DHL Express suspend ses services au Canada à partir du 20 juin 2025

Les opérations d’expédition DHL Express au Canada seront interrompues à partir du vendredi 20 juin 2025 à 00h00 (heure locale). « Nous cesserons de collecter les envois à destination ou en provenance du Canada à partir du mercredi 18 juin jusqu’à nouvel ordre », peut-on lire dans un communiqué de DHL Express Maroc, filiale de DHL.

Les services des autres divisions de DHL au Canada – DHL Global Forwarding et DHL Supply Chain – ainsi que les livraisons entrantes pour DHL eCommerce et Post & Parcel Germany ne sont pas concernés par cette suspension, précise la même source.

DHL Express explique que, malgré près d’un an de négociations avec le comité syndical Unifor, aucun progrès significatif n’a été réalisé pour parvenir à une nouvelle convention collective. L’entreprise souligne également que la nouvelle législation canadienne interdit toute mesure d’urgence pour atténuer les impacts des actions syndicales.

DHL Express affirme qu’elle poursuivra les discussions avec Unifor afin de garantir la pérennité de ses activités au Canada.

L’UM6P ouvre une antenne à Montréal

Cette antenne a pour but de créer un environnement de recherche connecté à l’échelle mondiale ainsi que d’encourager les collaborations qui vont servir à accélérer le renforcement des capacités et le transfert de connaissances entre les deux côtés de l’Atlantique, indique un communiqué de l’UM6P.

En fixant les idées sur quatre domaines clés, en précisant la recherche et le développement, la formation continue, l’entrepreneuriat et le développement des capacités, UM6P Canada vise à favoriser les collaborations promouvant l’échange de connaissances, de transfert de technologies et le renforcement des compétences, poursuit la même source.

Ayant pour objectif de développer des liens transcontinentaux en collaborant pas seulement avec ses partenaires canadiens actuels, notamment l’UQAM, l’Université Laval, l’Université de Sherbrooke, l’Université de l’Alberta et l’Université de Manitoba, mais également avec l’ensemble de l’écosystème canadien de l’éducation, la recherche et l’innovation.

« Avec l’ouverture de la nouvelle antenne UM6P Canada, nous marquons une étape importante dans notre engagement à renforcer les liens entre l’Afrique et l’Amérique du Nord. En collaboration avec nos partenaires canadiens, nous répondons au besoin d’innovation et favorisons la coopération internationale face aux défis contemporains. Cette ouverture s’inscrit dans une démarche proactive pour aborder les enjeux mondiaux tels que la transition énergétique, la durabilité environnementale et les avancées de l’intelligence artificielle. Notre partenariat intercontinental incarne une réponse concrète et collaborative pour construire un avenir plus résilient et durable », précise Hicham El Habti, président de l’UM6P, cité dans le communiqué.

Cette nouvelle antenne se constituera également comme une plateforme de réseautage et de collaboration avec les compétences Marocaines et Africaine au Canada, et contribuera activement à l’écosystème d’innovation de l’Amérique du Nord en soutenant des projets dans cinq secteurs essentiels : l’agriculture, l’énergie, l’exploitation minière, l’intelligence artificielle et le développement durable. L’UM6P a la volonté de générer des impacts significatifs, notamment à travers la conclusion d’accords commerciaux, le dépôt de brevets et le transfert de technologies, tout en encourageant la création de startups et de nouvelles entreprises, conclut le communiqué.

Air Transat lance sa ligne Montréal-Marrakech

Les responsables de la compagnie aérienne du groupe Transat, Sebastian Ponce, directeur des revenus Air Transat, et Joseph Adamo, directeur des ventes et marketing Transat, ont fait partie de ce premier vol, souligne dans un communiqué l’Office national marocain du tourisme (ONMT), précisant que cette nouvelle liaison est une « nouvelle étape franchie dans la stratégie offensive de l’ONMT ‘Light In Action’ de conquête du marché nord-américain ».

Le Canada s’impose comme un marché de plus en plus important. Pour preuve, au cours des dix dernières années, la capacité en sièges du Canada vers le Maroc a augmenté de 87%, passant de 87.000 à 164.000 sièges par an, relève la même source. L’ONMT et Air Transat ont signé, le 25 octobre 2023, un accord de partenariat stratégique dont la première mesure opérationnelle est l’ouverture de cette ligne Montréal-Marrakech.

Deuxième compagnie nord-américaine à opérer sur le Maroc (après AirCanada), Air Transat devient ainsi la seule compagnie aérienne en Amérique du Nord à offrir des vols directs vers Marrakech à raison de deux fois par semaine en été et une fois par semaine en hiver.

Selon les prévisions, cette nouvelle ligne alimentera non seulement le tourisme à Marrakech, mais offrira également aux voyageurs un large éventail de possibilités, avec un accès aux stations balnéaires d’Essaouira, Taghazout et Agadir, ainsi qu’aux destinations de montagne et d’écotourisme (Azilal, Béni Mellal…), du Sud (Ouarzazate, Zagora et Merzouga) et même les destinations city break et culturelles du Nord (Casablanca, Rabat, Meknès et Fès).

L’ONMT organise en marge du vol inaugural un Fam Trip en faveur du top-management du groupe Transat du 13 au 16 juin. Des rencontres avec les responsables de la Confédération nationale du tourisme et du Conseil régional du tourisme de Marrakech-Safi sont prévues afin de renforcer les relations avec les opérateurs et de poser les jalons d’une collaboration fructueuse pour le secteur touristique marocain, conclut le communiqué.

Produits alimentaires. Comment les entreprises marocaines se positionnent au Canada

MONTREAL.- Conquérir le marché ethnique constitué de la diaspora marocaine au Canada n’est pas gagné d’avance pour les entreprises agro-alimentaires implantées au Maroc. Augmenter leur part de marché en ciblant une clientèle mainstream l’est encore moins, du fait d’un environnement d’affaires ultra concurrentiel, des défis d’ordre logistique et des aléas climatiques.

Organisé au Palais des congrès de Montréal, du 15 au 17 mai, le Salon international de l’alimentation (SIAL) au Canada offre aux opérateurs marocains une plateforme B to B de grande envergure. Une action initiée par Morocco Foodex, en vue d’appréhender un environnement économique particulier et exigeant, nécessitant plusieurs ajustements. 

« Le marché canadien se caractérise par plusieurs spécificités en termes de réglementation, de packaging au niveau de l’étiquetage ou du format, puisqu’en Amérique du Nord, les formats sont différents de ceux vendus au Maroc », explique à Médias24, Younes Laghrari, directeur général d’Alimentarius, une société d’import, d’export et de distribution.

Des ajustements au niveau de la chaîne de production

Sur le plan de la clientèle, le marché ethnique est nettement plus accessible que le marché grand public, notamment pour les sociétés proposant des produits du terroir. C’est le cas de North Flavors, un opérateur marocain qui produit de la tapenade, de la confiture et de l’huile d’olive dans la province d’Asilah, avec le concours d’autres coopératives de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

« Nous avons lancé nos produits à la vente au Maroc, avant de les exporter vers la France et l’Espagne à travers des plateformes de distribution. Puis, nous avons décidé de tenter notre chance sur le marché ethnique canadien », avance Jalal Bouchiba, gérant de North Flavors.

Mais dans un marché aussi difficile à conquérir que le continent nord-américain, la volonté à elle seule ne suffit pas. « L’un des principaux défis réside dans l’amélioration du packaging. Il faut aussi posséder les autorisations sanitaires nécessaires pour vendre nos produits sur le sol canadien », souligne notre interlocuteur, qui n’est pas le seul à opérer des ajustements au niveau de la chaîne de production.

C’est également le cas d’entreprises fondées il y a des décennies et bien établies au Canada, à l’instar de la marque de biscuit Henry’s. Après avoir conquis le marché ethnique au début des années 2000, la firme aspire désormais à devenir « le biscuit de monsieur Tout-le-monde au Canada », affirme Adil Alami, directeur du développement client chez Henry’s. 

Le coût du transport peut représenter jusqu’à 25% des charges

Cet objectif présente des défis de taille. « La marque Henry’s est spécifique. L’emballage étant mythique, nous avons décidé de ne pas le modifier. Mais, en même temps, il n’est pas forcément approprié à une population plus jeune et à la recherche d’emballages plus attrayants », indique Adil Alami.  

« C’est pour cela que nous sommes près à développer une marque spécialement pour le marché canadien, d’autant qu’avec l’aide de nos partenaires, nous décryptons mieux le marché canadien. Ce sera donc une nouvelle marque, mais aussi des packs et des packaging spécifiques à ce marché », annonce-t-il. 

L’idée est donc de passer d’un pack biscuit de 10 pochons de 42 grammes à un autre présentant des pochons plus petits mais plus nombreux, pour s’adapter aux habitudes nord-américaines et multiplier les occasions de consommation, tout en réduisant les coûts de production. Une nécessité au vu des contraintes logistiques auxquelles sont confrontées les entreprises marocaines. 

Car pour viser le marché canadien, les produits doivent traverser tôt ou tard l’océan Atlantique. Or, « ces dernières années, les prix de transport ont augmenté, surtout pour les biscuits. Le coût du transport peut représenter jusqu’à 25% des charges », souligne Younes Laghrari.  

« Malheureusement, le transport est très variable, car toutes les compagnies maritime sont touchées par les différentes tensions politiques mondiales, donc elles augmentent leurs prix. Certains bateaux font des détours, en évitant par exemple de passer par le Canal de Suez ».  

Des conditions climatiques peu clémentes 

Aux contraintes logistiques viennent se superposer d’autres difficultés d’ordre climatique. La sécheresse ayant eu un impact sur les capacités de production agricole, certaines entreprises ont dû augmenter leur prix de vente, au grand dam de leur clientèle canadienne, même si le pouvoir d’achat du marché nord-américain est élevé. 

« La sécheresse est effectivement un problème auquel nous sommes confrontés, et pas uniquement au Maroc. C’est une réalité qui a touché tous les pays méditerranéens producteurs d’olives et d’huile d’olive, spécialement lors de la récolte 2023-2024″, déplore Driss Guessous, PDG de Agrucapers Morocco.

La société productrice et exportatrice notamment d’olives et de câpres, dont le Maroc est l’un des premiers producteurs au monde, s’est invitée sur le marché canadien depuis plus de vingt ans, en visant d’abord le marché ethnique, avant de collaborer avec les grandes surfaces à travers des importateurs. 

Pour expliquer la hausse des prix de vente, « nous avons joué la carte de la transparence en disant à nos clients que la sécheresse implique une baisse de production de la matière première, et donc une augmentation de son prix », explique Driss Guessous.  

« Certes, ce n’est pas toujours facile de faire accepter une telle situation », reprend-il, « mais compte tenu de la relation de confiance qui nous lie, les clients ont eu plus de facilité à accepter la nouvelle donne”. Une relation de confiance à laquelle aspire toutes les entreprises marocaines qui lorgnent le marché nord-américain. Celle-ci a été bâtie sur « des jalons solides pour atteindre une croissance pérenne, en visant la qualité plutôt que le volume », conclut notre interlocuteur. 

Immigration. Quelles sont les motivations des Marocains qui s’installent au Canada ?

Si l’Europe demeure la principale terre d’accueil des Marocains résidant à l’étranger, le Canada est l’autre destination privilégiée. Malgré la distance et les conditions climatiques parfois difficiles, ils sont des dizaines à traverser l’Atlantique, en quête d’une meilleure qualité de vie et d’un épanouissement professionnel. 

Selon le dernier recensement en date, la diaspora marocaine au Canada se chiffre à près de 104.000 personnes. « Les statistiques du Maroc indiquent que sa diaspora se situe davantage autour de 300.000 personnes », précise le gouvernement du Canada. En raison de la barrière linguistique, la principale province d’accueille de ces ressortissants demeure le Québec, en particulier la région de Montréal.

Ces dernières années, les provinces anglophones sont elles aussi devenues un point de chute privilégié par bon nombre de Marocains. En 2022, 81 % des résidents permanents d’expression française admis au Canada, hors Québec, étaient des citoyens de pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

Le Maroc (2e) est évidemment bien représenté dans le top 10 des principaux pays de citoyenneté des résidents permanents d’expression française au Canada, hors Québec (2022). Le Royaume est également entré dans le top 10 des pays de citoyenneté les plus courants chez les candidats ayant reçu une invitation à présenter une demande (IPD) de résidence permanente (978 IPD). Et ce n’est pas près de s’arrêter. 

Conscient du fait que l’immigration joue un rôle important dans le soutien de la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire partout dans le pays, le gouvernement du Canada prévoit d’accueillir davantage de francophones, en provenance du Maroc notamment.

Niveau d’éducation élevé et solides compétences professionnelles

Au Québec, comme en Ontario ou encore en Colombie britannique, la diaspora marocaine se caractérise par des profils divers et variés. Ils ont toutefois en commun un niveau d’éducation élevé et de solides compétences professionnelles. Les critères d’admission aux principaux programmes d’immigration accordent en effet une importance capitale non seulement à l’âge et aux connaissances linguistiques, mais aussi au niveau de scolarité et à l’expérience de travail. 

Dans d’autres cas, il s’agit d’étudiants qui ont décidé de poursuivre l’aventure au Canada au terme de leur cursus universitaire. À l’instar d’Amine, pour qui il aurait été plus simple de rejoindre ses frères en Europe. Pourtant, il n’a pas hésité à tracer sa propre voie outre-Atlantique.  

« J’ai décidé de poursuivre mes études au Canada pour la bonne réputation des universités et des écoles sur le plan pédagogique. J’avais également envie de vivre le rêve américain en quelque sorte », nous confie celui qui réside depuis huit ans en périphérie de Montréal.

« C’est sûr que le Canada est complètement différent du continent européen », souligne-t-il. « La qualité de vie y est meilleure et tu ne te sens pas vraiment étranger, car c’est une nation multiculturelle ». De surcroît, « le marché du travail offre davantage de perspectives ».

La trentaine, Hanane est détentrice d’un master en économie obtenu à Casablanca. Résidant au Québec depuis 2018, « mon intégration se passe très bien », assure-t-elle. L’opportunité de s’envoler vers le Canada s’est présentée à elle quelques mois après l’obtention de son master. Une recherche d’emploi infructueuse l’a incitée à franchir le pas.   

« Je n’ai pas réussi à trouver un poste à la hauteur de mes attentes au Maroc », déplore-t-elle. Six ans après son installation, elle semble avoir trouvé ce qu’elle était venue chercher, outre une bonne qualité de vie. « En plus, c’est un grand et magnifique territoire que j’avais envie de découvrir », avance Hanane, qui partage avec Ahlam son admiration pour les richesses naturelles dont regorge ce pays-continent. 

Se tester dans un autre environnement et sortir de sa zone de confort

Parents de deux enfants, Ahlam et son mari sont tombés sous le charme du Canada au bout de leur deuxième séjour. « Un pays où l’on vit les quatre saisons et où la nature prend une place prépondérante », explique Ahlam, qui réside à Montréal depuis l’été 2023. La décision de s’installer au Canada fut aussi motivée par des considérations professionnelles.

« Nous avions besoin de sortir de notre zone de confort et de vivre une nouvelle aventure, d’autant que nous n’avions pas d’attaches financières au Maroc », précise-t-elle. Une décision risquée, au vu de la situation professionnelle et financière confortable dont Ahlam et sa famille jouissaient au Maroc.  

« Nous avons lancé notre projet de mobilité, car nous avions l’impression de stagner sur le plan professionnel. On estimait avoir atteint un plafond de verre au Maroc. On avait envie de vivre une expérience professionnelle ici au Canada. De se tester dans un autre environnement et savoir ce que valent nos compétences », insiste-t-elle, assurant que son intégration a été facilitée grâce à la langue officielle du Québec, le français. 

« Le fait que la province du Québec soit francophone nous a aussi attirés. On ne voulait pas se retrouver dans la partie anglophone. Cela aurait représenté un frein en termes d’intégration », indique-t-elle.

Tout le contraire de Mohamed. « Je considère la barrière de la langue comme un challenge », affirme celui qui réside depuis quelques mois à Ottawa, la capitale du Canada, située dans la province de l’Ontario à un peu plus de deux heures de route de Montréal.

Il faut savoir mettre son ego de côté, le temps de s’intégrer

En réalité, Mohamed fait face à un double challenge. En plus de devoir s’adapter à un nouvel environnement, qui plus est anglophone, il doit également opérer une transition professionnelle. « C’est d’ailleurs la raison qui m’a poussé à m’installer au Canada. Quitte à repartir de zéro, pourquoi ne pas le faire dans un pays où les transitions professionnelle sont monnaie courante et même encouragées ? », révèle celui dont l’intégration est composée « de hauts et de bas » pour l’instant. 

En réalité, il n’y a pas de recette miracle pour réussir son projet de mobilité au Canada. Mais plutôt des difficultés à surmonter et des étapes à franchir.

« Il n’est pas toujours évident de trouver l’emploi idéal dès son arrivée au Canada. Il faut commencer par de petits métiers pour lesquels tu es surqualifié. Il faut savoir mettre son ego de côté, le temps de t’intégrer et de t’habituer aux spécificités de la vie professionnelle au Canada », avance Hanane. 

Pour Amine, c’est le climat qui a été le plus dur à appréhender. « Certes, l’hiver au Canada a son charme, mais la routine et le froid peuvent parfois être difficiles à supporter », déplore-t-il, au même titre que l’éloignement familial. Un aspect qui n’est pas facile à vivre pour l’ensemble des personnes sondées, tant leur attachement pour leur pays d’origine et leur famille est au moins aussi fort que leur envie d’ailleurs.  

Une ligne aérienne Montréal-Marrakech à partir de juin 2024

Deuxième compagnie nord-américaine, après Air Canada, à opérer sur le Maroc, Air Transat devient la seule compagnie aérienne en Amérique du Nord à offrir des vols directs vers Marrakech à raison de deux fois par semaine en été, soit les mercredis et samedis de juin à octobre et une fois par semaine en hiver, les samedis de novembre à avril.

Elle vient également enrichir l’offre existante sur le Maroc, à savoir la ligne historique Casablanca-Montréal opérée par la Royal Air Maroc, route stratégique pour la compagnie de l’alliance Oneworld.

Cette ligne Montréal-Marrakech est aussi la première liaison point-à-point sur Marrakech depuis l’Amérique du Nord en dehors du hub de Casablanca. Elle ouvrira aux voyageurs un large champ de possibilités avec un accès vers les stations balnéaires d’Essaouira, Taghazout et Agadir, mais aussi vers les destinations de montagne et d’écotourisme (Azilal, Béni Mellal…), du Sud (Ouarzazate, Zagora et Merzouga), et même les destinations city break et culturelles du Nord (Casablanca, Rabat, Meknès et Fès), explique un communiqué de l’ONMT.

Afin d’optimiser les potentialités de ce marché porteur, l’ONMT ouvrira un bureau de représentation à Montréal dès 2024. Cette présence effective sur le terrain au plus près des prescripteurs de voyage et des compagnies aériennes canadiens permettra de renforcer la stratégie commerciale de l’Office dans la continuité du déploiement de son plan d’action « Light in action », poursuit la même source.

A noter que Marrakech représente 24% des arrivées de touristes canadiens au Maroc, un taux qui pourrait atteindre 40% en s’imposant comme principale ville de départ dans le cadre de circuits ou de voyages combinés, souligne l’ONMT.

Au cours des dix dernières années, la capacité sièges du Canada vers le Maroc a augmenté de 87%, en passant de 87.000 à 164.000 sièges par an. De janvier à septembre 2023, les arrivées se sont élevées à 82.590 personnes avec une augmentation de capacité de 23%  prévue pour l’hiver prochain.

Mondial 2030. À quoi doit s’attendre le Maroc sur le plan économique

Nous sommes le 18 juin 2030. Les 90.000 places du Grand Stade de Casablanca sont toutes occupées. L’arbitre du match d’ouverture du Mondial 2030 s’apprête à donner le coup d’envoi du sommet du groupe A, opposant le Maroc au Brésil. Pure fiction, ce scénario a de grandes chances de se muer en une réalité qui sera bénéfique pour le Royaume sur le plan économique, particulièrement à long terme. 

Avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc a en effet obtenu l’organisation de l’édition centenaire du tournoi planétaire, après une cour assidue durant trois décennies jalonnées d’échecs qui ont façonné l’expertise du pays. Le dernier dossier de candidature, celui du Mondial 2026, est d’ailleurs un modèle du genre. 

Si la candidature tripartite Etats-Unis, Canada, Mexique a été préférée à celle du Maroc pour organiser la Coupe du Monde 2026, le dossier de candidature du Royaume était enthousiasmant, car il aurait assuré un succès économique à la FIFA, grâce à des revenus de billetterie et des droits de retransmission optimisés à travers un fuseau horaire idéal.  

Quant au Maroc, il aurait bénéficié de revenus liés au tourisme et à la création d’emplois. À plus long terme, l’image du pays à l’international aurait été renforcée, et les dépenses en matière d’infrastructures auraient été utiles aux citoyens marocains comme aux visiteurs.

Quelques années plus tard, ces spécificités sont toujours d’actualité. À la différence près que le conditionnel n’a plus sa place désormais.

Moins de 30 MMDH pour la construction des stades 

À coup sûr, les yeux du monde entier seront rivés sur le Maroc lors du Mondial 2030. Mais tant que la répartition des 101 rencontres du trio de la Coupe du Monde n’a pas été annoncée, il est difficile de déterminer avec exactitude le budget nécessaire pour l’organisation de l’événement planétaire, et les recettes que le Maroc pourrait en tirer. 

En revanche, il est logique que les montants soient moins importants que ceux annoncés dans le dossier de candidature pour le Mondial 2026. Car le Maroc accueillera entre 30 et 50 matchs, contre 104 matchs espérés en 2026. Cependant, ce dossier est une base pour faire des estimations indicatives. 

→Mondial 2026: les dépenses de la Fédération si le Maroc avait remporté l’organisation.

À l’époque, la Fédération royale marocaine de football avait procédé à une analyse détaillée afin d’élaborer des budgets de dépenses exhaustifs et réalistes. Le budget total annoncé, relevant de la responsabilité de l’Association membre, était de 588 MDH, qui se déclinent comme suit : 

– budget pour la période préalable à la compétition : 11,4 MDH (1.114.000 dollars) ;

– budget pour la compétition : 227 MDH (22.212.000 dollars) ;

– budget hors événement : 350 MDH (34.209.000 dollars).

→S’agissant de l’investissement public spécifique à la Coupe du Monde 2026, en matière de construction des stades et des sites d’entraînement notamment, il représentait 30,7 MMDH (3 milliards de dollars US). Soit moins de 1% de la dépense publique du pays sur la période de préparation de l’événement. 

À l’heure de la Coupe du Monde 2030, les investissements nécessaires seront sans doute revus à la baisse, car le Maroc n’aura pas à sa charge l’organisation de l’ensemble de la compétition. En sus, l’événement jouit de dépenses opérationnelles limitées au niveau local en raison d’un coût de la vie raisonnable. 

De même, l’investissement nécessaire s’inscrit totalement dans la stratégie nationale et dans les plans de développement du football. Il est en outre garanti en totalité par le gouvernement. Un appui qui permettra d’éviter tout risque lié à la réalisation des travaux.

Des investissements à long terme

Pour ce qui est de la rentabilité de l’événement, difficile d’affirmer qu’à court terme, les pays organisateurs gagneront de l’argent, malgré les dizaines de milliers d’emplois qui seront générés, et l’impact positif pour l’économie marocaine de près de 30 MMDH (2,7 milliards de dollars US). 

Cela dit, il faudrait également prendre en considération les dépenses courantes des supporters, qui devront réserver une chambre d’hôtel. Prendre les transports pour aller au stade afin d’encourager leur équipe. Se nourrir et profiter de leur présence sur le sol marocain pour visiter un pays considéré par beaucoup comme une magnifique fabrique à souvenirs.  

Sur le long terme, un stade construit pour la Coupe du Monde est un écrin dont pourront profiter les internationaux marocains de demain, et le football local de manière générale. Les infrastructures étant une locomotive pour le développement du sport dans un pays.  

Pour la FIFA, la candidature marocaine est également une aubaine. La billetterie permettra à l’instance internationale d’engranger une manne financière importante. La facilité d’accès, à partir de tous les grands marchés européens, offrira à la FIFA l’opportunité d’atteindre des objectifs ambitieux en matière de revenus.

Pour 2026, les recettes étaient estimées à 8,05 MMDH, sur la base de 104 matchs, et d’une affluence moyenne de 90%, avec des prix de billet compris entre 280 DH et 14.000 DH. De surcroît, la situation géographique du Maroc est optimale en matière de droits de retransmission et des droits marketing, puisque 60% des pays participants se trouveront sur un fuseau horaire de plus ou moins 3 heures.

En outre, le Maroc est un des marchés de sponsoring sportif les plus dynamiques d’Afrique. Sur le plan national, les annonceurs du pays se réjouissent d’ores et déjà à l’idée de soutenir une Coupe du Monde au Maroc. De plus, les matchs de l’équipe nationale attirent régulièrement des audiences télévisuelles atteignant jusqu’à 70% de la population marocaine.

Ceci sans oublier une législation qui sera renforcée pour la protection des marques, avec des mesures pour lutter contre l’ambush marketing et permettre de remplir toutes les exigences de la FIFA, pour devenir par la suite un vecteur de croissance dans ce secteur.

Younes Sekkouri : premières révélations sur la future stratégie marocaine de mobilité internationale

Pour tenter de remédier à la problématique du manque de main-d’œuvre, plusieurs pays européens révisent leur législation sur l’accueil des travailleurs étrangers. C’est le cas de la France, où un projet de loi présenté par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, promeut une immigration pragmatique, une immigration dite « choisie ».

D’autres pays comme le Canada ont opté pour des stratégies de recrutement de main-d’œuvre étrangère plus offensives, proposant des conditions alléchantes aux candidats à l’émigration.

Les profils demandés sont très diversifiés, car de nombreux secteurs manquent de bras dans ces pays : agriculture, restauration, santé, digital… Il reste à savoir si ces politiques ne vont pas contribuer à encourager la fuite des compétences, certains observateurs n’hésitant pas à dénoncer un pillage institutionnalisé des ressources humaines.

Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, revient dans cette interview sur la stratégie de mobilité à l’international que prépare son ministère et les garanties décentes à offrir aux Marocains qui s’expatrient pour travailler.

Médias24 : Quels arrangements doit faire le Maroc en matière de main-d’œuvre avec la demande mondiale ?

Younes Sekkouri : Il faut tout d’abord situer le contexte actuel, qui a des allures particulières, porteur à la fois de contraintes, de risques, mais aussi d’opportunités.

Le Maroc a choisi de s’intégrer dans l’économie mondiale, qui évolue dans le cadre global de l’ordre mondial en cours. Lorsque l’on s’intègre dans un système global, on gère les contraintes, on accepte les éléments fondamentaux mais surtout, on saisit les opportunités qui se présentent.

Cette équation a constitué le noyau qui structure les positionnements stratégiques du Royaume au cours de ces dernières décennies.

Plus précisément, l’ouverture au monde est en soi un levier vertueux si l’on dispose des atouts nécessaires. Néanmoins, elle pourrait présenter des risques considérables si on se laisse emporter par la vague sans activer les garde-fous nécessaires.

De nouvelles opportunités pour les jeunes marocains

Face à la demande mondiale en matière de ressources humaines, qui va crescendo, le Maroc veille à mettre en place une orientation qui tient compte des paramètres suivants :

– ouvrir le marché international de l’emploi aux travailleurs, notamment aux jeunes marocains, en leur octroyant de nouvelles opportunités d’émancipation professionnelle et humaine ;

– renforcer les relations humaines économiques et culturelles avec des pays partenaires ;

– s’intégrer davantage dans le tissu économique mondial ;

– ouvrir un canal permettant au Maroc de veiller à la protection de ses travailleurs à l’étranger ;

– privilégier, en premier lieu, la satisfaction de la demande domestique et des besoins de notre économie.

La vocation principale de tout État et de tout gouvernement est de servir ses citoyens tout en préservant l’intérêt collectif représenté par l’Etat. C’est dans ce cadre que le Maroc a conclu et réactivé des accords de main-d’œuvre en vue de renforcer la notion des garanties d’un travail décent et de protéger, par conséquent, les droits des Marocaines et des Marocains candidats à l’émigration à des fins de travail.

Ces arrangements visent également à définir et à baliser les processus depuis l’émergence et la qualification des besoins en compétences jusqu’à l’arrivée au pays de destination, en passant par le processus de sélection, de sensibilisation et formation et d’appui pour le départ, tout en précisant qui prend quoi en charge.

En effet, la stratégie de mobilité à l’international, dont nous avons lancé les travaux il y a quelques mois, sera actée très prochainement. Elle a pour objectif de structurer et d’organiser la migration professionnelle de certaines catégories de populations qui le désirent, tout en veillant à respecter la demande nationale qui constitue, bien entendu, la priorité.

– Quelles questions de fond soulève la demande mondiale par rapport à la jeunesse marocaine ?

– Comme je l’ai précisé, le leitmotiv des politiques publiques au Maroc est de placer l’humain au cœur de toutes les stratégies de développement, comme cela a été précisé, à maintes reprises, par Sa Majesté le Roi.

Si nous avons fait le choix d’avancer dans cette direction, c’est prioritairement dans le souci de permettre aux citoyens marocains de renforcer leur inclusion économique.

L’économie, la politique et la diplomatie sont au service de ce citoyen. Certes, cette centralité du citoyen devrait aller de pair avec le maintien des grands équilibres stratégiques.

Dans ce cadre, nous devons composer avec notre capacité à anticiper, à planifier, à innover et à agir, pour atteindre l’équilibre optimal à l’échelle de l’écosystème local/sectoriel, de la région, du pays et de l’écosystème international/sectoriel.

Et c’est ce que nous cherchons à structurer à travers différents programmes, dont la stratégie de mobilité à l’international. Notre ambition est de faire du capital humain le fer de lance de notre économie, tout en profitant de l’ouverture pour organiser la migration de l’excédent dans une logique de valorisation, garante d’un travail décent et protégeant les droits des migrants.

Le grand paramètre dont il faut tenir compte dans ce cadre est de pouvoir maintenir un équilibre entre deux grands éléments, en l’occurrence :

– doter l’économie nationale qui connaît et connaîtra davantage un développement soutenu en ressources humaines et compétences nécessaires, et prospecter toutes les opportunités d’insertion des jeunes y compris à l’international ;

– faire de la mobilité professionnelle internationale régulière un moyen de modération de l’étendue et des effets de certains phénomènes subis tels que le chômage qui, lui-même, est le résultat entre autres de l’écart entre les formations et les besoins du marché de l’emploi.

L’autre question de fond qui se pose à ce niveau est de challenger notre capacité à anticiper, à planifier, à innover et à agir, pour atteindre l’équilibre optimal à l’échelle de l’écosystème local/sectoriel, de la région, du pays et de l’écosystème international/sectoriel.

Le défi principal est de faire du capital humain le fer de lance de notre économie à travers le déploiement d’un processus d’ingénierie de valorisation du capital humain, tout en œuvrant à garantir les conditions de travail décent aux Marocains qui s’expatrient pour travailler.

Avec un certain nombre de pays partenaires, nous agissons dans une logique de valorisation, d’équilibre et de co-construction de parcours migrants faciles, accessibles et surtout valorisants.

Nous travaillons ainsi, de pair avec nos partenaires, pour créer les conditions nécessaires à chacune des étapes du parcours, depuis l’émergence et la qualification des besoins en compétences jusqu’à l’arrivée et l’intégration professionnelle dans le pays de destination, en passant par la sélection, la sensibilisation et la formation (technique, linguistique et culturelle), et ensuite la gestion et l’accompagnement des retours.

Il faut dire que les retours sont très peu accompagnés et nos efforts à cet égard doivent s’améliorer.

Dans le cadre de nos accords avec les partenaires, nous avons œuvré à mettre en place certaines exigences de nature à protéger les travailleurs marocains contre les risques d’exploitation et d’abus.

– Sur quoi sera basée votre stratégie de mobilité internationale ?

– Tout d’abord, il est évident que la priorité sur laquelle se base cette stratégie est d’être au service de l’intérêt national qui, bien entendu, se trouve en synergie avec l’intérêt des citoyens.

Cette de l’intérêt national n’est nullement synonyme de chauvinisme ; elle est également respectueuse des intérêts de nos partenaires.

Cette stratégie jette les fondements d’une mobilité à l’international, garante d’un travail décent. Elle repose sur un dispositif de gouvernance innovant, capable d’anticiper les besoins, de mettre en place les parcours de valorisation adaptés et surtout de mobiliser les partenaires locaux, régionaux, nationaux et internationaux dans une logique de co-construction et de partenariat gagnant-gagnant.

Cette stratégie est également, comme je l’ai expliqué, un moyen par lequel l’Etat marocain exerce une de ses missions les plus élémentaires, à savoir la protection des droits de ces citoyens.

C’est d’ailleurs pour cela que, dans le cadre de nos accords avec les partenaires, nous avons œuvré à mettre en place certaines exigences de nature à protéger les travailleurs marocains contre les risques d’exploitation et d’abus. Vous savez qu’un travailleur expatrié est par nature vulnérable.

Nous avons dans ce cadre exigé l’existence d’interlocuteurs officiels, sorte de garants de la bonne marche du partenariat et partant des droits de ces travailleurs marocains.

La Stratégie nationale de mobilité professionnelle internationale (SNMPI) sera basée notamment sur une veille active des marchés du travail mondiaux porteurs et une prospection dynamique, un renforcement des compétences techniques et linguistiques pour des ressources humaines marocaines compétitives, une offre digitale conciliant agilité, réactivité et sécurité, et des programmes soutenus d’information et de sensibilisation.

Cette stratégie devra permettre d’asseoir un dispositif transparent et donnant de la visibilité à notre jeunesse. Afin de mieux schématiser, cinq piliers majeurs devraient structurer cette stratégie:

– gouvernance, partenariats et systèmes d’information et des données ;

– protection sociale et droits fondamentaux au travail ;

– emploi et intermédiation au niveau national et international ;

– formation et anticipation des compétences ;

– veille et prospection.

– Quels sont les nouveaux concepts que vous comptez apporter ?

– Avec la nouvelle stratégie de mobilité à l’international, nous souhaitons amorcer un changement de paradigme dans la gestion de cette mobilité à l’international.

En effet, touchant l’humain de manière directe, il faudrait en écarter certains termes qui renvoient à des logiques purement économiques et financières. Le gain ici est tributaire des intérêts des citoyens concernés.

La mobilité est un moyen de gagner sa vie, mais aussi de consolider son ouverture d’esprit sur les autres, de devenir mieux outillé et expérimenté face à son environnement.

C’est un levier de transformation vertueuse et ascendante. Une transformation qui touche aussi bien le périmètre de la mobilité à l’international que le processus.

C’est dans ce cadre que nous introduisons le concept de l’intégration verticale et de l’accompagnement post-migration.

A travers l’intégration verticale, nous souhaitons préparer à l’avance des candidats potentiels à la migration aux fins du travail, à travers des programmes de formation intégrés, déployés conjointement avec les pays partenaires.

Ces parcours intègrent des cursus de formation multidisciplinaires, partant de la formation technique à la préparation à la vie et au travail dans le pays d’accueil, en passant par les soft skills et les langues.

On peut citer également la consolidation du projet professionnel des salariés de la migration circulaire, moyennant une activité complémentaire au Maroc pour boucler l’année professionnelle.

L’autre innovation majeure est la reconnaissance mutuelle des compétences, qui dépasse la logique du diplôme pour intégrer les certificats, ou encore la valorisation des acquis de l’expérience professionnelle.

D’ailleurs, nous sommes porteurs d’une vraie réforme sur ce dernier sujet, qu’est le Cadre national de certification (CNC). Ce dernier assurera une correspondance « agile » entre le monde des compétences acquises et celui des besoins du marché du travail national et international. C’est un outil qui révolutionnera le paradigme du « diplôme » comme seul référentiel dans le marché du travail.

Les profils les plus demandés

– Après les discussions avec vos homologues européens (Espagne, Portugal, Allemagne…), du Moyen-Orient (Emirats arabes unis) et d’Amérique (Canada), quels sont les profils les plus demandés ?

– Les positionnements économiques de nos pays partenaires et leurs caractéristiques socio-démographiques déterminent leurs besoins en ressources humaines demandés.

Des métiers de l’agriculture, de la restauration, de l’hôtellerie aux métiers de la santé, de la petite enfance, de l’assistance aux personnes dépendantes, en passant par la construction, le transport et les métiers du digital… Les profils demandés sont très diversifiés.

Un exercice d’ingénierie est par conséquent en cours pour mettre en place les parcours de sourcing, de formation et de développement adaptés.

Parfois, certains besoins exprimés correspondent très bien à nos offres et aux vœux des candidats. Dans d’autres cas bien entendu, nous avons identifié des besoins dans des métiers qui manquent aussi au Maroc.

Dans ce dernier cas, nous ne pouvons cautionner le départ des compétences marocaines. Nous devrions a contrario essayer de les retenir, ce qui nous interpelle sur notre politique de rétention des talents, qui doit passer par l’amélioration des conditions de travail au Maroc et l’attractivité des environnements de travail de notre pays.

 

La question de la mobilité professionnelle à l’international peut être un facteur de soft power du Maroc dans un environnement concurrentiel aigu.

– Quelles annonces avez-vous à faire ?

– Notre action vise à changer le paradigme de la question de l’emploi ; en effet, lié de manière étroite à l’inclusion économique privilégiant une approche humaniste et sociale d’abord.

Loin des logiques de pur calcul économique lié à l’offre et la demande, aux exportations et aux gains, la question de la mobilité professionnelle à l’international peut être un facteur de soft power du Maroc dans un environnement concurrentiel aigu.

Cette stratégie comporte également une certaine dimension diplomatique dans la mesure où il s’agit d’accords bilatéraux censés être équilibrés et garantissant les intérêts des deux parties.

Ainsi, nous proposons à nos partenaires un cadre structuré de coopération, qui pourrait apporter une réponse partielle à la question de l’immigration irrégulière.

En outre, je souhaiterais insister sur les éléments pour une meilleure compréhension des dimensions de cette stratégie :

– la satisfaction des besoins en compétences du marché de l’emploi est la priorité numéro un ;

– les opportunités de placement à l’international sont réelles, le Maroc va les prospecter et mettre en place les cadres nécessaires ;

– la transparence et la visibilité pour les jeunes sont la règle ;

– le renforcement des capacités techniques, linguistiques… sont les atouts réels des jeunes candidats à l’émigration aux fins du travail ;

– la mobilité professionnelle internationale régulière est une solution potentielle à l’émigration irrégulière.

Le Maroc se positionne sur cette question armé d’une posture, d’une vision, mais également d’outils comme « l’intégration verticale » ou encore le « cadre national de certification ».

C’est une réponse structurelle que nous comptons apporter à la problématique de l’emploi, en orientant nos efforts vers les filières porteuses identifiées pour le Maroc.

– Partant du constat d’une demande mondiale post-Covid croissante, comment se pose la question de la mobilité et de l’émigration, notamment par rapport aux chiffres du chômage et de l’emploi ?

– Le contexte mondial et la succession de facteurs crisogènes depuis plus de trois ans ont généré une crise économique qui n’a épargné aucun pays.

Cette situation a fragilisé le marché de l’emploi à travers l’aggravation de la précarité et du chômage. Les réactions des économies nationales face aux impacts de la crise divergent sur plusieurs facteurs.

Face à ces bouleversements épistémologiques, auxquels nous sommes confrontés, nous nous devons d’apporter des réponses structurelles et développer une nouvelle réflexion stratégique.

C’est une réponse structurelle que nous comptons apporter à la problématique de l’emploi, en orientant nos efforts vers les filières porteuses identifiées pour le Maroc. Il s’agirait de mettre à niveau la chaîne de valeur associée à chacune des filières en accompagnant le développement, la valorisation et l’orientation de nos ressources vers nos filières stratégiques. En somme, la question du chômage est à traiter dans une logique structurelle. La mobilité professionnelle internationale peut être une réponse d’appoint, qui ne peut en aucun cas régler de manière tranchée le problème du chômage.

Néanmoins, par un jeu d’habileté stratégique, nous pouvons transformer ce contexte plein de contraintes en autant d’opportunités, en adoptant une approche proactive capable d’anticiper les grands changements.

– Sachant que le Maroc est confronté à une pénurie de plusieurs métiers (médecins, infirmiers…), quelle stratégie mondiale de la mobilité faut-il mettre en œuvre pour trouver un équilibre avec nos besoins ?

– Pour ces métiers, ainsi que celui d’ingénieur, les structures publiques ne donnent pas de suite aux demandes des partenaires. Ceci ne peut empêcher les concernés de partir via d’autres voies.

Et au nom des droits individuels, nous ne pouvons pas les en empêcher, mais nous pouvons néanmoins les en dissuader en proposant un cadre de travail meilleur.

C’est d’ailleurs ce qui a été fait en aboutissant à un accord très important permettant de rendre plus attrayant le métier de médecin dans le secteur public.

Le Maroc essayera également de convaincre les pays de destination de ne pas recourir aux voies non officielles, de donner de la visibilité (pour former dans la mesure du possible plus que les besoins nationaux), de contribuer aux frais de la formation et d’assurer un transfert d’expertise et de technologie.

– Avec un taux de chômage plutôt élevé chez les diplômés, a-t-on une capacité suffisante pour satisfaire nos besoins et ceux des pays étrangers qui veulent attirer des compétences ?

– Le marché international de l’emploi connaît de profondes transformations. En effet, la pénurie structurelle de main-d’œuvre qualifiée dans les grands bassins d’emploi conduit à l’élaboration de stratégies offensives de recrutement de main-d’œuvre étrangère par certains pays, notamment ceux de l’Union européenne et du Canada.

C’est à la fois une opportunité et une menace pour notre pays. Une opportunité d’inclusion économique et de développement des compétences pour nos citoyens candidats à l’émigration de travail, mais une menace de prédation de ressources humaines qualifiées par des entreprises étrangères qui proposent aux candidats un package attractif.

Pour relever ces défis, il est opportun de développer une vision stratégique propre de la gestion des mobilités professionnelles internationales et des migrations internationales de main-d’œuvre qui intègre la formation professionnelle, afin d’apporter une réponse adaptée au Maroc, à ses entreprises, à ses jeunes diplômés et moins diplômés, et qui tienne compte des opportunités de travail à l’international.

– Que prévoyez-vous en termes de formation professionnelle pour améliorer la valeur ajoutée des personnes non qualifiées comme, par exemple, les femmes qui cueillent des fraises en Espagne ?

– Dans l’absolu, le système de la formation professionnelle devra évoluer pour s’aligner sur les standards internationaux.

Dans ce sens, nous nous apprêtons à mener des réformes structurelles afin de faciliter, entre autres, la reconnaissance des diplômes et certifications par les pays d’accueil potentiels. Cela correspond d’ailleurs à la vision royale qui a donné lieu à une feuille de route stratégique pour la formation professionnelle.

A titre d’exemples, plusieurs types de formations seront progressivement mis en place :

– sensibilisation et information sur le travail et la vie dans le pays d’accueil ;

– formation technique en milieu professionnel par les employeurs, et au Maroc au niveau des centres de formation dans le cadre de cycles de courte durée ;

– formation linguistique ;

soft skills et entreprenariat en fin de parcours.

Pour conclure, c’est donc un changement de modèle que nous opérons avec cette stratégie, qui repose sur la valorisation de nos ressources à travers des parcours de sensibilisation, de formation, d’accueil et d’intégration adaptés aux spécificités de chaque segment et aux particularités du pays d’accueil.

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La livraison d’un deuxième Canadair au Maroc en bonne voie

Après un an de travail sur la structure de l’avion et ses moteurs, le deuxième des trois Canadair CL-215, transformés en CL-415, récemment acquis par le Maroc, a quitté l’usine de Dehavilland, à Calgary, dans la province canadienne de l’Alberta, le vendredi 17 février.

Après quelques vols d’essais, « l’aéronef va prendre la direction d’Abbotsford en Colombie-Britannique, où la société Cascade Aerospace, spécialisée dans l’aérospatiale et la défense, y apportera des améliorations avioniques, dont un nouveau cockpit », rapporte le forum bien informé FAR-Maroc. 

En vue de renforcer sa flotte, qui compte cinq Canadair, le Maroc a acquis trois autres de ces bombardiers d’eau pour une somme totale de 1,2 milliard de DH. Essentiels dans la lutte contre les feux de forêt, ils seront progressivement livrés courant 2023.

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Fiction. Ce vendredi 9 décembre 2022 à Doha…

Une larme mêlée à la sueur perle sur le visage d’un Romain Saïss dépité et exténué. “Perdre de cette manière, c’est vraiment rageant”, s’emporte le capitaine de l’équipe nationale, au micro du diffuseur officiel de la Coupe du monde 2022, avant de souligner “le parcours exceptionnel réalisé par l’équipe nationale”. En arrière-plan, ses coéquipiers sont affalés sur la pelouse, perclus de crampes ou de regrets. Certainement un peu des deux à la fois.

Il est 18 heures passées, ce vendredi 9 décembre, au stade Al Rayyan au Qatar. Le Maroc a vu ses espoirs de demi-finale s’envoler aussi vite et haut que le retourné acrobatique victorieux de Neymar, sur une erreur de marquage inhabituelle de Saïss. Car jusqu’ici, l’équipe nationale avait fait un sans-faute.

Une victoire fondatrice

Pour son entrée en lice face à la Croatie, les hommes de Walid Regragui ont déjoué les pronostics et fait vibrer le stade, baigné dans une ambiance de folie. Au point que le héros du jour se croyait à domicile. “A un moment donné, je me suis demandé si nous étions vraiment à des milliers de kilomètres du Maroc”, exulte Yahya Jabrane.

D’une frappe tendue des 25 mètres, le récent champion d’Afrique avec le Wydad de Casablanca a nettoyé la lucarne de Dominik Livakovic au bout des arrêts de jeu, offrant la première victoire à l’équipe nationale en phases finales de la Coupe du monde depuis l’édition 1998.

Pourtant, l’histoire avait mal commencé pour Jabrane et ses coéquipiers, menés dès la 5’ sur une tête de Joško Gvardiol, consécutive à un corner largement évitable. A cet instant, le spectre du mondial russe a surgi pour tétaniser  les velléités offensives entrevues dès la première minute, lorsque la demi-volée de Youssef En-Nesyri, étrangement esseulé au second poteau, a frôlé la lucarne adverse.

Ce mercredi 23 novembre, l’équipe nationale a vu son plan de jeu voler en éclats après l’ouverture du score de la Croatie. Mais le doute qui s’est immiscé dans les esprits marocains n’a été que de courte durée. Le temps pour Soufiane Boufal d’être fauché par Duje Caleta Car dans la surface de réparation adverse (10’).

Premier dans la hiérarchie des tireurs, l’ailier du SCO d’Angers n’a pas tremblé et a pris à contre-pied le gardien adverse. Après deux buts en dix minutes, le match avait des allures de guerre de tranchées au milieu de terrain. Une bataille rangée dont le Maroc est finalement sorti vainqueur, grâce au coaching bien senti de Walid Regragui.

En remplaçant à l’heure de jeu Soufiane Boufal par Yahya Jabrane afin de passer en 4-4-2, avec Selim Amallah décalé sur le côté gauche, le rapport de force s’est équilibré. Renforcé, l’entrejeu de l’équipe nationale a annihilé le pouvoir de nuisance du milieu de terrain croate, notamment celui de Luka Modric.

La supériorité numérique marocaine dans ce compartiment de jeu a offert, en phase offensive, de l’espace et du temps à Yahya Jabrane pour reprendre un ballon mal repoussé par la défense croate dans l’axe, et offrir une victoire inespérée au Maroc.

Trop forts ces Belges 

Quatre jours plus tard, c’est la stupeur. Certains se sont frotté les yeux. D’autres ont actualisé frénétiquement les pages de leur navigateur, sans rien y changer. Ce dimanche 27 novembre, Hakim Ziyech s’est blessé et n’est pas du groupe qui s’opposera à la Belgique dans moins d’une heure, au stade Al-Thumama. Son absence se fera sentir dans la maîtrise collective.

Revanchards, après leur défaite d’entrée face au Canada (2-0), les Belges ont pris le jeu à leur compte et mis sous pression la défense marocaine pour ne plus jamais la laisser sortir la tête de l’eau. Bien aidé par l’expulsion de Yassine Bouno, qui a mal jugé la trajectoire du ballon avant de le toucher de la main hors de sa surface de réparation (30’).

Le coup franc a magnifiquement été transformé par Kevin De Bruyne. Double peine pour l’équipe nationale. Puis triple sur la remise en jeu, lorsque Nayef Aguerd, positionné défenseur central axe droit, a totalement raté sa relance, lui le gaucher. Une bévue monumentale dont a profité Eden Hazard (35’) pour doubler le score.

A dix et mené 2 à 0, le onze national semble résigné sans être abattu. A voir les hommes de Walid Regragui défendre comme si c’était le dernier match de leur vie, on a compris que les têtes étaient déjà tournées vers le dernier match du groupe F face au Canada, et que leur qualification pourrait dépendre de la différence de but.

Une qualification tout en maîtrise 

“Pour une fois, nul besoin de calculatrice”, s’amusent les fans sur les réseaux sociaux. Habitués aux calculs d’épicier pour évaluer les chances de l’équipe nationale de se hisser au second tour de la CAN, les Marocains ont cette fois-ci leur destin entre les pieds. Et en Coupe du monde s’il vous plaît.

Un succès contre le Canada serait synonyme de qualification en huitièmes de finale. Du jamais vu depuis le Mondial 1986 au Mexique. Avec ou sans Hakim Ziyech ? C’est la principale interrogation qui accompagne les heures précédant la rencontre. « Nous n’avons pas encore pris de décision concernant Hakim”, lâche Walid Regragui en conférence de presse d’avant-match. Le sélectionneur national n’est pas dupe. Avec ou sans son maître à jouer, l’affaire n’est pas la même.

La réponse tombe à trois quarts d’heure du match décisif. Hakim Ziyech fait bel est bien parti du groupe et, en prime, il sera titulaire sur la droite de l’attaque marocaine, menée par Abderrazak Hamed-Allah. Le natif de Safi remplace un Youssef En-Nesyri très peu inspiré jusqu’ici en pointe (aucun tir cadré en 120’ de jeu).

Alors que le Canada n’a besoin que d’un point pour assurer sa place au second tour, après avoir notamment tenu en échec la Croatie (1-1), le Maroc doit absolument gagner pour prolonger l’aventure au Qatar et tirer profit du succès face à ces mêmes Croates.

Tendu à souhait, le premier acte, où le score xG cumulé des deux équipes n’a pas volé bien haut (0,55), n’a pas été du goût des supporters ni des sélectionneurs. Au retour des vestiaires, Walid Regragui a encore une fois changé de système, passant du 4-3-3 au 4-2-3-1. Hakim Ziyech, qui en a été le principal bénéficiaire, se retrouve au soutien de Hamed-Allah.

Une liberté que le milieu de Chelsea a parfaitement exploitée sur l’ouverture du score de Hamed-Allah. D’une merveille de passe lobée, il trouve à l’heure de jeu Achraf Hakimi dans le dos de la défense canadienne. La glissade d’Alfonso Davies a offert au latéral droit la latitude de trouver, d’une passe en retrait millimétrée, l’avant-centre, qui a parfaitement ajusté du plat du pied le gardien adverse.

A 1-0, le Maroc tenait sa qualification pour ne plus la lâcher. Malgré quelques frayeurs, dont un tir de Jonathan David qui est passé à quelques centimètres des cages de Munir Mhamdi (75′), les nationaux ont tenu bon et même doublé la mise par l’intermédiaire de Ounahi, dans un stade Al-Thumama incandescent, scellant définitivement leur présence en phases finales de la Coupe du monde 2022.

Les supporters de l’équipe nationale étaient en transe, malgré la déception de devoir quitter le Qatar, dès le lendemain, pour ceux d’entre eux qui n’avaient pas imaginé un tel scénario. Difficile de leur en tenir rigueur tant le Maroc nous avait habitués aux déconvenues.

Des corps fragiles…

Au lendemain du jour de repos accordé par le staff, les nationaux sont arrivés à l’entraînement par grappes. Décidés à reprendre le cours de leur épopée là où ils l’avaient laissé. Bien qu’axée sur la récupération, la séance a mis à nu la condition physique précaire de certains joueurs.

Nayef Aguerd a été le premier à quitter ses coéquipiers après avoir ressenti une gêne à la cheville qu’il avait soignée des mois durant. Prudent, le staff médical a préféré raccompagner le défenseur aux vestiaires pour lui prodiguer des soins.

Quelques minutes plus tard, ce sera au tour de Achraf Hakimi d’écourter sa séance suite à un choc avec Noussair Mazraoui. L’inquiétude, déjà pesante, a atteint des sommets lorsque Soufiane Amrabet s’est tenu la cuisse sur un changement de direction anodin.

A moins de 72 heures du huitième de finale face à l’Allemagne, ce sont trois titulaires inamovibles qui se retrouvent sur le flanc. Une contrariété qui va, in fine, alimenter la hargne et la volonté de se surpasser des Lions de l’Atlas.

… mais des esprits solides

Deuxième du Groupe F derrière la Belgique qui a fini sa phase de poules en giflant la Croatie (4-0), le Maroc a hérité du leader du Groupe E : l’Allemagne. Les champions du monde 2014 restent sur trois victoires convaincantes, dont une face à l’Espagne (3-1).

On dit souvent que “le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne”. Malgré les forfaits de Saïss et Aguerd, l’équipe nationale avait de la réserve et a pu compter sur une paire de défenseurs aux automatismes affirmés.

Alignée en charnière centrale, El Yamiq et Benoun ont une chance inestimable à saisir. D’abord hésitante sur quelques interventions, l’ancienne défense centrale du Raja de Casablanca a pris de l’assurance au fil des minutes, bien aidée par un milieu de terrain travailleur, composé de Soufiane Amrabet, remis de sa blessure, de Yahya Jabrane et de Abdelhamid Sabiri.

Très peu d’occasions seront concédées de part et d’autre. Il aura fallu attendre les derniers instants de la seconde mi-temps pour voir Yassine Bouno, de retour dans les buts après sa suspension, s’envoler pour détourner une magnifique frappe enroulée de Thomas Müller. L’attaquant allemand, qui a pourtant tout tenté, s’est emmêlé les pinceaux à plusieurs reprises et n’a pas toujours fait les bons choix.

Quoi qu’il en soit, le Maroc et l’Allemagne jouent leur qualification en quarts de finale de la Coupe du monde, au bout d’une séance de penalties asphyxiante. Hakim Ziyech, dont ce n’est décidément pas la spécialité, a raté son tir au but en voulant réaliser une panenka parfaitement lue par Manuel Neuer.

Le gardien allemand stoppa le second tir au but marocain, en allant chercher au ras du poteau droit un tir parfaitement placé ou presque, par Selim Amallah. En parallèle, les Allemands ont transformé leurs deux tentatives. Mais ça, c’était avant le début du show Bounou.

Le Sévillan a sorti les trois tentatives allemandes suivantes pour offrir à ses coéquipiers, qui ont enfin réussi à tromper le portier munichois, une qualification historique en quarts de finale où les attendent les Brésiliens.

Le Brésil, des regrets et des souvenirs    

Affronter la Seleçao représente un idéal pour tout footballeur. Mais cet état d’esprit peut être à double tranchant comme en témoigne l’élimination du Maroc. L’équipe nationale, trop timorée, a péché offensivement par manque de personnalité et de prise d’initiative.

“Nous les avons trop respectés et on les a regardés jouer », déplore Nayef Aguerd en interview d’après-match. Le défenseur était l’un des rares joueurs marocains à oser prendre des initiatives, que ce soit via des passes laser à l’intérieur du jeu ou sur des montées rageuses sur corners.

Le trio d’attaque, Ziyech-Boufal-Hamed-Allah, a manqué de justesse dans son expression collective et individuelle. Le Maroc a tenu bon jusqu’au retour des vestiaires. Mais à la 48’, Neymar s’est envolé dans le ciel du stade de la Cité de l’éducation, pour inscrire d’un formidable retourné acrobatique, l’unique but de la rencontre et l’un des plus beaux du tournoi.

Le Maroc a poussé et failli égaliser sans l’intervention de Alisson (60’) ou de son poteau gauche (89’). Mais le onze national n’en a pas assez fait pour se donner les chances d’aller plus loin, ce vendredi 9 décembre.

Il est vrai que l’élimination en quarts de finale de la Coupe du monde 2022 n’était pas au programme, et qu’elle constitue un exploit en soi. Cependant, la déception sera longue à digérer, car il y avait de la marge pour franchir le plafond de verre auquel se heurte le continent africain en Coupe du monde. Ce rêve paraît décidément inatteignable. D’autant que le réveil a sonné, trois heures nous séparent du match face à la Croatie.

Mondial 2022. Alfonso Davies diminué mais convoqué avec le Canada

Le sélectionneur de l’équipe canadienne John Herdman a convoqué 26 joueurs pour la Coupe du monde 2022, la deuxième dans l’histoire du pays. Au milieu de joueurs issus des clubs de Major League Soccer (Montréal, Toronto et Vancouver), Alfonso Davies (Bayern Munich), Stephen Eustaquio (FC Porto) et Jonathan David (LOSC), seront les principales armes offensives des Rouges lors de ce Mondial.

Tenus en échec par le Bahreïn (2-2) ce vendredi 11 octobre, les Canadiens débuteront leur tournoi le 23 novembre face à la Belgique, avant d’affronter la Croatie le 27 novembre. Dans le troisième et dernier match du Groupe F, ils seront opposés au Maroc, le 1er décembre.

Le Canada assouplira les exigences de test pour les voyageurs entièrement vaccinés

Le programme de surveillance du dépistage obligatoire sera assoupli pour tous les voyageurs vaccinés, a indiqué, mardi 15 février, l’Agence de santé publique du Canada dans un communiqué.

Cela signifie que les voyageurs arrivant au Canada, en provenance de n’importe quel pays et considérés comme entièrement vaccinés, seront choisis au hasard pour le dépistage à l’arrivée. Ils pourront aussi opter pour un test antigénique rapide approuvé par leur pays d’origine.

De plus, les voyageurs complètement vaccinés ne seront désormais plus tenus de rester en quarantaine en attendant le résultat de leur test.

Les restrictions imposées aux enfants non vaccinés de moins de 12 ans, voyageant avec des adultes vaccinés, seront également levées. Ils n’auront plus besoin d’attendre et de s’isoler avant de fréquenter l’école, la garderie ou les camps.

Les voyageurs non vaccinés devront, quant à eux, toujours être testés à leur arrivée au Canada et devront respecter une quarantaine de 14 jours.