Feux de forêts : appel à la vigilance de l’ANEF, risque de niveau rouge dans plusieurs provinces
Cette population est également appelée à alerter rapidement les autorités locales en cas d’observation de fumées ou de comportements suspects, indique l’ANEF dans un communiqué.
Durant la période allant de lundi à vendredi prochains, l’Agence produira, d’une manière journalière et par le biais de ses modèles scientifiques de prédiction, des cartes qui identifient avec précision les zones à risque sur l’ensemble du territoire national.
Après analyse des données relatives notamment aux types de forêts et à leurs niveaux de combustibilité et d’inflammabilité, et aux paramètres topo-climatiques, l’ANEF a repéré le risque extrême (niveau rouge) dans les provinces d’Azilal, de Béni Mellal, de Chefchaouen, de Kénitra, de Khémisset, de Larache, de Tanger-Assilah, de Taounate et de Taza, précise la même source.
Le risque élevé (Niveau orange) est repéré dans les provinces de Agadir-Ida -Ou-Tanane, Al Hoceima, Berkane, Fahs-Anjra, Ifrane, Khénifra, M’Diq-Fnideq, Nador, Ouezzane, Oujda-Angad, Skhirate-Témara, Taourirt, Taroudant et Tétouan.
Pour le risque moyen (niveau jaune), il est repéré dans les provinces d’Essaouira, de Rabat, de Salé, de Sefrou et de Sidi Slimane, conclut le communiqué.
Incendie de la forêt Houara à Tanger : un suspect arrêté (Parquet)
Selon un communiqué du procureur général du Roi près la cour d’appel de Tanger, dont une copie est parvenue à Médias24, un individu a été interpellé par la Gendarmerie royale dans les environs de la forêt de Houara, située près du parc éolien de Tahaddart entre Tanger et Asilah, où un incendie fait des ravages depuis le début de l’après-midi du lundi 26 mai.
Selon la même source, le prévenu était en possession d’une besace contenant une dizaine de briquets, un calumet (sebsi) servant à fumer du kif moulu et une petite arme blanche.
Ce mercredi, explique le représentant du ministère public, il a été déféré devant le parquet, qui l’a déféré, à son tour, devant un juge d’instruction.
Le magistrat chargé de l’instruction a décidé de le poursuivre pour « incendie de forêt avec préméditation », « consommation de drogues » et « possession d’une arme blanche sans raison valable ».
Le prévenu a été placé en détention à la prison civile Tanger II.
L’incendie déclenché dans la forêt de Houara est l’un des pires enregistrés en ce début de saison estivale.
Il a ravagé plus de 40 hectares de couvert forestier. Ce qui a mobilisé quatre Canadair des FAR, des centaines d’éléments de la Protection civile, des agents de l’ANEF, des éléments des forces de sécurité et des personnels relevant des autorités locales.
Un nouveau Canadair en cours de livraison au Maroc
Selon le forum spécialisé Moroccan Military Forum (Forum Far-Maroc), le modèle CN-ATT est arrivé le mardi 15 mai durant la soirée aux Acores, en cours d’acheminement vers le Maroc. Il s’agit de la deuxième livraison après celle du CN-ATS arrivé en mai 2023.
Quant au troisième, il a été directement envoyé à Cascade Aerospace en juin 2022 pour la conversion en CL-415EAF.
132 millions de dollars pour l’acquisition et la modernisation des Canadair marocains (détails)
Selon le forum spécialisé Moroccan Military Forum (Forum Far-Maroc), le royaume avait engagé dès 2020 des discussions avec le fabricant Bombardier afin d’acquérir 5 nouveaux Canadair CL-415. Face à l’arrêt de la production de ces modèles, les deux parties se sont mises d’accord en 2022 sur une alternative : acquérir trois CL-215 et les moderniser au standard des CL-415, car seuls ces derniers étaient disponibles et pouvaient être convertis.
Un contrat de 132 millions de dollars US a été signé, comprenant l’acquisition et la conversion des trois avions suivants :
– CL-215 1A10 C/N:1090 fabriqué en 1986, nouvelle immatriculation : CN-ATR
– CL-215 1A10 C/N:1095 fabriqué en 1987, nouvelle immatriculation : CN-ATS
– CL-215 1A10 C/N:1106 fabriqué en 1988, nouvelle immatriculation : CN-ATT
Les CL-215 doivent subir deux conversions. « La première conversion au standard CL-215T, qui concerne les trois Canadair, consiste à changer les vieux moteurs à piston Pratt & Whitney Canada R-2800 Double Wasp de 2128 ch par de nouveaux moteurs turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PW123AF de 2420 ch, les mêmes que ceux du CL-415 », poursuit la même source.
Cette conversion comprend aussi la modification de plusieurs composants de l’avion. « La puissance accrue des turbines nécessite le renforcement des ailes, tandis que les nacelles moteurs doivent être adaptées à la petite taille des turbines sur lesquelles sont greffées de nouvelles hélices quadri-pales plus efficaces, pour restituer le surcroît de puissance des PW123AF », ajoute-t-on.
Afin de respecter l’équilibre général de l’avion et son centrage, toutes les installations électriques sont regroupées vers l’avant. Des winglets sont positionnés en bout d’ailes, le cockpit modernisé avec l’ajout de jauges numériques comme ceux du CL-415, le système électrique est refondu, et un système de ravitaillement de carburant sous-pression remplace l’ancien système par gravité. Deux dérives auxiliaires sont fixées sur le plan fixe, tandis que des générateurs de turbulences sont installés de part et d’autre des cloisons d’ailes. Les performances générales de l’avion se voient ainsi améliorées, la vitesse de pointe passant de 300 à près de 400 km/h. La course de décollage est réduite significativement, tandis que la vitesse ascensionnelle, vitale pour les interventions dans le relief, passe de 5 à 7 m/s.
Cette première conversion nécessite entre 80.000 et 90.000 heures de travail. « Seules deux compagnies sont certifiées pour le Kit de conversion en CL-215T : Longview Aviation Services, basée à Calgary et qui fait partie de De Havilland Aircraft of Canada, et Cascade Aerospace d’Abbotsford », indique le Moroccan Military Forum.
De ce fait, De Havilland Aircraft of Canada a confié la première conversion en CL-215T à Longview Aviation Services, alors que Cascade Aerospace réalisera la deuxième conversion en CL-415EAF. Le premier avion converti en CL-215T est le CN-ATR, sorti de l’usine en octobre 2021, a été acheminé chez Cascade Aerospace en juin 2022 pour la conversion en CL-415EAF, tandis que le deuxième avion, le CN-ATS, est arrivé au Maroc en mai 2023 en tant que CL-215T. Quant au troisième Canadair, le CN-ATT, il est sorti en février 2024 et arrivera lui aussi au Maroc en tant que CL-215T dans les semaines à venir.
Cockpit du CL-215
La conversion au standard CL-415EAF, qui concerne actuellement le CN-ATR, consiste à moderniser le cockpit avec la nouvelle suite avionique Collins Proline Fusion, constituée de trois écrans tactiles de grande taille, les mêmes qui seront installés sur les nouveaux modèles DHC-515, une version modernisée du 415.
À ces changements s’ajoute l’installation des fonctionnalités : Flight Management System (FMS) couplé à SBAS-GPS et Approche LPV, Terrain Awareness Warning System (TAWS), ADS-B Out, Synthetic Vision, Crew Alerting System, Display Indicators, SATCOM system, Latitude Technologies Ionode System, un radar météo et un système de pilotage automatique.
Les deux CL-215T seront renvoyés après la saison estivale à Cascade Aerospace pour être à leur tour convertis en CL-415EAF, conclut-on.
Le Maroc en passe de recevoir un nouveau Canadair
Jusqu’en 2022, le Maroc disposait de cinq bombardiers d’eau de type Canadair CL-415. Cependant, les incendies de forêt gagnent en intensité chaque année, avec des superficies brûlées qui augmentent de façon continue, accentuant le besoin de renforcer cette flotte. Face à cette réalité et au risque d’une surutilisation des appareils pouvant entraîner leur indisponibilité temporaire ou permanente, le Maroc avait entrepris de renforcer sa flotte de Canadairs à travers l’acquisition de trois autres appareils.
Face à l’arrêt de la production des CL-415 par Bombardier, le choix s’est porté sur une alternative économique : la modernisation de vieux modèles CL-215, datant de la fin des années 70, au standard des CL-415. « Ces appareils rénovés, désignés CL415-EAF, en 2022, connus pour leur endurance et leur robustesse, sont conçus pour être opérationnels plusieurs décennies », souligne notre consultant militaire Abdelhamid Harifi.
Ces trois nouveaux canadairs, immatriculés CN-ATR, CN-ATS et CN-ATT, représentent une mise à jour significative de la flotte marocaine. Le CN-ATS, premier avion livré, était arrivé en urgence en 2023 pour renforcer les capacités du Maroc avant la saison des feux de forêt, une période durant laquelle les Canadair sont particulièrement sollicités. Le CN-ATT devait être livré dans les semaines à venir.
Quant au CN-ATR, il est actuellement à Hapsford, au Canada, pour une refonte complète incluant la modernisation de ses systèmes pour les aligner sur ceux utilisés par les modèles les plus récents de Bombardier. Cette mise à jour inclut des travaux d’essai approfondis, des tests rigoureux et une recertification par les autorités compétentes pour garantir sa fiabilité et son efficacité opérationnelle.
L’objectif à moyen terme est de moderniser l’ensemble de la flotte, que ce soit localement ou directement chez le constructeur au Canada. D’après M. Harifi, il est prévu que ces travaux se déroulent principalement au Maroc, en intégrant les technologies les plus récentes en matière de navigation et de communication. Ainsi, cette stratégie vise à doter le Maroc d’une flotte modernisée prête à répondre efficacement aux défis des feux de forêt locaux, mais aussi au niveau international. « Les Canadairs sont même devenus un outil de soutien à la diplomatie du Royaume, qui propose désormais son soutien aux pays frères et amis en cas d’incendies graves », conclut M. Harifi.
Récit. Comment le feu de forêt du Jbel Kharbouch a été maîtrisé
D’habitude, la forêt du Jbel Kharbouch est un petit paradis sur terre. Dans la nuit du mercredi 26 juillet, ce lieu de toute beauté s’est transformé en enfer. En cause, un feu d’origine criminelle ayant détruit plus de 100 hectares de pins, chêne vert et autres essences secondaires. Au fond, ce n’est pas vraiment une surprise, tant la province de Chaouen est tristement sujette aux incendies de forêt.
L’addition aurait été plus lourde sans l’intervention éclair des équipes de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), en coordination avec les éléments de la protection civile de la gendarmerie, sans oublier la population locale qui a été d’un grand secours. Des moyens humains appuyés par des Canadair et les données fournies à distance par les équipes du Centre national de gestion des risques climatiques forestiers, depuis Rabat.
Un feu maîtrisé à 75%
À notre arrivée sur les lieux, le jeudi 27 juillet en fin de matinée, la situation était stable, « nous sommes dans la phase finale de maîtrise du feu », assure Mohamed Hakam, directeur provincial de l’ANEF. « Actuellement il y a trois équipes qui interviennent au niveau de trois points pour stabiliser la situation », a-t-il ajouté, avant qu’une fumée noir n’émane d’essence secondaire, à une dizaine de mètres de nous.
Quelques secondes après l’apparition d’une fumée noire, des pins centenaires étaient la proiedes flammes. Alors que les arbres crépitaient, des cendres ont voltigé dans le ciel, rendant l’air irrespirable.
Deux équipes, composées de cinq agents chacune, ont encerclé ce nouveau foyer et se sont lancées dans une opération périlleuse, soutenues par deux véhicules de première intervention (VPI). Ces derniers sont décisifs car ils ont la capacité de fournir une source d’eau et le matériel nécessaire au plus près du foyer, d’autant que le relief est escarpé et certains endroits difficiles d’accès.
Les cinq agents qui composent la première équipe se sont répartis les tâches. Celui qui porte la lance à incendie est secondé par trois autres agents dont l’objectif est d’éviter que le tuyau de 20 m qui achemine l’eau ne se coince dans la végétation.
Le dernier agent tente d’éteindre les braises. Le plus souvent, il s’agit de branches de pin tombées au sol et qui sont susceptibles de raviver les flammes. Surtout si le vent s’en mêle. Pour le moment, seule une brise légère rafraîchit l’atmosphère. Les éléments dirigés par le coordinateur provincial de l’ANEF sont venus à bout du foyer, avant qu’un deuxième ne se déclare quelques mètres plus loin.
Pendant ce temps, d’autres agents se mobilisent sur le versant sud du Jbel Kharbouch, en prise depuis la veille avec un important foyer. C’est l’un des deux plus grands sites actifs. L’intervention est particulièrement risquée en raison de la topographie des lieux.
Mohamed Hakam, directeur provincial de l’ANEF, donne ses consignes aux agents de terrain.
« D’autant que le vent y souffle beaucoup plus fort », explique Mohamed Hakam. Mais il se montre vite rassurant car « plus de 75% du feu a été maîtrisé ». En d’autres termes, plus que quelques heures avant que toutes les personnes engagées dans cette course contre la montre ne relâchent une pression décrite comme intense, qui dure depuis plus de 24 heures.
Un incendie d’origine criminelle
Tout a commencé dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 juillet. Des guetteurs locaux ont signalé un départ du feu à 1h30 du matin. La première intervention a été lancée vingt minutes plus tard, grâce à la proximité des agents de ce site à risque, notamment le responsable local relevant de l’ANEF. Rapidement, plusieurs autres foyers se sont déclarés à un kilomètre de distance.
« C’est un acte criminel. Une personne a été arrêtée par les autorités compétentes. Elle a allumé plusieurs feux en descendant des pentes escarpées en pleine nuit », révèle Mohamed Hakam. Entre 2 et 6 heures du matin, trois sites actifs ont été maîtrisés par les agents locaux, malgré la difficulté de progresser dans le noir, en pleine montagne. Une véritable prouesse. Au moment de l’intervention de l’équipe provinciale à l’aube, deux sites étaient encore actifs. En arrivant sur les lieux, un travail de prospection a d’abord été opéré par le directeur provincial de l’ANEF et d’autres responsables en vue de déterminer et hiérarchiser les différents sites d’intervention. « Puis nous avons affecté chaque équipe à un site en lançant les opérations terrestres », indique Mohamed Hakam.
Plus de 300 agents ont été mobilisés, dont des éléments de l’ANEF (52), la Protection civile (15), les Forces auxiliaires (85), des jeunes relevant du programme Awrach (30), les autorités locales (10), la Gendarmerie royale (3) ainsi que la population locale (30).
30 largages par Canadair
Vers le coup de midi, un nouveau point sur la situation a été fait. Devant l’incapacité des équipes à progresser à cause de la hauteur des flammes, il a été décidé de lancer la procédure pour faire appel au Canadair. « Nous avons demandé un soutien aérien pour plusieurs raisons. D’abord à cause de la topographie des sites qui les rendent difficiles d’accès. De plus, le vent commençait à se lever et la végétation était dense », explique Mohamed Hakam.
Ainsi, pour éviter une aggravation de la situation, le mercredi 26 juillet en début d’après-midi, six Canadair ont effectué 30 largages, en suivant une rotation composée de deux Canadair. Le travail aérien et celui effectué sur le terrain sont complémentaires, et ils ont tous les deux été décisifs dans la circonscription du feu.
« Les Canadair sont utiles sur un terrain accidenté comme celui-là. Ils font baisser l’intensité des flammes pour permettre aux agents sur le terrain de progresser et d’éteindre le feu », détaille notre interlocuteur. De surcroît, « nous sommes constamment en liaison avec le Centre national de gestion des risques climatiques forestiers qui nous permet d’être plus précis et efficace dans nos interventions, en nous informant sur le profil topographique du site notamment et les données météorologiques. »
En usant de technologies modernes, le Centre national de gestion des risques climatiques forestiers permet d’assurer le suivi en temps réel des incendies, de guider et de protéger les équipes d’intervention, mais aussi de prédire les feux de forêt. Il n’en faut pas moins pour venir à bout d’un feu qui résistait encore au moment de notre départ.
La livraison d’un deuxième Canadair au Maroc en bonne voie
Après un an de travail sur la structure de l’avion et ses moteurs, le deuxième des trois Canadair CL-215, transformés en CL-415, récemment acquis par le Maroc, a quitté l’usine de Dehavilland, à Calgary, dans la province canadienne de l’Alberta, le vendredi 17 février.
Après quelques vols d’essais, « l’aéronef va prendre la direction d’Abbotsford en Colombie-Britannique, où la société Cascade Aerospace, spécialisée dans l’aérospatiale et la défense, y apportera des améliorations avioniques, dont un nouveau cockpit », rapporte le forum bien informé FAR-Maroc.
En vue de renforcer sa flotte, qui compte cinq Canadair, le Maroc a acquis trois autres de ces bombardiers d’eau pour une somme totale de 1,2 milliard de DH. Essentiels dans la lutte contre les feux de forêt, ils seront progressivement livrés courant 2023.
Le Maroc en passe de recevoir un Canadair supplémentaire
« La société canadienne Cascade Aerospace s’apprête à livrer au Maroc le premier appareil équipé d’un nouveau cockpit, encore plus performant que celui du CL-415″, rapporte le forum bien informé FAR-Maroc.
« La firme De Havilland se chargera de la peinture et des dernières retouches avant de le remettre au Maroc », ajoute la même source.
Pour renforcer sa flotte, le Royaume a acquis trois Canadair CL-415 pour une somme totale de 1,2 milliard de DH. Déterminants dans la lutte contre les feux de forêts, ils seront progressivement livrés à partir de 2023. « Ces Canadair sont des avions d’occasion CL-215, remis au niveau des cinq Canadair CL-415 qui composent la flotte marocaine », précise une source bien informée.
Et d’expliquer que « les CL-415 n’étant plus commercialisés par le fabricant et les CL-515 indisponibles, le Maroc a donc opté pour des bombardiers CL-215 d’occasion comme l’ont fait la Grèce et l’Espagne ».
Ces avions acquis par le Royaume ont été construits en 1987. La remise à niveau de certaines composantes a donc été nécessaire « afin de mutualiser l’entretien de la flotte marocaine », complète notre source. Et de préciser : « Des réacteurs et des systèmes d’avions CL-415 y ont été installés. »
D’une longueur de près de 20 m et d’une envergure de 29 m, ces avions du fabricant Bombardier Aéronautique, dont l’autonomie de vol dépasse les 2.000 km, sont capable d’écoper près de 6.000 litres d’eau dans leurs deux réservoirs en 12 secondes, en effleurant un plan d’eau (mer, rivière, lac, retenue de barrage).
1,2 MMDH pour renforcer la flotte marocaine de Canadair en 2023
C’est ce qui ressort du rapport sur le budget sectoriel de l’Administration de la défense nationale pour l’année 2023, présenté à la Commission des affaires étrangères et de la défense.
Le Maroc possède actuellement cinq Canadair (C-415) opérationnels. Les trois avions supplémentaires acquis ont récemment effectué des vols d’essai réussis au Canada.La flotte marocaine de Canadair va ainsi passer à 8 avions. La livraison commencera en 2023.
3.000 hectares de forêts incendiés en 2022
La superficie totale incendiée par 36 grands feux de forêt a atteint les 3.000 hectares en 2022 au Maroc.
En effet, plusieurs provinces du Royaume ont été touchées cet été par de multiples feux de forêt, dont Larache, Chefchouaen et Tétouan. Le Moyen Atlas n’a pas non plus été épargné, avec d’importants feux à Ifrane et Khénifra.
Plus au sud, les palmeraies ont été le théâtre d’une vingtaine d’incendies qui ont ravagé 200 ha de palmiers dattiers, selon l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA).
Les opérations d’intervention (568) et de circonscription des incendies (2.492) ont mobilisé 1.426 éléments des Forces armées royales (FAR). Les cinq avions Canadair CL-415 et les appareils Turbo Thrush engagés dans cette lutte ont effectué un total de 1.084 heures de vol, soit le double des heures de vol réalisées en 2021.
La réactivité des équipes d’intervention au sol et la multiplication des largages par Canadair ont permis au Maroc de limiter les dégâts. Malheureusement, trois décès sont à déplorer parmi la protection civile.
En direct. Feux de forêt : la situation dans les provinces de Larache et Tétouan
Après les six feux de forêt enregistrés la semaine dernière, le nord du pays est de nouveau en proie à des incendies, favorisés par les températures caniculaires et les vents de type « chergui ».
Médias24 suit les derniers développements de la lutte contre les feux de forêt qui embrasent actuellement le massif forestier de BouhachemJbelElAlam, relevant des communes de Tazourt et de BniAârouss, dans la province de Larache. Le second site ciblé par les équipes d’intervention est un domaine forestier situé au niveau de la commune de BniLayeth, dans la province de Tétouan.
> Vendredi 29 juillet :
12h05 : le feu de forêt au niveau de la commune de BniLayetha été maîtrisé, d’après les autorités de la province de Tétouan. « Les équipes d’intervention assurent un suivi du développement de la situation jusqu’à l’extinction complète et définitive des feux », selon les mêmes sources.
Les flammes ont ravagé 500 ha de couvert végétal dans ce domaine forestier. Par précaution, 46 familles issues de trois douars ont été évacuées. Aucune victime n’est à déplorer.
11h30 : une personne a été mise en examen pour incendie involontaire à Larache, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).
« Un habitant d’un village de Larache a été déféré devant le procureur du Roi et mis en examen pour incendie involontaire », a déclaré une source judiciaire à l’AFP. « Il sera jugé en état de détention provisoire », a-t-elle ajouté, soulignant que l’enquête n’a pas conclu à une « intention criminelle ».
Le quadragénaire, arrêté mardi 26 juillet, a avoué avoir réalisé des travaux sur la clôture de sa maison et mis le feu à des restes de matériaux dont il voulait se débarrasser. Mais le feu, alimenté par un vent violent, s’est rapidement propagé, d’après l’AFP.
> Jeudi 28 juillet
À LARACHE
– Les opérations menées dans la forêt de BouhachemJbelElAlam ont permis, dans la soirée du jeudi 28 juillet, d’éteindre sept foyers de feux relativement importants, selon les autorités locales.
– D’autres foyers sont toujours actifs.
– Le centre MoulayAbdeslam et les douars avoisinants ont été sécurisés.
– Aucune perte humainen’est à déplorer, selon la même source.
À TÉTOUAN
– Les efforts des équipes d’intervention se poursuivent pour maîtriser le feu de forêt déclaré dans un domaine forestier de la commune de BniLayeth.
– Les conditions défavorables, dont les fortes rafales de vent et le manque de visibilité en raison de la fumée, compliquent la tâche des équipes d’intervention.
– Dans la soirée du jeudi 28 juillet, 35 opérations de largage d’eau ont été menées à l’aide des avions bombardiers d’eau de type Canadair, assurent les autorités locales.
– 500 hectares de forêt ont été ravagés par l’incendie. Par précaution, 46 familles issues de trois douars ont été évacuées.
Vols d’essai réussi au Canada pour les trois Canadair acquis par le Maroc
La sécheresse qui sévit au Maroc a causé l’assèchement des arbres, prédisposant les 9 millions d’hectares de forêts du Royaume à un risque d’incendie élevé ; en particulier dans les régions du Nord, où prolifèrent des espèces conifères résineuses hautement inflammables.
En plus des drones (DJI 300 RTK) qui serviront à la collecte d’informations sur l’évolution des incendies en temps réel, l’apport des Canadair est précieux pour combattre les feux de forêts, notamment dans le cadre du Programme d’action établi par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF).
D’une longueur de près de 20 m et d’une envergure de 29 m, cet avion du fabricant Bombardier Aéronautique, dont l’autonomie de vol dépasse les 2.000 km, est capable d’écoper près de 6.000 litres d’eau dans ses deux réservoirs en 12 secondes, en effleurant un plan d’eau (mer, rivière, lac, retenue de barrage)
Le Maroc possède actuellement cinq Canadair (C-415) opérationnels. Trois avions supplémentaires de type CL-215 ont été acquis, dont le premier sera livré cet été. Selon nos informations, les vols d’essai des trois bombardiers, effectués au Canada, ont été couronnés de succès.
“Ces Canadair sont des avions d’occasion qui ont été remis au niveau des cinq Canadair CL-415 qui composent la flotte marocaine”, précise une source. Et d’expliquer que “les CL-415 n’étant plus commercialisés par le fabricant et les CL-515 indisponibles, le Maroc a donc opté pour des bombardiers CL-215 d’occasion comme l’ont fait la Grèce et l’Espagne”.
Ces avions acquis par le Royaume ont été construits en 1987. Une remise à niveau de certaines composantes a donc été nécessaire “afin de mutualiser l’entretien de la flotte marocaine”, complète notre source. Et de préciser : “Des réacteurs et des systèmes d’avions CL-415 y ont été installés.”
Bien que d’occasion, ces Canadair ne seront pas de trop à l’avenir. Les scientifiques prédisent que les feux de forêt vont augmenter de 30% en raison du réchauffement climatique, comme en témoignent les premiers mois de 2022. De janvier à mai 2022, pas moins de 75 départs de feu ont été recensés au Maroc, contre une quinzaine en moyenne ces dix dernières années dans le même espace temps.