Lutte contre le cash. Le changement des billets de banque n’est pas envisagé

L’opération d’amnistie du cash a eu pour effet de réduire la circulation fiduciaire de 3,4 % en décembre par rapport à novembre, soit une diminution de 14,5 MMDH. 

Malgré cela, le cash en circulation reste élevé, dépassant les 414 MMDH contre un peu plus de 250 MMDH en 2020. La problématique reste donc entière. Comment absorber ce cash et le ramener vers des circuits traçables ?

Médias24 a consacré un article pour expliquer les options possibles, parmi lesquelles le changement des billets de banque. Un scénario qui a été largement relayé sur les réseaux sociaux. « Un changement des billets de banque n’est pas envisagé pour lutter contre le cash », apprend Médias24 de source sûre.

Cette mesure est à écarter car, comme nous l’explique notre source, elle ne serait efficace que provisoirement. L’argent intégrerait le circuit formel le temps du changement des billets, et les anciennes habitudes reprendraient leurs droits.

« C’est un sujet qui ne peut être réglé que progressivement, avec une approche intégrée combinant plusieurs mesures simultanées », étaye notre source.

Mais la clé, selon notre interlocuteur, réside en un changement des mentalités pour renforcer la confiance dans le secteur bancaire et réduire la défiance. Cela passe par des mesures classiques déjà déployées, comme la sensibilisation ou l’inclusion financière…, qui constituent un effort à faire en permanence.

À côté de cela, notre source évoque d’autres mesures possibles, comme le rabaissement du plafond du paiement en cash par les professionnels, le renforcement de la crédibilité du chèque, le développement des réseaux de TPE pour encourager le paiement électronique, leur généralisation auprès des épiciers et commerçants notamment.

 

https://www.medias24.com/2025/02/03/changement-des-billets-de-banque-plafonnement-des-paiements-en-especes-les-options-pour-eponger-davantage-le-cash/

Ouahbi veut réduire le cash en circulation dans les tribunaux

Abdellatif Ouahbi veut limiter la circulation du cash dans les juridictions marocaines. Le ministre de la Justice souhaite, à cet effet, accélérer la digitalisation des paiements des différents frais et taxes judiciaires.

Les justiciables et/ou leurs avocats seront désormais incités à régler par les moyens électroniques ou par chèques, dès lors que la somme en question dépasse les 1.000 DH. C’est ce que nous apprend une note interne adressée aux présidents des greffes, et dont Médias24 détient copie.

Ces instructions s’inscrivent dans une volonté de moderniser les caisses des tribunaux, un chantier démarré depuis quelques années et qui fait déjà ses preuves.

À titre d’exemple, les justiciables peuvent aujourd’hui régler, en ligne, des frais de services liés au retrait d’attestations de registre de commerce, au dépôt des états de synthèse ou encore à la présentation des requêtes via la plateforme électronique des avocats…

Pour le ministre de la Justice, ces dispositifs ont permis de réduire les flux d’argent liquide dans les tribunaux ainsi que les dangers qui en découlent « vis-à-vis des deniers publics et privés », lit-on dans la circulaire diffusée mi-janvier. Ces mécanismes ont également allégé les contraintes liées aux transferts d’argent entre juridictions ou vers les services financiers. Désormais, l’objectif est de systématiser les paiements en ligne pour qu’ils deviennent la règle.

M. Ouahbi appelle ses services à sensibiliser les usagers aux différents outils électroniques disponibles, quitte à jouer le rôle d’incitateurs. Pour le ministre, il s’agit d’instaurer « une nouvelle culture » dans le système judiciaire qui doit s’aligner sur les pratiques en vigueur dans d’autres administrations.

Les avocats, notamment, seront ainsi fortement incités à régler leurs dépenses via la plateforme « Multicanal » mise à leur disposition et qui permet notamment le paiement via des applications sur smartphone ou le portail « Fatourati ».

Sur place, les justiciables ou leurs représentants seront appelés à payer par cartes bancaires à travers les terminaux de paiement électroniques (TPE), sinon à déposer un chèque correspondant au montant du service.

Sans poser d’obligation, le ministre semble plaider pour une normalisation de ces procédés pour les montants supérieurs à 1.000 DH.

Amnistie du cash : un premier impact visible sur les besoins en refinancement des banques

Parmi les 125 MMDH collectés dans le cadre de cette opération, 50 MMDH ont été déclarés aux banques sur le seul mois de décembre 2024. Parmi ces milliards, certaines liquidités étaient déjà déposées dans le secteur bancaire. D’autres correspondent à du cash injecté pour la première fois dans le circuit bancaire.

L’analyse détaillée des déclarations étant toujours en cours, nos sources n’ont pas encore pu nous communiquer le montant de ce que l’on peut considérer comme « le  cash prélevé sur la circulation fiduciaire ». Cela dit, son impact commence à se faire sentir, notamment sur un indicateur important : les opérations principales de refinancement de Bank Al-Maghrib.

Des avances en baisse

Les avances à 7 jours et les reprises de liquidités constituent les principales opérations de refinancement de Bank Al-Maghrib, adaptées selon la situation de liquidité des banques.

Pour schématiser, en cas de déficit, la Banque centrale injecte des fonds en accordant des avances à 7 jours aux banques, à un taux proche du taux directeur et contre des garanties, leur permettant ainsi de maintenir le financement de l’économie. À l’échéance, ces prêts sont remboursés avec intérêts.

Les montants servis dans le cadre de cette opération montrent une baisse significative des avances entre fin décembre 2024 et début janvier 2025.

Elles sont passées à 53,3 MMDH lors de l’appel d’offres du 08/01/2025, soit le niveau le plus bas sur l’ensemble de la période analysée, à savoir d’octobre 2024 à janvier 2025. Une baisse qui intervient après 60 MMDH servis sur l’appel d’offres du 02/01/2025 et 72,6 MMDH servis lors de l’appel d’offres du 25/12/2024.

Les autres semaines qui précédaient, le montant moyen servi se situait autour des 60 MMDH.

Cela indique une baisse des besoins exprimés en liquidité par les banques commerciales auprès de Bank Al-Maghrib, probablement en raison de la liquidité qui est entrée dans leurs comptes.

L’effet vignette

Interrogé par Médias24, un banquier de la place partage son analyse de la situation. Selon lui, bien que l’amnistie ait couvert l’ensemble de l’année, ce qu’il qualifie d’ »effet vignette » a conduit à un afflux exceptionnel de liquidités dans les deux dernières semaines de décembre, impactant ainsi les opérations de refinancement entre les banques et la Banque centrale.

« La baisse des opérations de refinancement à 7 jours est largement attribuable à l’entrée de liquidités, liée à l’amnistie. Plus de cash signifie des besoins de financement réduits, entraînant mécaniquement une diminution des avances accordées par la Banque centrale. Par conséquent, une augmentation de la liquidité se traduit par une contraction des opérations de financement et de refinancement, dont les avances à 7 jours », explique notre banquier.

« Une évaluation précise de l’impact sur le refinancement des banques aurait nécessité une estimation exacte du volume de liquidités injectées pour la première fois dans le système bancaire. Néanmoins, l’impact est déjà tangible. Les effets observés s’alignent sur les dynamiques attendues face à un afflux massif de liquidités », poursuit-il.

Et de conclure : « Reste à savoir comment Bank Al-Maghrib analysera cette évolution et si elle jugera nécessaire d’intervenir à terme ».

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Pour comprendre la relation banque commerciale-Banque centrale

Les banques commerciales ont besoin de liquidités pour financer l’économie, c’est-à-dire accorder des crédits aux ménages et aux entreprises. Ces banques empruntent et prêtent de l’argent entre elles, sur le marché interbancaire, à un taux appelé taux interbancaire.

Bank Al-Maghrib fixe un taux directeur qui sert de référence. Son but est d’orienter ce taux interbancaire pour assurer la stabilité des prix et soutenir l’économie. Pour atteindre cet objectif, la Banque centrale, dans le cadre de sa politique monétaire conventionnelle, injecte ou retire de la liquidité dans le système bancaire via des opérations de marché, parmi lesquelles :

La dynamique du marché bancaire ainsi que le niveau de liquidité en circulation peuvent être estimés en examinant le volume et l’ampleur de ces opérations. Si l’hypothèse d’une augmentation de la liquidité liée à l’amnistie se vérifie, nous devrions observer une baisse des demandes de liquidité de la part des banques.

Il convient toutefois de souligner que l’étude des autres mécanismes de refinancement, tels que les pensions à un ou trois mois d’échéance, ainsi que les prêts garantis, comporte certains biais liés à leur maturité. C’est pourquoi nous avons préféré recentrer l’analyse sur les avances à 7 jours.

Enfin, rappelons que la régularisation spontanée est restée en vigueur tout au long de l’année, même si l’effet de fin d’année a été particulièrement marqué, comme le montrent les publications de Bank Al-Maghrib. Pour évaluer concrètement cet impact, nous nous sommes donc appuyés sur l’examen des situations hebdomadaires de la Banque centrale, de fin septembre 2024 au 8 janvier 2025.

Amnistie du cash. Selon le dernier bilan, les déclarations concernent plus de 127 MMDH (Baitas)

Ce sont plus de 127 MMDH qui ont été déclarés dans le cadre de l’opération de régularisation lancée par le gouvernement (DGI et offices des changes), selon le dernier bilan annoncé par Mustapha Baitas.  Selon ce dernier, « les recettes pour les caisses de l’État se chiffrent à plus de 6 MMDH ».

L’opération d’amnistie fiscale sur les liquidités non déclarées représente le gros de ce chiffre : 125 MMDH. Elle a connu une ruée de dernière minute auprès des banques durant les derniers jours de l’année 2024.

Cette ruée s’explique par la volonté des personnes physiques de bénéficier de l’amnistie, qui proposait un taux préférentiel de 5%. Comme nous l’avons expliqué dans nos précédents articles, cette ruée est due à l’absence de prorogation de cette mesure dans la loi de finances 2025.

Les avoirs concernés par cette amnistie pour les personnes physiques incluent :

• Les liquidités déposées dans des comptes bancaires ;

• Les liquidités détenues sous forme de billets de banque ;

• Les biens meubles ou immeubles acquis, non destinés à un usage professionnel ;

• Les avances en comptes courants d’associés, les comptes d’exploitant et les prêts accordés à des tiers.

Dans le cadre de l’opération de régularisation spontanée au titre des avoirs et liquidités détenus à l’étranger par l’office des changes, les déclarations ont porté sur un montant total de plus de 2 milliards de dirhams pour 658 déclarations.

 

 

Le cash en circulation a augmenté de 3 MMDH en novembre 2024

Le cash en circulation a connu une hausse à la fin du mois de novembre 2024. C’est ce que révèlent les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. La circulation fiduciaire s’affiche à 428,9 MMDH, en hausse de 0,7% par rapport au mois précédent, soit 3 MMDH en valeur.

Sur 12 mois glissants, le cash en circulation progresse de 10,4% ou 40,3 MMDH.

Les dépôts bancaires à caractère monétaire progressent de 12 MMDH d’un mois sur l’autre

Les dépôts à vue, principale composante des moyens de paiement, ont progressé de 67 MMDH sur un an (+8,5%), atteignant 855,1 MMDH en novembre 2024. Cette dynamique est portée par les ménages (+8,6%) et les sociétés non financières privées (+11,8%), qui ont vu leurs dépôts augmenter respectivement de 50,4 MMDH et 19,1 MMDH.

Les dépôts à terme continuent de perdre du terrain, avec une hausse limitée à 2,4%, soit 2,8 MMDH supplémentaires sur un an, pour atteindre un encours total de 118,5 MMDH. Les ménages, principaux détenteurs de ces dépôts, ont vu leur encours reculer de 3,9%.

Les avoirs officiels de réserve ont progressé de 15,9 MMDH en un an (+4,5%), atteignant 369,8 MMDH en novembre 2024. Ces réserves restent un élément clé de la stabilité monétaire au Maroc.

Le crédit bancaire au secteur non financier a enregistré une hausse annuelle de 2,5%, atteignant 947 MMDH. Cette évolution recouvre une progression des crédits aux sociétés non financières privées (+1,8 %) et aux sociétés publiques (+4,5%), tandis que les crédits aux ménages ont légèrement ralenti (+0,8%).

Les créances en souffrance ont augmenté de 3,8%, représentant 8,7% du total des crédits bancaires. Par ailleurs, les titres d’OPCVM monétaires ont reculé de 4,7%, pour atteindre un encours total de 85,3 MMDH.

Enfin, l’agrégat M3, représentant la masse monétaire au sens large, a maintenu son rythme de croissance de 6,7% sur un an, reflétant une hausse globale des liquidités disponibles dans l’économie.

Medias24
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Amnistie du cash. Plus de 100 MMDH déclarés, dont 50 MMDH validés par la DGI

Selon des sources sûres consultées par Médias24, plus de 100 MMDH ont été déclarés dans le cadre de cette opération d’amnistie sur les liquidités.

Ce n’est pas un chiffre définitif parce qu’il comprend une part validée par la DGI et une autre qui a été déclarée aux banques et non encore examinée par l’administration fiscale.

Voici comment se compose ce montant des 100 MMDH :

Selon nos sources, les 40 MMDH traités au niveau de la DGI correspondent à 10.000 déclarations spontanées et 1.000 déclarations suite à des contrôles de situations personnelles.

À ce stade, 2,5 MMDH de recettes pour le Trésor au titre de l’exercice 2024 sont confirmées. (5% des 50 MMDH validés).

Il restera la part correspondante aux 50 MMDH qui seront examinés. Les banques disposent jusqu’au 31 janvier pour reverser les 5% à la DGI pour chaque dossier, déclenchant ainsi son traitement. Ces recettes seront imputées à l’exercice 2025.

Le gain pour le Trésor ne dépassera donc pas les 5 MMDH au total, ce qui ne représente que 1% des recettes de la DGI.

Ce n’est donc pas un enjeu pécuniaire pour l’État. C’est surtout un enjeu économique, d’équité fiscale, de dissuasion, d’assainissement et de régularisation.

L’opération d’amnistie fiscale sur les liquidités non déclarées a connu une ruée de dernière minute auprès des banques durant les derniers jours de l’année 2024. Cette ruée s’explique par la volonté des personnes physiques de bénéficier de l’amnistie, qui proposait un taux préférentiel de 5%. Dès le 1ᵉʳ janvier 2025, ce taux passera à 37%. Comme nous l’avons expliqué dans nos précédents articles, cette ruée est due à l’absence de prorogation de cette mesure dans la loi de finances 2025.

Les avoirs concernés par cette amnistie pour les personnes physiques incluent :

• Les liquidités déposées dans des comptes bancaires ;

• Les liquidités détenues sous forme de billets de banque ;

• Les biens meubles ou immeubles acquis, non destinés à un usage professionnel ;

• Les avances en comptes courants d’associés, les comptes d’exploitant et les prêts accordés à des tiers.

Selon les statistiques monétaires publiées par Bank Al-Maghrib, le montant de liquidités en circulation dans l’économie marocaine a atteint 428,9 MMDH à fin novembre 2024. Ainsi, les 100 MMDH déposés représentent environ un quart des liquidités actuellement en circulation.

Reste à voir comment ces 100 MMDH, qui proviennent des liquidités personnelles non déclarées, seront réintégrés dans l’économie formelle. Leur présence dans les circuits financiers peut offrir des opportunités, notamment en augmentant les dépôts bancaires et en facilitant le crédit, mais l’impact réel dépendra de leur utilisation.

Distribution des aides sociales : les établissements de paiement font toujours face au défi du cash

Les aides sociales directes vont boucler leur première année de déploiement en décembre 2024. À travers ce programme, ce sont plus de 4 millions de familles, ainsi que 5,4 millions d’enfants et 1,2 million de personnes âgées de plus de 60 ans, qui en bénéficient, selon les chiffres arrêtés à octobre 2024.

C’est également un an de rodage pour les acteurs « intermédiaires » qui acheminent ces aides aux bénéficiaires, à savoir les banques et les établissements de paiement.

Des milliards de DH qui finissent en cash 

Lancé il y a près d’un an, le système de distribution des aides sociales a rapidement démontré son efficacité. « Aujourd’hui, tout fonctionne à merveille, le système est bien huilé », affirme Hazim Sebbata, président de l’Association professionnelle des établissements de paiement (APEP), dans une déclaration à Médias24.

Les bénéficiaires reçoivent leurs allocations via des virements, soit sur des comptes bancaires, soit sur des comptes de paiement mobile, comme exigé par le gouvernement et la Banque centrale.

Cela dit, la tendance observée les premiers mois s’est confirmée : la majeure partie de ces fonds est retirée en espèces après réception. « L’écrasante majorité des virements qui sont reçus sont « cashOutés » immédiatement. Les gens retirent la totalité de cet argent et font ce qu’ils veulent, souvent pour rembourser des dettes ou effectuer des paiements en liquide », explique Hazim Sebbata. Ce comportement met en lumière une résistance culturelle au changement et limite l’impact de cette initiative sur la promotion des paiements numériques.

L’écrasante majorité des virements qui sont reçus sont « cashOutés » immédiatement. Les gens retirent la totalité de cet argent, souvent pour rembourser des dettes ou effectuer des paiements en liquide

Cette préférence pour le cash impose une charge importante aux établissements de paiement, qui jouent un rôle central dans la mise en œuvre du programme. « Chaque mois, ce sont plusieurs milliards de dirhams qui doivent être mis à disposition en liquidités. Cela demande un effort extraordinaire pour garantir que tous les bénéficiaires puissent retirer leur argent dans un délai restreint », souligne Hazim Sebbata.

Cette logistique complexe détourne également des ressources qui pourraient être consacrées à la modernisation et au développement des solutions numériques. « Nous devons trouver un équilibre entre répondre aux besoins actuels et investir dans l’avenir », ajoute le président de l’APEP.

Créer un cercle vertueux : le double défi

Pour que l’on puisse s’appuyer sur ce programme pour accélérer l’inclusion et la digitalisation financières, il est essentiel de transformer les habitudes des bénéficiaires et des commerçants. « Le défi, c’est de convaincre les bénéficiaires de maintenir leur argent sur leurs comptes et de l’utiliser pour des paiements numériques« , précise Hazim Sebbata. Cela passe par des campagnes d’éducation financière, mais aussi par des incitations concrètes, comme la réduction des frais de transaction.

Le défi, c’est de convaincre les bénéficiaires de maintenir leur argent sur leurs comptes et de l’utiliser pour des paiements numériques

Du côté des commerçants, l’enjeu est tout aussi crucial. « Si les commerçants acceptaient plus de paiements digitaux, cela inciterait les bénéficiaires à conserver leurs fonds dans l’écosystème numérique. Ce serait un cercle vertueux« , explique-t-il. Pour cela, des efforts sont nécessaires pour réduire les barrières à l’adoption des terminaux de paiement et des applications mobiles.

La préférence des bénéficiaires pour le retrait en espèces illustre des défis structurels liés à des réalités économiques et comportementales. Dans la théorie économique, notamment celle de Keynes, la préférence pour la liquidité est un comportement rationnel dans un contexte de vulnérabilité, car il répond à des besoins immédiats ou imprévus. Cependant, il maintient la dépendance au cash et limite l’impact des paiements numériques sur l’économie.

La forte prévalence de l’économie informelle dans des pays comme le Maroc pousse les individus à privilégier le cash, qui offre une flexibilité adaptée aux transactions non régulées. Ce phénomène s’explique aussi par une confiance limitée dans les institutions financières.

Si les bénéficiaires conservaient leur argent sur leurs comptes, les effets économiques pourraient être significatifs. D’un côté, une épargne, même temporaire, offrirait davantage de liquidités au système financier, ce qui renforcerait la capacité des banques et des établissements de paiement à octroyer des crédits ou à financer des projets. D’autre part, les paiements numériques traçables apporteraient une meilleure structuration des flux financiers, ce qui allègerait le poids de l’économie informelle et favoriserait une inclusion économique plus large.

Une opportunité pour transformer le marché des paiements

Malgré les défis, Hazim Sebbata reste optimiste quant à l’impact de ce programme sur le marché des paiements. « Cette initiative est une étape louable vers un monde moins dépendant du cash. Elle s’inscrit dans une vision plus large d’inclusion financière et sociale, même si l’histoire reste à écrire », souligne-t-il.

Néanmoins, « l’initiative du gouvernement de distribuer les aides directes exclusivement via des virements est une initiative louable parce qu’elle va dans le sens de l’inclusion financière et sociale, dans le sens d’un monde avec moins cash ».

Le président de l’APEP estime que cette dynamique peut également bénéficier aux établissements de paiement, en encourageant l’innovation et la compétitivité. Les modèles économiques traditionnels, basés uniquement sur le cash ou le digital, montrent leurs limites. « L’avenir est dans l’omnicanal, qui offre une flexibilité à la fois pour les clients et les entreprises. C’est là que réside la clé du succès », conclut-il.

Monétique-frais d’interchange : de nouveaux éclairages de Bank Al-Maghrib

Le 1er octobre restera une date importante dans les annales du marché de la monétique. C’est la date d’entrée en vigueur d’une décision historique de Bank Al-Maghrib visant à réduire les frais excessifs appliqués par les banques lors des paiements monétiques par cartes bancaires.

En concertation avec le Conseil de la concurrence, la Banque centrale a plafonné la commission payée par les commerçants aux banques des clients qui effectuent des transactions chez eux à 0,65%. Elle a également décidé d’instituer une commission multipartite pour déterminer les niveaux de frais d’interchange sectoriels.

Des dispositions temporaires

« Les dispositions de la présente décision entrent en vigueur à partir du 1er octobre 2024 et produisent leurs effets juridiques à compter de cette même date. De ce fait, les frais qui seront appliqués par les opérateurs doivent être conformes au plafond fixé », explique une source officielle à la Banque centrale.

« À titre transitoire, Bank Al-Maghrib a demandé aux banques que, pour les commerçants relevant de secteurs d’activité pour lesquels les frais d’interchange étaient au-delà de 0,65%, de les ramener à ce plafond« , ajoute notre source.

« Pour les commerçants relevant de secteurs d’activité pour lesquels les frais d’interchange étaient inférieurs à 0,65%, les banques peuvent maintenir le même niveau », poursuit notre source tout en précisant que « ces dispositions sont temporaires, en attendant que la commission instituée définisse la nouvelle structure de la table des frais d’interchange ».

Sur quelles bases ce plafond a-t-il été fixé ? « Les discussions ont été amorcées entre les acteurs de l’écosystème de paiement depuis 2022, en interaction avec Bank Al-Maghrib », confie notre source.

« Elles ont permis d’étudier le plafond optimal, d’une part, sur la base des benchmarks et, d’autre part, sur la base des niveaux de rentabilité associés à l’activité de l’interchange pour les banques émettrices de cartes de paiement ».

Pourquoi les autres frais n’ont pas été touchés

L’intervention de la Banque centrale a concerné les seuls tarifs des frais d’interchange, alors qu’un paiement électronique engage d’autres frais.

La Banque centrale explique cela par le fait que « les frais d’interchange constituent la part prépondérante de la commission sur carte et, par conséquent, c’est elle qui impacte l’adhésion des commerçants à ce mode de paiement ».

« À l’échelle internationale, la majorité des réglementations encadrent cette catégorie spécifique de frais. Pour leur part, les frais de fonctionnement se limitent à 0,02 % pour le Switch National et à 0,07% au titre de la rémunération des infrastructures de traitement des paiements (Scheme) », poursuit notre source autorisée.

« Quant au reste de la commission, il correspond aux frais perçus par les établissements de paiement qui offrent le service d’acceptation des cartes aux commerçants en leur fournissant l’infrastructure technologique nécessaire (notamment le Terminal de paiement électronique). Bank Al-Maghrib n’a pas souhaité plafonner les frais perçus par les établissements de paiement acquéreurs à l’effet de promouvoir une croissance rentable et viable de ce segment de marché encore insuffisamment développé », explique la Banque centrale.

Par ailleurs, la commission qui se chargera ultérieurement de fixer la nouvelle structure de la table des frais d’interchange n’est pas encore mise en place. Sa composition et ses modalités de fonctionnement « sont en cours de détermination par Bank Al-Maghrib en concertation avec les acteurs de l’écosystème ».

Le plafonnement et la régulation de ces frais, comme nous l’explique Bank Al-Maghrib, ne peuvent qu’avoir des effets positifs sur le marché.

De l’avis de la Banque centrale, les effets positifs attendus seront positifs :

Le cash en circulation a progressé de 12,8 MMDH en juin 2024

La circulation fiduciaire progresse nettement en juin 2024. C’est ce que montrent les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, avec un encours total de 420,3 MMDH en circulation, en hausse de près de 12,8 MMDH d’un mois sur l’autre. Sur une année glissante, le cash en circulation a progressé de 32,5 MMDH.

Hausse des dépôts bancaires en juin

En juin 2024, les dépôts bancaires à caractère monétaire ont augmenté de 1,9%. Ils s’élèvent à 1.194,6 MMDH. Sur une année, les dépôts ont progressé de 62,8 MMDH.

Dans le détail, les dépôts à vue auprès des banques ont augmenté de 3% par rapport au mois précédent à 839 MMDH. Sur 12 mois glissants, ils progressent de 7,5% soit 58,2 MMDH en valeur.

Les dépôts à terme ont légèrement baissé d’un mois sur l’autre, atteignant 115,2 MMDH. Sur 12 mois glissants, ils ont baissé de 4,6% ou 5,5 MMDH en valeur.

En mai, le cash en circulation s’alourdit de 4,2 MMDH d’un mois sur l’autre

La circulation fiduciaire progresse nettement en mai 2024. C’est ce que montrent les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, avec un encours total de 407,5 MMDH en circulation, en hausse de 4,2 MMDH d’un mois sur l’autre. Sur une année glissante, le cash en circulation a progressé de 37,9 MMDH.

Hausse des dépôts bancaires en mai

En mai 2024, les dépôts bancaires à caractère monétaire ont progressé de 0,3%. Ils s’élèvent à 1.172,7 MMDH. Sur une année, les dépôts ont progressé de 54,5 MMDH.

Dans le détail, les dépôts à vue auprès des banques ont légèrement baissé de 0,1% par rapport au mois précédent à 814,6 MMDH. Sur 12 mois glissants, ils progressent de 7,9%, soit 52,6 MMDH en valeur.

Les dépôts à terme ont légèrement progressé d’un mois sur l’autre, atteignant 115,8 MMDH. Sur 12 mois glissants, ils ont baissé de 4,5% ou 5,4 MMDH en valeur.

CashPlus ambitionne de doubler ses revenus et son réseau d’agences d’ici 2027

CashPlus a fêté ses vingt ans. Durant cette période, le groupe a connu de nombreuses mutations dans son activité. Opérant auparavant sur le transfert d’argent seulement, le groupe a développé au fur et à mesure des années un arsenal de produits et services financiers.

Désormais, il est doté d’un plan stratégique à l’horizon 2027 appelé « LifePlus » avec des objectifs ambitieux. Pour ce faire, le groupe avait ouvert son capital en novembre dernier en levant un total de 600 MDH auprès de Mediterrania Capital, de la SFI et d’un fonds néerlandais. Cette somme servira à financer les ambitions du groupe.

Lors d’une conférence de presse le 7 mars, le groupe a présenté quelques chiffres clés le concernant et a livré ses principales ambitions d’ici quatre ans.

1,2 MMDH de revenus en 2023

Le groupe est devenu en vingt ans l’un des acteurs les plus dynamiques de la Fintech au Maroc. Durant la conférence, Nabil Ammar, président du conseil d’administration du groupe, a dévoilé quelques chiffres concernant les performances du groupe à fin 2023.

En termes de revenus, le groupe a dépassé la barre symbolique du milliard de dirhams pour atteindre 1,2 MMDH en fin d’année dernière. En une année, le groupe a traité pour 100 MMDH de flux, tous produits confondus.

Au-delà du transfert d’argent, Cash Plus a diversifié ses services et permet notamment de payer ses factures, ses impôts, ses billets de train et autres grâce à ses interfaces avec ses partenaires. Le groupe a également développé son application mobile rassemblant tous les services disponibles dans ses agences avec plus de 140 services différents. Cette application rassemble 500.000 utilisateurs mensuels.

Le groupe entend désormais fortement améliorer ses indicateurs dans le cadre de son plan stratégique.

Un revenu doublé d’ici 2027 et un réseau multiplié par 2,5

Le groupe dispose de piliers de développement pour poursuivre sa forte croissance. Cela passera notamment par la démultiplication de son nombre d’agences pour couvrir un maillage territorial plus vaste et plus rural.

« Notre croissance implique que notre réseau continuera à grandir. Nous avons identifié encore énormément de potentiel et d’endroits qui ne sont pas encore servis. Nous souhaitons aller chercher plus d’utilisateurs et plus d’utilisations », explique Hazim Sebbata, CEO de CashPlus. Le groupe a l’ambition de passer de 8.000 agences à 20.000 d’ici 2027 pour continuer de servir le maximum de personne, notamment dans le Maroc rural.

Cette acquisition client passera également par le biais du numérique. « Nous assumons notre ‘schizophrénie’. Nous faisons du cash, et nous faisons également du cashless. Nous souhaitons nous développer sur les deux volets, pour laisser le choix au client », explique le DG. Pour le numérique, le groupe a l’ambition de se rapprocher des Marocains où qu’ils soient, c’est-à-dire au Maroc et également en Europe. L’objectif étant d’utiliser la notoriété, l’image et les multiples partenariats du groupe pour capter les transferts de MRE à leur famille dans le Royaume.

D’ailleurs, sur la partie mobile, le groupe ambitionne d’ici la fin de son plan stratégique de passer de 500.000 utilisateurs à 4 millions. « Notre objectif est d’aller chercher les Marocains là où ils se trouvent et de continuer à rechercher de la proximité pour devenir le compagnon au quotidien de nos utilisateurs », poursuit le CEO du groupe.

Un portail centralisé de service financiers et du quotidien d’ici 2027

L’autre pilier majeur du groupe est la SuperApp. Malgré ses 140 services déjà disponibles sur son application, le groupe entend enrichir ses services. Il souhaite devenir un One-Stop-Shop des services financiers. « C’est un axe stratégique pour nous dans les prochaines années. Il y a des applications bancaires qui font très bien le travail de transferts ou de paiement, d’autres applications qui existent pour les services du quotidien. Mais une seule plateforme pour les services financiers et ceux du quotidien, il n’y en a pas. Nous souhaitons poursuivre les efforts dans les transferts d’argent et digitaliser le cash en le ramenant sur les comptes wallet », explique Nabil Ammar.

Concernant les paiements, le groupe souhaite suivre la tendance mondiale de la dématérialisation et développer des cartes numériques sur mobile. Mais le président du conseil d’administration annonce vouloir aller plus loin dans les limites du produit et faire de CashPlus le portail clé pour les services financiers. « Nous ne sommes pas une banque, mais il y a beaucoup de choses à faire. Simuler un crédit, se renseigner sur les taux en vigueur, déposer un dossier de crédit auprès d’une institution, sont possibles avec une application mobile. Pourquoi ne pas le faire ? »

Pour ce faire, le groupe compte également miser sur la cybersécurité pour garantir la sécurité de ses services à ses clients. « Nous sommes tous confrontés à des menaces. Notre objectif est de faire un partenariat avec la DGSSI pour avoir toute la conformité en termes de sécurité, être conformes en matière de sécurité et assurer la sécurité de nos clients et de nos transactions », conclut-il.

En construisant cette equity story avec des institutionnels solides au tour de table, le groupe devient un prétendant sérieux à une IPO. Si le groupe ne s’épanche pas trop sur les détails, il ne réfute pas non plus cet objectif à terme. D’ailleurs, en novembre dernier, le DG du groupe nous expliquait concernant l’IPO : « C’est l’une des options. Il en existe d’autres sur la table, mais il est encore trop tôt pour s’orienter vers une option en particulier. »

(Début de présentation à 23 minutes et 42 secondes)

Aides financières directes : un impact haussier attendu sur le cash en circulation

Fin décembre 2023, les premières aides sociales directes ont été versées aux ménages les plus vulnérables. La cible de cette initiative concerne 60% des familles qui ne sont actuellement pas couvertes par des régimes de couvertures sociales. Il s’agit d’une initiative utile et nécessaire pour aider les populations les plus vulnérables du pays, particulièrement dans des temps de crise et après deux années marquées par une forte inflation.

D’après les présentations du chef du gouvernement, un total de 25 MMDH sera versé cette année, pour ensuite atteindre 29 MMDH par an à partir de 2026. Pour rappel, le gouvernement et la Banque centrale ont exigé que ces aides soient acheminées exclusivement via des comptes de paiement ou des comptes bancaires, et non par cash.

Une précision qui a son importance lorsque l’on sait l’impact, sur le cash en circulation, des aides directes versées aux ménages en 2020 durant le Covid. Alors que d’année en année, le cash en circulation progressait de 6% à 8%, il avait connu une envolée de près de 19% à 301 MMDH. D’autres facteurs ont participé à cette forte hausse, notamment la peur et l’incertitude induites par la crise sanitaire.

 

Un cash out total sur les aides versées depuis fin décembre

Mais malgré le changement de modus operandi concernant la délivrance de ces aides sociales directes par rapport à celles de la crise Covid, un impact sur le cash en circulation pourrait bien être enregistré.

Ces aides sociales, rappelons-le, sont versées sur des comptes et non remises en cash directement aux populations cibles. Cependant, elles pourraient avoir une incidence sur le cash en circulation dans le pays. Malgré le fait que cet argent quitte les caisses de l’État pour atterrir sur un compte, l’impact sur la monnaie fiduciaire est là.

Comme nous l’explique Hazim Sebbata, président de l’Association Professionnelle des Etablissements de Paiement (APEP), il y a fondamentalement peu ou pas de différence avec les aides attribuées durant la période Covid. « Elles étaient distribuées en cash directement. Aujourd’hui, elles passent via des virements, qui sont cependant immédiatement retirés sous forme de cash. On en revient donc exactement à la même chose, dans le sens où c’est comme s’il s’agissait d’une mise à disposition, mais cela transite par un compte », explique-t-il.

Depuis le début de l’opération de versement des aides, fin décembre 2023, Hazim Sebbata nous explique que la notion même de détention de compte ne semble pas pleinement appréhendée par les bénéficiaires. « Les gens qui se présentent, souvent, ne savent pas qu’ils détiennent un compte. Ils viennent dans un établissement pour y retirer l’aide sociale directe, et non pour effectuer un retrait depuis leur compte. Ils ne connaissent pas la notion de solde restant sur le compte. La personne arrive avec sa CIN et son téléphone. Elle ne présente pas un numéro de compte ou un RIB pour retirer un montant spécifique. Elle vient clairement pour retirer son argent d’aide directe et de fait, le solde retombe à zéro immédiatement« , poursuit-il.

La troisième distribution d’aides interviendra à la fin de cette semaine. « L’opération a commencé fin décembre. On parlait alors d’un million de personnes venues chercher leurs aides. Il y en avait le double fin janvier, et là on table sur 3 millions de personnes globalement dans les jours à venir. Je suppose qu’il va y avoir exactement le même comportement de retrait immédiat », explique le DG.

Cet argent est donc massivement retiré sous forme de cash va aggraver l’indicateur de la circulation fiduciaire pour être ensuite injecté dans l’économie réelle. Quels impacts potentiels cela pourrait-il avoir ?

Un premier pas timide vers la bancarisation mais une hausse des coûts de traitement

Ces aides versées aux populations ciblées vont aller principalement, si ce n’est exclusivement, à la consommation. Elles seront donc surtout injectées chez les petits commerçants.

Contacté par Médias24, Adil Douiri, banquier et économiste, nous explique : « Cet argent-là sera dépensé chez l’épicier, le pharmacien, le médecin… Il sera dépensé dans tous les cas. Le fait qu’il soit dépensé en cash plutôt qu’en virement électronique permet au commerçant qui le reçoit de ne pas payer la TVA par exemple, sachant que la TVA ne s’applique qu’aux commerces qui enregistrent plus de 2 MDH de chiffre d’affaires. Le tout petit épicier est donc hors champs de TVA ; il n’y a de ce fait aucun impact ».

Cependant, des structures de tailles légèrement intermédiaires pourraient être susceptibles de ne pas déclarer cet argent du fait de son encaissement en cash. In fine, « cela pourrait avoir un impact, à la marge, sur les recettes fiscales de la catégorie de petits commerçants. Là où les gens dépensent en somme », poursuit-il.

La hausse de la circulation fiduciaire que ces aides pourrait entraîner impactera également les coûts de traitement du cash de Bank Al-Maghrib, ainsi qu’un potentiel léger manque à gagner pour l’administration fiscale.

Mais pour Adil Douiri, ce premier pas dans une démarche d’inclusion financière est un bon signal. « La hausse du cash en circulation a une répercussion sur le coût du traitement du cash pour la Banque centrale et une conséquence probable pour les impôts. Plus il y a de cash en circulation, moins il y a de gens qui paient leurs impôts. Après, le fait d’avoir permis d’ouvrir des comptes à ces personnes est déjà un premier pas.

Elles ont un compte bancaire ou un compte de paiement. Espérons qu’elles utilisent progressivement ces dispositifs. Pour le moment, ça n’a pas l’air d’être le cas, mais il faut patienter, les aides sociales ne sont versées que depuis deux mois », conclut notre interlocuteur.

https://medias24.com/2024/02/20/aides-sociales-directes-les-premiers-retours-dexperience-du-secteur-des-etablissements-de-paiement/

https://medias24.com/2023/05/15/datastory-letrange-explosion-du-cash-en-circulation-depuis-2020/