Cannabis médicinal : l’UM6P et l’ANRAC s’allient pour développer la recherche appliquée

L’UM6P et l’Agence nationale de régulation des activités du cannabis (ANRAC) ont signé, le 17 juin, un accord-cadre à Benguérir pour promouvoir la recherche appliquée sur le cannabis médicinal, précise-t-on dans un communiqué.

La collaboration couvre la caractérisation des composés actifs, l’étude de leur potentiel thérapeutique et le respect des normes réglementaires, ajoute-t-on.

Un volet formation pour les professionnels de santé et un partenariat avec l’African Genome Center ont été lancés pour séquencer et protéger la variété autochtone Beldia, conclut le communiqué.

Rappelons que la culture de cannabis a entamé en avril dernier sa troisième année au Maroc, sous la supervision de l’ANRAC, après sa légalisation en 2022 et deux années concluantes.

La culture de la Beldia, cannabis de terroir marocain aussi connu sous l’appellation « Kif » a, quant à elle, été autorisée par l’ANRAC puis lancée en avril 2024.

Voici le symbole réglementaire pour les produits de cannabis marocain

Le décret spécifie le vert et le rouge comme couleurs de référence pour le logo qui sera placé sur les produits de cannabis marocain, dans le cas où une référence quadrichromique serait utilisée.

Selon le même décret, lorsque le logo du produit de cannabis ne peut pas être utilisé en couleurs, il peut être appliqué en noir et blanc, avec la nécessité que les contrastes de couleurs utilisés permettent une vision claire du logo.

D’après la même source, le logo peut être adopté en blanc si la couleur de fond de l’emballage ou de l’étiquette est sombre.

Le décret prévoit que le logo du produit de cannabis soit encadré et que la taille minimale du symbole soit de 9 millimètres, bien qu’elle puisse être réduite à 6 millimètres pour les petits emballages.

Selon le décret, le logo du produit de cannabis peut être combiné avec des éléments graphiques ou textuels indiquant la culture ou l’industrie du cannabis, à condition que ces éléments ne modifient pas la nature du logo du produit de cannabis.

Enfin, le terme « Cannabis » doit être clairement affiché sous le logo, écrit en lettres majuscules utilisant la police de caractère « Amagro ».

Comme révélé en exclusivité par Médias24, le 9 avril, deux coopératives marocaines ont exporté une première cargaison légale de résine de cannabis vers le marché international.

La DMP fixe les exigences pour l’enregistrement des médicaments à usage humain à base de cannabis

L’objectif de ce document (fac-similé ci-dessous) est de permettre une meilleure accessibilité des patients marocains à des produits médicamenteux à base de cannabis et/ou de ses dérivés.

Cette circulaire précise ainsi la nature des médicaments concernés et explicite les exigences en termes de composition des dossiers de demande d’autorisation de leur mise sur le marché.

Elle a été publiée dans la lignée des engagements entrepris par le Maroc pour l’encadrement et la promotion des usages pharmaceutiques du cannabis et ses dérivés, notamment après la promulgation de la loi 13.21 relative aux usages licites du cannabis, et eu égard aux potentielles évidences scientifiques attestant l’intérêt thérapeutique de cette plante et de ses dérivés dans la prise en charge de différents états pathologiques.

Deux circulaires en relation avec le cannabis et ses dérivés ont déjà été publiées par la DMP précédemment, dont l’une relative aux denrées alimentaires destinées à une alimentation particulière, et l’autre aux produits cosmétiques et d’hygiène corporelle.

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5 MDH pour l’élaboration d’un plan stratégique de développement de la filière du cannabis

L’objectif de cette étude est d’élaborer, sur le moyen et long termes (dix ans), un plan stratégique de développement de la filière du cannabis licite.

Les opportunités de développement du cannabis médical et industriel au Maroc sont réelles et prometteuses, compte tenu des atouts dont dispose le Royaume (écosystème : sol et climat propices, proximité du marché européen en plein essor, savoir-faire ancestral des agriculteurs traditionnels, etc.) et des opportunités offertes par ce marché à l’international.

En effet, le secteur du cannabis médical et industriel présente à l’échelle mondiale une forte tendance à la légalisation ainsi que de très bonnes perspectives de croissance.

L’ambition du Maroc est de faire du secteur du cannabis licite un véritable pôle de développement socio-économique, basé sur la compétitivité et le développement durable. Or la transversalité de la filière, ainsi que la multiplicité des intervenants, nécessitent la mise en place d’une vision stratégique nationale concertée, devant bénéficier de la forte adhésion et de la mobilisation totale de tous les acteurs aussi bien institutionnels qu’économiques.

Trois missions en 85 jours

Le délai de réalisation de cette étude est fixé à 85 jours, réparti sur trois missions principales :

– La première est scindée en deux sous-missions, dont la première est relative à l’analyse du marché international du cannabis médical et industriel. L’objectif de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) est d’avoir un panorama des échanges internationaux, en quantités et en valeurs, des produits de cannabis par segment (médicinal et pharmaceutique, cosmétique, compléments alimentaires, construction, textile et autres usages…), indiquant les tendances récentes sur les cinq dernières années, ainsi que les prévisions d’évolution de 5 ans à 10 ans.

Des rapports d’analyse comparative de la réglementation et de l’organisation de la filière, des techniques de production et de valorisation du cannabis par segment, des coûts de revient de la production du cannabis et du prix d’achat par l’industrie de transformation du cannabis dans cinq pays, devront ainsi être livrés à l’ANRAC.

La seconde sous-mission est relative à l’analyse du développement de la filière du cannabis licite au niveau national. Le titulaire de ce marché devra ainsi établir un rapport sur l’état des lieux de l’offre nationale actuelle de production par province autorisée à l’échelle communale, indiquant les superficies emblavées par période de semis, la productivité par type de semences (locales et importées) avec les modes de production (bour, irrigué) et les techniques de production adoptées.

Il devra également livrer à l’ANRAC un rapport sur l’analyse et les perspectives de l’offre nationale potentielle de production par province autorisée à l’échelle communale, indiquant les superficies potentielles par période de semis, la productivité prévisionnelle et le coût de production, ainsi qu’un rapport sur le potentiel de transformation et de valorisation de l’offre nationale potentielle de production en distinguant les parts destinées aux fins médicinales et pharmaceutiques (THC>1%) de celles destinées aux fins industrielles (THC<1%).

Le titulaire est également tenu de préparer une synthèse des facteurs de compétitivité de la production nationale par rapport aux facteurs clés et aux contraintes réglementaires identifiés.

– La seconde mission est relative à la préparation d’un plan stratégique, qui a pour objectif de définir le positionnement cible du Maroc sur la filière, ainsi que ses orientations stratégiques.

– Enfin, pour la troisième mission, le titulaire du marché doit élaborer un programme d’action de mise en œuvre du plan stratégique de développement de la filière du cannabis licite.

Il devra ainsi préparer une feuille de route d’opérationnalisation des orientations stratégiques pour chaque segment prioritaire identifié (médicinal, pharmaceutique, cosmétique, compléments alimentaires, construction, textile, autres usages) et les alternatives pour chaque maillon de la filière de cannabis (culture, transformation, commercialisation, import, export du cannabis et de ses produits) avec leur échéancier d’objectifs intermédiaires, les indicateurs de réalisation, d’impact et de suivi-évaluation.

Enfin, le titulaire sera tenu de préparer un plan de communication concernant le plan stratégique national du développement de la filière.

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