Football. Les clubs et joueurs les mieux valorisés de la Botola Pro

Si certains clubs n’ont pas opéré de saut qualitatif spectaculaire, plusieurs ont néanmoins vu la valeur marchande de leur effectif évoluer de manière significative, notamment grâce aux performances sportives et aux recrutements réalisés lors du mercato estival.

La Renaissance sportive Berkane, championne en titre, en est l’exemple le plus frappant. Le podium est complété par le Wydad Athletic Club et le Raja Club Athletic, tandis qu’en bas de classement, on retrouve logiquement les nouveaux promus : le Kawkab Athletic Club de Marrakech (KACM), l’Union sportive Yacoub El Mansour (USYM) et l’Olympique Dcheira.

À noter que la valeur marchande du KACM a fortement progressé ces derniers mois grâce à son recrutement ambitieux, tandis que la Renaissance de Zemamra et le WAC ont enregistré une baisse.

Sur le plan individuel, six des dix joueurs les mieux valorisés évoluent au sein du club triple champion de la Coupe de la confédération de la CAF.

Parmi eux figurent notamment l’ailier gauche Mounir Chouiar et le défenseur Ismaël Kandouss, tous deux arrivés dans la région de l’Oriental lors du mercato estival.

Le classement inclut également des valeurs sûres d’autres clubs, comme Mohamed Rabii Hrimate, Anas Bach et Reda Slim ; ce dernier est de retour au Maroc après une expérience à l’étranger, notamment avec Al Ahly (Égypte).

En ce qui concerne l’évolution des valeurs marchandes, Mamadou Lamine Camara enregistre la plus forte progression depuis septembre 2024. Il est suivi de ses coéquipiers Ayoub Khairi et Haytam Manaout. Hors RSB, Ayoub Maamouri et Mehdi Mchakhchekh complètent le top 5.

Chez les U23, Mamadou Lamine Camara domine également les classements, talonné de près par Mouad Dahak, prêté au Raja depuis l’Union Touarga. Le milieu défensif du Hassania d’Agadir, Mohamed Amine Katiba, occupe la dernière marche du podium.

  • Bêta

Fonctionnalité bêta

La Botola Pro décortiquée. Statistiques et comparaison avec les grands championnats

À force de consommer du football de haut niveau à la télévision, une question revient sans cesse. Que vaut réellement la Botola Pro, dont la saison 2025-2026 a débuté le vendredi 12 septembre ?

Si le succès de l’équipe nationale des joueurs locaux pendant le Championnat d’Afrique des nations offre déjà un premier indice sur le poids du championnat marocain sur l’échiquier continental, l’analyse des données statistiques permet d’aller plus loin et de mesurer la Botola face aux grandes ligues africaines et européennes.

À cet effet, Médias24 vous propose une analyse comparative de plusieurs indices de performance, allant de l’efficacité offensive à la solidité défensive, en passant par la qualité du jeu de passes et l’intensité des duels.

Alors qu’en Europe l’analyse se concentre sur les cinq grands championnats qui dominent le football mondial, en Afrique le choix s’est porté sur les ligues égyptienne, sud-africaine et tunisienne. Leurs clubs se distinguent en effet par une présence régulière dans le dernier carré des quatre dernières éditions de la Ligue des champions africaine.

Résultat, la Botola Pro se situe à mi-chemin entre les championnats africains et européens. Les statistiques de la saison 2024-2025 exposent une ligue compétitive, mais encore en retrait par rapport aux standards des grandes ligues européennes, surtout en matière de créativité, d’efficacité offensive et de volume de jeu.

 

Botola Pro: buts par match 2024/2025

Botola Pro: myenne de tirs cadrés par match 2024/2025

En termes de buts (1,06 par match), la Botola se classe derrière les ligues européennes majeures et même derrière la PSL sud-africaine (1,13). Le volume de tirs est globalement positif (9,3 par match), mais le pourcentage de cadrage (33,9%) reste en deçà de la Ligue 1 française (39,2%). Cela traduit un déficit de précision et de finition dans la zone de vérité.

Botola Pro: dribbles réussis 2024/2025

A contrario, le championnat national ne manque pas de bons dribbleurs qui ont la capacité technique pour déséquilibrer l’adversaire. En Botola, 17,3 dribbles sont tentés par rencontre. Loin derrière la Premier League (20,6), mais légèrement inférieur à la Bundesliga.

Sur le plan de la technique de passe, le taux de réussite est intéressant (79,7%). Il est même supérieur à celui du championnat tunisien (77,5%) et proche de l’Afrique du Sud (79,6%), mais encore loin des cadors européens.

Dans le dernier tiers du terrain, là où la pression est généralement la plus forte pour les joueurs puisqu’ils ont moins de temps et d’espace pour s’organiser, le pourcentage de réussite ne dépasse pas 65% au Maroc. Cela reste tout de même supérieur aux championnats sud-africains, mais en retrait de la Ligue égyptienne et de plusieurs compétitions européennes (jusqu’à 72,3% en Angleterre).

Ce manque de qualité technique et de confiance dans le camp adverse explique en partie pourquoi le jeu long est davantage privilégié au Maroc que sur le Vieux Continent. Toutefois, cela reste moins prégnant que dans les autres championnats africains précités. En matière de création d’occasions par la passe, la Botola reste en deçà du championnat égyptien et de l’ensemble des cinq grands d’Europe.

Ce qui dénote un déficit de joueurs créatifs, dotés d’une bonne vision de jeu et surtout d’une capacité à offrir des caviars aux attaquants. Dans l’ensemble, en termes de construction des actions, le nombre de ballons perdus (100,1 par match) reste élevé, ce qui trahit un manque de maîtrise technique et de continuité dans le jeu.

Avec 59 duels disputés par 90’ (63,3%), la Botola se révèle être une compétition rugueuse, où les contacts sont légion. L’intensité défensive est également marquée (5,8 challenges par minute de possession adverse), mieux que l’Angleterre (5,3) mais moins que la Tunisie (6,5).

Néanmoins, ce constat est à relativiser car, en Angleterre par exemple, les défenseurs sont beaucoup plus précis dans leurs interventions et n’ont pas besoin forcément de tacler pour récupérer les ballons. Les meilleurs joueurs défensifs restent ceux qui défendent debout sans aller au sol.

La multiplication des interventions défensives et des duels fait que la Botola concède 11,2 fautes par match, soit une moyenne légèrement supérieure aux grands championnats européens, mais largement inférieure à la Ligue 1 tunisienne.

En somme, la Botola est composée d’équipes solides défensivement et engagées physiquement, mais dont les joueurs offensifs manquent encore d’efficacité et de créativité dans la zone décisive.

Les chiffres dessinent un championnat supérieur aux ligues tunisienne et sud-africaine dans plusieurs catégories statistiques. Souvent, il surpasse également l’Égypte, mais demeure en retrait face aux cadors européens.

Football. La charte de gouvernance des clubs a été signée

La charte, dont les premiers détails ont été révélés par Médias24, marque une « volonté affirmée de rompre avec les pratiques du passé pour entrer dans une ère de professionnalisme et de responsabilité ».

La cérémonie s’est déroulée en présence de Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, de Abdeslam Belkchour, président de la LNFP , ainsi que des présidents des clubs et sociétés sportives.

Une rupture avec le passé pour attirer les investisseurs

Cette charte « ouvre une nouvelle page dans l’histoire du football national », a déclaré Abdeslam Belkchour, cité dans un communiqué de la Ligue nationale de football professionnel.

Il a insisté sur le fait que ce document engage les clubs dans une nouvelle ère de « bonne gouvernance et de professionnalisme responsable ». Selon lui, cette charte est fondée sur les valeurs de transparence, d’intégrité et de responsabilité, et vise à instaurer une « rupture définitive avec les pratiques du passé », telles que le vide institutionnel, l’opacité dans la gestion et le déni de responsabilité.

Pour le président de la LNFP, cette transformation place tous les acteurs devant une « responsabilité historique » afin de bâtir un environnement propice à l’investissement et de renforcer l’image de la Botola Pro, tout en assurant son leadership continental.

Une vision royale pour le sport

De son côté, Fouzi Lekjaa a déclaré que la signature de cette charte est la traduction directe de la vision du Roi Mohammed VI, qui a fait du sport, et particulièrement du football, un levier de développement et de rayonnement international. Il a rappelé que grâce à cette vision, le Maroc est devenu un « modèle continental et mondial », comme en témoignent les succès en matière d’infrastructures et les performances des équipes nationales.

Le président de la FRMF a également souligné que cette nouvelle étape place sur les épaules des clubs la « responsabilité de redoubler d’efforts » pour renforcer la compétitivité, réduire les écarts et améliorer l’image globale du championnat national.

Les présidents de clubs présents ont unanimement salué cette initiative, la considérant comme une « étape qualitative » qui pose les fondations d’une nouvelle ère basée sur des valeurs unifiées.

La Botola Pro fait son grand retour. Du suspense à tous les étages

Le championnat du Maroc reprend ses droits ce vendredi 12 septembre avec l’Ittihad de Tanger (IRT) qui rend visite au Hassania d’Agadir (HUSA), quelques heures avant que le Wydad (WAC) n’accueille le Kawkab de Marrakech (KACM) dans la soirée (20 h).

La domination sans partage de la Renaissance sportive de Berkane (RSB) lors de la saison dernière n’est pas un gage de réussite pour le club de l’Est en vue du nouvel exercice. Mais la constance dans les résultats laisse penser que la RSB a toutes les chances de réaliser le doublé.

La valorisation du triple vainqueur de la Coupe des confédérations de la CAF est aussi une manière de rappeler qu’il est un immense favori à sa propre succession. Mais réaliser ce coup de force nécessite de prendre à contre-pied l’histoire récente du championnat national.

Depuis vingt-cinq ans, seuls le Wydad Athletic Club et le Hassania d’Agadir ont réussi l’exploit de conserver leur titre. Et cette saison, toutes les conditions semblent réunies pour prolonger ce suspense.

Car si la compétition reste ouverte à l’incertitude, ce n’est pas seulement au regard du passé, mais aussi de l’éternelle possibilité qu’une équipe célébrée il y a peu se fasse happer par la recherche de cette lumière et cette sensation d’invincibilité, tout en oubliant de répéter les efforts et l’humilité qui l’ont conduite aussi haut.

Le Raja n’a pas besoin de lumière tant il est constamment sous les projecteurs. Qui plus est, cet été, où l’institution a connu une véritable révolution organisationnelle et financière, qui lui a offert une marge de manœuvre pour renforcer un effectif décevant la saison dernière, après avoir pourtant terminé l’exercice précédent champion et invaincu.

Même si elle a perdu son meilleur élément, en la personne d’Amine Zahzouh, l’Association sportive des Forces armées royales (ASFAR) demeure un candidat au titre plus que crédible. Mais ce n’est pas pour autant que le club de la capitale s’est reposé sur ses lauriers.

La direction sportive des FAR s’est activement renforcée dans toutes les lignes, et particulièrement en défense. À l’évidence, la traumatisante défaite en quart de finale de la précédente édition de la Ligue des champions contre Pyramids FC a laissé des traces profondes dans l’esprit des décideurs des FAR.

Privé de compétition continentale la saison passée, le Wydad Athletic Club affiche une situation bien différente. Le club n’est certes pas reparti d’une page blanche, mais c’est pourtant l’impression laissée par un mercato estival marqué par une activité frénétique.

Selon le site de référence Transfermarkt, pas moins de 51 mouvements ont été enregistrés : 27 arrivées pour 24 départs. Un va-et-vient digne des grandes destinations estivales.

Pour trouver une stabilité technique, il va falloir repasser. Et on se demande bien comment le staff technique mené par Mohamed Amine Benhachem réussira à gérer un effectif aussi pléthorique (33 joueurs). Ce sera l’une des clés de la réussite du club casablancais.

Avec un groupe composé de 24 joueurs, le Fath Union Sport (FUS) n’a pas les mêmes problèmes à résoudre. Saïd Chiba doit plutôt se creuser les méninges pour trouver le secret qui permettrait à ses joueurs d’amorcer une ère avec davantage de continuité dans les résultats.

Une bataille acharnée dans la course au maintien

Au-delà des premières places, cette nouvelle saison s’accompagne de plusieurs autres enjeux et interrogations. La Renaissance Zemamra réussira-t-elle à titiller davantage les cadors de la Botola ? Et si c’était le Hassania d’Agadir qui jouait les trouble-fête cette fois-ci ? En tout cas, son directeur sportif ne s’en cache pas.

« Nous visons le top 5 cette saison », affirmait Laurent Dechaux dans un entretien accordé à Médias24. La nomination du coach franco-comorien, Amir Abdou, répond justement à cette volonté de retrouver du caractère et de la compétitivité. L’idée est que le HUSA compte à nouveau dans le paysage footballistique du haut de tableau. Et avec un coach à la personnalité aussi affirmée, on ne risque pas de s’ennuyer.

Une chose est sûre, derrière les mastodontes de la Botola, il est difficile d’accorder sa confiance totale aux autres équipes dans la quête du haut de tableau, et encore moins de parier son salaire sur celles qui seront rétrogradées. Après avoir longtemps eu sa place à la table des grands, le Difaâ d’El Jadida (DHJ) doit désormais se contenter de lutter pour ne pas glisser vers le bas du tableau.

Une zone où la bataille s’annonce rude, aussi bien pour les clubs qui enchaînent une deuxième saison en première division (Union de Touarga, CODM) que pour ceux qui viennent tout juste de retrouver l’élite (KACM, USYM). Une élite qui a la particularité d’attirer de plus en plus de joueurs à l’expérience éprouvée et auxquels personne n’aurait pensé il y a quelques années.

La signature du gardien international marocain, Munir El Kajoui, à la RSB, semble avoir donné des idées à d’autres équipes. Si le retour de Badr Benoun au Raja semblait être écrit d’avance, personne n’avait vu venir le recrutement par le KACM de l’avant-centre Khalid Boutaib. Idem pour l’arrivée du défenseur Yunis Abdelhamid dans l’optique de renforcer la défense des FAR.

Dans la catégorie des internationaux qui ont choisi de vivre le crépuscule de leur carrière au Maroc figure également Nordin Amrabat. Sa combativité et son leadership seront des atouts précieux pour remettre le Wydad sur le droit chemin dans un championnat qui semble apprécier l’air marin.

Géographiquement, la première division fait la part belle aux équipes du littoral, de Tanger à Agadir, en passant par Casablanca et Rabat. La capitale accueille d’ailleurs à elle seule 25 % des équipes qui sont sur la ligne de départ (4/16). Bref, il ne faut pas avoir le mal de mer pour naviguer avec succès dans un championnat dont plusieurs stades risquent d’être confisqués par la Coupe d’Afrique des nations 2025.

Mais c’est le jeu. On ne va pas se plaindre que la compétition continentale ait accéléré la rénovation d’infrastructures. Au final, c’est aussi ce vent de modernité qui souffle sur la Botola et promet une saison plus intense et palpitante que jamais.

Ramasseurs de balle : la LNFP impose la neutralité et des standards unifiés

La Ligue nationale de football professionnel (LNFP) a annoncé une mesure attendue et saluée par les observateurs : l’adoption d’un nouveau texte visant à réglementer de manière stricte l’activité des ramasseurs de balle, applicable dès cette saison 2025-2026.

Lors de sa réunion du mardi 9 septembre, le comité directeur de la LNFP a finalisé les détails de ce texte, considéré comme un « ajout qualitatif à l’écosystème du football« . Selon la LFNP, ce texte vise à garantir la continuité du jeu, à consacrer la neutralité et à unifier les standards entre tous les clubs.

L’objectif final est de renforcer l’image du championnat et d’ancrer les valeurs d’intégrité sur les terrains, à travers la mise en place de « mécanismes organisationnels clairs ».

Cette décision intervient pour répondre à une problématique longuement débattue qui, selon les experts, nuisait à la compétition et à l’image du football national. Selon Moncef El Yazghi, chercheur marocain spécialisé dans les politiques sportives, deux types de pratiques problématiques se présentaient régulièrement.

« D’une part, dans certaines divisions inférieures, il n’est pas rare que des matchs se déroulent sans aucun ramasseur de balle, ce qui ralentit le jeu et nuit au spectacle. D’autre part, et c’est le problème le plus courant, les ramasseurs de balle, généralement issus des catégories de jeunes du club hôte, manquent de neutralité et deviennent des acteurs influençant le cours du match », explique-t-il.

Particulièrement flagrant dans les moments cruciaux d’une rencontre, ce manque de fair-play n’est pas sans conséquence sur le déroulement du jeu. « Lorsque l’équipe locale mène au score dans les dernières minutes, il est fréquent de voir les ramasseurs de balle retarder délibérément la remise du ballon à l’équipe adverse, voire s’engager dans des provocations avec les joueurs de l’équipe adverse. Ce comportement antisportif, en plus de fausser la compétition, peut créer des tensions inutiles et ternir l’image du football marocain, le présentant comme un championnat où les règles de base du fair-play ne sont pas respectées ».

Face à cette situation, Moncef El Yazghi estime qu’une nouvelle réglementation était indispensable. Elle devait s’articuler autour de plusieurs axes fondamentaux, qui semblent aujourd’hui trouver un écho dans la décision de la LNFP :

Fixer un nombre précis de ramasseurs de balle pour chaque match.

Clarifier leur statut et leur provenance, en s’assurant notamment qu’ils bénéficient d’une assurance adéquate, étant donné qu’ils sont exposés à des risques sur le terrain.

Garantir leur neutralité totale.

L’initiative de la LNFP vise donc à « unifier les standards » pour que chaque club ne gère plus cette question « à sa manière, avec un nombre variable et des pratiques différentes ».

En instaurant des règles communes, la Ligue entend corriger des « failles simples mais persistantes » dans le professionnalisme du football marocain et s’assurer que les ramasseurs de balle retrouvent leur rôle initial : celui de fluidifier le jeu, et non de l’influencer.

Football. Le derby casablancais a-t-il perdu son âme ?

Le prochain derby casablancais, opposant le Raja au Wydad, s’annonce comme l’un des plus ternes de l’histoire du football marocain. Pourtant, il s’agit du premier match après la réouverture du stade Mohammed V. Mais sans enjeu sportif et potentiellement sans ambiance, ce match qui faisait, il y a quelques années à peine, vibrer tout un pays, et même bien au-delà, se tiendra ce samedi 12 avril, dans un climat de désillusion généralisée.

C’est le fruit d’une accumulation de facteurs qui ont vidé le derby de son attrait, aussi bien sur la pelouse que dans les tribunes. En voici une analyse fondée sur les réactions de supporters des deux clubs de la capitale économique, sondés par Médias24.

Plus aucun enjeu sportif

Si le Raja a été prématurément éliminé de la Ligue des champions, le Wydad, lui, n’a tout simplement pas pris part aux compétitions africaines, faute de résultats satisfaisants la saison précédente. Sur le plan national, les deux clubs ont été sortis de la Coupe du Trône et ont rapidement perdu toute chance en Botola, un titre remporté par la Renaissance Sportive de Berkane (RSB). Entre-temps, les deux géants casablancais continuent de traverser une période de turbulences internes.

Les rouges comme les verts subissent aujourd’hui les conséquences de décisions hasardeuses et, surtout, d’une gestion pour le moins approximative. Les recrutements massifs, incohérents et coûteux se traduisent par des résultats quasi inexistants. Sur le terrain, les joueurs ne trouvent ni collectif, ni rythme, ni grinta. Le derby, qui devait être l’affrontement de deux géants, n’est plus qu’une rencontre entre deux blessés en pleine dérive.

Mais au-delà du rectangle vert, c’est dans les gradins que l’absence se fera le plus sentir. Le public casablancais, ce douzième homme légendaire qui a offert au monde entier des tifos spectaculaires, des chants ininterrompus et une ferveur mythique, ne cache plus sa lassitude. Pire, il envisage de boycotter le derby.

Unanimement lassés

« Le supporter est maltraité et mal vu tout au long de l’année, et ce, depuis bien longtemps, mais quand il s’agit de faire la publicité pour la CAN, on veut le ramener au stade et le mettre en avant », nous confie un supporter d’un club casablancais. Ce sentiment, beaucoup le partagent. Le ressenti général est que la réouverture du stade Mohammed V à la veille du derby est un outil de marketing pour la CAN 2025.

« Le stade devait rouvrir ses portes fin 2024. Mais la fermeture a été prolongée jusqu’à mars 2025, pile au moment où se tient le derby », fait remarquer un supporter.

Fermé pendant plus d’un an pour des travaux de mise à niveau pour la CAN, le stade Mohammed V a privé les deux clubs de leur temple. Durant cette période, les derbies ont été relégués à Berrechid, Mohammédia ou encore à Larbi Zaouli, parfois même à huis clos. « Et pendant ce temps, à Rabat, le stade Moulay Abdellah a pu être détruit et reconstruit », relève un supporter. Selon lui, « la durée de la fermeture du stade d’honneur est injustifiée ».

« Depuis la fermeture du stade, la seule source d’argent du club devient le supporter, puisque les dirigeants sont incapables de séduire de vrais sponsors. La carte d’abonnement devient plus chère et on tire le maximum du public, soit par le merchandising soit par les cartes d’abonnements », explique un autre supporter.

Selon lui, « la magie du derby, ce n’était pas tant la qualité du jeu, souvent moyenne, mais l’enjeu, la rivalité, et surtout l’ambiance ». Une ambiance portée par un public fidèle, passionné, créatif. Un public qui, aujourd’hui, se sent trahi.

« Le traitement réservé au derby au cours des dernières années soulève plusieurs interrogations. Outre sa délocalisation et sa tenue à huis clos, même sa programmation a été des plus absurdes. Comme pour mieux enterrer cet événement, le dernier derby avait été initialement programmé un vendredi à 16 h avant d’être reporté à 18 h. Une aberration pour un match d’une telle ampleur. La preuve, c’est qu’à l’occasion de ce match vitrine de réouverture du stade, le derby a été programmé en prime time, un samedi à 20 h », poursuit notre interlocuteur.

Outre ces éléments qui retirent à cet événement tout son charme, le sentiment d’injustice du public casablancais est renforcé par le traitement économique réservé aux deux clubs. Malgré une audience bien supérieure à la majorité des clubs de première division, le Raja et le Wydad reçoivent exactement les mêmes droits TV que les autres clubs, peu importe leur histoire, leur public et leur rentabilité. Une inégalité flagrante selon eux, qui pénalise les clubs populaires, moteurs du championnat.

« La renaissance d’autres clubs, comme la RSB qui disputera bientôt la Ligue des champions africaine pour la première fois, est une bonne chose pour la diversité du football marocain. Mais elle ne doit pas se faire en enterrant vivants ceux qui ont écrit les plus belles pages de l’histoire du championnat », indique un supporter casablancais.

Et d’ajouter : « En Égypte, les deux clubs phares du pays, Ahly et Zamalek, bénéficient de plusieurs privilèges. Par exemple, leurs matchs nationaux sont souvent reportés pour privilégier les compétitions africaines. Cette approche permet à ces clubs de dominer en Afrique, tandis que les clubs marocains se retrouvent parfois contraints de jouer des matchs à quelques jours d’intervalle, malgré les longs et épuisants déplacements à travers le continent ».

L’uniformisation du traitement, l’indifférence envers le poids historique des clubs casablancais, et surtout l’amateurisme de leurs propres dirigeants ont contribué à ce naufrage collectif.

« Les équipes se sont elles-mêmes causé du tort. Une responsabilité majeure revient aux dirigeants incompétents, il ne faut pas chercher des excuses ailleurs », tranche-t-on de même source.

Des clubs malmenés par leurs propres dirigeants

C’est un fait : ni le Wydad ni le Raja ne peuvent se cacher derrière des excuses externes, aussi vraies soient-elles. Leur propre gestion interne les a menés là où ils en sont aujourd’hui.

Au Wydad, l’arrivée de Hicham Aït Manna en tant que nouveau président avait suscité l’espoir d’un renouveau, d’autant que sa mission principale était d’injecter de nouveaux fonds dans le club, mais aussi de le structurer. Cependant, plusieurs mois plus tard, le bilan est loin d’être satisfaisant : rumeurs de salaires impayés, recrutements massifs et onéreux, ainsi qu’une totale absence d’homogénéité et d’identité au sein de l’équipe. De quoi décevoir un public légitimement mécontent.

Dans un communiqué daté du 6 avril, l’Association des anciens joueurs du WAC dénonce la mauvaise qualité de la gestion du club et déplore le recrutement massif (28 joueurs et 8 membres du staff) qui n’a jamais permis de créer une équipe homogène. Une critique qui touche en plein cœur un projet de reconstruction qui n’a accouché que de frustrations.

Au Raja, c’est un autre désastre. Le club est passé d’une performance historique à un naufrage, résultat d’un sabotage interne qui a poussé l’ancien président, Adil Hala, à la démission, non sans avoir auparavant renvoyé plusieurs éléments clés de l’équipe. Certes, le coach tunisien, Lassaad Chabbi, désigné par le bureau dirigeant qui succède à Adil Hala, a permis une légère amélioration, mais trop tard. Le club a tout simplement déçu son public cette saison, après une année historique marquée par des résultats exceptionnels.

Football. La Renaissance sportive de Berkane sacrée championne du Maroc pour la première fois

La Renaissance sportive de Berkane (RSB) a marqué l’histoire en décrochant son premier titre de champion du Maroc en Botola Pro D1 « Inwi ». Les Berkanis ont assuré leur sacre à cinq journées de la fin du championnat, après un match nul (1-1) contre l’Union de Touarga, le samedi 15 mars au stade municipal de Berkane, lors de la 25e journée.

Fondée en 1938, la RS Berkane a dominé la saison avec 18 victoires, 6 nuls et une seule défaite, totalisant 60 points. L’équipe, dirigée par le coach tunisien Mouain Chaabani, devance l’AS FAR (45 pts) et le Wydad Casablanca (43 pts). Ce sacre marque le retour du titre de la Botola Pro dans la région de l’Oriental, cinquante ans après le triomphe du Mouloudia Oujda (1974-1975).

Déjà double vainqueur de la Coupe de la CAF (2020, 2022) et triple lauréat de la Coupe du Trône, la RSB s’impose désormais comme un poids lourd du football marocain. Elle poursuivra son aventure africaine en quarts de finale de la Coupe de la CAF contre l’ASEC Mimosas en avril prochain.

 

La Libye, nouvel eldorado pour les joueurs marocains et étrangers de la Botola Pro

Ce mercato hivernal a été particulièrement agité au Maroc. Ls clubs libyens ont ciblé plusieurs éléments clés évoluant dans la Botola Pro en mettant sur la table des sommes que les joueurs, qui aspirent à de meilleurs revenus face à des clubs marocains au bord du gouffre financier, ont eu du mal à refuser.

Al-Ittihad de Tripoli, coaché par Juan Carlos Garrido, ancien entraîneur du Raja de Casablanca, a signé avec l’international mauritanien Sidi Bouna Ammar en provenance du Wydad de Casablanca, dans un transfert avoisinant les 5 millions de DH.

Le même club a également renforcé ses rangs avec l’attaquant botswanais Tomisong Orebony, en provenance des FAR à travers le paiement de sa clause libératoire, ainsi qu’avec Mohamed Zrida débauché du Raja.

Le club libyen voulait également s’offrir les services des rajaouis Nawfal Zerhouni et Abdellah Khafifi, mais les négociations n’ont pas abouti.

De son côté, Al-Nasr a réussi à attirer le meilleur buteur de la Botola Pro, le Malien Cheikhna Samaké, après avoir levé la clause libératoire de son contrat avec l’Olympique de Safi.

Le recrutement de joueurs étrangers, une solution de court terme

Tout pays ayant d’importantes ressources financières a tendance à s’offrir les services de joueurs étrangers pour dynamiser et développer son football local. La Libye n’échappe pas à la règle.

Alors que les clubs marocains peinent à offrir des salaires compétitifs aux joueurs de la Botola Pro, la Libye représente une destination financièrement attractive pour de nombreux footballeurs.

Contacté par Médias24, Moncef El Yazghi, chercheur en politique du sport, explique que « la faible densité de la population libyenne, et surtout la situation sécuritaire instable du pays, rendent la formation de jeunes joueurs moins prioritaire, ce qui pousse le pays à se tourner vers l’étranger pour renforcer ses équipes ».

En effet, alors que la formation de jeunes talents devrait être un objectif à long terme, la Libye se concentre davantage sur des solutions à court terme, comme l’acquisition de joueurs étrangers, notamment du Maroc.

Le football, un véritable outil politique

La passion pour le football en Libye est indéniable. « L’équipe nationale libyenne a longtemps fait partie des grandes équipes d’Afrique, notamment dans les années 1980, et était à deux doigts d’éliminer le Maroc lors des qualifications à la Coupe du monde 1986 au Mexique », rappelle Moncef El Yazghi.

Même avec des joueurs de qualité et des performances notables à l’échelle continentale, la progression de la sélection libyenne a été freinée par des facteurs politiques internes, notamment les orientations de l’ancien président Mouammar Kadhafi dont les choix ont eu des répercussions négatives sur le développement du sport dans le pays.

Aujourd’hui, la donne a changé. « Le football est devenu un véritable outil politique pour les autorités libyennes, un levier permettant de sortir du marasme économique et de la crise politique dans lesquels le pays est plongé », précise notre chercheur. Pour atteindre cet objectif, les autorités libyennes mettent à disposition des clubs nationaux des réserves importantes en devises, leur permettant d’attirer des talents étrangers.

La Fédération libyenne de football a également mis en place des règles facilitant l’intégration de joueurs en provenance d’Afrique du Nord, du Soudan ou de Palestine, en les considérant comme des joueurs locaux dans les listes de matchs. Cette politique a pour but de renforcer la compétitivité des équipes sans limiter les recrutements internationaux.

Football. Le Tunisien Lassad Chabbi nouvel entraîneur du Raja

Le Raja Casablanca a annoncé plus tôt le départ de son ancien entraîneur Hafid Abdessadek, à qui il a adressé ses remerciements pour les services rendus au club.

Le technicien tunisien avait déjà entrainé les Verts et Blancs, avec qui il a remporté la Coupe de la CAF et la Coupe des clubs champions arabes.

Le Raja Casablanca a été éliminé de la phase de groupes de la Ligue des champions africaine et reste loin du peloton de tête en Botola Pro D1 (8e, 25 pts).

Football. La gestion mentale des gardiens de but, tout un programme (exemples)

Le poste de gardien de but est particulier à plus d’un titre. À lui seul, un portier peut, par un arrêt, aider ses coéquipiers à conserver un résultat, leur faire gagner des points en les transcendant ou, au contraire, les plomber par une bourde. Le cas échéant, la gestion mentale de l’après-erreur s’avère capitale, en particulier dans le cas d’un jeune portier.

Afin de le remettre d’aplomb, les directives de la FIFA prônent le positivisme et une préparation mentale reposant sur la visualisation et l’imagerie mentale. Une attitude et un programme qui ont fait leurs preuves au plus haut niveau, permettant aux sportifs de renforcer leur confiance, d’améliorer leur concentration et de surmonter les moments de doute.

Rayan Azouagh est le dernier exemple en date. Lancé dans le grand bain cette saison dans les cages de l’Ittihad de Tanger (IRT), il a battu un record de précocité en devenant le plus jeune gardien de l’histoire du championnat national. Du haut de ses 17 ans, il n’a pas seulement fait de la figuration.

Son entraîneur, Hilal Et-Tair, a fait appel à lui pour pallier la blessure du titulaire, Badereddine Benaâchour. C’était le 29 septembre face au FUS de Rabat, pour le compte de la 4e journée de la Botola. Premier match en pro et premier clean sheet (match sans encaisser de buts) pour Azouagh.

Même s’il a enchaîné quelques rencontres sur le banc avant de retrouver sa place dans les cages, ses prestations ont été bluffantes pour son âge. Au point de lui ouvrir les portes de l’équipe nationale des U18. Une récompense méritée au vu de son assurance et de ses qualités techniques sur sa ligne. Mais le jeune portier est rapidement tombé de son petit nuage.

Des gardiens de but sans filet en cas d’erreur

Le samedi 23 novembre 2024, son équipe rendait visite au Moghreb de Tétouan, à l’occasion d’un derby du Nord très attendu. Mais au bout d’un quart d’heure de jeu, le dernier rempart de l’IRT a précipité la défaite des siens en commettant deux erreurs techniques à quelques minutes d’intervalle.

Gêné par le rebond sur un ballon en profondeur, Rayan Azouagh a d’abord relâché le cuir dans les pieds d’un adversaire, alors que l’intervention semblait largement dans ses cordes. En un sens, la séquence souligne la faculté d’anticipation du portier marocain sur une situation de jeu où ses défenseurs ont été pris dans leur dos.

Mais, d’un autre côté, le geste technique du portier marocain n’était pas maîtrisé. Perturbé par sa première boulette, Azouagh en commet une deuxième moins de trois minutes plus tard. Même si la passe en retrait de son défenseur n’était pas un cadeau, le jeune gardien a manqué son contrôle orienté, avant de faucher son vis-à-vis et de concéder un penalty.

À l’évidence, le portier de l’IRT n’était pas dans un grand jour. Sur le banc, Hilal Et-Tair faisait face à un dilemme : laisser son joueur sur le terrain et prendre le risque de l’enfoncer au même titre que toute l’équipe, ou bien arrêter l’hémorragie et le remplacer. Hilal Et-Tair a fini par trancher en demandant le changement.

De concert, les supporters et les joueurs ont accompagné sa sortie d’applaudissements et d’encouragements. Mais ces marques d’attention n’ont pas suffi à sécher ses larmes. La décision du technicien marocain n’a pas été comprise par tout le monde. Certains se sont même demandé si elle n’était pas aussi grave que les erreurs que le gardien avait commises.

Préserver la force mentale du gardien

Contacté par Médias24, Zouhair Afifi, spécialiste des gardiens et membre du staff de l’Equipe nationale U17, souligne que « l’entraîneur et le staff côtoient leur joueur au quotidien. Ils sont les mieux placés pour cerner sa personnalité. La décision qu’ils ont prise est certainement pour son bien », poursuit-il.

Et il ne croit pas si bien dire. En conférence de presse d’après-match, son entraîneur n’a pas voulu l’accabler : « Les erreurs font partie du football. C’est un joueur qui n’a pas encore fini sa formation. Je le réitère, c’est l’avenir du football marocain au poste de gardien de but. Mais, aujourd’hui, il a appris plusieurs leçons. Et si je l’ai remplacé, c’est uniquement pour protéger sa force mentale ».

Un discours empreint de sagesse et de compassion, dans la lignée des directives de la plus haute instance du football mondial. « Lorsqu’un jeune gardien de but commet une erreur, il est crucial de réagir de manière constructive pour favoriser sa gestion mentale et son développement », précise la FIFA sur sa plateforme FIFA Training, dédiée aux ressources éducatives et aux programmes d’entraînement.

Ainsi, la FIFA met clairement en avant l’importance de la résilience mentale chez les gardiens. « La première étape consiste à maintenir une attitude positive. Il est essentiel de souligner les aspects positifs de sa performance, même après une erreur, afin de renforcer sa confiance. Par exemple, il est utile de rappeler au gardien que tout joueur, quel que soit son niveau, fait des erreurs, et que c’est une opportunité d’apprendre et de progresser​ », ajoute la Fédération internationale.

« À seulement 17 ans, vivre une telle mésaventure peut marquer un tournant dans une carrière. Cela pourrait le rendre plus fort en forgeant une personnalité résiliente. Avec un bon encadrement, Azouagh pourra tirer des leçons précieuses de cette expérience », souligne Zouhair Afifi. « Pour exemple, Khalid El Askri, qui a su surmonter des épreuves difficiles pour briller lors d’une grande Coupe du monde des clubs avec le Raja de Casablanca », poursuit notre interlocuteur.

Gestion de l’attention et visualisation positive

À l’époque, la vidéo de la mésaventure de Khalid El Askri avait fait le tour du monde, cumulant des millions de vues sur les réseaux sociaux. Ironiquement, tout est parti d’un exploit puisque le gardien avait arrêté un penalty d’une main ferme. Cependant, un surprenant effet rétro a donné une tournure inattendue à l’action. Alors qu’il célébrait déjà son arrêt avec les supporters, le ballon a franchi la ligne de but derrière son dos. Même le tireur semblait incrédule devant cette scène improbable.

Une mésaventure mémorable qui restera à jamais gravée dans les mémoires. Questionné à ce sujet à la fin de sa carrière, El Askri a admis qu’il en avait effectivement souffert. Néanmoins, grâce à l’accompagnement de ses entraîneurs, qui ont su le soutenir et le remettre sur pied, il a pu surmonter cette épreuve et poursuivre sa carrière, prouvant ainsi sa résilience et sa capacité à se relever après les moments difficiles.

« Rayan Azouagh possède de grandes qualités. Il est calme et fait preuve d’une forte personnalité. Il a déjà livré de grandes performances et, avec l’expérience, il pourra encore progresser », assure Zouhair Afifi. Une évolution qui passera par l’activation de plusieurs leviers de la préparation mentale.

« Un bon entraînement mental, incluant la gestion de l’attention et la visualisation positive, peut être intégré au programme d’entraînement pour aider les gardiens à mieux gérer les erreurs et les moments de pression sur le terrain », affirme la FIFA. « Les préparations varient entre un gardien de but jeune et un gardien plus expérimenté. Cela dépend aussi des compétitions à venir. J’essaye toujours de m’appuyer sur mon expérience pour aider mon gardien à ne pas refaire les mêmes erreurs », ajoute Zouhair Afifi.

« Il existe la méthode de l’imagerie mentale, où nous aidons le gardien à jouer le match avant de le vivre réellement. À l’entraînement, le travail mental consiste aussi à simuler des situations de match, à étudier le plan de jeu de l’équipe adverse. Il est essentiel d’éviter toute surprise ».

Toutefois, dans la vie d’un gardien, l’inattendu reste inévitable. Ce qui importe, c’est sa capacité à rebondir face aux imprévus. Pour l’instant, Rayan Azouagh n’a toujours pas repris sa place dans les buts de son équipe. La gestion prudente de son temps de jeu par son entraîneur sera sans doute bénéfique à son évolution.

Botola. Malgré un nouveau match nul (0-0), les indicateurs sont au vert pour le Raja

Dans le monde du football, certaines victoires suscitent des inquiétudes, tandis que des matchs nuls peuvent nourrir l’espoir de lendemains prometteurs. Sans verser dans un optimisme excessif, le point pris par le Raja de Casablanca contre le Club omnisports de Meknès (0-0) est encourageant pour la suite de la saison.

Cette rencontre, disputée sur la pelouse du stade Larbi Zaouli à Casablanca lors de la 9e journée de la Botola Pro, le samedi 2 novembre, a mis en lumière les progrès réalisés par les champions en titre sous la direction de Ricardo Sa Pinto, tant sur le plan physique que tactique.

Certes, les coéquipiers de Yousri Bouzouk n’ont toujours pas remporté de match en championnat depuis leur victoire (2-0) contre la Renaissance Club Athletic Zemamra, il y a près d’un mois. Pis, ils n’ont pas réussi à faire trembler les filets adverses depuis 290 minutes de jeu, temps additionnels compris.

Cependant, leur prestation récente face au CODM a révélé une véritable progression qui devrait leur permettre d’inverser la tendance après un été agité et un changement d’entraîneur après deux mois de compétition, suite au limogeage du Serbe, Rusmir Cviko, fin septembre. 

23 tirs, 2,42 xG et un Yousri Bouzok retrouvé

À l’approche de son entrée en lice en Ligue des champions le mardi 25 novembre contre les FAR de Rabat, le Raja de Casablanca poursuit sa mue. Sur le plan comptable, le bilan est insuffisant (3 points), mais parmi les quatre rencontres dirigées par Ricardo Sa Pinto, la dernière est la plus aboutie dans le contenu. 

Malgré un manque de précision face aux cages adverses (moins d’un tir cadré sur trois), qui reste leur principal point noir, les Verts se sont créés pléthores occasions nettes. En effet, le Raja n’avait jamais engrangé un score xG aussi élevé depuis l’arrivée de Sa Pinto (2,42).

Les attaquants, dont Yousri Bouzouk qui retrouve sa forme de la saison dernière mais doit encore réglé la mire, ont constamment menacé la cage adverse tout au long de la rencontre, avec 23 tirs, un total égal à celui de leurs tentatives lors des deux matchs précédents réunis. Le Raja aurait pu perdre ce match si Anas Zniti n’avait pas brillamment arrêté le penalty d’Adnan Berdad juste avant la mi-temps.

En revanche, avec un peu plus de précision, Mohamed Boulacsoute (6’), Yousri Bouzouk (28’, 47’) et Abdellah Khafifi (64′), dont le tir au point de penalty a été renvoyé par le poteau droit adverse, auraient pu ouvrir le score et donner un bon élan à leur équipe. Ricardo Sa Pinto, très expressif sur le bord de la touche, a dû apprécier la performance de ses joueurs.

L’ancien international portugais commence à imprimer sa patte sur un collectif affaibli par les départs de Mohamed Al Makahasi, parti libre à Al Wehda (Arabie Saoudite), et El Mehdi Maouhoub, transféré cet été au Dinamo Moscou (Russie) pour 18,1 millions de dirhams.

Appui axial et contournement de la défense par les ailes

Le Raja de Casablanca est le 16ème club de la carrière d’entraîneur de Sa Pinto. Un parcours lancé au sein de l’Académie du Sporting de Lisbonne, avant de prendre les rênes de l’équipe première entre février et octobre 2012. Globe-trotteur, il a coaché sur presque tous les continents, notamment au Brésil (Vasco De Gama), en Arabie Saoudite (Al Fateh) et en Belgique (Standard de Liège). 

Sur attaque placée, l’objectif est de trouver un appui axial avant d’alerter un joueur lancé sur le côté.

De ces expériences, il gardera trois titres, dont la Coupe de Belgique, tout en développant une philosophie de jeu axée sur une flexibilité tactique pour s’adapter à ses joueurs et à ses adversaires. En quatre matchs à la tête du Raja, il a déployé son équipe autour de deux systèmes de jeu différents : le 4-2-3-1 et le 4-3-3. Concernant l’animation, la ligne directrice est de trouver un appui axial, avant de contourner la défense par les côtés, que ce soit lors d’attaques placées ou en contre.

Le même schéma de jeu se répète, mais cette fois sur une situation de contre.

Ce n’est pas un hasard si les Verts ont réussi à mettre en danger le CODM à partir de ces zones du terrain. Même si le fait de ne pas avoir gagné le match pour s’extraire du ventre mou du classement (10e) n’incite pas à un optimisme démesuré, il est indéniable que le Raja de Casablanca a eu un contrôle quasi total sur cette rencontre pour la première fois cette saison, ce qui est de bon augure pour la suite.

Les clubs de la Botola approuvent le projet de protection sociale pour les joueurs et cadres techniques

Le nouveau mécanisme de protection sociale consiste à fixer la contribution de l’employeur relative aux frais des sportifs et cadres sportifs en réduisant cette contribution pour la période 2024-2028 de 90% à 50% à raison de 10% par an, indique un communiqué de la FRMF.

Selon la même source, ce projet, soumis à un débat, a été approuvé à l’unanimité des présidents des clubs afin de le présenter ensuite aux institutions compétentes pour sa mise en œuvre réglementaire. Concernant l’assurance sportive et la responsabilité civile des clubs, la réunion a été l’occasion d’annoncer les nouvelles mesures prises par les « start-ups » en matière des rapports clubs-sociétés d’assurance, en vue d’intégrer les accidents et blessures des joueurs et cadres techniques lors de l’exercice de leurs activités.

Il a été également convenu de programmer une réunion spéciale avec les staffs médicaux et administratifs des clubs pour clarifier davantage ces procédures et mécanismes et se familiariser ainsi avec la nouvelle plateforme qui sera dédiée aux clubs.