Panenka ratée, puis les voix s’élèvent : salve de soutien à Brahim Diaz

Le stade s’est figé avant même que le ballon ne retombe. Brahim Díaz avait choisi la panenka, ce geste suspendu entre audace et fragilité, ce clin d’œil à l’histoire qui ne pardonne rien. Édouard Mendy est resté debout, le ballon est revenu. Et, avec lui, un silence lourd, presque cruel, comme si la nuit de Rabat venait d’avaler son propre souffle.

Ce penalty raté n’a pas seulement clos un match. Il a ouvert une séquence humaine rare, où le football a cessé de juger pour, un instant, écouter. Dès le lendemain, les mots ont tenté de réparer ce que le geste avait brisé.

Au Parlement, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a pris la parole avec une gravité inhabituelle. Il a parlé d’effort, de sport comme lien, de cette CAN « parmi les plus réussies de l’histoire ».

Puis il a glissé vers l’essentiel, vers l’homme. « Brahim Díaz a été la révélation de ce tournoi », a-t-il affirmé, avant d’ajouter, dans une phrase qui a traversé l’hémicycle : « Tu n’es pas seulement entré dans l’équipe nationale, tu es entré dans le cœur de tous les Marocains ». Des mots choisis, presque protecteurs, prononcés là où l’on parle rarement de blessures intimes.

Sur un autre continent émotionnel, Kylian Mbappé a parlé sans posture. La voix calme, le regard grave. « Je lui ai envoyé un message, je ne l’ai pas encore eu, je pense qu’il doit être triste », a-t-il confié, avant de dévoiler l’envers de la nuit. « J’ai passé la moitié de la nuit au téléphone avec Achraf, donc je sais très bien tout ce qui s’est passé ».

Mbappé ne parle pas de football. Il parle d’un état. « Avant même de penser au sportif, il faut penser à la personne. Notre objectif, c’est déjà de le récupérer humainement ».

 

Luis Enrique, lui, a convoqué la mémoire du jeu. Avec cette lucidité presque cruelle des anciens. « Tout le monde parle de Brahim, mais moi je me rappelle Zidane », dit-il. « Zidane a fait une panenka en Coupe du monde. Sergio Ramos aussi, dans des matchs très importants. Quand ça rentre, tout le monde applaudit. Quand ça rate, c’est la fin ».

Une phrase simple, sèche, qui dit tout de l’injustice sélective du football.

Brahim Díaz a fini par parler lui-même, sur ses réseaux. Sans filtre, sans détour. « Mon âme me fait mal. J’ai rêvé de ce titre », écrit-il.

« Hier, j’ai échoué, j’en prends toute la responsabilité et je m’excuse de tout mon cœur ». Il parle d’une blessure qui « ne guérit pas facilement », mais aussi d’un engagement intact. « Je continuerai jusqu’au jour où je pourrai rendre tout cet amour et être la fierté de mon peuple marocain ».

 

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Puis est venu Sergio Ramos, en quelques lignes, comme on parle à un frère. « Seuls ceux qui ont la personnalité de les tirer peuvent les rater », écrit-il. « Tête haute, toujours. Le football donne toujours une seconde chance ».

Dans cette succession de voix, quelque chose s’est déplacé. Le penalty est resté raté, oui. Le geste ne sera pas réécrit. Mais autour, un cercle s’est formé : politique, sportif, humain. Comme si, pour une fois, le football avait accepté de ralentir, de regarder autrement.

Une panenka arrêtée peut faire mal. Mais ce qui est venu après raconte autre chose : la chute d’un instant, et la dignité collective qui refuse d’y voir une fin.

Football. Hakimi, Diaz, Khannouss, Ben Seghir… Le marché s’enflamme pour les stars marocaines

C’est l’un des indicateurs importants de l’évolution du football dans un pays : la valeur moyenne des joueurs sur le marché.

S’il y a des divergences sur le style de jeu de l’équipe nationale, la qualité de la majorité des internationaux qui sont sur le pré fait l’unanimité. Preuve en est leur valeur marchande qui ne cesse de grimper. Dans un laps de temps d’environ une année, des internationaux comme Achraf Hakimi ou encore Eliesse Ben Seghir ont vu leur valeur augmenter considérablement.

C’est le cas également pour plusieurs joueurs du championnat national. Mais avant de décortiquer ces tendances haussières, quels sont les critères qui permettent d’établir la valeur d’un joueur ?

Au-delà du rôle des agents, dont le savoir-faire en matière de promotion peut parfois faire des miracles avec des joueurs cédés à un prix loin de leur niveau réel, plusieurs critères entrent en considération :

– Les performances sportives en club comme en équipe nationale ;

– Le poste occupé : par exemple, les défenseurs gauchers sont toujours plus chers que les droitiers du fait de leur rareté ;

– L’âge du joueur : les jeunes sont mieux valorisés car leur potentiel et leur marge de progression sont plus importants ;

– La durée restante du contrat ;

– Le niveau du club et de la ligue.

Une fois ces critères établis, il s’agit de mettre en lumière les joueurs marocains les mieux valorisés actuellement. Selon le site de référence en la matière, Transfermarkt, le top 10 est sans surprise dominé par Achraf Hakimi. Champion de France et d’Europe, Hakimi a été l’auteur d’une saison remarquable avec le Paris Saint-Germain.

Saison dont ne peuvent pas se prévaloir tous les Ballons d’Or par le passé. Brahim Diaz (Real Madrid) occupe quant à lui la deuxième place de ce classement. La dernière marche du podium est partagée par Bilal El Khannouss et Eliesse Ben Seghir.

En termes de progression, la valeur du capitaine de l’équipe nationale a augmenté de 20 millions d’euros pour s’établir à 80 millions. C’est la plus importante hausse enregistrée parmi tous les joueurs marocains aux quatre coins du monde. Il est talonné par Eliesse Ben Seghir (AS Monaco) et Omar El Hilali (Espanyol Barcelone).

Malgré leur jeune âge, certains joueurs valent déjà 10 M euros et plus.

Mais la hausse la plus impressionnante est celle qu’a connue la valeur de Maroan Sannadi, qui est passé de la troisième division espagnole à l’équipe première de l’Athletic Bilbao en l’espace de six mois. Désormais, l’attaquant du club basque peut aussi se targuer de deux sélections avec l’équipe nationale, après avoir été du rassemblement du mois de juin.

Au Maroc, c’est Amine Zouhzouh (FAR) qui est considéré comme le joueur à la plus forte valeur marchande. Valeur qui sera sans doute amenée à augmenter à l’avenir, au vu de son talent, mais aussi de sa première sélection avec les A, lundi 9 juin contre le Bénin.

En Botola, les valeurs des joueurs atteignent des niveaux de plus en plus élevés.

En seconde position, on retrouve Youssef Belammari. La valeur du latéral gauche du Raja Casablanca a quelque peu chuté. Mais l’international marocain est toujours considéré comme l’un des meilleurs joueurs de la Botola. Idem pour le milieu de terrain Mohamed Rabie Hrimate (FAR).

Un autre milieu a fait sensation cette saison, mais cette fois avec la Renaissance sportive de Berkane. Vainqueur du Championnat et de la Coupe de la confédération de la CAF, Mamadou Lamine Camara est non seulement très bien valorisé, mais, en plus, sa valorisation a connu une nette hausse cette saison.

Reda Laalaoui est également sur une pente ascendante après une Coupe d’Afrique des nations U20 remarquable, malgré la cruelle défaite en finale. Il vient d’ailleurs de s’engager avec le club anglais de Hull City (2e division). Enfin, Houssine Rahimi a également vu sa valeur augmenter malgré une saison en dents de scie avec le Raja Casablanca.

Les Lions de l’Atlas sous la loupe : notre tableau de bord interactif exclusif

Si les statistiques ne peuvent à elles seules résumer le profil complet d’un joueur, elles demeurent de précieux indicateurs pour mieux cerner ses points forts, ses axes d’amélioration ainsi que sa complémentarité avec ses coéquipiers évoluant dans le même secteur de jeu.

Médias24 met à votre disposition des dashboards interactifs regroupant des données pertinentes et approfondies sur les joueurs convoqués par Walid Regragui, dans la perspective des matchs amicaux contre la Tunisie et le Bénin, programmés les vendredi 6 et lundi 9 juin au complexe sportif de Fès.

Les données compilées couvrent l’ensemble de la dernière saison pour chaque poste et seront actualisées à chaque rassemblement de l’équipe nationale, jusqu’au coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2025, qui se tiendra au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Bien entendu, ces chiffres doivent être interprétés avec nuance.

De nombreux facteurs tels que le style de jeu de l’équipe, le niveau du championnat ou le rôle tactique du joueur peuvent influencer leur compréhension. Prenons un exemple : Achraf Hakimi affiche un nombre d’interceptions par match inférieur à celui de Omar El Hilali. Cela ne reflète pas une faiblesse défensive du récent champion d’Europe, mais s’explique plutôt par le jeu de possession (65%) du Paris Saint-Germain qui l’expose moins aux phases défensives.

À l’inverse, Omar El Hilali, avec l’Espanyol Barcelone, évolue dans un contexte différent, son équipe affichant une possession moyenne de seulement 42%. Il est donc naturellement davantage concerné par ces phases et amené à intervenir plus souvent sans le ballon.

En somme, toutes les données que nous avons compilées doivent être lues à la lumière du contexte tactique, du niveau d’adversité, du rôle spécifique confié à chaque joueur, mais aussi de la dynamique individuelle du moment. Autant de facteurs qui influencent considérablement les performances statistiques, mais aussi leur compréhension.

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Commençons par les gardiens de but. El Mehdi Benabid (WAC), bien qu’un cran en retrait par rapport à ses aînés, dispose encore d’une belle marge de progression, notamment dans son jeu au pied. À 25 ans, le temps joue en sa faveur. De leur côté, Yassine Bounou (34 ans) et Munir El Kajoui (36 ans) font preuve d’une constance remarquable, que ce soit dans les airs ou sur leur ligne, indépendamment du poids des années.

Si Yassine Bounou et Munir El Kajoui parviennent à maintenir ce haut niveau de performance, le Maroc peut aborder les prochaines échéances avec sérénité. Certes, le portier d’Al Hilal (Arabie saoudite), récemment placé sous les ordres de Simone Inzaghi (ex-Inter Milan), encaisse actuellement plus de buts que prévu selon les données d’expected goals.

Mais cet écart reste minime et n’entame en rien sa valeur. D’autant qu’il compense avec un jeu au pied de très haut niveau, un taux élevé d’arrêts réflexes et une réelle autorité dans la gestion de sa ligne défensive. De son côté, Munir El Kajoui sort d’une saison remarquable sous les couleurs de la Renaissance sportive de Berkane (RSB).

Son choix de rejoindre le récent champion du Maroc n’a nullement affecté ses performances, bien au contraire. Décisif aussi bien en Botola Pro qu’en Coupe de la CAF, il se distingue par son leadership et sa technique sur sa ligne. Dans un contexte où des incertitudes demeurent au sein de la ligne défensive des Lions de l’Atlas, la forme étincelante de ses gardiens représente un gage de sécurité.

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Justement, la défense demeure le principal chantier auquel doit s’attaquer le sélectionneur national. Et pas seulement pour ce rassemblement de juin. Trouver une charnière centrale fiable risque bien de hanter les nuits de Walid Regragui pendant encore de longs mois.

En réalité, l’enjeu est de trouver le partenaire idéal pour Nayef Aguerd, pilier défensif incontournable. Le sélectionneur est en quête d’un complément solide, régulier et tactiquement compatible, capable de former une paire centrale stable à l’horizon de la CAN 2025 et du Mondial 2026.

Toutefois, en l’absence d’Aguerd, il sera compliqué de tester toutes les associations possibles en défense. Néanmoins, cela n’empêchera pas le staff de l’équipe nationale d’évaluer le comportement du nouveau venu, Abdelhak Assal, qui s’est illustré cette saison par une domination dans les duels, aussi bien au sol que dans les airs.

Le natif de Casablanca renforce un secteur défensif déjà composé de deux autres défenseurs centraux de métier, Jawad El Yamiq et Abdel Abqar. En plus de Adam Masina, latéral reconverti en défenseur central axial gauche dans une défense à trois avec le Torino (Italie). Ce dernier peut également dépanner au poste d’arrière gauche en cas de besoin.

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Ce besoin risque de se faire sentir, puisque le sélectionneur n’a convoqué que Youssef Belamri pour pallier le forfait de Noussair Mazraoui. Or, si Omar El Hilali ne constitue pas une option fiable sur le flanc gauche, Achraf Hakimi pourrait dépanner à ce poste, tout comme Zakaria El Ouahdi, même si tous deux sont droitiers.

Mais il serait surprenant que Walid Regragui choisisse de priver son capitaine de son poste de prédilection pour l’exiler à gauche. Une option qui a déjà été expérimentée par le passé, mais dans des contextes bien différents. Quoi qu’il en soit, le Maroc est armé sur la droite de sa défense.

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C’est nettement moins évident au poste de milieu défensif, où les options disponibles semblent plus restreintes. Jusqu’à présent, Sofyan Amrabat s’est imposé comme une sentinelle indispensable, particulièrement face aux équipes qui misent sur des contres rapides à la récupération du ballon.

Grâce à sa vision du jeu, son positionnement précis et son sens tactique, Amrabat est le pilier de l’équilibre défensif marocain. Cependant, les alternatives à ce poste restent malheureusement peu nombreuses. Outre Oussama El Idrissi, qui peut être utilisé en défense centrale, Oussama Targhaline a également démontré de très bonnes dispositions dans ce rôle, notamment lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Mais son manque d’expérience des joutes continentales chez les A pourrait être un handicap.

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Concernant Amir Richardson, qui a également le profil, il n’y est pas tout à fait à son aise, contrairement à un rôle de milieu central ou relayeur. Cependant, la concurrence sera rude, entre lui, Ismail Saibari, Bilal El Khannouss et Azzedine Ounahi dont les dernières prestations laissaient quand même à désirer. La profusion de talents est aussi perceptible sur les ailes, du moins au moment de l’annonce de la liste.

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Car depuis, le médecin de l’équipe nationale, Christophe Boudoux, a acté le forfait de Brahim Diaz (remplacé par Amine Zouhzouh des FAR) et annoncé Abde Ezzalzouli comme “très incertain” en raison d’une blessure contractée en finale de la Conférence League européenne contre Chelsea (1-4). Il reste quand même du beau monde, avec Soufiane Rahimi, Eliesse Ben Seghir et Osame Sahraoui.

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À la pointe de l’attaque, Maroan Sannadi sera incontestablement l’une des attractions de ce rassemblement. Avoir son rond de serviette en équipe nationale est déjà une victoire pour un joueur qui n’a disputé que six mois au très haut niveau. Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que, dans l’esprit du sélectionneur, il ne sera pas simple de supplanter Youssef En-Neysiri et Ayoub El Kaabi. Preuve en est, le temps de jeu famélique de Hamza Igamane (8’).

Mais “Maroan nous apportera un profil différent, qui nous permettra aussi de l’associer à un second attaquant de pointe”, a souligné Walid Regragui lors de l’annonce du groupe retenu pour les deux prochains matchs amicaux. À l’évidence, ces rencontres s’annoncent comme des rendez-vous d’importance capitale, même s’ils sont amicaux.

Équipe nationale. Une attaque pas si inoffensive

De l’avis des spécialistes, jouer contre une défense en bloc bas est l’un des défis les plus complexes et persistants du football moderne. L’équipe nationale ne fait pas exception. Malgré une pléthore de talents, certaines prestations offensives des Lions de l’Atlas laissent à désirer. En particulier lorsqu’il faut affronter des équipes qui privilégient d’abord la défense avant l’attaque.

En témoignent les deux récentes victoires des hommes de Walid Regragui contre le Niger (2-1) et la Tanzanie (2-0) lors des éliminatoires du Mondial 2026. Des succès qui rapprochent l’EN du continent américain, mais qui ont été acquis après des productions offensives peu convaincantes. Cela dit, la quête du résultat est rarement compatible avec l’esthétisme, surtout dans le football de sélection.

À l’image des Pays-Bas de Johan Cruyff (1974) ou encore plus récemment de la génération dorée belge (2018), l’histoire du football regorge de ces beaux perdants qui ont fait briller les yeux de leurs supporters sans pour autant parvenir à inscrire leur nom dans la colonne des vainqueurs.

À contrario, la France et l’Italie n’ont pas eu besoin de produire un jeu flamboyant pour être sacrées respectivement à la Coupe du monde 2018 et à l’Euro 2020. Seule l’Espagne, au tournant des années 2010, a réussi à allier résultats et beau jeu, à la faveur d’un onze de départ composé essentiellement de joueurs du FC Barcelone.

Une particularité qui favorise les automatismes et une certaine cohésion tactique et technique. Des aspects difficiles à développer dans le football de sélection, où le temps de travail est limité par rapport à celui d’un club. Toutefois, les critiques à l’égard des difficultés éprouvées par l’équipe nationale face aux défenses recroquevillées devant leur but ne sont pas totalement infondées.

Bien que les statistiques n’offrent qu’une vision partielle, elles restent un bon indicateur. Nous allons donc examiner l’affirmation selon laquelle le Maroc peine face au bloc bas, à travers cinq indicateurs de performance (ICP) :

– Possession du ballon ;

– Buts ;

– Expected Goals (xG) ;

– Tirs et tirs cadrés ;

– Nombre de ballons touchés dans la surface de réparation.

Ces indicateurs nous permettront par la suite de comparer l’animation offensive de l’équipe nationale par rapport à celle des tenants des titres continentaux :

– La Côte d’Ivoire, championne d’Afrique ;

– L’Espagne, championne d’Europe ;

– Le Qatar, champion d’Asie ;

– L’Argentine, championne du monde et d’Amérique du Sud.

C’est quoi un bloc bas déjà ?

Mais avant d’en arriver là, que désigne-t-on exactement par « bloc bas » ? Selon la plateforme Training FIFA, il s’agit d’une stratégie défensive consistant à faire déjouer une équipe forte offensivement. L’idée est de se positionner en bloc bas afin de réduire au maximum les espaces derrière les défenseurs ainsi que les espaces entre les lignes.

Une organisation défensive qui nécessite de la patience, de la discipline et une bonne communication entre les joueurs, car ils doivent être capables d’ajuster constamment leur positionnement en fonction de plusieurs paramètres, dont le ballon, l’adversaire, l’espace et leurs coéquipiers.

Sur cette séquence de jeu, les Tanzaniens (en bleu) sont à dix dans leurs propres 30 mètres, obligeant Sofyan Amrabat à tenter sa chance de loin.

L’objectif est de maintenir un bloc compact au sein duquel l’adversaire rencontrera des difficultés à trouver des espaces pour progresser vers le but. Cela dit, cette tactique n’est pas forcément un signe de faiblesse. Les entraîneurs l’adoptent aussi pour s’adapter aux qualités de leurs joueurs, surtout s’ils sont rapides et capables de prendre la profondeur.

Parce que l’agressivité des joueurs dans cette configuration permet de récupérer le ballon et d’exploiter la position haute de l’adversaire sur le terrain, en attaquant les espaces dans son dos. Par exemple, l’équipe de France, championne du monde en 2018, a misé sur un bloc médian à bas pour attirer l’adversaire et permettre à Kylian Mbappé de se retrouver dans les meilleures conditions pour exploiter sa vitesse fulgurante.

Néanmoins, les équipes perdent en maîtrise ce qu’elles gagnent en solidité défensive. D’ailleurs, la possession du ballon est l’un des cinq indicateurs de performance clés que nous avons sélectionnés pour vérifier si le Maroc peine vraiment face à des blocs bas.

Des difficultés face au bloc bas ? 

L’analyse prend en compte les dix derniers matchs du onze national, avec un seuil de possession fixé à 65 %. Sur cette période, l’équipe nationale a atteint ce seuil de possession à six reprises. Soit autant de fois que l’opposant décide volontairement de laisser le ballon aux Marocains et défendre en bloc bas.

La comparaison des données montre que les statistiques offensives des Marocains reculent en effet dès qu’ils rencontrent des équipes qui optent pour cette stratégie. Cela dit, la différence n’est pas flagrante. Elle ne l’est pas non plus lorsqu’on compare les performances offensives chiffrées de l’EN avec celles des tenants de titres continentaux. Encore une fois, notre comparatif a pris en compte les dix derniers matchs de ces équipes, parmi lesquels seule l’Espagne possède un style de jeu affirmé et rodé depuis des décennies.

Pour les autres, on observe plutôt un jeu qui combine possession du ballon et transitions rapides vers l’avant. Le résultat est que le Maroc fait partie du haut du panier. Cependant, cette conclusion doit être nuancée, car les dix derniers adversaires de l’Espagne ou encore de l’Argentine sont, pour la plupart, nettement supérieurs à ceux rencontrés par les Marocains.

En somme, l’équipe nationale doit encore améliorer et varier ses travaux d’approches offensives face aux défenses en bloc bas. Et selon les chiffres, Brahim Diaz et ses coéquipiers sont sur le bon chemin.

Mondial 2026. Le Maroc s’impose difficilement face à la Tanzanie (2-0)

Même si  l’important ce sont les trois points, il est difficile de ne pas être préoccupé par la production offensive du Maroc après sa victoire sans saveur ni génie contre la Tanzanie, ce mardi 25 mars à Oujda, dans le cadre de la 6e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Avec 15 points dans la musette, les Lions de l’Atlas ont jusqu’ici réalisé un sans-faute dans le groupe E des qualifications.

Un succès synonyme de dixième victoire consécutive qui a autant mis en évidence l’importance des coups de pied arrêtés pour débloquer des matchs serrés que les sempiternelles difficultés du Onze national face aux équipes au plan de jeu ultra-défensif.

Après une première mi-temps ennuyeuse à souhait, Walid Regragui a sans doute poussé une soufflante à la mi-temps pour réveiller quelque peu des joueurs sans idées ni intensité.

Ils ont d’ailleurs été récompensés de deux buts quasiment coup sur coup, par l’intermédiaire de Nayef Aguerd sur corner (49′) puis Brahim Diaz en transformant un penalty obtenu par Noussair Mazraoui. En l’absence d’Achraf Hakimi, suspendu pour accumulation de cartons jaunes, le Mancunien a assuré au poste de latéral droit, laissant le côté gauche à Youssef Belammari.

Dans l’entrejeu, le sélectionneur national a misé sur Bilal El Khannouss et Ismail Saibari afin d’accompagner Sofyan Amrabat, certainement en récompense de leurs excellentes prestations en sortie de banc contre le Niger. Mais à l’image de leurs coéquipiers, ils ont été loin du niveau d’intensité et de précision technique nécessaires afin de retranscrire leur domination territoriale sur le tableau d’affichage.

Il est vrai que les Tanzaniens ont vaillamment défendu leur cage autour d’un bloc défensif compact où les espaces se faisaient rares. Mais les Marocains y sont pour beaucoup également. En début de rencontre, ils ont usé et abusé du jeu long pour rapidement amener le danger haut sur le terrain. Un jeu direct qui n’a pas eu l’effet escompté et a conforté les Tanzaniens dans leur plan de jeu restrictif, au point qu’ils auraient pu défendre les yeux fermés.

Et pour cause, l’animation offensive des Lions de l’Atlas était un peu trop stéréotypée. La circulation du ballon, laborieuse et lente, accordait aux Taifa Stars assez de temps pour coulisser et empêcher Abdessamad Ezzalzouli et Brahim Diaz de bénéficier de situations d’un contre un qu’ils affectionnent tant.

Malgré ses efforts de pressing à la perte du ballon, un don de soi particulièrement apprécié par Walid Regragui, Youssef En-Nesyri a trop peu pesé sur la charnière tanzanienne. Statique la plupart du temps, il a constamment été devancé par l’arrière-garde des Taifa Stars lorsqu’il était abreuvé de centres. Il a donc eu du mal à exploiter son point fort, le jeu de tête.

Au fur et à mesure que les minutes s’égrénaient, les Tanzaniens se sont enhardis et ont même failli ouvrir le score par l’intermédiaire de Faycal Salim Abdellah (42′), dont le tir, à la réception d’un mauvais renvoi dans l’axe de la défense marocaine, est passé de justesse à côté du montant droit de Yassine Bounou.

C’est justement cette spontanéité qui a manqué aux Marocains, à l’instar de Brahim Diaz, qui a trop souvent porté le ballon.

Heureusement que tout s’est emballé au retour des vestiaires, à commencer par une remise de la tête de Bilal El Khannouss, renvoyée in extremis par la défense tanzanienne (48′).

Dans la foulée, Nayef Aguerd réussit à faire sauter le verrou tanzanien sur corner, en étant à la réception d’un mauvais renvoi de l’arrière-garde tanzanienne (50′). Assurément, les coups de pied arrêtés représentent une excellente arme pour débloquer ce genre de rencontres.

D’ailleurs, Jaouad El Yamiq a failli doubler la mise en coupant au premier poteau un nouveau corner parfaitement botté par Bilal El Khannouss (55′). Mais la déviation de la tête du natif de Khouribga a fui le cadre. Plus justes dans le dernier tiers du terrain, les Marocains ont finalement réussi à trouver des failles dans la défense des Taifa Stars.

Lancé dans la surface de réparation, Noussair Mazraoui a été à l’origine du penalty transformé par Brahim Diaz (59′), qui inscrit par la même occasion son huitième but en dix sélections. Un réveil de courte durée, car les coéquipiers du Madrilène sont retombés dans leurs travers et auraient même pu concéder un but sur une double occasion à vingt minutes du terme de la rencontre.

Mais le portier marocain a été vigilant pour assurer une victoire qui ne restera certainement pas dans les annales du football marocain. On s’attendait à une meilleure prestation face à une équipe censée être plus faible que le Niger. Il n’en a rien été. Les Lions de l’Atlas étaient loin de leur meilleur niveau des deux côtés du terrain.

Cela dit, l’équipe nationale a fait le job. Désormais, il faudrait un cataclysme pour que les Lions de l’Atlas ne disputent pas une troisième Coupe du monde consécutive, alors qu’ils occupent la première place du groupe E avec neuf points d’avance sur leurs poursuivants directs à trois journées du terme de cette campagne de qualification.

Mondial 2026. Maroc-Tanzanie, les clés du match et d’une 3ᵉ qualification consécutive

Le Maroc et la Tanzanie ne se quittent plus. La 6ᵉ journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 sera la troisième confrontation entre ces deux nations lors des deux dernières années. Ce mardi 25 mars au stade d’honneur à Oujda, les Lions de l’Atlas visent une troisième victoire consécutive face aux Taifa Stars.

L’occasion également d’étirer leur impressionnante série de neuf victoires d’affilée et d’asseoir leur domination dans le groupe E des éliminatoires. Stratégiquement, ce rendez-vous est une nouvelle opportunité pour les hommes de Walid Regragui d’aiguiser leurs armes face à un assez solide bloc défensif. Une configuration défensive contre laquelle les coéquipiers de Brahim Diaz peinent parfois.

Suspendu pour une accumulation de cartons jaunes, Achraf Hakimi n’a cependant pas sauté dans le premier avion à destination de Paris. Le capitaine de l’équipe nationale avait à cœur de soutenir ses coéquipiers et il prendra donc place en tribune. Une nouvelle manifestation du leadership positif dont fait preuve le latéral marocain.

Son absence permettra à Noussair Mazraoui de retrouver son poste de prédilection sur le flanc droit de la défense du Onze national et ouvrira certainement la voie à une titularisation de Youssef Belaamri sur le côté gauche. À moins que Walid Regragui ne décide de lancer Omar El Hilali. Auquel cas, N. Mazraoui, auteur de sa première passe décisive en équipe nationale, le soir de sa 32e sélection face au Niger, devra prendre son mal en patience au poste d’arrière gauche.

Totalement absent des débats vendredi dernier, Azzedine Ounahi risque de prendre place sur le banc au profit d’un milieu de terrain en plus grande forme, à l’instar d’Ismaël Saibari, mais encore de Bilal El Khannouss. Ce serait une belle récompense pour ce dernier, après avoir offert la victoire aux Lions de l’Atlas dans les arrêts de jeu du dernier match.

Devant, même s’il s’est démené pendant l’heure de jeu qu’il a passée sur le terrain face au Niger, Soufiane Rahimi risque de faire banquette pour cette fois au profit d’un profil plus à l’aise dans les un contre un. En ce sens, Abdessamad Ezzalzouli a une belle carte à jouer. Malgré un début d’année en dents de scie, la capacité d’élimination du Sévillan sera utile dans l’optique de déstabiliser la défense des Tanzaniens.

Tanzanie, un collectif limité techniquement

Le succès glané au match aller (0-2) à Dar Es-Salaam, ainsi que la victoire (3-0) lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations, ont mis en relief les ingrédients à mettre en œuvre pour s’assurer les trois points. Avoir des joueurs dotés d’une importante capacité d’élimination en est un. Après deux victoires en trois matchs (contre une défaite), la Tanzanie occupe la dernière marche du podium dans ce groupe E. Le pays d’Afrique de l’Est ne partira sûrement pas à l’abordage, afin de maintenir ses espoirs de qualification pour les barrages.

Car si le premier de chaque groupe valide directement son billet pour la Coupe du monde 2026, les quatre meilleurs deuxièmes s’affrontent lors d’un second tour chaud bouillant, répartis en deux demi-finales (sur un match chacune), puis une finale (sur un match également). Le vainqueur final de ce deuxième tour participera au tournoi de barrage de la FIFA.

« Chaque Tanzanien, chaque enfant qui tape dans un ballon, rêve de jouer en Coupe du monde. C’est un espoir que nous portons en nous et qui pourrait bouleverser l’histoire du football tanzanien », a assuré Hemed Suleiman dans un entretien accordé à la FIFA. Suleiman a pris la relève d’Adel Amrouche, limogé par la sélection tanzanienne après la défaite face au Maroc lors de la CAN 2023 (0-3). Il avait laissé entendre que le Maroc choisissait ses arbitres, ce qui lui avait valu huit matchs de suspension par la Confédération africaine de football (CAF).

Depuis, Hemed Suleiman reste sur un bilan positif de 3 victoires, 2 nuls et une défaite, en s’appuyant sur un noyau de joueurs locaux, soutenus par des attaquants qui ont exporté leur talent. Notamment au Maroc, comme Selemani Mwalimu qui porte les couleurs du WAC, dans la lignée de son coéquipier Simon Msuva (2020-2021), est passé également par le Difâa El Jadida (2018-2020). 

Le technicien tanzanien a réussi à créer un collectif qui brille plus par sa hargne et son état d’esprit que par sa qualité technique. L’animation offensive du système de jeu en 1-4-2-3-1 se heurte aux limites techniques de joueurs qui ratent une passe sur deux dans les 30 mètres adverses.

Des trous béants dans la défense tanzanienne

Pour les Marocains, il faudra bien évidemment faire attention à la vitesse des attaquants de couloir des Taifa Stars et être vigilants sur les coups de pied arrêtés. Cela dit, les Lions de l’Atlas seront à l’offensive la plupart du temps. Au-delà d’un niveau élevé de concentration et d’intensité à l’entame des deux mi-temps, qui ont failli coûter la victoire aux Marocains, le vendredi 21 mars contre le Niger, le staff de l’équipe nationale aura sans doute souligné auprès des joueurs l’importance de tenter leur chance de loin.

C’est ainsi que Hakim Ziyech a ouvert le score lors du match aller à Dar Es-Salaam et que Nayef Aguerd a failli le faire, vendredi dernier, contre le Niger. Une équipe dont l’animation défensive est certes bien plus performante que celle de la Tanzanie, mais qui présente certaines similitudes, que ce soit au niveau de la hauteur de la ligne défensive, mais aussi au vu de l’espace laissé à l’abord de la surface de réparation.

 

Même en supériorité numérique, la défense tanzanienne laisse des espaces aux abords de la surface de réparation.

Des espaces qui sont également exploitables dans deux autres zones du terrain. D’abord, entre le latéral et son défenseur central les plus proches. Une zone intermédiaire (half-space) où les milieux de terrain marocains auront la possibilité de s’engouffrer avant de trouver un de leurs coéquipiers, de préférence grâce à des centres en retrait.

 

Aspiré par l’appel de l’attaquant adverse, le latéral laisse un espace libre dans son dos.

Sinon, il faudra viser le second poteau, dans le dos des arrières, à l’instar des deux buts inscrits face au Niger. Toutefois, il ne sert à rien de tirer des plans sur la comète si les Lions de l’Atlas ne rehaussent pas leur niveau technique afin d’assurer des transmissions justes dans le camp adverse.

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les Marocains ont été plus dangereux en seconde mi-temps vendredi dernier, puisque leur pourcentage de passes réussies dans le dernier tiers du terrain est passé de 78 à 89 % au retour des vestiaires.

Football. Le Maroc s’impose difficilement face au Niger mais assure l’essentiel (2-1)

Comme ce fut le cas ce vendredi 21 mars au stade d’honneur d’Oujda, on signerait sans hésiter si le Maroc l’emportait à chaque fois dans les arrêts de jeu, tant que la victoire est au bout. Mais le but libérateur de Bilal El Khannouss face au Niger (2-1) a autant mis en lumière le coaching gagnant de Walid Regragui et de son staff que les difficultés rencontrées par ses hommes.

Car si les Lions de l’Atlas devaient à chaque fois attendre les derniers instants du match pour venir à bout de leur adversaire, ils iraient au-devant de grandes désillusions. Cela dit, il faut également souligner la combativité du Onze national, qui n’a rien lâché, même après avoir concédé l’ouverture du score au retour des vestiaires, par l’intermédiaire du Nigérien Youssef Oumarou (47’).  

Heureusement que le staff du sélectionneur national, n’a pas fait dans la dentelle pour apporter du sang neuf à un collectif mené, afin de rapidement recoller au tableau d’affichage, grâce à Ismail Saibari, l’un des trois joueurs lancés à l’heure de jeu.

Un début de match pied au plancher

Offensivement, articulés autour d’un 4-4-2, avec deux milieux excentrés sur le papier mais évoluant majoritairement à l’intérieur du jeu, les Lions de l’Atlas avaient entamé la rencontre pied au plancher, confisquant rapidement le ballon.

Soufiane Rahimi a failli ouvrir le score dès la première minute, après un numéro de Eliesse Ben Seghir sur le côté droit, mais l’attaquant marocain a trop enlevé sa frappe.

Sans complexe, les Nigériens ont immédiatement répliqué, obligeant Yassine Bounou à s’interposer sur une action rondement menée.

Comme attendu, les Marocains ont dirigé leur pressing vers l’axial droit adverse afin de le contraindre à allonger. Toutefois, le Onze national s’est montré friable dans la récupération des seconds ballons, concédant ainsi plusieurs situations dangereuses. La maîtrise initiale a progressivement laissé place à une surprenante fébrilité technique.

Il a fallu attendre un missile de Nayef Aguerd s’écrasant sur la barre transversale, suivi d’une volée de Eliesse Ben Seghir frôlant le cadre (14’), pour voir les Lions de l’Atlas retrouver un semblant de dynamisme. Mais ce regain d’énergie n’a pas suffi à corriger un manque de justesse technique dans les petits espaces, entraînant des pertes de balle dans des zones à risque et offrant aux attaquants du Niger des opportunités en profondeur. 

Au fil des minutes, le contre-pressing marocain s’est avéré de plus en plus inefficace. Ce léger retard à la perte du ballon a permis aux Mena de ressortir proprement et de se projeter vers l’avant. La physionomie de cette première période aurait pu être toute autre si la défense adverse n’avait pas privé Youssef En-Nesyri d’un but tout fait, après une remise intelligente de Soufiane Rahimi (43’). 

Ce dernier, le Lion de l’Atlas le plus en vue du premier acte, a incarné à lui seul les quelques éclairs dans une organisation offensive globalement défaillante, où Azzedine Ounahi a quasiment raté tout ce qu’il avait tenté. Au retour des vestiaires, le Niger a logiquement validé sa bonne première mi-temps en ouvrant le score suite à une tête suivie d’un tir à bout portant de Yousouf Oumarou (47′), qui n’a laissé aucune chance à Yassine Bounou. 

Walid Regragui n’a pas hésité à changé trois joueurs d’un coup

Trop peu influent et dominé physiquement, Brahim Diaz a pour une fois été quelque peu absent des débats. Il a été toutefois à l’origine des deux buts marocains. Aux antipodes d’Eliesse Ben Seghir qui s’est démené tout au long de la rencontre, malgré un déchet important. Il a d’ailleurs été à l’origine de la première vraie occasion dangereuse en seconde mi-temps, sur un tir difficilement repoussé par le portier, Mouhamadou Tanja. 

Face à l’apathie de ces attaquants, Walid Regragui n’a pas hésité à changé trois joueurs d’un coup à l’approche de l’heure de jeu, en lançant Ismail Saibari, Abdessamad Ezzalzouli et Bilal El Khannouss, à la place de Azzedine Ounahi, Eliesse Ben Seghir et Soufiane Rahimi. Le technicien marocain a eu le nez fin, puisque son coaching a été rapidement validé par I. Saibari, qui a coupé au second poteau un centre de Brahim Diaz, prolongé par la tête de Youssef En-Neysiri, qui a été crédité d’une passe décisive sur le coup (60’). 

Le but égalisateur a également mis en relief l’entrée dynamique de Bilal El Khannouss, dont la précision et la rapidité des transmissions a fait du bien et a participé à l’accélération de la circulation des transmissions de l’équipe nationale, qui a délaissé son animation offensive à deux attaquants de pointe pour retrouver une organisation à un avant-centre et deux ailiers purs, plus conforme à l’aptitude de ses joueurs offensifs. 

Plus à l’aise dans cette configuration, Youssef En-Neysiri était à deux doigts de donner l’avantage à ses coéquipiers, mais l’avant-centre de Fenerbahçe a étonnamment raté son face-à-face avec le dernier rempart Nigérien (83’), certainement par manque de lucidité. Raison pour laquelle il a laissé sa place à Hamza Igamane dont c’était la première cape.

Mais c’est Bilal Al Khannouss qui a finalement volé la vedette pour offrir à ses coéquipiers une précieuse victoire en reprenant un ballon de la tête, seul au second poteau, dans un copier-coller du but égalisateur, illustrant la lecture de jeu exemplaire du staff de l’équipe nationale. Une bonne habitude à conserver, même s’il serait préférable d’éviter un tel scénario à l’avenir.  

Le Maroc garde la tête du groupe E avec une large avance sur le deuxième:

Prochains matches du Maroc:

25 mars 2025: Maroc – Tanzanie à 21H30.

5 septembre: Maroc – Niger.

8 septembre: Zambie- Maroc.

13 octobre: Maroc- Congo.

L’Erythrée faisait partie du groupe mais elle a déclaré forfait. Il y a donc 8 matches par équipe, le Maroc en a déjà joué 4.

Le Mondial 2026 sera élargi à 48 équipes, pour la première fois. L’Afrique y disposera de 9 places. Le Maroc sera qualifié s’il arrive en tête de son groupe. La victoire de ce vendedi soir le rapproche fortement de la qualification.

 

Football. Maroc-Niger : un pas de plus vers une qualification historique

Le Maroc a l’occasion de réaliser une performance historique, en se qualifiant pour une troisième phase finale consécutive d’un Mondial. Pour y parvenir, la bande à Regragui devra faire le plein lors des deux prochaines journées des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. À commencer par la confrontation face au Niger, ce vendredi 21 mars (21h30), à Oujda.

Cette rencontre, comptant pour la 5e journée du groupe E des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, devait se disputer en Afrique de l’Ouest. Cependant, à défaut d’avoir un stade satisfaisant comme l’exige le cahier des charges de la Confédération africaine de football (CAF), le Niger jouera son match à domicile… au stade d’honneur à Oujda.

Une aubaine pour les Marocains qui ont fait carton plein depuis qu’ils ont investi l’arène de l’Oriental. Mais ce ne sera pas une sinécure pour autant. Achraf Hakimi and Co seront opposés à un collectif en pleine bourre, après avoir empêché le Ghana de se qualifier pour la Coupe d’Afrique des nations 2025. Une compétition à laquelle le Niger ne s’est toutefois pas qualifié.

Dirigé par Badou Zaki, le Niger n’a pas fait le déplacement pour « prendre des photos et faire de la figuration », a averti le technicien marocain dont les protégés joueront crânement leur chance pour revenir à hauteur des Lions de l’Atlas (9 points). Ce qui promet une opposition de styles intéressante, mettant en lumière la qualité des entraîneurs marocains et qui ne devrait pas rajeunir Badou Zaki, qui retrouvera, sur le banc d’en face, un de ses anciens joueurs, notamment lors de la cruelle épopée à la CAN 2004.

Walid Regragui ne sera pas non plus insensible à ces retrouvailles avec son ancien sélectionneur. Mais l’émotion sera de courte durée, car un ticket direct pour la plus belle des compétitions est en jeu. Le sélectionneur n’hésitera pas à aligner son équipe type. Objectif ? Composter son billet pour la Coupe du monde 2026 et clore rapidement ce chapitre afin de se concentrer exclusivement sur la préparation de la CAN 2025, dont le coup d’envoi sera donné à Rabat, le 21 décembre 2025.

À cet effet, il faudra non seulement une victoire sur le Niger, son poursuivant direct, mais aussi sur la Tanzanie (3e), mardi 25 mars. De quoi donner une avance confortable pour voir venir la compétition continentale avec l’esprit tranquille. Mais chaque chose en son temps. Pour l’heure, il s’agit de l’emporter face aux Mena (une espèce d’antilope sahélienne, ndlr). Une issue loin d’être utopique, du moins sur le papier. Même si les Nigériens ont des qualités à faire valoir.

Une bataille intense sur les seconds ballons

Les hommes de Walid Regragui sont prévenus : en deux ans et huit matchs à la tête du Niger, Badou Zaki a formé une équipe athlétique, dotée d’une intéressante flexibilité tactique. Sur le plan de l’animation offensive, ils ont changé leur système de jeu quatre fois lors des cinq dernières rencontres.

Le Niger a changé plusieurs fois de système de jeu lors des cinq dernières rencontres. Avec une préférence pour le 1-4-3-3

Mais avec une préférence pour le 1-4-3-3, notamment face à des équipes dominantes techniquement, afin de renforcer l’entrejeu. Dans cette stratégie, la place du 1, qui correspond au gardien, est capitale. En effet, dans l’animation de ce système de jeu qui oscille entre un style de jeu direct et de conservation, le gardien de but, Mahamadou Tandja, qui évolue dans le club local de l’AS Fan, brille par ses relances à la main.

L’axial gauche et la pointe basse du milieu de terrain sont à surveiller car ils s’occupent de la relance vers les côtés.

Cependant, lorsque le Niger opte pour une relance courte, avec un circuit de passe préférentiel de l’axe du terrain vers les côtés, cette tâche est principalement dévolue à deux joueurs clés : le défenseur central axe gauche, Oumar Sakho (Rostov, Russie), mais aussi la pointe basse du triangle au milieu de terrain, notamment Mohamed Ali.

L’un comme l’autre représentent des cibles privilégiées du Onze national en vue d’instaurer un pressing intense dès le début de la rencontre. L’objectif est de les mettre dans l’inconfort ou bien de les isoler afin que les premières relances soient effectuées par des joueurs moins copains avec le ballon, à l’image de Abdoulaye Boureima Katkoré.

Pour éviter le pressing, le Niger se résoudra sans doute à sauter les attaquants et les milieux de terrain marocains en jouant des ballons longs. Dans ce cas, les Lions de l’Atlas devront être prêts à batailler pour récupérer le deuxième ballon. D’autant que les Mena sont souvent en nombre dans le camp adverse sur cette phase de jeu.

Idem sur les remises en jeu après que le ballon soit sorti en touche dans les 20 mètres adverses, où Badou Zaki va jusqu’à demander à sept joueurs de se répartir entre la surface de réparation et ses abords, afin d’exploiter les longues touches dont ils sont des spécialistes.

Sur les longues touches, les Nigériens se placent en nombre dans et aux abords de la surface de réparation.

Un manque de compacité entre les lignes

À la perte du ballon, les Mena n’ont pas une attitude particulièrement agressive. Le Onze national aura l’occasion de manœuvrer à sa guise. Mais plus rapidement il trouvera des solutions de passe dans le sens de la verticalité, moins il laissera le temps à l’opposant de se recroqueviller dans sa moitié de terrain. Qui plus est, sachant que la gestion de la profondeur n’est pas la qualité première de leur portier.

Souvent en bloc bas, la défense du Niger est efficace à la récupération mais devant sa surface de réparation.

Sinon, Brahim Diaz et ses coéquipiers devront se montrer patients pour trouver des solutions dans un bloc à la hauteur basse et dont la principale zone de récupération se situe juste devant sa surface de réparation, à la faveur d’une animation défensive en 1-4-5-1. Et des fois même en 1-6-3-1, puisque les deux milieux de terrain excentrés reculent pour constituer une ligne défensive composée de six joueurs.

Une ligne défensive parfois composée de six joueurs

La faible intensité de pressing du Niger permettra donc aux Lions de l’Atlas de faire circuler le ballon sans trop d’accroc. Mais la rapidité et la justesse des transmissions, jumelées aux déplacements coordonnés des attaquants pour créer des espaces, seront salutaires.

Les Marocains auront des solutions entre les lignes

En plus, le manque de compacité entre les lignes défensives de leur adversaire offrira également aux Marocains des solutions entre les lignes et sur les côtés, car la gestion de la largeur des joueurs de Zaki n’est pas un modèle du genre. Ils sont en difficulté même dans des situations de 2 contre 1. Les ailiers marocains auront à charge d’en profiter.

Le Niger a des lacunes en termes de communication, notamment sur des situations de 2 contre 1 sur les côtés.

Brahim Diaz, parrain de l’initiative Orange Koora Talents

Le programme Orange Koora Talents a pour objectif d’offrir aux jeunes passionnés de football au Maroc une occasion de rencontrer, découvrir et s’inspirer de Brahim Diaz, international marocain évoluant au Real Madrid.

Dans le cadre de cette initiative, Orange Maroc organisera un événement d’envergure qui comprendra un match gala réunissant de jeunes talents venus de différentes régions du Maroc. L’objectif est de créer un moment de partage où ces jeunes auront la chance de rencontrer leur idole, de découvrir son parcours et de s’inspirer de son expérience.

Le nombre de participants étant limité, un concours digital et terrain sera mis en place pour identifier les jeunes les plus talentueux afin de leur offrir la chance de rencontrer Brahim Diaz. Tous les jeunes talents de 13 à 14 ans, sans distinction de sexe ou de région, auront la possibilité de participer à cette aventure.

Les participants pourront désormais soumettre des vidéos de leurs exploits sur la plateforme « Orange Koora Talents« .

En parallèle, une caravane sillonnera les 12 régions du Maroc pour permettre à un jury composé d’anciens joueurs et de coachs professionnels de sélectionner les meilleurs talents. Une trentaine de jeunes seront ensuite invités à participer à un camp d’entraînement estival qui les préparera pour le match gala qui sera organisé en marge de la CAN.

Intervenant lors de la conférence de presse, Noël Château, Chief Consumer Officer d’Orange Maroc, a précisé : « Le Maroc est une terre de football. Ce sport fait partie de l’ADN du Royaume, que ce soit à travers les performances des équipes nationales, des stars marocaines qui brillent à l’international, ou de l’engouement des fans qui vont se déchaîner bientôt avec la WAFCON et la CAN qui se dérouleront ici, et puis bien sûr en 2030 la Coupe du Monde ».

« Nous avons voulu, à travers cette campagne, célébrer tous les footballs (de quartier, de la plage, sur le gazon et sur le terrain battu) », a-t-il ajouté.

Pour accompagner ce lancement, Orange Maroc a dévoilé une campagne publicitaire réalisée par la maison de production Sigma, mettant en vedette Brahim Diaz et la jeunesse marocaine sur une bande sonore du rappeur Lazaro, originaire d’Oujda, qui a pu générer plus de 250 millions de vues sur YouTube en moins de deux mois cet été.

Équipe nationale. Les contours d’un nouvel onze type commencent à se dessiner

À partir du 21 décembre 2025, le Maroc vibrera au rythme de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. En organisant pour la première fois cette épreuve continentale, le Royaume entend placer la barre très haut en matière d’organisation, avec un objectif sportif tout aussi ambitieux : remporter la deuxième CAN de son histoire.

Une quête qui exige de poser des bases solides en amont. En ce sens, l’année 2024 s’est révélée déterminante à bien des égards. Une année qui avait pourtant très mal débuté avant de se conclure en beauté. En effet, il est difficile de dresser un bilan de l’année 2024 des Lions de l’Atlas sans évoquer leur douloureuse élimination en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2023, face à l’Afrique du Sud (2-0).

Une désillusion à la hauteur des attentes suscitées par la formidable épopée de la Coupe du monde 2022. Malgré la pluie de critiques qui s’est abattue autant sur ses joueurs que sur ses choix, le sélectionneur national, Walid Regragui, a su rapidement remobiliser ses troupes après avoir endossé la responsabilité d’une élimination pour le moins inattendue, synonyme de dernière défaite en date du onze national.

Depuis, les hommes de Regragui sont invaincus en dix rencontres, concédant un seul match nul (0-0 contre la Mauritanie). Ils enchaînent actuellement huit victoires consécutives, une dynamique positive au cours de laquelle le sélectionneur a misé sur cinq joueurs clés :

– Yassine Bounou : 662 minutes en 8 matchs ; 

– Achraf Hakimi : 810 minutes en 9 matchs ; 

– Nayef Aguerd : 867 minutes en 10 matchs ; 

– Sofyan Amrabat : 615 minutes en 7 matchs ;  

– Azzedine Ounahi : 626 minutes en 10 matchs.

Une moyenne de 3,5 buts par match

Sur le plan statistique, entre les rassemblements de mars et de novembre 2024, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 et de la CAN 2025, les coéquipiers de Brahim Diaz ont trouvé le chemin des filets à 35 reprises, soit une moyenne de 3,5 buts par match. Ils ont surperformé, leur score xG moyen étant de 1,91.

Défensivement, Yassine Bounou ne s’est incliné qu’à deux reprises (0,78 xG contre). Cependant, lors de cette période post-CAN 2023, les prestations des Lions de l’Atlas ont, dans un premier temps, laissé un goût amer au public. En témoignent les difficultés offensives rencontrées face à la Mauritanie et au Lesotho (1-0), mais aussi les faiblesses défensives lors de la double confrontation contre le Gabon.

Le navire défensif des Lions de l’Atlas a tangué à plusieurs reprises sous la vitesse des attaquants gabonais, mais n’a cependant pas chaviré ni pris l’eau. En effet, au final, l’équipe nationale n’a encaissé que deux petits buts en dix rencontres. Une imperméabilité qu’elle doit en grande partie à son portier, Yassine Bounou, auteur de plusieurs arrêts décisifs.

Les soubresauts de l’arrière-garde des Lions de l’Atlas ne sont pas le fruit du hasard. En effet, ces derniers mois étaient placés sous le signe d’un laboratoire assumé par Walid Regragui. Le sélectionneur était animé par plusieurs objectifs : poser les bases d’un groupe élargi de 30 à 35 joueurs capables de remporter la CAN 2025, faire émerger de nouveaux leaders et donner de l’expérience à la nouvelle génération pour préparer l’avenir.

La première fenêtre internationale de 2025, prévue en mars, avec les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, pourrait encore servir à donner du temps de jeu à de nouveaux visages, mais à doses homéopathiques. Car le staff de l’équipe nationale a d’ores et déjà basculé dans la construction d’un onze aligné régulièrement, avec peu de changements entre les matchs, en vue de la CAN 2025.

Ainsi, faire de la place à de nouveaux éléments paraît de plus en plus difficile, même si l’avènement de nouveaux talents pourrait amener Walid Regragui à s’adapter. En attendant, le sélectionneur semble avoir quelques idées arrêtées, à commencer par le poste de gardien de but.

Un onze type qui se dégage

« Nous avons deux grands gardiens, Yassine Bounou et Munir El Kajoui, dans un poste où les joueurs ont souvent une carrière assez longue. Je pense qu’ils ont au moins deux ou trois ans devant eux. Actuellement, nous n’avons pas de besoin au niveau de ce secteur », a-t-il précisé lors d’une précédente conférence de presse. En défense centrale, c’est une tout autre histoire. 

Alors qu’il n’est plus dans les petits papiers du sélectionneur, Romain Saïss a laissé un grand vide au cœur de l’arrière-garde marocaine. Un vide que devait normalement combler Chadi Riad, dont les prestations convaincantes sous le maillot du Betis Séville (Liga) ont poussé le club londonien Crystal Palace (Premier League) à mettre 15 millions d’euros sur la table pour s’attacher ses services.

Mais après un seul match disputé, une blessure au genou a éloigné le gaucher de 22 ans des pelouses, qu’il n’a toujours pas foulées depuis le mois d’août dernier. « La blessure de Chadi Riad a perturbé notre continuité. Mais d’un autre côté, les absences offrent l’opportunité à d’autres joueurs de montrer ce qu’ils peuvent apporter », a affirmé le technicien marocain.

Pour le suppléer, Walid Regragui a d’abord lancé Abdel Abqar, dont les prestations décevantes ont par la suite ouvert la porte à Jamal Harkass. Le défenseur du Wydad de Casablanca n’a pas laissé passer sa chance. Depuis sa première convocation en octobre, le natif de Figuig a enchaîné quatre titularisations pour un but inscrit, aux côtés de l’indéboulonnable Nayef Aguerd.

En dépit de quelques sauts de concentration, Jamal Harkass a offert suffisamment de garanties pour prétendre à une place de titulaire, surtout si Chadi Riad ne retrouve pas une forme optimale. Deux autres joueurs ont également la quasi-certitude d’être sur la feuille de match.

Le polyvalent Noussair Mazraoui semble être le choix privilégié de Walid Regragui au poste de latéral gauche, même si le joueur du Raja, Youssef Belammari (RCA), a idéalement lancé sa carrière en équipe nationale en offrant une passe décisive dès sa première sélection, le 12 octobre contre la République centrafricaine.

Achraf Hakimi s’affirme sur le terrain et en dehors

Il n’y a pas non plus de débat sur l’identité du joueur qui occupera le flanc droit de l’équipe nationale. Nominé parmi les cinq candidats au Ballon d’or africain, Achraf Hakimi n’a certes pas remporté de titre européen, contrairement au lauréat, le Nigérian Ademola Lookman (Atalanta Bergame).

Toutefois, l’arrière droit du Paris Saint-Germain s’est affirmé en tant que cadre du vestiaire en sélection et a grandement contribué à la médaille de bronze glanée par l’équipe nationale olympique lors des J.O. 2024. Il semble avoir franchi un nouveau cap et a même eu le privilège de porter le brassard de capitaine avec les Lions de l’Atlas.

Dans l’entrejeu, Sofyan Amrabat ne faiblit pas. Le milieu défensif est toujours une machine à récupérer des ballons, à harceler et à remporter des duels, aussi bien au sol que dans les airs. La dépendance du onze national envers Amrabat est telle qu’en cas d’absence, Walid Regragui se retrouverait dans une situation peu enviable.

En l’absence de Oussama Azzouzi, dont le profil correspond aux exigences du poste, aucun autre joueur n’a réussi à tirer son épingle du jeu. Ni Oussama Targhalline ni Amir Richardson n’ont prouvé qu’ils pouvaient remplacer au pied levé leur aîné, dont la complicité avec Azzedine Ounahi semble avoir de beaux jours devant elle.

D’autant que ce dernier a retrouvé la forme à la suite de son départ pour la Grèce (Panathinaïkos) en provenance de l’Olympique de Marseille. Dans le traditionnel système en 4-3-3 du sélectionneur Walid Regragui, Eliesse Ben Seghir est la troisième pièce du puzzle du milieu de terrain. Dans une position plus avancée, en qualité de milieu offensif, Ben Seghir a dépassé le stade de la promesse.

En comptabilisant trois buts et deux passes décisives en huit sélections, le droitier de 19 ans n’a pas encore atteint sa plénitude, mais en s’appuyant notamment sur des qualités de percussion et une technicité hors pair, il est l’un des meilleurs joueurs de sa génération. Sa proximité avec un Abdessamad Ezzalzouli, toujours aussi déroutant, fait des étincelles. 

Après avoir longtemps éprouvé d’immenses difficultés à trouver des solutions face aux défenses regroupées autour d’un bloc bas, les Lions de l’Atlas ont enfin réussi à trouver la recette pour enchaîner les victoires aussi larges que probantes, dont celle qui a marqué les esprits, en déplacement au Gabon (1-5).

Paradoxalement, c’est l’absence d’un joueur en particulier qui a énormément compté dans le nouvel élan offensif de l’équipe nationale. Plus convoqué depuis le rassemblement du mois de septembre, Hakim Ziyech paye son temps de jeu famélique (320 minutes, 10% de minutes jouées) en Turquie (Galatasaray).

Brahim Diaz a nettement bénéficié du déclassement de Ziyech

« Hakim a très peu joué. Il doit retrouver sa meilleure forme avant de revenir, car la concurrence est plus importante à ce poste. Donc, j’ai davantage le choix de ne pas convoquer les joueurs qui manquent de temps de jeu », a affirmé le sélectionneur pour justifier l’absence de Ziyech, qui semble avoir manqué le train qui mène l’équipe nationale vers la CAN 2025.

Brahim Diaz a nettement bénéficié du déclassement de Ziyech. Moins prévisible, l’attaquant madrilène ne cesse d’imprimer sa patte sur un secteur offensif qui était moribond par séquences. Impliqué dans 7 buts et 2 passes décisives en seulement huit sélections, Diaz a offert à l’équipe nationale davantage de variété sur le côté droit.

Plus technique, plus vif et nettement plus à l’aise que son coéquipier dans les petits espaces, l’attaquant a fait oublier Hakim Ziyech dans les grandes largeurs, d’autant plus au regard de sa complicité avec Soufiane Rahimi. Meilleur buteur du dernier tournoi de football olympique, l’attaquant d’Al Ain (EAU) n’a pas laissé d’autre choix à Walid Regragui que de lui faire une place au sein du onze national. Et il le lui a bien rendu.

Au-delà de sa contribution statistique (4 buts et 2 passes décisives lors de ses six dernières sélections), il y a aussi tout ce que l’on ne voit pas : ses appels pour ouvrir des espaces, sa capacité à fixer les défenses adverses et son jeu dos au but. Bref, Soufiane Rahimi a prouvé qu’il avait toutes les qualités pour occuper le poste d’avant-centre de l’équipe nationale.

Fort de sa polyvalence, il est également apte à être aligné aux postes d’ailier droit ou gauche pour faire de la place à Ayoub El Kaabi et Youssef En-Nesyri. Le premier nommé est l’un des attaquants les plus prolifiques en Europe (15 buts et 4 passes décisives en 24 rencontres), tandis que le second retrouve peu à peu son meilleur niveau (9 buts et 3 passes décisives en 24 matchs). 

Cela dit, on prête à son entraîneur, José Mourinho, la volonté de rapatrier sur les bords du Bosphore un autre avant-centre, ce qui pourrait freiner le retour en grâce de Youssef En-Nesyri. Surtout que ce dernier est déjà fortement concurrencé par Edin Dzeko. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de l’équipe nationale où rien n’est jamais acquis, malgré les derniers mois réussis. Encore plus au regard des prochaines échéances décisives où le Maroc devra non seulement composter son billet pour le Mondial 2026, mais aussi remporter la CAN 2025 à domicile. Un objectif non négociable.

Can 2025. Soufiane Rahimi brille lors de l’écrasante victoire du Maroc face au Lesotho (7-0)

Depuis les Jeux olympiques, Soufiane Rahimi est porté par une forme d’étoile chaque fois qu’il revêt le maillot de l’équipe nationale. Avec ses appels en profondeur, son excellent jeu en pivot et sa générosité habituelle, il a grandement contribué au festival offensif des Lions de l’Atlas contre le Lesotho (7-0).

La défense des Crocodiles et leur portier Sekhoane Moerane ont vécu une sale soirée à Oujda, lundi 18 novembre, dans le cadre de la 6ᵉ journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Ils se souviendront sans doute de l’activité incessante de Soufiane Rahimi sur le front de l’attaque marocaine.

Bien qu’il n’y ait plus de petite équipe dans le football moderne, le Lesotho semble être l’exception qui confirme la règle. L’équipe type du Maroc n’a eu aucun mal à se défaire d’un adversaire largement à sa portée. Tout est allé trop vite pour les Crocodiles. Le sort de la rencontre était scellé dès la première mi-temps, le temps qu’il a fallu à Brahim Diaz pour inscrire un doublé (5’, 15’) et à Soufiane Rahimi pour marquer le troisième (37’) avant d’offrir la balle du triplé au madrilène sur le quatrième but (42’).

Un récital conclu lors du premier acte par un penalty obtenu et transformé par Soufiane Rahimi (45+2), remplacé à l’heure de jeu par Youssef En-Nesyri, auteur du sixième but de la rencontre (68’), deux minutes avant la 7ᵉ réalisation signée Ismael Saibari (70’). À 28 ans, Soufiane Rahimi semble au sommet de sa forme.

Avec son club d’Al Ain (EAU), il enchaîne les saisons de haut vol. Cet été, à Paris, l’ancien attaquant du Raja de Casablanca a mené l’équipe nationale olympique à une médaille de bronze historique, terminant meilleur buteur du tournoi avec huit réalisations en six rencontres. 

Soufiane Rahimi est devenu indispensable à l’EN

La confirmation était attendue chez les A. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas déçu. En atteste la victoire face au Lesotho. La faiblesse de l’adversaire ne doit pas occulter sa prestation XXL. Lors de cette rencontre, rapidement transformée en attaque-défense, Brahim Diaz a ouvert le score en concluant une magnifique action construite sur le côté gauche et terminée sur le côté droit, grâce à un service de Azzedine Ounahi dans la surface.

Le déplacement intelligent de Soufiane Rahimi a été essentiel sur cette action. Son appel a créé une brèche dans la défense, permettant à Ounahi d’avoir davantage de temps et d’espace pour servir Diaz. Rahimi aurait pu être crédité d’une seconde passe décisive si Eliesse Ben Seghir n’avait pas trop enlevé son tir (13’). Mais ce n’était que partie remise.

Par son appel vers l’extérieur, Soufiane Rahimi permet à Abdessamad Ezzalzouli de se retrouver seul à l’entrée de la surface de réparation.

Sur l’action où Brahim Diaz inscrit son doublé, mystifiant le gardien d’un puissant tir croisé à ras de terre sur un décalage de Abdessamad Ezzalzouli, Rahimi a de nouveau attiré un défenseur par un appel, ouvrant la voie à Ezzalzouli vers la surface. Quelques minutes plus tard, Rahimi encore lui servait Azzedine Ounahi après un débordement sur le côté droit, mais le tir du milieu de terrain a fini sa course sur la base du poteau du Lesotho (37’).

Sur l’action du troisième but de Brahim Diaz, Soufiane Rahimi joue un rôle clé en offrant une solution en pivot et en attirant un défenseur, libérant ainsi l’espace pour Diaz.

Le corner qui a suivi a permis à Rahimi d’inscrire son 9e but en 25 sélections avec les A, à la réception d’un corner tiré par Eliesse Ben Seghir (38’). Et il ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Moins de dix minutes plus tard, Rahimi a offert un précieux relais en pivot, attirant son adversaire direct pour ouvrir un boulevard à Diaz, qu’il a servi d’une subtile déviation pour le 4ᵉ but.

La vitesse et le timing de Soufiane Rahimi au moment de faire son appel lui ont permis de prendre l’avantage sur son défenseur et d’obtenir un penalty.

Dans un autre registre, le natif de Casablanca a pris de vitesse l’axe de la défense du Lesotho par un appel en profondeur avant d’être fauché dans la surface. Un penalty qu’il s’est chargé de transformer, malgré le plongeon de Sekhoane Moerane. En dépit de quelques relâchements, comme sur cet arrêt de Yassine Bounou (77’), le Maroc a marqué les esprits lors de cette campagne de qualification, envoyant un signal fort aux grandes nations du football africain. Et Soufiane Rahimi y est pour beaucoup.

CAN 2025. Le Maroc ambitionne de finir l’année en beauté face au Lesotho

Pour en finir avec une année 2024 qui a mal commencé, le Maroc affrontera le Lesotho, ce lundi 18 novembre à Oujda, dans le cadre de la dernière journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Qualifié en tant que pays organisateur de l’épreuve continentale, Les Lions de l’Atlas n’ont qu’une idée en tête : réussir le grand chelem.

« Le bilan de ces qualifications sera fait après le match contre le Lesotho », a déclaré le sélectionneur national Walid Regragui au micro de la chaîne Arryadia, dimanche 17 novembre, en marge de la séance d’entraînement ouverte aux médias, qui a eu lieu à la place de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match.

« Pour l’instant, nous avons remporté nos cinq matchs, et c’est plus que satisfaisant. Mais il faudra terminer le travail pour maintenir cette dynamique. Nous avons encore beaucoup de progrès à réaliser, mais ces matchs qualificatifs nous ont permis de corriger de nombreuses lacunes », a affirmé le sélectionneur national.

Pour cette rencontre face à une équipe déjà éliminée de la course à la CAN 2025, mais qui avait tenu tête aux Lions de l’Atlas jusqu’aux arrêts de jeu lors du match aller (1-0), Walid Regragui devra se passer de son capitaine, Achraf Hakimi. « Achraf a quitté le groupe avec l’approbation du staff technique et de la Fédération royale marocaine de football. Nous avions un accord avec le Paris Saint-Germain pour qu’il soit libéré en vue des Jeux olympiques », a précisé le sélectionneur national.

« En contrepartie, nous devions le libérer pour un match afin qu’il puisse se reposer, car il a beaucoup joué depuis cet été. Nous avons donc choisi de le libérer pour la rencontre face au Lesotho. Cela nous permettra également d’observer d’autres joueurs », a-t-il ajouté. Et surtout de poursuivre la métamorphose opérée par le Onze national depuis la CAN 2023.

Eliesse Ben Seghir incarne le renouveau de l’équipe nationale

En Côte d’Ivoire, le Maroc avait été éliminé en huitième de finale par l’Afrique du Sud, en raison de la méforme de certains cadres, mais également à cause d’un manque d’ambition tactique. Depuis, Walid Regragui a adopté une approche totalement différente, misant sur une identité de jeu résolument plus ambitieuse.

Certes, les adversaires rencontrés jusqu’ici n’étaient pas des poids lourds, mais les intentions affichées par les Marocains montrent une orientation nettement plus offensive. Ce n’est pas une révolution culturelle, mais une évolution significative à l’échelle de Walid Regragui. En atteste la large victoire acquise à l’extérieur face à Gabon (5-1). Mais pas seulement. 

Le Maroc est invaincu en neuf rencontres depuis son élimination de l’épreuve continentale en janvier dernier, avec huit victoires et un seul match nul. La défense des Lions de l’Atlas a été prise à défaut seulement trois fois. Sur le plan offensif, les Marocains ont fait trembler le chemin des filets adverses à 28 reprises, soit une moyenne de 3,1 buts par match.

Dans le groupe B des éliminatoires de la CAN 2025 qu’ils ont survolé en dépit de l’absence d’intérêt comptable, les protégés de Walid Regragui ont inscrit 19 buts et n’en ont encaissé que deux. À l’évidence, les velléités offensives de l’EN trouvent enfin un prolongement sur le terrain.

Ce nouvel élan doit autant aux ajustements tactiques du sélectionneur qu’à l’apport de nouveaux joueurs. Auteur de trois buts en sept sélections, Eliesse Ben Seghir incarne le renouveau de l’équipe nationale. Âgé d’à peine 19 ans, l’attaquant de l’AS Monaco prend de plus en plus de poids dans l’animation offensive marocaine. Le plus souvent titularisé en tant que milieu offensif, Ben Seghir apporte du mouvement et de la créativité, des qualités qui manquaient aux Lions de l’Atlas pour venir à bout des défenses en bloc bas.

On peut en dire autant de Brahim Diaz. Le doublé qu’il a inscrit à Franceville face au Gabon en dit long sur son sens du but. Pour une première expérience africaine loin d’Agadir et d’Oujda, le Madrilène a fait preuve d’une grande maturité dans le jeu. Il a provoqué, fluidifié la circulation de balle en offrant constamment une solution au porteur du ballon.

Le déclassement de Hakim Ziyech

Diaz doit encore améliorer son placement défensif parfois approximatif, mais son apport dans les 30 mètres adverses est tellement important, qu’il est plus simple de lui pardonner ses scories à la perte du ballon. D’autant que l’absence de Hakim Ziyech semble lui faire énormément de bien, tant ils se marchent sur les pieds lorsqu’ils sont en même temps sur le terrain.

En effet, le déclassement sportif du gaucher de Galatasaray est l’autre principal enseignement de cette fin d’année 2024. Longtemps titulaire indiscutable dans l’esprit du sélectionneur, Hakim Ziyech ne semble plus entrer dans les petits papiers de Walid Regragui, qui ne l’a pas convoqué lors des deux derniers rassemblements. 

« La concurrence est plus importante à ce poste. Donc j’ai davantage le choix de ne pas convoquer les joueurs qui manquent de temps de jeu », a affirmé le sélectionneur pour justifier l’absence de Ziyech. Évidemment, d’ici au coup d’envoi de la prochaine CAN, dans un peu plus d’un an, il peut encore se passer beaucoup de choses dont le retour de l’attaquant de 31 ans. Mais au vu de la profusion de talent à ce poste, cela paraît très peu probable.

Qui plus est au vu de l‘avènement de Soufiane Rahimi sur le côté droit de l’attaque. En tout cas, l’équipe nationale a rarement paru aussi forte qu’en l’absence de Hakim Ziyech.  Défensivement, Jamal Harkass et Nayef Aguerd forment une paire axiale solide. Avec le retour attendu de Chadi Riad en mars 2025, les Lions de l’Atlas seront armés pour atteindre des objectifs élevés :  se qualifier à la Coupe du Monde 2026 et remporter un deuxième titre continental.