Cash Plus : de 200 DH à plus de 320 DH en une semaine de cotation
Cash Plus a gagné un peu plus de 61% sur sa première semaine de cotation, entre le 8 et le 12 décembre 2025. Introduite au prix de 200 DH, l’action a clôturé cette première semaine à 321,9 DH.
Sur la période, le volume total des échanges a dépassé 234 MDH, faisant de Cash Plus la deuxième valeur la plus échangée de la semaine, juste derrière Maroc Telecom.
Dans ce même sens, il convient de rappeler que BKGR avait recommandé de souscrire à l’IPO de Cash Plus, en estimant un cours d’appréciation à 254 DH, soit un potentiel de hausse de 27%. Un niveau qui a été non seulement atteint, mais largement dépassé.
Au cours de la séance du 15 décembre, l’action a baissé de 0,9% à 319 DH. La capitalisation s’élève désormais à près de 8 MMDH, contre 4,9 MMDH à l’introduction.
Où va l’action Cash Plus ?
« La hausse du titre était attendue après l’IPO, compte tenu du niveau très élevé de la demande. Un parcours de plus de 60% sur la première semaine reste cohérent avec l’appétit des investisseurs autour du titre, mais aussi avec l’intérêt pour ce nouveau segment, qui offre une vraie diversification en bourse », explique un analyste de la place.
« On observe également une montée en puissance de la culture boursière chez les petits porteurs, qui cherchent de plus en plus à profiter des introductions en bourse. D’autant plus que l’allocation était limitée à 18 actions par souscripteur. Pour beaucoup, ce niveau a été jugé insuffisant, ce qui explique aujourd’hui une volonté de renforcer les positions sur le marché secondaire ».
« Pour les prochaines séances, après une hausse continue, une phase de correction est tout à fait normale. Il n’y a rien d’anormal ou d’inquiétant à ce stade, c’est même un mouvement sain de marché. Le titre a beaucoup progressé en très peu de temps et certains investisseurs peuvent naturellement procéder à des prises de bénéfices ».
D’ailleurs, sur le carnet d’ordres de la séance du 15 décembre, le marché s’est montré plutôt vendeur. Côté achat, on recense environ 8.700 titres demandés, répartis sur une vingtaine d’ordres, essentiellement positionnés autour de 316 à 317 DH.
En face, les vendeurs sont plus nombreux, avec près de 13.700 titres proposés via près de 500 ordres, concentrés majoritairement autour de 320 DH. Donc, il s’agit d’une volonté de prise de bénéfices après la forte hausse enregistrée depuis l’introduction.
Les acheteurs, eux, restent bien présents, mais se montrent plus patients, préférant attendre un niveau de prix plus confortable.
Au-delà de cet effet post-IPO, Cash Plus bénéficie aussi d’un contexte sectoriel porteur. L’entreprise est la première fintech à s’introduire à la Bourse de Casablanca, opérant sur le segment des établissements de paiement, un marché soutenu par la montée des transferts formels, la digitalisation accélérée des paiements et les politiques publiques en faveur de l’inclusion financière.
Avec près de 4.909 agences couvrant 119 localités et plus de 4 millions de comptes de paiement ouverts, Cash Plus dispose d’un ancrage opérationnel solide, notamment auprès des populations peu bancarisées.
« Le marché anticipe aussi la capacité du groupe à exécuter son plan de développement, qui repose à la fois sur l’extension du réseau et sur la montée en puissance du digital », estime un autre analyste. Le business plan communiqué table sur un rythme de croissance soutenu, avec un taux de croissance annuel moyen des commissions de plus de 14% à horizon 2030, porté par l’élargissement du réseau à 7.800 agences et par le déploiement de la Super App intégrant le M-Wallet ».
Sur le plan de la valorisation, les multiples retenus sont « corrects » au regard du profil de croissance. Sur la base du prix d’IPO de 200 DH, le titre ressortait sur un P/E moyen de 16,2x sur la période 2025E-2030E, soit une décote d’environ 20% par rapport aux ratios normatifs du marché marocain. Le rendement du dividende attendu dépasse quant à lui 5%, soit plus du double de celui du MASI.
Bien évidemment, « la concurrence sur le marché des paiements demeure intense, avec la présence d’acteurs historiques soutenus par des groupes bancaires, et l’émergence potentielle de nouveaux entrants digitaux. Le modèle repose également fortement sur un réseau de franchisés, qui représente près de 87% des agences, ce qui expose le groupe à un risque de concentration. Enfin, la montée en puissance du digital implique des investissements continus, notamment en systèmes d’information et en cybersécurité ».
À ce stade, « le marché semble surtout retenir la visibilité offerte par le modèle et la dynamique de croissance annoncée. L’essentiel, désormais, sera la capacité de Cash Plus à délivrer, trimestre après trimestre, sur les objectifs annoncés. C’est là que l’histoire boursière se jouera vraiment ».
Par ailleurs, « la question de la sortie progressive du fonds MCP. À l’issue de l’IPO, ce dernier conserve une participation de plus de 14% dans le capital de Cash Plus. En l’absence de clause de lock-up pour les actionnaires hors groupement d’actionnaires stables, une cession partielle ou totale du fonds reste une option envisageable à moyen terme ».
« Ce n’est pas un risque immédiat, mais un élément que le marché intègre toujours dans ce type de configuration. Une sortie mal calibrée pourrait créer une pression ponctuelle sur le titre, même si elle n’altère pas les fondamentaux de l’entreprise ».
Cash Plus réussit son introduction en bourse et entame sa cotation ce 8 décembre
Il en ressort un taux moyen de satisfaction de 1,56%, calculé comme le rapport entre les actions attribuées et les actions demandées.
L’opération a mobilisé 80.759 souscripteurs, provenant de 12 régions et représentant 75 nationalités différentes. Le montant effectivement attribué correspond au montant global de l’opération, soit 750 MDH. L’opération a été souscrite 65 fois.
L’action Cash Plusa été admise à la cotation à la Bourse de Casablanca, sous le ticker CAP. Elle est inscrite au marché principal, en mode de cotation continu (Groupe 1), dans le secteur des sociétés de financement et autres activités financières.
À son admission, la société affiche une capitalisation boursière de 4,91 milliards de dirhams, pour un nombre total de 24.553.090 actions, ce qui la place au 34ᵉ rang sur 79 sociétés cotées.
Les ordres de type I concentrent l’essentiel de la demande. Ils ont totalisé un montant souscrit de 46,7 MMDH, correspondant à 233,83 millions d’actions demandées. En face, 2,1 millions d’actions ont été attribuées, ce qui se traduit par un taux de satisfaction de 0,91%. Cette catégorie regroupe 1.679 souscripteurs représentant 23 nationalités différentes.
Les ordres de type II affichent un montant souscrit de près de 2 MMDH, pour 9,9 millions d’actions demandées.
Le nombre d’actions attribuées s’établit à 1,425 million, soit un taux de satisfaction de 14,25%. Cette catégorie concentre le plus grand nombre de participants, avec 78.916 souscripteurs issus de 73 nationalités.
Enfin, les ordres de type III, correspondant aux salariés et retraités, portent sur un montant souscrit de 52,8 MDH, pour 330.586 actions demandées. Les actions attribuées atteignent 250.000, induisant un taux de satisfaction élevé de 75,62% pour 164 souscripteurs, issus de deux nationalités.
Résultats par qualité de souscripteurs
Les personnes physiques concentrent la plus grande partie de la participation avec un montant souscrit de 22,75 MMDH, pour 113,79 millions d’actions demandées. Elles ont obtenu 2.605.288 actions, soit un taux de satisfaction de 2,29%, réparties entre 79.573 souscripteurs issus de 74 nationalités
Les institutionnels ont souscrit pour un montant de 20,04 MMDH, correspondant à 100,19 millions d’actions demandées.
Au final, 910.633 actions leur ont été attribuées, soit un taux de satisfaction de 0,91%. Cette catégorie regroupe 362 souscripteurs issus de 15 nationalités.
Les personnes morales ont affiché un montant souscrit de 6,04 MMDH, pour 30,18 millions d’actions demandées.
Les actions attribuées s’élèvent à 284.079, ce qui correspond à un taux de satisfaction de 0,94%, pour 824 souscripteurs et 4 nationalités représentées.
Répartition par catégorie de souscripteurs
Dans le détail, la structure de la demande et de l’allocation met en évidence une domination très nette des personnes physiques marocaines résidentes, tant en nombre de souscripteurs qu’en volume d’actions demandées et attribuées.
Cette catégorie regroupe 76.607 souscripteurs, soit 94,86% du total, pour 107,91 millions d’actions demandées. Elle a obtenu 2.260.922 actions, représentant 59,5% des actions attribuées, avec un taux de satisfaction de 2,1%.
Les personnes morales marocaines comptent 815 souscripteurs et ont formulé une demande portant sur 28,58 millions d’actions, pour 269.505 actions attribuées, soit un taux de satisfaction de 0,94 %.
Les OPCVM, toutes catégories confondues, ont enregistré des volumes de demande significatifs mais des taux de satisfaction homogènes et faibles.
Les OPCVM obligataires ont demandé 28,83 millions d’actions pour 262.035 actions attribuées, tandis que les OPCVM diversifiés et les OPCVM actions ont respectivement demandé 22,29 millions et 21,13 millions d’actions, pour des attributions de 202.636 et 192.046 actions, avec un taux de satisfaction de 0,91 % pour chacune de ces catégories.
Les institutionnels étrangers ont sollicité 17,17 millions d’actions et se sont vu attribuer 156.065 actions, soit également un taux de satisfaction de 0,91 %.
Les salariés et retraités marocains constituent une catégorie spécifique, avec 163 souscripteurs et une demande de 330.211 actions. Ils ont obtenu 249.625 actions, ce qui correspond à un taux de satisfaction élevé de 75,60 %.
Les personnes physiques marocaines non résidentes ont demandé 4,20 millions d’actions pour 73.220 actions attribuées, soit un taux de satisfaction de 1,74 %.
Les autres catégories – assurances, banques, organismes de retraite, associations et personnes morales étrangères – présentent des volumes plus modestes, avec des taux de satisfaction proches de 0,9% dans la majorité des cas.
Répartition par région de souscription
La répartition géographique des souscriptions fait ressortir une concentration très marquée sur la région Casablanca–Settat, loin devant les autres régions du Royaume.
Casablanca–Settat regroupe 47.535 souscripteurs, soit 58,86% du total. La demande émanant de cette région s’élève à 218,72 millions d’actions, représentant 89,58% des actions demandées, pour 2.998.837 actions attribuées, soit 78,92% de l’allocation globale. Le taux de satisfaction s’y établit à 1,37%.
La région Rabat-Salé-Kénitra arrive en deuxième position avec 11.215 souscripteurs (13,89 %), une demande de 16,29 millions d’actions et 346.349 actions attribuées, soit un taux de satisfaction de 2,13 %.
Les régions Fès-Meknès, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Oriental affichent des volumes de demande plus modestes mais des taux de satisfaction supérieurs à la moyenne nationale, atteignant respectivement 3,99 %, 5,62 % et 5,89 %.
Les régions Souss-Massa, Marrakech-Safi et Béni Mellal-Khénifra enregistrent également des taux de satisfaction relativement élevés, compris entre 4,47 % et 6,39 %, malgré des volumes de souscription limités.
Les régions du Sud, notamment Draâ-Tafilalet, Guelmim-Oued Noun et Dakhla-Oued Eddahab, se distinguent par des taux de satisfaction très élevés, allant jusqu’à 36,24 %, mais sur des volumes d’actions demandées très faibles, ce qui explique ces ratios élevés.
Les souscripteurs marocains dominent très largement l’IPO de Cash Plus. Ils représentent 98,75% des souscripteurs, ont formulé 91,67 % des actions demandées et ont obtenu 94,79% des actions attribuées, avec un taux de satisfaction de 1,61%.
La participation étrangère reste marginale en volume, malgré une diversité géographique élevée, avec des souscripteurs issus de 75 nationalités. Parmi les pays étrangers les plus représentés en montants de demandes figurent notamment le Royaume-Uni, les États-Unis, les Îles Caïmans et la France, tous affichant des taux de satisfaction généralement proches de 0,9%.
Two IPOs, 6 bln MAD, and a market ready to absorb: « We are entering a new cycle » – Bachir Tazi
Autumn on the Casablanca bourse looked calm. Then two giants arrived in quick succession — Cash Plus and SGTM — seeking to raise nearly 6 bln dirhams.
It is the biggest fundraising in two decades, a historic moment for the Casablanca Stock Exchange, coming at year‑end during a market correction phase.
Questions arise quickly: Can the Moroccan market absorb two IPOs of this size? At what price? And what will be the impact on liquidity, arbitrage and the MASI’s balance?
To explore these issues, Médias24 spoke with Bachir Tazi, director of CFG Bank Capital Markets, and other analysts.
Putting 6 bln MAD in perspective: a market that has grown deeper
« This may be a first in the history of the Casablanca Stock Exchange, or at least in its recent past. We are seeing two public offerings back‑to‑back, just days apart, and of significant size — nearly 6 bln dirhams, » said Bachir Tazi.
« But the 6 bln dirhams must be seen in the new market context. Historically, there were even years without any public offerings. And for a long time, when they did occur, it was at most one a year — sometimes two — but with far more modest amounts. »
« Since 2022, market dynamics have shifted. The 6 bln dirhams may look high compared with the ‘old’ Casablanca Stock Exchange, but they must be seen in the context of today’s market. The bourse now has a capitalization of more than 1,000 bln dirhams — over 100 bln dollars. »
The float is about 260 bln dirhams. Relating the 6 bln dirhams from the two IPOs to this float gives barely 2.2%. In other words, it is not that large for the market in its current configuration.
« So it is not a large percentage. Especially as we are facing a market whose volumes have surged over the past three to four years. The market traded on average about 50 mln dirhams a day, and now revolves around 450- 500 mln dirhams per session. »
Bachir Tazi explains that liquidity has increased tenfold in four to five years. This change is not by chance: it comes with the arrival of larger institutional players. Equity UCITS assets now stand at 83 bln dirhams, and diversified UCITS at 106 bln dirhams. With 40-50% of diversified funds exposed to equities, this represents nearly 50 bln dirhams in additional potential resources.
In addition, bond funds and OMLT funds have about 10% exposure to equities, with total assets of more than 370 bln dirhams. This gives an idea of the combined firepower of these professional players. And that is without mentioning the weight of traditional institutional investors — pension funds, insurers, or foreign investors.
« The new element in this market is the rise of another player: retail investors, now far more active in both transactions and overall liquidity. »
« This element should not be underestimated, and is evident in the latest figures. Today, retail investors account for around 28% of total market volume, according to the latest available statistics. This is significant and underscores the buying power of this investor category. »
« Looking at the latest operations, the trend is even more striking. During TGCC’s 2025 capital increase, subscriptions from individuals totaled almost 39 bln dirhams. In Vicenne’s IPO, the figure was 14 bln dirhams, and in CMGP’s, 14.8 bln dirhams. These are huge amounts that show how influential retail demand has become in primary operations. »
« So yes, there is currently a stronger demand and genuine purchasing power, from institutional and retail investors. »
« Another point worth noting: with each IPO — especially in a dynamic market where past deals have been successful — new investors are drawn in. »
« The figures I mentioned reflect the current reality. But with each secondary public offering, we manage to attract new clients — individuals, non‑qualified investors, Moroccans and foreigners alike. All are encouraged by the positive momentum the Stock Exchange has enjoyed in recent months. »
These two IPOs will deepen market liquidity
« Firstly, the more securities are listed on the Casablanca Stock Exchange, the more liquidity improves and portfolios diversify. This automatically translates into greater depth and smoother flows. »
« Each IPO is also an opportunity to bring in new investors. Many enter the stock market for the first time through IPOs. The challenge is not only to attract them but to retain them — preventing quick sell‑offs and disengagement. The goal is to integrate them permanently into the market. »
Arbitrage, rotation, short-term correction: a classic market pattern
« In the short term, this type of operation always triggers arbitrage and a rotation effect in the market. This is perfectly normal: investors reassess their portfolios, adjust certain holdings, and free up cash to position themselves for IPOs. It is therefore logical to observe, briefly and occasionally, a minor correction linked to this rotation effect. »
« But we must also look at the positive side: this rotation, this slight correction we are witnessing, is neither dramatic nor exceptional. On the contrary, it creates new entry points in the market, which can encourage other investors to come and position themselves. »
« So yes, IPOs attract new investors — individuals as well as foreigners — and the current correction is completely normal. Managers are making arbitrage moves to free up cash, which is exactly what we are seeing now. It is a normal, temporary, and very short phase. »
« And this is not the first time. Such brief corrections have already occurred during previous public offerings. The only difference this time is the scale: we are dealing with a total operation of nearly 6 bln dirhams, a level never reached before. »
There is still room for additional IPOs and secondary offerings
It is simply a new market context. The Casablanca Stock Exchange has already experienced several major cycles: the big bang of 1993, followed by another around 2010, notably marked by Maroc Telecom’s landmark operations. Today, since 2021‑2022 in the post‑Covid period, we are clearly entering a new era for the Casablanca Stock Exchange.
Analysts’ perspective: a market able to absorb 6 bln dirhams, despite technical pressure
Analysts agree: the Moroccan market has ample capacity to absorb the combined 6 bln dirhams of Cash Plus and SGTM, even if this double operation produces short‑term technical effects. « The flows exist, the depth is there, and the current rotation is not alarming, » one analyst summed up.
« The first logical reaction comes from equity UCITS, which need to free up cash by trimming liquid positions or trimming some high‑performing small caps. This creates a temporary breathing space: profit‑taking, lower volumes and scattered technical pressures. It is a normal rotation, not market stress. »
« Monetary funds are also being tapped, with many corporate investors temporarily withdrawing amounts to take part in the IPOs. As a result, we anticipate slightly less buying activity in the days leading up to the operations. »
« Institutional investors such as insurers and pension funds adopt the same logic: targeted arbitrage, full disposals and visible moves on certain large caps — but this is normal. »
« Small caps remain the most sensitive to this liquidity-drying phase, potentially losing a few percentage points in the T‑5/T+5 window, unrelated to fundamentals. Once shares are allocated and credited, liquidity quickly returns: managers rebuild positions, flows resume and values stabilize. »
« Finally, if SGTM or Cash Plus are included in benchmark indices, a mechanical eviction effect will occur: existing securities will see their weightings adjusted, and benchmarked funds will have to rebalance portfolios. This automatically triggers outflows on certain lines and inflows on new entrants. Nothing unusual — it is the classic mechanism of index portfolios. »
Source : Bourse de Casablanca
Deux IPO, 6 MMDH et un marché qui peut absorber : “Nous sommes dans un nouveau cycle” (Bachir Tazi)
L’automne boursier s’annonçait calme. Puis deux géants sont arrivés presque en même temps, Cash Plus, puis SGTM, pour un total de près de 6 milliards de DH à lever.
Du jamais vu depuis deux décennies et un moment historique pour la Bourse de Casablanca. Ces deux IPO interviennent dans un contexte de fin d’année, mais aussi au milieu d’une phase de correction du marché.
Très vite, des questions s’imposent : le marché marocain est-il réellement capable d’absorber deux opérations de cette taille ? À quel prix ? Et surtout, quelles en seront les implications concrètes sur la liquidité, les arbitrages et l’équilibre du MASI ?
Pour y répondre, Médias24 a échangé avec Bachir Tazi, directeur de CFG Bank Capital Markets, qui nous fait part de son analyse sur ces questions. Nous avons également sollicité plusieurs analystes de marché, qui partagent à leur tour leur lecture de cette double opération inédite.
Relativiser les 6 MMDH : un marché devenu beaucoup plus profond
« C’est vrai que c’est peut-être une première dans l’histoire de la Bourse de Casablanca ou du moins dans son histoire récente. On se retrouve avec deux offres publiques quasiment simultanées, à quelques jours d’intervalle, et surtout de taille importante. On parle de près de 6 MMDH », explique Bachir Tazi.
« Mais il faut replacer ces 6 milliards dans le nouveau contexte du marché. Oui, historiquement, il y a même eu des années sans aucune offre publique. Et pendant longtemps, quand il y en avait, c’était au mieux une par an, parfois deux, mais avec des montants beaucoup plus modestes ».
« Or depuis 2022, la dynamique du marché a changé. Donc oui, les 6 milliards peuvent paraître élevés si on se réfère à “l’ancienne” Bourse de Casablanca, mais il faut les relativiser par rapport à ce qu’est la place aujourd’hui. Nous parlons désormais d’un marché qui pèse plus de 1.000 MMDH de capitalisation, soit plus de 100 milliards de dollars ».
Le flottant, lui, tourne autour de 260 MMDH. Et si on rapporte les 6 MMDH des deux opérations à ce flottant, on arrive à peine 2,2%. Dit autrement : ce n’est pas si énorme que ça pour le marché dans sa configuration actuelle.
« Donc ce n’est pas un pourcentage énorme. D’autant plus que nous sommes face à un marché dont les volumes ont littéralement explosé au cours des trois à quatre dernières années. On est passé d’une place qui traitait en moyenne 50 millions de dirhams par jour à un marché qui tourne aujourd’hui autour de 450 à 500 MDH par séance ».
Bachir Tazi explique que la liquidité a été multipliée par dix en l’espace de quatre à cinq ans. Et ce changement ne vient pas de nulle part : il s’accompagne de l’arrivée de players professionnels beaucoup plus importants. Les encours des OPCVM Actions atteignent désormais 83 MMDH, et ceux des OPCVM Diversifiés 106 MMDH. Si l’on considère que 40% à 50% des fonds diversifiés sont effectivement exposés au marché actions, cela représente près de 50 MMDH de ressources potentielles supplémentaires.
À cela s’ajoute l’exposition actions d’environ 10% des fonds obligataires et des fonds OMLT, dont l’actif total dépasse 370 MMDH. Cela donne une idée de la force de frappe cumulée de ces intervenants professionnels. Et je ne parle même pas du poids des institutionnels classiques : caisses de retraite, compagnies d’assurance, fonds de pension, ou encore investisseurs étrangers.
« La nouveauté dans ce marché, c’est aussi la montée en puissance d’un autre acteur : le retail, qui participe désormais de manière beaucoup plus active aux opérations et à la liquidité globale ».
« Et si l’on regarde les dernières opérations, la tendance est encore plus marquante. Lors de l’augmentation de capital de TGCC en 2025, la collecte auprès des personnes physiques a atteint près de 39 MMDH. Sur l’IPO de Vicenne, on parle de 14 MMDH, et sur celle de CMGP, de 14,8 MMDH. Ce sont des montants énormes qui montrent à quel point la demande du retail est devenue structurante dans les opérations primaires ».
« Donc oui, il y a aujourd’hui une demande accrue, et une vraie puissance d’achat, qu’il s’agisse des institutionnels ou des particuliers ».
« Et il faut ajouter un autre point : à chaque IPO, surtout dans un contexte où le marché est dynamique et où les précédentes opérations ont été des succès, on recrute de nouveaux investisseurs ».
« Les chiffres que je viens de citer reflètent la situation actuelle, l’existant. Mais à chaque offre publique secondaire, on parvient à attirer de nouveaux clients : des personnes physiques, des investisseurs non qualifiés, des Marocains, des étrangers… Tous sont encouragés par la dynamique positive que connaît la Bourse depuis quelque temps ».
Ces deux IPO vont renforcer la profondeur du marché
« D’abord parce que plus il y a de titres cotés à la Bourse de Casablanca, plus on améliore la liquidité et la diversification des portefeuilles. Cela se traduit mécaniquement par davantage de profondeur et une meilleure circulation des flux ».
« C’est aussi, à chaque fois, l’occasion de recruter de nouveaux investisseurs. Beaucoup de personnes viennent en bourse pour la toute première fois grâce aux IPO. L’enjeu ensuite, ce n’est pas seulement de les faire entrer, mais de réussir à les garder : éviter qu’ils participent à l’opération, vendent leurs titres immédiatement et disparaissent. L’idée, c’est de les intégrer durablement dans le marché ».
Arbitrages, rotation, correction courte : un phénomène classique
« À court terme, ce type d’opérations entraîne toujours des arbitrages et un effet de rotation sur le marché. C’est parfaitement normal : les investisseurs revoient la structure de leurs portefeuilles, arbitrent certaines valeurs et dégagent un peu de cash pour pouvoir se positionner sur les IPO. Il est donc logique d’observer, de manière ponctuelle et très courte, une petite correction liée à cet effet de rotation ».
« Mais il faut aussi regarder le côté positif : cette rotation, cette légère correction à laquelle on assiste, n’a rien de dramatique ni d’exceptionnel. Au contraire, elle crée de nouveaux points d’entrée intéressants sur le marché, ce qui peut encourager d’autres investisseurs à venir se positionner ».
« Donc oui, les IPO attirent de nouveaux investisseurs : particuliers comme étrangers, et la correction actuelle est tout à fait normale. Les gérants réalisent des arbitrages pour dégager du cash, c’est exactement ce que l’on observe en ce moment. C’est une phase normale, actuelle et très courte ».
« Et ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Ce genre de correction ponctuelle a déjà eu lieu lors de précédentes offres publiques. La seule différence, cette fois, c’est la taille : nous sommes sur une opération globale de près de 6 MMDH, ce qui n’avait jamais été atteint auparavant ».
Il y a encore de la place pour d’autres IPO et d’autres offres secondaires
C’est tout simplement un nouveau contexte de marché. On a connu plusieurs grands cycles dans l’histoire de la Bourse de Casablanca : le big bang de 1993, puis un nouveau grand cycle autour de 2010, marqué notamment par les opérations majeures de Maroc Telecom. Aujourd’hui, depuis 2021-2022, post-Covid, on entre clairement dans une nouvelle ère pour la Bourse de Casablanca.
La lecture des analystes : un marché capable d’absorber 6 MMDH, malgré des tensions techniques
Les analystes sont unanimes : le marché marocain a largement la capacité d’absorber les 6 MMDH cumulés de Cash Plus et SGTM, même si cette double opération entraîne des effets techniques à court terme. « Les flux existent, la profondeur est là, et la rotation en cours n’a rien d’inquiétant », résume un analyste de la place.
« La première réaction logique est celle des OPCVM actions, qui doivent libérer du cash en allégeant quelques lignes liquides ou certaines small caps très performantes. Cela crée une respiration temporaire : prises de bénéfices, volumes plus faibles et quelques pressions techniques ici et là. C’est une rotation normale, pas un stress de marché ».
« Les fonds monétaires sont aussi sollicités, beaucoup d’investisseurs corporate retirant provisoirement des montants pour participer aux IPO. Donc on anticipe un peu moins de contrepartie acheteuse dans les jours qui précèdent les opérations ».
« Les institutionnels (assurances, retraites) adoptent la même logique : arbitrages ciblés, ventes de lignes pleines et mouvements visibles sur certaines large caps, mais c’est normal ».
« Les small caps restent les plus sensibles à cette phase d’assèchement, pouvant perdre quelques « pour cent » dans la fenêtre T-5/ T+5, sans rapport avec leurs fondamentaux. Une fois les actions allouées et créditées, la liquidité revient rapidement : les gérants reconstituent leurs positions, les flux reviennent et les valeurs se stabilisent ».
Enfin, « si SGTM ou Cash Plus intègrent les indices benchmark, un effet mécanique d’éviction jouera : les valeurs déjà présentes verront leur pondération ajustée, et les fonds benchmarkés devront rééquilibrer leurs portefeuilles. Cela déclenche automatiquement des flux sortants sur certaines lignes et des flux entrants sur les nouveaux entrants. Rien d’inhabituel : c’est la mécanique classique des portefeuilles indiciels ».
Source : Bourse de Casablanca
Cash Plus. Lecture d’une IPO que « le marché devrait accueillir favorablement »
« Cash Plus affiche une trajectoire financière particulièrement lisible, avec une croissance désormais stabilisée autour de rythmes à deux chiffres », souligne un analyste de marché. D’après le business plan pré-money, le produit net bancaire (PNB) devrait passer de 879 MDH en 2025 à près de 1,46 MMDH en 2030, soit un taux de croissance annuel moyen de 10,6%« .
« Nous ne sommes plus dans la phase d’hyper-croissance observée entre 2022 et 2024, où le PNB progressait de plus de 30% par an. Cash Plus entre dans une phase de maturité, où l’enjeu n’est plus d’élargir le marché, mais d’en tirer un rendement durable », explique-t-il.
Le résultat brut d’exploitation reste proche de 47% du PNB, et le résultat net part du groupe se maintient autour de 27%. « C’est une rentabilité remarquable pour un acteur non bancaire, comparable à celle de certaines institutions financières régulées, avec un profil de risque pourtant bien plus léger », observe l’analyste.
Ainsi, le groupe conserve un coefficient d’exploitation maîtrisé, à environ 52% sur l’horizon du plan, malgré l’ouverture d’une centaine d’agences supplémentaires. « Cela montre que l’effet d’échelle continue de jouer. Le réseau grandit, mais la structure de coûts reste sous contrôle, notamment grâce à la prédominance du modèle de franchise », commente-t-il.
Dans le même sens, la quasi-disparition du coût du risque, tombé à des niveaux symboliques à partir de 2025, témoigne d’une gestion rigoureuse des flux. « Le système de prépaiement imposé aux franchisés et la règle des soldes positifs ont assaini le risque opérationnel. Le modèle tourne presque sans créances douteuses, ce qui est exceptionnel pour un réseau de cette taille ».
« Le marché est preneur, et on le voit bien depuis les dernières introductions : il y a un vrai retour d’appétit, une envie de participer à des histoires claires, rentables, bien cadrées. Cash Plus coche toutes les cases. C’est une entreprise solide, connue du grand public, et sa valorisation reste franchement attractive. Il y a une décote réelle par rapport à son potentiel, et ça, les investisseurs le voient », estime-t-il.
Une politique financière atypique : la priorité au rendement
« Cash Plus assume pleinement une logique de rendement. C’est une entreprise qui verse ce qu’elle gagne et qui en fait même un argument de stabilité ».
Selon la note d’opération, le groupe prévoit de distribuer en moyenne 85% de son résultat net sur la période 2025-2030.
Ainsi, à partir de 2026, le dividend yield attendu dépasse 5%, pour atteindre près de 6,7% à l’horizon 2030. « Cash Plus veut transformer ses cash-flows récurrents en revenus tangibles pour les actionnaires, c’est intéressant comme levier de fidélisation », commente l’analyste.
Ce choix s’explique par la nature même du modèle. « L’entreprise dégage une rentabilité stable, peu dépendante des cycles économiques. Elle n’a pas besoin de réinvestir massivement pour soutenir sa croissance. L’IPO lui apporte déjà les fonds nécessaires à l’expansion du réseau et à la digitalisation », précise-t-il.
Autrement dit, Cash Plus n’est pas une valeur de croissance spéculative, mais une valeur de rendement à visibilité forte. Sa structure de bilan : faible endettement, coûts maîtrisés, cash-flows réguliers, lui permet de soutenir cette distribution généreuse sans fragiliser ses équilibres.
Lecture boursière : une IPO de consolidation, non de rupture
« Cette introduction en bourse n’a rien d’une fuite en avant. Elle consacre un modèle qui a déjà fait ses preuves », commente un analyste de marché. Avec un montant global de 750 MDH, dont 400 MDH en augmentation de capital et 350 MDH en cession d’actions, Cash Plus ne cherche pas à changer de nature, mais à institutionnaliser son modèle.
Ainsi, la valorisation n’a pas été déterminée selon des méthodes spéculatives, mais sur la base du Dividend Discount Model (DDM), une approche centrée sur la prévisibilité des dividendes futurs. « Cela en dit long sur le positionnement recherché. Cash Plus se présente comme une valeur de rendement, pas comme une valeur de pari », souligne-t-il.
Cette IPO est donc avant tout une opération de consolidation. D’un côté, elle permet à Mediterrania Capital Partners, actionnaire historique, de partiellement désinvestir après avoir accompagné la structuration du groupe. De l’autre, elle offre à Cash Plus les moyens de renforcer ses fonds propres pour poursuivre son expansion et accélérer sa digitalisation. « Le timing est cohérent. Le business plan pré-money montre une entreprise rentable et stabilisée. L’introduction vient donner de la profondeur financière à un modèle déjà mature », commente un autre analyste.
Sur le plan boursier, Cash Plus se positionne dans une catégorie encore inédite à la Bourse de Casablanca, celle des acteurs de paiement grand public. « Entre les banques traditionnelles et les fintechs pures, cette valeur crée un nouveau segment : celui de la finance de proximité organisée », observe-t-il.
« Là, on parle d’un business plan pré-money, donc basé uniquement sur ce que fait déjà le groupe aujourd’hui », explique un analyste de marché. « Les projections ne tiennent pas compte des futurs projets ou extensions. Autrement dit, la croissance annoncée vient des activités existantes et des contrats déjà sécurisés, pas d’hypothèses optimistes ».
Pour les investisseurs, cela signifie un profil défensif, avec un rendement stable, une croissance prévisible et un risque contenu
« Ainsi, cette IPO symbolise la reconnaissance boursière d’un modèle populaire devenu institutionnel. Cash Plus n’entre pas en bourse pour se réinventer, mais pour s’ancrer durablement dans le paysage financier marocain, comme une entreprise de services à la fois rentable, régulée et accessible. C’est une introduction de consolidation, pas de rupture. Et c’est précisément ce qui fait sa force », conclut l’analyste.
Valorisation et profil boursier de Cash Plus
« À l’issue de l’introduction en bourse, la capitalisation de Cash Plus devrait avoisiner 4 MMDH, sur la base d’un prix d’introduction de 200 DH et d’un capital post-IPO estimé à 20 millions d’actions », explique un analyste de marché. Cette valorisation place le groupe « dans le haut du compartiment financier, au même niveau que certaines institutions établies, mais avec un profil très différent : une société de services, à rentabilité élevée et risque opérationnel limité ».
Selon le même analyste, le flottant représente environ 19% du capital, soit près de 750 MDH de titres mis sur le marché. « C’est un niveau suffisant pour assurer une liquidité correcte et permettre une future intégration dans le MASI, voire le MASI 20, si la rotation du titre se maintient », précise-t-il.
Sur le plan des multiples, la valorisation fait ressortir un P/E implicite proche de 20x sur les résultats 2024, qui recule vers 10x sur les projections 2030. « Cela reflète une valorisation mesurée, fondée sur la visibilité des cash-flows et non sur une promesse spéculative », commente-t-il.
Ainsi, Cash Plus se positionne en bourse comme une valeur de rendement à profil défensif : une entreprise régulée, faiblement endettée, dotée d’un modèle récurrent et d’une politique de distribution généreuse. « C’est une valeur de portefeuille. Elle parlera davantage aux investisseurs institutionnels en quête de stabilité et de rendement régulier qu’aux spéculateurs de court terme ».
« Cash Plus repose sur un modèle de masse, appuyé sur un large maillage territorial », explique un analyste. Avec 4.600 points de service en 2024 et près de 7.800 prévus en 2030, le groupe s’impose comme le premier réseau de services financiers de proximité.
Son modèle est simple : vivre du flux. « Des millions de petites opérations – transferts, paiements, change – qui, cumulées, génèrent un volume régulier », poursuit-il. Les commissions représentent encore 68% du PNB en 2024 et 56% en 2030, avec le transfert d’argent comme principale source de revenus.
« Ce qui fait sa force, c’est sa présence sur des segments où la banque classique n’a pas la même portée », ajoute un autre analyste. Le réseau repose sur des franchisés agréés par Bank Al-Maghrib, dans un cadre strict qui constitue une vraie barrière à l’entrée.
Les risques et points de vigilance
« Le modèle Cash Plus est solide, mais il reste très dépendant du cash, et c’est là son principal paradoxe », souligne un analyste financier.
« En effet, malgré la montée en puissance du digital, une grande partie des flux repose encore sur les transactions physiques et les opérations de transfert. Tant que l’économie marocaine reste largement monétisée, ce modèle fonctionne à plein régime. Mais à long terme, la dématérialisation des paiements pourrait en réduire progressivement le volume », explique-t-il.
Ainsi, « le défi du groupe est de réussir sa transition sans se couper de sa base historique. Cash Plus doit accompagner ses clients vers les services numériques sans casser la confiance qui repose sur la proximité humaine ».
« À cela s’ajoute une pression concurrentielle croissante. Les banques universelles, à travers leurs offres de paiement mobile, ainsi que les opérateurs télécoms et les nouvelles fintechs agréées par Bank Al-Maghrib, s’intéressent de plus en plus au même segment de clientèle ».
« L’avantage compétitif de Cash Plus reste son réseau physique et sa notoriété. Mais à terme, l’arbitrage entre commodité numérique et proximité réelle pourrait redessiner les équilibres ».
Une digitalisation progressive
« Cash Plus a amorcé sa transition numérique sans renier son modèle de proximité », commente un spécialiste. Les revenus des comptes de paiement devraient passer de 236 à 376 MDH entre 2025 et 2030, soit une croissance régulière d’environ 10% par an.
« Le digital vient compléter le cash, pas le remplacer », précise-t-il. Chaque agence devient un relais du service mobile, et chaque client digital garde un lien avec le réseau physique. Cette hybridation, selon lui, est le véritable atout du groupe : une modernisation progressive, sans rupture, fondée sur la confiance et la proximité.
« C’est un moment historique pour l’entreprise que nous sommes, mais aussi pour son fondateur, qui a démarré il y a vingt ans avec un petit réseau d’agences dédié au transfert d’argent entre la diaspora et les Marocains d’ici », a déclaré Nabil Ammar, CEO de Cash Plus.
Une opération de 750 MDH, combinant augmentation de capital et cession d’actions
« L’objectif aujourd’hui, c’est une introduction en Bourse d’un montant global de 750 millions de DH », a indiqué Lotfi Lazrak, directeur exécutif de CFG Finance.
Elle se ferait en partie par une augmentation de capital de 400 MDH, et le reste par un cash-out, à travers des cessions d’environ 350 MDH, à un prix de souscription de 200 DH.
En termes d’actionnariat post-opération, les familles Tazi et Ammar détiendront chacune 35% du capital, Mediterrania Capital Partners (MCP) restera présent à hauteur de 15,5%, et le flottant atteindra 14%.
La période de souscription sera ouverte du 19 au 25 novembre, l’allocation des titres interviendra le 28 novembre et la première cotation le 8 décembre.
Dans le cadre de l’instruction du dossier, il y a eu des échanges avec Bank Al-Maghrib et l’AMMC. À la demande du régulateur, les deux familles Tazi et Ammar se sont engagées à maintenir leur participation pendant sept ans à compter de l’introduction en Bourse.
« C’est un élément très important de stabilité de l’actionnariat et de gouvernance, qui rassure le marché et confirme la volonté des familles de s’inscrire dans la durée pour exécuter le business plan présenté. Toute révision éventuelle de cet engagement ne pourrait intervenir qu’avec l’accord préalable de Bank Al-Maghrib », ajoute-t-il.
Trois axes de développement portés par l’introduction en Bourse
« Nous avons trois objectifs pour cette IPO », a déclaré Nabil Ammar. « Le premier, c’est d’aller toujours au plus proche des Marocains, là où ils sont. Cela passe par le renforcement du maillage territorial, une meilleure couverture des zones blanches, l’ouverture de flagship stores et la conclusion de partenariats avec d’autres réseaux de distribution », a-t-il détaillé.
Le deuxième axe concerne la poursuite de la transformation digitale. « Nous souhaitons développer nos activités digitales et aller encore plus loin dans la dématérialisation. Nous voulons créer une super application qui regrouperait à la fois des services financiers et des services du quotidien », a-t-il ajouté.
Enfin, Cash Plus reste attentif aux opportunités du marché : « Nous souhaitons être à l’écoute d’opportunités de croissance externe ou d’investissements qui nous permettraient de renforcer notre positionnement sur nos segments actuels et, le cas échéant, de développer de nouvelles activités complémentaires ».
Un modèle hybride entre réseau physique et digital
« Cash Plus est une entreprise hybride », explique Soufiane El Achouri, directeur général délégué du groupe. Notre modèle repose autant sur la capillarité de notre réseau physique que sur la force de notre plateforme digitale.
Sur le plan financier, Cash Plus anticipe pour 2025 un revenu global de 1,8 milliard de DH
« Il y a à peu près dix ans, on avait un business model assez concentré sur les métiers de transfert et, dès qu’on a entamé ce travail de diversification des services qu’on offre, ça nous a permis de passer d’une concentration des services de transfert d’argent en termes de revenus de 73% en 2022 à 52% actuellement, sur la base des chiffres bien évidemment estimés. Cela nous permet d’avoir plus de dilution en termes de revenus et moins de dépendance par rapport à un segment en particulier », a-t-il précisé.
« Ceci s’impacte sur les principaux agrégats financiers de la boîte, qui sont notamment le produit bancaire, passé de 440 millions en 2022 à plus de 879 millions en 2025e, avec une évolution en taux actualisé moyen par année qui dépasse les 25%, ce qui surperforme clairement ce qui se passe au niveau de la place ».
« Mais aussi en termes de résultats d’exploitation, on est passé de plus de 213 MDH en 2022 à 415 MDH en 2025, avec le même trend, donc une évolution d’année en année de 24,9%. Et bien évidemment, en termes de résultat net part du groupe, on passe de 121 MDH en 2022 à plus de 237 MDH pour l’année en cours », a détaillé Soufiane El Achouri.
« En termes de capitaux propres aussi, ça nous a permis, en fait, ce travail de diversification et de consolidation des principaux segments business, de disposer d’une assiette ou d’un socle assez solide. On passe de 195 MDH en 2022 vers une moyenne entre 370 et 380 MDH entre 2024 et 2025″, a-t-il ajouté.
« En termes de dividendes, on a toujours eu une politique de distribution quasi intégrale. On a distribué en 2022 plus de 100 MDH, donc 107 MDH exactement, et nos chiffres convergent vers 218 millions de charnière pour l’année en cours », a-t-il conclu.
Des prévisions de croissance soutenue mais prudente
« Pour consolider les acquis autour des trois objectifs, nous sommes sur un business plan à croissance soutenue. Entre 2025 et 2030, le produit net bancaire passerait de 879 millions à 1,457 MMDH, avec une tendance continue à la hausse », a détaillé Soufiane El Achouri.
« En termes de résultat d’exploitation, nous projetons un atterrissage à l’horizon 2030 à 696 MDH, avec un taux de croissance annuel supérieur à 10%. Et bien évidemment, le résultat net part du groupe suivrait la même trajectoire, passant de 237 MDH à 397 MDH sur la même période ».
Nous prévoyons d’atteindre un taux de distribution de 85% à l’horizon 2030, soit environ 307 MDH de dividendes distribués
Une fintech intégrée, entre services financiers et messagerie
« Nous avons développé depuis quatre ans notre service de messagerie nationale à travers la marque Chancel, ainsi qu’une offre de messagerie internationale, qu’elle soit routière ou aérienne, en partenariat avec des acteurs de renom comme DHL et FedEx », explique Nabil Ammar.
Cash Plus collabore aussi avec des entreprises privées pour la collecte de cash, des compagnies d’assurances pour le paiement de sinistres, ou encore des multinationales comme beIN Sports, afin de permettre la souscription à leurs services directement en agence.Nous avons une proximité réellement physique à travers un réseau de 4.900 points de vente, dont 87% sont des mandataires franchisés
Ce maillage inclut 650 agences propres, employant plus de 1.200 collaborateurs, et un ancrage fort dans les zones rurales avec 1.100 agences. À cela s’ajoute un réseau complémentaire de 2.100 partenaires “Khadamat”, qui utilisent la technologie Cash Plus pour des activités de paiement de factures ou de services non régulés.
L’entreprise mise également sur le digital avec son application Cash Plus Mobile, qui permet d’ouvrir un compte en ligne ou en agence, d’obtenir une carte de paiement ou de retrait à débit immédiat, ainsi qu’une carte virtuelle internationale pour les paiements e-commerce.
L’application offre aussi le paiement de factures, les transferts d’argent nationaux et internationaux, et une intégration directe avec des opérateurs mondiaux comme TikTok et PayPal.
20 ans de développement au rythme des opportunités réglementaires
L’entreprise revendique aujourd’hui plus de 5.000 points de vente répartis dans 178 localités, dont 20% en milieu rural, animés par 4.000 entrepreneurs et 1.500 collaborateurs. « Cash Plus, c’est avant tout une fintech marocaine, développée ici par des talents marocains, au service de tous les Marocains », a ajouté Nabil Ammar.
« Cette entreprise est née il y a vingt ans avec un petit réseau de transfert d’argent, à l’époque uniquement avec Western Union, et elle s’est développée au gré des opportunités réglementaires », rappelle Nabil Ammar, retraçant les grandes étapes de Cash Plus depuis sa création en 2004.
« Nous avons ensuite entamé un vrai cycle de développement : élargissement du réseau, modernisation technologique et diversification des services », poursuit-il. Cash Plus est ainsi passé de 5 services en 2014 à plus de 150 aujourd’hui.
L’année 2019 marque une nouvelle avancée majeure avec l’obtention de la licence d’établissement de paiement, ouvrant la voie à de nouveaux relais de croissance. Puis viennent les années 2020–2021, marquées par la participation du groupe à plusieurs programmes d’inclusion financière et d’aides sociales : opérations Tadamon pendant la crise du Covid, CISM, Tayssir pour le paiement des bourses scolaires, ou encore le lancement du programme national des aides sociales.
« Aujourd’hui, plus de 1,5 million de familles reçoivent leurs aides sur des comptes Cash Plus », souligne Nabil Ammar.
Cash Plus se positionne sur deux grands segments :
les services financiers (transfert d’argent national et international, comptes de paiement, change manuel dans plus de 250 points de vente) ;
et les services de proximité, allant du paiement de factures à l’achat de billets de train, en passant par le dépôt de dossiers CNSS ou la recharge téléphonique.
Des ratios attractifs et une décote significative
Lotfi Lazrek a poursuivi : « Deux informations importantes : en termes de PER 2026, on ressort à 16,5 fois, alors que le marché se situe autour de 21-22 fois. Cela traduit une décote intéressante et, par conséquent, une marge de progression positive du cours ».
« Sur le dividend yield, le groupe se situe autour de 4,5%, soit quasiment le double de la moyenne du marché, aujourd’hui entre 2% et 2,5%. Nous sommes donc face à une société de croissance qui distribue aussi des dividendes plus généreux que la moyenne, ce qui renforce l’attractivité de la valorisation ».
Trois tranches de souscription et un calendrier précis
L’opération est structurée en trois tranches :
Tranche 1 : ouverte à tout investisseur, à partir d’un minimum de 3 MDH, pour un montant de 425 MDH, soit un peu plus de 55% de l’opération. L’allocation se fera au prorata du premier dirham souscrit ;
Tranche 2 : réservée aux personnes physiques et morales non qualifiées, d’un montant d’environ 300 millions DH (près de 40% de l’opération), permettant aux petits porteurs d’être servis avec une allocation initiale d’environ 150 actions (soit 30 000 DH) et un prorata sur l’excédent, avec possibilité de transvasement entre tranches 1 et 2 ;
Tranche 3 : dédiée aux salariés et dirigeants éligibles de Cash Plus et de ses filiales Mobilab et Payment Network, d’une enveloppe de 40 millions DH.
Cash Plus : « Notre vision est de devenir une Super App » (Nabil Amar) (2/2)
« Nous sommes une entreprise technologique qui vous facilite la vie », nous expliquait Nabil Amar, président du Conseil d’administration de Cash Plus dans la première partie de cet échange. L’opérateur, qui a démarré dans le transfert d’argent, activité qu’il continue d’exercer, se voit aujourd’hui comme une Fintech marocaine et se donne les moyens de cette vision.
Les services de Cash Plus ne se limitent pas seulement aux services financiers. « Chez Cash Plus, vous pouvez non seulement effectuer des transferts d’argent, mais aussi déposer un dossier maladie, envoyer un colis, et bientôt faire encore plus de choses. Notre objectif est de rapprocher les services du quotidien des citoyens afin de les accompagner dans tous les aspects de leur vie quotidienne », confie notre interlocuteur.
La dernière levée effectuée permettant le retour du fonds MCP dans le capital de l’entreprise, accompagné cette fois-ci par deux autres fonds prestigieux (SFI et un fonds néerlandais), vise trois objectifs que nous détaille le top management de l’opérateur marocain : devenir une banque digitale, adresser les besoins des Marocains de la diaspora et renforcer les équipes.
Développement du réseau physique, le projet de banque digitale, distribution des aides directes, paiement électronique, IPO… Nous abordons dans cette seconde partie la stratégie de l’opérateur et ses ambitions sur chacun de ces marchés.
Médias24. Vous avez démarré avec 10 points de vente en propre. Aujourd’hui, vous êtes à près de 8.000 points. Un forte accélération à partir de 2022. Est-ce que vous vous concentrez exclusivement sur la franchise, ou continuez-vous également à développer des points de vente en propre ?
Nabil Amar. Nous continuons à développer des points de vente en propre. Aujourd’hui, notre réseau compte près de 8.000 points de vente, dont environ 600 en propre. Le reste, soit environ 7.400 points, est constitué d’entrepreneurs, avec 40% de femmes, ce qui constitue une véritable fierté pour nous. En effet, lorsque l’on parle de ces 7.400 points, ce sont autant de familles que nous soutenons. Il y a un vrai maillage territorial, principalement en milieu urbain, mais nous nous développons de plus en plus dans les zones rurales. Depuis cinq ans, nous avons fait un focus particulièrement important sur le rural.
Changer de nom n’a aucun sens. Au contraire, notre marque est un levier pour exploiter cette confiance et renforcer notre position.
– Cash Plus a pris la décision en 2022 d’aller plus vite. Comment avez-vous trouvé les financements nécessaires pour cette expansion ?
– J’ai approché MCP et Saâd Bendidi. Et comme ils croyaient fermement en notre projet et connaissaient notre entreprise, nous avons signé avec eux pour la deuxième fois. De plus, nous avons obtenu des financements supplémentaires de la SFI (Société Financière Internationale) et d’un fonds néerlandais, qui ont investi environ 60 millions de dollars dans l’entreprise. Ces fonds nous permettent aujourd’hui de relever les défis liés à notre ambition de devenir une banque digitale, d’adresser les besoins des Marocains de la diaspora et de renforcer nos équipes.
– Vous avez donc pour projet de devenir une banque digitale…
– Aujourd’hui, nous avons 1,5 million de bénéficiaires qui retirent leur argent chez Cash Plus, mais qui cash-out immédiatement. Nous avons donc dû développer des solutions pour offrir plus de services financiers digitaux.
– Vous avez mentionné des mots clés comme Banque digitale, établissement de paiement, service de proximité et service financier. Le nom Cash Plus ne devient-il pas un peu réducteur par rapport à ce que vous êtes devenus ?
– Cash Plus est une marque forte et bien établie. Elle inspire confiance, et c’est notre plus grande force. Nous avons des millions d’utilisateurs fidèles et cela fait partie de notre identité. Changer de nom n’a aucun sens. Au contraire, notre marque est un levier pour exploiter cette confiance et renforcer notre position.
– Parmi les activités de Cash Plus, il y a la logistique et l’e-commerce. Parlez-nous un peu plus de ce segment.
– C’est un segment que nous adressons à travers notre filiale Tawsil qui gère la logistique du Last Mile Delivery. Cette filiale opère dans ce que l’on appelle les 3PL, « Third Party Logistics », c’est-à-dire les prestataires logistiques tiers. Nous avons un modèle unique au Maroc : nous ne possédons pas de moyens logistiques propres. Ce modèle disruptif nous a permis de traiter aujourd’hui 150.000 colis par mois. Nous sommes fiers de cette startup qui fonctionne indépendamment et est dirigée par son propre directeur général.
– Mais il y a bien des synergies avec Cash Plus ?
– Absolument, c’est l’une de nos grandes forces. Nos clients peuvent déposer un colis dans n’importe quelle agence Cash Plus et le récupérer dans l’agence de leur choix.
Notre vision est de devenir une super app. Une application qui permet aussi de répondre aux besoins quotidiens de nos utilisateurs.
– Et quand vous parlez de la banque digitale, quels sont vos projets sur ce segment ?
– C’est là que nous entrons dans le domaine des portefeuilles électroniques avec Cash Plus Mobile. Nous avons un portefeuille de près de 3 millions de clients, dont 2 millions sont actifs et effectuent au moins une opération par mois. Nous avons également lancé notre propre carte de paiement, avec environ 200.000 cartes émises. Aujourd’hui, notre principal défi est de faire en sorte que ces clients utilisent l’application mobile pour leurs besoins quotidiens.
Notre vision est de devenir une super app. Une application qui ne se limite pas aux services financiers, mais qui permet aussi de répondre aux besoins quotidiens de nos utilisateurs. Dans un futur proche, les utilisateurs pourront non seulement effectuer des paiements, mais aussi réserver un taxi, louer une trottinette électrique ou acheter un billet de bus, tout via l’application Cash Plus. L’idée est de centraliser tous les paiements et services de la vie quotidienne dans une seule application.
– Sur un sujet connexe, le marché des paiements électroniques connaît une mutation majeure, comment Cash Plus se positionne-t-il par rapport à cela ?
– Nous suivons ce secteur depuis longtemps, mais nous avons senti que le marché n’était pas encore prêt pour accueillir un nouvel acteur. Aujourd’hui, notre volonté est de compléter ce qu’a réalisé le CMI au cours des dernières années. Cet acteur détient 98 % de parts de marché, mais ce marché concerne principalement 70.000 commerçants. Or, au Maroc, il y en a plus d’un million et demi. Nous pensons qu’il existe une grande demande parmi ces commerçants qui n’ont pas encore été adressés. Notre objectif est donc de nous attaquer à ce marché inexploité, tout en collaborant avec d’autres acteurs pour éduquer et accompagner les commerçants vers l’acceptation des paiements électroniques.
– Pourquoi cette grande partie du marché est-elle restée jusqu’à présent ignorée ?
– A mon avis, cela tient à des questions de timing. Avant, pour accepter les paiements par carte, il fallait équiper les commerçants avec un TPE (terminal de paiement électronique) coûteux (environ 4.000 à 5.000 dirhams). De plus, la transaction elle-même coûtait cher (3 à 3,5 %). Et puis, la carte n’était pas suffisamment répandue. Aujourd’hui, nous avons 20 millions de cartes émises, mais 85 % ne servent qu’au retrait, et seulement 15 % au paiement.
Ce qui change aujourd’hui, c’est l’adoption du paiement sans contact (NFC) qui supprime la barrière du code PIN et facilite l’utilisation des cartes. Le renouvellement générationnel joue également un rôle : les jeunes, qui ont grandi avec la technologie, adoptent naturellement ces moyens de paiement. De plus, aujourd’hui, un TPE ne coûte plus 5.000 dirhams. Il existe même des solutions via smartphone permettant aux commerçants d’accepter les paiements facilement et à moindre coût.
Enfin, l’afflux massif de touristes ces deux dernières années a encore renforcé la nécessité pour les commerçants de s’adapter aux paiements par carte ou téléphone. Un facteur qui va s’accentuer avec l’organisation de la Coupe du monde 2030. Tout cela crée un environnement propice au développement du paiement électronique et ouvre des opportunités à Cash Plus pour s’adresser à cette clientèle.
L’IPO serait une option, mais pas une finalité. Tout dépendra du contexte et des opportunités.
– Pour faire simple, Cash Plus compte se concentrer donc sur les centaines de milliers de commerçants non desservis ?
– Exactement. Le marché existant est déjà saturé et ultra-concurrentiel. Nous, nous nous concentrons sur une clientèle que les acteurs historiques ont négligée. Depuis notre lancement, nous avons toujours ciblé des segments non adressés par la concurrence. Nous allons donc continuer dans cette direction pour toucher une clientèle qui n’a jamais été prioritaire pour les acteurs traditionnels.
– Des projets imminents ?
– Une de nos nouvelles initiatives est Cash Plus Venture, un fonds de capital-risque qui investit dans des start-ups à fort potentiel avec lesquelles nous pouvons créer des synergies. Nous avons déjà investi dans Weego, une start-up de mobilité, et dans Slaati, une entreprise de distribution de produits FMCG (produits de grande consommation). Nous souhaitons également accélérer nos investissements dans la mobilité, en particulier dans les secteurs des taxis et de la mobilité électrique. Deux projets sont en cours de finalisation dans ce sens.
– Sinon pas d’IPO en vue ?
– Si nous avons besoin de plus de fonds pour soutenir notre croissance, une IPO pourrait être envisagée. Cependant, ce n’est pas une priorité pour nous. Nous avons une entreprise profitable, non endettée, avec une croissance de plus de 30% chaque année. L’IPO serait une option, mais pas une finalité. Tout dépendra du contexte et des opportunités.
Cash Plus : l’ambition d’une « Fintech marocaine » à l’assaut des 2 milliards de dirhams (1/2)
8.000 agences, un réseau qui représente deux fois plus que celui du deuxième acteur du marché et un chiffre d’affaires de 1,2 MMDH. Pendant la crise sanitaire du Covid en 2020, Cash Plus, avec un réseau moins important à l’époque, « a distribué à lui seul 25% des aides, toutes institutions financières confondues ». L’entreprise est aussi l’un des acteurs majeurs dans la stratégie de distribution des aides directes, lancée fin 2023.
À en croire l’ambition de l’opérateur, ces chiffres seront dépassés en 2027. Cash Plus compte atteindre les 10.000 agences et porter son chiffre d’affaires à plus de 2 MMDH.
Comment une petite entreprise qui a commencé en 2004 dans le transfert d’argent avec dix agences a-t-elle pu, en l’espace de deux décennies, devenir l’un des leaders d’un secteur où les poids lourds, notamment des filiales bancaires, ne manquent pas ?
Nous sommes une FinTech, l’une des plus grandes de la région. Rentable, qui plus est !
Des débuts en 2004 en tant que Ramapar à la naissance de la marque Cash Plus en 2012, en passant par les opportunités offertes par les réformes réglementaires ou encore les changements dans l’actionnariat, l’histoire de Cash Plus est une succession d’adaptations stratégiques que nous explorons avec Nabil Amar, président du conseil d’administration, lors d’un entretien qui a duré plus d’une heure et demie.
L’entreprise, qui efface sans cesse les frontières entre les secteurs traditionnels et numériques, développe son maillage territorial tout en ayant l’ambition de devenir une « banque digitale ». Mais, au fond, que représente réellement Cash Plus ? La question mérite d’être posée.
« Nous sommes une entreprise technologique qui vous facilite la vie », répond sans détour Nabil Amar. « Nous sommes une FinTech, l’une des plus grandes de la région. Rentable, qui plus est ! »
Nabil Amar, président du conseil d’administration de Cash Plus.
Au début, une histoire d’entreprise familiale
« Cash Plus, c’est d’abord l’aboutissement d’une histoire entrepreneuriale. Au lancement en 2004, notre objectif était simple : répondre à une problématique bien précise, celle du transfert d’argent. Puis, au fur et à mesure, nous avons construit un petit réseau avec des entrepreneurs et, progressivement, celui-ci s’est élargi à travers de nouveaux services et produits. Aujourd’hui, Cash Plus est un établissement de paiement agréé par la Banque centrale. Nous opérons principalement dans les services financiers. Mais, avec le temps, nous avons évolué en une institution qui se concentre sur les défis liés à la proximité avec les citoyens », tente de résumer le dirigeant.
En 2004, le père de Nabil Amar crée une entreprise de transfert d’argent. Le secteur était alors exclusivement réservé aux banques. Jusqu’en 2009, l’entreprise proposait un seul produit : Western Union, sous mandat de la Société Générale.
« Puis, au fil des années, nous avons progressivement élargi notre périmètre, notamment avec l’arrivée de la réforme des établissements de paiement et la première réglementation sur les sociétés de transfert de fonds (STF) », relate Nabil Amar. « Nous avons obtenu la licence nécessaire pour travailler avec d’autres opérateurs. Ce fut un tournant majeur ».
Médias24 : Quelle a été la réaction de vos partenaires de l’époque face à cette diversification ? Comment avez-vous géré cette transition ?
« Cette transition a été principalement imposée par la réglementation. Pour nous, le défi était énorme, car nous devions travailler avec plusieurs opérateurs de transfert d’argent et donc disposer de différents systèmes d’information. À l’époque, il était difficile d’avoir une vue d’ensemble des transactions, car il fallait attendre le lendemain matin pour connaître l’état de la caisse. Une dizaine de systèmes différents dans chaque agence. Chaque fin de journée, un fichier Excel était envoyé pour consolider les données de plus de cent agences et dresser l’état de la caisse », nous confie Nabil Amar qui, au moment de ces évènements, ne faisait pas encore partie de l’entreprise.
« C’est dans ce contexte que j’ai rejoint l’entreprise familiale. Je travaillais dans le domaine des ERP. Mon père m’a suggéré de proposer une solution en tant que prestataire. Avec mon associé, nous avons décidé de créer un système d’agrégation des opérateurs de transfert d’argent, car aucun n’existait à l’époque », poursuit-il.
L’anecdote a son importance. Car, quand en 2014, Cash Plus entame son processus d’institutionnalisation avec l’entrée du fonds Méditerranea Capital, ce dernier a vite vu l’importance du système d’information qui n’était pas encore la propriété de l’entreprise. Ils ont alors proposé de racheter le système, voire l’entreprise. J’ai accepté, et j’ai ainsi intégré Cash Plus en tant que directeur des opérations et du système d’information », confie notre interlocuteur.
C’est ce qui fait dire aujourd’hui à Nabil Amar que Cash Plus est « une entreprise technologique« . « Notre métier repose essentiellement sur la technologie, au quotidien. Le cash management, la conformité, l’audit, la gestion des risques sont des aspects cruciaux, mais au cœur de tout cela se trouve le système d’information. Lorsque celui-ci fonctionne correctement, il nous permet d’élargir notre champ d’action, de diversifier nos services et de répondre rapidement aux besoins du marché ».
Parfois, nous prenons des décisions rapidement, même via WhatsApp. C’est là que la technologie joue un rôle clé, en nous permettant de prendre des décisions rapides
Actionnariat : MCP, la famille Tazi, et ceux qui ont raté le coche
Médias24 : L’entrée de Mediterranea Capital Partners (MCP) en 2014 a été un évènement majeur pour Cash Plus…
Nabil Amar : L’entrée de MCP en 2014 n’a pas été un choix anodin. Le fondateur avait pour objectif principal d’institutionnaliser l’entreprise et d’introduire une nouvelle gouvernance afin d’accompagner la croissance de la société. Dès le début, son ambition était de créer un réseau de milliers de points de vente. Cependant, pour y parvenir, il fallait à la fois réunir les talents nécessaires et disposer de moyens financiers suffisants. Une activité comme celle de Cash Plus nécessite d’importants investissements financiers, et ces fonds ne pouvaient être mobilisés sans une gouvernance solide. Mediterranea Capital a donc été perçu comme un partenaire capable de nous apporter à la fois des talents et des ressources financières.
L’un des premiers défis a été de transformer l’équipe managériale. Mediterranea Capital a non seulement injecté de l’argent, mais aussi introduit une nouvelle équipe pour piloter les différentes directions, à commencer par la direction générale en la personne de Hazim Sebbata. Ce changement nous a permis de poser les bases de notre développement.
Ensuite, nous avons lancé plusieurs initiatives importantes. En 2014, Cash Plus comptait 200 points de vente. Nous avons entrepris une stratégie de croissance externe en rachetant Eurosol, le troisième acteur du marché, fin 2015. Cette acquisition nous a permis de passer de 300 points de vente à 600 début 2016, augmentant ainsi considérablement notre visibilité sur le marché.
Nous avons également travaillé sur la marque, car il était essentiel de bâtir une identité forte. Nous avons choisi une communication proche des citoyens, avec une touche décalée et un ton plus léger, en utilisant notamment la darija pour nous connecter avec un public large. Nos cibles étaient initialement les 28-40 ans, mais nous avons également voulu préparer l’avenir en nous adressant aux jeunes.
En parallèle, nous avons travaillé sur des chantiers organisationnels et internes cruciaux. Nous avons développé de nouvelles équipes, réformé notre communication, mis en place des processus de gouvernance, de conformité, d’audit et de reporting financier, et surtout, nous avons modernisé notre système d’information.
– En 2018, MCP quitte le tour de table. Pourquoi ?
– Un fonds d’investissement a une durée de vie limitée et, par nature, il cherche à sortir de son investissement. Ainsi, après environ cinq ans d’implication dans Cash Plus, l’opportunité s’est présentée en 2018 pour Mediterranea Capital de réaliser son premier exit. Nous avons alors entrepris un roadshow pour rencontrer de potentiels investisseurs, et c’est à ce moment-là que nous avons rencontré la famille Tazi. Leur enthousiasme pour notre histoire et la dimension sociale de notre entreprise a été immédiat. Leurs valeurs et leur fibre sociale, associées à notre mission d’inclusion financière, ont fait écho.
En 2018, Richbond devient actionnaire. À ce moment-là, l’entreprise réalisait environ 350 millions de DH de chiffre d’affaires, et la famille Tazi nous a accompagnés dans notre développement.
Parfois, la chance joue un grand rôle dans l’histoire d’un entrepreneur. C’est un peu ce qui nous est arrivé
– Est-ce que Karim Tazi est un actionnaire passif ou actif ?
– C’est un actionnaire extrêmement actif, mais dans le domaine du conseil. Il ne s’immisce jamais dans les opérations quotidiennes. Nous avons une gouvernance très proche, agile, mais qui respecte en même temps l’autonomie de l’équipe de gestion.
Nous organisons des comités de gestion mensuels avec nos actionnaires, ce qui permet un reporting régulier. Les informations sont transmises chaque mois à nos actionnaires et, bien sûr, il y a des conseils d’administration. Cependant, ce qui est essentiel, c’est la communication quotidienne avec nos actionnaires. Parfois, nous prenons des décisions rapidement, même via WhatsApp. C’est là que la technologie joue un rôle clé, en nous permettant de prendre des décisions rapides et de nous développer efficacement dans un secteur qui est pourtant fortement régulé.
Cette indépendance vis-à-vis des banques ou des institutions financières est un atout majeur. Nous bénéficions d’une gouvernance agile qui prend des décisions rapides. Nos actionnaires sont des entrepreneurs qui comprennent les défis que rencontre un dirigeant et la complexité du parcours entrepreneurial. De plus, ils sont très attentifs aux évolutions des marchés, pas uniquement au marché marocain, mais aussi à une échelle mondiale.
– Avant de conclure avec Richbond, aviez-vous rencontré d’autres investisseurs potentiels ? Si l’information n’est pas confidentielle…
– Il y a prescription (rires). En effet, nous avons eu l’opportunité de rencontrer plusieurs grands groupes, notamment dans le secteur bancaire. Dès 2016, nous étions en pleine phase de due diligence avec la Société Générale. Toutefois, cette opération n’a pas abouti en raison de facteurs internes à la banque. Une autre institution bancaire marocaine a également manifesté son intérêt, mais sa proposition n’a représenté que 50% de l’offre initiale que nous avions reçue. À cette époque, nous faisions face aux défis liés à notre taille modeste, et nombreux étaient ceux qui doutaient de notre potentiel. Beaucoup pensaient que la digitalisation risquait de mettre en péril les réseaux physiques, un point que nous avons toujours contesté et que nous soulignons régulièrement.
Une question récurrente que l’on nous pose est : « Comment se fait-il qu’une entreprise comme Cash Plus continue de traiter du cash dans un monde de plus en plus digitalisé ? » C’est un grand débat, mais il faut comprendre la réalité du terrain. Si l’on connaît un peu la population marocaine et ses habitudes, on saisit pourquoi le cash reste encore largement utilisé au Maroc.
Nous avons également rencontré de nombreuses institutions internationales, y compris des grands groupes du secteur des télécommunications. Cependant, ces derniers n’étaient pas particulièrement intéressés par ce que nous leur proposions.
Si l’on connaît un peu la population marocaine et ses habitudes, on saisit pourquoi le cash reste encore largement utilisé au Maroc
– Et comment votre chemin a-t-il croisé celui de la famille Tazi ?
– Parfois, la chance joue un grand rôle dans l’histoire d’un entrepreneur. C’est un peu ce qui nous est arrivé. Une banque d’affaires a entendu dire que nous cherchions un nouveau partenaire financier et a pris contact avec nous. Ils nous ont mis en relation avec des investisseurs patrimoniaux marocains intéressés par ce secteur. C’était la famille Tazi.
Lorsque nous avons rencontré Karim Tazi, le feeling a été immédiat. Il a une forte fibre sociale, ce qui correspondait parfaitement à nos valeurs et à ce dont nous avions besoin.
Dès 2022, nous avons décidé de viser une nouvelle phase de croissance. Nous avions conscience qu’il était crucial de continuer à croître et à étendre notre réseau, tout en consolidant nos positions sur le marché.
– N’aviez-vous pas eu peur que la croissance soit trop rapide ?
– Non, sincèrement, on ne l’a pas ressenti ainsi. Ce n’est que sur les quatre dernières années que nous avons réellement pris conscience de notre taille, notamment lors de la distribution des aides de Tadamon pour le Covid. Nous avons été surpris de constater que nous avions distribué 25% des aides, toutes institutions financières confondues, banques et établissements de paiement. Et quand on regarde notre part de marché, c’est vraiment significatif.
– Pourquoi cette décision d’aller encore plus vite en 2022 ?
– Nous voyions déjà venir le sujet des aides sociales qui allait devenir un enjeu majeur. En 2022, le sujet devenait très concret, et nous avons réalisé qu’il fallait le traiter rapidement et efficacement.
Pour y répondre, il fallait d’abord augmenter la capacité de notre réseau, donc grossir encore plus vite. Mais, pour cela, il fallait également accompagner cette expansion. Nous avons donc décidé d’ouvrir des agences propres, satellites, qui servent de relais pour notre réseau franchisé, notamment en termes de formation et d’accompagnement.
Entre 2022 et aujourd’hui, nous avons ouvert 400 nouveaux points de vente en trois ans et renforcé notre réseau franchisé. Nous avons également mis l’accent sur l’amélioration de notre système d’information, car cette croissance nécessite un solide support technologique.
L’État avait également exprimé son souhait de ne pas distribuer les aides en cash, mais plutôt sur des comptes. Cela nous a poussés à renforcer notre système de Core banking pour pouvoir absorber ces flux, et à développer un portefeuille de services plus digitalisés. L’objectif n’était pas seulement d’avoir des comptes, mais de créer une offre qui permettrait à ces bénéficiaires d’utiliser leur argent autrement.
À suivre…
Ce qu’il faut retenir de l’ouverture de capital de Cash Plus
Un peu plus de deux ans après leur retrait du capital de Cash Plus, voici Mediterrania Capital Partners qui décide s’y revenir accompagné de deux autres institutionnels que sont la SFI et un fonds néerlandais. L’annonce qui a été faite en octobre dernier se formalise. Désormais, l’opération a atterri au Conseil de la concurrence qui va l’examiner pour donner son feu vert.
La notification du Conseil de la Concurrence publiée le 16 novembre apporte quelques détails sur la structure de l’opération. Les trois institutionnels, Mediterrania Capital Partners (MCP), la Société financière internationale et la Nederlandse Financierings-Maatschappij Voor Ontwikkelingslanden N.V (FMO), investiront dans le capital de Cash plus à travers un véhicule d’investissement dénommé ‘MC IV Money’.
La prise de participation se fera à travers un investissement de 600 MDH
Selon les données publiques, la nouvelle répartition du capital post-opération n’est pas connue. Les familles Amar et Tazi actuellement détentrices du capital à 50-50, en céderont-elles le contrôle ?
« Les parts détenues par ce nouvel actionnaire ne sont pas d’informations publiques. Ce que je peux dire, c’est que le contrôle reste entre les mains des actionnaires historiques », nous confie Hazim Sebbata, directeur général de Cash Plus joint par Médias24.
De plus, les deux familles resteront dans l’actionnariat du groupe à parts égales. Elles ont juste laissé de la place au nouvel actionnaire.
Aucun changement d’orientation stratégique, l’IPO est une option pas immédiate
La stratégie de Cash Plus demeurera inchangée malgré l’entrée d’un fonds d’investissement dans le capital. Les objectifs de l’entreprise sont clairs et établis, et c’est sur cela qu’a tablé le fonds d’investissement.
« Au jour le jour, nos objectifs, notre stratégie et nos actions ne changeront pas du tout. Nous garderons le même cap, et c’est ce qui a séduit ces investisseurs », assure Hazim Sebbata.
Pour le moment, le directeur général de Cash Plus estime que « c’est l’une des options. Il y en a d’autres qui sont sur la table, mais c’est encore trop tôt pour s’orienter vers une option en particulier ».
Un nouvel actionnaire, mais qui connaît déjà bien l’entreprise
Il faut rappeler que ce nouvel actionnaire, à travers MC IV Money, n’est pas si nouveau que cela. En 2014, le fonds d’investissement MCP avait investi dans Cash Plus avant d’en sortir définitivement en 2021. Une opération qui avait été menée à l’époque du fonds Mediterrania Capital II.
« Le fonds est arrivé au capital de Cash Plus pour la première fois en 2014, avant de sortir partiellement en 2018 pour céder de la place à la famille Tazi, puis de sortir définitivement en 2021 », rappelle Hazim Sebbata.
« Désormais, MCP est à son quatrième fonds, et comme tout fonds d’investissement, ils regardent autour d’eux pour chercher les pépites à forte croissance qui ont un potentiel intéressant. Il s’avère qu’il y a des entreprises qu’ils connaissent déjà, comme nous », poursuit notre interlocuteur. De fait, le nouvel actionnaire est familier de la mécanique de l’entreprise.
Aujourd’hui, Cash Plus dispose de 4.000 agences principales, 4.000 agents de proximité. Il a récemment fait l’acquisition de la start-up Sle3ti qui œuvre dans la chaîne d’approvisionnement des épiciers, et qui compte 10.000 points de vente.
Vers un nouveau tour de table pour Cash Plus
Le Conseil de la concurrence a été notifié d’une opération de concentration économique concernant la prise du contrôle conjoint de Cash Plus par les parties suivantes :
– Société financière internationale(SFI) ;
– Mediterrania Capital Partners ;
– Nederlandse Financierings-Maatschappij Voor Ontwikkelingslanden N.V;
– AMAPAR ;
– Duquesa Holding ;
– Merydinal ;
– LDW Holding ;
– Mobiz.
Cash Plus : le service Tawssil a permis de livrer 200.000 destinataires depuis 2020
Tawssil est une marque du groupe Cash Plus, pensée pour booster la chaîne de valeur de l’entreprise en offrant un service qui permette, dans des délais express et sur tout le territoire national, l’envoi et la réception de colis, avec la possibilité pour le destinataire de régler à la livraison ou dans le Point Tawssil le prix du produit acheté.
Tawssil a prouvé tout son intérêt auprès des e-commerçants, et ce dès le déclenchement de la pandémie de Covid-19. Cet intérêt s’est accentué depuis jusqu’à devenir un support incontournable pour les e-commerçants qui trouvent, grâce à ce service disponible 6/7, la possibilité de suivre leurs colis en temps réel, de déclencher le ramassage gratuit à partir d’un seul colis et d’être assuré du paiement par leurs clients à la livraison, partout au Maroc.
Autre avantage : les e-commerçants bénéficient d’un contre-remboursement en 24 heures des règlements effectués par leurs clients dans les Points Tawssil.
Bras logistique du groupe Cash Plus, Tawssil Logistics développe également des offres spécifiques aux grandes et moyennes entreprises pour tous les colis compris entre 1 et 13 kg, comprenant notamment des services de Warehousing (entreposage).
Cash Plus lance son application de tontine « Daret »
Afin de répondre aux contraintes spécifiques d’une Daret traditionnelle, Cash Plus a repensé son approche pour concevoir une solution innovante dédiée. Daret by Cash Plus permet à ses utilisateurs d’organiser et gérer des tontines de manière simple et transparente avec des frais très compétitifs.
Daret by Cash Plus innove par rapport à une Daret traditionnelle:
– Économiser le temps et l’argent des déplacements: Grâce à sa stratégie de proximité, les utilisateurs n’ont plus à se déplacer pour remettre la cotisation au bénéficiaire, il suffit de se rendre à l’agence Cash Plus de votre quartier.
– Organiser des Darets à distance partout au Maroc: Avec son large réseau, Cash Plus permet aux utilisateurs de récupérer la cagnotte de leur Daret où qu’ils soient au Maroc.
– Une transparence totale: Qu’il soit administrateur ou simple participant d’une Daret, l’utilisateur peut afficher toutes les informations concernant les statuts de paiement des cotisations.
Un système de rappel est également mis en place pour notifier chaque utilisateur des éventuels retards liés aux paiements des cotisations.
Cash Plus invite par ailleurs les utilisateurs d’organiser Daret seulement avec les amis proches et les membres de leur famille.