Traitement du cancer : le nivolumab passe à l’injection sous-cutanée

C’est une avancée médicale et logistique de taille. Le nivolumab, un médicament d’immunothérapie largement utilisé dans le traitement de divers cancers, peut désormais être administré par injection sous-cutanée en 3 à 5 minutes, au lieu d’une perfusion intraveineuse durant jusqu’à 60 minutes. L’annonce a été faite par NHS England (National Health Service England), qui devient ainsi le premier système de santé en Europe à adopter cette nouvelle forme de traitement.

Un gain de temps pour 15 types de cancer

Indiqué pour 15 types de cancer, dont ceux de la peau, du rein, de la vessie, de l’œsophage et de la tête et du cou, ce nouveau mode d’administration est destiné à alléger le parcours thérapeutique des patients tout en optimisant les capacités hospitalières.

En Angleterre, environ 1.200 patients par mois pourraient en bénéficier. Selon les estimations de la NHS, la transition vers l’injection pourrait permettre d’économiser plus de 1.000 heures de soins chaque mois, soit l’équivalent d’une année entière de temps de traitement en cumulé, pour les patients comme pour les professionnels de santé.

Lors des essais cliniques, les patients se sont déclarés largement satisfaits de cette nouvelle méthode, beaucoup la préférant à l’ancienne, plus lourde et plus longue. Environ deux patients sur cinq actuellement sous perfusion pourraient passer à l’injection, et la plupart des nouveaux patients débuteront directement avec la nouvelle formule, selon le NHS.

L’arrivée des premières doses est prévue dès le mois prochain au Royaume-Uni, ajoute la même source.

Comment fonctionne le nivolumab ?

Le nivolumab est un anticorps monoclonal humain qui cible la protéine PD-1, un récepteur présent à la surface des cellules T. En bloquant l’interaction entre PD-1 et ses ligands (PD-L1/PD-L2), le médicament réactive le système immunitaire face aux cellules tumorales, qui utilisent normalement ce mécanisme pour échapper à la destruction. Le résultat : une meilleure reconnaissance et élimination des cellules cancéreuses par l’organisme.

Il ne s’agit pas d’un traitement chimiothérapeutique classique, mais d’une immunothérapie : il stimule les défenses naturelles du corps contre la tumeur, en réactivant une réponse immunitaire spécifique.

La possibilité de l’administrer désormais par injection sous-cutanée représente un gain logistique et humain considérable, tant pour les patients que pour les équipes soignantes.

Une innovation sans coût supplémentaire

Le passage à la version injectable ne représentera aucun coût additionnel pour le système de santé britannique, grâce à un accord conclu avec le laboratoire Bristol Myers Squibb, qui commercialise le nivolumab sous le nom « Opdivo ». Une avancée que la NHS inscrit dans une stratégie plus large, articulée autour de trois axes : favoriser les traitements innovants, mieux utiliser les médicaments génériques et biosimilaires, et libérer du temps médical.

Nouvelles réductions sur les prix des médicaments, dont trois pour le traitement de cancers

Cette décision s’appuie sur un nouvel arrêté ministériel publié dans le dernier numéro du Bulletin officiel.

L’arrêté modifie et complète l’arrêté n° 787.14, en révisant les prix de vente des médicaments originaux, génériques et biosimilaires disponibles au Maroc. Cette révision s’inscrit dans le cadre du décret n° 2.13.852 du 18 décembre 2013, qui définit les conditions et les modalités de fixation des prix de vente des médicaments fabriqués localement ou importés pour le public, en particulier les articles 12, 14 et 15.

La décision a été prise après examen des demandes de fixation des prix de vente des médicaments originaux soumises par les établissements pharmaceutiques concernés, ainsi que des demandes d’approbation des prix de vente des médicaments génériques et biosimilaires. Les demandes de réduction des prix des médicaments ont également été prises en compte. L’avis du comité interministériel chargé de la fixation des prix a été sollicité dans ce processus.

Dans son article premier, l’arrêté fixe les prix de vente de plusieurs médicaments originaux, ainsi que des médicaments génériques, biosimilaires et ceux ayant bénéficié d’une réduction de prix.

Selon la liste des médicaments annexée à l’arrêté, les réductions concernent notamment le médicament Afinitor, utilisé dans le traitement du cancer du sein, dont le prix est passé de 16.280 DH à 11.832 DH. Le prix du médicament Nexavar, destiné au traitement du cancer du foie, a également été réduit, passant de 18.759 DH à 10.700 DH.

En outre, le médicament Stivarga, utilisé dans le traitement du cancer colorectal, a vu son prix baisser de 28.639 DH à 26.806 DH.

Oncorad Group établit un record mondial en chirurgie à distance

Cet exploit marque une étape décisive pour la médecine au Maroc, ouvrant de nouvelles perspectives d’accès aux soins spécialisés, même dans les régions les plus reculées, indique un communiqué d’Oncorad Group.

Cette intervention complexe, réalisée à distance pour traiter un cancer de la prostate localisé, repose sur une technologie de téléchirurgie de pointe. La prostatectomie totale consiste en l’ablation complète de la glande prostatique, une opération essentielle dans le contrôle et le traitement de cette pathologie, explique le groupe. Ce type d’intervention est souvent recommandé aux patients pour qui l’ablation complète présente les meilleures chances de rémission.

En accomplissant cette opération à une distance sans précédent, Oncorad Group démontre la capacité de la téléchirurgie à surmonter les contraintes géographiques, offrant ainsi un traitement efficace aux patients, même dans des régions éloignées, poursuit la même source.

La réussite de cette opération repose sur l’utilisation du robot chirurgical Toumai, associé à une plateforme de communication avancée permettant une transmission en temps réel des commandes du chirurgien, avec une précision absolue et des images haute définition en 3D.

L’opération a été conduite par le Dr Youness Ahallal, chirurgien urologue et expert en chirurgie robotique et cancérologique, présent à Shanghai, et soutenu par une équipe sur place au Maroc comprenant le Dr Hamza Neil, chirurgien urologue référent du patient, le Dr Oskar Blezien, chirurgien urologue assistant, le Dr Adil Mellouki, professeur assistant en urologie, le Dr Anas Bakka et le Dr Kamal Belkadi, médecins anesthésistes, ainsi que des infirmiers spécialisés d’Oncorad Group pour gérer les aspects locaux de l’intervention.

La supervision technique et la maintenance des équipements ont été assurées par une équipe d’ingénieurs biomédicaux marocains qualifiés. L’opérateur de télécommunications Orange Maroc a été le partenaire d’Oncorad Group, en apportant plusieurs solutions innovantes afin de garantir la sécurité et le succès de l’intervention chirurgicale, précise le communiqué. Orange Maroc a déployé une connectivité à très haut débit avec un débit garanti, une latence ultra faible, et sur deux technologies en parallèle afin d’assurer la résilience nécessaire pour ce genre d’opérations.

La confidentialité des données du patient a été protégée grâce à des protocoles de cryptage avancés et des pare-feux sophistiqués, poursuit la même source.

Le Dr Ahallal rejoint l’équipe de spécialistes d’Oncorad

Dans un communiqué distinct, Oncorad Group a annoncé que le Dr Youness Ahallal, chirurgien urologue et onco-urologue de renommée internationale, fera désormais partie de l’équipe de spécialistes d’Oncorad.

Expert en chirurgie robotique, le Dr Ahallal apporte une expérience riche et diversifiée acquise au sein d’institutions de premier plan, telles que le Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York, l’Institut mutualiste Montsouris de Paris, et le CHU de Nice, où il enseigne actuellement la chirurgie robotisée, indique le communiqué.

Spécialisé dans la prise en charge chirurgicale mini-invasive des pathologies génito-urinaires, avec un focus particulier sur les cancers urologiques, le Dr Ahallal contribuera à renforcer les compétences du groupe en matière d’innovation et de technologies de pointe, souligne la même source.

L’arrivée du Dr Ahallal s’inscrit pleinement dans l’engagement d’Oncorad Group à développer et intégrer la chirurgie robotique dans ses pratiques médicales, dans le but de proposer à ses patients des soins plus précis, moins invasifs et toujours à la pointe des avancées scientifiques, souligne le groupe.

Auteur de nombreuses publications dans des revues scientifiques internationales, le Dr Ahallal a également été formateur en chirurgie mini-invasive à l’École européenne de chirurgie de l’Université Paris 5 et à l’École de chirurgie du Fer-à-Moulin à Paris.

Venus Remedies introduit l’anticancéreux carboplatine au Maroc

Pour Venus Remedies, cette approbation marque une étape stratégique dans sa volonté d’élargir sa présence en Afrique, rapporte le site spécialisé en santé BW Healthcare World.

Le carboplatine, essentiel dans la chimiothérapie, est largement utilisé dans le traitement de plusieurs types de cancers, notamment le cancer des ovaires, des poumons, de la tête et du cou.

Cancer au Maroc : un poids économique en hausse, en raison d’un dépistage insuffisant

Sondés par nos soins, les constats de trois experts marocains, spécialisés dans la maladie du cancer et en économie, sont unanimes :

– Il y a un manque d’études médico-économiques qui démontrent que le traitement du cancer coûte très cher au Maroc, aussi bien aux citoyens qu’aux organismes de prévoyance sociale ;

– Il y a un manque d’études sur les coûts indirects du cancer ;

– Les coûts directs du traitement du cancer sont très chers lorsque le diagnostic est effectué à un stade avancé de la maladie ;

– Pour atténuer les coûts directs et indirects du cancer, notamment dans le cadre de la généralisation de l’AMO, la stratégie conseillée est la suivante : Prévention (vaccins, dépistages…) – DiagnosticDémarrage du traitement adapté dans les plus brefs délais – Contrôles réguliers pour diagnostiquer précocement les cas de récidive.

Le nombre de cas de cancer en hausse au Maroc

A l’échelle internationale, le nombre de cas de cancer ne cesse d’augmenter, faisant de cette maladie la deuxième cause de décès dans le monde. Une récente étude réalisée par un ensemble de chercheurs étrangers sur le fardeau économique du cancer dans neuf pays du Moyen-Orient et d’Afrique, y compris le Maroc, estime qu’en 2020, 19,3 millions de nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués et près de 10 millions de personnes sont mortes à cause de cette maladie. La même étude estime que le nombre de décès à cause du cancer, entre 2000 et 2019, a augmenté de 60% au Maroc, prévoyany également la poursuite de la hausse du nombre de cas, dans le Royaume notamment. Mais pourquoi le nombre de cas de cancer augmente-t-il , au Maroc et dans le monde?

Joint par Médias24, le Dr Rochdi Talib, PDG du groupe Akdital, nous explique. « En réalité, c’est une perception, due principalement à la hausse du dépistage« . Et d’expliquer : « Auparavant, beaucoup décédaient du cancer sans même savoir qu’ils étaient atteints de cette maladie. Il y avait une insuffisance de diagnostic, à cause de la honte notamment, spécialement en milieu rural ».

« Prenons l’exemple du cancer de la prostate. Pour les habitants du milieu rural, il s’agit d’un sujet tabou. Les maladies qui touchent l’appareil génital, que ce soit chez l’homme ou la femme, y étaient considérées comme un tabou, ce qui empêchait les gens d’aller se faire dépister et de se soigner à temps. Les gens vivaient leur souffrance en silence », poursuit le Dr Rochdi Talib.

« A présent, grâce à la communication, la population est plus encline à se faire dépister. Pour le cancer du sein par exemple, s’il est dépisté à un stade très précoce, la rémission atteint 100%. Avec un contrôle régulier, on peut prendre en charge les patients en cas de récidive, lorsque la tumeur est dépistée très précocement ».

« Le problème qui se posait auparavant était donc d’ordre sociétal. A présent, il y a une certaine prise de conscience ; les mentalités sont en train de changer. On consulte de plus en plus. Certes, il y a des évènements tels que les ‘octobre rose’ ou ‘novembre bleu’, mais il y a encore d’importants efforts à fournir en termes de communication ».

« En plus, avec la généralisation de l’AMO, les citoyens marocains, notamment les catégories les plus vulnérables, pourront à présent se faire dépister sans aucune contrainte financière dans le secteur privé. Ainsi, au lieu de figurer sur une liste d’attente pendant des mois, les ex-Ramédistes par exemple pourront se faire tester plus rapidement et être pris en charge à temps. Ce n’est donc pas le nombre de cas de cancer qui a augmenté, mais plutôt le dépistage et la prise de conscience qui sont meilleurs », conclut le Dr Rochdi Talib.

Pour sa part, Mohamed El Mandjra,  PDG du groupe Oncologie et diagnostic du Maroc (ODM), estime que « l’augmentation des cas est effectivement due à un développement du dépistage, mais aussi, à l‘augmentation des facteurs de risque (mauvaise alimentation, vie sédentaire importante, changement des modes de vie) qui ne causent d’ailleurs pas seulements des cancers, mais bien d’autres maladies aussi ».

Notre interlocuteur explique que « c’est la conséquence d’une approche plus systémique. Nous avons à présent des registres nationaux et nous réalisons des campagnes de détection, ce qui impacte effectivement la détection du nombre de cas, qui connait une hausse. Au Maroc, nous sommes à près de 150 cas par 100.000 habitants. Dans certains pays, la prévalence est plus élevée, atteignant 190 cas par 100.000 habitants. Nos chiffres ne sont donc pas hors normes ».

Un coût économique de plus en plus élevé

Le cancer a toutefois un impact économique significatif en termes de coûts médicaux et de perte de productivité. Ce fardeau devrait augmenter dans les années à venir au vu de l’évolution démographique prévue au niveau mondial. Les prévisions estiment que la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus va doubler, tandis que celle des enfants âgés de moins de 15 ans va baisser, sachant que le risque de contracter le cancer augmente considérablement avec l’âge.

Le fardeau économique du cancer comprend à la fois les coûts directs (consacrés aux soins) et les coûts indirects (dus à la perte d’activité). Au Maroc, nous ne disposons pas de chiffres précis sur les coûts engendrés par la maladie de manière générale, ni sur ses coûts indirects. Des études ont toutefois été réalisées sur certains types de cancers.

« A ce jour, il n’y a pas de chiffres exacts qui pourraient démontrer le fardeau économique de la prise en charge des malades cancéreux. En revanche, cela deviendra possible avec le chantier de la généralisation de l’AMO, mais il faudra avoir un recul de deux ou trois ans », reprend le Dr Rochdi Talib.

« Ce qui est sûr, c’est que ce coût va baisser, du moment que le dépistage sera effectué à temps, ainsi que la prise en charge. Un malade pris en charge à temps coûtera beaucoup moins qu’un autre pris en charge au stade de la métastase. Ces stades avancés du cancer impliquent la réanimation, la chimiothérapie, la radiothérapie et même les soins palliatifs pour certains cas ».

Mohamed El Mandjra, lui, estime que le nombre de nouveaux cas au Maroc s’élève à environ 52.500 par an. La prise en charge coûte quant à elle autour de 50.000 DH par cas sauf complications. « Les coûts directs annuels pour traiter les nouveaux cas au Maroc seraient ainsi d’environ 2,5 à 3 milliards de DH. On dépense ainsi plus d’argent pour subventionner le sucre que pour traiter tous les nouveaux cas de cancer au Maroc », déplore-t-il.

« Relativement à la gravité de la maladie, les coûts directs ne sont donc pas énormes« , ajoute le PDG d’ODM. « En revanche, il faudrait réaliser des études qui calculent les coûts indirects de cette maladie et qui les comparent aux coûts directs. Car la déperdition de la productivité est très importante et a un impact social important ».

« A titre d’exemple, lorsqu’un chef de famille est atteint d’un cancer, c’est toute la famille qui en souffre. Si un parent est incapable de suivre son enfant en raison de sa maladie, ce dernier va probablement quitter l’école, sera moins instruit et par conséquent moins productif. Si l’on fait le calcul, on se rendra compte que les coûts indirects du cancer sont beaucoup plus importants que les coûts de traitement ».

Le Pr Jaafar Heikel, également docteur en économie, a déjà réalisé des études sur le cancer de l’utérus, deuxième cancer au Maroc. Contacté par Médias 24, il nous explique que « le coût du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), qui est la principale cause de ce type de cancer, reste très faible par rapport au coût du traitement du cancer ».

Le stade auquel la maladie a été diagnostiquée est important, souligne-t-il, rejoignant ainsi nos deux autres sources. « Au lieu de payer quelques centaines de dirhams pour se faire vacciner, ou le faire gratuitement dans le secteur public, les patientes se retrouvent à payer des milliers de dirhams pour se faire soigner ».

« Le Maroc a démarré en octobre 2022 la vaccination contre le HPV, mais malheureusement la population n’a pas adhéré« , a-t-il noté. Selon une étude française, citée par le Pr Heikel, le traitement d’un cancer du col utérin au stade 1 coûte 96.000 DH au Maroc, contre 167.000 DH au stade 2 et 230.000 DH pour la prise en charge thérapeutique au troisième stade. Ce coût est de 280.000 DH lorsque le cancer n’est découvert et pris en charge qu’au quatrième stade.

Malgré les efforts fournis par de nombreux médecins, il y a toujours un manque d’indicateurs du fardeau économique du cancer au Maroc. « Des études américaines démontrent par exemple le montant épargné par cas de cancer évité. Au Maroc, nous n’avons pas suffisamment d’études qui détaillent ces chiffres. Il faut alors réaliser davantage d’études médico-économiques qui démontrent que le traitement du cancer coûte très cher au Maroc, aussi bien aux citoyens qu’aux organismes de prévoyance sociale ».

Comment atténuer ces coûts ?

Dans le cadre de la généralisation de l’assurance-maladie, la prise en charge du cancer coûtera cher à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), qui gère à présent l’AMO dans sa globalité, si le pays ne procède pas à la prise en charge rapide après détection. La politique de santé au Maroc doit donner une place importante à ces maladies lourdes, notamment d’un point de vue économique et social. « L’idée est d’éviter que le cancer s’installe, parce qu’il coûte très cher », conclut le Pr Jaâfar Heikel.

Nos trois sources insistent ainsi sur la stratégie à adopter :

1- La prévention, par la vaccination et le dépistage ;

2- Le diagnostic ;

3- Le démarrage du traitement adapté dans les plus brefs délais ;

4- Le contrôle régulier pour diagnostiquer précocement les cas de récidive.

Mohamed El Mandjra insiste également sur le fait qu’une personne atteinte d’un cancer peut continuer à être un membre productif de la société. « A l’étranger, le cancer est considéré comme une maladie chronique, qu’on peut gérer en restant actif dans beaucoup de cas. Je ne suis pas sûr que l’on ait cette même approche au Maroc ».

« Le Maroc est en transition sociétale, due au développement économique qu’il connait. La prévention doit être prise au sérieux, d’autant plus que nous observons une augmentation des facteurs de risque (obésité, stress, tabagisme…). Il faut inciter les citoyens à avoir une meilleure hygiène de vie, et œuvrer pour une meilleure prise de conscience, afin de prévenir et le cancer, et les autres maladies engendrées par ces mêmes facteurs de risque ».

« Pour le cancer, plus la détection est précoce, plus le traitement fournit de bons résultats. En retardant le diagnostic, la prise en charge ne coûterait que plus cher à l’Etat et le pronostic du patient sera significativement amoindri », conclut M. El Mandjra. Car un « cancer tardif coûte deux à trois fois plus cher qu’un cancer traité plus tôt ».

Leucémie : une pilule expérimentale aux résultats prometteurs

Le Revuménib, un inhibiteur oral puissant et sélectif de l’interaction entre la ménine (protéine intranucléaire ayant un rôle de suppresseur de tumeur dans les cellules glandulaires endocrines) et la KMT2A (protéine intervenant dans le développement des cellules souches hématopoïétiques), a fait l’objet d’un premier essai clinique.

Le traitement a été administré par voie orale toutes les douze heures, entre le 5 novembre 2019 et le 31 mars 2022, à 68 patients atteints d’une leucémie aiguë récidivante ou réfractaire. Les résultats préliminaires, disponibles sur le site de la revue scientifique Nature, sont encourageants, selon les chercheurs qui ont chapeauté la première phase de cet essai clinique.

Un taux de rémission de 30%

Le Revuménib a d’abord été associé à une faible fréquence d’effets indésirables de grade 3 ou plus, lié au traitement. 99% des patients ont présenté un événement indésirable mais aucun d’entre eux n’a cessé définitivement le Revuménib en raison d’effets indésirables. Par ailleurs, aucune réaction défavorable au traitement n’a entraîné de décès.

Les traces de cancer ont disparu entièrement chez 18 patients. L’inhibiteur expérimental a en effet affiché un taux de rémission complète (RC) ou de rémission complète avec récupération hématologique partielle de 30%.

Le taux de réponse global (RC, RCh, rémission complète avec récupération plaquettaire incomplète, rémission complète avec récupération hématologique incomplète, état morphologique sans leucémie) était quant à lui de 53%.

Résistance au Revuménib

Le traitement des patients atteints d’une leucémie aiguë récidivante ou réfractaire est difficile, rappellent les scientifiques. Le taux de RC ou de rémission complète avec récupération incomplète se situe habituellement autour de 9 %.

Malgré des progrès notables, le traitement des leucémies aiguës de l’enfant représente encore un défi thérapeutique, avec des taux élevés de résistance à la chimiothérapie multi-agents.

« Le revuménib, un inhibiteur de la ménine, a le potentiel de répondre à ces problématiques (…) Nous avons constaté un bénéfice clinique encourageant, avec des rémissions moléculaires profondes et des toxicités minimes, chez une population d’enfants et d’adultes lourdement prétraités atteints de leucémie aiguë avancée », ajoutent les chercheurs.

Un bémol cependant : « Le traitement génère des résistances« , explique Eytan M. Stein, l’un des scientifiques ayant piloté l’essai clinique.

Pour éviter ces mutations de résistance observées chez certains patients, les auteurs proposent d’associer des médicaments aux mécanismes d’action différents. Ils estiment que les inhibiteurs de la ménine « feront assurément partie du traitement de ces leucémies ».

Le cancer dépasse désormais 50.000 cas dépistés chaque année au Maroc

Les experts au Maroc alertent sur l’augmentation régulière du nombre de cancers qui dépasse désormais les 50.000 cas par an, alors qu’il avoisinait 48.000 cas en 2019. 

D’après les dernières données épidémiologiques du cancer au Maroc, dévoilées le 21 janvier dernier à l’occasion de la première Journée nationale du registre des cancers, l’incidence globale du cancer est de 116 pour 100.000 habitants.

Le risque de développer une pathologie cancéreuse avant l’âge de 75 ans est de 12%.

Fréquence des cancers par sexe 

Le cancer le plus fréquent chez les hommes est celui du poumon, avec 25,6% des cas diagnostiqués. Le cancer de la prostate arrive en seconde position, avec une représentativité de 13,9%. Il est suivi par le cancer colorectal (8,9%), le cancer de la vessie (5,4%) et le lymphome non hodgkinien (LNH) (4,5%).

Chez les femmes, le cancer du sein reste le plus fréquent et représente 38,1% des pathologies observées.

Le deuxième cancer le plus régulièrement diagnostiqué chez les femmes est celui de la thyroïde (11,3%), suivi du cancer du col de l’utérus (8,1%), du cancer colorectal (6,9%) et du cancer de l’ovaire (4%).

Ces chiffres ont été présentés par les représentants du ministère de la Santé, de la Fondation Lalla Salma et de l’Association marocaine des registres des cancers, en marge de la première Journée nationale du registre des cancers, tenue le 21 janvier sur le thème « Surveillance du cancer au Maroc : passé, présent et futur ».

Cette journée a permis de sensibiliser les décideurs ainsi que la communauté scientifique sur l’importance de la surveillance du cancer pour lutter contre ce mal du siècle.

Lancement d’une étude sur l’impact de la Covid-19 sur l’accès aux soins d’oncologie au Maroc

Il s’agit d’un projet de recherche sélectionné parmi plusieurs travaux soumis dans le cadre du programme indépendant de subventions pour la politique en matière d’oncologie de MSD.

Ce projet de recherche vise à analyser « l’impact de la pandémie de la Covid-19 sur la cancérologie et à explorer les approches possibles pour réduire, dans le futur, les effets négatifs de crises sanitaires similaires sur les patients au Maroc », précise la même source.

« Car bien que le Maroc ait fait des progrès dans la lutte contre le cancer, l’accès aux soins et au diagnostic en cancérologie fait face, depuis 2020, à de nombreux challenges liés à la pandémie de la Covid-19 », souligne le communiqué, relevant que, « que ce soit dans le milieu urbain ou dans le rural, la situation de crise sanitaire a restreint l’accès aux traitements dans les hôpitaux et les centres pour de nombreux patients et a ainsi impacté la continuité des soins qui leur sont prodigués ».

Le professeur Samir Ahid, doyen de la Faculté de Pharmacie de l’UM6SS et président de la SMEPS a expliqué que cette étude vise également à aborder le financement de l’introduction des technologies nouvelles de santé, notamment dans le domaine de la cancérologie, ajoutant qu’elle permettra aussi d’explorer des approches innovantes de tarification, de remboursement et de passation de marchés afin de déterminer leur effet sur la réduction du fardeau des coûts.

Le programme de MSD vise à encourager la recherche autour de plusieurs thématiques liées au cancer et à permettre aux institutions de renforcer leurs capacités en matière de recherche, d’enseignement et de diffusion, indique un communiqué conjoint de l’UM6SS, l’IRC et la SMEPS.

(Avec MAP)

La Fondation Lalla Salma renouvelle l’accord avec les laboratoires Roche Maroc

Ce protocole permet chaque année, de faire bénéficier plus de 1.500 patients démunis de thérapies innovantes contre le cancer qui répondent aux standards et protocoles internationaux.

« Au-delà de ce programme d’accès, les deux partenaires vont aussi continuer à œuvrer pour mettre en place des projets qui permettent d’améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer au Maroc », annonce un communiqué de la fondation, ce mercredi 9 décembre.

Il s’agira, entre autres, de mettre en place des campagnes de sensibilisation auprès des professionnels de santé et du public, la promotion de la formation médicale en oncologie en faveur du personnel médical et paramédical et des personnes intervenant dans le domaine de la lutte contre le cancer, ou encore le soutien pour la mise en place d’études épidémiologiques, en particulier pour les registres du cancer. 

Rejet de la création d’un Fonds contre le cancer, mesures alternatives en vue

En réponse à la pétition nationale pour la création d’un fonds public contre le cancer, le gouvernement se montre réticent. Il évoque « des obstacles liés à l’inobservation des règles, modalités et objectifs relatifs à la création des comptes spéciaux du Trésor.

En effet, selon l’article 25 de la loi organique 13-130 relative à la loi de Finances, les comptes spéciaux ont pour objet, entre autres, de « décrire des opérations, qui en raison de leur spécialisation ou d’un lien de cause à effet réciproque entre la recette et la dépense, ne peuvent être commodément incluses dans le budget général ».

« Le gouvernement rappelle, donc, avoir toujours mobilisé des fonds, dans le cadre du budget sectoriel de la Santé, pour financer les dépenses liées au cancer ».

Lancée en décembre 2019, la pétition appelle à l’institution d’un régime béféniçiant à tous les malades de cancer et couvrant toutes les charges.

Dans sa note de réponse à l’issue d’une réunion avec le mandataire de la pétition et son suppléant, le gouvernement annonce des mesures alternatives qui seront « lancées prochainement » pour la prévention et le traitement du cancer, ainsi que pour soutenir les malades.

Il s’agit notamment de:

– L’adoption du plan national de prévention et de traitement du cancer 2020-2029, qui vise à réduire les taux d’incidence et de mortalité liés au cancer et à améliorer la qualité de vie des malades et de leur entourage. Il devra être lancé prochainement.

– La généralisation de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus pour les filles âgées de 11 ans et qui visera 350.000 filles annuellement. Le Maroc enregistre 1.500 nouveaux cas chaque année. Le traitement nécessite 100.000 DH pour chaque cas.

– La transformation de l’Institut national d’oncologie en établissement public doté de l’autonomie financière et administrative, tout en renforçant ses missions et ses attributions dans les domaines de la recherche, des études et de la formation.

 – Lla création d’une commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, qui sera présidée par le chef du gouvernement et comprendra des acteurs institutionnels, des professionnels et des représentants de la société civile.

Qualifiant la pétition « d’initiative humaine et participative », le chef du gouvernement affirme avoir interagi avec ses nobles objectifs.

« L’examen de cette pétition et de ses revendications a été l’occasion de mener une évaluation globale de la prévention et du traitement du cancer au Maroc et de s’arrêter sur les réalisations et le manque enregistré », relève la note de réponse.

Le chef du gouvernement a affirmé qu’en dépit des réalisations positives au cours des dernières années en matière de prévention et de lutte contre le cancer, certaines lacunes doivent être comblées.

Une exigence « urgente »

En réaction au refus du gouvernement, le comité de présentation de la pétition a exprimé son « regret » face au refus du gouvernement de créer le fonds, que le comité considère comme une « exigence urgente et stratégique ». Le comité affirme qu’il restera mobilisé pour la création de ce fonds qui ne peut être remplacé par d’autres alternatives ».

Le comité considère les engagements du gouvernement, contenus dans sa note de réponse, comme des obligations morales et politiques envers les patients atteints de cancer, leurs familles et les partisans de la pétition, engageant les gouvernements actuel et futurs.

Il réclame, par ailleurs, la mise en œuvre immédiate des engagements, selon un calendrier précis, et la mobilisation de fonds nécessaires à cette fin dans le cadre de la loi de Finances 2021.

Enfin, le comité s’engage à assurer le suivi de la mise en œuvre de tous les engagements du gouvernement.

Cancer: les patients du CHU d’Oujda pris en charge par le groupe ODM

Un partenariat a été conclu entre le Centre d’oncologie Hassan II d’Oujda et le Centre oriental Al Kindy « dans le cadre de la participation du groupe à l’effort national de
solidarité, dans le contexte actuel de pandémie », ajoute le communiqué du groupe.

Rappelons que l’état d’urgence sanitaire oblige les Marocains à rester chez eux par mesure de prévention. Cette obligation de limiter les déplacements intra et inter-villes représente une importante contrainte pour les personnes atteintes de cancer qui se trouvent parfois dans l’incapacité de se déplacer dans d’autres villes afin d’accéder aux soins nécessaires dans les hôpitaux publics.

Afin d’éviter des répercussions négatives pour les patients de la région de l’Oriental, le groupe, disposant des moyens nécessaires de traitement et de suivi, les prend gracieusement et intégralement en charge aussi bien pour les traitements de radiothérapie que de chimiothérapie et hospitalisation, conclut le document.

Cancer du poumon. Conseils de l’AMOT pour éviter la contamination au Covid-19

Des membres de l’AMOT ont formé un groupe de travail composé d’oncologues médicaux et de radiothérapeutes dans l’objectif d’émettre des recommandations sur la prise en charge des patients atteints de cancer du poumon, durant la pandémie du coronavirus.

Ces recommandations portent notamment sur la prévention des risques de contamination. A travers la prise de température et la recherche de symptômes respiratoires et digestifs de manière régulière. Cela est valable même pour le personnel soignant et administratif.

Les conseils relatifs à la prévention portent également sur le lavage régulier des mains et le respect des mesures de précaution telles que la distanciation sociale ainsi que le port obligatoire de masques de protection.

De plus, pour réduire l’afflux des patients dans les centres hospitaliers ou cabinets, l’AMOT recommande de procéder à une personnalisation et adaptation des traitements.

Pour le président de l’association, Professeur Nawfel Mellas: « le cancer du poumon est aujourd’hui un problème de santé publique, étant le premier cancer en termes de fréquence et mortalité chez l’homme au Maroc. En s’attaquant aux voies respiratoires, le Covid-19 constitue un risque majeur pour les patients atteints d’un cancer du poumon. Il nous a donc paru primordial de nous aligner avec les médecins traitants et de produire ces recommandations qui serviront de référentiel national pour une prise en charge optimale des malades atteints de cancer du poumon ».