Affaire Sintram : BP valide une grosse créance

Bonne nouvelle pour Banque Populaire. Au tribunal de commerce de Casablanca, l’établissement bancaire vient d’obtenir la validation de sa créance dans le cadre de la liquidation visant Sintram, ex-géant des BTP tombé en faillite.

Le montant fixé par le juge-commissaire dépasse les 670 MDH, selon le dispositif de l’ordonnance consulté par Médias24. Il est légèrement inférieur à la créance déclarée par la banque qui tablait sur un chiffre de 685,5 MDH. La décision date du 12 mai 2025.

La créance a été approuvée sur la base d’une expertise lancée début 2024. Elle a été retenue à titre « privilégié », BP étant titulaire de sûretés réelles. Ce statut met la banque en pole position dans la course au remboursement qui sera lancée après vérification de l’ensemble des créances déclarées.

La somme totale des créances déclarées dépasse les trois milliards de dirhams. BP devra concourir au paiement auprès de centaines de créanciers, dont une dizaine bénéficiant également d’un statut privilégié. Cette dernière catégorie accapare à elle seule 2,9 MMDH, selon les données consultées par nos soins.

L’ordonnance concernant BP intervient quelques semaines après la validation d’une autre créance bancaire : celle d’Attijariwafa bank, qui se positionne sur un montant de 100 MDH. Deux autres banques sont en attente. Il s’agit de BOA (111 MDH déclarés) et du Crédit du Maroc (10 MDH).

Au reste, les regards sont braqués sur le cas de l’Office des changes. Créancier principal de Sintram, l’établissement public ne réclame pas moins de 1,7 MMDH. Cette créance n’a toujours pas été validée.

Affaire Dimagaz : de nouveaux jugements favorables à la BP

Dimagaz a touché le fond, mais creuse encore. Quelques jours après sa condamnation à plus de 332 MDH au profit de Bank Of Africa, le distributeur de gaz butane vient d’essuyer un nouveau revers judiciaire. La société devra régler pas moins de 37 millions de dirhams à la Banque populaire Fès-Méknes.

Ce montant a été acté en deux tranches, soit deux jugements rendus respectivement le 16 et le 23 janvier 2025 (13 et 24 MDH). Ces décisions font suite à des actions en paiement initiées par l’établissement bancaire.

En réalité, la créance concerne un crédit souscrit par Sonomac, société sœur de Dimagaz, mais celle-ci a été impliquée en sa qualité de caution. Cette situation touche également Najib El Jirari, dirigeant du groupe qui a été condamné à titre solidaire.

Avec ce jugement, la BP Fès-Meknès vient garnir une créance déjà colossale à l’égard de Dimagaz. Datée d’octobre 2022, une première décision reconnaissait plus de 1,1 milliard de dirhams à la banque. Cet arrêt est déjà en cours d’exécution.

De son côté, la défense de Dimagaz, qui conteste ses dettes vis-à-vis de la BP, reproche à cette dernière ses « concours financiers abusifs ». Pour l’heure, les demandes en ce sens ont été systématiquement rejetées par la justice, qui n’a pas retenu la responsabilité de la banque dans les déboires de la société.

Avec BCP, Dimagaz fait face à d’autres débiteurs du secteur bancaire, à l’image de BOA (332 MDH), du Crédit agricole du Maroc (315 MDH), de la Société générale marocaine des banques (205 MDH). Au total, la créance du distributeur avoisine les 2 MMDH.

À ce stade, l’entreprise n’a curieusement pas encore déclaré ses difficultés au tribunal et ce, en dépit d’une cessation de paiement avérée. Attention à la responsabilité des dirigeants !

Oulad Zerrad en liquidation : la créance de BP validée par le tribunal

La Banque populaire est fixée sur sa créance dans la liquidation de l’Entreprise Oulad Zerrad Des Travaux Divers.

L’établissement bancaire va concourir à hauteur de 67 MDH, montant retenu par le juge-commissaire chargé du dossier à l’issue d’une procédure de vérification qui a duré près de neuf mois.

La créance concerne précisément la branche Rabat-Kénitra de la Banque populaire. Elle a été validée à titre « privilégié », l’établissement étant titulaire de sûretés.

D’autres banques sont en lice et attendent également une ordonnance de validation. Il s’agit notamment de Bank Of Africa (BOA) et d’Attijariwafa bank (AWB). Leurs cas seront examinés lors d’une audience programmée au 24 avril devant le tribunal de commerce de Rabat.

A l’instar de la Banque populaire, le juge-commissaire a préalablement ordonné des expertises judiciaires pour déterminer les montants en jeu pour BOA et AWB.

Avant sa mise en liquidation en février 2024, Oulad Zerrad se positionnait comme l’une des entreprises les plus en vue du marché des BTP. La société dirigée par Chriqui Rahhal fait les frais d’un endettement qui avoisine le milliard de dirhams, dont 182 MDH de dettes fiscales.

https://medias24.com/2024/03/01/btp-oulad-zerrad-officiellement-en-faillite/

La BP traque le patrimoine d’El Jerari, dirigeant incarcéré de Dimagaz

La Banque Populaire (région Fès-Meknès) doit récupérer plus d’un milliard de dirhams auprès de Dimagaz. Pour y parvenir, l’établissement bancaire active la carte de l’exécution forcée.

Représentée par le cabinet Kettani Law Firm, la BP a obtenu une séries de saisies visant non seulement son débiteur, mais aussi le patrimoine de son dirigeant Najib El Jerari, caution personnelle.

Les dernières décisions en date ont produit sept ventes aux enchères qui auront lieu le 30 mars prochain. Elles concernent les biens de la société Batizaouia, propriété de Najib El Jerari. Il s’agit de plusieurs terrains agricoles, situés pour la plupart dans la circonscription relevant du tribunal de Benguérir. C’est cette juridiction qui organise les ventes.

Les montants des mises à prix oscillent entre 121.000 et 976.000 DH, selon la superficie et la localisation du terrain cible.

Ces ventes constituent une petite partie des saisies, nombreuses, visant les biens de Dimagaz et de son dirigeant. Ce dernier est incarcéré depuis deux ans à la prison de Ouarzazate, où il doit purger une peine de cinq pour une affaire de chèque sans provision.

D’autres biens ont été saisis, là aussi des terres agricoles, pour des montants atteignant parfois les 4 millions de dirhams.

Mais le gros morceau reste en attente. Il concerne le fonds de commerce de Dimagaz. Ce bien a également été placé en vente judiciaire. Une expertise est en cours pour en déterminer la valeur, et donc la mise à prix.

La Banque Populaire n’est pas l’unique créancier en lice. D’autres établissements bancaires se positionnent pour récupérer des créances dues par Dimagaz. Il s’agit de Bank of Africa et de Crédit Agricole, qui réclament respectivement 370 et 315 millions de dirhams.

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