Où placer son argent en 2026 ? Les arbitrages changent, la sélectivité s’impose

Où placer son argent en 2026 ? La question revient avec d’autant plus d’acuité que le contexte d’investissement n’est plus celui des deux dernières années. Après une phase de forte expansion portée par la revalorisation des marchés actions, l’environnement devient plus sélectif. Les opportunités existent toujours, mais elles ne se situent plus aux mêmes endroits ni au même niveau de risque.

Entre la Bourse, le marché obligataire, les placements monétaires sécurisés, la gestion collective via les OPCVM et certains actifs comme les métaux précieux, les arbitrages évoluent. Voici la lecture d’un directeur de gestion d’actifs, contacté par Médias24, sur les choix d’allocation en 2026.

La Bourse : toujours un moteur clé en 2026

Pour notre interlocuteur, les actions restent la classe d’actifs offrant le meilleur potentiel à moyen terme, même si le marché est entré dans une phase plus sélective.

« La Bourse reste centrale dans une allocation, mais la performance dépend beaucoup plus des résultats des entreprises. On n’est plus dans une hausse généralisée, le marché est devenu plus exigeant ».

« Les replis actuels correspondent surtout à des prises de bénéfices après deux années de forte progression. C’est un phénomène normal dans la vie d’un marché, pas un changement de tendance de fond ».

Le potentiel se concentre désormais sur les entreprises capables de maintenir une croissance bénéficiaire solide, avec des fondamentaux visibles et une bonne exécution opérationnelle.

Côté secteurs, la préférence va vers les segments offrant de la visibilité : banques, télécoms, BTP et matériaux de construction, ainsi que la santé. « Ce sont des secteurs ancrés dans la dynamique domestique, avec des revenus récurrents ou une forte visibilité sur l’activité. Dans un marché plus mature, cette lisibilité devient déterminante ».

Pour 2026, l’exposition aux actions reste donc un pilier du portefeuille, mais avec une sélection plus rigoureuse et une attention accrue au couple rendement/risque.

Pour 2026, l’exposition aux actions reste donc un pilier du portefeuille, mais avec une sélection plus rigoureuse et une attention accrue au couple rendement/risque

Obligataire : du portage, mais peu de levier de performance

Sur le marché obligataire, notre interlocuteur reste plus mesuré. Les niveaux actuels de taux offrent du rendement et surtout de la visibilité, mais le potentiel de gains en capital apparaît limité, notamment après la remontée observée sur les maturités intermédiaires.

Les rendements se situent autour de 2,7% sur le 2 ans, à près de 3% sur le 5 ans et autour de 3,2% sur le 10 ans, avec un 15 ans proche de 3,5%. La hausse récente sur le 2 et le 5 ans traduit un ajustement des anticipations de taux plutôt qu’un véritable changement de régime.

« Les obligations redeviennent intéressantes en logique de portage, mais il ne faut pas en attendre un moteur de performance comme lors des phases de forte détente monétaire. Les niveaux actuels offrent surtout un rendement courant et de la sécurité, pas un fort potentiel de plus-values ».

Autrement dit, le rôle de l’obligataire dans le portefeuille est d’abord stabilisateur. « Avec un 10 ans autour de 3,2%, l’investisseur sécurise un rendement connu à l’avance s’il conserve le titre. Mais sauf choc majeur sur les taux, la marge de baisse reste réduite, donc les gains supplémentaires sont mécaniquement limités ».

« Les obligations servent donc surtout à équilibrer le risque global du portefeuille, à lisser la volatilité et à sécuriser une partie du rendement, davantage qu’à rechercher une surperformance. L’achat d’obligations aujourd’hui ne permet pas de générer des gains significatifs en capital ».

OPCVM : du sécuritaire au dynamique selon le profil

Les OPCVM restent un outil central d’allocation, car ils permettent d’accéder aux différentes classes d’actifs avec une gestion professionnelle.

« Les fonds monétaires évoluent autour de 2,5% à 2,7% de rendement. Ils offrent sécurité et liquidité, mais avec une performance limitée. Les OPCVM obligataires court terme tournent autour de 3% à 3,5%. Là aussi, la logique reste celle du portage : stabilité et visibilité, mais peu de potentiel de forte hausse ».

« Ces fonds monétaires servent surtout à sécuriser une partie de l’épargne et à lisser la volatilité du portefeuille. Le rendement est modéré, mais le risque aussi ».

Les OPCVM monétaires servent surtout à sécuriser une partie de l’épargne et à lisser la volatilité du portefeuille. Le rendement est modéré, mais le risque aussi

Les fonds diversifiés permettent un compromis entre obligations et actions, en captant une partie de la dynamique boursière tout en conservant un coussin obligataire. Quant aux fonds actions, ils suivent naturellement l’évolution du marché boursier.

« Les OPCVM actions restent le moteur de performance sur le long terme, mais ils sont exposés aux mêmes mouvements que la Bourse. La volatilité fait partie du parcours, surtout dans un marché devenu plus sélectif ».

Métaux précieux : records de prix et limites comme actif d’épargne

Sur les marchés internationaux des matières premières, les métaux précieux ont enregistré des mouvements spectaculaires depuis la fin de 2025 et au début de 2026. Le prix de l’or a récemment franchi pour la première fois la barre des 5.000 $ l’once, avec des pics à plus de 5.090 $/oz, témoignant d’un intérêt fort des investisseurs en période d’incertitude mondiale. Dans le même temps, le prix de l’argent a dépassé 100 $ l’once dans les échanges récents, ce qui montre une volatilité élevée sur ces marchés.

« Certains grands établissements financiers révisent également leurs prévisions à la hausse pour 2026. Par exemple, Goldman Sachs a relevé son objectif de prix de l’or à 5.400 $ l’once en fin d’année, reflétant une demande soutenue des investisseurs et des banques centrales ».

Pour notre interlocuteur, « ces niveaux extrêmes illustrent davantage un mouvement de refuge et de spéculation plutôt qu’une classe d’actifs comparable à des actions ou des obligations dans une allocation structurée ».

« Les métaux précieux ne génèrent pas de revenus, de dividendes ni de cash-flow. Leur prix est fortement lié aux anticipations macroéconomiques, aux tensions géopolitiques et à des flux spéculatifs. Cela peut créer des pics remarquables, mais aussi des replis tout aussi importants », explique-t-il.

« L’accumulation de métaux précieux présente des risques spécifiques. En particulier, leur volatilité peut être nettement supérieure à celle des actions ou des obligations, et ils manquent de rendement courant (intérêts ou dividendes). Dans un portefeuille équilibré, ces instruments ne doivent pas être considérés comme une classe d’actifs principale, mais plutôt comme un élément de diversification limité et ciblé, pour ceux qui veulent une exposition très prudente aux conditions de marché extrêmes ».

Conseils pratiques : fiscalité et régularité

Au-delà des marchés eux-mêmes, notre interlocuteur rappelle que la manière d’investir compte tout autant que le choix des actifs.

« Les produits d’assurance-vie et les enveloppes comme le PEA peuvent constituer des solutions intéressantes pour investir en actions ou en OPCVM tout en bénéficiant d’un cadre fiscal plus favorable sur la durée ».

« La performance ne dépend pas uniquement du marché. La fiscalité joue aussi un rôle important, surtout pour les placements de long terme ».

« Investir une somme chaque mois en bourse permet de lisser les points d’entrée et de réduire l’effet de la volatilité. Chercher le moment parfait pour entrer est souvent plus risqué que d’investir progressivement ».

Dans un marché devenu plus sélectif, cette approche progressive aide à construire une exposition sur la durée sans concentrer le risque sur un seul moment. « Sur le court terme, il peut y avoir des mouvements de marché. Sur le long terme, ce sont la croissance et les fondamentaux qui font la différence ».

BMCI, CDM et AtlantaSanad : les valeurs du périmètre Holmarcom augmentent en bourse

L’annonce de discussions exclusives entre Holmarcom et BNP Paribas au sujet de la cession des 67% détenus par BNP dans BMCI, est saluée par le marché. L’opération porterait la participation de Holmarcom à plus de 75% en cas de concrétisation.

Les trois valeurs du périmètre du groupe, BMCI, Crédit du Maroc (CDM) et AtlantaSanad, ont toutes affiché des hausses en Bourse. AtlantaSanad, qui détient déjà 8,44% du capital de BMCI, se retrouve elle aussi au cœur de l’actualité entourant cette opération.

À 10h30, ce 12 décembre, les trois valeurs se distinguent nettement parmi les plus fortes hausses de la séance.

Lecture des carnets d’ordres

Sur la valeur BMCI, la demande dépasse légèrement l’offre dans le carnet d’ordres, avec 2.194 titres demandés contre 2.024 titres proposés à la vente. À l’achat, les ordres se concentrent entre 620,1 DH et 621,2 DH, avec plusieurs lignes significatives, dont 343 titres à 621,1 DH, 300 titres à 621 DH et 500 titres à 616 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 635 DH pour 100 titres, puis s’étalent jusqu’à 640 DH, notamment 582 titres à 636,9 DH, 110 titres à 638 DH, 399 titres à 639 DH et 417 titres à 640 DH. Le carnet totalise ainsi 20 ordres à l’achat et 22 ordres à la vente, pour une profondeur globalement équilibrée.

Sur CDM, la demande ressort légèrement supérieure à l’offre dans le carnet d’ordres, avec 1.765 titres demandés contre 1.651 titres proposés à la vente. Les ordres à l’achat s’échelonnent entre 1.012 DH et 1.050 DH, avec plusieurs lignes notables dont 274 titres à 1.050 DH, 387 titres à 1.031 DH, 326 titres à 1.026 DH et 250 titres à 1.025 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 1.055 DH pour 3 titres, puis progressent jusqu’à 1.095 DH, avec des volumes plus fournis, notamment 90 titres à 1.070 DH, 91 titres à 1.074 DH, 36 titres à 1.075 DH, 252 titres à 1.090 DH et 10 titres à 1.088 DH. Le carnet recense 14 ordres à l’achat et 20 ordres à la vente.

Sur AtlantaSanad, l’offre est nettement supérieure à la demande dans le carnet d’ordres, avec 3.955 titres proposés à la vente contre 2.022 titres demandés à l’achat. Les ordres acheteurs se situent entre 139 DH et 146,1 DH, dont une ligne majeure de 1.000 titres à 146,1 DH, suivie de 190 titres à 146 DH et 500 titres à 141 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 149 DH pour 272 titres, puis s’échelonnent jusqu’à 153 DH, où figurent plusieurs blocs importants, notamment 456 titres à 149,45 DH, 1.938 titres à 150 DH, 170 titres à 151,4 DH et 449 titres à 152,7 DH. Le carnet affiche 12 ordres à l’achat et 20 ordres à la vente, illustrant une pression vendeuse supérieure en volume.

Pour rappel, lors de la séance du 11 décembre, BMCI a clôturé à 590 DH, en hausse de 5,36% par rapport à son cours de référence de 560 DH, avec un volume échangé de 2,98 MDH portant sur 5.215 titres. CDM a terminé à 1.001 DH, en progression de 4,27%, pour un volume de 5,83 MDH correspondant à 5.891 titres. De son côté, AtlantaSanad a clôturé à 139 DH, en hausse de 1,16%, avec un volume de 6,15 MDH et 44.927 titres échangés.

Ainsi, le MASI progresse légèrement de 0,34% pour atteindre 18.561 points, tandis que la capitalisation boursière s’établit à 990 MMDH.

Bourse. Les banques cotées voient leur PNB augmenter de 6,3% à fin septembre 2025

Les banques cotées poursuivent l’amélioration de leurs indicateurs financiers, portées par une dynamique commerciale robuste et une progression continue du produit net bancaire. À fin septembre 2025, le secteur bancaire a généré un PNB cumulé de 72,6 MMDH, en hausse de 6,3% par rapport à la même période de 2024 (68,3 MMDH).

Cette progression représente un gain de 4,3 MMDH, tiré principalement par BOA (+1.227 MDH), Attijariwafa bank (+1.181 MDH) et BCP (+813 MDH).

Dans le détail, toutes les banques cotées affichent une amélioration de leur PNB en 2025 :

Il faut dire que, depuis septembre 2024, Bank Al-Maghrib a abaissé son taux directeur de 2,75% à 2,25%, une décision qui vise clairement à soutenir l’économie dans un contexte d’inflation maîtrisée. Cette baisse du coût de l’argent rend le financement moins cher et facilite l’accès au crédit, ce qui contribue à relancer la demande aussi bien du côté des ménages que des entreprises.

Avec des conditions plus souples, les banques enregistrent naturellement plus de demandes de financement, ce qui dynamise leur activité. Elles profitent aussi de la détente de la courbe des taux sur le marché obligataire, un élément qui améliore la valorisation de leurs portefeuilles et renforce leurs marges.

Cet environnement plus favorable laisse penser que la tendance restera positive pour les performances et les résultats des banques cotées au cours des prochains trimestres.

RNPG en hausse

Sur le plan des résultats nets part du groupe, les banques cotées affichent une progression à fin septembre 2025. Attijariwafa bank atteint 8.276,85 MDH, en hausse de 14,9%, tandis que Bank of Africa s’établit à 3.011,4 MDH, en hausse de 12%. BCP enregistre 4.287,2 MDH, soit une évolution de 9%.

Du côté des autres établissements, BMCI affiche 326 MDH, en hausse de 4%, CIH Bank 862,3 MDH, en hausse de 31,2% et CDM 689,9 MDH, en hausse de 19,9%.

À noter que CFG Bank n’a pas encore publié son bilan détaillé, ce qui ne permet pas d’intégrer son RNPG dans cette comparaison.

Cette évolution positive des résultats intervient également dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée à 1% au cours des neuf premiers mois de 2025.

Crédits distribués

Les banques cotées présentent des évolutions contrastées de leurs encours de crédits à fin septembre 2025. Cette reprise des crédits a contribué à soutenir les résultats du secteur bancaire sur la période. Les chiffres publiés montrent que la majorité des banques a accéléré la distribution de crédits, un signal favorable pour la dynamique du secteur.

Attijariwafa bank affiche un encours de 281 MMDH, en hausse de 3,18%. Bank of Africa atteint 227 MMDH, en légère progression de 0,14%.

Crédit du Maroc s’établit à 58 MMDH, en hausse de 5,2%. BCP enregistre 320,9 MMDH, en progression de 2%. CIH Bank porte ses encours à 96,8 MMDH, en hausse de 13,7%. CFG Bank atteint 17,4 MMDH, en hausse de 20%.

Pour sa part, BMCI affiche des crédits consolidés de 55,1 MMDH, en recul de 6,9%, une baisse expliquée par des opérations notables sur les crédits de trésorerie et d’affacturage réalisées en fin d’année 2024.

Des perspectives favorables

Les prévisions disponibles montrent une poursuite de la croissance pour les principales banques marocaines au cours des prochaines années. Attijariwafa bank verrait son RNPG dépasser 11,3 MMDH en 2026, ce qui correspond à une évolution annuelle proche de 8%. La BCP atteindrait un niveau d’environ 5 MMDH en 2026, avec une progression moyenne estimée entre 6% et 8%.

Les autres établissements présentent des trajectoires variées. BMCI enregistrerait une hausse d’environ 20% de son RNPG cumulé entre 2024 et 2026. CDM évoluerait sur un rythme régulier, autour de 6% à 7% par an. Pour CIH Bank, les projections indiquent une progression du RNPG de 12% en 2025, suivie d’une nouvelle hausse de 8,4% en 2026, portée par l’élargissement de son activité.

Dans l’ensemble, le RNPG agrégé des banques cotées atteindrait près de 18,5 MMDH en 2025, puis 20 MMDH en 2026, soit une croissance moyenne d’environ 8% par an. Une part significative des objectifs 2025 a déjà été réalisée à la fin du premier semestre, ce qui conforte la faisabilité des niveaux anticipés pour 2025 et 2026.

Sur le volet des valorisations, le secteur bancaire reste nettement en dessous de la moyenne du marché, ce qui suggère un potentiel d’appréciation encore significatif en Bourse et laisse aux investisseurs une marge de revalorisation.

https://medias24.com/2025/08/03/infographie-a-qui-appartiennent-principales-banques-commerciales-marocaines/

Épargner au Maroc : comment passer du simple capital à une vraie stratégie patrimoniale

Épargner reste un sujet central pour les particuliers. Construire un capital pour mieux gérer son avenir, ses projets ou pour toute autre raison est une vraie préoccupation.

Au Maroc, les dépôts des ménages dans le circuit bancaire atteignent 948 MMDH. La question qui revient de plus en plus, c’est comment épargner au-delà des méthodes traditionnelles, comment faire fructifier son capital et gérer au mieux son patrimoine ?

Que ce soit l’assurance-vie, les unités de compte, les plans d’épargne dédiés aux particuliers ou aux enfants, les plans d’épargne retraite, les investissements en OPCVM ou en bourse, les options sont nombreuses et, au milieu de toutes ces possibilités, il reste à savoir comment faire les bons choix.

>> Comprendre les enjeux du développement patrimonial

« Quand on parle de gestion du patrimoine, l’acte d’épargne est avant tout un moyen de le développer. Mais pour y parvenir, il faut savoir pourquoi on le fait. Structurer, protéger et valoriser ses actifs financiers, immobiliers et professionnels, tout en intégrant les aspects juridiques et fiscaux : la gestion patrimoniale est une démarche à plusieurs facettes », explique Marouane Hatim, économiste et expert en gestion de patrimoine basé à Québec.

« Ainsi, la première étape, c’est de réaliser un diagnostic pour comprendre sa situation financière. Cela passe par l’analyse du train de vie, des revenus, des charges, de l’endettement et par la définition d’un horizon de placement adapté ».

Une fois ce diagnostic posé, vient la réflexion sur la stratégie de développement et les différents leviers à activer.

>> Diversification : la clé d’une stratégie solide

« C’est extrêmement important pour dessiner une stratégie de développement du patrimoine », explique-t-il.

« C’est répartir les actifs entre plusieurs classes comme l’action, l’obligataire, le monétaire, mais aussi l’immobilier ou même l’investissement direct qui peut être fait à travers certains véhicules de private equity ».

>> Miser sur les secteurs porteurs

« L’autre point de diversification, surtout pour ceux qui investissent directement en bourse, consiste à identifier les secteurs facteurs de croissance ».

On le voit avec la dynamique de l’économie marocaine portée par les grands chantiers et les événements sportifs, mais aussi par des secteurs comme la technologie, la construction ou le tourisme. Miser sur ces secteurs, que ce soit directement en actions ou via des fonds d’épargne collective, permet de capter ces opportunités de croissance.

>> L’optimisation fiscale et la protection des actifs 

L’optimisation fiscale fait également partie des leviers essentiels dans une stratégie de développement du patrimoine.

« On peut tirer parti du cadre réglementaire, notamment avec l’assurance-vie ou l’assurance-retraite, pour exploiter le potentiel du marché boursier tout en bénéficiant des abattements et des incitations fiscales, dans une logique d’investissement à long terme qui permet de cristalliser les gains ».

« Il y a aussi un point extrêmement important, celui de la protection des actifs. Parce que ces actifs-là, il faut les protéger. Il ne faut pas oublier que, parfois, il y a des retournements de situation. Il faut savoir à quel moment réviser sa politique d’investissement, à quel moment changer de stratégie. Pour cela, il faut avoir accès à l’information en permanence sur ce qui se passe dans le marché ».

>> Suivi et gestion des risques

« Bien sûr, on peut confier son investissement, son épargne à des professionnels. Mais si on est acteur direct sur son épargne, il faut avoir accès à l’information, savoir la gérer et la transformer en acte de décision pour trouver le bon moment pour changer de stratégie ».

« Il faut aussi se doter d’outils qui donnent une vision claire de la gestion patrimoniale, utiliser des outils digitaux pour suivre les placements en temps réel, paramétrer les automatismes, avoir la vraie photo, le vrai bilan de son patrimoine et de son épargne de manière fréquente », ajoute-t-il.

Ainsi, simplifier la prise de décision ou l’acte d’arbitrage quand c’est nécessaire. Ce sont des éléments essentiels pour accompagner cette approche de développement du patrimoine.

>> Objectifs clairs et maîtrise des coûts

« C’est pour cela que la bonne fixation des objectifs au préalable est très importante pour ajuster l’horizon de placement et la prise de risque qu’on va avoir, et monitorer l’exposition à certains secteurs ou à certaines classes d’actifs en conséquence ».

Et éviter « l’effet de bulle qu’on pourrait avoir, ou l’effet de dépassement de la capacité de prise de risque qui pourrait mettre le patrimoine ou l’épargne dans une zone de vulnérabilité ».

« Il y a un autre volet qui me semble important quand on parle d’optimisation, il ne faut pas oublier qu’on peut analyser les frais et les coûts aussi. Il faut bien comparer les frais qui sont inclus dans les solutions qu’on va utiliser et les frais des intermédiaires qu’on va solliciter ».

Il est essentiel de solliciter un conseiller en gestion de patrimoine, tout en examinant attentivement le niveau des frais appliqués. Ces frais doivent rester cohérents avec le niveau de risque accepté et les besoins financiers préalablement identifiés.

C’est un point extrêmement important qu’il va falloir regarder : ce que l’on paye comme prestations de services par rapport à la qualité de services que l’on va recevoir au final.

>> La régularité, moteur de la croissance patrimoniale

« Continuer à étudier la régularité de l’acte d’épargne, parce que le vrai levier pour faire grandir son patrimoine reste celui d’épargner régulièrement et de réinvestir ses gains ».

« À ce niveau, il faut étudier les sources, les revenus, les capacités à générer ces revenus, et voir dans quelle mesure on définit la proportion à épargner ».

« Quand on souhaite épargner avec régularité, il faut aussi tenir compte des mises à jour de la conjoncture économique qui vont refléter les opportunités d’épargne à saisir ».

>> Il faut aussi éviter certains pièges, comme le mimétisme dans les périodes d’euphorie

On l’a vu récemment avec la fièvre boursière : tout le monde veut investir, mais est-on est vraiment prêt, est-ce que c’est le bon timing, la bonne proportion de revenus à affecter à l’épargne et à l’investissement ?

Vouloir tout miser sur une idée magique pour doper son capital, qu’il s’agisse de la Bourse ou autre, peut être risqué. Certains sont sensibles aux tendances, d’autres ont une gestion plus prudente, de bon père de famille.

« La tolérance au risque ne doit jamais être négligée. Il faut rester adapté aux besoins réels et ne pas négliger les conséquences fiscales des décisions ».

« Enfin, les bonnes pratiques consistent à faire régulièrement un bilan patrimonial, à suivre les objectifs fixés et à mettre à jour la stratégie en permanence ».

>> Les bonnes pratiques pour un patrimoine durable

« Il faut adapter le niveau de risque accepté aux rendements attendus et privilégier la constance d’une épargne régulière et programmée plutôt que des actes isolés, spéculatifs ou dictés par un mouvement collectif ».

« Liquider ou arbitrer certains actifs sous-performants qui n’ont plus d’intérêt ou de potentiel particulier ». C’est une combinaison de plusieurs éléments : lecture de l’environnement, anticipation, diversification, optimisation fiscale et juridique, et une rigueur dans la politique d’épargne.

>> Transmission et changements générationnels

« La compréhension approfondie de l’objectif rend le conseil plus simple, plus accessible et plus fréquent. Il faut une logique où chaque décision prend en compte les changements de situation personnelle, professionnelle ou conjoncturelle. Ce sont des éléments essentiels quand on amorce l’acte d’épargner ».

Sur ce point, il y a aussi la question du changement générationnel. L’épargne peut s’accompagner de la transmission du patrimoine. Ce n’est pas un acte simple, c’est un processus qui demande réflexion, préparation, structuration. Les outils et approches ne sont pas seulement financiers, ils peuvent être juridiques et avoir des répercussions fiscales.

La planification patrimoniale doit donc intégrer ce volet successoral, en tenant compte des évolutions légales et des choix liés au contexte familial.

L’aplatissement des taux des bons du Trésor réorganise le jeu de l’allocation institutionnelle

Depuis plusieurs mois, les courbes des taux du marché primaire marocain affichent une configuration de plus en plus plate. Les écarts entre les rendements des bons du Trésor à court, moyen et long terme tendent à se resserrer, dans un contexte de détente monétaire initiée par Bank Al-Maghrib au mois de mars.

Cette évolution, observable aussi bien sur le marché primaire que sur le secondaire, reflète une réévaluation continue des anticipations de taux, mais elle soulève également une question plus stratégique : comment les investisseurs institutionnels ajustent-ils leurs choix d’allocation dans cet environnement de taux comprimés et de prime de terme réduite ?

À mesure que les taux courts baissent plus rapidement que les taux longs, les gérants d’actifs se retrouvent confrontés à des arbitrages de plus en plus complexes entre liquidité, rendement, duration et contraintes prudentielles.

L’aplatissement de la courbe n’est pas qu’un indicateur technique : il redéfinit les marges de manœuvre des investisseurs dans la gestion de leurs portefeuilles obligataires.

Une courbe primaire sensiblement aplatie depuis décembre

Sur les six derniers mois, la courbe des taux primaires des bons du Trésor a connu une transformation notable. Les rendements sur les maturités courtes et intermédiaires se sont nettement détendus, tandis que ceux des maturités longues sont restés quasi inchangés, accentuant l’aplatissement de la courbe.

D’après les données publiées par BMCE Capital Global Research, le taux d’adjudication sur la ligne de 13 semaines est passé de près de 2,3% fin décembre 2024 à 1,8% début juin 2025, soit une baisse de 45 points de base.

Sur la même période, la maturité 2 ans a vu son rendement reculer plus légèrement, de 2,1% à 2%, alors que les taux des lignes 5 ans et 10 ans se maintiennent autour de 2,3% et 2,7%. Les maturités de long terme (15 à 30 ans) affichent une stabilité complète, ce qui accentue mécaniquement le resserrement de la courbe entre le court et le moyen terme.

La courbe secondaire confirme ce mouvement, avec des baisses marquées de -21,5 pb sur la ligne 13 semaines et de -11 pb sur le 2 ans, tandis que les 5 et 10 ans enregistrent au contraire une légère remontée.

« Cette évolution simultanée des courbes primaire et secondaire suggère un repositionnement collectif des investisseurs sur les segments courts, dans un contexte de surliquidité persistante et d’anticipations de nouvelle détente monétaire », commente un analyste de marché.

Ce diagnostic chiffré constitue le socle de réflexion des investisseurs institutionnels. Car si l’aplatissement de la courbe traduit une baisse du coût de financement pour le Trésor, il implique en miroir une compression des marges de rendement pour les porteurs de dette souveraine.

« Le Trésor sort clairement gagnant de cette configuration de marché. Profitant de la détente sur les taux courts et de la stabilité relative sur les maturités longues, il multiplie les émissions ciblées lui permettant de lisser l’échéancier de sa dette à moindre coût. Les dernières adjudications montrent une préférence marquée pour les lignes à moyen et long terme, désormais accessibles à des conditions nettement plus avantageuses« .

Des rendements sous pression : les investisseurs adaptent progressivement leurs allocations

« L’aplatissement marqué de la courbe primaire des taux au Maroc, avec un resserrement de 45 points de base entre les 13 semaines et le 10 ans, a créé un environnement propice au marché actions, comme en témoigne la performance du MASI (+26% depuis janvier 2025. Cette dynamique s’explique par un double effet : d’un côté, la chute des taux courts a rendu les obligations à court terme peu attractives, poussant les investisseurs vers les actions ; de l’autre, la stagnation des taux longs a limité l’appétit pour le « duration risk obligataire », explique un gestionnaire d’actifs.

« Pour les institutionnels, la donne est plus complexe. Malgré des rendements obligataires en berne, les assureurs et fonds de pension doivent maintenir des allocations minimales en dette souveraine pour respecter leurs ratios réglementaires (Solvabilité II, règles ALM…). On observe ainsi un arbitrage subtil : rotation partielle vers les actions pour la performance, mais maintien d’un socle obligataire pour les besoins de couverture. La courbe plate agit comme un catalyseur de cette réallocation sélective ».

« Nos clients institutionnels (assureurs, fonds de pension) sont coincés entre deux feux : leurs engagements exigent du rendement, mais l’obligataire souverain marocain ne suffit plus. Nous voyons un glissement progressif vers les obligations corporate à haut rendement et les fonds diversifiés ».

Les données consolidées de l’ASFIM au 5 juin 2025 montrent que les OPCVM « obligations moyen et long terme (OMLT) » concentrent encore la plus grande part de l’actif net des OPCVM avec 47%, soit 356 MMDH, mais leur progression sur un an reste modérée (+9,36%).

En revanche, les OPCVM actions et diversifiés affichent des hausses bien plus marquées de leurs encours, respectivement +36% et +26,8% en variation annuelle. Cette évolution témoigne d’un début de réallocation vers des classes d’actifs plus risquées, dans un souci de préserver un minimum de performance dans un environnement obligataire sous tension.

Les OPCVM obligataires court terme (OCT) enregistrent pour leur part une progression annuelle spectaculaire (+51,7%), traduisant un afflux ponctuel de liquidités, mais sans nécessairement refléter une conviction de fond. À l’inverse, les OPCVM contractuels, historiquement utilisés par des investisseurs institutionnels long terme pour des allocations personnalisées, voient leurs encours baisser de 6,1% sur un an. Cela peut traduire un retrait temporaire en l’absence d’opportunités de rendement ajusté au risque.

« L’allocation se fragmente. Une partie des institutionnels reste positionnée sur le marché obligataire, en allongeant la duration de manière sélective. Une autre commence à se déporter vers des véhicules diversifiés ou actions, à mesure que les taux deviennent insuffisants pour répondre aux contraintes de rendement ».

« Le resserrement de la courbe agit ainsi comme un révélateur : il oblige chaque investisseur à arbitrer entre liquidité, performance et prise de risque, avec des réponses qui divergent selon la nature des engagements et la tolérance au risque ».

Pourquoi les encours des OPCVM obligataires continuent d’augmenter

« Il faut bien comprendre que l’investissement en obligations en direct est totalement différent d’un investissement dans des OPCVM obligataires. Ces derniers offrent des mécanismes spécifiques qui expliquent leur attrait croissant, même dans un environnement de taux en baisse ».

« Contrairement à l’achat direct de bons du Trésor ou d’obligations d’entreprises, qui nécessite une gestion active en interne, les OPCVM obligataires permettent une exposition immédiate, encadrée et diversifiée au marché de la dette ».

Cette dynamique haussière des encours s’explique par leur accessibilité et leur liquidité : ils donnent accès à un panier de titres obligataires sans nécessiter de sélection ligne par ligne ni de suivi opérationnel complexe.

« En regroupant des titres de différentes maturités et de divers émetteurs, ils assurent une diversification intégrée qui réduit le risque spécifique et favorise une meilleure stabilité des performances. Leur gestion active permet également une grande réactivité : les sociétés de gestion peuvent ajuster la duration ou repositionner rapidement les portefeuilles pour maintenir un profil rendement/risque adapté, ce qu’un investisseur en direct ne peut pas faire aussi facilement », conclut-il.

Portés par la reprise imminente du dialogue sino-américain, les marchés financiers poursuivent leur hausse

Les contrats à terme sur les indices américains sont en nette progression : 0,5% pour le Dow Jones, 0,6% pour le S&P 500 et 0,7% pour le Nasdaq.

Ce regain d’optimisme intervient après l’annonce d’une rencontre prévue cette semaine entre le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent et le vice-premier ministre chinois He Lifeng, en Suisse. Il s’agira des premiers échanges directs depuis l’escalade tarifaire initiée par l’administration Trump. Pékin se dit prêt à « renouer le dialogue », tout en refusant « toute forme de chantage ».

Parallèlement, la Réserve fédérale conclut aujourd’hui (7 mai 2025) une réunion de deux jours. Aucun changement de taux n’est attendu, mais les marchés espèrent des indications sur la trajectoire monétaire à venir. Le président Jerome Powell devrait insister sur la prudence, dans un contexte de données économiques mitigées : repli de 0,3% du PIB au premier trimestre 2025, mais une consommation et un emploi toujours solides.

Du côté des matières premières, l’or recule de 1,3%, affecté par un recul de la demande. En revanche, le pétrole repart à la hausse : le Brent grimpe de 1,5% à 63,05 $ le baril et le WTI gagne 1,8% à 60,14 $, après une forte baisse des stocks de brut aux États-Unis, signal d’une demande robuste.

Bourse. CTM recule de 17% depuis janvier malgré une valorisation redevenue attractive

Sur le seul mois d’avril 2025, CTM enregistre une baisse de 17,81% à la Bourse de Casablanca, ramenant son cours à 909 DH contre 1.106 DH fin mars.

Depuis le début de l’année, la performance ressort à -17,15%, après un point haut touché courant mars dans le sillage de la publication des résultats 2024. L’action avait alors été soutenue par une anticipation positive du marché sur l’acquisition d’AML et la croissance du chiffre d’affaires.

Rien dans les fondamentaux récents ne justifie une telle baisse. Le résultat net consolidé reste bénéficiaire, la capacité d’autofinancement est solide (96 MDH), et le bilan conserve des marges de manœuvre. Mais l’action subit une revalorisation à la baisse, pour des raisons qui tiennent à des facteurs de marché plus qu’à des facteurs microéconomiques.

La chute s’est opérée dans un contexte de volumes faibles. À peine 8.779 titres échangés en avril, pour un volume mensuel de 8,1 MDH. Elle intervient aussi dans un moment de nervosité accrue sur les marchés, alimentée par la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Ce climat global a pesé sur l’ensemble des actifs cotés, y compris sur des titres comme CTM, dont les fondamentaux n’ont pourtant pas été remis en cause.

D’un point de vue comportemental, on peut y voir un arbitrage défensif de la part d’investisseurs de moyen terme, qui auraient sécurisé leurs plus-values après la montée de mars.

À 909 DH, le titre CTM revient sur des niveaux de valorisation historiquement modérés. Si l’on projette le résultat social de 70 MDH sur une base de 960.000 actions, cela donne un bénéfice par action de 72,9 DH, soit un P/E implicite de 12,5x, inférieur à la moyenne du marché. Mais l’absence de dividende distribué, combinée à l’augmentation de l’endettement (343 MDH), pourrait dissuader les investisseurs institutionnels à court terme.

Hausse des résultats financiers 

En 2024, le chiffre d’affaires social de CTM s’établit à 541,1 MDH, en progression de 4,8% par rapport à 2023. Le résultat d’exploitation s’améliore également à 41,9 MDH, contre 40,1 MDH l’année précédente.

Au niveau social, le résultat net atteint 69,9 MDH, en hausse par rapport aux 56,2 MDH réalisés un an plus tôt. Ce niveau de rentabilité s’accompagne d’une capacité d’autofinancement robuste de 95,9 MDH.

À l’échelle consolidée, en intégrant l’activité d’AML, CTM affiche un résultat net part du groupe de 46,6 MDH, contre 63,1 MDH en 2023. La baisse s’explique principalement par l’augmentation significative des dotations et charges liées à la consolidation du périmètre.

Une intégration stratégique : AML rejoint le périmètre consolidé

L’opération majeure de l’année reste l’acquisition de 51% du capital de la société Africa Morocco Link (AML), opérateur maritime sur la ligne Tanger-Tarifa. Cette prise de participation a été consolidée dans les comptes 2024, générant un écart d’acquisition de 295 MDH.

En conséquence, les produits d’exploitation consolidés ont plus que doublé, atteignant 1,3 MMDH à fin 2024. Cette évolution traduit l’effet périmètre induit par l’intégration d’AML, désormais pleinement contrôlée par CTM.

Une politique d’investissement ambitieuse

L’exercice 2024 a été marqué par un programme d’investissement massif, de l’ordre de 474 MDH, contre seulement 44 MDH en 2023. Ce saut est lié essentiellement à l’acquisition d’AML (307 MDH) et au renouvellement du parc roulant. En parallèle, la société a levé 300 MDH sur le marché obligataire dans le cadre d’un placement privé structuré.

Ce recours au financement a porté l’endettement financier consolidé à 343 MDH, contre 82 MDH l’année précédente. Malgré cette hausse, le levier reste contenu au regard des fonds propres consolidés qui s’élèvent à 1,08 MMDH, assurant une capacité de financement confortable.

Sur les 125,4 MDH de bénéfice distribuable au titre de 2024, le conseil d’administration propose un report à nouveau intégral. Cette décision vise à préserver les ressources financières de l’entreprise dans un contexte d’investissement soutenu. La décision finale reviendra toutefois à l’assemblée générale.

Le capital social de CTM est fixé à 96 MDH, réparti en 960.000 actions de 100 DH de valeur nominale. Aucun changement n’est prévu sur la structure du capital ni sur le conseil d’administration, dont le mandat des membres est maintenu jusqu’en juin 2027.

Les marchés financiers mondiaux commencent à renouer avec leur niveau antérieur aux tarifs de Trump

La majorité des marchés financiers évoluent dans le vert pour la cinquième séance consécutive. Les gains enregistrés par l’ensemble des indices, au moment de la rédaction de cet article, ont permis de résorber quasi intégralement les pertes subies depuis le 2 avril 2025, date de l’annonce par Donald Trump de l’instauration de droits de douane généralisés.

Cette dynamique haussière concerne la quasi-totalité des places boursières mondiales, avec des performances variables mais globalement positives. Seules les bourses du Mexique et de l’Espagne affichent encore un repli.

Source : Investing

Ce rebond s’explique par deux facteurs majeurs. D’une part, l’annonce d’une trêve de 90 jours destinée à ouvrir une fenêtre de négociation entre l’administration Trump et ses principaux partenaires commerciaux. D’autre part, et de manière plus déterminante, la déclaration de Donald Trump évoquant une possible révision à la baisse des droits de douane sur les produits chinois ainsi que l’ouverture à des discussions bilatérales.

La combinaison de ces deux signaux a favorisé un climat d’apaisement sur les marchés, ravivant la confiance des investisseurs. Cet optimisme s’est traduit par un regain d’appétit pour les actifs risqués, dopant les indices boursiers à l’échelle mondiale.

Marchés financiers. La dynamique haussière se renforce, les actifs refuges sous pression

Cette embellie trouve sa source principale dans les récents propos de Donald Trump, évoquant une possible réduction des droits de douane imposés à la Chine, un signal perçu comme un tournant majeur par les investisseurs.

La perspective d’un apaisement commercial entre les deux premières économies mondiales nourrit l’optimisme sur les marchés. Depuis l’annonce de Trump, les indices enregistrent des progressions quotidiennes de l’ordre de 1% à 2%. Si ce rythme se maintient sur une semaine, la majorité des places boursières pourraient retrouver leurs niveaux d’avant l’instauration des mesures tarifaires du 2 avril 2025.

Source : Investing

Ce regain de confiance traduit plusieurs dynamiques sous-jacentes. La réduction des incertitudes géopolitiques diminue la prime de risque exigée par les investisseurs, favorisant ainsi une réallocation des capitaux vers les actifs plus risqués. De plus, l’anticipation d’une reprise économique alimentée par une détente commerciale renforce l’appétit pour les actions.

Qu’en est-il des matières premières ?

Parallèlement à la remontée des actions, les matières premières, en particulier les actifs refuges, subissent une pression à la baisse. L’or, valeur traditionnelle de protection contre l’incertitude, accuse sa troisième séance consécutive de recul. Le repli des métaux précieux confirme le déplacement des flux financiers des actifs sécuritaires vers les actifs plus risqués.

De leur côté, les cours du pétrole, Brent et WTI, enregistrent aussi de faibles baisses, attribuables à des prises de bénéfices et à l’attente d’une stabilisation de la demande mondiale.

Source : Investing

Si la tendance actuelle est clairement haussière, certains éléments appellent toutefois à la prudence. La poursuite du rebond dépend largement d’avancées concrètes dans les négociations commerciales sino-américaines. Tout retour en arrière dans les discussions pourrait inverser brutalement la dynamique.

La Bourse de Casablanca rechute : le MASI abandonne 1,87%

Après un bref répit, la Bourse de Casablanca a de nouveau basculé dans le rouge ce vendredi 11 avril. L’indice MASI a cédé 1,87% à 16.070,49 points, poursuivant ainsi sa spirale baissière. Le MASI 20 recule pour sa part de 1,85% à 1.304,86 points. La dynamique reste négative à l’échelle mensuelle (-9,49%), malgré une performance annuelle encore positive (+8,78%).

La capitalisation globale du marché ressort à 837 milliards de dirhams, tandis que les échanges sur le marché central ont atteint 534,9 millions de dirhams, pour plus de 2 millions de titres traités.

Trois hausses notables : Sanlam, Oulmès et BOA

Dans ce marché globalement baissier, quelques rares valeurs ont tiré leur épingle du jeu :

À noter également la progression de CDM (+2,02% à 1.063 DH) et SNEP (+1,30% à 613,90 DH).

Les financières et les valeurs industrielles sous pression

Le repli du marché est fortement tiré par les financières et certaines grandes capitalisations :

Les grandes valeurs mal orientées

D’autres grandes capitalisations ont terminé dans le rouge :

Une tendance toujours dominée par l’aversion au risque

Sur les 77 actions cotées, 65 ont été traitées durant la séance. Le marché reste déséquilibré : 47 valeurs ont terminé en baisse, contre seulement 13 en hausse, et 5 restent inchangées.

Les investisseurs continuent de se montrer prudents face à un contexte international tendu, amplifié par les récentes annonces protectionnistes et la nervosité autour des taux d’intérêt mondiaux.

Nouvelle dynamique pour Maroc Telecom, AGR relève son objectif à 122 DH

Depuis quelques séances, Maroc Telecom remonte clairement en puissance. Le titre clôture à 116 DH le 25 mars 2025, retrouvant son sommet du mois précédent.

La veille, il avait brièvement atteint 118 DH en séance, dans des volumes significatifs. Ce retour sur les niveaux de fin février confirme la solidité du courant acheteur. Mais cette reprise s’inscrit dans une séquence de marché nettement plus large, amorcée bien avant.

En décembre 2024, le titre évolue autour de 85 DH, dans un climat attentiste. Peu de volume, peu de flux. L’intérêt du marché est faible. À partir de janvier, une tendance de fond s’installe. Le cours remonte lentement vers 87, puis 90, puis 93 DH, avec une activité qui s’épaissit. Le marché revient prudemment sur le dossier.

La dynamique s’intensifie à partir du 19 février. Maroc Telecom dépasse les 100 DH par action, les volumes franchissent régulièrement les 100 MDH. Le 24 février, l’action atteint 106,95 DH.

Le lendemain, la nomination de Mohamed Benchâaboun à la présidence du directoire est rendue publique. Le titre termine à 109,55 DH, puis grimpe à 116 DH le 26 février, sur un volume record de 358 MDH. L’annonce n’a pas déclenché la hausse, elle a validé un mouvement déjà en cours.

Début mars, le titre entre en consolidation. Entre le 1er et le 12 mars, Maroc Telecom oscille entre 112 et 114 DH, dans des volumes en recul. Une phase d’ajustement classique après un rallye rapide. Aucun signal de rupture. Juste un marché qui prend le temps de digérer.

La reprise s’amorce dès le 13 mars. Le titre gagne du terrain, repasse la barre des 115 DH, puis poursuit sa progression jusqu’à 118 DH en séance le 24 mars. La clôture du 25 mars à 116 DH confirme le retour d’un courant acheteur organisé, dans un environnement redevenu favorable aux valeurs de rendement.

Un nouveau cycle de développement pour IAM

Attijari Global Research estime que Maroc Telecom ouvre un nouveau cycle de développement. Le bureau de recherche parle d’une « nouvelle dynamique » qui repose sur une vision stratégique claire à l’horizon 2028.

Cette inflexion se traduit notamment par des prévisions plus optimistes que celles communiquées par le passé. « Pour la première fois depuis 2011, le management de Maroc Telecom communique des guidances haussières, marquant ainsi une nette rupture avec les prévisions observées par le passé », note AGR.

Le groupe anticipe une légère hausse du chiffre d’affaires en 2025, rompant avec une série d’années marquées par la stagnation ou la prudence. AGR considère que cette orientation constitue « un nouveau signal qui pourrait être interprété positivement par le marché ».

« Maroc Telecom aborde 2025 avec un vent plus favorable. La fin du contentieux avec Wana allège fortement la pression financière et, surtout, permet au groupe de retrouver une lisibilité stratégique. Le déploiement de la 5G, prévu en amont de la CAN 2025, est un catalyseur majeur. IAM part avec un net avantage : son réseau est déjà largement compatible, ce qui pourrait réduire le capex par rapport à ses concurrents », expliquent les analystes de BKGR.

Une amélioration graduelle des marges africaines

AGR examine aussi le différentiel de rentabilité entre les activités au Maroc et dans les filiales africaines. En 2024, la marge d’EBE s’établit à 58% au Maroc, contre 43% pour les filiales africaines, soit un écart de 15 points.

Cette différence s’explique en grande partie par les redevances sectorielles, qui représentent entre 13% et 15% du chiffre d’affaires dans plusieurs marchés africains, mais aussi par un cadre réglementaire et fiscal plus contraignant.

AGR prévoit un resserrement progressif de cet écart à l’horizon 2028. Les marges atteindraient 56% pour le Maroc et 45% pour les filiales africaines, ramenant l’écart à 11 points. Ce scénario repose sur plusieurs facteurs : l’optimisation continue des charges opérationnelles, une meilleure efficience des investissements et un effet mix jugé favorable grâce à la montée en puissance de segments comme le Data Mobile, l’Internet Fixe, ou encore Mobile Money.

Cette trajectoire permettrait à Maroc Telecom d’évoluer vers un modèle de croissance plus équilibré, en tirant parti à la fois de ses positions établies au Maroc et des leviers de croissance disponibles sur ses marchés africains.

Pour BMCE Research, « côté Afrique, la page semble tournée au Mali après une année compliquée. Le renouvellement de la licence et le nouveau pacte d’actionnaires assurent une certaine stabilité. On reste dans une logique de croissance modérée : au Maroc, la pression reste forte, mais les filiales africaines continuent de tirer le chiffre d’affaires. Pour 2025, on vise un retour à un dividende normalisé autour de 4,1 dirhams, ce qui en ferait de nouveau une belle valeur de rendement ».

Un modèle de valorisation ajusté aux nouvelles conditions de marché

AGR a procédé à une mise à jour de son modèle de valorisation en intégrant la réduction du taux directeur de Bank Al-Maghrib intervenue le 18 mars (-25 pbs). Cette décision monétaire a un effet direct sur le taux d’actualisation (WACC) utilisé pour valoriser les activités du groupe.

Le nouveau WACC est désormais estimé à 6,83%, contre un niveau antérieur plus élevé. Cette révision repose sur trois paramètres principaux : une prime de risque action portée à 6,4% (contre 5,6 % auparavant), une baisse du taux des BDT à 10 ans de 3,3% à 3%, et un bêta du titre conservé à 1,04.

Ce changement technique entraîne une hausse du cours objectif, qui passe de 117 à 122 DH. AGR maintient sa recommandation de conserver le titre, avec un potentiel d’appréciation de +8% sur la base du cours observé au 21 mars 2025.

Un profil de rendement toujours affirmé

Au-delà du potentiel de valorisation, Maroc Telecom demeure une valeur de rendement par excellence. AGR projette un dividende par action (DPA) cible de 5 DH à moyen terme, ce qui correspond à un rendement moyen estimé à 4,4% sur la période 2025-2028.

Ce rendement s’inscrit dans une hypothèse de normalisation du payout à 70%, contre 100% historiquement. AGR considère que ce niveau reste cohérent avec le profil du groupe, et soutenable dans la durée, notamment en raison de la solidité de la génération de cash et de la maîtrise des investissements.

AGR insiste par ailleurs sur la sensibilité historique du titre à l’évolution des taux longs (notamment les BDT à 5 et 10 ans), ce qui en fait un actif particulièrement réactif à un environnement de détente monétaire.

Une valorisation équilibrée à l’horizon 2028

À l’horizon 2028, AGR estime que le titre se négociera sur la base d’un Price to Earnings (P/E) de 15,7x, avec un rendement dividende de 4,6% (D/Y). Cette combinaison est jugée « équilibrée« , conforme à un profil défensif, stable et recherché par les investisseurs long terme. La valorisation du titre reste donc alignée avec sa nature de valeur patrimoniale, adaptée aux portefeuilles institutionnels à dominante rendement.

Plan comptable immobilier : un nouveau cadre renforcé qui redessine les bilans des entreprises cotées

Le nouveau Plan comptable du secteur immobilier (PCSI) entre enfin en vigueur. Ce cadre, attendu depuis 2023 et initialement annoncé par le ministère de l’Économie et des finances, avait été reporté pour permettre aux entreprises, notamment celles cotées en bourse, de mieux se préparer.

Avec cette mise à jour, le PCSI introduit des modifications majeures qui redéfinissent les pratiques comptables du secteur et a des incidences directes sur le chiffre d’affaires des entreprises opérant dans ce secteur, qu’elles soient cotées ou pas.

Qu’implique réellement ce nouveau cadre comptable et en quoi modifie-t-il les pratiques en place ? Mais surtout, quels impacts pourrait-il avoir sur les entreprises cotées en bourse du secteur immobilier ? Voici tout ce qu’il faut savoir.

Les nouveautés du Plan comptable du secteur immobilier

Le PCSI s’applique à toutes les entreprises qui, d’une manière ou d’une autre, s’impliquent dans la production ou l’achat de locaux à usage professionnel, d’unités de logement ou encore de terrains, qu’ils soient nus ou équipés. Que ce soit pour les vendre ou les louer, ces activités entrent pleinement dans son champ d’application.

>> Comptabilisation du chiffre d’affaires

Première nouveauté majeure : le fait générateur du chiffre d’affaires a été redéfini. Désormais, la reconnaissance du chiffre d’affaires repose sur la signature de l’acte de vente définitif et authentique par l’acheteur et le vendeur devant un professionnel habilité. Cela remplace les pratiques antérieures, où des éléments comme un contrat ou une remise de clés pouvaient suffire.

Cette approche rigoureuse permet de synchroniser les résultats financiers avec la réalité juridique et commerciale des transactions immobilières.

Dans l’ancien PCSI, la vente se concrétisait étape par étape : d’abord le contrat, puis la facture, suivis de la remise des clés ou des plans (si elle précédait le contrat), le tout appuyé par un compromis de vente et un procès-verbal de réception signé par le client.

>> Stocks immobiliers

Les critères d’achèvement des stocks immobiliers ont également été resserrés. Désormais, un projet ne peut être considéré comme achevé qu’avec des documents clairs et officiels : un permis d’habiter pour les constructions ou une réception délivrée par les autorités pour les lotissements.

Cela met fin à l’approche plus flexible où un projet pouvait être déclaré achevé sur la base de conditions d’habitabilité.

L’objectif de cette mesure est de renforcer la transparence et d’éviter les situations où des promoteurs auraient pu reconnaître des revenus sur des projets inachevés.

>> Provisions

Le nouveau PCSI introduit des exigences accrues pour les provisions, notamment celles liées aux travaux restants. « Cette provision pourrait inclure les équipements, charges et contributions à caractère social. Par ailleurs, l’estimation des travaux restant à effectuer doit faire l’objet de notes techniques détaillées par des professionnels externes habilités », explique Rachid Abbih, expert-comptable.

Les promoteurs doivent désormais appuyer leurs estimations sur des notes techniques et des études réalisées par des experts externes. En clair, il ne suffit plus d’évaluer approximativement les coûts restants. Chaque provision doit reposer sur des données vérifiables et solides.

>> Stocks intermédiaires

Pour ce qui est des stocks intermédiaires, ces terrains ou lots sont destinés à des projets futurs et non pas à la commercialisation.

« Pour que ces lotissements soient classés comme destinés à un développement futur, certaines conditions doivent être réunies. La décision d’affectation doit d’abord être validée par la direction générale ou un organe de gestion compétent. Ensuite, le projet de développement associé à ces stocks doit être clairement défini, avec une étude de faisabilité précise réalisée au moment de cette décision. Enfin, une autorisation pour ce projet doit être obtenue dans un délai maximal de cinq ans », ajoute Rachid Abbih.

Si la production de biens est interrompue pendant une période prolongée, dépassant cinq ans, l’incorporation est suspendue jusqu’à la reprise de la production. Cependant, cette suspension ne s’applique pas dans deux cas : lorsque des travaux techniques ou administratifs significatifs sont en cours, ou lorsqu’il s’agit d’interruptions normales liées au processus de fabrication de l’actif en vue de son utilisation ou de sa vente.

Quels impacts pour les entreprises cotées ?

« Le nouveau cadre comptable change la donne en matière de reconnaissance du chiffre d’affaires. Alors qu’auparavant, il était possible de comptabiliser sur la base du contrat, de la facture ou de la remise des clés accompagnée d’un compromis de vente, cette marge de manœuvre disparaît. Désormais, il faudra attendre la signature et la validation définitive des contrats, ce qui impactera directement la présentation des états financiers« , explique l’expert-comptable.

« Cette nouvelle méthode implique des répercussions sur le chiffre d’affaires, et donc, sur les résultats et les marges. Même si on ne peut pas encore parler de pression directe, il est clair qu’il devient impossible d’anticiper ou de comptabiliser avant la signature définitive de l’acte de vente », annonce Rachid Abbih.

Pour mieux comprendre les effets de ce nouveau dispositif, un responsable du secteur immobilier explique : « Si, en 2024, une entreprise réalisait 100 MDH de chiffre d’affaires, 50 MDH provenaient de contrats signés et 50 MDH étaient comptabilisés sur la base de factures ou de remises de clés. Cette méthode était possible avec l’ancien plan comptable ».

« En 2025, seuls les contrats signés pourront être inclus. Si l’entreprise signe 80 MDH de contrats, son chiffre d’affaires sera en baisse, même si son activité reste stable. À l’inverse, si elle signe 150 MDH, le chiffre augmentera, mais aucun montant en attente ne pourra être anticipé », précise notre interlocuteur.

« En pratique, l’impact pourrait se traduire par une baisse apparente du chiffre d’affaires en 2025, simplement parce que les nouvelles règles comptables imposent de ne comptabiliser que les contrats signés. Cela modifie l’analyse des performances par rapport aux exercices précédents« .

Ce nouveau plan comptable vient rassurer le marché sur la réalité du chiffre d’affaires effectivement généré

« Seuls les bénéfices réalisés à la date de clôture d’un exercice peuvent affecter les résultats », précise notre interlocuteur. Cette règle s’applique particulièrement aux sociétés de construction immobilière, qui travaillent souvent sur des contrats à terme s’étalant sur plusieurs années. Jusqu’à présent, ces entreprises pouvaient choisir entre deux approches : comptabiliser les bénéfices à l’avancement des travaux ou attendre l’achèvement complet du projet.

Désormais, cette distinction disparaît. « Le bénéfice doit être constaté au fur et à mesure de l’avancement des travaux », explique-t-on. Cette méthode permet de refléter plus fidèlement l’état d’avancement des projets, mais impose une discipline accrue dans le suivi des comptes.

Un autre changement clé concerne les dépenses nécessaires pour achever un projet immobilier. « Quand vous faites un projet, vous constatez dans les stocks les dépenses qui restent à effectuer pour le finir », rappelle notre interlocuteur.

Mais, avec le nouveau cadre, les entreprises ne peuvent plus se fonder uniquement sur leurs propres estimations. « Ces montants doivent être appuyés par des études ou des estimations validées par des professionnels externes habilités », ajoute-t-il.

Cette obligation de certification externe a des implications pratiques et financières. « Qui dit experts externes dit plus de charges, plus de coûts », avertit notre interlocuteur. Ces exigences augmentent la précision des comptes, mais pourraient augmenter les coûts opérationnels, notamment en termes d’études techniques et d’outils analytiques.

D’un autre côté, ces changements prennent une importance particulière. « Les commissaires aux comptes voudront s’assurer que toutes les entreprises respectent les normes. Cela garantit une uniformisation dans l’analyse des comptes et la communication », conclut-il.