CAN U20 2025 : « La culture de la gagne s’acquiert dès les jeunes catégories » (Fouzi Lekjaa)

« Gagner une compétition est formateur et s’inscrit dans le processus de formation des joueurs », a-t-il dit lors de la réception organisée au complexe Mohammed VI de football à Maâmora en l’honneur de l’équipe nationale U20, qui a remporté la médaille d’argent de la CAN, organisée en Égypte.

« On ne peut que féliciter l’équipe nationale pour sa qualification au prochain Mondial de la catégorie », a-t-il noté, soulignant néanmoins que la culture de la gagne s’acquiert dès les jeunes catégories. Les joueurs doivent avoir le même état d’esprit qu’il s’agisse d’un match amical ou officiel », a-t-il martelé.

Selon M. Lekjaa, « cette culture doit guider l’ensemble des joueurs qui doivent s’auto-motiver afin d’être prêts physiquement et mentalement lors du prochain Mondial et donner le meilleur d’eux-mêmes« .

S’agissant du rendement global, a poursuivi M. Lekjaa, « le public marocain s’attendait à mieux », notant que « dans certains matchs, l’équipe nationale a été proche des attentes, mais dans d’autres, elle a signé des prestations en-deçà des aspirations ».

 

 

L’objectif final est de voir des joueurs parmi la sélection U20 jouer au haut niveau et intégrer dans l’avenir l’équipe nationale A, a-t-il ajouté. « Le groupe a montré de bonnes choses. On avait un groupe solidaire et généreux. La déception est encore là, mais nous n’avons pas le temps de nous lamenter, car le Mondial approche », a indiqué, de son côté, l’entraîneur de la sélection nationale, Mohamed Ouahbi.

« Plusieurs joueurs ont été déçus de leur rendement, ce qui est bien en soi », a-t-il ajouté. « Nous allons laisser les joueurs se reposer et prendrons aussi d’autres éléments. L’exigence va être grande. La Coupe du monde signifie que nous choisirons les meilleurs du moment », a-t-il relevé.

Pour sa part, le capitaine des Lionceaux de l’Atlas, Mouad Dahak, a relevé que l’équipe nationale aspirait à ramener la CAN U20 au Maroc, mais que le groupe était focalisé désormais sur la prochaine Coupe du monde.

« Il faut tourner la page de la CAN et tâcher de nous améliorer et de nous racheter au prochain Mondial », a-t-il dit.

La sélection marocaine a perdu la finale de la Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans de football (CAN U20) face à l’équipe sud-africaine par 1 but à 0, dimanche dernier au Caire.

La troisième place est revenue à la sélection nigériane, qui a battu son homologue égyptienne par 4 tirs au but à 1 (temps réglementaire 1-1). Les quatre demi-finalistes sont qualifiés pour la phase finale du Mondial U20 qui aura lieu du 27 septembre au 19 octobre prochains au Chili.

Finale de la CAN U20. Maroc-Afrique du Sud, les clés du match

Avant de se lancer dans la conquête de la Coupe d’Afrique des nations senior en fin d’année, le Maroc a l’occasion de réaliser un triplé historique, en remportant la CAN U20, ce dimanche 18 mai, au Caire, face à l’Afrique du Sud (19 h, en direct sur Arryadia). Après la CAN U23 en 2023 et U17 il y a quelques mois, ce sacre confirmerait le renouveau du football national à l’échelle continentale.

Mais il faut dire que le fait d’avoir atteint ce stade de la compétition relève d’une forme d’exploit. Ce n’est pas tant la qualité de l’effectif qui est en question, mais plutôt la capacité des hommes de Mohamed Ouahbi à faire corps pour maintenir le cap et résister aux éléments contraires.

Car ce n’est pas un cadeau de perdre deux titulaires en puissance dès le premier match, surtout quand il s’agit de Abdelhamid Aït Boudlal et de Yanis Zabiri. Pour autant, le sélectionneur n’est pas tombé dans la sinistrose, estimant à juste titre que le groupe comptait plus que les individualités.

La suite de la compétition a donné raison à un staff qui était prêt à toutes les éventualités et qui n’a pas oublié d’avoir un plan B dans ses petits papiers. Certes, moins flamboyant offensivement après le match inaugural, le Maroc a su se recentrer sur les fondamentaux symbolisés par un triptyque : discipline, solidarité et abnégation.

Preuve en est, la soirée tranquille passée par le portier de l’équipe nationale, Yanis Benchaouch, en demi-finale, où ses coéquipiers ont carrément éteint le pays hôte. L’Égypte, qui n’aura jamais réussi à trouver le cadre. Le coaching et les ajustements tactiques de Mohamed Ouahbi n’y sont pas étrangers non plus.

Le sélectionneur a ajusté la hauteur de la ligne défensive à un niveau médian en vue d’améliorer la compacité du bloc équipe avec des lignes plus rapprochées. Le technicien marocain a également eu le nez fin en lançant Houssam Essadik à la place d’Amine Boukamir. Le double pivot à la récupération qu’il forme avec Reda Laalaoui a donné une autre dimension au milieu de terrain marocain.

Plus complémentaire, ce duo a fait preuve d’un abattage monstre qui a sécurisé une arrière-garde orpheline de Abdelhamid Aït Boudlal. Il devrait être reconduit ce soir afin de contrecarrer les plans sud-africains. Un adversaire qui présente de nombreuses similitudes avec l’équipe nationale.

Maroc – Afrique du Sud : meneur de jeu mobile et renversement à l’opposée

Au-delà de son schéma préférentiel en 4-2-3-1, c’est dans son animation offensive et défensive que cette équipe sud-africaine révèle sa quête constante d’équilibre entre rigueur et prise d’initiative. Rapide en transitions, elle mise sur la mobilité de son meneur de jeu (Madiba, Abrahams ou Vilakazi), dont les appels entre les lignes sont à surveiller comme le lait sur le feu.

La mobilité du meneur de jeu de l'Afrique du Sud est à surveiller.
La mobilité du meneur de jeu de l’Afrique du Sud est à surveiller.

Un aspect central du jeu des Amajita que la paire Essadik-Laalaoui devra à tout prix limiter. L’une des clés de ce choc pourrait donc bien se jouer dans l’intensité des duels au milieu de terrain. Autre élément essentiel à considérer : l’ailier opposé au ballon. Quasiment toutes les actions ayant débouché sur un but sud-africain impliquent un renversement de jeu vers ce joueur, souvent libre de tout marquage grâce à la fixation côté ballon.

Surveiller le joueur à l’opposé sera essentiel pour contenir le pouvoir de nuisance des Sud-Africains.
Surveiller le joueur à l’opposé sera essentiel pour contenir le pouvoir de nuisance des Sud-Africains.

Bien que le but de la qualification en demi-finale soit venu d’un coup de pied arrêté, il trouve son origine dans une action construite sur le côté, qui a mis en difficulté la défense nigériane. Cela dit, les Marocains devront aussi être très vigilants sur les coups de pied arrêtés où le second poteau est souvent visé pour bénéficier des qualités morphologiques et de timing qui font la force de Tylon Smith.

Les appels en profondeur qui visent l’espace entre le défenseur central et l’arrière latéral mettent à mal la défense sud-africaine.
Les appels en profondeur qui visent l’espace entre le défenseur central et l’arrière latéral mettent à mal la défense sud-africaine.

Le défenseur du club sud-africain de Stellenbosch brille aussi par des qualités d’anticipation, mais qui n’arrivent pas à toujours masquer sa lenteur, en particulier lorsqu’il doit se retourner et courir en direction de son but. Une faiblesse à exploiter par les Lions de l’Atlas en multipliant les appels dans l’espace entre le défenseur central et le latéral. Une tâche qui sera sans doute dévolue aux milieux de terrain. 

Comme l’a fait le Nigéria en demi-finale, quelques phases de pressing haut par séquences gêneraient énormément la relance sud-africaine et offriraient des opportunités de récupération aux Marocains près de la surface de réparation adverse.
Comme l’a fait le Nigéria (en blanc) en demi-finale, quelques phases de pressing haut par séquences gêneraient énormément la relance sud-africaine et offriraient des opportunités de récupération aux Marocains près de la surface de réparation adverse.

Il y aura également des coups à jouer en pressant haut par séquences, comme l’a fait le Nigeria. Car cette équipe sud-africaine reste fidèle à ses principes : elle repart systématiquement de l’arrière, même sous pression. Une obstination qui entraîne du déchet technique et peut offrir des ballons très exploitables aux Marocains dans leur quête d’un deuxième titre continental dans la catégorie, 28 ans après le sacre de 1997.

CAN U20. Maroc-Afrique du sud : quelle heure, quelles chaînes

CAN U20. Maroc–Afrique du Sud, une deuxième finale, 28 ans plus tard

Du côté sud-africain, les journaux n’ont pas manqué de souligner que cette finale est l’occasion de prendre leur revanche sur le Maroc, qui les avait battus lors de la finale de 1997 à Rabat (1-0), remportant à l’époque leur premier et unique titre continental chez les U20.

« L’Afrique du Sud s’est qualifiée pour la finale pour la deuxième fois de son histoire, et cette fois, les Amajita veulent renverser l’histoire face au Maroc, tenant de leur unique défaite en finale », peut-on lire sur le site African Football.

Le média sud-africain KickOff parle même d’une « mission historique » pour les jeunes Amajita. « Vingt-huit ans plus tard, c’est le moment pour nos jeunes de réécrire l’histoire contre une équipe marocaine solide, disciplinée, mais prenable ».

L’exploit contre le Nigeria, une source de confiance pour l’Afrique du Sud

La presse sud-africaine insiste beaucoup sur le prestige de leur victoire en demi-finale contre le Nigeria (1-0), une équipe souvent considérée comme favorite de la compétition.

Tylon Smith, buteur face aux Flying Eagles, est présenté par The South African comme un des « héros de cette génération dorée ». Le site ajoute : « Si nous avons pu faire tomber le Nigeria, rien n’interdit de rêver face au Maroc ».

Les commentateurs sud-africains estiment que cette équipe est portée par un « mental d’acier », une « défense bien structurée » et une solidité mentale retrouvée, à l’image de ce que le Maroc avait démontré lors de la Coupe du monde 2022 avec les Lions de l’Atlas.

Certains éditorialistes y voient même un « effet miroir » : « Après avoir été inspirés par le Maroc senior en 2022, les Amajita peuvent désormais leur rendre la pareille », écrit iDiski Times.

Le Maroc respecté, mais pas craint

La presse sud-africaine reconnaît la qualité de l’effectif marocain, en particulier Jones El Abdellaoui, auteur du but victorieux contre l’Égypte en demi-finale.

Pour autant, les médias sud-africains ne voient pas le Maroc comme invincible. « Ce Maroc-là est organisé et très physique, mais ses attaques restent prévisibles. Avec une bonne discipline tactique, les Amajita peuvent les faire déjouer », écrit SowetanLIVE.

La presse insiste aussi sur l’aspect « psychologique » de cette finale : le Maroc est vu comme l’équipe « à battre », celle qui a un passé glorieux à défendre. Une pression que l’Afrique du Sud, en outsider, n’aurait pas.

Objectif : un premier titre pour les Amajita

Il y a une réelle mobilisation médiatique autour de cette finale, qui est vue comme une occasion rare pour l’Afrique du Sud de décrocher un titre continental chez les jeunes, ce qu’elle n’a encore jamais réussi à accomplir. « Cette génération a le potentiel d’être celle qui ramène enfin un trophée. Le Maroc est un test parfait : c’est du haut niveau, mais ce n’est pas lointain du nôtre », déclare un ancien international sud-africain, cité par News24.

Vue du Maroc : entre méfiance et confiance

Pour nous, cette finale a une double valeur : historique et symbolique. Les jeunes Lions de l’Atlas peuvent rééditer l’exploit de 1997, mais surtout inscrire leur nom dans une dynamique ascendante du football marocain, qui brille aussi bien chez les A que chez les U17, U23 et même dans le football féminin.

Face à une Afrique du Sud revancharde, galvanisée par sa demi-finale contre le Nigeria, la vigilance est de mise. Mais les joueurs de Mohamed Ouahbi ont montré depuis le début de la compétition une rigueur tactique, une discipline défensive et une maturité mentale qui les placent aujourd’hui en sérieux prétendants au sacre.

Souhaitons que l’histoire se répète ce dimanche, et que les Lionceaux de l’Atlas soulèvent à nouveau le trophée, vingt-huit ans après leur dernier sacre face… à l’Afrique du Sud.

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CAN U20. Mohamed Ouahbi après la demi-finale : « Nous avons encore une grande marge de progression »

« Je considère cette victoire comme belle et logique. Nous avons été, à mon sens, l’équipe qui a le plus manifesté l’envie de gagner ce match », a-t-il affirmé avec assurance, le jeudi 15 mai lors d’une conférence de presse, après la victoire contre l’Égypte (1-0) en demi-finale.

Sur le plan tactique, Ouahbi a reconnu avoir été surpris par la posture défensive des Égyptiens. « Nous nous attendions à ce qu’ils viennent nous presser plus haut par moments, mais ils sont restés positionnés très bas ». Une configuration qui a obligé les Marocains à redoubler de patience et de lucidité dans leurs phases offensives.

« La patience a été cruciale« , a souligné le sélectionneur. « La clé, dans ce genre de situation, c’est de ne pas s’enflammer, de ne pas s’énerver ni paniquer, de trouver l’homme libre, de faire circuler le ballon et de croire en nos forces ».

Mohamed Ouahbi a également détaillé le plan de jeu mis en place dès la première mi-temps. « Nous avons été très performants dans nos phases de progression. Avec un faux neuf, notre intention était de créer le déséquilibre sur les côtés, en cherchant constamment la supériorité numérique ».

Un choix stratégique qui a permis à l’équipe de dominer le rythme de la rencontre, sans toutefois concrétiser dans un premier temps. « Il nous a manqué de la présence dans la surface pour être véritablement dangereux ».

Les ajustements opérés en seconde période ont porté leurs fruits. « Nous avons corrigé cela, et je pense que le résultat d’aujourd’hui ne souffre aucune contestation ».

Louant la maturité de ses joueurs, Ouahbi a tenu à saluer leur capacité à élever leur niveau de jeu au fil des matchs. « Chapeau aux joueurs qui ont fait preuve d’une grande maturité. Ce n’était pas simple, car nous avons cette exigence de progresser à chaque match, et c’est ce que nous faisons », a-t-il affirmé, avant de glisser une remarque explicite : « Ce qui n’est pas le cas de tout le monde, et je fais ici allusion à l’arbitrage. »

La motivation des joueurs pour atteindre la finale

« Pour motiver les joueurs, nous leur avons expliqué que l’essentiel était d’abord de remporter la demi-finale, car les moments les plus intenses et les plus beaux à vivre dans un tournoi se situent souvent entre la demi-finale et la finale », confie-t-il.

Le sélectionneur insiste sur la dimension émotionnelle de cet entre-deux, où tout devient possible, mais aussi plus exigeant. « Durant les deux jours de préparation de cette finale, où seules deux équipes subsistent, tous les regards sont tournés vers vous. Tout le monde attend ce match avec impatience, une excitation palpable monte, et les joueurs se réveillent le jour J avec cette immense envie d’accomplir quelque chose de grand ».

Et d’ajouter : « Je pense que nous allons vivre deux jours particulièrement stimulants. Nous allons aborder cette préparation avec cet état d’esprit, pour vivre pleinement ces moments ».

Mohamed Ouahbi a d’autre part estimé que l’affiche finale de la compétition est des plus cohérentes. « En toute honnêteté, je pense que cette finale est très logique et juste, au vu du contenu proposé par les deux équipes. » Selon lui, le Maroc et l’Afrique du Sud sont les formations « qui ont produit le plus de jeu, celles qui ont majoritairement eu la possession et montré le plus de maîtrise ».

Dans cette dynamique, le sélectionneur rappelle que le cap fixé par son staff ne date pas d’hier. « Je le répète – et ce n’est pas d’hier, ni d’il y a un mois, mais depuis deux ans que je le dis au groupe –, notre objectif était de gagner la CAN. Nous sommes en finale, et notre unique ambition est de la remporter ».

La gestion mentale, clé de la performance

À la veille de la grande finale, le sélectionneur national des U20, Mohamed Ouahbi, insiste sur la gestion mentale comme clé de la performance. « Je ne mets jamais de pression sur mes joueurs, jamais. Ma confiance en eux est totale, et je le leur témoigne quotidiennement. Je le prouve par des actes, pas seulement par des mots », affirme-t-il, soulignant l’importance d’un environnement libérateur pour favoriser l’épanouissement de ses jeunes joueurs. « Je suis convaincu que lorsque les joueurs évoluent libérés, ils grandissent et progressent. »

Le technicien marocain reconnaît toutefois qu’au début de la compétition, l’équipe était animée d’un sentiment de devoir absolu. « Nous avons senti que les joueurs abordaient cette compétition avec une certaine obligation de la gagner. Le stress était palpable. Contre la Tunisie, par exemple, notre seconde mi-temps a été meilleure, car nous étions plus relâchés. Contre la Sierra Leone, bien que supérieurs, il y avait cette appréhension de ne pas atteindre l’objectif de la Coupe du monde.

Une fois la qualification au Mondial assurée, le groupe s’est libéré psychologiquement, sans pour autant perdre son cap. « Nous ne voulions pas d’un relâchement excessif, car notre visée était la CAN, la Coupe », précise-t-il.

Face à l’Égypte, l’un des moments charnières de la compétition, l’approche mentale a encore joué un rôle déterminant. « Nous leur avions dit que, quoi qu’il arrive, y compris la présence massive du public – et c’était, je crois, la première fois qu’il y avait autant de monde au stade pour l’Égypte –, il fallait rester focalisé. » Et d’ajouter avec fermeté : « Le public est venu voir le Maroc. Autrement, il aurait été présent pour les cinq premiers matchs de l’Égypte. S’ils sont venus aujourd’hui, c’est parce qu’ils voulaient voir le Maroc à l’œuvre, parce que tout le monde aspirait à battre le Maroc ».

Dans ce contexte, la maturité affichée par les joueurs a impressionné leur entraîneur. « Ils ont joué avec une grande maturité, comme nous le leur avions demandé. » Même si les émotions étaient parfois vives, notamment vis-à-vis de l’arbitrage, Mohamed Ouahbi met en avant le sang-froid de son équipe. « Sur le banc, nous nous sommes quelque peu agacés concernant l’arbitrage. Mais en dehors de cela, les joueurs sont restés calmes en toutes circonstances, et c’est, je pense, la clé : que les joueurs gardent leur sang-froid et se concentrent sur leurs tâches sur le terrain. Ils l’ont remarquablement bien fait, donc félicitations à eux ».

« Nous avons encore une grande marge de progression » 

Malgré la qualification en finale et le niveau de jeu affiché, Mohamed Ouahbi reste lucide. « Nous pouvons encore faire beaucoup mieux. Nous avons une marge de progression importante », reconnaît-il, avant de nuancer : « Mais je suis satisfait, très satisfait de ce qu’ils accomplissent. Je suis très content de leur progression, match après match ».

Revenant sur les performances antérieures de l’équipe, le sélectionneur rappelle le niveau de jeu atteint lors des tournois précédents. « Il n’était donc pas aisé de retrouver le niveau de jeu que nous avions affiché à l’UNAF, ou lors de nos matchs contre la France, l’Angleterre, les États-Unis, l’Arabie saoudite ». Des confrontations internationales qui avaient suscité l’admiration de leurs adversaires. « Tous les sélectionneurs adverses étaient unanimes à ce sujet. Nous jouions remarquablement bien. Le sélectionneur de la France m’a même confié que nous étions la seule équipe à leur avoir causé autant de difficultés ».

C’est sur cette base que le staff nourrit de grandes exigences. « Nous connaissons donc la valeur de cette équipe, nous savons de quoi elle est capable. C’est pourquoi nous sommes très exigeants envers eux », affirme Ouahbi. Et même dans la victoire, l’exigence reste de mise. « Nous sommes contents quand ils gagnent, quand nous progressons, et nous le leur disons, car ce n’est pas facile, c’est la Coupe d’Afrique ».

Cette quête constante de progression est ancrée dans le quotidien de l’équipe. « Mais croyez-moi, demain encore, pendant une trentaine de minutes, nous allons débriefer sur tout ce qui n’a pas fonctionné. Toutes les erreurs, tout ce que nous devons améliorer, nous le faisons systématiquement. Nous le faisons à chaque fois, et nous sommes conscients d’avoir encore une grande, une très grande marge de progression ».

Enfin, l’entraîneur conclut cette analyse avec une fierté assumée. « Mais l’important dans une compétition, c’est d’être supérieur à l’adversaire. Et nous l’avons démontré à chaque fois. Contre le Nigeria, c’était très équilibré, mais dans tous les autres matchs, nous avons prouvé notre supériorité. Je suis donc très satisfait ».

CAN U20 : retour sur les temps forts de la victoire du Maroc face à l’Égypte (vidéo)

L’équipe nationale marocaine de football des moins de 20 ans a décroché son billet pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations de cette catégorie. Elle y affrontera son homologue sud-africaine, après sa victoire 1-0 contre l’Égypte lors du match qui les a opposés jeudi au stade du 30 juin au Caire, en demi-finale de cette compétition continentale.

Les premières minutes de cette rencontre étaient caractérisées par la prudence des deux côtés, avec un léger avantage pour les poulains du sélectionneur Mohammed Ouahbi.

Les Lionceaux de l’Atlas ont joué en bloc haut pour exercer la pression sur le porteur de balle et empêcher les Égyptiens d’installer leur jeu. Ils arrivent à cantonner leur adversaire dans sa zone et s’offrent les occasions les plus nettes de scorer.

Il a fallu toutefois composer avec une défense égyptienne coriace et cadenassée qui a laissé peu d’espace aux joueurs marocains pour s’exprimer.

À partir de la 10ᵉ minute, Zahouani et El Alaoui multiplient les mouvements offensifs. L’action la plus chaude du début de match intervient à la 11ᵉ minute : Zahouani s’infiltre dans la surface, dribble et frappe. Le gardien Abdelmonem repousse difficilement le ballon. Al Alaoui récupère et tente une reprise, mais sans succès.


À partir de la 15ᵉ minute, les Marocains accentuent leur domination. Le bloc égyptien reste regroupé, jouant la défensive. Le Maroc se montre le plus entreprenant, mais peine à trouver la faille. À la 20ᵉ minute, Zahouani, Sadak et El Alaoui continuent de combiner sans parvenir à débloquer la situation.

Malgré leur domination, les joueurs marocains ne se sont pas laissés leurrer et ont fait preuve d’une rigueur tactique, en prévision de toute mauvaise surprise de l’équipe égyptienne qui pariait sur les contre-attaques et les balles arrêtées pour prendre l’avantage.

Plus endurants physiquement et plus forts mentalement, les joueurs marocains accentuent leur pression à la deuxième mi-temps. Boumessaoudi déclenche une frappe lointaine puissante à la 56ᵉ minute, mais le gardien Abdelmonem est à la parade. Deux minutes plus tard, Zahouani déborde, centre pour El Alaoui qui rate une belle occasion.


Le Maroc insiste. À la 61ᵉ minute, la pression se fait plus forte. Les entrées en jeu de Dahak et Arguigue donnent un second souffle à l’attaque marocaine, redoutable en transition rapide. L’Égypte, de son côté, tente de sortir davantage, mais ses initiatives manquent de tranchant.

Le tournant du match survient à la 77e minute. Ismaïl Aouad, très actif sur son côté, adresse un centre millimétré pour Jones El Abdellaoui. Ce dernier conclut d’un tir croisé qui bat le gardien égyptien. Le Maroc prend l’avantage (1-0).


L’Égypte tente alors le tout pour le tout. À la 85e minute, elle pousse pour revenir au score. Bibo, entré en jeu, dynamise l’attaque mais se heurte à une défense marocaine intraitable.

Les dernières minutes sont tendues. Le Maroc recule légèrement pour préserver son avantage. Les contres menés par Dahhak et Arguigue restent dangereux, mais le score ne bougera plus.

À la 90+8 minute, l’arbitre siffle la fin de la rencontre : le Maroc s’impose 1-0 et se qualifie pour la finale, où il retrouvera l’Afrique du Sud, tombeuse du Nigeria dans l’autre demi-finale.

CAN U20. Le Maroc écarte l’Égypte et file en finale (1-0)

Tout n’a pas été parfait, mais l’essentiel a été assuré. Le Maroc disputera une troisième finale de Coupe d’Afrique des nations U20. Ce sera  dimanche 18 mai contre l’Afrique du Sud. Un rendez-vous validé en venant à bout d’une faible équipe égyptienne (aucun tir cadré en 96′), en demi-finale, ce jeudi 15 mai au Caire, grâce à une réalisation de Jones El Abdellaoui (78′). 

L’attaquant marocain a battu à bout portant le gardien adverse en étant à la réception d’un centre au second poteau d’Ismaël Aouad (78’). Deux entrants qui soulignent le coaching gagnant de Mohamed Ouahbi et de son staff. Sur l’action, difficile de ne pas mettre en avant le travail de Hossam Essadak qui a trouvé le décalage au bon moment en lançant le passeur côté droit.

Toutefois, ce match ne restera certainement pas dans les annales du football continental. On ne sait pas si les 22 acteurs étaient perturbés par le bruit assourdissant des vuvuzelas, mais leurs performances n’ont pas été à la hauteur de l’événement. On a surtout vu énormément de fautes (35), des grimaces de douleur, des contestations contre les décisions arbitrales, mais peu de véritables occasions de marquer

En même temps, c’est la particularité de ces matchs couperets, où la peur de perdre noue l’estomac et inhibe les talents. Des matchs où il faut gagner pour éviter de rentrer à la maison. Bon, pour le coup, les Égyptiens n’iront nulle part car ils évoluent quasiment tous au pays. Mais il y a consensus sur le niveau technique en dessous de la moyenne. Surtout côté égyptien.

Dès l’entame, les Pharaons ont laissé le contrôle du ballon aux Marocains en les attendant, recroquevillés dans leur propre tiers du terrain. Certainement parce qu’ils n’avaient pas les moyens de le confisquer. En face, les Lionceaux de l’Atlas n’ont pas exploité l’apathie adverse. Ils ont brillé par leur combativité et une défense d’airain.

Mais offensivement, ils n’ont pas été flamboyants. Mouad Dahak a ciré le banc au profit d’Ilias Boumassaoudi, certainement une forme de reconnaissance de son implication dans le but de la victoire contre la Sierra Leone en quart. Néanmoins, après avoir été auteur du premier tir cadré du match (10’) sur coup franc des 25 mètres qui n’a aucunement inquiété le gardien adverse, il s’est éteint à petit feu.

Pourtant, les Lionceaux de l’Atlas ont tenté de varier leurs travaux d’approche, en passant une fois à gauche, une fois à droite, grâce à l’apport des latéraux. Mais ils n’ont pas réussi à inquiéter le gardien égyptien. Il y a eu quelques tentatives de loin comme celle de Hossam Essadak ou Reda Laalaoui, mais globalement, les Marocains ont été trop peu dangereux en première mi-temps.

D’autant que Othmane Maamma, censé être le leader technique de cette équipe, était toujours à contre-temps, privilégiant la passe quand il fallait dribbler et inversement. Il n’a d’ailleurs pas réussi à exploiter le carton jaune reçu en première mi-temps par son adversaire direct, Mohamed Saby.

Même scénario au retour des vestiaires. Ce n’est qu’à partir de la 56e que le Maroc s’est montré dangereux, encore une fois par l’intermédiaire de Hossam Essadak dont le tir du pied gauche de l’extérieur de la surface de réparation a été stoppé par le portier. Moins de 2 min plus tard, Reda Laalaoui a eu une formidable occasion d’ouvrir le score sur un tir en pivot dans la surface de réparation, mais le ballon est passé au-dessus des cages égyptiennes.

Puis, quasiment aucune occasion intéressante à se mettre sous la dent. Jusqu’au but de la délivrance inscrit par Jones El Abdellaoui (78’), en étant à la réception d’un centre d’Ismaël Aouad au second poteau. Le Maroc a désormais la possibilité de glaner un second titre continental dans la catégorie, dimanche 18 mai contre l’Afrique du Sud. 

CAN U20. Maroc-Égypte, un duel au sommet pour une place en finale

Depuis l’instauration de la nouvelle formule en 1991, le Maroc a atteint la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations U20 à deux reprises (1997, 2005) pour un sacre. De quoi nourrir des espoirs légitimes, au moment d’affronter l’Égypte dans le dernier carré de l’édition 2025, ce jeudi 15 mai au Caire (19 h).

« On veut aller à la Coupe du monde en étant champion d’Afrique », a assuré le sélectionneur national Mohamed Ouahbi en conférence de presse d’avant-match. En plaçant la barre aussi haut, le technicien marocain a l’intention de convaincre ses protégés de leur potentiel et de les pousser à viser l’excellence, sans complexe. D’autant que, historiquement, les vainqueurs de la CAN ont souvent réalisé de belles performances dans l’événement planétaire :

– Le Ghana : vainqueur de la Coupe du monde U20 (2009). Finaliste en 1993 et quart de finaliste en 1999 ; 

– Le Nigeria : finaliste en 1989 et 2005, 3e en 1985, plusieurs participations jusqu’en quarts ou huitièmes ; 

– Le Mali : quart de finaliste en 2019 ;

– La Zambie : quart de finaliste en 2017 ; 

– Le Sénégal : quart de finaliste en 2023.

Enfin, le Maroc avait remporté la CAN U20 en 1997 et atteint les huitièmes de finale à la Coupe du monde la même année. On ne sait pas si Mohamed Ouahbi signerait pour réitérer l’exploit de la bande à Fathi Jamal, qui avait disputé la demi-finale du Mondial 2005 sans remporter le titre continental.

Mais pour l’instant, une chose est sûre : le staff de l’équipe nationale met tout en œuvre pour garder les Lionceaux de l’Atlas concentrés, soudés et animés par un seul objectif : aller le plus loin possible et faire vibrer tout un pays. À commencer par la récupération. Pour le coup, les deux équipes seront quasiment sur un pied d’égalité après avoir joué des prolongations en quart de finale. Même si l’Égypte a un léger désavantage puisqu’elle a perdu de l’influx nerveux en disputant une séance de penalties, remportée contre le Ghana.

Mais cela peut facilement être comblé par le fait de jouer à domicile. Au-delà de la diaspora marocaine qui soutient sans faillir Othmane Maamma and co depuis le début du tournoi, les hommes de Mohamed Ouahbi ne seront pas non plus dépaysés en retrouvant le pays hôte, dans le Stade du 30-Juin, où ils ont déjà évolué à trois reprises sur les quatre matchs qu’ils ont disputés.

Abdelhamid Aït Boudlal, apte mais pas à 100%

Quoi qu’il en soit, « ce sera un match difficile », a prévenu le sélectionneur, qui récupère son défenseur Abdelhamid Aït Boudlal, qui a repris les entraînements après sa blessure, même s’il n’est pas encore en pleine possession de ses moyens. « Je respecte l’Égypte depuis l’UNAF. Nous étions déjà qualifiés et eux devaient absolument gagner un match contre la Tunisie pour passer. Ils ont joué à dix et ils sont parvenus à gagner le match. Pareil contre la Tanzanie, la Sierra Leone et la Zambie. C’est une équipe qui a un gros mental et qui ne lâche rien », a-t-il souligné.

En effet, pour une nation qui s’est fait laminer par le Petit Poucet sierra-léonais (4-1) en phase de groupes où elle a fini à la 3ᵉ place, se relever pour atteindre ce stade de la compétition relève d’une forme d’exploit. À l’exception de Omar Ismail (Aston Villa, Angleterre) et Amr Khaled (FC Aarau, Suisse), tous les joueurs qui composent le groupe égyptien évoluent au pays. Ils seront sans doute animés par la volonté de rendre fous de bonheur leurs compatriotes, à l’image de l’édition 1991. L’une des cinq remportées par le pays hôte :

– L’Égypte (1991) ; 

– Le Maroc (1997) ; 

– Le Ghana (1999) ; 

– La République du Congo (2007) ; 

– La Zambie (2017).

Abdel Monem Tamer, le maillon faible

Mais en face, le Maroc ne se laissera pas faire. Surtout s’il réussit à maîtriser les velléités offensives adverses. En particulier les projections des latéraux, mais aussi la capacité des milieux excentrés à repiquer dans l’axe en vue de créer de l’espace aux arrières ou bien à renverser le jeu à l’opposé.

Les attaquants excentrés égyptiens repiquent souvent dans l’axe pour ouvrir des espaces aux latéraux, ou bien afin de renverser le jeu à l’opposé.

De l’autre côté du terrain, les Marocains auront nécessairement des opportunités qu’il faudra exploiter. Car les Égyptiens ne se font pas vraiment mal en défense, étant très peu agressifs sur le porteur du ballon. Pour preuve, hormis le Kenya d’ores et déjà éliminé, l’Égypte est l’équipe dont l’intensité des challenges défensifs est la plus faible (5,1 duels, tacles et interceptions par minute de possession adverse).

Malgré une situation de trois contre un pour l’Égypte, le joueur de la Sierra Leone a réussi à centrer sur cette action, qui s’est terminée par un but.

En outre, leur portier est loin d’être une assurance tous risques. Bien qu’il soit souvent délaissé par sa défense, faisant de lui le gardien ayant subi le plus de tirs dans la compétition, personne n’a empêché Abdel Monem Tamer d’être un peu plus décisif. D’ailleurs, c’est l’un des gardiens dont le ratio buts évités par 90’ est le plus faible de la compétition.

Ce n’est pas une surprise s’il dirige la deuxième pire défense de la compétition (6 buts encaissés), dont trois tirs de l’extérieur de la surface de réparation, car il éprouve énormément de difficulté à gérer les rebonds. Ce qui doit logiquement donner des idées à nos Lionceaux de l’Atlas qui nourrissent l’espoir d’affronter en finale le vainqueur de la première demi-finale, qui opposera un peu plus tôt l’Afrique du Sud au Nigeria.

CAN2025 U20. Le Maroc qualifié pour la demi-finale et le Mondial (Maroc-Sierra Leone 1-0)

Le Maroc a particulièrement souffert pour atteindre la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations U20 et, par la même occasion, décrocher son billet pour le Mondial de la catégorie, organisé à partir du 27 septembre 2025 au Chili. Et pour cause, ce lundi 12 mai au Caire, la Sierra Leone a donné du fil à retordre aux hommes de Mohamed Ouahbi en quart.

Contre un adversaire qui avait tout à gagner, les Lionceaux de l’Atlas ont dû attendre les prolongations pour assurer leur présence dans le dernier carré. Car pendant 115 minutes, les débats étaient globalement équilibrés, jusqu’au but de la victoire inscrit contre sans camp par Amara Keita.

Dans une rencontre qui a démarré sur les chapeaux de roue avant que les joueurs ne baissent de pied au fil du temps, tout a commencé par une tentative non cadrée de Saâd El Haddad au point de penalty (6’). Osman Kamara a ensuite répondu en alertant Yanis Benchaouch du pied gauche sur une dernière passe de Momoh Kamara (9’). Dans la minute qui suit, la révélation de la compétition est encore une fois tombée sur le portier marocain, mais dans un rôle de tireur. 

Des occasions qui confirment l’impression donnée par la Sierra Leone, qui a pris le jeu à son compte, tandis que les Marocains ont opté pour une posture attentiste afin de mieux exploiter les espaces béants dans le dos de la défense adverse. Les rôles se sont inversés par la suite, avec des Lionceaux de l’Atlas plus entreprenants.

Les Marocains ont tenté de faire bouger le bloc défensif sierra-léonais pour y créer des brèches. Mouad Dahak a souvent quitté son côté gauche afin de favoriser une supériorité numérique sur l’aile droite où l’attendait Othmane Maamma. Mais ni l’un ni l’autre n’a été dangereux, principalement par manque de justesse dans les 30 derniers mètres.

En revanche, le milieu de terrain du Onze national a été performant. Du moins, si l’on excepte Sâad El Haddad, dont l’influence sur le jeu de son équipe était trop neutre. Réda Laalaoui et Hossam Essadak ont été omniprésents. D’ailleurs, à la demi-heure de jeu, Réda Laalaoui n’a pas hésité à reprendre une mauvaise relance dans l’axe d’une belle volée du pied droit à l’entrée de la surface de réparation. Mais sa tentative est passée juste au-dessus de la cage adverse.

L’abattage de Hossam Essadak dans l’entrejeu a été essentiel pour maintenir l’équilibre du bloc équipe. C’est lui qui a sorti ses coéquipiers du faux rythme dans lequel s’inscrivait doucement le match, en décochant une frappe des 25 m (40’), difficilement déviée en corner par Mamadou Wurie Jalloh.

Moins serein sur le bord de la touche par rapport au dernier match face à la Tunisie, le sélectionneur national, Mohamed Ouahbi, sentait que la rencontre commençait à échapper à ses joueurs, certainement préoccupé par les pertes de balles trop fréquentes dont étaient coupables ses protégés.

Surtout que l’influence des attaquants marocains était quasiment réduite à néant et que les défenseurs se montraient fébriles à la relance, face au pressing haut par séquences de la Sierra Leone. Sans surprise, le technicien marocain a procédé à trois remplacements d’un coup, en lançant Aouad, El Mokhtari et El Abdellaoui.

C’est ce dernier qui a initié l’occasion la plus franche pour les Marocains en seconde mi-temps, en déposant un magnifique centre sur la tête d’Ayman Rguigue, qui a étonnamment visé le gardien. Jusque-là intraitable, le portier sierra-léonais a failli précipiter la défaite des siens en sortant à contretemps sur une passe en profondeur, avant de faucher Dahak dans la surface de réparation (81’)

Mais l’arbitre a, contre toute attente, sifflé une remise en jeu pour les Sierra-Léonais, après consultation des images de la VAR. Stupéfaits par la décision de l’arbitre, les Lionceaux de l’Atlas ont perdu de leur concentration, au point d’être à deux doigts d’encaisser un but fatal sur une tentative lointaine d’Amara Keita, parfaitement déviée en corner par Yassir Benchaouch.

Le dernier rempart des Lionceaux de l’Atlas a été en alerte jusqu’au bout de la rencontre. Un état d’esprit sans lequel il n’aurait pas été décisif une deuxième fois sur un autre tir lointain (89’). Alors qu’on se dirigeait vers les prolongations, le Onze national obtient un coup franc à l’entrée de la surface de réparation, consécutif à une main de Samba Bah, synonyme d’expulsion pour le latéral qui était en position de dernier défenseur.

La prolongation a été dominée par les Marocains jusqu’au dénouement, à cinq minute des tirs au but, lorsque Ilias Boumassaoudi a réalisé un festival dans la surface de réparation avant d’envoyer un centre en cloche qui a fini dans les filets adverse, avec la complicité du malheureux Amara Keita.

Le Maroc affrontera l’Égypte en demi-finale, ce jeudi 15 mai 2025.

CAN U20. Le Maroc défie la Sierra Leone pour une place au Mondial

Le football marocain parviendra-t-il à maintenir sa lancée positive à l’international, ce lundi 12 mai, face à la Sierra Leone ? Malgré le forfait de son canonnier Yassir Zabiri jusqu’à la fin de la compétition, le sélectionneur Mohamed Ouahbi reste confiant à l’heure de disputer le quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations U20 au Caire.

Le technicien croit en la capacité de ses protégés à se qualifier pour les demi-finales et à composter leur billet pour le Mondial U20, prévu au Chili, du 27 septembre au 19 octobre 2025. Ils espèrent ainsi suivre les traces des A, quasiment qualifiés pour la Coupe du monde 2026. Les U17, récents champions d’Afrique à domicile, sont déjà qualifiés pour leur Coupe du monde, tout comme l’équipe nationale féminine de futsal.

Le football marocain est en pleine ascension, avec des perspectives prometteuses dans plusieurs catégories. Une réussite qui ne semble pas inhiber les Lionceaux de l’Atlas. « Il est positif de voir l’ensemble du football national porté par une dynamique de victoire. Le staff et les joueurs sont pleinement conscients qu’ils représentent un pays qui gagne et qui travaille bien. On ne ressent pas de pression. Cela nous apporte confiance et sérénité pour aborder ce genre de match », a expliqué Mohamed Ouahbi lors de la conférence d’avant-match.

Une quatrième qualification pour la Coupe du monde U20 raviverait le souvenir de la performance historique de 2005. Cette année-là, aux Pays-Bas, les U20 nationaux avaient créé la surprise en atteignant les demi-finales. Défaits par le Nigeria, ils avaient terminé à une remarquable quatrième place. Sous la houlette de Fathi Jamal, aujourd’hui directeur technique national, une génération pétrie de talent avait alors éclaté au grand jour, à l’image de Mohcine Iajour et d’Amine Bourkadi.

Mais chaque chose en son temps. Pour l’heure, l’instant présent et ce rendez-vous contre la Sierra Leone mobilisent toutes les attentions. Un match pour lequel le Maroc sera privé de son meilleur défenseur. « Abdelhamid Ait Boudlal n’est pas encore rétabli. Yassir Zabiri est out jusqu’à la fin de la compétition. Mais le reste des joueurs est disponible », a précisé Ouahbi.

Un adversaire à ne pas prendre à la légère

Une bonne nouvelle, au regard notamment de l’importance prise par Othmane Maamma dans l’animation offensive marocaine. Absent lors du dernier match de groupe face à la Tunisie (3-1), l’attaquant du Montpellier Hérault est le dynamiteur attitré du front offensif marocain. Sa présence ne sera pas de trop cet après-midi sur la pelouse du stade 30 Juin.

D’autant que l’adversaire n’est pas à prendre à la légère et ne manque pas d’expérience, malgré son statut de novice à ce stade de la compétition. « Ils ont six joueurs qui étaient convoqués chez les A lors des derniers matchs qualificatifs à la Coupe du monde 2026, dont quatre titulaires », a rappelé Ouahbi.

« Beaucoup diront que la Sierra Leone est une petite équipe qui ne s’est jamais qualifiée à la CAN. Mais il suffit de regarder ses prestations au premier tour et ses statistiques offensives pour se rendre compte que c’est un adversaire redoutable », a-t-il prévenu. En effet, les jeunes Leone Stars ont fait montre de très bonnes dispositions offensives :

– Buts marqués : 1er ex æquo avec le Maroc (6) ; 

– xG : 2e (6,8), derrière le Maroc (7,2) ; 

– Tirs : 1er avec 13,5 tirs par 90’ ; 

– Centres : 1ᵉʳ avec 17,1 centres par 90’ ; 

À l’évidence, c’est une équipe tournée vers l’avant. Jusqu’à présent, elle est celle qui touche le plus de ballons dans la surface adverse (13,9 par match), grâce à une forte présence dans le dernier tiers.

La Sierra Leone est portée vers l’attaque, en plaçant plusieurs joueurs dans le camp adverse (en vert).

À la perte du ballon, la Sierra Leone est vulnérable en profondeur

Révélation de la phase de groupes, Momoh Kamara incarne la principale menace offensive (3 buts). À surveiller comme le lait sur le feu, notamment dans ses déplacements entre la ligne défensive et celle du milieu. Il est la figure de proue d’un groupe de 26 joueurs, composé de talents évoluant dans le championnat local, mais aussi aux États-Unis, en Lettonie ou encore au Danemark. À l’instar du gardien Mamadou Wurie Jalloh, auteur de 12 arrêts jusqu’ici (3e meilleure performance du tournoi).

Mais à la perte du ballon, le bloc défensif sierra-léonais est vulnérable en profondeur. C’est la deuxième pire défense du tournoi, avec cinq buts encaissés. Un chiffre toutefois à nuancer. « Il ne faut pas retenir leur défaite (4-1) contre l’Afrique du Sud, car ils avaient largement remanié l’équipe. Il n’y avait que quatre titulaires dans le onze de départ », a tempéré M. Ouahbi.

La Sierra Leone n’aime pas particulièrement défendre en courant vers son but. Le manque de repli les rend vulnérables sur les centres au second poteau.

Cela dit, ce n’est pas une équipe qui transpire la sérénité défensivement. Elle affiche une faible réussite dans les duels défensifs (52,5 % remportés, pire total du tournoi), et perd plus d’un duel aérien sur deux. Elle se montre aussi friable sur les centres au second poteau, faute de couverture adéquate des milieux excentrés. Des faiblesses à exploiter pour raviver la flamme de 2005 et offrir à une nouvelle génération de jeunes joueurs marocains l’occasion d’écrire sa propre page d’histoire.

CAN U20 : La Sierra Leone, prochain adversaire du Maroc en quarts de finale

Au terme de la cinquième et ultime journée du groupe A, jouée vendredi 9 mai, la Sierra Leone occupe la deuxième place, derrière l’Afrique du Sud et devant l’Egypte. Les trois équipes, comptant 7 points chacune, sont départagées au goal average.

Les Lionceaux de l’Atlas ont bouclé la phase de poules en tête du groupe B avec 7 points, après deux victoires contre le Kenya et la Tunisie et un nul face au Nigeria.

Ils jouent leur quart de finale lundi prochain, contre le Sierra Leone.

Voici le programme des quarts de finale ce lundi 12 mai:

– Nigéria vs Sénégal.

– Ghana contre Égypte.

– Maroc – Sierra Leone.

– Afrique du Sud contre RD Congo.

CAN U20. Le Maroc écarte la Tunisie et file en quarts de finale (3-1)

La tension était palpable ce mercredi à Ismaïlia, alors que le Maroc et la Tunisie s’affrontaient dans un match crucial pour la qualification. Sur fond de rivalité régionale et d’enjeu sportif, la rencontre a donné lieu à un combat disputé mais parfois brouillon, sur la pelouse du stade Canal de Suez.

Les Marocains ont ouvert la marque à la 34e minute grâce à une superbe tête de Ayman Arguigue, à la réception d’un centre millimétré de Fouad Zahouani. Dominée en début de seconde période, l’équipe de Mohamed Ouahbi a vu la Tunisie égaliser à la 54e minute sur un tir de Anis Dubal, dévié par la défense marocaine. 

Mais les Lionceaux ont eu le dernier mot : à la 86e minute, Smail Bakhty a profité d’un ballon mal renvoyé sur coup franc pour fusiller le gardien tunisien du pied gauche. Quelques minutes plus tard, Jones El Abdellaoui a scellé le sort du match sur une contre-attaque rondement menée, conclue du pied droit.

On attendait plus des Aigles de Carthage, repêchés à la dernière minute en remplacement de la Côte d’Ivoire. Mais ils semblaient sans véritable inspiration, comme s’ils avaient conscience de leurs limites face à un Maroc pourtant diminué. De leur côté, les Lionceaux de l’Atlas ont évolué avec une composition largement remaniée.

Trois titulaires manquaient à l’appel, dont le virevoltant Othmane Maamma, blessé lors du dernier match. Mohamed Ouahbi a ainsi misé sur la prudence et le turnover, sans grande cohésion, mais avec un pressing haut efficace.

Les Tunisiens ont tenté de prendre le jeu en passant par les ailes, notamment à la 9e minute lorsque Mohamed Anan a failli surprendre Benchaouch d’un tir en angle fermé. En réponse, les Marocains se sont montrés dangereux sur quelques situations, dont une frappe lourde de Houssem Essadek déviée en corner (32’). 

Avant de rentrer au vestiaire, Fouad Zahouani a servi un centre parfait que Aymen Arguigue a bonifié d’une tête puissante pour ouvrir le score. Après la pause, les Tunisiens sont revenus avec de meilleures intentions et ont été récompensés à la 54e. Lorsque Anis Dubal a égalisé sur un tir dévié, laissant Benchaouch sans réaction. 

Un but qui a brièvement relancé les espoirs tunisiens, mais la solidité des Marocains a fait la différence en fin de rencontre. C’est finalement Smail Bakhty qui a offert la victoire à son équipe (86’), en reprenant d’un tir du gauche un ballon traînant dans la surface, avant que Jones El Abdellaoui ne clôt la marque dans les arrêts de jeu. 

Le Maroc valide donc son billet pour les quarts en tant que premier du groupe B, avec un mélange d’abnégation, de rigueur tactique et d’efficacité dans les moments clés.