Budget 2026. D’où vient l’argent, où va-t-il, et comment l’équilibre est assuré (Infographie)

En 2026, l’État prévoit 761,3 MMDH de charges totales, contre 712,6 MMDH de ressources totales. Les charges se décomposent entre le budget général (hors amortissements de la dette publique à moyen et long termes), les SEGMA, les CST et les amortissements de la dette.

Les ressources agrègent les recettes ordinaires du budget général, les recettes des SEGMA, les ressources des CST et les recettes des emprunts du Trésor à moyen et long termes.

L’écart entre les charges et les ressources fait apparaître un solde « hors emprunts et amortissements » de -107,6 MMDH et un besoin résiduel de financement de 48,7 MMDH.

D’où vient l’argent : les recettes

Les ressources de l’État se composent des recettes du budget général, hors produits des emprunts à moyen et long termes, auxquelles s’ajoutent les recettes des SEGMA et des Comptes spéciaux du Trésor, ainsi que les emprunts du Trésor à moyen et long termes.

Voici le détail :

Les recettes ordinaires du budget général atteignent 421,3 MMDH, en hausse de 14,2% par rapport à 2025. Composées de recettes fiscales et non fiscales, elles représentent la principale source de financement de l’État.

Dans le détail fiscal, les impôts directs et taxes assimilées totalisent 165,7 MMDH, principalement constitués de l’IS et de l’IR. Les impôts indirects s’élèvent à 167,9 MMDH. Les droits de douane représentent 18,2 MMDH, tandis que les droits d’enregistrement et de timbre atteignent 24,3 MMDH.

Pour les recettes non fiscales, on compte 27,5 MMDH provenant des monopoles, exploitations et participations publiques, 6 MMDH issus des cessions de participations de l’État, 1,5 MMDH de dons et legs, et 9,6 MMDH de recettes diverses.

À cela s’ajoutent 2 MMDH de recettes des SEGMA et 166,2 MMDH de ressources des CST, principalement constituées de comptes d’affectation spéciale et de comptes sur dotations.

Les emprunts à moyen et long termes s’élèvent à 123 MMDH, répartis entre 63 MMDH d’emprunts intérieurs et 60 MMDH d’emprunts extérieurs.

Comptablement, il ne s’agit pas de revenus mais de ressources de financement, destinées à couvrir le déficit et à rembourser les échéances de la dette.

Où va l’argent : les charges

S’agissant des charges, elles se répartissent comme suit :

Le budget général hors amortissements atteint 527,7 MMDH. Il se répartit en :

Les SEGMA engagent 2 MMDH de dépenses, dont 257 MDH consacrés à l’investissement. Les Comptes spéciaux du Trésor concentrent, pour leur part, 167,5 MMDH de charges en 2026.

Les amortissements de la dette atteignent 64,2 MMDH, répartis entre 48,3 MMDH pour la dette intérieure et 15,9 MMDH pour la dette extérieure.

L’investissement public

Au-delà du budget général, l’État mobilise un volume global d’investissement public de 380 MMDH. Il se répartit entre 179,7 MMDH pour les Établissements et Entreprises publics, 132,8 MMDH pour le bloc État-CST-SEGMA, 45 MMDH pour le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et 22,5 MMDH pour les Collectivités territoriales.

Cet ensemble est consolidé, c’est-à-dire qu’il regroupe plusieurs sources de financement budgétaires, sans double comptage.

Une partie des 380 MMDH transite par le budget général, tandis que le reste est financé directement par les Établissements et Entreprises publics, le Fonds Mohammed VI et les Collectivités territoriales.

Les 380 MMDH correspondent à une programmation indicative. Le montant réellement exécuté varie selon l’avancement des projets et le rythme de décaissement.

Ce qu’il faut retenir, c’est que seul l’investissement du budget général est intégré dans les dépenses et donc dans le solde budgétaire, tandis que les investissements des EEP, du Fonds Mohammed VI et des Collectivités territoriales relèvent d’autres périmètres financiers. Ils ne creusent pas le déficit budgétaire de l’État, mais pèsent sur l’endettement global du secteur public.

Casablanca : les recettes communales dépassent 5 MMDH en 2024, un objectif de 6 MMDH en 2025

À l’occasion d’une session extraordinaire du Conseil de la ville de Casablanca, tenue ce vendredi 28 février, Nabila Rmili a présenté le bilan final des réalisations budgétaires de la commune pour 2024.

D’après la maire de la ville, la commune a enregistré un total de recettes de gestion de 5,089 MMDH, atteignant ainsi dès 2024 l’objectif initialement fixé pour 2025.

Cette performance témoigne d’un effort financier significatif, qui sera redoublé, d’autant que le budget de gestion pour l’année 2025 a été établi à 4,1 MMDH. La commune ambitionne de dépasser ce cadre pour atteindre 6 MMDH, un seuil essentiel pour assurer la poursuite des investissements et le développement des infrastructures de la ville.

Les recettes d’équipement ont, pour leur part, atteint 3,260 MMDH, tandis que les comptes spéciaux se sont élevés à 1,132 MMDH.

Au total, l’ensemble des revenus de la commune a enregistré une progression notable de 30%, d’après Nabila Rmili, confirmant la dynamique positive des finances locales et la nécessité d’accroître davantage les ressources pour répondre aux besoins croissants de Casablanca.

Les annonces de Lekjaâ à la CGEM: fiscalité, cash, santé, informel, budget…

Annonces, petites phrases et analyses, sans langue de bois. Fouzi Lekjaa a fait grande impression sur les patrons venus nombreux à cette rencontre organisée le mercredi 22 janvier au siège de la CGEM. L’événement a fait le plein, au point qu’il a fallu ouvrir une deuxième salle mitoyenne, où un écran a retransmis l’événement en live.

Durant près de trois heures, le ministre délégué au Budget, a parlé, expliqué, échangé avec la salle, présenté des chiffres et des lettres, et écouté les patrons. Il était entouré d’une partie de son équipe: TGR, DGI, Douane, Office des changes, Domaines de l’État. Le lendemain, la rencontre était sur toutes les langues, tellement le ministre délégué était apparu à l’aise dans cet exercice, didactique, souvent convaincant.

La surprise, c’est qu’il a présenté un bilan de l’évolution du budget de l’État depuis 2021, de la fiscalité à l’État social. De plus, il semblait connaître tous les secteurs stratégiques ou polémiques, du prix de la viande à la stratégie du médicament.

Il n’est pas concevable d’organiser le Mondial 2030 sans la participation de la CGEM

Coupe du Monde 2030, football mondial

→ « Il n’est pas concevable d’organiser ni de mener les chantiers liés à cet événement sans la participation de la CGEM ». Lekjaâ explique que les entreprises marocaines de toutes tailles, y compris les PME, auront l’opportunité de prendre part aux grands chantiers. Il y aura une préférence nationale. Les patrons marocains sont invités, à chaque fois que cela sera possible, à s’adjoindre des compétences africaines, car ce Mondial est [aussi] celui de l’Afrique. Une commission mixte CGEM-ministère du Budget pourra être créée pour coordonner et promouvoir l’apport des entreprises marocaines.

→ Jusqu’en 2031, le Maroc sera la principale plateforme des événements footballistiques internationaux et mondiaux: Can 2025, U17 féminin, Futsal, Coupe du monde des clubs 2029, Mondial 2030, Mondial féminin 2031…

→ « Il fallait attendre l’officialisation de l’attribution du Mondial 2030 au trio Maroc-Espagne-Portugal. Ce fut fait le 11 décembre 2024. Sa Majesté a dans la foulée présidé un conseil des ministres consacré à cet événement ». La machine est en marche.

La formation professionnelle nécessite une refonte globale

Formation professionnelle

→ Lekjaâ annonce que le Maroc aura besoin de 40.000 bénévoles pour le Mondial. Ils seront probablement formés à l’UM6P. Il évoque l’importance vitale de la qualité du service dans tous les domaines, et surtout l’accueil et le tourisme. « La formation professionnelle nécessite une refonte globale » (applaudissements, car il s’agit d’une vieille revendication du patronat).

Régime de change

→ « Nous sommes en train de réfléchir à une réforme du régime de change. Les procédures pour les opérateurs économiques seront assouplies. Un opérateur économique qui a son quitus fiscal ne devrait pas avoir de restrictions de droit commun ».

→ Pour ce qui concerne les entreprises innovantes (startups), sachant qu’elles sont besoin de rester en contact avec l’étranger et notamment d’effectuer des paiements, il est possible qu’une carte de paiement en devises, avec des montants significatifs, leur soit autorisée.

Informel: On ne peut pas tolérer des entreprises dont l’activité consiste à produire des factures

La lutte contre l’informel

→ La CGEM, la DGI et le ministère doivent travailler sur une feuille de route. Il faut y aller avec détermination, mais pas à pas, c’est une question de société. L’informel dévore tout. Il faut le démanteler et l’intégrer, mais sans aller trop vite. J’ai moi-même refusé un certain nombre de mesures très sévères contre l’informel (il regarde les directeurs généraux qui l’accompagnent), du genre Retenue à la source sur les importations.

Choisissez vos fournisseurs, il est préférable de travailler avec un prestataire qui est en règle avec le fisc. « On ne peut pas tolérer des entreprises dont l’activité consiste à produire des factures ».

3 piliers de la réforme de la santé: le médicament, l’acte médical et la durée des hospitalisations

Santé et médicament

→ L’effort se poursuivra. Côté infrastructure, démarrage cette année des chantiers de construction des CHU de Guelmim, Errachidia et Beni Mellal.

→ [Interpellé sur le médicament]: La santé et le médicament pèsent lourd dans la couverture sociale.

Concernant le médicament, toute politique doit avoir un objectif clair:

  1. Clarifier les activités. La production nationale doit véritablement être une production et ne pas se transformer en importation de quelques produits lorsqu’une opportunité se présente. J’en connais le détail.
  2.  L’importateur doit se comporter comme un opérateur qui fait du négoce. Après déduction de tous ses frais, il va gagner ses 10% et dans ce cas, aucun problème. Mais lorsque la différence entre le prix déclaré en douane et le prix affiché à l’officine est de 300%, c’est inadmissible.
  3. La protection de la production locale est la priorité des priorités. Nous ne cherchons pas de produit fiscal sur le médicament. Si alléger la fiscalité est nécessaire, il faudra alléger la fiscalité. Le business du médicament doit se développer. Mais il y a de l’ordre à mettre dans le secteur. Le médicament ne peut pas être une niche pour des marges de 30 ou 40%. Aujourd’hui, les administrations communiquent entre elles, et connaissent donc le prix déclaré à la douane, le prix de l’AMM et les marges des déclarations fiscales.

Plus largement, Lekjaâ évoque les prestations de santé publique, le circuit patient numérisé qui n’est pas encore opérationnel et la nécessité d’alléger le séjour hospitalier. Il cite la durée moyenne du séjour hospitalier après accouchement qui est de 36 heures en France et peut atteindre une semaine ou dix jours au CHU Avicennes à Rabat.

→Les trois éléments de la réforme sont donc le médicament, l’acte médical et le délai du séjour.

La TVA

→ L’année 205 doit être une année d’évaluation sereine après les récents réaménagements. Au bout de cette évaluation, s’il y a lieu et si vous avez des propositions, on peut compléter le puzzle en 2026″.

La fiscalité locale

→ « Un projet de réforme est sur la table. Il s’agit d’uniformiser, changer l’assiette, changer les taux ».

Recouvrement: l’ATD restera

L’ATD: avis à tiers détenteur.

→Le contribuable réagit en moins de 24 heures lorsqu’il ne perçoit pas son dû. L’État doit également percevoir son dû. Les ATD ne sont jamais envoyés avant 5 ou 6 sommations. Mais l’ATD restera. Il ne sera pas supprimé tant qu’il y a des gens qui ne paient pas ce u’ils doivent payer.

Loi sur l’expropriation

→ Elle doit être révisée dans le sens de l’assouplissement.

Aides sociales directes

→ [Interpellé sur le fait que pour garder l’aide sociale, des ouvriers agricoles par exemple refusent de donner leur CIN et d’être déclarés à la CNSS].  L’État décaisse plus de 2 milliards de DH par mois en aide sociale directe. En 2025, il décaissera 27 milliards. Au démarrage, il y a eu un traitement en vrac, nous nous dirigeons maintenant vers un suivi personnalisé. Il y aura des corrections. Il va sans dire que si un bénéficiaire des aides s’avère avoir un revenu caché, on en tiendra compte.

Prix de la viande: toutes les mesures resteront transitoires tant que le cheptel n’est pas reconstituéLe prix de la viande

→ Il faut reconnaître que pour certaines raisons, dont la sécheresse, le cheptel s’est dégradé. Donc, à demande constante, les prix ont flambé. L’objectif premier est de reconstituer le cheptel, sinon toutes les mesures resteront transitoires.

Le conflit ukrainien a eu des conséquences géopolitiques sur les prix de l’énergie et des produits alimentaires. Les restrictions sur les produits alimentaires vont certainement s’aggraver, des pays ont même décrété l’interdiction de l’export.

La seule possibilité de reconstituer le cheptel, c’est d’arrêter la consommation, donc de réduire ou d’arrêter l’abattage. Surtout pour les brebis reproductrices. Tant que le cheptel n’est pas reconstitué, il y aura des mesures transitoires telles que l’importation pour augmenter l’offre consommable.

NDLR: ces propos vont relancer les réfexions, voire les spéculations autour de l’éventualité d’un Aïd Al Adha sans abattage. Une décision, si elle était prise, qui serait très lourde pour le monde rural déjà éprouvé par les sécheresses. 

L’IR

→  « L’idéal est de dissocier les tableaux (du barème?) et de consacrer l’un aux activités salariales et l’autre aux activités économiques entrepreneuriales. A ce moment-là, il y aurait possibilité de créer des segments fiscaux pour les TPME ».

L’amnistie et régularisation des dépôts et du cash

→ « L’engouement des derniers jours de décembre nous apprend qu’il y a encore des dépôts et du cash à régulariser. Le flux était trèsfort. Nous sommes en train de réfléchir avec Bank Al Maghrib à trouver une solution structurelle au  cash d’une manière globale. Nous ne sommes pas dans la sanction. Nous voulons ouvrir des parenthèses de légalisation. Aucune personne ayant régularisée en 2024 ne sera contrôle en 2025. Que les choses soient claires et nettes ».

Budget, Etat social

→ Le bilan sur le budget depuis 2021, l’Etat social et la hausse des recettes fiscales ets très intéressant.

→ L’AMO Tadamon (11,4 millions de personnes incapables de payer des cotisations): 10 milliards de DH de coût pour l’Etat.

→ Les aides sociales directes (4 millions de familles) coûtent 25 milliards de DH par an (27 MMDH prévus en 2025).

→ Ces deux rubriques seules coûtent donc 35 milliards de DH au budget.

→  Le dialogue social a coûté environ 45 milliards de DH.

→ Si l’on ajoute les mesures en faveur du pouvoir d’achat telles que la réforme du barème de l’IR, les mesures de lutte contre l’inflation (subvention des transports, aides à la production de produits alimentaires), on dépasse 100 milliards de DH. Et encore, ce chiffre ne tient pas compte des dépenses liées à la réforme de la Santé ou à celle de l’éducation.

→ Ces 100 milliards de DH ont été couverts par une hausse équivalente des recettes fiscales dans toutes leurs sous-rubriques.

→  Ajoutons à cela la baisse du déficit budgétaire de près de 4 points entre 2021 et 2024, soit 50 milliards de DH d’économies budgétaires.

→  Au total, et selon Lekjaâ, le gouvernement a élargi fortement la marge d’action budgétaire grâce à sa gestion.

→ « Nous devons travailler sur le secteur du médicament. A lui seul, il représente le tiers de la charge de couverture sociale.

→ Lekjaâ évoque la caisse de compensation: farine nationale, sucre, gaz butane. « Il est temps de réouvrir ce dossier. On sait ue le ciblage n’a jamai été précis ni efficace. Il faut aboutir à une feuille de route ui donnera notamment de la visibilité aux ibvestisseurs ».

→ Endettement: « notre objectif est de la ramener de 72% du PIB en 2022 à moins de 67% en 2026 ».

→ Recettes fiscales: les organismes internationaux évoquaient un potentiel de 140 milliards de DH de recettes fiscales suppélmentaires; Nous en avons mobilisé 100 MMDH de plus entre 2021 et 2024. Il reste 40 milliards que nous espérons réaliser dès 2025.

Charte de l’investissement: décret pour les PME

Charte de l’investissement 

→ Le décret concernant les TPME est sur la table. Lekjaâ invite les CGEM à participer à la réflexion autour de ce texte.

→ 197 projets ont été validés en commission nationale des investissements, pour plus de 233 milliards de DH d’investissements projetés. Il rappelle que seule la croissance économique peut apporter de l’emploi partout.

Ci-dessous la vidéo intégrale :

Le Conseil de la région de l’Oriental approuve un budget de 772,5 MDH pour l’année 2025

Lors de cette session, il a été procédé à l’adoption du projet de budget pour l’exercice 2025, qui prévoit des recettes estimés à 772,5 millions de DH et des dépenses de fonctionnement d’environ 235 MDH, alors que l’excédent prévisionnel devrait s’établir à plus de 537,5 MDH.

Les membres du Conseil ont également approuvé des projets de conventions de partenariat relatives à la mise en œuvre de programmes d’appui aux activités génératrices de revenus au profit des femmes en situation difficile et des personnes en situation de handicap dans la préfecture d’Oujda-Angad et les provinces de Driouch, Nador et Jerada, avec une enveloppe financière de 24 MDH.

Le Conseil a de même approuvé une convention de partenariat visant la réalisation de projets de généralisation de l’approvisionnement en eau potable des zones rurales de l’Oriental au titre de la période 2024-2026. Ces projets, pour lesquels un montant estimé à 100 millions de DH est alloué, englobent la réalisation de forages d’exploration et d’exploitation et leur équipement en matériels de pompage, des panneaux solaires et leurs accessoires, des réservoirs, des fontaines et des structures techniques.

La session ordinaire a été marquée aussi par l’approbation d’un projet de convention de partenariat pour la réutilisation des eaux usées traitées de la ville de Taourirt dans l’irrigation des terres agricoles (52 Ha) et des espaces verts (64 Ha), en plus de la réalisation du projet de protection contre les inondations à l’échelle de la province de Guercif financé par le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles, pour un montant de 26 MDH.

Economie sociale et solidaire

Les membres du conseil ont par ailleurs examiné et approuvé des projets de conventions de partenariat concernant l’appui à la création d’une unité industrielle dans la province de Nador, l’implantation d’une entreprise dans la zone franche du port de Nador West Med, et une autre dans la zone d’accélération industrielle de la technopole d’Oujda.

Ils ont également approuvé un projet d’accord de coopération et de partenariat portant sur l’accompagnement des acteurs du secteur de l’économie sociale et solidaire, et un autre visant la contribution au financement d’un programme d’appui dans le domaine de l’économie sociale et solidaire au niveau de la région pour la période 2024-2027, en plus de projets de conventions de partenariat pour soutenir des projets de coopératives et leurs fédérations annoncés en 2022.

De même, ont été approuvés des projets de conventions de partenariat pour la construction et l’équipement de complexes culturels dans des provinces de Nador, Guercif, Taourirt et Berkane pour un investissement qui s’élève à 135 MDH.

Deux liaisons aériennes internes

Dans le domaine du transport et de la mobilité, le Conseil a approuvé deux projets de conventions de partenariat entre la région de l’Oriental et Air Arabia pour programmer des vols intérieurs entre les aéroports de Nador El Aroui et d’Oujda-Angad et l’aéroport de Rabat-Salé, ainsi qu’un projet d’accord de partenariat relatif à la réalisation de l’étude de préparation d’un plan de mobilité durable à Berkane.

La session a connu aussi l’examen et l’approbation de projets de conventions de partenariat et de coopération entre la région de l’Oriental et ses partenaires de régions africaines. Le but est de renforcer les capacités, équiper et mettre en service des centres de formation, et ce dans le cadre du Fonds africain d’appui à la coopération décentralisée internationale (FACDI) des collectivités territoriales.

(Avec MAP)

Plus d’un million de ménages inscrits sur la plateforme dédiée aux aides sociales directes

C’est ce qu’a annoncé le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, ce mardi 12 décembre, à la Chambre des conseillers.

Après le traitement de la demande, les aides seront versées aux familles éligibles à la fin de chaque mois à partir du mois de décembre en cours.

Les inscriptions, rappelons-le, ont été lancées le 2 décembre 2023 sur la plateforme www.asd.ma.

Les citoyens souhaitant bénéficier des aides sociales directes doivent être éligibles au seuil et inscrits au Registre social unifié (RSU) et au Registre national de la population (RNP).

Le seuil d’éligibilité a été fixé à 9,743001.

 

Les détails de l’augmentation du budget global du département de la Défense nationale

Le budget global du département de la Défense nationale atteindra 65,9 milliards de DH en 2024, indique le projet de loi de finances 2024, consulté par Médias24. Le budget global était de 63,6 milliards de DH en 2023.

Dans le détail, le budget global se compose du :

La hausse du budget global du département de la Défense nationale par rapport à l’année précédente est due à l’augmentation du budget général. Les autres composantes du budget global ont stagné depuis 2023.

Concernant le budget général, il se répartit entre :

Poste en (MDH) 2023 2024
Personnel 39.480.914 41.352.463
Matériel 7.530.010 7.612.010
Investissement 5.146.690 5.471.690
Total 52.157.614 54.436.163
Variation 4%

 

Avec 41,4 milliards de DH, les dépenses de personnel enregistrent la plus forte hausse : 1,9 milliard de plus par rapport à l’année précédente. Il est à noter que le projet crée 7.000 postes budgétaires supplémentaires, ce qui explique entre autres cette hausse.

Par ailleurs, le budget d’engagement par anticipation pour l’année budgétaire 2024, sur le compte de dépenses intitulé « Acquisition et réparation des matériels des Forces armées royales et soutien au développement de l’industrie de la Défense » sera de 124,7 milliards de DH, soit une augmentation de 5 milliards de DH, par rapport à l’année précédente (119,7 milliards de DH).

Il ne faut toutefois pas confondre « budget d’engagement par anticipation » et « budget du département de la Défense nationale ».

Renforcer les capacités des FAR

Contacté par Médias24, notre consultant militaire Abdelhamid Harifi souligne que « les 124,7 milliards de DH repris par la presse nationale ne font pas référence au budget de la Défense, mais plutôt à des autorisations accordées à l’administration de la Défense nationale pour engager des achats pour l’exercice 2024-2025 et qui seront étalées par des échéances crédits sans dépasser le budget annuel des 10,8 milliards de DH (dépenses sur dotation) ».

Le consultant militaire explique l’augmentation de budget d’engagement par anticipation par l’existence de plusieurs chantiers pressants dans le cadre de l’acquisition et de la réparation des équipements des Forces armées royales. « Il s’agit toutefois de s’atteler à ces chantiers sans toucher à l’équilibre budgétaire, et sans dépasser le budget alloué par an qui est limité depuis plusieurs années à 10,8 milliards de DH », poursuit Harifi.

« Le renforcement de l’industrie de défense est un chantier stratégique qui demande un budget conséquent », souligne notre consultant, citant le cas de plusieurs chantiers structurants, comme la flotte d’hélicoptères de transport.

Les investissements post-séisme n’auront aucun impact sur le PLF 2024 (Lekjaa)

En marge des AA2023 à Marrakech, Médias24 a pu interviewer le ministre du Budget, Fouzi Lekjaa, concernant différents sujets afférents aux finances de l’Etat.

Le ministre est revenu sur le positionnement renforcé du Maroc à l’international et sur la forte visibilité dont bénéficie le pays après les récentes annonces d’organisation de la CAN, de la Coupe du Monde (CDM) ainsi que des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

Il a également évoqué les trois sources de financement qui permettront de déployer les 120 MMDH sur cinq ans, annoncés dans le cadre du programme royal.

Médias24 : Épopée de l’équipe nationale au Mondial 2022, attribution de la CAN en 2025, de la CDM en 2030 et retours très positifs de la communauté internationale sur l’organisation des AA2023… comment interpréter tous ces signaux positifs ?

Fouzi Lekjaa : Ma foi, les bonnes nouvelles n’arrivent pas par hasard. Il y a eu une stratégie, du travail et une vision éclairée de Sa Majesté depuis plus de vingt ans. Il y a un process de développement qui positionne notre pays parmi les grandes nations qui ont eu l’occasion d’organiser ces manifestations d’envergure comme les AA2023. Une première depuis un demi-siècle, dans un contexte assez particulier, juste après la tragédie d’Al Haouz.

Nous avons pu consolider notre position de leader, et tous les événements tels que la CAN, la CAN féminine, la CDM 2030, ont été décidés à l’unanimité dans la famille footballistique africaine et de la FIFA. Concernant les AA2023, le maintien a été annoncé il y a quelques semaines, et cela est le couronnement d’un process de développement éclairé.

Le leadership mondial est présent sur place

– En marge de ces AA2023, les membres du gouvernement multiplient les rencontres avec les personnalités étrangères présentes. Pouvez-vous nous dire ce qui en ressort ? De bonnes nouvelles sont-elles attendues ?

– S’il n’y a pas de bonnes nouvelles, au moins il n’y en aura pas de mauvaises. Aujourd’hui, ces assemblées se tiennent avec 15.000 participants, représentant tous les horizons, à connotation politique, sociale et économique. Le leadership mondial est présent sur place. C’est une occasion pour nous, managers, ministres, représentants du secteur privé et de la société civile de prendre contact avec les homologues et de faire le point sur les process de coopération historique. Cela donne également la possibilité de discuter des perspectives d’avenir, qui ne pourraient être que prospères du fait des réformes entamées. La dernière en date, rappelons-le, est celle initiée par le Roi en pleine crise du Covid, sur le volet social. Tout cela donne l’occasion de débattre, d’enrichir et de construire, dans des logiques bilatérale et multilatérale, les perspectives d’un horizon meilleur et prospère.

– À la suite du séisme, un programme royal de 120 MMDH sur cinq ans sera déployé. Beaucoup se sont inquiétés de ce nouvel effort budgétaire et de son impact sur les finances de l’Etat. Comment sera-t-il financé ?

– Au-delà de l’impact financier, des ressources et de la logique budgétaire, la gestion de cette tragédie a montré l’exemplarité et la position exceptionnelle de notre pays, tout cela avec une vision royale qui a veillé personnellement sur le déroulé des différentes décisions. La réactivité de l’État et sa cohérence font de cette gestion un sujet de félicitations.

Il y aura trois sources de financement

Concernant le programme, il y a l’immédiat. À savoir une indemnisation des personnes touchées de 30.000 dirhams, à raison de 2.500 dirhams par mois, qui a commencé le 6 octobre. Naturellement, il y a également la reconstruction totale ou partielle des logements détruits par le séisme, et le fait de remettre les équipements en l’état, avec le respect des normes parasismiques et un ancrage culturel local respecté. Ce programme prendra une année pour être mis en œuvre.

Le programme à moyen terme sera achevé fin 2028 et permettra d’amener cette région à un niveau de développement nettement meilleur.

Il y aura trois sources de financement. Premièrement, le Compte d’affectation spéciale (CAS), créé par le Souverain pour faire face aux effets de ce séisme. Les Marocains ont démontré une solidarité exceptionnelle en termes de participation. Cela est une vraie source de fierté.

Deuxièmement, d’ici 2028, les programmes de développement qui seront menés par les secteurs ou les départements ministériels (éducation, infrastructures, etc.) ; une bonne partie a été programmée dans leurs budgets d’ici 2028.

Troisièmement, il s’agira de coopération financière internationale. Naturellement, vous avez pu remarquer la détermination de tous les acteurs et institutions à nous accompagner. À court terme, durant cette année, on pourra perdre un peu de la valeur (agricole et vivrière) qui est créée dans cette région, mais cette dernière reste marginale par rapport à la richesse nationale. En revanche, investir un montant aussi important sur une courte période donnerait plus d’impact positif sur la croissance nationale. Au-delà de cela, cela donnera des possibilité de prospérité à ces populations.

Déficit budgétaire 2023 : 4,5% selon nos projections

In fine, vous pouvez donc nous confirmer qu’il n’y aura pas d’impact majeur sur le projet de loi de Finances 2024 qui se profile ?

– Il n’y aura aucun impact sur le PLF24. Ce dernier va entamer son processus d’adoption dans les prochains jours. Il y a la création du CAS et la programmation des lignes budgétaires capables de supporter ces dépenses, puisque le programme à court terme sera financé par le Fonds 126. Le programme à moyen terme sera financé par les crédits et dotations budgétaires, au niveau du budget programmé d’ici 2028 dans chaque département, et la coopération financière internationale.

Le déficit budgétaire en 2023 est attendu à 4,5% du PIB, exactement celui prévu au niveau de la loi de Finances. Le PLF24 est bâti sur la base d’une logique similaire, avec un trend baissier de ce déficit qui permettra d’assurer la durabilité de nos finances.

– Est-ce qu’une sortie à l’international est attendue sur le reste de l’année ?

– Cela m’étonnerait, car aujourd’hui, il y a une forte amélioration de nos recettes touristiques en devises et des MRE. Cela nous met dans des conditions très correctes par rapport à nos réserves.

Une sortie à l’international ? Cela m’étonnerait

L’arbitrage est fait naturellement sur un raisonnement objectif. Nous sommes confortables avec la ligne du FMI, et la note souveraine qui reste stable. Mais le coût de l’emprunt, comparé à celui des ressources intérieures, est un arbitrage omniprésent au ministère. D’ici la fin de l’année, je peux vous dire que c’est une hypothèse presque écartée.

Nous espérons que 2024 démarre de façon favorable, notamment avec plus de pluie pour dépasser les difficultés autour du déficit hydrique. Les discussions et le suivi de tous les paramètres entrant dans cette équation sont suivis. Les arbitrages seront faits et, en tout état de cause, le financement de l’économie nationale sera fait dans les meilleures conditions financières et d’ouverture de notre économie dans le tissu mondial.

– Terminons sur le football. À quand les travaux concernant le tant attendu Grand Stade de Casablanca ?

– Concernant le stade, je peux vous dire que le site a été identifié, ce sera à Benslimane. Le concours des architectes a été lancé, et les résultats seront bientôt rendus publics, puis les travaux vont débuter. Il ne faut pas se précipiter. Casablanca sera dotée de l’un des meilleurs stades, non seulement au niveau continental mais mondial.

Le conseil de la région Souss-Massa adopte son budget 2024

S’exprimant à cette occasion, le président du conseil de la région Souss-Massa, Karim Achengli, a rappelé que cette session intervient après la tenue, récemment à Taroudant, d’une session extraordinaire suite au séisme ayant frappé plusieurs régions du Royaume, dont la région Souss-Massa et particulièrement la province de Taroudant.

Dans ce sens, il a mis l’accent sur la nécessité d’adopter une « approche réaliste et objective à même de mobiliser les ressources disponibles et d’établir un équilibre entre, d’un côté, la poursuite du processus de développement dans le cadre du programme de développement régional, et de l’autre, l’implication dans la reconstruction des zones sinistrées », conformément aux hautes instructions du Roi Mohammed VI.

Pour sa part, le wali de la région Souss-Massa, gouverneur de la préfecture d’Agadir-Ida Outanane, Ahmed Hajji, a mis en avant la contribution du conseil de la région dans les efforts entrepris pour venir en aide aux populations affectées par le séisme, rappelant à cet égard la mobilisation d’une enveloppe financière d’urgence d’un montant de 25 MDH en faveur de l’assistance immédiate aux zones sinistrées dans la province de Taroudant et la préfecture d’Agadir-Ida Outanane.

Le conseil régional de Guelmim-Oued Noun approuve un budget de plus de 470 MDH pour 2024

Au cours de cette session qui a été présidée par la présidente du conseil, Mbarka Bouaida, les membres du conseil ont approuvé le projet de budget 2024, estimé à 477,741 millions de DH.

Cette session a été l’occasion de passer en revue les réalisations les plus importantes du conseil au cours de l’année en cours, notamment l’élaboration du programme de développement régional pour la période 2023-2027. Ce programme de développement comprend 97 projets d’un coût total de 11,9 milliards de DH, dont 4 milliards assurés par la région.

Parmi les programmes lancés au cours de cette année figurait le programme « Réduction des disparités spatiales et sociales 2017-2023 », qui concerne la construction de routes, le renforcement du réseau d’eau potable et d’électricité et la réhabilitation des établissements de santé et d’enseignement. Au cours de la période 2018-2023, la région a mobilisé un montant de 558,9 millions de DH pour mener à bien les différents projets prévus dans ce programme, répartis entre 77 projets dans les différentes provinces de la région, dont 22 projets ont été achevés à 100%, 27 projets en cours de réalisation et 11 projets en phase de lancement.

Les conventions de partenariat approuvées

Lors de cette session, les membres du conseil de la région ont également approuvé plusieurs conventions de partenariat, dont une convention avec le ministère de l’Equipement et de l’eau pour la mise en œuvre de projets de réhabilitation des infrastructures de la région (2,270 milliards de DH) et une convention avec l’Union nationale des femmes du Maroc, prévoyant une contribution de 3 millions de DH du conseil pour la réalisation du programme « Bourses Lalla Meriem », destiné à améliorer les conditions des filles et à les encourager à poursuivre leurs études.

Le conseil a en outre approuvé une convention de partenariat avec la Fondation Mohammed V pour la solidarité et l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), pour la mise en œuvre du programme d’intégration par des activités économiques en vue de créer et développer de très petites entreprises dans la région (16 MDH dont 9 millions comme contribution du conseil régional), ainsi qu’une convention d’une valeur de 25 MDH pour la mise en œuvre d’un programme de soutien et d’accompagnement des coopératives, des unions des coopératives et des groupements d’intérêt économique en vue de valoriser et de commercialiser les produits du terroir.

Dans le domaine de la santé, quatre conventions ont été adoptées pour soutenir et améliorer les services de santé dans les centres de transfusion sanguine et les structures de prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale à Sidi Ifni, Assa-Zag, Tan-Tan et Guelmim.

Une convention de partenariat a également été approuvée avec la chambre d’agriculture de la région Guelmim-Oued Noun et la direction régionale de l’agriculture, afin de soutenir les filières de production agricole de la région (5 MDH financés par le conseil régional), et une convention-cadre avec la coordination régionale de l’Entraide nationale, afin de contribuer au développement des établissements de protection sociale et des associations œuvrant dans le domaine de la scolarisation des enfants handicapés (16 MDH financés par le conseil de région), en plus d’une convention relative au transport des enfants de la région vers des colonies de vacances sur une durée de 3 ans (6 MDH).

Les membres du conseil ont également approuvé une convention de partenariat avec Air Arabia Maroc (10,74 MDH) visant à soutenir la liaison aérienne entre les aéroports de Guelmim et de Casablanca, ainsi que l’affectation de 10 MDH pour doter l’entrepôt du commandement régional de la protection civile à Guelmim des équipements nécessaires pour faire face aux catastrophes.

Ils ont aussi adopté le recours à des prêts auprès d’institutions financières nationales et internationales ou d’organismes publics étrangers de coopération, afin de financer les projets du programme de développement régional 2022-2027, ainsi que le programme d’ouverture de la région Guelmim-Oued Noun.

Le conseil a, par ailleurs, reporté l’examen de deux conventions de partenariat pour la protection contre les inondations dans la province de Sidi Ifni.

(Avec MAP)

Séisme d’Al Haouz : un budget de 5 à 7 MMDH pour les aides financières directes et d’urgence aux ménages concernés

Le gouvernement a présenté au Roi Mohammed VI une première version du programme de relogement qui a été préparée par la commission interministérielle mise en place sur instructions royales.

Ce programme porte sur environ 50.000 logements totalement ou partiellement effondrés dans les cinq provinces touchées. C’est une première version qui peut être actualisée tant que les opérations sur le terrain se poursuivent.

Les mesures annoncées suite à la réunion présidée par le souverain comportent une aide financière directe pour les actions immédiates de reconstruction ainsi qu’une aide d’urgence. Il s’agit de :

Selon une estimation préliminaire et sommaire calculée par Médias24, ces trois aides nécessiteront un budget qui varie entre 5 et 7 MMDH.

A cela, il faut ajouter les coûts nécessaires pour la reconstruction des équipements publics endommagés (routes, écoles, centres de santé, administrations…).

Il y a également le coût des actions d’urgence de relogement provisoire ordonnées par le souverain, et qui consiste en des formules adaptées d’hébergement sur place et dans des structures conçues pour résister au froid et aux intempéries ; ou dans des sites d’accueil aménagés avec toutes les commodités nécessaires.

Débat. Politique économique et inflation, une analyse critique avec le Pr Rédouane Taouil

Médias24 : La résurgence de l’inflation, après plus de deux décennies de stabilité, donne lieu à des prises de parole qui semblent intéresser particulièrement l’opinion publique. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Redouane Taouil : De par son impact sur le pouvoir d’achat et sur les comportements de consommation, d’épargne, de production et d’investissement, l’inflation, plus que d’autres chocs, affecte directement les conditions d’existence de la population et les perceptions de l’avenir. Il y a là un indice patent que « l’Économie nous gouverne« , dans le double sens du mot.

De par ses effets perturbateurs sur la répartition des revenus et sur l’horizon temporel des décisions, elle agit sur la vie et les droits des gens. De même que les mesures adoptées se traduisent par une redistribution des sacrifices et avantages. Dans le même temps, les idées qui inspirent ces mesures comme celles qui identifient les mécanismes d’inflation façonnent la société et participent à la construction de la réalité.

Les positions dominent sous forme d’opinions indifférentes au souci d’argumentation

Le débat en cours a l’indéniable mérite de propulser sur le devant de la scène la question du retour de l’inflation et de la mise à l’épreuve des dispositifs de la politique économique à cet égard. Cependant, à y regarder de près, il apparaît grevé par quatre biais.

Primo : les positions et les sentiments de réalité dominent sous forme d’opinions indifférentes au souci d’argumentation. Est exemplaire à cet égard l’affirmation, promue ici et là, selon laquelle l’inflation est due à un excès de création monétaire. Cette affirmation, parfois ornée d’une référence à Milton Friedman (économiste américain, ndlr), ne décrit ni les conditions d’offre de monnaie par Bank Al-Maghrib, ni les liens avec la poussée supposée subséquente de l’inflation. Qui plus est, elle suppose indemnes de toutes limites la définition des agrégats monétaires, le postulat de constance de la vitesse de la circulation, le primat exclusif de l’offre globale.

L’emploi fautif de chiffres brouille les termes de la discussion

Secundo : l’emploi fautif de chiffres brouille les termes de la discussion, ainsi que l’atteste la confusion entre le glissement annuel qui mesure les variations de l’inflation au cours d’un mois par rapport au même mois de l’année précédente et l’inflation moyenne annuelle. La vive réception réservée au taux d’inflation de 10,1% de février 2023 en comparaison avec le niveau des prix à la consommation du panier de référence en février 2022 est révélatrice du leurre que suscite la rhétorique du chiffre. D’aucuns n’ont pas hésité à considérer que cette hausse à deux chiffres est représentative de la dynamique des prix.

La mise en avant des noms propres des décideurs publics s’avère malencontreuse.

Tertio : la mise en avant des noms propres des décideurs publics s’avère malencontreuse. Outre le fait qu’elle élude le repérage de la nature des dispositifs de chaque instance et leur interdépendance, elle met l’accent sur les divergences, non à partir des conflits d’objectifs ou de défauts de coordination, mais parce que les décisions sont le fait de représentants d’instances différentes.

Quarto : le débat n’échappe pas à l’intrusion de pseudo-évidences illustrées par des termes que l’on tient pour acquis, de sorte que l’on ne cherche pas à s’enquérir du contenu qui leur est conféré. A témoin l’épithète « structurel » attaché à l’inflation. S’il veut dire durable, on est en droit de soupçonner la valeur d’une telle prédiction, a fortiori lorsqu’elle est faite à partir de l’inflation mensuelle ou des glissements annuels. En revanche, s’il recouvre des proportions et des rapports qui caractérisent un ensemble donné, l’ambiguïté demeure entière faute d’éléments argumentatifs.

Ces biais, qui s’entretiennent mutuellement, obscurcissent d’autant plus le débat sur l’inflation que le cordonnier, auquel Etienne Klein a donné une nouvelle jeunesse, y est souvent invité. Sutor, ne supra crepidam – « le cordonnier doit s’arrêter au rebord de sa chaussure ». Cette sentence, qui stipule que nul n’a à afficher des compétences hors de son domaine, implique que les participants au débat doivent posséder une connaissance commune du cadre de référence qui donne sens au langage et idées sollicités dans la confrontation des points de vue et de l’argumentation fournie à l’appui. Appréhender les enjeux de la résurgence de l’inflation relève de l’ordre des idées. C’est pourquoi le débat gagne à se situer sur ce terrain, loin des poncifs et des interdits.

L’affirmation selon laquelle le resserrement monétaire contrarie l’orientation budgétaire est infondée

– À propos de divergences, n’estimez-vous pas que le resserrement monétaire contrarie l’orientation budgétaire du gouvernement ?

– Cette affirmation, qui reflète au demeurant les biais de ce débat, est infondée à maints égards. La politique budgétaire reste encadrée par les mêmes principes de contrôle du déficit public et de gestion de la dette publique. Il n’y a pas, par conséquent, inflexion des préférences du gouvernement en faveur de la croissance et l’emploi, comme le laisse supposer le leitmotiv rhétorique, « booster la croissance ».

Certes, l’annonce d’un montant d’investissement public de 300 milliards de dirhams en 2023 semble signaler un effort budgétaire conséquent. A l’examen, l’orientation expansive des dépenses publiques tombe nécessairement sous le coup du doute. Le plaidoyer de la Loi de finances agrège des investissements du budget de l’État, des investissements des entreprises et établissements publics (EEP) et des investissements attendus du Fonds Mohammed VI. Presque la moitié, soit 140,5 milliards de dirhams, concernent des EEP ayant des modes de financement propres qui ne se rattachent au budget public qu’au titre des garanties d’emprunts.

Si l’on tient compte du fait que la progression du volume d’investissement de 41% serait due au doublement de l’investissement d’OCP, il y a lieu de mettre en doute le caractère expansif prêté au budget de l’État. Le décideur public s’assigne, dans le cadre de la programmation budgétaire triennale, l’objectif de ramener en 2025 le déficit public à 3,5% du produit intérieur brut et la dette du Trésor à 70%. A cet effet, les investissements sont appelés à connaître en 2024 et 2025 une forte baisse en vertu de l’engagement du gouvernement à fixer un seuil de progression des dépenses publiques à 2%.

Considérer que le resserrement monétaire opéré par la Banque centrale contrarie le gouvernement est non moins sujet à caution. Les décisions de relèvement du taux d’intérêt modifient, à coup sûr, les conditions de financement de la dette publique. Les taux moyens pondérés mensuels des émissions du Trésor ont crû entre mars 2021 et mars 2023 de 220 à 240 points, passant de 1,7% à 3,9% pour les maturités de 2 ans et de 2,65% à 5% pour les maturités de 15 ans. Les anticipations de la détérioration de la rentabilité des actifs financiers et des pertes sur les valeurs réelles futures des titres entraînent des surréactions.

La forte baisse de la demande des titres obligataires observée durant le dernier trimestre de 2022 est révélatrice de ce comportement. Suite à l’accélération de l’inflation, le risque de ces titres s’est accru de sorte que la taille, dans les portefeuilles de ces investissements, atteint son plafond. Il s’en est suivi un assèchement des transactions. On ne saurait cependant inférer de ces changements que les choix de Bank Al-Maghrib entravent ceux de l’autorité budgétaire.

D’une part, le lancement du programme d’achats de bons du Trésor de courte échéance sur le marché secondaire a pour objectif d’injecter des liquidités en vue de fluidifier le marché obligataire, offrant par là même aux banques des opportunités de réallocation sur le marché primaire et de rééquilibrage des portefeuilles en faveur d’actifs moins risqués. En fixant une limite d’achat de titres de maturité très courts à 25 milliards, ce programme s’assigne la facilitation des conditions de refinancement sans compromettre les opérations de soutien au crédit aux petites et moyennes entreprises.

D’autre part, la hausse des charges de la dette se trouve amoindrie par l’inflation. Compte tenu d’un taux directeur de 2,5% et d’une inflation moyenne de 6,6%, les taux d’intérêts réels étaient négatifs en 2022. Ils le resteront sans doute en 2023 du fait du comportement graduel de la Banque centrale au cas où le taux d’inflation atteint 5,5%.

Si l’on se pose la question, « à quoi jouent le gouvernement et la Banque centrale », il apparaît bien que la combinaison des instruments monétaire et budgétaire relève bien d’un jeu coopératif dont les règles imposent, selon le référentiel de la politique économique adoptée depuis un quart de siècle, la promotion de la stabilité macroéconomique. Dans le contexte d’accommodement hérité des réponses à la crise sanitaire, le relèvement du taux d’intérêt n’est pas en conflit avec la politique budgétaire choisie ; d’autant que celle-ci est affectée également à la contribution au contrôle de l’inflation.

Considérer qu’il y a divergences entre l’autorité monétaire et le gouvernement a les défauts d’une affirmation abrégée qui se borne à prendre appui sur l’énoncé isolé, « l’augmentation du taux directeur accroît la charge de la dette », sans égard au déroulement et aux conséquences de l’inflation. De par son insistance sur les supposées divergences, le biais des noms propres vient dévier le débat public de son objectif qu’est l’éclairage des enjeux au profit d’attitudes dignes de supporters d’équipes rivales.

– Que pensez-vous de la place octroyée à l’inflation importée dans l’envolée des prix ?

– Si l’on s’interroge sur le déclenchement de l’inflation, il apparaît que c’est le renchérissement des importations des hydrocarbures qui a contaminé les prix sous la poussée des coûts de production. A travers cette transmission, l’inflation devient cumulative suite à l’intensité marquée des répercussions. Dans ce contexte, le mode de propagation a préséance sur l’origine : la hausse des prix persiste en s’auto-entretenant même lorsque la cause s’évanouit. La symétrie, souvent postulée entre inflation importée et inflation domestique, est discutable.

Comme le soutient Michel Moret, professeur ayant marqué des générations d’étudiants, le diagnostic de la vulnérabilité vis-à-vis des prix internationaux appelle la distinction entre cause d’inflation et occasion d’accélération de l’inflation. La grande inflation de la décennie 1970, caractérisée par la spirale salaires-prix, résulte du conflit de partage des revenus. Le choc pétrolier de 1973 est venu amplifier l’inflation et renforcer les mécanismes récessifs.

L’inflation à l’œuvre aujourd’hui est l’expression de pouvoirs de marché dont disposent des offreurs suite à leur aptitude à fixer les prix en appliquant une marge sur les coûts de production selon leur convenance. Il s’agit d’une inflation de vendeurs. Les offreurs ont la propension à répercuter la hausse des prix, en l’occurrence des produits importés, eu égard à la faible pression de la concurrence, souvent bien plus que leurs coûts n’ont crû. Il s’en suit une transmission à la structure des prix d’autant plus ample que le rythme d’inflation était très faible plus de deux décennies durant. Dans ces conditions, les marges connaissent, la quasi-stagnation des salaires aidant, une progression qui participe d’une spirale prix-profits.

Qu’elle soit déclenchée par les échanges extérieurs ou par des causes internes, l’inflation épouse une allure proprement nationale. User d’inflation importée vise souvent à accréditer l’idée que la hausse des prix sera freinée dès qu’il y aura retournement sur les marchés internationaux, et à escamoter par-là les conditions domestiques.

BAM: Le contrôle de l’inflation impose l’élévation du taux de refinancement comme signal de l’attachement ferme à la priorité accordée à la stabilité des prix.

– Que peut la politique monétaire face à une telle inflation ?

– Il est fréquent d’interpréter les décisions de la Banque centrale en présupposant qu’elles se rattachent à « l’orthodoxie ». Une telle vue est oblique et fallacieuse. D’une part, elle se borne à évoquer ces décisions en référence à l’inflation de prospérité qui a accompagné les Trente Glorieuses sans s’interroger sur les mécanismes de transmission. Il est du reste surprenant que le débat est littéralement muet aujourd’hui concernant la préconisation d’un objectif d’inflation de 7% lors de la survenance du choc du Covid.

D’autre part, le privilège octroyé au label d’ »orthodoxe » prête à la stratégie de Bank Al-Maghrib des caractéristiques qui ne sont pas les siennes, telles que la fixation d’une base monétaire comme objectif intermédiaire. Cette démarche, qui témoigne avec éloquence de la sous-estimation de l’importance du taux directeur, omet les évolutions du référentiel de la politique monétaire.

Selon ce référentiel, le taux d’intérêt directeur constitue le principal instrument d’action sur le marché monétaire, le refinancement des banques et, par voie de conséquence, sur les dépenses de consommation et d’investissement. Ce rôle crucial dévolu au taux d’intérêt implique que les impulsions de la Banque centrale visent à guider les anticipations quant à l’évolution future de l’inflation, des revenus et de ces mêmes impulsions.

Les décisions successives de Bank Al-Maghrib de relèvement du taux directeur de 1,5% à 3% de septembre 2022 à avril 2023 sont à situer dans ce cadre. Le guidage des anticipations implique que l’utilisation du taux d’intérêt repose sur un principe qui tient compte des déviations vis-à-vis de l’objectif de stabilité et de leur incidence sur les anticipations : il est relevé en cas de surcroît d’inflation et réduit dans le cas contraire.

Les actions de la Banque centrale s’apparentent à cette démarche réactive. Le cadre opérationnel est en effet adossé à la perception que forment les agents du sentier du taux d’intérêt nominal court et des prix. De ce fait, il accorde aux anticipations de la politique monétaire future une place primordiale dans la détermination du taux d’intérêt réel.

Le contrôle de l’inflation impose dans ce contexte l’élévation du taux de refinancement comme signal de l’attachement ferme à la priorité accordée à la stabilité des prix. A ce titre, la Banque centrale entend mettre à profit la crédibilité acquise par le biais de la cohérence des messages et la conformité des actions aux missions en vue de modérer les anticipations d’inflation et de contenir la hausse des taux longs, voire les baisser. Pour favoriser la stabilité des anticipations des taux courts, elle doit assurer les agents que le taux directeur sera efficacement ajusté dans le but d’atténuer l’inflation.

Les résultats de la politique monétaire dépendent au total décisivement de l’action sur les anticipations et de ses effets sur la crédibilité de la Banque centrale.

Si les autorités publiques procèdent à la décompensation d’autres produits, il y a lieu de s’attendre, à coup sûr, à une accélération de l’inflation

– Étant donné l’incertitude que génère l’inflation, dans quelle mesure le Trésor et les autres institutions gouvernementales peuvent-ils contribuer à atténuer l’inflation et guider les anticipations ?

– L’inflation énergétique et la rapidité de ses effets de contagion aujourd’hui viennent rappeler que les subventions constituaient un outil de maîtrise de l’inflation importée. Grâce à la compensation, les fluctuations de l’inflation globale étaient maîtrisées et son niveau réduit à moins de 2% en moyenne. Utilisés en tant que bien de consommation ou comme bien intermédiaire, les produits subventionnés participaient au maintien de l’inflation à un faible niveau et à la préservation du pouvoir d’achat. Sous cet angle, la politique budgétaire contribuait, aux côtés de la politique monétaire, à la stabilité des prix.

Si les autorités publiques procèdent à la décompensation d’autres produits, il y a lieu de s’attendre, à coup sûr, à une accélération de l’inflation et à des anticipations défavorables de nature à compromettre sérieusement l’objectif de désinflation. Le Fonds monétaire international (2006) souligne avec force l’inopportunité de mettre en œuvre des mesures de politique structurelle lorsque la croissance est atone. Les réformes des marchés des produits et du travail sont loin d’être des solutions miracles : outre que leurs effets sur la croissance sont transitoires, leur impact négatif doit être amorti sous peine d’hypothéquer durablement la productivité globale.

La décompensation produit, à y regarder de près, un triangle malaisé entre la libéralisation des prix des carburants, la maîtrise du déficit public par la contraction des dépenses d’un côté et la cible d’inflation de l’autre. Pour y échapper, une réorientation de la gouvernance budgétaire s’impose. Le décideur public peut agir sur les recettes en améliorant la collecte des impôts et taxes et en diminuant la fraude. Cette mesure, qui est un des principes essentiels des réformes structurelles, est de nature à élargir l’espace budgétaire que le FMI définit comme la marge dont dispose l’État pour affecter les ressources à des dépenses sans compromettre sa position financière et la stabilité macroéconomique. Dégager des ressources requiert des actions publiques destinées à lutter contre l’évitement fiscal et à renforcer les contraintes incitatives au respect du droit.

Les multiples pertes de recettes consécutives à l’informalité fiscale sont, à en juger par les données disponibles, élevées. La mobilisation de l’espace budgétaire est en mesure d’assurer la soutenabilité des finances publiques et de mieux adapter la gouvernance à la régulation des aléas conjoncturels. Les subventions de produits de base peuvent être mises au service du contrôle de l’inflation et au maintien du pouvoir d’achat des couches à bas revenus.

Au vu de sa capacité à amortir la volatilité de l’inflation, la compensation ne saurait être abandonnée au nom du parachèvement de la réforme des institutions du marché des produits dont la reprise de l’inflation met bien en exergue l’incohérence au regard de l’impératif de la stabilité macroéconomique. La mise des subventions au service de la maîtrise de l’inflation peut être épaulée par le plafonnement de certains prix.

Les avantages d’un plafonnement des prix

– Certains avancent que le plafonnement et les subventions opèrent un retour en arrière par rapport au processus de décompensation mis en place depuis 2015…

– Ce propos cherche à imposer des interdits au nom du principe d’efficience des marchés. Comme tel, il est triplement irrecevable. D’abord, si les subventions des produits de base constituent des coûts pour le budget, elles participent non seulement à la stabilité macroéconomique comme on l’a souligné, mais aussi à la redistribution. Ensuite, la réalité des marchés est loin de correspondre aux marchés parfaits auquel ce principe est intimement lié. Enfin, l’instauration de bouclier tarifaire et d’autres formes de contrôle des prix dans certains pays révèle que face aux chocs, aucun instrument ne peut être déclaré inopérant a fortiori en vertu de la seule foi dans le marché.

Le plafonnement des prix est susceptible de freiner l’altération de la répartition des revenus que produisent les pouvoirs des offreurs. En effet, les comportements de marge se traduisent par une indexation de fait des profits, tandis que les revenus réels des titulaires de rémunérations fixes subissent une dégradation plus ou moins marquée selon le niveau des revenus et la structure des dépenses de consommation.

Ce renchérissement du coût de la vie affecte, faute de réajustement des salaires, de larges fractions des ménages. Cet effet propre de la spirale prix-profits accentue les inégalités et affaiblit par là même la demande globale et le potentiel de croissance. Plafonner les prix est en mesure d’atténuer le coût en termes d’inflation et les pertes de bien-être social qu’occasionnent les pouvoirs de marché. Loin de contrecarrer les mécanismes du marché, une telle action sur les prix se justifie du point de vue de la politique de la concurrence, dont l’objectif est entre autres la dilution de ces pouvoirs.

Casablanca : l’arrêté fiscal révisant les taxes locales enfin adopté

Le Conseil de la ville de Casablanca a tenu ce mercredi 22 février la deuxième réunion de sa session ordinaire. Plusieurs points étaient à l’ordre du jour, dont l’amendement et le complément de l’arrêté fiscal fixant les redevances dues au budget de la Commune de la métropole, qui ont, pour la plupart, connu des augmentations, afin d’améliorer les revenus de la ville de 12%.

Ce point a été adopté à la majorité (67 voix pour, 16 voix contre), à l’exception d’un volet relatif à l’exploitation des panneaux publicitaires, qui a été reporté suite à la publication d’un arrêté conjoint des ministères de l’Intérieur et des Finances relatif à l’exploitation des biens publics des collectivités territoriales.

Pour rappel, l’amendement de cet arrêté a suscité beaucoup de remous dans la commune, d’où son report à deux reprises.

Ses dispositions ont d’abord été présentées en octobre 2022 en commission permanente chargée du budget, des finances et de la programmation de la ville.

Inscrit à l’ordre du jour de la session ordinaire d’octobre, dédiée principalement au vote du budget de la commune pour l’année 2023, il a été reporté une première fois. La maire de la ville, Nabila Rmili, avait alors justifié ce report par le besoin d’approfondir l’examen des détails de ce document, qui ne correspondait pas à la conjoncture de la commune.

Le budget voté à la majorité avait ensuite été refusé par le Wali de la région de Casablanca-Settat, estimant que les revenus escomptés ne pouvaient être réalisés. Il a donc été révisé.

Il a ensuite été reporté une seconde fois, le 14 février dernier, lors de la première réunion de la session ordinaire de la ville du mois de février.

Parmi les principales dispositions de cet arrêté, la révision des taxes communales trimestrielles de l’occupation du domaine public par les cafés et restaurants, revues à la hausse en suivant un principe de zoning, mais aussi l’augmentation des prix d’accès au zoo et du paiement du service de collecte de déchets par les grands producteurs.