La famille Tazi (Sothema) rejoint le tour de table de Dislog Group

Le family office de la famille Tazi, actionnaire principal de Sothema, prend une participation minoritaire non contrôlante au sein de Dislog Group, annonce ce dernier dans un communiqué.

Suite à l’accord du Conseil de la concurrence, Dislog Group, via sa filiale Dislog Dispositifs Médicaux, a racheté 100% des actions et droits de vote de la société Farmalac, spécialisée dans la commercialisation de matières premières et de dispositifs médicaux détenus par la famille Tazi.

« Nous sommes ravis de rejoindre Dislog Group, l’une des entreprises les plus dynamiques dans le développement de marques dans les secteurs de l’alimentation, de l’hygiène et des solutions de santé. L’économie de la vie est résiliente et permet un potentiel de croissance important pour l’avenir. Nous avons également une grande confiance en la capacité du management de Dislog Group à maintenir une croissance à deux chiffres dans les années à venir », ont déclaré Lamia et Mohamed Tazi.

De son côté, Moncef Belkhayat, PDG de Dislog Group, a commenté : « Nous sommes très heureux d’accueillir Lamia et Mohamed Tazi au sein de notre actionnariat. Leur arrivée renforce notre structure actionnariale, qui se compose désormais de trois groupes complémentaires : notre famille, incluant notre management, des fonds d’investissement et LPs comme Eberd, SPE Capital, Sanlam, ainsi que des family offices tels qu’Axiom, Sanam et la famille Tazi. Nous continuerons à renforcer nos fonds propres en invitant de nouveaux investisseurs solides, afin de consolider la position de Dislog Group ».

H&S Invest Holding de Moncef Belkhayat en passe d’acquérir 25% de la société de construction & travaux publics Gidna

Cette alliance stratégique vise à accélérer le développement de Gidna, avec pour objectif d’atteindre un chiffre d’affaires d’un milliard de DH au cours des 12 prochains mois, indique un communiqué de H&S Invest Holding.

Depuis sa création en 2006 par Zaid Lahbabi, Gidna, co-gérée avec Jalal Ababou et Ahmed Rachi, s’est imposée comme un expert de référence dans la construction de bâtiments spécialisés et d’infrastructures complexes, couvrant plusieurs secteurs d’activité :

• Industrie : usines, entrepôts et installations industrielles
• Logistique : infrastructures logistiques, terminaux de transport, centres de distribution
• Éducation : écoles, universités et établissements de formation
• Santé : hôpitaux et cliniques
• Sport : complexes sportifs, centres de formation et salles couvertes.

Vers une introduction en bourse entre 2027 et 2028

Dans le cadre de ce partenariat, une refonte de la gouvernance sera mise en place, notamment avec le renforcement de la direction financière, en vue d’une potentielle introduction en bourse entre 2027 et 2028, selon l’avancement des préparatifs, précise le communiqué.

A travers cette alliance stratégique, H&S consolide sa position de holding d’investissement dans les métiers de l’industrie et de la distribution à travers Dislog Group ; les métiers de la logistique et du transport à travers Building Logistics Services ; les métiers du marketing, des médias et de la presse à travers WB Africa et Horizon Press et enfin les métiers de l’immobilier à travers Kaya Immobilier et désormais Gidna, poursuit le communiqué. A noter que le dossier sera soumis à l’approbation administrative préalable du Conseil de la concurrence.

H&S Invest Holding a été accompagné par le cabinet Hilmi Law Firm.

Azur Innovation Fund et CDG Invest montent dans le capital de LNKO

Le Conseil de la concurrence a reçu une notification d’une opération de concentration économique consistant en une prise du contrôle conjoint par Azur Innovation Fund et CDG Invest de la société LNKO, à travers l’acquisition respectivement de 16,63% et 3,42% additionnels de son capital et de ses droits de vote associés.

L’opération entraîne le passage du contrôle conjoint de LNKO par CDG Invest et LNKO USA, à un contrôle conjoint de LNKO SARL exercé par CDG Invest, LNKO USA et Azur Innovation Fund.

Akdital réussit son augmentation de capital et comptera 51 établissements de santé d’ici 2026

La Bourse de Casablanca a acté une opération d’envergure avec l’augmentation de capital d’Akdital pour un montant d’un milliard de dirhams.

Dans une conférence organisée ce 17 juillet à Casablanca, le groupe Akdital, en compagnie du management de la Bourse, a présenté les résultats de l’augmentation de capital.

Une forte sur-souscription de l’opération

Il s’avère que l’opération, comme nous le révélions dans un précédent article, a été un franc succès traduisant une forte confiance des investisseurs. L’opération a été souscrite 29 fois par un total de 16.623 souscripteurs. Le taux de satisfaction s’est affiché à 3,44%.

Le premier type d’ordre a été souscrit 34,5 fois. Près de 41,2 millions d’actions ont été demandées sur un total de près de 1,2 million, avec 917 souscripteurs enregistrés.

Le second type d’ordre a été souscrit 7,16 fois avec une demande de 2,1 millions d’actions sur un total de près de 300.000, avec 15.706 souscripteurs enregistrés.

Concernant les souscripteurs, les personnes physiques se sont accaparés 38,5% des actions attribuées.

La conférence a également été l’occasion pour le fondateur du groupe, Rochdi Talib, de revenir sur les perspectives de développement du groupe dans les années à venir, et l’accélération de son plan de développement.

Un objectif de 51 établissements dans 31 villes d’ici fin 2026

Avant son introduction en bourse, le groupe détenait 17 établissements dans six villes du pays, avec une capacité litière totale d’un peu plus de 1.800 lits.

« Après l’IPO, nous avons accéléré la cadence pour attirer l’attention des gens et leur confiance. En l’espace de dix-huit mois, nous avons délivré 9 nouveaux établissements de santé. En moyenne, cela donne un nouvel établissement tous les deux mois, ce qui est un exploit », explique Rochdi Talib.

Le groupe ambitionne d’accélérer sa croissance et promet une ouverture de clinique par mois au cours des quinze prochains mois pour arriver à 39 établissements à fin juillet 2025. « Ce sont des établissements qui sont en cours de construction ou de finition », précise le PDG du groupe.

Dès la fin de cette année, le groupe prévoit de livrer la clinique d’Errachidia en septembre, puis courant le dernier trimestre de l’année, celles de Taroudant, Benguérir, Dakhla, Meknès et Kénitra.

Ces objectifs sont pre-money, c’est-à-dire prévus avant l’augmentation de capital. Désormais, le groupe ambitionne de porter le nombre de cliniques à 51 d’ici fin 2026, pour atteindre une capacité litière de 5.700 lits.

Le groupe compte, grâce à son augmentation de capital, renforcer sa présence dans des villes où il est déjà présent, mais où ses établissements sont saturés, telles que Casablanca, Tanger, Fès, Agadir et Marrakech.

L’augmentation de capital permettra également de développer 7 structures multidisciplinaires dans les villes de Sefrou, Larache, El Kelâa des Sraghna, Berrechid, Khémisset, Berkane et Taza.

« Au Maroc, nous n’avons plus besoin de médecine avec stéthoscope, mais de la médecine qui recourt à l’intelligence artificielle et à la robotisation. Mon rêve est que nous puissions d’ici deux ans opérer les malades d’Errachidia à partir de Casablanca », conclut Rochdi Talib.

Le spécialiste du thé de luxe Imperium Holding ouvre son capital à IFU et Proparco

Imperium Holding, société détenue par la famille Baroudi et leader sur les thés et infusions de luxe au Maroc et à l’export, a ouvert son capital après 20 ans d’existence.

Le vaisseau de la famille Baroudi a levé la somme de 350 millions de dirhams en deux tranches (deux libérations de fonds, ndlr), auprès de Proparco et IFU, le fonds d’investissement danois pour les pays en développement.

Une levée pour financer la croissance et l’extension de l’usine

Le groupe œuvre, en effet, depuis deux décennies dans l’ensachage et le packaging de thé de luxe. Peu connue du grand public, Imperium Holding détient plus de la moitié des parts du marché mondial dans son activité et accompagne la création de marques de luxe de thé.

« Ils ont vu naitre et ont accompagné des marques de thé de luxe leaders dans leurs marchés. Ils ont acquis et consolidé une grande expertise dans ce secteur», nous confie une source bien informée.

« Le choix de la famille s’est porté sur ces investisseurs car il y a une vision très long terme et un vrai alignement stratégique entre les partis », nous confie notre source.

La somme levée servira à l’acquisition de matériel pour accroitre les capacités de production, dynamiser la croissance, effectuer de l’intégration en aval et faire une extension de l’usine existante.

Cette extension est mise en place pour améliorer et augmenter les capacités d’ensachage et de mise en boite des plus grandes marques de thé de luxe au monde.

Dans le cadre de cette transaction, la famille Baroudi gardera le contrôle actionnarial et managérial du groupe. Le dossier a été déposé au conseil de la concurrence le 5 juillet.

Un marché du luxe en forte croissance

L’opérateur marocain réalise l’écrasante majorité de son chiffre d’affaires à l’export avec un revenu entre 550 et 600 MDH en devises. Imperium Holding emploie 1.500 salariés directs à Marrakech.

La seule marque vendue par le groupe au Maroc est Tchaba, représentant 2% de son chiffre d’affaires.

Comment expliquer qu’un investisseur en capital étranger soit attiré par le secteur du thé au Maroc ? « Ce qui motive les investisseurs, c’est un marché du thé de luxe en forte croissance, un chiffre d’affaires quasi intégralement en devise et donc sans risque de dévaluation du dirham et surtout le sérieux du management en place», confie notre interlocuteur.

Le marché du thé dans le monde se polarise, à savoir qu’il y a une forte croissance au niveau du thé entrée de gamme et le thé de luxe également. « Il y a également un changement de comportement mondial chez les nouvelles générations qui consomment plus de thé que de café. Le marché sur le thé en soi, croît de 4% à 5% par an mais avec le thé de luxe, il y a une croissance à deux chiffres. Factuellement, il y a peu de produits de grande consommation qui affichent une croissance à deux chiffres », conclut notre source.

Capital Investissement : levées, investissements… une année 2023 record (AMIC)

« L’année 2023 a été l’un de nos meilleurs crus », annonce d’entrée Hatim Ben Ahmed, président de l’AMIC, lors de la conférence annuelle organisée ce jeudi 6 mai pour présenter les chiffres clés de l’an passé.

L’industrie a établi deux records en 2023, notamment concernant les levées effectuées par les fonds et les investissements.

L’écosystème a levé 3 MMDH en 2023 auprès de six fonds d’investissement de la place

« Il s’agit d’une hausse notable par rapport à 2022, où les levées atteignaient 1,16 MMDH », précise Omar Benchekroun, consultant senior à Grant Thornton, en charge de l’étude.

Le montant global des fonds levés sur la période 2018-2023 est de 9,88 MMDH. Cette fenêtre de temps équivaut à la quatrième génération de fonds depuis la création de l’industrie nationale en 2000.

On observe également que ces fonds levés sur la période 2018-2023 proviennent de fonds marocains et transrégionaux, avec une part de 78% pour ces derniers.

Cette quatrième génération de fonds laisse apercevoir un retour des investisseurs marocains sur le devant de la scène.

Après une baisse de la part des investisseurs marocains entre la première et la troisième génération de fonds (de 73% entre 2000 et 2005, à 25% entre 2012 et 2017), une hausse marquée (de 45%) a été enregistrée entre 2018 et 2023.

En cumul, les capitaux étrangers représentent 56% des levées de fonds réalisées.

Hausse de 180% des investissements d’une année sur l’autre

L’autre record enregistré l’an dernier a trait aux investissements. En 2023, un total de 2,5 MMDH a été investi par l’industrie du capital-investissement contre 914 MDH en 2022.

Ce montant a été investi dans 41 entreprises, alors que les investissements en 2022 avaient porté sur 45 entreprises.

En 2023, 25 nouvelles entreprises ont été nouvellement investies et 16 ont été réinvesties. « Les principaux secteurs investis en 2023 ont été les services, la distribution et la santé », souligne Omar Benchekroun.

Il convient de jeter un œil au stade de développement des entreprises investies. Il s’avère que la grande majorité des investissements se font dans le cadre du capital-développement. « C’est le principal moteur de l’industrie du capital-investissement au Maroc, avec près de 11 MMDH cumulés investis à fin 2023. Les investissements en démarrage d’activité ont représenté près du tiers des investissements en 2023 », est-il expliqué. Sur la période 2018-2023, 85% des investissements en valeur ont été dirigés vers le capital-développement.

Ces investissements sont également intéressants à suivre en observant le ticket moyen investi. « On remarque que la part des transactions inférieures à 20 MDH a augmenté de 27 points de pourcentage pour atteindre 49%, et celle des tickets de plus de 100 MDH a évolué de 8 points de pourcentage pour atteindre 20% », ajoute l’AMIC.

« Aujourd’hui, il y a, en somme, de plus en plus de transactions inférieures à 20 MDH et plus de transactions supérieures à 100 MDH. Cela induit que les transactions entre 20 MDH et 100 MDH connaissent une baisse significative « , explique Omar Benchekroun.

Le ticket moyen tout type d’investissement s’élève à 58 MDH, avec un doublement du ticket moyen pour le capital développement/transmission/retournement à 117 MDH.

4,6 MMDH de désinvestissements effectués sur les six dernières années

Alors que l’année 2022 enregistrait un record dans les désinvestissements, 2023 a également été une bonne année avec la deuxième meilleure performance depuis la création du capital-investissement dans le pays.

En 2023, un peu plus d’un milliard de dirhams a été désinvesti, à travers 12 actes, contre 1,4 MMDH l’année précédente.

Durant les six dernières années, un total de 4,6 MMDH a été désinvesti à travers 52 actes de désinvestissement. Ce montant a plus que doublé par rapport à la troisième génération de fonds. »Le mode de désinvestissement privilégié par les fonds de quatrième génération est le marché secondaire qui représente 49% des montants. On observe également que l’IPO devient plus populaire avec 14% des montants contre 9% durant la vie des fonds de troisième génération », décrit Omar Benchekroun.

Des levées de fonds de 7,2 MMDH sont attendues en 2024

Qu’en est-il des perspectives pour 2024 et les années à venir ? « Je pense que 2023 est un ajustement de l’offre pour matcher la demande de capitaux sur le marché. Nous sommes dans une dynamique positive depuis la sortie de Covid. Il y a les fruits des perspectives 2030 importantes et qui pousseront à la hausse de nombreux secteurs. Du coup, il y a eu un rattrapage dans un contexte international favorable au Maroc », explique le président de l’AMIC.

Le lancement opérationnel du FM6I va naturellement booster le secteur et les perspectives d’investissement. Le fonds est doté de 45 MMDH de fonds propres pour une enveloppe d’investissement comprise entre 120 et 150 MMDH. « Nous voyons qu’en 2023, la part des institutionnels marocains a progressé et nous pensons que cette année et l’an prochain, cette part va encore s’accroître du fait que le FM6I n’avait pas encore investi son argent. De la troisième à la quatrième génération de fonds, la part des investisseurs marocains est passée de 25% à 45%. Il va y avoir l’arrivée de nouveaux opérateurs dans le domaine du capital investissement, et ce, sur toutes les tranches de tickets », explique Hatim Ben Ahmed.

Il y a en effet une sorte de ventre mou du financement où les tickets de 20 à 50 MDH sont assez délaissés. Le FM6I pourrait dynamiser cette catégorie d’investissement et créer un continuum d’investissement, en plus de l’amorçage et du capital-développement. « Il se peut que grâce à cette initiative, plusieurs acteurs vont prendre en charge ce segment-là et il faut s’en réjouir. Cela va également permettre d’adresser des secteurs qui ne sont pas fortement investi par l’écosystème actuel, comme le tourisme, l’agriculture, etc. », poursuit-il.

L’AMIC s’attend d’ailleurs à une forte progression des montants des levées de fonds de la part des acteurs du capital-investissement à plus de 7 MMDH en 2024, et 49 actes d’investissements au cours de l’année.

Disway : voici pourquoi Hakam Abdellatif Finances a augmenté sa participation au capital

Actionnaire historique du groupe Disway, la holding familiale Hakam Abdellatif Finances a franchi à la hausse le seuil de 20% de participation dans le groupe coté de distribution de matériel informatique.

La nouvelle a été annoncée dans un communiqué diffusé le 30 octobre par l’AMMC. Pour rappel, l’entreprise était déjà actionnaire à hauteur de 17,76% dans le capital de Disway. En renforçant sa participation, elle a franchi le seuil des 20%, l’obligeant à le déclarer au régulateur et à indiquer ses intentions d’achat sur la valeur dans le futur. La holding familiale a d’ailleurs précisé qu’elle comptait poursuivre ses achats de la valeur dans les six prochains mois. Elle détient actuellement 20,69% du capital de Disway.

Quelles sont les motivations de ce renforcement de position ? Médias24 a contacté Hakim Belmaachi, président du directoire de Disway, pour nous éclairer sur cette transaction.

Une marque de confiance de longue date

La holding familiale Hakam Abdellatif Finances avait déjà des participations dans les deux entreprises fusionnées à l’époque pour créer Disway. Elle a d’ailleurs participé à leur rapprochement et représente un partenaire de confiance du groupe.

« L’engagement important du groupe Hakam Abdellatif Finances dans Disway ne date pas de cette transaction. Le signal qu’il envoie est un gage de confiance dans l’équipe dirigeante et l’avenir de la société. Parallèlement, c’est une volonté de consolider le noyau dur des actionnaires, car Hakam fait partie des actionnaires qui sont là depuis la fusion. Ils étaient actionnaires dans les deux structures qui ont composé Disway, aussi bien Distrisoft que Matel PC Market », nous confie Hakim Belmaachi.

Pour le président du directoire, il faut également rappeler que le groupe familial Hakam souhaite continuer à miser sur une entreprise qui assure un rendement des plus alléchants de la place. « Cette confiance persiste car Disway est une valeur qui a également su apporter un très bon rendement à ses actionnaires. Nous faisons partie des entreprises de la cote avec le meilleur rendement de dividende ; cela explique pourquoi d’autres institutionnels sont au tour de table, comme RMA par exemple », poursuit-il.

Rendre une éventuelle OPA plus difficile

Dans le sillage de cette opération, il a été évoqué le fait de renforcer le noyau dur de l’actionnariat du groupe. Pourquoi ? Il faut préciser que le flottant de Disway est assez important par rapport à la moyenne de la cote, avec près de 35% du capital selon les informations disponibles sur le site de l’AMMC au 31 mai 2023. De fait, un noyau dur doit être assez fortement présent, notamment en cas de tentative d’OPA.

Une source autorisée contactée sur le sujet nous explique que « cette hausse de la participation du groupe Hakam Abdellatif Finances a également pour but de solidifier le noyau dur de Disway pour rendre l’entreprise plus difficilement susceptible de subir une OPA. Près de 35% du capital est flottant, ce qui est important par rapport au reste de la cote. Ce qui a été recherché, c’est de protéger un noyau dur et le groupe d’une éventuelle OPA. Quelqu’un qui aujourd’hui aimerait investir dans Disway sait qu’il y a une holding de participation qui œuvre à ce que personne ne disparaisse du noyau dur », conclut cette source autorisée.

Projet de loi sur les OPCC : une refonte pour stimuler le capital investissement

Réuni le 8 mars 2023, le Conseil de gouvernement a adopté un important projet de loi sur les organismes de placement collectif en capital (OPCC). Elaboré par le ministère des Finances, le texte a été transmis le lundi 20 mars au Parlement. Il viendra modifier le cadre en vigueur depuis 2008.

Objectif de la refonte : accroître « l’attractivité du cadre légal et réglementaire du capital investissement marocain », principalement par l’assouplissement des procédures en lien avec une catégorie précise d’organismes dits OPPC à règles de fonctionnement allégées (OPCC-RFA).

Création d’une nouvelle catégorie d’OPCC réservée aux investisseurs professionnels

La loi OPCC actuelle prévoit un cadre juridique unique applicable à tous les OPCC, sans distinction entre investisseurs qualifiés et investisseurs « grand public ». A ce titre, un OPCC institutionnel se trouve assujetti à un régime correspondant au niveau de protection le plus élevé, celui du « grand public ».

Pour y remédier, le projet prévoit d’instaurer un dispositif spécifique aux OPCC réservés aux investisseurs professionnels. Ces derniers ne seront plus soumis à la loi sur l’appel public à l’épargne, de facto plus contraignante.

Cette modification permettra de constituer des fonds réglementés régis par un régime allégé, et donnera lieu à une catégorie spécifique d’OPCC opérant sous le contrôle de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

Définition légale de l’investisseur professionnel

Mais qu’est-ce qu’un investisseur professionnel ? Cette notion n’a pas de définition légale au Maroc.

Le projet se penche sur cet oubli en associant ce statut aux « investisseurs qualifiés », mais aussi aux « grandes entreprises réunissant certains critères (total de bilan, chiffre d’affaires, capitaux propres) ». Sont également concernés les « dirigeants, salariés et personnes physiques agissant pour le compte de la société de gestion de l’OPCC et la société de gestion elle-même », ainsi qu’aux « sociétés ayant comme seuls actionnaires les dirigeants, salariés et personnes physiques agissant pour le compte de la société de gestion de l’OPCC. »

Pour les investisseurs qui ne sont pas professionnels mais qui souhaitent bénéficier de ce statut, le texte prévoit la possibilité de l’acquérir sous certaines conditions et sur la base d’une demande à l’AMMC.

Procédure allégée pour les investisseurs professionnels

Sous la loi actuelle, la constitution d’un OPCC doit faire l’objet d’un agrément préalable par l’AMMC du projet du règlement de gestion de l’OPCC. En pratique, la procédure d’obtention de l’agrément pour la création d’OPCC a une durée variant de 6 à 12 mois, voire davantage, à partir de la date de dépôt initial du dossier.

Excessivement longs, ces délais sont à l’origine de tracas aussi bien pour les gestionnaires que pour les investisseurs. Un frein réel au développement de OPCC, de l’industrie du capital-investissement et des investissements dans les PME marocaines.

Pour adapter le cadre juridique aux exigences du marché, notamment l’accélération du « time to market », la future modification va déterminer le délai d’octroi ou de refus d’agrément.
De même, l’OPCC réservé aux investisseurs professionnels sera soumis à un agrément allégé et délivré dans un délai raccourci. D’ailleurs, ces entités sont également appelées « OPCC à règles de fonctionnement allégées ».

Des OPCC prêteurs

Ces mêmes OPCC-RFA auront bientôt la possibilité d’octroyer des prêts. C’est là un autre apport du projet de loi. Ces prêts seront encadrés par une série de règles applicables à ces organismes ainsi qu’à leurs sociétés de gestion, notamment en matière de règles prudentielles qui seront précisées par voie règlementaire.

Par ailleurs, les organismes concernés devront disposer des moyens techniques, organisationnels et humains adéquats pour l’analyse et l’évaluation des risques, ainsi que la réalisation du recouvrement des prêts octroyés, tout en permettant d’externaliser ces fonctions auprès de prestataires dès lors qu’ils disposent des moyens nécessaires.

Agrément des sociétés de gestion : l’AMMC comme pourvoyeur direct

Le projet agit aussi sur le volet institutionnel. L’une de ces dispositions se traduira par le renforcement de l’Autorité marocaine du marché des capitaux. Elle concerne précisément la procédure d’octroi d’agrément de société de gestion de l’OPCC. Le régulateur héritera de cette prérogative aujourd’hui dévolue au ministère des Finances.
Dans la loi actuelle, l’AMMC donne certes son avis sur l’octroi de l’agrément, mais la décision revient au ministère.

Cette mesure est déjà en vigueur pour les autres organismes de placement collectif, à l’image des OPCI et des OPCVM. Il s’agira d’adopter la même pratique pour les OPPC.

D’autres modifications viendront agir sur le régime des agréments. Elles concernent la « clarification » de la dissolution et la liquidation de l’OPCC, la fixation des délais d’agrément de l’OPCC et de la société de gestion, ainsi que l’élargissement des cas de retrait d’agrément de la société de gestion par l’AMMC.