Entre accusations et représailles, Alger s’isole dans la région

À la suite du communiqué publié par le Mali, avec le soutien du Niger et du Burkina Faso, accusant l’Algérie de soutenir le terrorisme international en entravant les opérations maliennes contre des groupes armés, le ministère algérien des Affaires étrangères a haussé le ton.

La diplomatie algérienne a estimé que le communiqué du gouvernement malien reflétait « l’échec cuisant du projet putschiste toujours en cours, qui a plongé le Mali dans une spirale d’insécurité, d’instabilité, de destruction et de privation ».

Dans un ton de plus en plus virulent, le communiqué algérien fait référence à la « junte putschiste accaparant le pouvoir au Mali », marquant une escalade verbale sans précédent.

Par ailleurs, le ministère algérien a jugé que les accusations de liens entre l’Algérie et le terrorisme, formulées par Bamako, manquaient de sérieux.

Il a également rappelé que la destruction du drone malien par les forces de défense aérienne algériennes avait déjà fait l’objet d’un communiqué officiel publié en temps opportun par le ministère de la Défense nationale.

Alger précise que toutes les données relatives à cet incident, y compris « les images radar prouvant clairement la violation de l’espace aérien algérien, sont disponibles dans la base de données du ministère de la Défense nationale ».

L’Algérie a donc décidé de « rappeler ses ambassadeurs au Mali et au Niger pour consultations », ainsi que le report de l’envoi de son nouvel ambassadeur au Burkina Faso, après que les trois pays ont, de leur côté, rappelé leurs représentants diplomatiques.

Le ministère a également exprimé « son profond regret face à l’alignement non réfléchi du Niger et du Burkina Faso sur les arguments fallacieux avancés par le Mali ».

Dans la foulée, le régime algérien a décidé de fermer l’espace aérien aux avions maliens ainsi que la frontière avec le Mali.

Ainsi, l’Algérie se retrouve pratiquement isolée, au sud par le Niger et le Mali sans voie d’accès, à l’ouest par le Maroc après la rupture des relations diplomatiques et la fermeture de l’espace aérien.

Cette crise constitue un signe annonciateur d’une nouvelle phase dans les relations complexes entre l’Algérie et le trio sahélien dans un contexte de recompositions sécuritaires et géopolitiques rapides, susceptibles de remettre en question la présence et l’influence algériennes dans un espace régional de plus en plus méfiant à l’égard du régime militaire en place.

L’AES rappelle ses ambassadeurs en Algérie

Cette décision intervient suite à l’abattage d’un drone malien par l’Algérie alors que cet appareil survolait la frontière entre les deux pays du côté du Mali.

Dans un communiqué conjoint publié par le collège des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), ce collège exprime « sa vive condamnation suite à l’abattage d’un drone malien par l’Algérie ».

« Considérant cet acte comme une agression envers l’ensemble de l’espace confédéral, l’AES a décidé de rappeler ses ambassadeurs en poste à Alger », poursuit la même source.

Cette décision marque une escalade dans les tensions entre l’AES et l’Algérie, soulignant les préoccupations sécuritaires et territoriales partagées par les pays membres de l’alliance.

RAM renouvelle son partenariat avec le Festival du cinéma et de la télévision de Ouagadougou

L’édition 2025 du FESPACO mettra en lumière 235 films sélectionnés parmi 1 351 soumissions, issus de 48 pays. Depuis sa création en 1969, ce festival est devenu le plus grand rendez-vous culturel du continent, rassemblant des milliers de professionnels et de passionnés du 7e art, indique un communiqué de RAM.

Ce partenariat, initié en 2014, contribue à la visibilité internationale du FESPACO et à la promotion des secteurs du cinéma et de la télévision africains, poursuit le communiqué.

« Nous sommes très honorés par le renouvellement de ce partenariat, qui participe sans aucun doute à l’essor du cinéma africain et à la promotion de la culture du continent. Cet engagement s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud, conformément aux hautes instructions du Roi Mohammed VI. Il répond également à notre plan de développement visant à accroître le trafic aérien et les connexions entre l’Afrique et le reste du monde », a déclaré Hamid Addou, président-directeur général de Royal Air Maroc, cité dans le communiqué.

Otages occidentaux au Sahel : petit historique des médiations concluantes du Maroc

Happy-end pour quatre ressortissants français, membres de la DGSE, retenus au Burkina Faso depuis une année. Une intervention du Roi Mohammed VI auprès du président Ibrahim Traoré a mis fin à leur captivité et ils pourront bientôt retrouver les leurs. Dans un entretien avec le Souverain, le président Emmanuel Macron lui a exprimé sa gratitude.

Ce geste humanitaire illustre le leadership du Roi Mohammed VI  et le respect dont il jouit sur les scènes régionale, continentale et internationale.

Cependant, si cette opération a été menée au plus haut niveau de l’Etat marocain, d’autres interventions similaires ont eu lieu ces dernières années au profit d’otages occidentaux et qui ont été menées par les services marocains dans plusieurs pays du Sahel. En voici quelques exemples des plus parlants.

Iulian Ghergut, le « vétéran »

Iulian Ghergut, de nationalité roumaine, était officier de sécurité travaillant dans une mine de manganèse dans le nord du Burkina Faso et jouxtant la frontière entre le Mali et le Niger. Le 4 avril 2015, il a été assailli par cinq individus armés qui l’ont kidnappé.

Iulian Ghergut, otage roumain libéré par les services marocains.

Al-Mourabitoune, un groupe jihadiste qui écume la région et qui a fini par rallier Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), a revendiqué son enlèvement. Toutes les tentatives pour le libérer ont échoué car, entre autres, ses ravisseurs changeaient fréquemment de cachette. Il a ainsi passé huit ans en captivité avant une intervention concluante des services marocains.

 

Le 8 août 2023, il a été libéré grâce à la médiation des Marocains. Ce qui valut au Royaume des messages de gratitude des autorités de Bucarest et dont le président Klaus Iohannis.

 

Jörg Lange, l’humanitaire

Jörg Lange, ressortissant allemand, dirigeait l’ONG Help au Niger. Le 11 avril 2018, il a été abordé par des individus circulant à bord de motos alors qu’il se trouvait avec son chauffeur à la frontière du Mali.

Son chauffeur est relâché. Lui restera entre les mains de groupes jihadistes jusqu’au 8 décembre 2022, soit quatre ans et demi. Au terme de rudes tractations, les kidnappeurs multipliant les demandes de rançon, entre autres, les services marocains l’ont libéré et convoyé à l’ambassade allemande à Bamako.

Jörg Lange, humanitaire allemand enlevé au Mali.

Rien ne filtrera sur les dessous de cette opération qui a été précédée par plusieurs tentatives allemandes, dont de vaines opérations commando.

Serhani et Fatihi

Le Maroc intervient pour libérer des otages étrangers, mais il n’oublie jamais et surtout ses ressortissants qui commettent l’erreur de se hasarder dans des zones dangereuses.

C’est le cas de Abderrahmane Serhani et Driss Fatihi, deux cyclistes marocains qui s’étaient aventurés dans la région du Sahel. Le 1er avril 2024, ils avaient été enlevés du côté bukinabè de la frontière avec le Niger par des éléments armés dont l’allégeance n’a pas été établie.

Le 14 mai 2024, l’ambassade du Royaume à Niamey indiquait que les deux cyclistes étaient sains et saufs et qu’ils se trouvaient en lieu sûr. Ce résultat a encore été le fruit de plusieurs semaines d’un travail de coopération entre les services de sécurité marocains et leurs homologues nigériens.

Ni hégémonisme, ni ingérence

Mais comment les services marocains arrivent-ils à dénouer de telles inextricables situations sur lesquelles se cassent les dents plusieurs services assez chevronnés comme les occidentaux? La réponse est à trouver dans cette sage doctrine de la diplomatie du Royaume en général: offrir ses bons offices sans hégémonisme et sans ingérence. Dans plusieurs conflits internes, le Maroc a toujours appelé à faire prévaloir la voix de la raison et du dialogue pour asseoir paix et stabilité. L’un des exemples les plus parlants nous vient de la crise libyenne.

Depuis que le Maroc participe à trouver une solution à la crise libyenne, il s’est interdit de s’ériger en donneur de leçons ou de directives. Au nom du Royaume, Nasser Bourita ne cesse de répéter que la solution à la crise libyenne se trouve entre les mains des Libyens et nulle part ailleurs.

Les protagonistes au conflit ont commencé leurs tractations à Skhirat en 2015 où ils ont débouché sur un accord historique. Pas plus tard que ce mercredi 18 décembre 2024, ce processus a connu un début de solution à Bouznika où se réunissent les protagonistes de la crise, une réunion qui se poursuit ce jeudi 19 décembre.

Le ministre d’État, ministre de la défense du Burkina Faso au Maroc

Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre de la consolidation et de la diversification de la coopération bilatérale entre les deux pays, a été marquée par la signature de l’Accord de coopération dans le domaine militaire entre le Maroc et le Burkina Faso, et ce, en présence du général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des FAR et commandant de la Zone Sud.

Ledit Accord de coopération concerne notamment les domaines de la formation, des entraînements et exercices, du soutien technique et d’échange d’expertise, de la santé militaire, ainsi que divers domaines d’intérêts communs.

Abdeltif Loudyi a mis en exergue l’initiative royale visant à transformer la façade atlantique de l’Afrique en un pôle d’intégration économique, un espace de paix, de stabilité et de prospérité partagées, incluant tous les pays de la bande atlantique du Continent, et facilitant également l’accès des pays enclavés du Sahel à l’océan atlantique.

Kassoum Coulibaly a souligné le caractère hautement prioritaire du partenariat avec le Maroc, et a saisi cette occasion pour exprimer son admiration pour les diverses initiatives de coopération Sud-Sud et de portée régionale au profit de l’Afrique, lancées sous le leadership du Roi, faisant du Maroc un acteur dynamique de stabilité, de progrès et de paix pour son voisinage, notamment africain.

Au terme de cette rencontre, les deux responsables ont manifesté l’ambition et la volonté communes de consolider à l’avenir leurs relations à travers la mise en œuvre des dispositions de l’Accord de coopération dans le domaine militaire signé ce jour, reflet des relations d’amitié et de respect mutuel qui lient les deux pays.

(Avec MAP)

Sahara : le Burkina Faso réitère son soutien à l’intégrité territoriale du Royaume

Lors d’un point de presse tenu à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, le chef de la diplomatie burkinabè a réaffirmé le soutien de son pays au plan d’autonomie présenté par le Maroc, comme la meilleure solution qui « restitue en réalité la position du Burkina Faso ».

Karamoko Jean-Marie Traoré a salué par la même occasion « l’excellent travail qui est fait dans le cadre des Nations unies » et a exprimé son souhait de voir ce plan « bénéficier du soutien de tous ».

Pour rappel, le Burkina Faso a ouvert un consulat général à Dakhla le 23 octobre 2020, marquant ainsi le soutien indéfectible de ce pays frère à la marocanité du Sahara.

Coups d’État au Sahel, la fin de l’emprise française (1/5)

Cet effet domino, qui n’est pas sans rappeler le scénario du printemps arabe, laisse croire qu’une redistribution des cartes au niveau régional est en cours, entravant le fonctionnement d’un mécanisme bien huilé depuis la décolonisation française, et que l’on connaît sous l’appellation Françafrique.

Mais dans les faits, les putschs qui ont eu lieu ne sont pas tous hostiles aux agendas politique et stratégique français. « Le système de la Françafrique est en crise. Il s’agit, si l’on souhaite le définir, d’un système de domination mis en place par la France avec la complicité des élites africaines dans le sillage de la décolonisation. Cette crise s’exprime de différentes manières. Au Sahel, elle prend la forme de coups d’État militaires car ce sont des contextes très militarisés − par l’Occident notamment. Dans d’autres contextes, cela prend la forme de coups d’État dits restaurateurs ; c’est le cas notamment au Gabon. Il s’agit en effet d’un coup d’État qui ne change pas l’ordre françafricain ; c’est uniquement un réaménagement à l’intérieur de l’ordre françafricain », analyse N’Dongo Samba Sylla, économiste sénégalais et co-auteur, avec Fanny Pigeaud, du livre L’arme invisible de la Françafrique : une histoire du franc CFA, paru en 2018 aux éditions La Découverte.

En quête de souveraineté

Au Mali, le coup d’État qui a permis de renverser le président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 mai 2021 a marqué un tournant dans les relations franco-maliennes. L’auteur du putsch, le colonel Assimi Goïta, deviendra plus tard président de la transition au terme d’un deuxième putsch contre Bah N’Daw fin mai 2021.

Depuis, le président de la transition malienne n’a ménagé aucun effort pour pousser les intérêts corporatistes et la présence militaire française déployée depuis 2013 vers la sortie. En tout, ce sont 5.500 soldats français qui seront rapatriés dès novembre 2022 vers la France, comme annoncé par le président français Emmanuel Macron en ces termes : « Nos interventions doivent être mieux limitées dans le temps, et ce dès le début, nous n’avons pas vocation à rester engagés sans limite de temps dans des opérations extérieures ».

Le président français fait allusion à l’opération Barkhane. Lancée en 2015, deux ans après l’opération Serval, en soutien à l’armée malienne, cette opération militaire visait à contrer le jihadisme endémique dans la région sahélienne.

Dans le sillage de ce retrait soudain, les forces spéciales de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ont également été sommées par le gouvernement de transition du Mali de quitter immédiatement le territoire malien. Décision votée à l’unanimité et approuvée par le Conseil de sécurité le 30 juin 2023 : le retrait effectif des forces spéciales sera acté fin décembre de la même année.

Pays limitrophe du Mali, la Guinée (Conakry) a également connu un putsch militaire le 5 septembre 2021. Le commandant des forces spéciales guinéennes, Mamadi Doumbouya, a emboîté le pas à Assimi Goïta en renversant le président Alpha Condé après une tentative de modification constitutionnelle qui lui aurait permis de briguer un troisième mandat présidentiel.

Autre pays frontalier du Mali, le Burkina Faso a lui aussi connu un renversement du pouvoir. Deux putschs, le premier mené en janvier 2022 par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a permis de renverser le président Roch Marc Christian Kaboré, puis un deuxième qui a eu lieu huit mois plus tard, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré qui prend officiellement la présidence par intérim jusqu’à la tenue des élections annoncées pour juillet 2024.

Un autre pays sahélien partageant ses frontières avec le Mali et le Burkina, le Niger a été, à son tour, la cible d’un putsch militaire mené par le général Abdourahmane Tiani contre le président Mohamed Bazoum.

Le 26 juillet 2023, le général Tiani annonce la déchéance de Mohamed Bazoum, pris en otage aux mains des putschistes, en promettant une période de transition de trois ans au terme de laquelle le pouvoir sera restitué aux civils.

Naissance du G3 du Sahel

C’est dans un contexte militarisé que trois des pays, à savoir le Burkina, le Mali et le Niger, ont signé, le 16 septembre 2023, la charte du Liptako-Gourma instituant l’Alliance des Etats du Sahel. Cette charte est une alliance militaire à vocation défensive qui instaure un devoir d’assistance et de secours mutuels entre les pays signataires. Plusieurs facteurs ont précipité la concrétisation de cette union, notamment la menace d’une intervention militaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Niger en réponse au coup d’État. La Guinée, peu concernée par le terrorisme sévissant au Sahel, n’a pas rejoint l’alliance. Mais un futur rapprochement avec cette dernière n’est pas à écarter.

Dès lors, les visites des chefs d’État et des dignitaires des trois pays signataires se succèdent. Fin novembre 2023, les ministres des Affaires étrangères, de l’Économie et du Développement des Etats membres du G3 se sont réunis en conclave pendant une semaine à Bamako pour élaborer le cadre institutionnel et l’architecture de la nouvelle alliance.

Ces rencontres ont été clôturées par une série de recommandations qui entendent souder cette alliance. Les chefs de la diplomatie des trois pays ont ainsi proposé la création d’une confédération qui déboucherait sur la fondation d’une fédération.

Du point de vue de la coopération économique, les ministres de l’Économie et des Finances des trois pays ont proposé la création d’une banque d’investissement commune et d’une cellule de réflexion stratégique sur les questions économiques et monétaires.

Toutefois, en toile de fond de cette union figure la question sécuritaire. En effet, la région sahélienne est la cible depuis une dizaine d’années d’attaques répétées de groupes djihadistes contre la population civile, notamment dans la région du Nord du Mali, où le territoire politiquement et militairement instable est le théâtre d’une lutte de pouvoir entre l’armée régulière, les groupes djihadistes et les rebelles indépendantistes touaregs.

Sur le terrain, là où l’opération Barkhane a échoué, l’armée malienne crie victoire. L’une des dernières en date concerne la reprise de Kidal, jusque-là administrée par une coalition qui comptait parmi ses membres des rebelles pro-Azawad, ou plus récemment la reprise de la ville d’Aguelhok, située au Nord-Est du pays, le 13 décembre 2023.

Wagner, nouvel allié militaire au Sahel

C’est justement sur le volet de la lutte anti-terroriste que la rupture entre les armées malienne et française prend sens. En effet, une grande partie de l’opinion publique malienne voyait d’un très mauvais œil le rapprochement dans le nord du pays entre les éléments de l’armée française et les rebelles de l’Azawad dans la guerre déclarée aux groupes djihadistes. Les interventions répétées, en dehors des concertations avec l’armée régulière malienne, ont alimenté une impression de perte de souveraineté, et un profond sentiment anti-français, couronnés par la demande officielle d’Assimi Goïta aux contingents français basés sur le territoire malien de quitter la zone sans préavis.

Selon le fameux adage, la nature a horreur du vide. La vacance de l’armée française de la zone sahélienne a permis à d’autres forces de se déployer militairement dans la région, et plus particulièrement au Mali.

Malgré les démentis des FAMa (Forces armées maliennes), la présence des miliciens de Wagner est attestée dans plusieurs localités où les forces privées disposent de bases, notamment au sud de l’aéroport de Bamako, comme le montrent les images satellites. Des sources diplomatiques citées par le journal français Le Monde estiment qu’il y a actuellement plus de 1.500 mercenaires répartis sur le territoire malien.

D’ailleurs, les éléments armés des Wagner étaient en première ligne lors de l’offensive militaire qui a permis la reprise de la ville de Kidal.

Toutefois, la présence du groupe Wagner fait craindre une montée en puissance des exactions contre les populations civiles. Des craintes étayées par des chiffres publiés dans un récent rapport du département d’Etat américain, publié en juillet 2023, qui indique que « depuis l’arrivée du groupe Wagner au Mali en décembre 2021, le nombre de victimes civiles dans ce pays a bondi de 278 %. Nombre de ces morts civiles sont le résultat d’opérations menées par les forces armées maliennes aux côtés de membres du groupe Wagner ».

Au Burkina Faso, plusieurs sources concordantes annoncent que la milice russe est en train de renforcer sensiblement sa présence depuis juillet 2023, suite aux travaux du sommet Russie-Afrique tenu à Saint-Pétersbourg.

Après le décès du fondateur du groupe Wagner, Evguéni Prigojine en juin dernier, le contrôle du groupe est tombé entre les mains du Kremlin. Pour de nombreux spécialistes de la région, le scénario d’un troc de l’influence française contre la tutelle russe est en cours.

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Fin officielle des opérations des troupes françaises au Burkina Faso

Le Burkina Faso officialise dans un communiqué la fin des opérations de la task force française « Sabre » à partir du sol burkinabé.

Une cérémonie solennelle de descente de drapeaux marquant la fin officielle des opérations des troupes françaises au Burkina Faso a été organisée, le samedi 18 février, dans l’enceinte du Camp Bila Zagré à Kamboincin, lit-on dans le communiqué.

Cette cérémonie intervient après la dénonciation, par les autorités politiques du Burkina Faso, de l’accord de 2018 régissant la présence des éléments des Forces armées françaises au Burkina Faso. Le désengagement des équipements et matériels restants de « Sabre » sera finalisé par une équipe de logisticiens déployés à cet effet, selon un chronogramme défini en accord avec l’état-major général des armées, conclut la même source.

La lutte anti-jihadiste était l’une des principales missions de la force « Sabre » au Burkina Faso, cible d’attaques croissantes de groupes liés à Al-Qaïda et Daech depuis 2015 et théâtre de deux coups d’Etat en 2022.

Les violences y ont fait plus de 12.000 morts, civils et militaires confondus, selon l’ONG Acled, qui recense les victimes de conflits dans le monde. Quelque deux millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.

Maroc Telecom- BCP: 61 millions d’euros pour la 4G au Burkina Faso

L’opérateur de téléphonie au Burkina Faso, Onatel-SA (Office national des télécommunications), filiale du groupe Maroc Telecom, a signé mardi 19 mars à Ouagadougou, un accord de financement de 40 milliards de FCFA (plus de 61 millions d’euros) avec Banque Atlantique (filiale du groupe Banque centrale populaire), destiné à acquérir une licence télécoms qui lui permettra d’offrir des services 4G à ses 7,8 millions d’abonnés.

« Le réseau est prêt. Il reste à signer les cahiers des charges et remettre le chèque pour payer cette licence. Le premier produit qui sera lancé très rapidement, c’est la 4G », a déclaré le DG d’Onatel-SA, Mohamed Naïmi, lors de la cérémonie de signature.

« Nous avons toutes les capacités techniques qu’il faut et toutes les compétences pour accompagner les clients dans la réussite du très haut débit », a-t-il affirmé.

Opérateur des télécommunications au Burkina Faso, Onatel-SA a connu, depuis avril 2018, une importante modification de la structure de son capital, avec désormais 61% pour Maroc Telecom et 16% pour l’Etat burkinabé.

Marriott s’implante à Taghazout Bay avec Alliances

Le mémorandum d’entente a été signé cette semaine avec le groupe immobilier Alliances, pour la gestion d’un resort touristique de 132 chambres et 100 unités résidentielles sous l’enseigne Mariott Hotels & Resorts.

Situé en front de mer, l’hôtel, dont le coût global est estimé à 750 millions de DH, et dont l’ouverture est prévue pour 2015, s’étendra sur une superficie de 18 hectares. Selon le communiqué de presse, le projet créera près 450 emplois directs dans la région.

Marriott International, spécialisé dans l’hôtellerie de luxe, est présent  dans 74 pays (aux Etats-Unis, en France, au Chili, en Chine, en Pologne, etc.). Son chiffre d’affaires s’est établi, en 2012, à près de 12 milliards de dollars américains.

S’étalant sur une superficie de 615 ha, la station Taghazout Bay comportera, outre ces unités hôtelières de luxe, un village de surfeurs, un village de vacances, un golf de 18 trous, des restaurants, des galeries,  ainsi que des académies de golf, de tennis, de Surf et de football. L’ouverture des premières structures d’hébergement est prévue pour 2014. L’ensemble de  la composante touristique ouvrira en 2017.

 

Pâtisserie : MFP parie sur le surgelé

Réaliser au Maroc des pâtisseries françaises pour les vendre en Europe et au Maroc, tel est le défi que MFP (Moroccan Food Processing) tente aujourd’hui de relever. Moulay Youssef Saad El Idrissi, le directeur de l’usine de Berrechid, s’est lancé dans cette aventure il y a quelques années : « nous avons constaté qu’il y a un marché pour des pâtisseries élaborées dans les règles de l’art, nécessitant une mise en œuvre exigeante et des matières premières de qualité. »

Or MFP possédait des équipements de surgélation destinés à traiter des fruits frais. Ce marché n’étant plus rentable au Maroc, l’idée est venue de se positionner sur des pâtisseries nécessitant beaucoup de main d’œuvre et ne pouvant pas être réalisées de manière automatisée en Europe. « Nous avons un positionnement de niche, uniquement sur des produits à forte valeur ajoutée » explique le directeur. Pour cela, l’entreprise s’est équipé d’un atelier de fabrication d’une capacité de 2 tonnes de pâtisserie par jour. L’investissement total en équipement et aménagement tourne autour de 12 millions de DH.

Les pâtisseries surgelées en route vers l'Europe

Les gâteaux sont élaborés par une équipe de pâtissiers formés sur place, notamment avec le concours de Philippe Châtelain, Meilleur ouvrier de France, qui vient chaque mois sur place. Son rôle consiste surtout à mettre au point de nouvelles recettes et conseiller les équipes de production. Les tiramisus, opéras, forêts noires, fraisiers ou framboisiers sont élaborés dans l’atelier et surgelés sur place. Les cargaisons sont ensuite acheminées jusqu’en Europe où les pâtisseries sont décongelées et mises en rayons dans les grandes surfaces.

Outre le marché export, MFP se développe aussi au Maroc. « Nous proposons sous sa propre marque – Master chef – des pâtisseries surgelées dans une sélection de supermarchés indépendants de Casablanca » déclare Moulay youssef Saad El Idrissi. MFP vient de mener un test concluant pendant un mois dans plusieurs supermarchés Bim pour y commercialiser un assortiment de gâteaux surgelés. Aujourd’hui, des discussions sont menées pour être référencé dans d’autres chaînes de supermarchés.

Le sncking, un marché en plein essor

Autre axe de développement : le snacking, qui se développe dans le sillage des centres commerciaux. MFP veut se placer comme fournisseur de pâtisserie pour les différents enseignes.

Enfin, MFP mise aussi sur les cafés, hôtels et restaurants du Maroc, où la pâtisserie, la boulangerie et la viennoiserie surgelées se sont fait une place. Un marché disputé sur lequel plusieurs acteurs sont déjà présents.