Top départ pour la 13ᵉ édition du Festival international du film de Dakhla

Organisé du 14 au 20 juin par l’Association pour l’animation culturelle et artistique des provinces du Sud, ce rendez-vous cinématographique s’est affirmé, au fil des années, comme un carrefour culturel continental, ouvert à une nouvelle génération de cinéastes, africains en particulier, et internationaux.

S’exprimant à cette occasion, le président du festival, Charaf Eddine Zine El Abidine, a affirmé que Dakhla consolide, à travers ce festival, sa place sur l’échiquier du cinéma international, en mettant particulièrement en avant la création africaine émergente, tout en offrant un espace d’échange ouvert aux talents nationaux, du continent et d’ailleurs.

Il a souligné que Dakhla se transforme, à travers ce festival, en une véritable plateforme d’échange entre cinéastes venus des quatre coins du monde, qu’ils soient réalisateurs, producteurs ou comédiens, pour partager leurs expériences et découvrir une programmation variée, alliant courts et longs métrages, en plus de rencontres professionnelles et d’ateliers spécialisés.

Cette édition, a-t-il poursuivi, se distingue par une présence marquée du cinéma africain, à travers l’accueil de plusieurs projets cinématographiques émergents.

Cette dynamique constitue, selon lui, une occasion pour accompagner les jeunes talents d’Afrique et du Moyen-Orient dans leurs premières œuvres, renforçant ainsi le positionnement de Dakhla en tant que plateforme de la coopération cinématographique Sud-Sud.

Pour sa part, le directeur par intérim du Centre cinématographique marocain (CCM), Abdelaziz El Bouzdaini, a souligné que le Festival international du film de Dakhla s’impose, au fil des éditions, comme un rendez-vous cinématographique structurant au niveau national, alliant exigence artistique et ouverture sur les talents émergents.

Il a, par ailleurs, mis en avant l’inauguration, en février 2025, de l’antenne de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC) à Dakhla, estimant qu’il s’agit d’un tournant majeur dans la dynamique de formation professionnelle au sein des provinces du Sud du Royaume.

Cette initiative, a-t-il précisé, s’inscrit dans une vision de développement intégrée, visant à faire de Dakhla un centre de rayonnement cinématographique en Afrique, à travers la formation, la production et la projection des œuvres.

L’ouverture de cette édition a été marquée par la présentation des jurys officiels pour les compétitions des courts et des longs-métrages, un hommage rendu à trois figures du 7 art, à savoir le réalisateur français Ladj Ly, la réalisatrice marocaine Maryam Touzani et l’artiste et metteur en scène marocaine Latifa Ahrrare, ainsi que par la projection du film Zazouj de la réalisatrice marocaine Rabia Chajid, dans le cadre de la section Panorama.

(Avec MAP)

Cannes : le pavillon marocain met en lumière de jeunes talents, sous le regard de Rachida Dati

Le pavillon marocain a accueilli, le 18 mai, la ministre française de la Culture, Rachida Dati, venue à la rencontre de jeunes cinéastes marocains participant à l’atelier de coproduction Maroc-France. Cette initiative, née de l’accord de coproduction signé à Cannes le 18 mai 2024 entre le Maroc et la France, est portée par le Centre cinématographique marocain (CCM) et le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

L’atelier vise à accompagner une nouvelle génération de réalisateurs marocains dans le développement de longs métrages de fiction et d’animation, en leur offrant l’opportunité d’échanger avec des producteurs français accrédités au festival et au Marché du film.

La visite de Mme Dati s’est déroulée en présence d’Abdelaziz El Bouzdaini, secrétaire général du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication et directeur par intérim du CCM, ainsi que du président du CNC, Gaëtan Bruel. Deux projets lui ont été présentés : un long métrage d’animation en 3D et un autre film mêlant narration classique, intelligence artificielle et animation.

« C’est un plaisir de visiter le pavillon marocain, toujours très fréquenté et ouvert », a déclaré Rachida Dati à la MAP, saluant la mise en œuvre concrète de l’accord bilatéral signé un an plus tôt avec son homologue marocain, Mohamed Mehdi Bensaid.

Elle a souligné le professionnalisme des jeunes porteurs de projets marocains et mis en avant l’expertise croissante du Royaume dans des domaines en plein essor comme le film d’animation, la vidéo ou encore le gaming. « C’est une coopération d’égal à égal dont nous avons beaucoup à gagner », a-t-elle estimé, appelant à envisager la prochaine étape de ce partenariat renforcé.

Pour sa part, Abdelaziz El Bouzdaini a indiqué que cinq projets marocains ont été sélectionnés dans le cadre d’un appel à candidatures lancé avec la partie française. « Des rencontres B2B ont été organisées aujourd’hui en marge du Festival », a-t-il précisé, soulignant que la plupart des projets retenus sont portés par de jeunes réalisateurs à l’aube de leur carrière.

(Avec MAP)

Le « Ciné Boutique » de Cinerji à Bouskoura reçoit une aide de 4,5 MDH du CCM

La commission d’aide à la numérisation, à la modernisation et à la création des salles de cinéma a tenu, le mardi 29 avril au siège du Centre cinématographique marocain (CCM) à Rabat, sa première session au titre de l’année 2025. Elle a ainsi statué sur les dossiers éligibles reçus par le secrétariat de la commission.

À l’issue des délibérations, la commission a décidé d’octroyer une aide à la numérisation, d’un montant de 2,5 MDH, au complexe Cinerji Ville verte à Bouskoura « Ciné Boutique », ainsi que la deuxième tranche du soutien de l’année 2023 pour la création du complexe Cinerji Ville verte à Bouskoura, d’un montant de 2 MDH, indique un communiqué du CCM.

La commission d’aide à la numérisation, à la modernisation et à la création des salles de cinéma, présidée par Mohamed Khouna, comprend Samira Himeur, Hanane Tiattabin, Mariam Lee Abounouom, Ahmed Larhman, Abdillah Zirat et Jaouad Babili.

Mehdi Bensaid installe les membres de la Commission du fonds d’aide à la production cinématographique

Présidée par Amine Nassour, la Commission compte parmi ses membres Bissane Khairat, Karim Douichi, Bouchra Mazih, Mohamed Essaoudi, Fouad Challa, Wijdane Khalid, Sidi Mohamed El Idrissi ainsi que Chanaz El Akrichi, représentante du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication – département de la Communication –, Abdellah Sadik, représentant du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication – département de la Culture – et Khadija Feddi, représentante du CCM, indique un communiqué du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication.

Selon la même source, cette rencontre a été l’occasion pour M. Bensaid de passer en revue les efforts déployés par son département, en collaboration avec le CCM, afin de promouvoir et de développer l’industrie cinématographique nationale pour qu’elle soit au diapason des aspirations.

Et de poursuivre que ces efforts consistent à œuvrer, selon une approche participative associant les organisations professionnelles de l’industrie cinématographique et les différentes parties prenantes du secteur, à la mise en œuvre des dispositions de la loi n°18.23 relative à l’industrie cinématographique et portant réorganisation du CCM, qui entrera en vigueur le 1ᵉʳ octobre prochain, ainsi qu’au renforcement de la présence du cinéma marocain à l’étranger, dans le but d’explorer de nouvelles opportunités de financement et de promotion du film marocain à l’échelle internationale.

Instaurer un modèle économique autonome

L’enjeu est de donner corps à une nouvelle vision basée sur l’encouragement de l’investissement national et sur l’ouverture à l’expertise étrangère en la matière, tant en termes de pratique professionnelle que de soutien à la coproduction, nationale ou internationale, tout en veillant à garantir un climat de travail favorable aux techniciens marocains et étrangers, a relevé le ministre.

L’objectif, a enchaîné M. Bensaid, est d’instaurer un modèle économique autonome à même de générer des opportunités d’emploi et de contribuer au développement socioéconomique du Royaume.

Par ailleurs, le ministre a souligné que la finalité de la mise en place du dispositif de soutien public est d’améliorer la qualité de la production nationale et des mécanismes de rayonnement international du cinéma marocain, dans le cadre de la valorisation de la culture, de la civilisation et de l’identité marocaine, riche de ses multiples affluents, en plus de s’ouvrir à de nouveaux marchés pour la distribution du film marocain, notamment en Asie et dans les pays où est établie la diaspora marocaine.

Il a, à cet égard, tenu à remercier le président et les membres de la Commission pour avoir accepté d’assumer cette responsabilité et de s’engager dans le chantier de la promotion du cinéma marocain.

Prochaine classification de films interdits aux -18 ans : vers la fin de la censure du CCM ?

« Une des nouvelles mesures de la réforme cinématographique qui aboutira en avril prochain permettra de diffuser des films comportant des scènes très violentes ou portant sur des thématiques adultes qui seront par conséquent désormais réservés à des spectateurs matures de plus de 18 ans », nous révèle le ministre, pour qui cette disposition a un double objectif, à savoir d’être plus ouvert en termes de création artistique tout en avertissant le public concerné des risques éventuels de leur contenu.

 « Une 3ᵉ classification pour avertir le public sur les œuvres violentes ou heurtant sa sensibilité morale »

Cette interdiction aux spectateurs de moins de 18 ans s’ajoutera à celles qui obligent déjà les exploitants à restreindre la diffusion des films comportant des éléments potentiellement perturbants ou trop complexes pour les enfants âgés de moins de 12 ans ou alors avec des contenus explicites en termes de violence ou de sexualité pour les moins de 16 ans.

Sur la nature des films qui seront concernés par cette nouveauté, Mehdi Bensaid estime dans un premier temps que la disposition en question ciblera surtout les thématiques de guerre ou d’horreur où l’ultra-violence prévaut avant de convenir que cette classification concernera également celles comportant des scènes de nudité ou de sexe.

À la question de savoir si le thriller érotique « Babygirl », mettant en scène Nicole Kidman, récemment programmé par tous les exploitants marocains de salles avant de se voir refuser son visa d’exploitation, pourrait à l’avenir être projeté avec cette classification, le ministre a affirmé que ce n’était pas son rôle de se prononcer, mais à l’organisme en charge de trancher .

En d’autres termes, le centre cinématographique reste la seule autorité à statuer sur la légalité de la diffusion d’un film après son visionnage par une commission d’experts qui peut décider de couper certaines scènes, voire de refuser de lui octroyer un visa d’exploitation, préalable nécessaire à sa diffusion dans les salles du Maroc.

« Une disposition qui évitera de couper certaines scènes. »

Visiblement satisfaites de ce décret qui manquait à l’arsenal juridique encadrant la diffusion de certaines œuvres cinématographiques, deux sources internes du CCM, requérant l’anonymat, nous ont déclaré qu’il permettra en théorie de lutter contre la censure habituelle de certaines scènes comme de simples baisers.

Et d’ajouter qu’en dehors des valeurs fondamentales communément admises (monarchie, religion, intégrité territoriale) par tous les Marocains qui ne peuvent être remises en cause dans un film, la nouvelle disposition devrait « logiquement » permettre d’éviter de couper à tort et à travers un film à la thématique polémique.

La fin des interdictions : oui mais…

A la question de savoir si elle mettra fin à des interdictions comme celle du film Zin Li Fik, réalisé par Nabil Ayouch, qui avait opposé les partisans de la liberté et ceux qui l’avaient jugé attentatoire aux valeurs marocaines, nos interlocuteurs attendent de voir venir en précisant que « la commission de visionnage du CCM a toujours eu jusqu’ici des réflexes bien ancrés  en termes de coupes ».

Se voulant prudentes voire dubitatives, nos sources attendent son entrée en vigueur avant d’être fixées sur la nature de son application et surtout son degré d’ouverture dans un monde où la démocratisation d’Internet permet de voir des contenus choquants pour un public non averti.

« Sachant que l’intention louable est de mettre en garde les spectateurs intéressés par un contenu potentiellement choquant pour ne pas avoir à censurer ou refuser l’octroi d’un visa d’exploitation, nous devrions être fixés dès qu’un autre film comme Babygirl sera programmé », prévoient nos interlocuteurs pour qui cela se fera progressivement.

Optimistes mais réalistes face à un conservatisme bien ancré, ils espèrent que des instructions explicites d’ouverture seront données par le ministre de tutelle pour mettre fin à la bien-pensance persistante de la commission de visionnage.

Une excellente nouvelle pour les exploitants de salles

Sollicités dans le même temps, plusieurs exploitants de salles de cinéma ont exprimé leur grande satisfaction face à l’instauration de cette mesure attendue depuis des années par la profession pour élargir leur public, mais aussi pour équilibrer la liberté d’expression artistique et la protection du public.

Si l’un de nos interlocuteurs n’a pas hésité à la qualifier de « véritable révolution qui mettra fin à des décennies de contrôle pesant et de censure parfois injustifiée », Jamal Mahyaoui, en charge de la communication du groupe Mégarama, s’est également réjoui de « cette excellente nouvelle » pour l’ensemble de la profession.

« Tout en protégeant les mineurs d’une exposition prématurée à des contenus inappropriés pour leur âge, cette mesure permettra de diversifier notre programmation et donc notre offre de films », avance le directeur de la communication du plus grand exploitant de salles au Maroc, en ajoutant que cette protection devrait renforcer la liberté de choix culturel et in fine élargir le volume des spectateurs avertis.

S’il ne nous appartient pas de juger de sa pertinence, tous nos interlocuteurs s’accordent à dire qu’elle aura au moins le mérite d’ouvrir le débat sur la liberté d’expression cinématographique dans une actualité où s’entrechoquent de nombreuses discussions liées à la réforme de la Moudawana ainsi qu’à celle portée par le ministère de la Justice sur les libertés individuelles et collectives…

Cinémathèque du Maroc. Missions, fonctionnement, projets, défis…, le point avec Narjiss Nejjar

Réalisatrice reconnue au Maroc et à l’étranger, la première directrice de la cinémathèque du Maroc veut impulser une dynamique et un engouement populaire pour le cinéma marocain en le rendant accessible à un public plus large et diversifié. Engagée en faveur de la culture, de la préservation du patrimoine audiovisuel et de la liberté de création, Narjiss Nejjar espère positionner cet organisme comme un centre de réflexion et de promotion culturelle aussi bien au Maroc qu’à l’international.

Medias24 : Vous venez d’inaugurer la cinémathèque du Maroc, la première depuis l’Indépendance. Comment expliquer ce retard alors que le projet date d’au-moins 1995 ?

Narjiss Nejjar : N’étant pas responsable des manquements qu’il a pu y avoir jusqu’à présent ou des personnalités qui n’étaient pas suffisamment impliquées pour considérer que l’aboutissement de ce projet était prioritaire et essentiel, je suis en peine de vous répondre.

Je tiens cependant à rappeller que Souheil Benbarka, un homme particulièrement avisé, a tenté d’instituer une cinémathèque il y a 30 ans, en construisant le bâtiment qui abrite aujourd’hui la salle de cinéma.

Malheureusement, sans budget, cette initiative est restée lettre morte.

– Quelles sont alors ses missions ?

Pour l’essentiel, une cinémathèque a pour rôle de conserver des œuvres, de restaurer le cas échéant celles qui sont dans un état de déliquescence avancée et enfin de diffuser tout ce qui relève de la culture cinématographique.

Cela-dit, sa vocation n’est pas juste de diffuser des œuvres anciennes, mais aussi de mettre en résonance celles qui sont contemporaines voire avant-gardistes dans le cadre de cycles thématiques.

Une cinémathèque a pour rôle de conserver des œuvres, de restaurer le cas échéant celles qui sont dans un état de déliquescence avancée.

Pour résumer, la préservation et la conservation constituent le B.A.-BA d’une cinémathèque mais il y a aussi un volet « culture cinéma » tout aussi essentiel.

– La cinémathèque comporte un laboratoire de restauration ?

Absolument. Sachant que ce laboratoire dépendait au départ du Centre cinématographique marocain, il est toujours dans ses locaux, mais, suite à une convention tripartite que nous avons signée l’année précédente avec le ministère de la Jeunesse, de Culture et de la Communication, la cinémathèque dispose aujourd’hui de sa pleine gestion.

C’est cohérent puisque toutes les archives filmées y sont et que les prestations de post-production qu’offrait auparavant le CCM représentent désormais un pourcentage ridicule pour mobiliser toute une chaîne et un personnel, alors que la seule trace de notre mémoire est en train de disparaitre.

Nous avons donc réaménagé ce centre de conservation à savoir un important espace en rez-de-chaussée et en sous-sol, dans lequel sont stockées 20.000 bobines (négatifs) et 30 000 bobines (positifs), disposant d’une centrale de traitement d’air, avec une température et des normes hygrométriques adaptées à leur conservation.

Évaluées sanitairement et physiquement, elles ont d’ailleurs dû être séparées parce que certaines bobines étaient contaminées par le syndrome du vinaigre, dont la vitesse de propagation est rapide.

Partant de ce constat, il a fallu créer des zones de quarantaine pour les entreposer dans le cadre d’une chaîne de stockage qui a été assez complexe à mettre en place, car nous manquons cruellement d’espace.

  – Disposez-vous d’un personnel formé ?

Évidemment. Le personnel du laboratoire a été mis à la disposition de la Cinémathèque.

De plus, nous avons établi un partenariat avec un certain nombre d’institutions archivistiques pour des missions d’expertise et pour instituer des cycles de formation afin de renforcer leurs compétences.

Pourquoi a-t-il fallu créer une fondation pour la rendre opérationnelle ?

Parce que si l’idée de départ était de créer un établissement public, nous nous sommes rendus compte que le cadre juridique d’une cinémathèque nécessitait davantage de souplesse.

Une fondation constitue la meilleure forme juridique et la plus simple pour commencer à travailler rapidement et dans les meilleures conditions.

Sachant que toutes les cinémathèques du monde relèvent de fondations sous tutelle de l’État, une fondation constitue la meilleure forme juridique et la plus simple pour commencer à travailler rapidement et dans les meilleures conditions, mais il nous faudrait désormais qu’elle soit instituée par une loi afin de la consolider.

A l’image de la Fondation nationale des musées dirigée par Mehdi Qotbi ?

-Cette fondation fait en effet un travail formidable et à terme, j’aimerais qu’on puisse arriver à la même configuration parce que le Maroc qui est un grand pays en termes de rayonnement culturel se doit d’être doté d’une cinémathèque nationale qui puisse le représenter dignement.

Est-ce que ce n’est pas un moyen de couper le cordon ombilical avec le CCM ?

Il est essentiel de le couper, mais nous resterons partenaires avec cette institution mère du cinéma.

En d’autres termes, la cinémathèque ne sera plus une filiale du CCM ?

Elle l’est dans la mesure où les bâtiments appartiennent au CCM qui met aussi, pour l’instant, à la disposition de la cinémathèque une partie de son personnel.

Mais la convention que nous avons signée avec le CCM est faite pour que nous puissions travailler de manière autonome bien que cela reste contraignant par certains aspects au quotidien.

– Après ce statut provisoire, vous serez complètement autonomes ?

L’objectif est en effet d’avoir un meilleur statut à l’avenir, mais nous serons toujours partenaires.

Nous avons signé, grâce à notre ministère de tutelle, une convention avec le centre cinématographique marocain qui implique la mise à disposition de certains espaces de travail et la prise en charge d’une partie de notre personnel, mais pour d’autres évènements comme le marathon des 100 jours, nous avons reçu une subvention octroyée directement par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.

Et bien heureusement, car pour l’heure, le ministère des Finances qui nous soutient également, nous a accordé un budget de remise à niveau, réparti entre investissement et fonctionnement.

La première tranche qui a transité par le CCM peine à être intégralement dépensée (pour des raisons discutables), afin que nous puissions bénéficier directement de la seconde, censée couvrir nos dépenses de fonctionnement.

C’est la limite de l’exercice qui prouve qu’il nous faut impérativement une indépendance totale.

Sachant qu’on ne peut pas fonctionner de manière cohérente uniquement avec des subventions et que nous avons absolument besoin d’un budget dédié, notre ministre de tutelle y travaille activement.

— Ce financement qui vous permettra d’être indépendant sera une première ?

Oui, avec un budget conséquent annuel voté par la loi de finances pour pouvoir fonctionner indépendamment, investir dans les équipements nécessaires, envisager un plan de recrutement parmi les jeunes désireux d’apprendre d’autres métiers en lien avec la conservation, et pour que l’on puisse se déployer à l’échelle nationale et internationale.

– Combien d’employés comptez-vous aujourd’hui ?

Près d’une quinzaine.

— Vous avez l’air de dire que ce n’est pas suffisant ?

Absolument, et je vais vous donner un exemple pour illustrer notre manque criant de personnel.

Pour restaurer un seul film, deux personnes vont d’abord le numériser avant que deux autres s’attèlent à sa restauration numérique image par image, et quand vous savez qu’il y a 24 images par seconde, imaginez le travail d’orfèvre que cela nécessite : 3 à 4 mois d’efforts, voire même 5 si le film est très abîmé.

Aujourd’hui, nous essayons en priorité de sauver ce qui est en train de disparaître, mais avec aussi peu de personnes dédiées, c’est presque mission impossible.

Il en faut le double, voire le triple, pour pouvoir tenir une chaîne de restauration qui soit vraiment efficace.

En arrivant, j’ai trouvé un bon nombre de films dans un état catastrophique. Il nous arrive parfois d’être abattus, mais nous sommes tous des passionnés, et j’ai bon espoir d’être entendue, car il s’agit de la mémoire de tout un pays.

– Sur l’ensemble du stock d’archives, combien nécessite une restauration urgente ?

Facilement 70%. Cela nécessite beaucoup de temps, mais surtout d’argent, car il faut recruter des gens pour faire ce travail et financer les équipements nécessaires de pointe.

Nous avons lancé des marchés pour acquérir des scanners extrêmement coûteux pour être en mesure de numériser des pellicules très abîmées.

— En dehors des aides publiques, quelles sont vos autres sources de financement ?

Pour le moment, nous en sommes là, mais, au regard des partenariats stratégiques que j’essaie de mettre en place avec des institutions archivistiques internationales, il y a plusieurs projets possibles, mais il faudrait d’abord une légitimité nationale complète.

En effet, la majorité des cinémathèques dans le monde sont subventionnées par l’État parce que c’est une mission d’intérêt public.

— C’est un pavillon national ?

Complètement, et j’espère bien que ça le restera.

— Quid du mécénat ?

Nous y sommes bien évidemment ouverts, mais à l’heure où l’on se parle, il n’y a encore rien de concret, parce qu’historiquement, on n’existait quasiment pas et que nous n’étions pas vraiment visibles.

Cela fait des années qu’on travaille un petit peu comme des rats de laboratoire et ce n’est que maintenant que l’on se met en selle, puisque nous venons à peine d’ouvrir la cinémathèque au public. 

– L’Institut national de l’audiovisuel (lNA) en France facture certaines prestations, cela sera votre cas ?

Bien sûr, la cinémathèque va facturer quand il s’agira, par exemple, d’une exploitation commerciale d’images.

Pour le reste, nous apportons notre soutien aux chercheurs ou aux étudiants qui en ont besoin sans contrepartie.

– L’apport financier de l’État restera donc prépondérant ?  

C’est nécessaire parce que la culture a besoin d’être subventionnée, mais on aura d’autres sources de revenus comme les entrées des salles.

— C’est-à-dire ?

Nous avons une salle à la cinémathèque et une deuxième qui est le Septième Art de Rabat dont nous assurons la gestion et dont nous percevrons les recettes.

La majorité des cinémathèques dans le monde sont subventionnées par l’État parce que c’est une mission d’intérêt public

Ce ne sera pas une manne financière considérable, car les tarifs seront extrêmement bas, afin qu’ils restent accessibles à l’ensemble de notre jeunesse.

— Avec des tarifs préférentiels ?

Nous avons en effet signé une convention avec le ministère de la Culture sur le Pass jeunes qui permettra aux jeunes de moins de 30 ans de bénéficier d’une entrée dans nos salles à 10 dirhams.

– Quel est votre budget actuel et celui qui vous permettra d’être vraiment efficace ?

Comme nous démarrons, je ne peux pas répondre à votre première question, mais pour ce qui est du budget moyen de la cinémathèque, il faudrait une somme d’au moins 25 millions de dirhams par an.

Nous avons d’ores et déjà un programme d’emploi qui nous permettra de financer la masse salariale, les investissements et les achats de droits à venir, parce que les films se payent avec des droits de location importants qui coûtent entre 200 euros et 1.000 euros la séance.

Sans compter le travail que nous menons pour apporter de l’aide et l’expertise aux institutions africaines qui sont dépourvues de ressources humaines pour sauver leurs films.

C’est le prix à payer pour démocratiser la culture cinéma et arriver in fine à façonner des générations de cinéphiles ou de cinéastes qui auront « ingéré » suffisamment de cinéma pour faire de bons films, à l’instar de tous les grands de ce monde qui ont fait leurs classes dans les cinémathèques.

— En d’autres termes, aujourd’hui vous êtes loin de 25 millions de dirhams ?

C’est exact, mais je considère qu’à terme, c’est parfaitement possible, car il y a un vrai intérêt à doter notre cinémathèque de tout ce dont elle peut avoir besoin pour être une institution digne de ce nom.

— Vous devez convaincre le ministère des Finances ?

Le ministère des Finances est déjà convaincu de l’importance de notre mission, reste à trouver le cadre.

— Vous allez puiser vos archives et réserves au CCM ?

Nous avons en effet récupéré la gestion de ces fonds qui n’étaient pas correctement entreposés.

À mon arrivée, j’étais choqué et très en colère lorsque j’ai découvert une centaine de films noyés dans 1 mètre d’eau, après des inondations dues à des infiltrations d’eau non résorbées.

J’ai d’ailleurs filmé cet abject désintérêt pour notre patrimoine qui m’a valu des nuits blanches, tellement j’étais sidérée.

À mon arrivée, j’étais choqué et très en colère lorsque j’ai découvert une centaine de films noyés dans 1 mètre d’eau.

Je tiens d’ailleurs à rendre hommage à notre ministre qui a fait de son mieux pour nous soutenir en prenant à bras-le-corps cette affaire.

Son aide nous a permis, entre novembre 2021 et début 2023, c’est-à-dire en pratiquement un an et demi, de sauver pas moins de 15.000 bobines.

– Combien d’archives ont été numérisées ?

À l’époque où Sarim Fassi Fihri était à la tête du CCM, un partenariat avait été engagé avec une société privée italienne qui a envoyé quelqu’un insitu pour numériser à la chaîne, mais aujourd’hui, nous sommes obligés de renumériser une bonne partie de ce qui a été fait.

Après quoi, on s’est rendu compte que l’appareil utilisé était un prototype et pas un scanner neuf adapté au travail requis.

C’est pourquoi, nous entretenons depuis, des liens très étroits avec la Fédération internationale des archives du film (FIAF) dont nous sommes membres à part entière, et suivons scrupuleusement ses préconisations en matière de conservation et d’éthique.

– Quelle est la ventilation de vos archives entre films et activités royales ?

On doit être à pratiquement 50-50.

— Quelle est la production marocaine depuis les débuts du cinéma ?

En termes quantitatifs, nous sommes tenus d’un point de vue éthique de tout sauver, mais nous avons une ligne éditoriale qui privilégie la qualité dans nos cycles de projection.

Le premier film de fiction intégralement marocain date de 1958

Pour répondre à votre question, les longs-métrages, depuis le début, sont au nombre de 512, pour être précise.

— C’est très peu en près d’un siècle ?

Moins d’un siècle, parce que le premier film de fiction intégralement marocain date de 1958 et que les productions antérieures n’étaient pas considérées comme des films marocains, car produites par des compagnies françaises.

— Quelle place vont occuper les productions nationales à la cinémathèque ?

Une place privilégiée car nous aspirons à faire de la cinémathèque « la maison cinéma » en donnant une place prépondérante au cinéma Marocain, mais également au cinéma africain qui comporte des œuvres époustouflantes de modernité.

Bien évidemment, nous inviterons le reste du monde sur nos écrans et nous nous inviterons en retour sur les écrans du monde.

— La place d’une cinémathèque, c’est aussi d’être présente dans les évènements cinématographiques ?

Oui et à ce propos, l’année dernière, nous avons eu la chance d’être sélectionnés au Film Héritage à Berlin qui a retenu un film marocain Le Soleil de printemps, de 1969 dans sa sélection annuelle.

C’est un motif de fierté car c’est le premier film restauré entièrement sur le continent africain par une entité nationale sans expertise extérieure et qui plus est, a été très applaudi.

— Vous allez organiser des ateliers et des formations pour les jeunes?

Si montrer des films est déjà une forme de formation, des ateliers sont plus que nécessaires parce que l’éducation à l’image doit commencer chez les plus jeunes.

Etant assujettis à une réglementation qui est très claire, nous ne pourrons montrer que des films qui ont obtenu un visa d’exploitation dans les salles marocaines.

Nous allons donc faire de la médiation cinématographique auprès des petits, avec des ateliers de sensibilisation pour apprendre ce qu’est une pellicule en la manipulant et faisant des petits montages.

Au niveau des écoles, nous allons consacrer une programmation dédiée aux scolaires, de manière régulière, avec des débats autour des films.

— Sachant que l’une de vos missions est aussi de faire découvrir le cinéma étranger, pensez-vous que vous serez soumis à la censure au niveau de votre programmation ?

Quel type de censure ?

     -Est-ce que le film Zin Li Fik de Nabil Ayouch, par exemple, pourra être programmé à la cinémathèque ?

Etant assujettis à une réglementation qui est très claire, nous ne pourrons montrer que des films qui ont obtenu un visa d’exploitation dans les salles marocaines.

— N’aurait-il pas été plus simple de l’interdire au moins de 16 ans ?

C’est un des chantiers initiés par notre ministre dans le cadre de la nouvelle loi sur l’industrie du cinéma avec une interdiction aux moins de 16 ou 18 ans pour certains films.

— En tant que réalisatrice, vous n’êtes pas vraiment fan de censure ?

Je ne le suis assurément pas, mais je défends l’idée que l’on se doit de prévenir le public sur ce qu’il va voir afin qu’il puisse prendre ses responsabilités dans le cas où le film projeté contient des scènes violentes ou des scènes qui peuvent heurter sa sensibilité morale.

— Allez-vous donner davantage de visibilité à certaines communautés ou minorités ?

La fonction que j’occupe est antinomique avec le fait de défendre des positions personnelles, et je ne suis pas là non plus pour faire du militantisme pour une cause en particulier, mais ma responsabilité m’enjoint de promouvoir la culture cinéma dans ce qu’elle a de plus large.

Je voudrais un cinéma qui donne à réfléchir, à ressentir. Bousculer parfois oui, mais choquer non.

Certes, je suis une fervente humaniste et la liberté est une valeur cardinale, mais je n’ai absolument pas l’intention d’apporter un focus particulier sur une minorité en particulier. Car en définitive, tout un chacun de par son récit intime, est une minorité.

Il est, selon moi, totalement improductif de programmer un cycle de 15 films qui va provoquer un tollé dans notre public. C’est pourquoi je préfère mettre en avant un cinéma qui donne à réfléchir, à ressentir. Bousculer parfois oui, mais choquer non.

Je m’inscris dans un Maroc qui n’est en aucun cas dans le rejet de l’autre et je veux encourager notre jeunesse à s’ouvrir sur le monde sans provocation inutile sous couvert de liberté.

— Dernière question, vous allez arrêter complètement votre carrière de réalisatrice ?

C’est un sujet sur lequel je ne souhaite pas m’exprimer, mais je vous répondrai que pour l’instant, après le décès de mon fils il y a 3 ans, je ne suis plus en état de créer.

En revanche je crée autrement en offrant au public tout le cinéma du monde.

— En d’autres termes, votre nomination est ce qui pouvait vous arriver de mieux ?

-Absolument, car j’y mets tout ce qu’il me reste de courage, de passion, de foi et de joie aussi.

Ci-après, photos Medias24 de la cinémathèque du Maroc:

 

 

Cinéma. Le film « Babygirl » avec Nicole Kidman n’a pas obtenu de visa d’exploitation au Maroc

Interdit aux moins de 12 ans en Europe et aux États-Unis, Babygirl retrace l’histoire de Romy, interprétée par Nicole Kidman, PDG d’une grande entreprise qui a un mari aimant et deux filles épanouies. Mais le jour où elle rencontre un jeune stagiaire dans la société qu’elle dirige à New York, elle entame avec lui une liaison torride, quitte à tout risquer pour réaliser ses fantasmes les plus enfouis.

Sollicités par notre rédaction, les exploitants de salles de cinéma qui ont visionné cette « histoire d’adultère » estiment que le refus de visa s’explique par les scènes de sexe que contient le film.

Contacté pour en savoir davantage sur les raisons du refus de visa, le Centre cinématographique marocain (CCM) n’a pas répondu à nos sollicitations.

De leur côté, les exploitants de salles de cinéma pensent que certaines scènes de sexe auraient pu être supprimées et le film autorisé, ou que ce dernier soit simplement réservé à un public averti de plus de 16 ans.

 

Les chiffres clés du cinéma marocain en 2023

Voici 5 chiffres clés de ce bilan :

– Production de 34 longs métrages, un nombre jamais atteint dans toute l’histoire du cinéma marocain, selon le CCM.

– Octroi d’un montant de 28,5 millions de DH par le Fonds d’aide à la numérisation, la rénovation et la création des salles de cinéma. Il s’agit du plus grand montant octroyé depuis la mise en place de ce fonds en 2013, selon la même source.

– Le nombre d’écrans actifs est de 81, à savoir « le plus grand nombre atteint depuis 2009 ».

– Un montant de 1,14 milliard de DH a été investi par les productions étrangères pour leurs tournages au Maroc. Il s’agit du montant « le plus important réalisé depuis 2015 ».

– Le nombre de festivals à l’étranger où le film marocain était présent en compétition officielle est de 86, « le plus grand nombre atteint depuis 2017 ».

26 MDH en soutien aux festivals et manifestations cinématographiques

La commission, qui s’est réunie du 23 au 25 juillet à Rabat, a examiné 44 dossiers candidats au soutien, présentés par les organisateurs de festivals et de manifestations nationaux, indique un communiqué du Centre cinématographique marocain (CCM), ajoutant que la commission a décidé de soutenir 41 candidats.

Le Festival international du film de Marrakech arrive en tête des bénéficiaires avec 12 MDH, suivi du Festival national du film de Tanger (7,5 MDH), du Festival international du film de femmes de Salé (1 MDH), du Festival international du cinéma d’auteur de Rabat (800.000 DH) et du Festival international maghrébin de film d’Oujda (450.000 DH).

La session de la commission, présidée par Khadija Alami Laaroussi, s’est tenue en présence de Leila Triki, Chanaz El Akrichi, Fatima-Zahra Mouhim, Mourad Latifi, Driss El Kerri, Mohamed Fadel El Joumani et Hicham Ibrahimi, selon la même source.

(Avec MAP)

1,5 MMDH pour une nouvelle zone industrielle à Khouribga

Au cours de cette session présidée par Adil Barakat, président du Conseil de la région, en présence du Wali de la région Béni Mellal-Khénifra et du gouverneur de la province de Khouribga, les membres de cette instance élue ont approuvé un mémorandum d’entente visant la mise en place d’un parc industriel pour un montant de 1,5 milliard de DH qui devrait générer, à terme, quelque 20.000 emplois directs.

Faisant l’objet d’un mémorandum d’entente entre le Conseil de la région Béni Mellal-Khénifra, la société chinoise de la création et de la gestion de zones franches industrielles « Holley Global », le CRI, la Wilaya de la région et la province de Khouribga, ce projet sera destiné à abriter les entreprises industrielles spécialisées dans les domaines de l’automobile et des pièces de rechange, de l’électromécanique, des meubles et du textile, des appareils électroménagers, des produits électroniques, des fourrages ainsi que des produits énergétiques renouvelables.

Partenariat entre le Conseil de la région Béni Mellal-Khénifra et la région Draa Tafilelt

Les membres du Conseil élu ont également approuvé un Protocole de coopération et de partenariat entre le Conseil de la région Béni Mellal-Khénifra et son homologue Draa Tafilelt en vertu duquel les deux entités s’engagent à renforcer des infrastructures routières et à accélérer le désenclavement de part et d’autre.

Ce protocole ambitionne également de mettre à niveau les sites touristiques de la chaîne du Grand Atlas dans son axe reliant les deux régions et de favoriser l’échange des expériences réussies dans divers domaines.

Il a également pour finalité de soutenir les programmes de coopération dans les domaines de la formation continue des élus, des cadres administratifs et des techniciens de chaque côté.

Un complexe cinématographique dans la commune Ait Taguella

Par la suite, les membres de cette instance élue ont approuvé à l’unanimité une Convention de partenariat en vue de la réalisation d’un complexe culturel dans la province d’Azilal. Cette Convention qui lie le Conseil de la région Béni Mellal-Khénifra, la province d’Azilal, le Centre cinématographique marocain, la Fondation Sawt Al Jabal pour le patrimoine et le développement durable, la SDR de développement touristique Atlas et la Société Imma Hanna consiste en la construction d’un complexe cinématographique dans la commune Ait Taguella (Ouzoud Azilal).

Le programme global du complexe qui s’étend sur une superficie couverte de 1500 m2 comprend une salle de cinéma d’une capacité de 220 places, une salle de cinéma secondaire, une bibliothèque de cinéma, une salle informatique, une salle de formation et plusieurs autres installations.

ONU-Habitat et la région Béni Mellal-Khénifra

Le Conseil de la région a, par la suite, donné son accord pour l’adoption d’un mémorandum d’entente entre le Programme des Nations unies pour les établissements humains et le Conseil de la région Béni Mellal-Khénifra.

Ce mémorandum prévoit de fournir un cadre de coopération entre ONU-Habitat et le Conseil de la région en mettant l’accent sur les projets de développement territorial et sur l’implémentation d’un nouvel agenda urbain en tenant compte des objectifs de développement durable.

Ainsi, l’organisation onusienne entend renforcer les capacités des cadres et élus de la région en lien avec ses attributions respectives.

Développement des énergies renouvelables dans la région

Les membres du conseil de la région ont, ensuite, approuvé une convention de partenariat pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dans la région Béni Mellal-Khénifra.

Cette convention conclue entre Innovative energy and efficiency (INEE) filiale du groupe Caisse de dépôt et de Gestion, le Conseil de la région et la Wilaya de la région Béni Mellal-Khénifra vise à promouvoir l’efficacité énergétique dans la région en travaillant sur l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique et en améliorant les performances de l’éclairage public outre la décarbonation des zones industrielles.

Intervenant à cette occasion, le président de la région Béni Mellal-Khénifra, Adil Barakat a mis en avant la dynamique que connaît la région Béni Mellal-Khénifra dans plusieurs secteurs, en particulier, l’industrie qui connaît un essor remarquable avec la mise en place de la nouvelle zone industrielle de Béni Ykhlef. Le président de la région a appelé l’ensemble des membres du conseil à adhérer à ces chantiers et à faire montre de sérieux et d’engagement responsable afin de mener à terme ces projets conformément aux calendriers établis.

La réorganisation du CCM au menu du Conseil de gouvernement ce mercredi

Au début de ses travaux, le conseil examinera deux projets de loi, dont le premier a trait à la dissolution de la Ligue nationale de lutte contre les maladies cardiovasculaires, alors que le deuxième projet porte sur l’industrie cinématographique et la réorganisation du Centre cinématographique marocain (CCM).

Par la suite, le conseil examinera un projet de décret modifiant et complétant le décret portant création et organisation des Centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation.

Le conseil achèvera ses travaux par l’examen de propositions de nomination à des fonctions supérieures.

Les chambres professionnelles du cinéma dénoncent le « déclin » du secteur et leur « exclusion » dans la prise de décision

Voici le texte du communiqué diffusé jeudi 28 mars 2024 :

« Face aux évolutions préoccupantes qui ont impacté négativement le secteur cinématographique, freiné les ambitions et les aspirations des professionnels et causé des tensions malsaines, les présidents des chambres professionnelles ont tenu une réunion à Casablanca, le 26 mars 2024, pour échanger leurs points de vue et prendre les décisions nécessaires, pour faire face à cette crise.

« Ont pris part à cette réunion les présidents des chambres professionnelles majeurs du secteur, dont le président de la Chambre Marocaine des Producteurs de Films, de l’Union des Réalisateurs et Auteurs Marocains, de la Chambre Nationale des Producteurs de Films, de la Coalition Marocaine des Professionnels de l’Audiovisuel, de la Chambre Marocaine pour la Renaissance du Cinéma et de l’Audiovisuel, de la Chambre Marocaine des Techniciens de Films, et de la Chambre Marocaine des Salles de Cinéma.

« Lors de cette réunion, les participants ont exprimé leur profond regret, face au déclin du secteur par rapport aux acquis obtenus sous les gouvernements précédents, en plus de l’exclusion des professionnels dans la prise des décisions, le retard dans la mise en œuvre des promesses faites aux professionnels, notamment celles liées aux textes juridiques et réglementaires organisant l’activité cinématographique, validés ensemble en 2023.

« Ces faits et d’autres ont contribué, aux yeux des présidents des chambres, à la fragilisation de la confiance entre les professionnels, d’une part, et les départements de tutelle, d’autre part ; causant par ailleurs, une diminution de l’autonomie décisionnelle du centre Cinématographique Marocain.

« En conclusion, les présidents des chambres ont exprimé leur espoir de surmonter cette crise préoccupante, en ouvrant des canaux de dialogue sérieux, responsable et fructueux avec le département de tutelle, selon un calendrier qui tient compte du temps imparti au gouvernement, par rapport à son mandat politique, afin de parvenir à dénouer les problèmes et les enjeux majeurs du secteur. Cette démarche devra se faire, conformément aux références constitutionnelles et juridiques de notre pays et aux orientations royales, parvenues dans sa lettre adressée aux participants aux travaux de la Conférence Nationale National sur le cinéma, organisée en 2012.

« Les participants ont formulé, par ailleurs, leur volonté à contribuer au développement des mécanismes et procédures nécessaires au développement et à la bonne gouvernance du secteur, tout en se réservant leur droit, en cas de léthargie, d’utiliser les voies légales pour réaffirmer leur droit à participer activement à la réforme du secteur. »