Bourse de Casablanca : dans quel contexte démarre 2026 et quels seront les véritables drivers du marché ?

La Bourse de Casablanca démarre l’année 2026 dans un climat de confiance. L’indice MASI entame l’exercice en hausse et franchit d’emblée le seuil symbolique des 19.000 points, un niveau qui résume à lui seul l’état d’esprit du marché en ce début d’année.

Il faut dire que 2025 a été une année exceptionnelle, personne ne le conteste. Le marché a fait preuve d’un large consensus, porté par de solides performances et une dynamique haussière marquée. Le MASI a ainsi terminé l’année sur une progression de 27,5%, nettement supérieure à celles enregistrées en 2024 (+22%) et 2023 (+12%). Une performance d’autant plus notable qu’elle a concerné la majorité des secteurs cotés.

Quelques compartiments sont restés en retrait, à l’image des transports, des boissons, de la chimie ou encore des sociétés de placement immobilier, des secteurs qui regroupent essentiellement des valeurs de moyenne et petite capitalisation. Mais globalement, la hausse de 2025 a été large, visible et assumée par le marché.

Pour rappel, le MASI a atteint un plus haut historique de 20.233,5 points fin août 2025, tandis que la capitalisation boursière a largement dépassé le seuil des 1.000 milliards de dirhams.

L’année 2025 a également été marquée par une hausse significative de la volatilité. La volatilité annuelle s’est établie à 15,94%, contre 8,45% en 2024, ce qui montre une intensification des fluctuations des cours. Ce niveau figure parmi les plus élevés observés sur la période récente, hors le pic exceptionnel de 2020.

Avec l’ouverture de 2026, les questions qui se posent aujourd’hui sont centrales : dans quel contexte démarre réellement l’année boursière ? Quels facteurs vont peser sur le marché, quels éléments peuvent l’influencer, et quels seront les véritables drivers à surveiller ?

Les facteurs et drivers de l’année boursière 2026

Selon les analystes de MSIN, l’année boursière 2026 s’inscrit dans le prolongement de la dynamique enclenchée depuis 2023, dans un environnement qui reste porteur pour le marché actions.

Un avis largement partagé par plusieurs analystes contactés par nos soins. « L’année 2026 devrait être une année de poursuite de la hausse. Ce n’est pas une année de rattrapage. Le marché actions conserve un réel intérêt, d’autant que la rémunération, par exemple obligataire, reste encore modeste. Les investisseurs continueront donc à privilégier le marché actions. Par ailleurs, avec les IPO de 2025, la part des investisseurs retail devient plus visible aux côtés des institutionnels. C’est un signal positif, d’autant que la Bourse de Casablanca a vécu en 2025 l’une des années les plus marquantes de son histoire, et ce rythme devrait se poursuivre ».

Comment expliquer cet optimisme ? Plusieurs facteurs se croisent. D’abord, le cadre macroéconomique et monétaire demeure favorable.

L’inflation devrait rester maîtrisée autour de 1% en 2026, ouvrant la voie à la poursuite de l’assouplissement de la politique monétaire. Dans ce contexte, la tendance baissière des taux d’intérêt continuerait d’offrir des opportunités d’arbitrage en faveur du marché actions, renforçant l’attractivité relative des placements boursiers par rapport aux actifs sans risque.

À cela s’ajoute l’effet des résultats des sociétés cotées. La forte progression des bénéfices enregistrée en 2025 constitue, selon les analystes de MSIN, un socle important pour 2026. Ce rebond a été porté notamment par le retour à la normale des résultats de Maroc Telecom, mais aussi par la bonne dynamique du secteur bancaire et du BTP, deux piliers majeurs de la cote casablancaise. Cette amélioration de la profitabilité demeure un élément clé du soutien des valorisations.

Sur le plan sectoriel, la poursuite de la reprise d’activité dans plusieurs branches, notamment le BTP, le tourisme, le secteur bancaire, l’événementiel, les transports, les télécoms et l’informatique. Cette dynamique est directement liée à l’organisation de grands événements sportifs, qui continuent de générer des besoins en infrastructures, en services et en investissements.

« Pour le secteur touristique, par exemple, l’organisation de la CAN dans notre pays devrait contribuer à soutenir l’activité du secteur, et donc les performances des hôtels et leurs résultats ».

Le secteur du BTP occupe d’ailleurs une place centrale dans les perspectives 2026. En effet, la mobilisation du secteur dans le cadre du programme de reconstruction des régions sinistrées par le séisme d’Al Haouz, doté d’un budget de 120 MMDH sur cinq ans, est un chantier structurel qui constitue un levier durable pour l’activité et pour plusieurs sociétés cotées exposées aux travaux publics et à l’ingénierie.

« Nous l’avons tous constaté l’engouement des investisseurs pour les valeurs du BTP. Bien évidemment, les grands chantiers liés à la CAN 2025 et à la Coupe du monde 2030 ont contribué à cet intérêt pour le secteur. L’exemple le plus récent est celui de SGTM, qui a gagné plus de 126% depuis son IPO. Mais, bien entendu, les performances passées ne préjugent pas des performances futures ».

Parallèlement, la reprise progressive du secteur immobilier est également identifiée comme un facteur de soutien. Celle-ci devrait bénéficier de la mise en œuvre du programme d’aide au logement, qui s’étale sur la période 2024-2028, et qui soutient aussi bien la demande que l’activité des opérateurs liés à la construction et aux matériaux.

Sans oublier l’espoir d’une très bonne campagne agricole en 2026, porté par les précipitations enregistrées en novembre et décembre. Après plusieurs années de sécheresse, une amélioration des conditions climatiques pourrait contribuer à soutenir la croissance économique nationale et, indirectement, certains secteurs cotés exposés à la demande intérieure.

Des facteurs de confiance et de visibilité internationale

Au-delà des facteurs domestiques, des éléments de confiance et de perception internationale entrent aussi en jeu. MSIN souligne la possibilité d’un retour du Maroc au sein de l’indice MSCI Emerging Markets en 2026, à la faveur de l’amélioration significative de la liquidité du marché. Un tel scénario pourrait renforcer la visibilité de la place casablancaise auprès des investisseurs internationaux.

Dans le même esprit, les analystes rappellent que « le retour du Maroc à son statut « Investment Grade », unique en Afrique, constitue un élément positif. Cette amélioration du profil de crédit du pays est susceptible de contribuer à la baisse du coût du financement extérieur et de permettre au Trésor de diversifier davantage ses sources de financement, avec des effets indirects favorables sur l’ensemble du marché financier ».

Les chantiers de transition énergétique figurent également parmi les moteurs identifiés pour 2026. Le développement des énergies renouvelables, de l’hydrogène vert, du dessalement de l’eau de mer et des infrastructures associées devrait bénéficier à plusieurs sociétés cotées, notamment dans l’électricité, le BTP et l’ingénierie, selon l’analyse de MSIN.

À ces facteurs s’ajoute l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les modèles économiques. Les analystes estiment que cette dynamique pourrait soutenir la croissance des sociétés cotées opérant dans l’IT et les services informatiques, portée par des gains de productivité et une demande accrue en solutions technologiques.

Sur le plan institutionnel, les élections législatives de 2026 sont également mentionnées comme un facteur susceptible de renforcer l’optimisme des investisseurs et de favoriser un climat de confiance, même si leur impact reste par nature indirect et dépendant du contexte global.

Enfin, la dynamique attendue des opérations financières, notamment les IPO, les augmentations de capital et le recours croissant aux marchés de capitaux pour compléter les sources de financement traditionnelles. Ces opérations pourraient contribuer à raviver l’intérêt des investisseurs particuliers et à soutenir l’animation du marché.

https://medias24.com/2025/12/03/bourse-de-casablanca-le-marche-actions-est-il-cher-ou-abordable-1588691/

Économie : quels relais de croissance après la fin des chantiers du Mondial ?

Au deuxième trimestre 2025, la croissance économique réelle s’est établie à 5,5%, son niveau le plus élevé, en dehors du rebond mécanique de 2021, depuis le deuxième trimestre 2017, lorsque l’économie avait progressé de 6,4%.

Selon l’analyse de conjoncture du HCP, le troisième trimestre 2025 devrait évoluer autour de 5%, et l’institution anticipe un rythme similaire au quatrième trimestre. Dans ce contexte, la croissance annuelle pourrait ainsi enregistrer un taux de 5% en 2025. Ce chiffre de 5% pour les deux derniers trimestres est plausible et possible car les secteurs qui ont tiré la croissance, essentiellement le BTP et le tourisme, ont continué sur leur lancée.

Cette dynamique invite toutefois à s’interroger sur la nature de cette croissance, ses moteurs sous-jacents et sa durabilité. Une accélération conjoncturelle peut être une bonne nouvelle, mais elle doit être replacée dans ses ressorts réels pour éviter les lectures trop rapides.

Pour ce faire, Médias24 a analysé la dynamique sectorielle du premier semestre 2025 et l’a comparée aux mêmes périodes de 2024 et 2023, afin d’identifier les évolutions et la recomposition sectorielle à l’origine de cette performance.

Les moteurs de la croissance en 2025

En 2025, la croissance a changé sensiblement de rythme. Le PIB réel du premier semestre progresse d’environ 5,2% en glissement annuel, après un rythme de 3% en 2024 et de 3,2% en 2023.

On n’est donc pas face à une micro-variation, mais à un changement de cadence qui mérite qu’on regarde de près ce qui le nourrit.

Le tri des secteurs qui dépassent la moyenne de croissance du premier semestre 2025 donne une première lecture. Le tourisme ressort comme un moteur avec une croissance de 10,1% sur les activités d’hébergement et de restauration.

La construction suit à un niveau élevé autour de 6,5%, ce qui colle naturellement à la phase actuelle de grands chantiers et de montée en puissance de l’investissement lié aux infrastructures.

La comparaison avec 2024 et 2023 permet de replacer les chiffres dans leur contexte. En 2024, la croissance du premier semestre était de 3%, et certains secteurs, comme l’extraction, affichaient des rythmes élevés, tandis que le tourisme enregistrait une hausse de 6%. En 2023, le tourisme avait connu un rattrapage exceptionnel, principalement lié à un rebond après la forte chute subie pendant la pandémie.

Pour la construction, la trajectoire est différente. Après un recul de 2% au premier semestre 2023, le secteur repasse à une croissance de 3% sur la même période en 2024, avant d’accélérer à 6,5% en 2025.

Si l’on additionne les valeurs ajoutées et les poids du tourisme et de la construction, l’analyse devient plus lisible. Sur le premier semestre 2025, leur poids cumulé dans le PIB réel atteint près de 9,3%. Sur la même période, leur valeur ajoutée passe de 56,8 MMDH à 61,4 MMDH, soit une hausse d’environ 8,1%. Autrement dit, un bloc sectoriel qui pèse près d’un dixième du PIB et progresse de plus de 8%.

Le défi de l’après-chantiers

Les bonnes performances du tourisme et de la construction tiennent en grande partie à la dynamique créée par l’investissement public. Il soutient directement le BTP et stimule, par ricochet, des secteurs comme les services aux entreprises, les transports et le commerce. Le tourisme en profite aussi grâce à une activité plus soutenue et à de meilleures infrastructures, en plus de sa propre demande.

Autrement, la croissance actuelle repose sur un moteur d’investissement bien identifié qui diffuse ses effets dans plusieurs branches de l’économie.

L’enjeu est désormais celui du relais. Une vague de chantiers ne reste pas éternellement au sommet. Quand ce cycle se normalisera, la croissance pourrait perdre de la vigueur si elle ne s’appuie pas davantage sur des moteurs plus autonomes, plus diffus et plus intensifs en emploi. Le tourisme a des chances de mieux résister s’il continue à monter en gamme et à élargir sa base. Le BTP, lui, est plus exposé à une décélération mécanique, une fois les grands programmes achevés.

Cette question du relais est aussi une question de soutenabilité macroéconomique. Si la croissance actuelle est largement poussée par un effort public massif, un ralentissement futur pourrait rendre la trajectoire de la dette plus fragile. Une dette qui progresse quand la croissance devient atone est plus difficile à stabiliser, et plus coûteuse politiquement et socialement à gérer.

La meilleure manière de réduire ce risque n’est pas de freiner brutalement l’effort d’investissement, mais d’en maximiser les retombées productives et d’accélérer la prise de relais par l’industrie et les services à valeur ajoutée.

BTP marocain : un marché qui a changé d’échelle sous l’effet des investissements publics et privés

Le secteur du BTP marocain évolue dans un paysage particulièrement concurrentiel, porté par plusieurs acteurs de référence aux profils complémentaires.

Six groupes structurent aujourd’hui le marché. TGCC, SGTM, Jet Contractors, Somagec, Sogea Maroc et Bymaro concentrent aujourd’hui l’essentiel des grands chantiers du Royaume et interviennent sur des projets variés, qu’il s’agisse d’infrastructures, d’ouvrages d’art, de bâtiments ou d’équipements stratégiques.

Deux d’entre eux, TGCC et Jet Contractors, sont déjà présents en bourse, tandis que SGTM s’apprête à les rejoindre à travers son introduction. Le reste n’est pas coté.

Et comme 2025 est une année dynamisée par les chantiers de la CAN et les premiers travaux liés à la Coupe du monde 2030, l’ensemble du secteur bénéficie d’une visibilité accrue, ce qui a naturellement ravivé l’intérêt des investisseurs pour les valeurs du BTP.

SGTM ressort comme l’acteur le plus important du trio coté, avec un chiffre d’affaires de 7,12 milliards de DH, un carnet de commandes de 34,5 MMDH et un RNPG de 738,9 MDH, c’est un niveau d’activité nettement supérieur.

TGCC suit avec un chiffre d’affaires de 5,07 MMDH, un carnet de 19,1 MMDH et un RNPG de 416 MDH, position qui reflète un périmètre intermédiaire. Jet Contractors affiche des volumes plus contenus, avec une production de 1,69 MMDH, un carnet de 9,2 MMDH et un RNPG de 126 MDH, ce qui correspond à une échelle plus réduite. L’ensemble met en évidence trois positions clairement différenciées, structurées autour des niveaux de chiffre d’affaires, de carnet de commandes et de résultat net.

Tableau : comparatif S1 2025 des trois acteurs cotés du BTP

Une accélération marquée sur la décennie 2014-2024

Il faut rappeler que l’évolution du BTP au Maroc entre 2014 et 2024 s’appuie sur une dynamique très solide, marquée par une montée en puissance continue du marché et par une contribution croissante à la richesse nationale.

Entre 2014 et 2019, la valeur absolue du secteur progresse de 53,6 MMDH à 66,7 MMDH, soit un taux de croissance annuel moyen de 4,5%, porté par une vague d’investissements dans les infrastructures, les projets hydrauliques, le transport et l’urbanisation.

Le secteur avance ainsi plus rapidement que le PIB national, ce qui traduit un rôle moteur dans la transformation économique du pays.

La pandémie interrompt cette progression en 2020, avec une activité ramenée à 64,2 MMDH. Dès 2021, l’ensemble du secteur retrouve un rythme ascendant grâce à la relance des chantiers structurants et au maintien d’une demande soutenue.

L’année 2024 marque une véritable rupture d’échelle : la valeur ajoutée atteint 89,8 MMDH, soit une progression de 24% par rapport à 2023.

Cette hausse exceptionnelle reflète l’intensification des investissements dans les infrastructures stratégiques (transport, énergie, équipements sportifs), l’accélération des programmes d’habitat et les opérations liées à la reconstruction post-sismique dans la région d’Al Haouz. La nouvelle Charte de l’investissement contribue également à stimuler les initiatives privées, ce qui renforce la dynamique générale.

Sur le plan social, l’impact du secteur se confirme. Le BTP représente 12,3% de l’emploi national en 2024, avec 13.000 nouveaux postes créés au cours de l’année, après 19.000 en 2023. Sur la période 2022-2024, le secteur génère plus de 30.000 emplois, ce qui illustre sa capacité à absorber une main-d’œuvre nombreuse et à accompagner l’expansion économique du pays.

L’année 2025 prolonge cette tendance, avec une trajectoire proche de la barre symbolique des 100 MMDH de valeur ajoutée, soutenue par un environnement porteur : taux d’intérêt plus favorables, politiques incitatives pour le logement, montée en puissance des programmes d’eau et d’énergie.

L’ensemble de ces paramètres dessine une perspective de croissance régulière, qui pourrait conduire le marché à 122 MMDH à l’horizon 2030, soit une progression annuelle moyenne de 5,8% sur la période 2024-2030.

Les perspectives 2024-2030 : un marché structuré autour de trois moteurs

La trajectoire du BTP pour la période 2024-2030 s’appuie sur une dynamique d’investissement qui dépasse tout ce que le secteur a connu au cours des dernières décennies. Depuis plus de dix ans, le marché avance à un rythme soutenu, avec une croissance cumulée de 61% entre 2014 et 2024.

L’année 2024 illustre cette tendance, car la valeur ajoutée atteint près de 90 MMDH et confirme l’ancrage du BTP au cœur de la Formation brute du capital fixe, dont il capte plus de la moitié. Cette progression s’organise autour de trois moteurs complémentaires qui structurent l’ensemble du marché.

Le premier levier repose sur l’investissement public, qui concentre plus de 75% de la demande adressée au secteur.

À l’horizon 2030, les programmes publics prévoient près de 1.000 milliards de DH d’investissements dans des chantiers d’envergure nationale

L’eau constitue l’un des blocs les plus significatifs, avec environ 285 MMDH consacrés aux barrages, aux stations de traitement et aux infrastructures de sécurisation hydrique. L’industrie suit la même logique, car le programme d’investissement du groupe OCP mobilise près de 260 MMDH pour l’extension des unités, le renforcement des chaînes logistiques et les infrastructures énergétiques associées.

L’énergie représente elle aussi un axe stratégique, avec environ 167 MMDH destinés aux projets solaires, éoliens, gaziers et aux réseaux de transport électrique.

Enfin, la mobilité et les transports s’inscrivent dans un effort significatif, avec près de 189 MMDH qui alimentent les chantiers routiers, ferroviaires, métropolitains et le plan « Aéroports 2030 », destiné à porter la capacité nationale à 80 millions de passagers. La préparation de la Coupe du monde 2030 accentue encore cette dynamique et accélère la modernisation des infrastructures sportives, urbaines et touristiques.

Le deuxième moteur renvoie à l’investissement privé productif, qui entre dans un cycle de transformation profond. Le ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques fixe une ambition claire à l’horizon 2026, avec 550 MMDH d’investissements privés et 500.000 emplois pérennes. Cette stratégie vise également une part de 50% de l’investissement total portée par le privé, portée par une nouvelle génération de mesures qui modernisent l’écosystème.

La Charte de l’investissement joue un rôle décisif à travers des mécanismes de soutien territorialisés, une simplification du climat des affaires et une gouvernance unifiée incarnée par la réforme des Centres régionaux d’investissement. Cette dynamique se traduit par un volume annuel d’investissement privé compris entre 110 et 130 MMDH entre 2023 et 2025, enrichi par 377 MMDH d’investissements approuvés par la Commission nationale de l’investissement sur une période de deux ans.

Le Nouveau modèle de développement projette même une montée progressive vers une part de 65% d’investissement privé à l’horizon 2035, ce qui place le secteur productif au centre de la transformation économique du pays.

Le troisième pilier s’observe du côté du résidentiel, fortement influencé par les tendances démographiques et l’urbanisation. Le Maroc pourrait atteindre 39,3 millions d’habitants en 2030, avec un taux d’urbanisation qui progresserait de 65,2% actuellement à près de 67,8%. Cette dynamique crée une demande soutenue en logements, en infrastructures de proximité et en équipements collectifs. Les dispositifs incitatifs, tels que « Daam Sakane », accompagnent cette évolution et soutiennent l’accès à la propriété, tandis que la modernisation des villes renforce la place du résidentiel comme composante essentielle du marché.

L’ensemble de ces moteurs dessine une trajectoire de croissance durable pour la période 2024-2030. La valeur ajoutée du BTP pourrait croître à un rythme annuel proche de 5,8%, pour atteindre environ 122 MMDH d’ici 2030. Cette accélération confirme le rôle structurant du secteur dans le développement économique du Royaume, tout en offrant une visibilité longue aux entreprises et aux investisseurs qui accompagnent cette nouvelle phase d’expansion.

https://medias24.com/2025/11/20/deux-ipo-6-mmdh-cash-plus-sgtm-bachir-tazi/

TGCC et Jet Contractors : deux valeurs du BTP au cœur des attentes en bourse

Le BTP se comporte bien en bourse, porté par plusieurs facteurs, en particulier les investissements massifs liés aux préparatifs de la Coupe du monde 2030 et de la CAN.

Les carnets de commandes des entreprises du secteur se sont renforcés, ce qui a entraîné une vague d’optimisme et un engouement marqué pour les valeurs du BTP. Depuis le début de l’année 2025, le secteur affiche une progression de plus de 20%.

La capitalisation totale des sociétés qui constituent l’indice « Matériaux de construction et bâtiment » avoisine désormais 124 MMDH. À elles seules, TGCC et Jet Contractors représentent près de 32% de ce total.

Dans le détail, TGCC s’est appréciée de 92% depuis le début de l’année, tandis que Jet Contractors a progressé de 27%.

Mais comme l’ensemble du marché, les deux titres n’ont pas échappé à la correction observée en septembre. TGCC a reculé de 13,3% sur le mois, alors que Jet Contractors a mieux résisté avec une très légère hausse de 0,03%.

TGCC a d’abord connu une belle envolée cet été, atteignant un sommet à 1.082 DH le 27 août. Mais dès le 12 septembre, le titre est passé sous les 1.000 DH, et la correction a commencé avant même celle du marché. Le repli s’est accentué jusqu’à un point bas à 885 DH le 29 septembre, puis l’action a terminé le mois à 910 DH.

Jet Contractors a suivi un chemin différent. Partie de 1.951 DH en juillet, il a atteint 2.610 DH le 25 août. Contrairement à TGCC, il est resté solide la première moitié de septembre au-dessus de 2.500 DH. Ce n’est qu’à partir du 23 septembre qu’il a commencé à reculer, pour finir le mois à 2.390 DH.

Alors que peut-on dire sur ces évolutions ? Y a-t-il encore une marge de progression pour ces deux titres en bourse ?

Ce que disent les analystes

« En matière de valorisation, les deux sociétés affichent des niveaux très élevés par rapport au marché. Le PER de Jet Contractors est passé de 22,5x en septembre 2024 à 44,1x à fin 2024, puis à 55,1x début octobre 2025″, indique un analyste de la place.

« L’écart est net avec TGCC, qui reste un peu en retrait mais suit la même tendance. Son PER est passé de 26,3x en septembre 2024 à 28,9x fin 2024, puis 36,9x au premier trimestre 2025, 40,1x au deuxième trimestre, et 45,5x début octobre », précise-t-il.

« Le PER moyen du MASI s’élève en 2025 à 22,6x. Cela signifie que TGCC et Jet Contractors se négocient à près du double de la moyenne, ce qui illustre l’anticipation des investisseurs sur la croissance du secteur et l’effet d’attraction lié aux grands chantiers attendus ».

Les investisseurs ont payé à l’avance la dynamique portée par les chantiers de la Coupe du monde et de la CAN, ainsi que l’optimisme général sur le secteur

Par ailleurs, « Jet Contractors et TGCC ne sont plus de simples cycliques du BTP. Ce sont désormais des valeurs de croissance, qui attirent les investisseurs grâce à leur diversification ».

Un autre analyste estime que, malgré la valorisation exigeante des deux titres, ils représentent toujours des profils intéressants pour renforcer les portefeuilles, et qu’il reste une marge de progression en bourse.

Analyse technique

Techniquement parlant, « le titre de TGCC évolue désormais sous ses moyennes de 20 et 50 jours, situées autour de 960 DH et 1.000 DH, ce qui montre une perte de vitesse par rapport à la tendance estivale », explique notre analyste.

« La zone 880-900 DH constitue un premier niveau d’appui, alors que la zone des 1.000 DH reste la résistance à surveiller pour valider un retour de tendance haussière. Les indicateurs de momentum signalent une situation de survente, ce qui peut favoriser un mouvement de reprise technique à court terme ».

Concernant Jet Contractors, « au début octobre, le titre évolue autour de 2.360 DH, en dessous de sa moyenne de 20 jours (2.482 DH), mais toujours au-dessus de sa moyenne de 50 jours (2.386 DH) ».

« La zone des 2.350-2.400 DH constitue un premier support de court terme, tandis que la zone des 2.500 DH reste la résistance immédiate à franchir pour relancer la dynamique haussière ».

« Les indicateurs de momentum montrent un affaiblissement progressif, avec un passage récent en zone de survente, ce qui peut favoriser un rebond technique. Pour autant, la tendance de fond reste encore constructive, tant que le titre se maintient au-dessus de ses niveaux de 50 jours ».

Les résultats financiers des deux entreprises au S1-2025

Le premier semestre 2025 de Jet Contractors confirme la solidité de sa trajectoire. La production s’est élevée à 1,69 MMDH, en progression de 21% par rapport à S1 2024. Le résultat net consolidé atteint 128 MDH, en hausse de 38%, ce qui montre que la rentabilité suit la croissance de l’activité.

D’ailleurs, le groupe dispose d’un carnet de commandes de 9,2 MMDH, dont 31% à l’international

Le groupe a acquis un lot important de matériel de travaux publics pour accompagner le lancement de son activité barrages, ouvrages d’art et ferroviaire, financée en grande partie par l’émission obligataire. Cette opération alourdit la dette, mais elle renforce l’outil industriel et la capacité à exécuter de grands projets.

Les dettes de financements de Jet Contractors sont passées de 268 MDH à fin 2024 à plus de 1,2 MMDH au 30 juin 2025.

Cela représente une hausse de près de 1 milliard de DH en six mois, soit plus de 360%. L’essentiel provient de l’émission obligataire lancée pour financer le matériel destiné à la nouvelle activité barrages et ouvrages d’art.

Jet Contractors met en avant le développement de Jet Energy, sa filiale dédiée aux projets solaires et énergétiques, présentée comme un relais de croissance majeur. Le groupe veut en faire un champion régional, capable de profiter de la demande énergétique croissante au Maroc et en Afrique.

Pour TGCC, le premier semestre 2025 montre une vraie montée en puissance. Le produit d’exploitation s’élève à 5,6 MMDH, en progression de 43,6%. Cette hausse est en grande partie liée à l’intégration de STAM VIAS, qui représente 26% du chiffre d’affaires. En base comparable, la croissance reste modeste, autour de 2%, ce qui reflète une phase de transition.

La rentabilité s’améliore nettement. L’EBITDA a plus que doublé pour atteindre 1,18 MMDH, avec une marge qui passe de 13,5% à 21,1%. Le résultat net  s’établit à 416 MDH, en hausse de plus de 60%. Ces chiffres montrent bien l’effet d’échelle et l’intégration de STAM VIAS.

Le carnet de commandes est un autre point fort. Il atteint 19,1 MMDH, en hausse de 122% sur un an. C’est un record pour TGCC, avec une répartition équilibrée : 45% infrastructures, 23% barrages, 11% résidentiel et bureaux. Cela donne une visibilité pluriannuelle sur l’activité.

Mais cette croissance a un coût financier. L’endettement net est passé de 673 MDH fin 2024 à 2,99 MMDH fin juin 2025, soit une hausse de plus de 344%. L’acquisition de STAM VIAS et les investissements lourds expliquent cette envolée. La recapitalisation de 2,2 MMDH en juillet vient corriger le tir, mais la discipline financière restera clé.

Les livraisons de ciment progressent de 12,5% en septembre 2025

Les livraisons de ciment au Maroc poursuivent leur tendance haussière. Selon les derniers chiffres, elles ont atteint 1,2 million de tonnes (Mt) en septembre 2025, en progression de 12,5% par rapport au même mois de 2024.

Sur les neuf premiers mois de l’année, le cumul s’établit à 10,8 Mt, soit une hausse de 10,6% par rapport à la même période de l’an dernier (9,82 Mt).

Progression marquée dans le BPE et le préfabriqué

Dans le détail par segment, la croissance est particulièrement marquée dans le béton prêt à l’emploi (BPE), avec une hausse de 26,5% en septembre (287.892 t contre 227.663 t un an plus tôt).

Le préfabriqué progresse également fortement, de 27,7% (134.482 t contre 105.338 t en 2024).

Le segment de la distribution, qui concentre l’essentiel des volumes, affiche une progression de 5,3% à 687.981 t. Les livraisons destinées au secteur du bâtiment augmentent de 6,4%, celles des infrastructures de 14,5%, et des mortiers de 7,1%.

Un cumul à fin septembre également en hausse

Sur l’ensemble des neuf mois, la tendance reste positive sur tous les segments. Le BPE affiche une croissance cumulée de 26%, le préfabriqué de 18%, et les infrastructures de 9,1%. La distribution progresse de 4,4%, tandis que le bâtiment reste quasiment stable (+0,04%).

En cumulé, les infrastructures représentent 704.345 t, le bâtiment 311.626 t, et les mortiers 49.127 t.

Construction : une croissance en valeur, sans gain de poids dans l’économie

Sur la période 2014–2024, la valeur ajoutée du secteur de la construction au Maroc est passée de 58,4 à 89,8 MMDH, soit une hausse de 53,8%. Ce rythme est presque aligné avec celui de la valeur ajoutée globale, qui a progressé de 56% sur la même période.

Malgré cette croissance en valeur absolue, le poids relatif de la construction dans l’économie n’a pas connu d’évolution positive. En réalité, le constat dominant est celui d’une stagnation, voire d’un léger recul, de son importance structurelle.

Explication : tant que le rythme de croissance du secteur ne dépasse pas celui de l’économie dans son ensemble, sa part relative ne peut progresser. Elle tend même à se replier légèrement lorsque sa dynamique reste inférieure à la moyenne nationale, comme cela a été le cas pour la construction au cours de la période considérée.

Une croissance sans emprise

La part de la construction dans le PIB nominal est passée de 5,8% en 2014 à 5,6% en 2024, avec des variations modestes mais constantes d’année en année, oscillant entre un minimum de 5,3% en 2021 et un maximum de 5,9% en 2016 et 2017.

Source : HCP

Dans le même temps, sa contribution à la valeur ajoutée totale est passée de 6,4% à 6,3%, atteignant un point bas de 5,9% en 2021. Ces chiffres traduisent une dynamique en demi-teinte : la construction croît, mais au même rythme que l’ensemble de l’économie, sans parvenir à capter une part accrue de la richesse nationale. En termes relatifs, sa trajectoire est donc plutôt neutre, voire marginalement négative.

Source : HCP

Cette inertie soulève plusieurs paradoxes. Dans un pays comme le Maroc, où l’immobilier constitue le principal vecteur d’investissement des ménages et où l’épargne nationale se dirige massivement vers la pierre en l’absence d’une culture boursière mature, l’on aurait pu s’attendre à une montée en puissance du secteur dans la structure économique nationale.

Pourquoi la construction stagne

La culture patrimoniale marocaine, fortement orientée vers l’acquisition de biens immobiliers, conjuguée à un faible taux de bancarisation de l’investissement financier, confère à la construction un rôle clé dans la canalisation de l’épargne. Ce canal, pourtant si central dans la logique économique des ménages, ne semble pas se traduire par un renforcement de la contribution sectorielle à la croissance.

La construction croît sans parvenir à capter une part accrue de la richesse nationale

Ce constat est d’autant plus surprenant que l’État a multiplié les dispositifs de soutien au secteur. Ces efforts institutionnels, bien que notables, n’ont pas réussi à inverser la tendance relative. La structure productive reste marquée par une prédominance de l’informel, une faible industrialisation du secteur, une spécialisation limitée et une dépendance chronique à la commande publique.

Face à cette stagnation, quelle lecture pourrait-on en faire ? Contacté par Médias24, un expert du secteur apporte son éclairage. Selon lui, la valeur ajoutée de la construction est déjà structurellement sous-dimensionnée dans l’économie nationale.

« En Espagne, la construction représente entre 16% et 25% du PIB, selon les périodes. Au Maroc, le problème réside principalement dans la branche immobilière. Si les travaux publics ont affiché une performance significative sur la dernière décennie, cette dynamique a été freinée par les difficultés structurelles du secteur bâtiment« , explique-t-il.

« Le problème du secteur du bâtiment vient principalement de la production de logements, qui a fortement ralenti ces dernières années. Cela a entraîné une contraction de l’activité d’achat et de vente. Bank Al-Maghrib a d’ailleurs signalé cette problématique, en soulignant une baisse des transactions immobilières« , conclut-il.

En bourse, Delta Holding tirée vers le haut par le regain d’intérêt pour les valeurs du BTP

Delta Holding a surpris le marché en enregistrant un volume d’échange exceptionnel de 215 MDH sur la semaine du 6 au 10 mai, dont 195 MDH concentrés sur la seule séance du vendredi 9 mai.

Une intensité rarement observée sur cette valeur habituellement discrète, ce qui suscite des interrogations sur la nature de ce mouvement. Faut-il y voir un signal révélateur ou un simple phénomène ponctuel ?

Dans le même temps, le cours de l’action s’est envolé de 9,49% sur la semaine, passant de 82,2 DH à 90 DH, dont une progression de 9,09% sur la seule séance de vendredi, avec plus de 2,4 millions de titres échangés.

Une telle conjonction entre volumes et performance, concentrée en une seule journée, interroge : qui achète ? Et pourquoi maintenant ?

Un mouvement sans signal officiel, mais un intérêt porté par la dynamique du BTP

Plusieurs analystes interrogés reconnaissent avoir été interpellés par l’explosion soudaine du volume sur Delta Holding. « Oui, nous avons tous vu les 195 millions échangés vendredi, c’est très inhabituel pour cette valeur », confie un analyste d’une société de bourse.

À ce stade, aucun élément concret ne permet cependant d’en expliquer la cause. « Il n’y a pas eu d’annonce, ni d’information particulière connue du marché », ajoute-t-il.

Plutôt qu’un signal spécifique à l’entreprise, c’est la dynamique sectorielle qui semble avoir pris le relais. « Ce n’est pas uniquement Delta Holding. On observe la même chose sur TGCC, qui a fortement progressé sur les deux dernières séances. Le titre est monté au-delà de 800 DH, après avoir stagné autour de 730 DH. Les volumes sont là aussi importants ».

Le regain d’intérêt pour les valeurs liées au BTP serait donc porté par les perspectives d’attribution de nouveaux chantiers publics, dans le cadre des efforts d’investissement du gouvernement. « On est sur un cycle d’appels d’offres favorable, les investisseurs se repositionnent sur les groupes qui ont une capacité d’exécution éprouvée ».

Delta Holding bénéficie de ce courant d’optimisme. « Ce type de volume, on ne l’a pas vu depuis longtemps. C’est peut-être un simple effet d’entraînement, ou bien des investisseurs qui anticipent quelque chose à l’approche de l’assemblée générale. Mais officiellement, il n’y a rien« .

Une valorisation plus tendue, mais pas encore dissuasive

La progression du titre remet aussi sur la table la question de sa valorisation. Selon les données de marché, Delta Holding se traite désormais autour de 26,7 fois ses bénéfices de 2024. Un niveau qui interpelle certains professionnels. « On est clairement au-dessus de la moyenne du marché. Ce n’est plus un titre sous-évalué« , indique un analyste.

Mais pour autant, ce ratio n’est pas jugé excessif au regard du nouveau profil du groupe. « Il y a une structure financière assainie, une visibilité qui s’améliore dans les métiers de base, et une diversification bien construite. Ce que le marché semble reconnaître, enfin ».

D’autres voix relativisent l’importance du P/E seul, en insistant sur la transformation en cours. « La hausse du cours reflète aussi le repositionnement du groupe. Si Delta Holding confirme cette trajectoire, le niveau actuel pourrait se justifier. Mais à court terme, il y a peut-être moins de marge ».

« Le titre n’apparaît pas exagérément valorisé, mais la fenêtre d’entrée idéale semble s’être refermée, à moins d’une nouvelle annonce ou d’un relais de croissance plus visible », conclut-il.

Des fondamentaux solides qui soutiennent la revalorisation du titre

Ce regain d’attention intervient alors que Delta Holding vient tout juste de publier des résultats annuels solides. En 2024, le groupe a dégagé un résultat net consolidé de 341 MDH, en hausse de 56% par rapport à 2023. Une performance largement tirée par l’amélioration opérationnelle des pôles d’activité et la plus-value dégagée lors de la cession de la filiale française Isosign.

Le chiffre d’affaires consolidé s’est établi à 3,13 MMDH, en progression modérée mais continue. En parallèle, le groupe a fortement réduit son endettement net, ce qui améliore significativement sa structure bilancielle. Le management évoque une « baisse de 327% » de l’endettement consolidé net, ce qui traduit un retour à une situation de quasi-trésorerie nette pour le périmètre financier.

Sur le plan stratégique, Delta Holding poursuit sa réorganisation industrielle. Le recentrage autour de cinq pôles clés (infrastructures, métallurgie, parachimie, eau et environnement, énergies) s’accompagne d’un désengagement progressif des actifs non stratégiques, à l’image d’Isosign. Cette recomposition permet au groupe de renforcer sa lisibilité et son efficacité opérationnelle, tout en conservant un profil diversifié.

Les résultats 2024, conjugués à une bonne visibilité sur le carnet de commandes dans les métiers du BTP, viennent ainsi conforter le positionnement du titre comme valeur à potentiel, malgré la discrétion dont il fait habituellement l’objet sur le marché.

Ferroviaire, aéroportuaire et transport aérien : 152 MMDH d’investissements dans le pipe

Lors de la présentation des projets d’infrastructures prévus d’ici l’échéance 2030, le ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, a passé en revue l’ensemble des projets relevant de son ministère.

Voici l’essentiel à retenir.

Transport ferroviaire

Selon le ministre, les projets ferroviaires à eux seuls mobilisent une enveloppe de 96 MMDH. « Le budget prévu pour le développement de l’infrastructure ferroviaire à l’horizon 2030 s’élève à 96 MMDH« , indique Abdessamad Kayouh.

L’objectif affiché est de faire du transport ferroviaire l’épine dorsale d’une mobilité durable à l’échelle nationale. Le plan comprend plusieurs axes majeurs, notamment :

Aéroports : un plan de 28 MMDH pour doubler la capacité d’accueil d’ici 2030

Dans le cadre de la Vision 2030 pour les aéroports, le Maroc prévoit un investissement de 28 MMDH en vue de doubler la capacité d’accueil des aéroports nationaux, pour passer de 39 millions de passagers par an actuellement à 80 millions à l’horizon 2030.

Ce plan d’investissement s’inscrit dans une démarche d’alignement stratégique avec le contrat-programme de RAM, la feuille de route touristique et le cadre de développement du CDM 2030.

Les projets retenus concernent à la fois l’extension des grands aéroports et la modernisation des infrastructures existantes, selon la répartition suivante :

Transport aérien : un investissement de 28 MMDH pour tripler la flotte de RAM à l’horizon 2037

Dans le cadre de la Vision 2030 pour le transport aérien, le Maroc prévoit un investissement de 28 MMDH pour le développement de la flotte aérienne nationale à l’horizon 2030. L’objectif stratégique est de faire de Royal Air Maroc (RAM) un connecteur mondial, structuré autour du hub de Casablanca.

Ce programme vise à porter la flotte de la RAM à 100 avions d’ici 2030 (contre 50 en 2024), et à 200 avions à l’horizon 2037.

Les grandes orientations incluent :

Cap sur 2025 : plus de 20 MMDH pour 140 marchés BTP

En complément des ambitions portées par la stratégie 2030, Abdessamad Kayouh a présenté le programme BTP 2025, détaillant les enveloppes budgétaires, les marchés de travaux et les marchés d’études par secteur relevant du ministère du Transport et de la logistique.

Ainsi, dans le cadre du programme BTP 2025, il est prévu de mobiliser un investissement global supérieur à 20 MMDH, destiné à financer plus de 140 marchés répartis selon plusieurs secteurs d’activité.

Le secteur ferroviaire représente la part la plus importante, avec un montant d’environ 11,55 MMDH répartis sur 63 prestations de marchés de travaux. De même, les marchés d’études, au nombre de 21, bénéficieront d’une enveloppe de 122 MDH.

Le secteur aéroportuaire mobilise quant à lui 8,34 MMDH pour 21 prestations de travaux, et 29 MDH pour 5 prestations d’études. Dans le secteur de la logistique, on recense 13 prestations pour des marchés de travaux totalisant 5,35 MMDH et 17 prestations en marchés d’études pour un montant de 34 MDH.

Bâtiment. Les salaires s’envolent et la production de logements ralentit fortement

Depuis près d’un an, le secteur du bâtiment fait face à une pression croissante sur les salaires. Mais ces derniers mois, promoteurs immobiliers et entreprises constatent une nouvelle poussée des rémunérations, en particulier depuis le mois de mars. D’où vient cette accélération ? Et quels sont les facteurs qui expliquent une telle flambée salariale ?

Médias24 a recueilli le témoignage d’un professionnel de haut niveau dans le secteur. Il confirme la hausse sensible des prix de la main-d’œuvre lors des derniers mois.

« Ce qu’on observe sur le terrain depuis plusieurs mois, c’est un renchérissement des rémunérations dans le secteur du BTP, et plus précisément dans le bâtiment. Il y a une véritable tension sur les salaires, notamment pour certaines qualifications, comme les ouvriers spécialisés tels que les boiseurs, les coffreurs ou encore les ferrailleurs. De manière générale, pour l’ensemble des ouvriers, on parle aujourd’hui de hausses allant de 20% à 25% en glissement annuel », indique-t-il.

Travaux publics et dynamique rurale : une double pression sur l’emploi dans le bâtiment

À l’origine de cette flambée, notre interlocuteur identifie deux moteurs majeurs.

Le premier réside dans l’arbitrage que font de plus en plus d’ouvriers en faveur des chantiers publics. « Il y a un effet d’éviction très clair. Les gros chantiers lancés par l’État attirent les ouvriers les plus qualifiés. Pourquoi ? Parce que le secteur public paie mieux, et surtout, il paie sans compter. Les maîtres d’ouvrage publics ne raisonnent pas en marge ou en retour sur investissement. Ils réalisent les projets coûte que coûte », explique-t-il.

Mais la deuxième explication est plus inattendue et, selon lui, plus significative. Elle renvoie à un phénomène cyclique mais sous-estimé : le retour temporaire à la terre. « En mars, il y a eu de bonnes pluies. Résultat : les campagnes ont repris vie, et avec elles, l’agriculture. On oublie souvent que la majorité des ouvriers du bâtiment viennent des zones rurales. Ce sont des saisonniers, des travailleurs peu ou pas qualifiés, qui alternent entre les chantiers urbains et les champs ».

Dès que la saison agricole devient prometteuse, une partie de cette main-d’œuvre retourne dans les campagnes. « Ce n’est pas qu’ils quittent irrévocablement le BTP. C’est qu’ils rentrent et cultivent leur lopin de terre, aident leurs familles. Et pendant ce temps, les chantiers tournent au ralenti, faute de bras », ajoute notre interlocuteur.

Un paradoxe : chômage global, mais pénurie locale de main-d’œuvre

Le marché de l’emploi au Maroc traverse une période difficile, avec des taux de chômage et de sous-emploi parmi les plus élevés depuis le début des années 2000. Pourtant, dans le secteur du BTP, la pénurie de main-d’œuvre est bien réelle. À première vue, le constat paraît paradoxal. Mais, selon notre source, la réalité est plus complexe.

« On entend souvent dire qu’il y a du chômage au Maroc, et c’est vrai dans l’absolu. Mais dans le BTP, et notamment dans les métiers du bâtiment, on fait face à une pénurie de main-d’œuvre à certains moments de l’année. Ce n’est pas une contradiction, c’est un problème de structure et de mobilité. Il y a une inadéquation entre les personnes en recherche d’emploi, souvent urbaines et diplômées, et les besoins immédiats du secteur, qui restent manuels et peu qualifiés », explique-t-il.Des marges rognées et une inflation par les coûts : « On ne peut pas tout absorber »Les conséquences ne se sont pas fait attendre sur les équilibres économiques du secteur. « Avec la hausse des salaires, les promoteurs et les entrepreneurs voient leurs marges fondre. Or, on ne peut pas tout absorber. Ce surcoût, à un moment donné, il est transféré vers le consommateur final. C’est l’inflation par les coûts », précise notre interlocuteur.

Une mécanique qui se répercute directement sur le prix de l’immobilier et contribue à l’exclusion d’une partie de la population de l’accès à la propriété. « Quand les salaires montent et que les délais administratifs s’allongent, c’est inévitable : les coûts explosent et les logements deviennent plus chers », poursuit-il.

Un environnement administratif à améliorer

Comme si cela ne suffisait pas, le professionnel pointe aussi les lenteurs administratives. Ces dysfonctionnements rallongent les délais, et contribuent à décourager l’investissement.

« Actuellement, l’obtention d’une autorisation de construire peut prendre plus de 12 mois, entre le dépôt initial du dossier et la réception de l’autorisation. Ce n’est donc pas seulement une question de formalités administratives, mais avant tout une question de visibilité et de confiance. Lorsqu’un promoteur ne sait pas s’il pourra livrer dans un an ou dans deux ans, il reporte ou annule son projet », indique-t-il.Entre 2010 et 2024, on est passés de 300.000 à 70.000 unités par anSelon notre source, le résultat est une baisse de l’offre. « On ne parle pas d’un léger ralentissement. On parle d’une chute significative. En 2010, on construisait environ 300.000 logements par an. Aujourd’hui, on tourne à un rythme de 70.000 à 80.000 unités ».

Une telle baisse peut résulter d’un phénomène de déstockage, c’est-à-dire que les logements déjà construits (en stock) absorbent une partie de la demande, ce qui pourrait expliquer la diminution de la production de nouveaux logements. Cependant, notre interlocuteur avance une autre explication.

« La baisse de la production de nouveaux logements n’est pas due à un déstockage qui aurait absorbé la demande. Cette baisse résulte d’une véritable contraction de l’offre, et ce, dans un contexte où la demande reste vigoureuse et soutenue. Aujourd’hui, construire dans le cadre du nouveau programme d’aide au logement n’est pas économiquement viable pour les promoteurs. Les exigences des plans d’aménagement sont devenues plus contraignantes. À Casablanca, par exemple, chaque nouvel immeuble doit obligatoirement disposer d’un parking. Ainsi, vendre des appartements sociaux à 300.000 DH dans ces conditions devient non rentable. Cette situation, couplée à la hausse des salaires de la main-d’œuvre et aux lenteurs administratives, explique la forte baisse de l’offre de nouveaux logements », explique-t-il.

Et pourtant, la demande reste forte, voire croissante, notamment en milieu urbain. « Il y a une forte demande de logements. Mais face à une offre qui est en baisse, les prix s’envolent. On atteint des niveaux inimaginables dans certaines villes », conclut-il.

BTP et matériaux de construction : une année record à 3,64 MMDH de bénéfices, grâce aux grands chantiers

Porté par un climat d’investissement exceptionnel, le secteur du BTP et des matériaux de construction a poursuivi sa montée en puissance en 2024. Après un redressement amorcé en 2023, l’année écoulée a confirmé la dynamique, avec une accélération nette de la rentabilité dans tous les maillons de la chaîne.

Le résultat net cumulé de huit groupes cotés à la Bourse de Casablanca à savoir LafargeHolcim Maroc, Ciments du Maroc, TGCC, Jet Contractors, Sonasid, Aluminium du Maroc, Colorado et Afric Industries, a atteint 3,64 MMDH, contre 3,07 milliards en 2023. Soit une hausse globale de +18,4%.

À eux seuls, LafargeHolcim Maroc et Ciments du Maroc génèrent 2,76 MMDH, soit 76% du résultat sectoriel total.

Le pôle BTP d’exécution, représenté par TGCC et Jet Contractors, a dégagé un bénéfice cumulé de 655 MDH en 2024, soit 18% du total sectoriel. Ce montant était de 436 MDH en 2023, ce qui correspond à une progression de 50%.

Le reste, près de 225 MDH provient des industriels spécialisés (acier, aluminium, peintures, profilés), dont plusieurs ont connu des progressions spectaculaires. En effet, la quasi-totalité des acteurs ont vu leurs marges progresser et leurs comptes s’améliorer. Certains ont doublé leurs bénéfices, d’autres les ont multipliés par cinq.

Quelles sont alors les conditions économiques et sectorielles qui ont permis cette progression généralisée des bénéfices en 2024 ?

Une conjoncture exceptionnellement porteuse pour les chantiers

Ce sont plusieurs facteurs qui ont concouru à stimuler la demande sur l’ensemble de la chaîne. Le premier levier tient au calendrier sportif international, avec la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et de la Coupe du monde 2030.

Ces deux échéances ont déclenché une vague d’investissements dans les infrastructures, notamment la construction et la rénovation de stades, équipements publics et réseaux de transport. Les appels d’offres se sont multipliés, ce qui a créé un flux régulier d’opportunités pour les entreprises du secteur.

Parallèlement, l’État a poursuivi ses efforts dans des domaines structurants, à travers la construction d’écoles, d’hôpitaux et le déploiement de programmes de logement social. Ce mouvement s’est traduit par un renforcement de la commande publique et semi-publique, qui représente une part significative de l’activité pour plusieurs groupes cotés.

Cette dynamique s’est accompagnée d’une visibilité renforcée sur les carnets de commandes. Certains groupes, comme TGCC, annoncent des niveaux historiquement élevés, soutenus par plus de cent projets actifs au Maroc et à l’international.

Parmi les marchés récents figurent notamment la construction d’un parking souterrain à Hay Riad (quartier Oulad Dlim) à Rabat, attribué à TGCC pour un montant de 206,3 MDH, ainsi que le quatrième lot des travaux de génie civil de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, confié par l’ONCF au même groupe pour un montant de 2,8 MMDH.

Jet Contractors, de son côté, a remporté en décembre 2024 le marché de construction du nouvel hippodrome de Rabat pour un montant de 40,9 MDH.

En avril 2025, le groupe a également été déclaré attributaire de la première tranche de la plateforme régionale de réserves de première nécessité pour la région de Rabat-Salé-Kénitra, pour un montant de 146,8 MDH.

Une amélioration généralisée de la performance opérationnelle

La gestion opérationnelle à travers une meilleure maîtrise des coûts et une organisation plus efficace a joué également un rôle positif.

Pour les grands acteurs du BTP, les marges se sont sensiblement améliorées. TGCC a vu son résultat d’exploitation augmenter à 913 MDH, en hausse de 57%, tandis que sa marge EBITDA s’est établie à 14,6%.

Jet Contractors affiche également une progression marquée, en lien avec un meilleur pilotage des projets et une montée en charge plus structurée.

Dans l’industrie des matériaux, la tendance est similaire. LafargeHolcim Maroc a consolidé ses marges grâce à une discipline renforcée sur les coûts de production. Sonasid, pour sa part, a doublé son résultat net et amélioré significativement son résultat d’exploitation, porté par la hausse des volumes et une meilleure productivité.

Colorado et Aluminium du Maroc ont aussi renforcé leur rentabilité, avec des marges opérationnelles en hausse malgré une croissance modérée de leurs chiffres d’affaires.

Cette dynamique s’est accompagnée d’une contribution plus affirmée des filiales techniques. Chez TGCC, l’intégration de nouvelles entités spécialisées comme TG Steel ou TG Stone permet de sécuriser les approvisionnements et de renforcer la maîtrise des chantiers. Jet Contractors, de son côté, continue de capitaliser sur son savoir-faire intégré dans les enveloppes spéciales.

Quelques effets financiers ponctuels favorables

Afric Industries a bénéficié d’une reprise de provision de 5,17 MDH, liée à une dépréciation passée sur sa participation dans La Roseraie de l’Atlas. Cette écriture comptable a directement contribué à plus que doubler le bénéfice net annuel.

Aluminium du Maroc a également profité d’une reprise de provision sur les titres de participation de sa filiale Belpromo, ce qui a renforcé sa capacité bénéficiaire.

D’autres groupes ont vu leurs résultats s’améliorer en partie grâce à la baisse de leurs charges financières. C’est notamment le cas de Colorado, dont le résultat financier s’est amélioré en raison d’un allègement de l’endettement. Sonasid affiche également un solde financier positif, soutenu par des gains liés à la gestion du risque de change et aux dividendes perçus de sa filiale Longometal Armatures.

À l’inverse, certaines charges non récurrentes ont pesé sur les comptes. Ciments du Maroc a dû enregistrer une charge exceptionnelle liée à un redressement fiscal, ce qui explique la légère baisse de son bénéfice net malgré de solides performances opérationnelles.

Matériaux de construction : un redressement confirmé, des marges solides

Les industriels spécialisés dans les matériaux de construction ont connu en 2024 une amélioration globale de leur rentabilité, portée par une demande soutenue, une meilleure maîtrise des charges et, dans certains cas, un effet prix favorable.

Dans le ciment, le marché national a progressé de 9,4%, selon les chiffres cités par LafargeHolcim Maroc. Ce rythme a permis aux deux principaux producteurs cotés (LafargeHolcim et Ciments du Maroc) de consolider leurs positions.

Le chiffre d’affaires est resté globalement stable, mais les marges ont gagné en robustesse, grâce à des gains de productivité et à une réduction des coûts variables.

LafargeHolcim affiche un bénéfice net en hausse de 18 %, malgré une légère baisse du chiffre d’affaires. Chez Ciments du Maroc, le résultat net recule légèrement, mais uniquement en raison d’une charge exceptionnelle non liée à l’activité opérationnelle.

Le segment de l’acier a également connu une année favorable. Sonasid a profité d’un rebond des volumes de vente et de la bonne dynamique des métaux, d’un positionnement sur des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment le fil précontraint, et d’un contrôle accru des coûts.

Du côté des matériaux de finition, la tendance est similaire. Colorado a amélioré ses marges malgré un contexte concurrentiel, grâce à une gestion plus fine de ses charges commerciales. Aluminium du Maroc, quant à lui, a vu son bénéfice net multiplié par cinq, soutenu par une hausse des volumes et des prix de vente, ainsi que par une gestion financière prudente.

Une dynamique qui s’est prolongée en Bourse

L’évolution des résultats 2024 s’est reflétée en Bourse, où les valeurs du secteur ont globalement bien performé. À partir de la mi-novembre, l’indice sectoriel « Bâtiment et Matériaux de Construction » a clairement pris le dessus sur le MASI, signant une surperformance visible et durable jusqu’à début avril 2025.

Sur l’ensemble de l’année 2024, l’indice sectoriel a progressé de 24,08%, contre +22,16% pour le MASI. Cette performance reflète la confiance retrouvée des investisseurs dans les fondamentaux du secteur et l’anticipation d’une poursuite de la dynamique en 2025.

Certaines valeurs ont enregistré des hausses particulièrement marquantes. TGCC affiche une progression de +155,91% sur l’année, portée par l’explosion de son carnet de commandes et l’amélioration de ses marges. Jet Contractors signe une des meilleures performances de la place avec +641,18%, à la faveur d’un repositionnement stratégique réussi. Sonasid s’adjuge +49,08%, tandis que Colorado progresse de +20,43%. Ciments du Maroc termine l’année avec +11,9%, et Aluminium du Maroc avec +5,33%. Seule Afric Industries affiche une variation annuelle négative, avec -9,26%.

Immobilier. Voici les défis que peut rencontrer un promoteur, au jour le jour

Le grand public pense souvent que le métier de promoteur immobilier est de tout repos et qu’il rapporte beaucoup d’argent, mais connaît-on vraiment la difficulté et les risques liés à ce métier ? Médias 24, avec le spécialiste de l’immobilier Yakeey, vous propose un article exhaustif sur les défis et les risques qui jalonnent ce métier.

Le cycle de production d’un bien immobilier est très long par rapport à d’autres activités. Cela a un impact sur la marge du promoteur qui est souvent matérialisée en fin de projet lors de la vente des dernières unités de logement ou de commerce. Il s’agit donc d’un travail de longue haleine aux nombreux risques.

Comment réussir la conception d’un projet

La conception d’un projet est une étape extrêmement décisive. Même dans le cas où vous construisez au bon prix et avec de bons matériaux, si le produit n’est pas bien conçu à la base et non adapté au marché, il ne pourra pas être bien vendu.

En même temps, le promoteur doit gérer les autorisations (permis de construire, permis d’habiter, réception provisoire, éclatement des titres fonciers, etc.). Ces documents peuvent parfois retarder le projet vu le nombre d’allers-retours qui doivent être effectués avec l’administration.

La phase construction

Les risques lors des travaux sont multiples, notamment des risques de qualité, de délai et de coûts. Exemples : la défaillance d’une entreprise pendant le chantier, la non-conformité des travaux ou le retard d’une entreprise qui ralentit tout le chantier, un problème d’approvisionnement, des problèmes de qualité dans les travaux réalisés qui nécessitent de détruire pour refaire, la faillite d’une entreprise sous-traitante, etc.

Concurrence et étude de marché

Bien avant de concevoir le projet et de lancer sa commercialisation, le promoteur fait une étude de marché. Souvent, il arrive qu’une concurrence défavorable s’installe à proximité de son projet après lancement. Cette concurrence peut l’impacter directement sur les prix de vente et le rythme de vente escompté. Par exemple, les facteurs macroéconomiques comme l’inflation ou la hausse des taux d’intérêt peuvent impacter la demande en logements.

Et financièrement…

Le promoteur immobilier peut se retrouver face à un dépassement de budget. Il existe souvent des travaux supplémentaires non prévus, des interfaces entre les entreprises de construction. Parfois, des événements externes peuvent entrainer des hausses de coûts, comme la crise en Ukraine qui a impacté notablement les coûts de construction ces dernières années. Le déblocage du financement bancaire peut également être ralenti si le rythme de vente n’est pas au rendez-vous.

Les promoteurs externalisent souvent une partie du métier auprès de prestataires spécialisés. Yakeey est un partenaire privilégié des promoteurs immobiliers agissant comme tiers de confiance dans les transactions. Yakeey associe expertise humaine et technologique pour prendre en charge la gestion du marketing et de la commercialisation des projets des promoteurs en structurant une force de vente externalisée sur mesure ainsi qu’un réseau d’intermédiaires formé et performant permettant aux promoteurs d’accélérer leurs rythmes de vente en toute confiance.

Yakeey dispose du plus grand réseau d’intermédiaires immobiliers professionnels au Maroc, d’un portail immobilier disruptif et des investissements marketing conséquents pour maximiser la visibilité et la génération de prospects pour les promoteurs.

Malgré le ralentissement du secteur du bâtiment, le prix des briques augmente de 15% en un an

Alors que le secteur du bâtiment traverse une période de ralentissement, les prix des matériaux de construction ne cessent d’augmenter. Une situation paradoxale qui intrigue les professionnels du BTP. Selon des promoteurs immobiliers et acteurs du secteur interrogés par Médias24, les coûts du verre, de l’aluminium, du ciment et des briques ont fortement grimpé ces derniers mois. On parle d’une hausse dépassant les 10% et atteignant jusqu’à 20% pour le prix du ciment.

Mais comment expliquer cette hausse des prix alors même que la demande dans le bâtiment semble en berne ? Pour y voir plus clair, il faut d’abord distinguer les deux grandes composantes du BTP : le bâtiment (B) et les travaux publics (TP).

L’essor des travaux publics face à la crise du bâtiment

Les travaux publics sont en plein essor, portés par des projets d’infrastructures d’envergure, notamment dans le cadre des préparatifs précédant l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et de la Coupe du monde 2030. Ponts, routes, barrages, et autres ouvrages d’art mobilisent d’importantes quantités de matériaux, ce qui crée une pression haussière sur les prix du ciment, du verre, de l’aluminium et d’autres intrants de construction.

À l’inverse, le marché du bâtiment est en net recul, fragilisé par une accumulation de facteurs défavorables. La hausse du coût des matériaux, combinée à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, a renchéri le prix des constructions, réduisant les marges des promoteurs et limitant les nouveaux projets.

« L’État, principal maître d’ouvrage des projets d’infrastructures, capte une part croissante de l’offre disponible, engendrant indirectement un effet d’éviction. Cette dynamique pousse les prix des matériaux vers le haut, au détriment des promoteurs immobiliers privés qui peinent à suivre le rythme », nous explique un promoteur immobilier dans la région de Casablanca.

Le cas énigmatique de la brique : hausse des prix malgré une demande en baisse

Parmi les matériaux dont les prix ont flambé, le cas de la brique est un mystère. Alors que la logique voudrait que son prix se stabilise ou baisse en raison de la récession du bâtiment, les promoteurs immobiliers constatent une augmentation de plus de 15% depuis le début de 2024.

Pourtant, une source au sein de l’Association professionnelle des briquetiers affirme que le secteur traverse une crise de la demande. Selon cette même source, plusieurs unités de production ont été contraintes de fermer leurs portes, faute de débouchés suffisants.

Mais alors, comment expliquer cette hausse des prix dans un contexte de demande atone ? La clé de l’énigme réside dans les coûts de production.

Contacté par Médias24, un membre de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) apporte un éclairage sur cette situation singulière.

« Si la hausse des prix de nombreux matériaux peut s’expliquer par l’essor des travaux publics, le cas des briques pose une énigme supplémentaire. En effet, les infrastructures en construction – ponts, routes, barrages et autres ouvrages d’art, dans une certaine mesure – ne consomment pas de briques, ces dernières étant principalement utilisées dans le secteur du bâtiment. Or, ce dernier traverse une période de ralentissement marqué, avec une demande qui s’effondre, comme en témoignent la baisse des mises en chantier et les difficultés rencontrées par les promoteurs immobiliers. Dans un tel contexte, les briques devraient logiquement voir leurs prix se stabiliser, voire reculer, en raison d’une offre excédentaire sur le marché. Pourtant, on constate une augmentation continue de leur coût, une évolution qui semble aller à l’encontre des dynamiques classiques de l’offre et de la demande », souligne notre interlocuteur.

Selon lui, si la demande en briques baisse effectivement du côté du bâtiment, la flambée des prix s’explique par la dépendance de la filière à l’énergie.

« Contrairement à d’autres matériaux, la production des briques est particulièrement énergivore. La hausse des prix de l’énergie a directement impacté les coûts de fabrication, entraînant mécaniquement une augmentation des prix, malgré une demande en baisse. En d’autres termes, la structure des coûts de production des briques repose en grande partie sur l’énergie, utilisée à différentes étapes du processus de fabrication (cuisson, séchage, transport). Ainsi, les fabricants n’ont eu d’autre choix que de répercuter cette hausse sur leurs prix de vente », conclut-il.