur les marchés internationaux, depuis que la réglementation bancaire est devenue assez sévère en matière de dotation en fonds propres.

Le principe de ces titres, qui sont assimilés à des CoCo Bonds (des obligations perpétuelles convertibles), est assez compliqué. Pour cela, ils sont réservés aux seuls investisseurs qualifiés (OPCVM, caisses de retraites, compagnies d’assurances…).

Ce sont d’abord des obligations perpétuelles. C’est-à-dire qu’elles donnent droit au seul paiement du coupon (les intérêts annuels) et leur principal n’est pas remboursable, sauf accord préalable de la Banque centrale, avec un préavis de cinq ans. Un caractère qui leur donne cette qualité de quasi-fonds propres et viennent donc en renforcement du ratio de solvabilité de la banque, notamment de ce que l’on appelle dans le jargon bancaire, les capitaux durs qui agissent sur le Tier1, ce fameux ratio que les banques centrales surveillent de très près.

Un outil de dette complexe, risqué, mais très rémunérateur

En plus de ce caractère de dette assimilable à des fonds propres, ces titres que la BMCI compte émettre entre le 13 et le 15 février pour un montant de 750 millions de dirhams, contiennent deux clauses qui les rendent très risqués et quasiment assimilables à des actions : l’absorption de pertes et l’annulation de paiement des intérêts.

Celui qui acquiert ces titres s’expose ainsi à une dépréciation de leur valeur nominale, voire au non-paiement des intérêts annuels que toute obligation classique est censée produire. Et ce dès que le ratio Tier1 – qui mesure les fonds propres réglementaires de catégorie 1 par rapport aux engagements de la banque -, devient inférieur à 6%, soit 2 points de moins que le seuil réglementaire fixé par Bank Al Maghrib pour le Tier1 (8%).

Pour un investisseur, ces obligations comportent de gros risques qui font de lui presqu’un actionnaire de la banque, solidaire dans les pertes, mais avec l’avantage d’être prioritaire par rapport aux détenteurs de titres en capital dans le remboursement de sa dette en cas de liquidation de la banque.

Pour réussir sa levée, qui vise à consolider ses fonds propres de catégorie 1, BMCI offre d’ailleurs un taux de rémunération ultra généreux : un taux d’intérêt compris entre 5,91% et 6,91% selon les tranches de souscription, avec des primes de risque allant de 250 à 270 points de base. Une rémunération introuvable actuellement sur le marché, et qui dépasse même les très juteux rendement des OPCI étatiques (les fameux financements innovants lancés par le gouvernement) qui servent entre 5,80 et 5,90% aux investisseurs institutionnels.

Ce qui rend, selon un analyste spécialisé dans le secteur bancaire, cette opération « très alléchante ».

« Aucun instrument financier n’offre autant de rendement sur le marché. La BMCI offre aux investisseurs un titre de bonne qualité avec un rendement extraordinaire. Cette opération aura un grand succès », prévoit-il.

Tous les analystes et spécialistes du marché, consultés par Médias24, s’accordent sur l’intérêt qui sera porté à cette levée. Mais certains s’interrogent sur les raisons qui poussent BMCI à recourir à ce type de Coco Bonds.

« Ce genre de levée est compréhensible dans les cas du CAM ou de la BOA, qui ont fortement besoin de renforcer leurs capitaux durs. Mais la BMCI n’a pas réellement besoin de cet instrument, c’est la banque de la place qui affiche l’un des meilleurs ratios de solvabilité. Pourquoi payer une dette aussi chère alors qu’elle pouvait lever des obligations subordonnées classiques, assimilables également à des fonds propres, sans mettre en jeu des clauses qui alourdissent sa charge d’intérêt ? », s’interroge un analyste de la place.

La BMCI a-t-elle vraiment besoin de renforcer ses capitaux durs ?

Quand on analyse de près la situation bilancielle de la BMCI, il paraît en effet que la banque n’a pas vraiment besoin de ce type de levée. Avec un ratio de solvabilité proche de 14% à la fin du premier semestre 2022 et un Tier1 de 10,5% à la même date, elle dépasse de très loin les exigences de la Banque centrale en termes de fonds propres réglementaires (12% pour le ratio de solvabilité et 8% pour le Tier1). L’intérêt de cette opération paraît donc peu clair, et la BMCI se contente, dans la notice d’information de l’opération visée par l’AMMC, de cette explication classique et commune à toutes les levées similaires réalisées depuis 2016 sur le marché de la dette :

« Par la présente émission, la Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie vise à renforcer ses fonds propres réglementaires actuels et, par conséquent, renforcer son ratio de solvabilité et aussi à financer le développement de son activité. En effet, le renforcement des fonds propres de la BMCI va lui permettre de poursuivre le développement de son activité tout en répondant aux exigences réglementaires en termes de ratios prudentiels », explique la BMCI et sa banque conseil pour cette levée, RedMed.

Les analystes du marché sont assez divergents sur ce point. Pour certains, la BMCI jouit d’une mauvaise image sur la place, due aux grosses pannes de son système d’information qui ont fait fuir plusieurs clients et ont beaucoup affecté ses résultats opérationnels. Elle ne pouvait donc intéresser les investisseurs qu’en offrant des titres à un rendement très élevé.

« La BMCI a certes des ratios prudentiels très confortables, mais son image est détériorée sur la place. Les bugs répétitifs de son système d’information, la fuite des clients, l’instabilité de son top management et la mise récente en vente de sa société de gestion d’actifs sont autant d’éléments peu rassurants. La banque ne peut pas réussir dans ces conditions à faire des levées classiques ; elle devait offrir des primes de risques plus élevées que celles de ses consœurs pour pouvoir intéresser les investisseurs », suppose une de nos sources.

Un autre banquier d’affaires qui suit la valeur BMCI depuis une vingtaine d’années avance un autre avis, qu’un ancien haut cadre de la banque valide.

Pour lui, la seule raison qui peut pousser la banque à recourir à une telle levée, c’est de recréer de l’appétit sur son action, malmenée depuis plus de trois ans en Bourse. « L’argument du renforcement des fonds propres ne tient pas la route. La BMCI roule avec des capitaux propres de 7 milliards de dirhams, avec une des politiques de risque des plus prudentes de la place, qui est calée sur les normes très strictes de sa maison-mère. Elle traverse certes une mauvaise passe au niveau des résultats, mais sa situation bilancielle est extrêmement solide. Ce qui ne justifie pas une levée d’obligations perpétuelles avec les mécanismes d’absorption des pertes et d’annulation des intérêts. Elle est en tout cas très loin de descendre un jour sous les 6% pour que ces clauses soient déclenchées, surtout qu’elle jouit de l’appui de BNP, son principal actionnaire, en cas de problème », explique d’abord notre source.

Son avis sur la solidité de la BMCI est étayé par les chiffres de la banque, mais également par l’avis des agences de notation internationales. Ce mardi 6 février, Fitch Rating vient en effet d’émettre un avis très favorable sur la banque, en confirmant son AAA à long terme avec une perspective stable. Une notation qui est « au plus haut niveau sur l’échelle nationale », souligne Fitch.

Si avec toutes les difficultés que connaît le secteur bancaire marocain, notamment la montée des risques liés à la crise du Covid, le risque de taux et les poussées inflationnistes, la banque affiche un Tier1 de 10,5%, pourquoi donc émettre des titres avec des clauses de non-paiement ou de dépréciation de la valeur nominale ?

Pour notre banquier d’affaires, l’explication se trouve dans le marché actions et la valeur du titre BMCI.

Objectif : redorer le blason du titre en Bourse ?

« BMCI est un titre hyper dévalorisé sur la place casablancaise. Elle est revenue à un niveau de cours de 1998/1999. Ce qui n’est pas justifié, ni fondamentalement, ni techniquement. Et les actionnaires, aussi bien marocains qu’étrangers, ne peuvent accepter cette situation, surtout que la banque n’a pas distribué de dividendes en 2019 et a servi à peine 10 dirhams de dividendes l’année dernière. Cette levée vise d’abord à montrer à Bank Al Maghrib et à lui donner toutes les assurances que la banque est capable de distribuer plus de dividendes cette année. Ce qui va mécaniquement relever le niveau de cours de la valeur. Payer 6% d’intérêts pour rehausser la valeur de la banque est la seule justification possible et raisonnable pour expliquer cette levée », croit savoir notre source.

Le titre a perdu en effet 54% de sa valeur depuis 2018, suivant la chute vertigineuse des bénéfices de la banque, passés de plus de 600 MDH à 109 MDH à fin 2021. En trois ans, la valeur du titre a été divisée par deux, passant d’un pic de 800 dirhams en 2019 à 389 dirhams actuellement.

Pour une banque que l’on dit « en vente », selon les échos du marché, un tel niveau de valorisation n’est pas acceptable. Et la banque est prête à payer le prix d’une dette à plus de 6% pour redorer son blason en Bourse.

« Ces dernières années, on avait l’impression que la BMCI avait fait le choix de ne pas croître, de rester très prudente, de garder des parts de marchés très faibles, de ne pas être agressive commercialement, de se contenter de la niche corporate qui représente le plus gros de son portefeuille crédit. C’est un choix stratégique. La nouvelle stratégie de la banque à horizon 2024 vise à faire redémarrer la machine, et la banque en a les moyens, surtout qu’elle est en train de moderniser tout son système d’information. Quand on voit ses niveaux de fonds propres et la valeur de son actif net comparés à sa capitalisation boursière ou à ses engagements, on a l’impression que c’est une Ferrari qui roule à 60 km/h. Les derniers contacts que nous avons eus avec le management de la banque montrent que le bolide sera prêt à redémarrer à partir de 2025″, signale notre source.

Pour bien vendre la mariée à terme ? C’est la question à plusieurs milliards de dirhams et dont la réponse se trouve à Paris, dans le cercle très restreint des patrons du géant européen BNP Paribas. A suivre…

Forum BMCI: les enjeux et challenges du financement durable au Maroc

La BMCI a organisé, ce mercredi 15 juin au Sofitel de Rabat, la première édition du « Forum de la finance durable ». L’objectif était notamment de mettre en avant les financements ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), leur importance et les attentes du Maroc par rapport à ces derniers.

Lors de l’événement, la finance a été représentée par BMCI et sa maison-mère BNP Paribas, ainsi que par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

De par l’urgence climatique actuelle, les modes de production et d’industrialisation doivent devenir plus responsables et durables. Le monde de la finance se tourne lui aussi vers les financements verts en orientant ses investissements vers des structures plus respectueuses de l’environnement et plus aptes à répondre aux nouvelles normes, de plus en plus contraignantes pour les industriels. Parmi elles, la décision de l’Union européenne d’interdire la vente de véhicules neufs à moteur thermique dès 2035.

Une nécessité d’accompagner l’industrie décarbonée

Partant de ce constat, les acteurs du financement présents ont développé des programmes d’accompagnement des entreprises pour financer des projets à impact environnemental. Dans leurs politiques internes, les groupes financiers se désengagent progressivement des financements octroyés aux secteurs pétroliers ou gaziers.

« Nous avons déjà pris un engagement, conjointement avec la BERD, à travers une enveloppe de financement de 25 millions d’euros pour un programme pluriannuel que nous avions signé il y a quelques mois. Cela nous permettra de distribuer un certain nombre de crédits à des entreprises qui veulent faire évoluer leur système de production vers des modèles moins gourmands en énergie », nous explique Philippe Dumel, président du directoire de BMCI, dans une discussion en aparté de l’évènement.

Le Maroc va bientôt être confronté à différentes contraintes réglementaires liées à la décarbonation de l’industrie. Il s’agit notamment de l’entrée en vigueur, en 2023, de la taxe carbone dans l’Union européenne. Un challenge à la décarbonation auquel se prépare le pays pour pouvoir s’assurer l’export de ses marchandises vers le Vieux continent, qui représente 65% des exportations marocaines. Si les exportateurs marocains ne sont pas conformes à ces normes, ils pourraient bien voir leurs marchandises taxées aux frontières.

L’un des autres organes d’accompagnement du financement au Maroc, présent à l’événement, est la BERD. En 2021, 51% de ses investissements portaient sur le financement vert. Depuis son installation dans le Royaume, l’institution a débloqué l’équivalent de près de 4,3 MMDH dans des lignes de financement verts.

Le pays recèle un bon potentiel solaire, mais aussi éolien. Cette énergie est devenue très compétitive pour certains investisseurs étrangers. Néanmoins, le Maroc doit relever différents challenges pour passer à l’échelle.

La difficulté de l’accès à l’énergie renouvelable pour tous

L’un des chantiers les plus importants pour booster la finance durable et permettre d’en alimenter l’industrie est en effet un certain passage à l’échelle. Des questions réglementaires émergent.

Rencontré en marge de l’événement, Saïd Mouline, directeur général de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), nous explique que « les grands projets renouvelables qui touchent la très haute tension (les grands consommateurs d’énergie, ndlr), c’est-à-dire les mines, la sidérurgie, l’ONCF et les cimentiers, disposent d’un modèle où ils peuvent acheter de l’énergie verte moins cher tout en décarbonant leur processus industriel. » Et d’ajouter : « Ils sont donc gagnants à tous les niveaux. Nous essayons de faire évoluer le cadre actuel. Il y a désormais un débat sur la nouvelle loi pour que cela soit ouvert à la moyenne tension, c’est-à-dire à la majorité des entreprises. On parle de dizaines de milliers d’entre elles. »

Cette ouverture se fera par étapes. Car si l’accès à cette ressource peut être bénéfique d’un point de vue écologique, il faudrait que le business model soit rentable pour tous. « Il faut trouver le meilleur modèle ; celui où tout le monde puisse se retrouver. Des textes ont d’ailleurs été soumis au Parlement. Concernant les montants qui seront exigés, il est important que l’on reste dans un modèle économique pour tout le monde. Nous sommes optimistes pour parvenir rapidement à sauter le pas », nous dit Saïd Mouline.

Cela serait en effet une opportunité pour les entreprises marocaines d’être plus compétitives en réduisant leurs factures énergétiques, et permettrait également au Maroc de réduire sa dépendance énergétique et sa balance commerciale.

Paiement mobile: Digifi, filiale de la BMCI, lance le service Smart Flouss

Dans un premier temps, l’offre de service Smart Flouss intègre l’usage le plus fréquent des Marocains qui est le transfert d’argent et le paiement commerçant. L’offre sera enrichie par la suite, précise un communiqué.

Lancé par Digifi, Smart Flouss repose sur un réseau de distribution composé actuellement de l’ensemble des agences BMCI à travers le Maroc, pour effectuer ses opérations de dépôt et de retrait.

« Un réseau de proximité sera mis en place pour offrir un service sur des horaires étendus et plus de flexibilité, et se composera essentiellement de commerces de quartiers et de lieux de vie », ajoute la même source.

Tous les transferts entre comptes Smart Flouss sont gratuits. Par ailleurs, afin de donner aux Marocains l’occasion de tester ce nouveau service, sans engagement, l’ensemble des services Smart Flouss sont proposés gratuitement jusqu’à fin 2020.

A partir du 1er janvier 2021, seuls les transferts vers un compte de paiement confrère et le retrait d’argent seront payants à hauteur de 1,5% du montant de l’opération.

Smart Flouss est une application mobile téléchargeable sur Google Play et Apple Store.

Le service instaure un système très sécurisé à travers un code envoyé à l’utilisateur par SMS pour effectuer chaque opération.

Pour rappel, la BMCI et le Groupe BNP Paribas ont créé Digifi, une filiale autonome dédiée au paiement mobile au Maroc. 

85 MDH de la BMCI au Fonds de gestion Covid-19

Cette participation rentre dans le cadre de l’élan de solidarité nationale, afin de se mobiliser aux côtés des pouvoirs publics pour traverser cette crise sanitaire.

Dans cette perspective, et tenant compte de l’effet multiplicateur qui existe entre le montant des fonds propres et le montant des crédits alloués, le Conseil de surveillance de la banque a également décidé de renoncer à la proposition de distribution d’un dividende exceptionnel de 505 millions de dirhams (38 dirhams par action) au titre de l’exercice 2019.

Continuité des activités bancaires

Par ailleurs, la BMCI a mis en place un Plan de continuité d’activité, afin de maintenir la totalité des services de la banque, à travers l’ensemble de son réseau, avec des désinfections intensives dans ses agences et ses GAB.

La banque maintient également l’activité de ses différents canaux de banque à distance, notamment le numéro abrégé du Centre de relation clients « 28 28 », l’application BMCI Mobile et le site internet BMCI.ma, afin de limiter les déplacements de ses clients.

Par ailleurs, conformément aux décisions prises par les membres du GPBM et afin de respecter au mieux les règles de précaution dans ce contexte sanitaire, la BMCI a prévu de limiter le nombre de clients pouvant accéder en même temps à une agence ou à un centre d’affaires tout en respectant une distance de 1m50 comme suit :

– Agences à 3 personnes : maximum de 3 clients en même temps;

– Agences à 5 personnes : maximum de 5 clients en même temps;

– Centres d’affaires : maximum de 5 clients en même temps.

La banque a également décidé de basculer ses agences habituellement ouvertes samedi matin, vers un horaire normal, à savoir, une ouverture lundi matin au lieu du samedi matin. Les agences sont désormais ouvertes du lundi au vendredi, de 9h15 à 14h15. Cette mesure a pris effet samedi 21 mars 2020, qui n’a pas été travaillé.

Mesures commerciales pour les clients

Pour accompagner ses clients, la BMCI propose plusieurs solutions :

– Pour la clientèle des particuliers dont la situation le nécessite, la banque donne la possibilité de reporter jusqu’à 3 mois les échéances des crédits habitat et crédits à la consommation avec un traitement de dossier en 48h.

– Pour les professionnels et entreprises, un dispositif dédié a été mis en place :

* La dématérialisation du paiement (salaires, fournisseurs …) via la solution d’E-banking sécurisée. La banque propose une gratuité de souscription jusqu’au 30/06/2020 pour tout nouvel abonné.

* Le report jusqu’à 3 mois des échéances de crédits, notamment amortissables, pour les clients dont la situation le nécessite avec un traitement de dossier en 48h.

* La possibilité de traiter les demandes à distance via le Service assistance aux entreprises (SAE) en contactant le 05.29.07.07.07 (gratuité du service jusqu’au 30/06/2020).