BMCI, CDM et AtlantaSanad : les valeurs du périmètre Holmarcom augmentent en bourse

L’annonce de discussions exclusives entre Holmarcom et BNP Paribas au sujet de la cession des 67% détenus par BNP dans BMCI, est saluée par le marché. L’opération porterait la participation de Holmarcom à plus de 75% en cas de concrétisation.

Les trois valeurs du périmètre du groupe, BMCI, Crédit du Maroc (CDM) et AtlantaSanad, ont toutes affiché des hausses en Bourse. AtlantaSanad, qui détient déjà 8,44% du capital de BMCI, se retrouve elle aussi au cœur de l’actualité entourant cette opération.

À 10h30, ce 12 décembre, les trois valeurs se distinguent nettement parmi les plus fortes hausses de la séance.

Lecture des carnets d’ordres

Sur la valeur BMCI, la demande dépasse légèrement l’offre dans le carnet d’ordres, avec 2.194 titres demandés contre 2.024 titres proposés à la vente. À l’achat, les ordres se concentrent entre 620,1 DH et 621,2 DH, avec plusieurs lignes significatives, dont 343 titres à 621,1 DH, 300 titres à 621 DH et 500 titres à 616 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 635 DH pour 100 titres, puis s’étalent jusqu’à 640 DH, notamment 582 titres à 636,9 DH, 110 titres à 638 DH, 399 titres à 639 DH et 417 titres à 640 DH. Le carnet totalise ainsi 20 ordres à l’achat et 22 ordres à la vente, pour une profondeur globalement équilibrée.

Sur CDM, la demande ressort légèrement supérieure à l’offre dans le carnet d’ordres, avec 1.765 titres demandés contre 1.651 titres proposés à la vente. Les ordres à l’achat s’échelonnent entre 1.012 DH et 1.050 DH, avec plusieurs lignes notables dont 274 titres à 1.050 DH, 387 titres à 1.031 DH, 326 titres à 1.026 DH et 250 titres à 1.025 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 1.055 DH pour 3 titres, puis progressent jusqu’à 1.095 DH, avec des volumes plus fournis, notamment 90 titres à 1.070 DH, 91 titres à 1.074 DH, 36 titres à 1.075 DH, 252 titres à 1.090 DH et 10 titres à 1.088 DH. Le carnet recense 14 ordres à l’achat et 20 ordres à la vente.

Sur AtlantaSanad, l’offre est nettement supérieure à la demande dans le carnet d’ordres, avec 3.955 titres proposés à la vente contre 2.022 titres demandés à l’achat. Les ordres acheteurs se situent entre 139 DH et 146,1 DH, dont une ligne majeure de 1.000 titres à 146,1 DH, suivie de 190 titres à 146 DH et 500 titres à 141 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 149 DH pour 272 titres, puis s’échelonnent jusqu’à 153 DH, où figurent plusieurs blocs importants, notamment 456 titres à 149,45 DH, 1.938 titres à 150 DH, 170 titres à 151,4 DH et 449 titres à 152,7 DH. Le carnet affiche 12 ordres à l’achat et 20 ordres à la vente, illustrant une pression vendeuse supérieure en volume.

Pour rappel, lors de la séance du 11 décembre, BMCI a clôturé à 590 DH, en hausse de 5,36% par rapport à son cours de référence de 560 DH, avec un volume échangé de 2,98 MDH portant sur 5.215 titres. CDM a terminé à 1.001 DH, en progression de 4,27%, pour un volume de 5,83 MDH correspondant à 5.891 titres. De son côté, AtlantaSanad a clôturé à 139 DH, en hausse de 1,16%, avec un volume de 6,15 MDH et 44.927 titres échangés.

Ainsi, le MASI progresse légèrement de 0,34% pour atteindre 18.561 points, tandis que la capitalisation boursière s’établit à 990 MMDH.

En 2024, les banques ont engrangé des bénéfices record, à 23 MMDH

En 2024, les principales banques du Maroc ont enregistré une progression marquée de leurs résultats financiers. Le résultat net consolidé cumulé s’est établi à 23 MMDH, en hausse de 21,3% par rapport à 2023.

Le résultat net part du groupe (RNPG), un indicateur plus représentatif de la performance pour les actionnaires, a quant à lui progressé de 19,8%, atteignant près de 19,2 MMDH.

Cette dynamique positive est observée dans la majorité du secteur, aussi bien chez les grandes banques cotées que chez les établissements de taille moyenne. Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa concentrent à elles seules plus de la moitié des bénéfices du secteur, tandis que CIH Bank, Crédit du Maroc, CFG Bank ou encore BMCI affichent des croissances à deux chiffres, voire supérieures à 40% dans certains cas.

La progression des résultats en 2024 ne s’est pas exprimée avec la même intensité d’une banque à l’autre. Elle révèle des trajectoires différenciées, mais que l’on peut relier à une multitude de tendances communes visibles dans les comptes consolidés.

En valeur absolue, Attijariwafa bank conserve sa position de leader, avec un RNPG de 9,5 MMDH, en hausse de 26,6%.

La BCP suit avec 4,15 MMDH (+19,2%), puis Bank of Africa avec 2,34 MMDH (+11%). Ces trois établissements concentrent, à eux seuls, près de 70% du RNPG agrégé des banques cotées (hors Société Générale et Crédit Agricole du Maroc).

D’autres établissements affichent des performances remarquables par leur croissance : CFG Bank (+49%), Crédit du Maroc (+47%) ou encore BMCI, qui a presque doublé son résultat net. CIH Bank poursuit sa montée en puissance, avec un bénéfice de 875 MDH en hausse de +23,3%.

À l’inverse, certaines contre-performances marquent une rupture. Société Générale Maroc, en recul de plus de 40%, illustre les effets d’un recentrage stratégique et d’un environnement opérationnel plus contraint.

Enfin, Crédit Agricole du Maroc, bien que hors du périmètre des banques cotées, enregistre un rebond spectaculaire après une année 2023 particulièrement faible.

Une croissance nourrie par la reprise de l’activité bancaire

L’un des premiers moteurs de la performance bancaire en 2024 a été la croissance des crédits et des dépôts, qui reflète le redémarrage de la demande dans un contexte d’assouplissement progressif de la politique monétaire.

CIH Bank a vu ses crédits croître de 11,5% à 101,2 MMDH, et ses dépôts augmenter de 13,9% à 84,5 MMDH, dont 84% sont constitués de dépôts à vue.

CFG Bank, en forte expansion, a affiché une croissance de 28% des encours de crédits et de 36% des dépôts, atteignant 18,3 MMDH.

Attijariwafa bank a, pour sa part, collecté 40 MMDH de dépôts supplémentaires, avec une croissance de 14% de l’épargne, ce qui lui a permis de consolider sa part de marché sur les ressources non rémunérées à 28%.

Ces ressources bon marché ont permis de préserver des marges confortables dans un contexte encore tendu sur les taux de refinancement. Crédit Agricole du Maroc, par exemple, a bénéficié d’une hausse de 18% de sa collecte en dépôts à vue, contre une baisse de 11% des dépôts à terme, ce qui a amélioré sa structure de financement.

Une croissance robuste du PNB sur l’ensemble du secteur

Le produit net bancaire a progressé dans quasiment toutes les banques, porté par la hausse des marges d’intérêts, des commissions et, dans plusieurs cas, des revenus de marché.

Attijariwafa bank affiche un PNB consolidé record de 34,5 MMDH, en hausse de 15,2%, alimenté par une forte progression des revenus de marché (+39,4%).

CFG Bank a vu son PNB grimper à 941 MDH, en hausse de 43 %, grâce à une hausse de 36% de la marge d’intérêt et 41 % des commissions. Crédit du Maroc a enregistré une croissance de 12,9% de son PNB à 3,3 MMDH, avec des hausses sur toutes ses lignes métiers, notamment un bond de 41,7% des résultats de marché.

BMCI, de son côté, a affiché un PNB en hausse de 10,2% à 3,79 MMDH. Chez CIH Bank, le PNB a progressé de 6,1% à 4,74 MMDH, tiré par la marge nette d’intérêt (+6,8%) et les commissions (+17,9%).

Même Bank of Africa, dans un contexte international complexe, a enregistré une progression de 7% de son PNB à 15,8 MMDH.

Une discipline sur les charges qui renforce l’effet de levier

Cette progression des revenus s’est accompagnée, dans la majorité des banques, d’une bonne maîtrise des charges d’exploitation, voire d’une amélioration de la productivité.

Attijariwafa bank a ainsi dégagé un résultat brut d’exploitation en hausse de 24,2%, à 22 MMDH, avec un coefficient d’exploitation de 36,1%, amélioré de 5 points.

CFG Bank a vu son RBE bondir de 74% à 388 MDH, malgré un programme d’investissement soutenu. Crédit du Maroc a stabilisé ses charges (+0,4%), ce qui a permis une hausse de 27,9% de son RBE à 1,7 MMDH et une nette amélioration de son coefficient d’exploitation à 48,6%.

BMCI a également amélioré sa rentabilité opérationnelle, avec un RBE en hausse de 24,1% à 1,55 MMDH, grâce à la maîtrise des frais de gestion (2,24 MMDH) et à une baisse du coefficient d’exploitation à 59,1%. CIH Bank a maintenu une bonne efficacité, soutenue par sa digitalisation et la montée en charge de ses services à valeur ajoutée.

Un coût du risque maîtrisé dans la majorité des cas

Le coût du risque a été contenu, voire réduit, dans plusieurs établissements, ce qui a amplifié l’effet de levier sur les résultats.

CIH Bank a réduit son coût du risque de 16,3%, à 1,07 MMDH, avec un taux de coût du risque en baisse de 1,15% à 0,85%. Crédit du Maroc a également allégé ses dotations à 398 MDH (–10,5%), avec une amélioration des créances douteuses et une couverture portée à 88,8%.

Crédit Agricole du Maroc a réduit son coût du risque à 1,26 MMDH, contre plus de 2 MMDH en 2023, contribuant au redressement de ses résultats.

CFG Bank a maintenu un coût du risque bas, à 41 MDH seulement (0,3% des encours), grâce à la qualité de son portefeuille. En revanche, BMCI a vu son coût du risque augmenter de 27,9%, à 810 MDH, dans une logique de renforcement prudentiel. BCP a, pour sa part, maintenu un niveau élevé à 6,2 MMDH, en lien avec une couverture large des expositions sensibles.

La diversification géographique comme relais de croissance

Chez les groupes à dimension panafricaine, la contribution des filiales internationales reste un facteur différenciant. Bank of Africa a dégagé un RNPG en hausse de 10%, à 2,2 MMDH, et un résultat net consolidé de 3,3 MMDH (+15%), grâce à ses implantations en Afrique de l’Ouest et à sa politique d’innovation.

Attijariwafa bank tire également près de 30% de son PNB de ses filiales africaines, consolidant ainsi la résilience de son modèle face aux cycles domestiques.

Des contre-performances isolées, aux causes spécifiques

Dans un environnement aussi largement positif, certaines contre-performances s’expliquent par des facteurs spécifiques, souvent non récurrents. C’est le cas de Société Générale Maroc, dont le résultat net a reculé de plus de 40% en 2024. Pourtant, les revenus étaient en hausse et les indicateurs opérationnels bien orientés. La baisse s’explique par deux éléments exceptionnels : une importante provision liée à un programme de départs volontaires, et un redressement fiscal significatif.

Sans ces charges ponctuelles, la rentabilité de la banque aurait été bien plus proche de celle observée les années précédentes.

Quant à Crédit Agricole du Maroc, la spectaculaire hausse de ses résultats (+438%) repose surtout sur un effet de base, après une année 2023 marquée par une rentabilité très dégradée. En 2024, l’amélioration est néanmoins réelle, avec un PNB en forte progression (+28%) et une collecte dynamique, traduisant un retour graduel à l’équilibre.

Un contexte économique et monétaire porteur

Au-delà des dynamiques propres à chaque banque, les résultats 2024 ont été soutenus par un environnement économique et monétaire globalement favorable.

Une reprise économique modérée a permis de stabiliser la demande de financement, avec une croissance du PIB réel de 2,9%, selon la Banque mondiale. Bien que l’agriculture ait pesé sur l’activité globale, le PIB non agricole est resté dynamique, soutenant les secteurs clients des banques.

L’inflation a fortement ralenti, passant de 6,1% en 2023 à près de 1% en 2024, ce qui a desserré l’étau sur le pouvoir d’achat des ménages et réduit la pression sur les coûts d’exploitation des banques.

Bank Al-Maghrib a assoupli sa politique monétaire en fin d’année, en réduisant son taux directeur à 2,5%, amorçant ainsi une nouvelle phase de soutien à l’activité. Cette baisse, bien qu’intervenue tardivement, a commencé à se transmettre aux conditions de crédit.

Enfin, le secteur a profité de l’effet d’une amnistie fiscale exceptionnelle, qui a permis de rapatrier et de régulariser plus de 127 milliards de dirhams d’avoirs. Cette opération a dopé la collecte de dépôts, renforçant les ressources disponibles pour financer l’économie.

CDM dépasse les attentes du marché en 2024 : AGR réitère sa recommandation à l’achat

Attijari Global Research n’avait pas caché son optimisme sur CDM en amont de la publication des résultats 2024. Un pari visiblement gagnant. « En marge de la publication des résultats annuels 2024 de CDM, force est de constater la concrétisation de notre scénario à travers des réalisations supérieures à nos prévisions et une performance du titre de près de +16% depuis notre recommandation initiale en octobre 2024 », écrit le bureau d’analyse dans sa dernière note.

Cette performance valide le scénario de croissance d’AGR, qui avait relevé son objectif de cours à 1.253 DH en janvier 2025. L’action CDM, cotée actuellement à 1.115 DH, offre encore un potentiel de +12%, avec un horizon de 9 mois.

Une performance opérationnelle solide, au-delà des anticipations

CDM a clôturé 2024 avec un produit net bancaire (PNB) de 3,3 MMDH, en progression de 12,9% sur un an. Ce niveau dépasse les 3,22 MMDH anticipés par AGR, avec un taux de réalisation de 103%. Cette croissance est tirée par les crédits à la clientèle, qui enregistrent une hausse exceptionnelle de 10,9%, leur plus forte progression depuis une décennie.

Les financements à l’équipement et à la promotion immobilière ainsi que le leasing s’illustrent comme les principaux relais de cette dynamique. En parallèle, les activités de marché génèrent 415 MDH, bien au-delà des 353 MDH prévus, et la marge d’intérêt progresse de 9,1%, en ligne avec les estimations.

Côté charges, la banque confirme sa discipline opérationnelle avec un coefficient d’exploitation ramené à 48,6%, contre 54,6% en 2023. L’amélioration s’explique en partie par la disparition de charges exceptionnelles liées à l’autonomisation, au Fonds spécial Séisme et au contrôle fiscal.

Le coût du risque recule à 398 MDH, soit une baisse de 10,5% par rapport à 2023, en ligne avec les prévisions.

Le RNPG atteint 741 MDH, en hausse de 47,3%, là encore au-dessus des 704 MDH attendus. Le dividende par action ressort à 41,7 DH, assurant un rendement de 3,7%, le plus élevé du secteur bancaire coté.

AGR table sur une croissance à deux chiffres jusqu’en 2026

Au-delà des résultats réalisés, c’est bien la trajectoire anticipée par AGR qui attire l’attention. D’après les prévisions, le PNB de CDM devrait atteindre 3,52 MMDH en 2025, puis 3,83 MMDH en 2026, soit une croissance moyenne annuelle de près de 7%.

Le résultat net suivrait une pente similaire : 780 MDH attendus en 2025, puis 846 MDH en 2026, ce qui prolongerait la dynamique actuelle tout en maintenant une distribution généreuse aux actionnaires (DPA prévus de 50 DH puis 54 DH). Le retour sur fonds propres (ROE) est projeté à 10,8% en 2026.

La rentabilité opérationnelle devrait aussi continuer à s’améliorer, avec un coefficient d’exploitation attendu à 47% en 2025, puis 46,1% en 2026, ce qui reflète une meilleure absorption des charges fixes par la croissance des revenus.

L’action CDM a progressé de +32,4% sur les 12 derniers mois, surperformant légèrement le MASI (+31,9%). « Nous maintenons un avis positif à l’égard du titre CDM avec une perspective de révision des prévisions et du cours objectif à court terme« , conclut AGR.

Nouvelle organisation chez CDM, Ali Chorfi rejoint le directoire en charge du Corporate & Investment Banking

Lors de cette séance, le conseil de surveillance a décidé, à l’unanimité et sur proposition du Comité de nomination et de rémunération, de nommer Ali Chorfi, membre du directoire en charge du Corporate & Investment Banking, sous réserve de l’approbation de Bank Al-Maghrib, annonce un communiqué de Crédit du Maroc.

Diplômé de l’école de commerce Solvay de Bruxelles, Ali Chorfi a acquis une riche expérience, au niveau national et international, dans les domaines de la banque et de l’audit, avant de rejoindre Crédit du Maroc en 2012 pour prendre la responsabilité de la Direction des Grandes Entreprises, indique le communiqué. Il a assumé, depuis, de nouvelles missions au sein de la banque et a été nommé en 2020 directeur général adjoint, membre du Comité de direction générale, en charge du Corporate et Investment Banking.

Deux nouveaux pôles

Après avoir rejoint le giron du groupe Holmarcom, Crédit du Maroc a achevé avec succès le processus d’autonomisation et entamé le déploiement de son nouveau plan stratégique qui a permis d’accomplir de premières réalisations significatives pour le développement de la banque et d’enregistrer une nette progression de ses résultats, se félicite la banque.

Afin d’accompagner cette dynamique, l’organisation de la banque évolue pour contribuer à accélérer la mise en œuvre opérationnelle des différents chantiers du nouveau plan. Son élaboration a été guidée, selon la banque, par les principes suivants :

• renforcer les synergies entre les différentes lignes métiers et les marchés ;
• améliorer l’efficacité opérationnelle sur l’ensemble des activités ;
• garantir une meilleure expérience client.

La nouvelle organisation de Crédit du Maroc sera désormais portée par différents pôles, dont deux nouveaux :

• Le pôle « Retail Banking & Marketing » qui est issu du rapprochement des activités Marketing et Retail pour garantir une mise en œuvre plus efficiente des feuilles de route.
• Le pôle « Lignes Métiers Spécialisés » qui permettra de structurer l’organisation commerciale autour des marchés (Part, PRO, TPE, PME et GE) et des lignes métiers spécialisés.

Les différents pôles seront placés sous la responsabilité des membres du directoire de Crédit du Maroc qui est composé de :

Ali Benkirane, président du directoire ;
Younes Lahlou, membre du directoire en charge du Fonctionnement ;
Saïd Jabrani, membre du directoire en charge de la Banque commerciale ;
Ali Chorfi, membre du directoire en charge du Corporate et Investment Banking.

CDM : un repositionnement stratégique annoncé et une activité commerciale en hausse attendue en 2024

La conférence présentant les résultats annuels de Crédit du Maroc s’est tenue le 14 mars à Casablanca. Ella a débuté par un long discours d’ouverture du directeur général Ali Benkirane sur la stratégie de transition opérée par la banque depuis son changement d’actionnariat en 2022.

« Ce projet de transition a été engagé avant le closing de 2022 par les équipes d’Holmarcom et de CDM. Ce projet a pris beaucoup de temps, de ressources et d’investissement, et je suis heureux d’annoncer aujourd’hui que la banque est complètement autonome dans ses services et ses applicatifs par rapport au Crédit Agricole France », lance d’emblée le président du directoire.

Fini le haut de gamme, réorientation sur l’ensemble des segments

Par la suite, le dirigeant a mis l’accent sur les nouvelles ambitions et objectifs du groupe suite au changement d’actionnariat.

L’objectif est désormais de présenter la banque comme un acteur de référence de la place pour la TPME et les particuliers. « Le CDM veut se positionner comme une banque de référence dans le pays sur l’ensemble des métiers. Nous avons lancé un grand projet de redynamisation d’un certain nombre d’activités où le client est au centre des préoccupations », explique-t-il.

Pour ce faire, le groupe a revu son positionnement marketing. Auparavant assez orienté sur une cible élitiste avec des segments haut de gamme corporate et grandes entreprises, le groupe a désormais décidé de se recentrer sur l’ensemble des segments avec une priorité donnée à la classe moyenne. Le groupe souhaite également être plus présent pour le financement des TPE et PME.

En termes de distribution, quatre nouvelles directions réseau ont été mises en place. « La réorganisation du réseau de distribution s’est aussi accompagnée d’un ajustement de notre dispositif et des compétences mises en place dans nos centres d’affaires. Nous avons également travaillé sur nos différentes lignes métiers. Nous nous sommes dotés d’une entité en charge du crédit à la consommation chez CDM, qui est un produit sur lequel nous souhaitons rattraper notre retard », explique le président du directoire. Il en est de même pour le leasing où le groupe souhaite restructurer ses activités du fait de sa faible part de marché.

Une franchise de banque d’investissement est également en cours de développement. « Cela a démarré par une restructuration de notre salle de marché qui a donné des résultats prometteurs dès 2023. Nous travaillons pour avoir d’ici la fin du premier semestre un dispositif complet au niveau de la banque d’investissement qui nous permettra d’accompagner nos clients patrimoniaux, corporate et institutionnels », explique Ali Benkirane.

2024 sera une année d’accélération de l’activité

L’année 2023 a été bonne d’un point de vue opérationnel pour le groupe. Pour le président du directoire, l’année dernière a été marquée par une relance de CDM et un bon positionnement de la banque. « La salle de marché a donné des résultats très satisfaisant en 2023 avec une amélioration de près de 35% à 355 MDH, nous comptons les consolider et les accélérer cette année », explique Ali Benkirane.

Le groupe souhaite donc aller sur de nouveaux segments sur lesquels il n’avait pas l’habitude de traiter historiquement du fait de leur sinistralité. « Notre métier est de prendre des risques et de bien les gérer. Servir le tissu de la TPE et de la PME est fondamental. Il s’agit d’une mission citoyenne. C’est un choix important et assumé. Il est accompagné comme je l’ai dit par une réorganisation de notre filière crédit. Nous envisageons l’année 2024 sur de bons indicateurs », explique le président du directoire.

Une accélération sera faite sur le financement de la TPME qui grâce à ce repositionnement devient un axe prioritaire de développement. « Pour l’année 2024, nous ambitionnons de mettre en place 10 MMDH de nouveaux crédits pour l’entreprise et environ 5,5 MMDH pour les particuliers, ce qui est un montant très significatif par rapport aux réalisations historiques du groupe », indique Ali Benkirane.

Pour rappel, à fin 2023, le groupe a affiché une bonne progression de 5,3% de ses encours crédits à 51 MMDH. Le PNB, lui, a augmenté de près de 14% à 2,9 MMDH du fait de la progression de la marge nette d’intérêt (+11,5%), de la marge sur commissions (+8,2%) et des opérations de marché (+34,7%). Le résultat net part du groupe a donc terminé en hausse de 24,4% à 503 MDH et le dividende proposé se fixe à 34,2 dirhams par action contre 27 dirhams par action au titre de 2022.

Crédit du Maroc : le RNPG en quasi-stagnation à 446 MDH à fin septembre

A fin septembre 2023, Crédit du Maroc a connu un accroissement de l’encours du crédit de 8,4% à 51,25 MMDH. Une évolution qui se traduit par :

– les crédits aux particuliers qui ont évolué de 2,3% à 20,13 MMDH, portés par les encours du crédit à l’habitat qui progressent de 3,3% ;

– s’agissant des crédits aux entreprises, leur évolution est soutenue, notamment, par les performances des crédits d’équipement et des crédits de trésorerie, qui s’apprécient respectivement de 15,9% et 7,7%.

De leur côté, les ressources bilan s’établissent à 51,9 MMDH, affichant une hausse de 9,1% par rapport à fin septembre 2022. Pour leur part, les ressources d’épargne et les dépôts à terme progressent respectivement de 1,3% et 73,4%.

Le PNB consolidé progresse de 14%

Le produit net bancaire consolidé s’élève à 2,19 milliards de DH, en amélioration de 14,1% par rapport à fin septembre 2022, porté par :

– une appréciation de la marge nette d’intérêt de 13,4% profitant de la bonne tenue de l’activité commerciale et l’élargissement de la base client ;

– une hausse de la marge sur commissions de 6,3% résultant de l’accroissement des revenus des filières spécialisées, notamment en monétique, commerce international, cash management et bancassurance ;

– un accroissement du résultat des opérations de marché de 24,2%, favorisé par l’évolution de l’activité de change ainsi que l’activité obligataire.

Le résultat brut d’exploitation s’établit à 1,07 MMDH en progression de 23,1%, tenant compte de la hausse du PNB consolidé et de la maîtrise des charges d’exploitation.

Sur le volet investissement, Crédit du Maroc a engagé, à fin septembre 2023, un montant total de 187,4 MDH destiné essentiellement aux évolutions informatiques.

Le RNPG en quasi-stagnation à fin septembre

Le résultat net part du groupe (RNPG) de Crédit du Maroc ressort à 445,9 MDH en quasi-stagnation (+1,7%) par rapport à fin septembre 2022, en raison principalement de l’évolution du coût du risque. Ce dernier s’affiche à 295,4 MDH, en hausse de 29,7%.

Hors effets exceptionnels, le résultat net part du groupe serait en progression de 31,2%, souligne le communiqué du groupe.

Les fonds propres consolidés du groupe Crédit du Maroc s’élèvent à 7,20 MMDH, en hausse de 3,3% par rapport à la même période de 2022, grâce notamment à l’émission d’un emprunt perpétuel visant à accompagner le développement commercial de la Banque.

Younes Lahlou, nommé membre du directoire

Le conseil de surveillance a pris acte de la démission de Habiba Laklalech, pour des raisons personnelles, de son mandat de membre indépendante du conseil et de présidente du comité des risques.

Le conseil de surveillance a également nommé Younes Lahlou en qualité de membre du directoire, en charge du fonctionnement, sous réserve de l’approbation de Bank Al-Maghrib.

Désormais, le directoire de Crédit du Maroc est composé de quatre membres : Ali Benkirane, président du directoire ; Saïd Jabrani, membre du directoire en charge de la banque commerciale ; Luc Beiso, membre du directoire en charge de la supervision des filiales ; et Younes Lahlou.

Banques : l’impact des restrictions de Bank Al-Maghrib sur la distribution des dividendes

Malgré le passage de la crise du Covid-19, Bank Al-Maghrib reste toujours sur ses gardes concernant les capacités financières des banques et la solidité du système financier marocain.

Dans une interview accordée à Médias24, Abdellatif Jouhari nous apprenait que les banques sont toujours obligées de passer par la case Banque centrale avant de distribuer le moindre dirham en dividendes, la rémunération des actionnaires étant toujours liée au niveau des fonds propres et au respect des ratios prudentiels.

« C’est dans le cadre de l’observation des règles prudentielles et avec les stress tests que nous demandons aux banques de nous soumettre semestriellement, que nous leur avons dit de ne pas distribuer de dividendes sans l’accord préalable de la Banque centrale », nous avait-il expliqué. « Nous l’avons fait pour 2021 et 2022. Nous verrons comment les choses vont se présenter pour 2023 ».

Une sorte de mesure préventive qui permet au régulateur de sécuriser le secteur, surtout dans un contexte où les impayés sont montés en flèche et où le niveau d’incertitude reste élevé, aussi bien dans l’économie nationale qu’à l’international.

« Toutes les banques seront habilitées à distribuer des dividendes en 2023 »

Ainsi, pour l’exercice 2023, Bank Al-Maghrib fera une revue dès le mois prochain sur le niveau des fonds propres des banques, leur solidité financière, les risques encourus, le niveau des créances en souffrance pour évaluer si oui ou non celles-ci pourraient distribuer une partie de leurs résultats à leurs porteurs de titres.

Selon un analyste spécialisé dans le secteur, cet examen sera une simple formalité, car toutes les banques, notamment celles cotées en Bourse, respectent largement les règles prudentielles en matière de fonds propres. Et aussi parce que leur activité s’est bien tenue en 2023, exercice qui connaîtra, selon notre expert, une belle croissance au niveau des PNB et des bénéfices.

Il donne pour indice la participation par les banques aux dons de solidarité en faveur du fonds dédié aux victimes du séisme d’A Haouz sans trop de difficultés. « En 2020, certaines banques ont dû renoncer à la distribution des dividendes ou baisser le niveau de distribution pour pouvoir participer à l’élan de solidarité nationale. Bank Al-Maghrib étudiait les bilans des banques au cas par cas pour évaluer le niveau qui doit être distribué par chacune d’entre elles car les temps ont été difficiles. Cette année, Bank Al-Maghrib n’a pas été très regardante sur l’opération de dons, ce qui montre que le régulateur a des données qui démontrent que la situation des fonds propres est confortable », explique notre analyste.

Notre source estime ainsi que non seulement toutes les banques cotées en Bourse vont distribuer des dividendes, mais que le niveau du dividende moyen par action du secteur sera élevé par rapport à l’année dernière.

La BMCI n’a pas distribué de dividendes en 2020

On est donc loin de la situation de l’année 2020 où plusieurs institutions financières ont dû revoir leur politique de distribution, un peu forcée par la banque centrale à rester dans les clous.

C’est le cas de la BMCI par exemple, qui a n’a pas pu distribuer le moindre dirham au titre de l’exercice 2019. Une source au sein du marché nous explique que la filiale de BNP Paribas naviguait avec un niveau de ratio prudentiel qui ne lui permettait pas de rémunérer ses actionnaires et s’est ainsi vu opposer un non catégorique par Bank Al-Maghrib. Notre source nous confie que BMCI voulait même distribuer un dividende exceptionnel pour cette année, chose que Bank Al-Maghrib n’a pas autorisée.

A part cette banque qui passait et passe toujours par une zone de turbulence qui a nécessité le lancement de tout un plan de restructuration depuis 2021, toutes les autres banques ont distribué des dividendes à leurs actionnaires comme le montre ce tableau, mais pas au niveau qu’elles souhaitaient toutes.

Un peu comme le CIH, qui a dû baisser en 2020 le dividende par action auquel il avait habitué ses actionnaires de 14 à 8 dirhams. Ou encore le Crédit du Maroc qui est passé d’un dividende distribué en 2019 de 18,7 dirhams à 4,5 dirhams en 2020, avant de monter à 25,9 dirhams en 2021, puis 27 dirhams pour le compte de l’exercice 2022.

Les actionnaires d’Attijari, de la BCP et de BOA n’ont pas ressenti l’impact de la secousse du Covid

Seules les trois grandes banques du pays, réputées pour leur solidité financière et habituées tous les ans à renflouer leurs fonds propres pour pouvoir rester dans la course aux parts de marché aussi bien au Maroc qu’en Afrique subsaharienne, ont pu maintenir la même politique de rémunération des actionnaires.

Pendant l’année du Covid, Attijariwafa bank s’est même permis le luxe de distribuer un dividende exceptionnel de 6,50 dirhams (relatif aux résultats de 2019) pour rester dans les niveaux habituels des exercices précédents. La BCP et Bank of Africa sont restées également dans la même ligne qu’avant, conservant un niveau de dividendes comparable à ceux des exercices précédents.

Des opérations qui n’auraient pas pu se faire si ces trois banques n’avaient pas, comme nous l’explique notre analyste financier, recouru à des levées de fonds sur le marché obligataire pour renforcer les capitaux durs. Et ce par le biais d’émissions d’obligations subordonnées ou de CoCo Bonds, instruments devenus à la mode au niveau du secteur bancaire depuis que Bank Al-Maghrib a durci ses règles prudentielles pour se conformer aux nouvelles normes mondiales.

CDM dévoile ses résultats annuels, les synergies avec Holmarcom passées sous silence

Le 9 mars, le groupe Crédit du Maroc (CDM) a présenté ses résultats annuels 2022, lors de sa première conférence de presse depuis la prise de participation majoritaire du groupe Holmarcom, dirigé par Mohamed Hassan Bensalah.

Le nouveau management de CDM, notamment à travers le président du directoire, Ali Benkirane, a également fait quelques annonces discrètes concernant les changements à venir dans l’organisation de la banque.

Une dynamique commerciale solide en 2022

CDM a affiché des indicateurs en bonne forme en 2022, avec une amélioration de la distribution des crédits. L’encours atteint 48,5 MMDH, en hausse de 5,2% par rapport à 2021. Les crédits aux particuliers s’apprécient de 1,8% à 19,6 MMDH, en lien avec la bonne tenue des crédits à l’habitat qui évoluent de 2,7%. Les crédits à la consommation se replient, quant à eux, de 2,1%.

Sur le marché des entreprises, les crédits à court terme et les crédits à l’équipement affichent des croissances respectives de 17% et 19,9%. Pour sa part, le crédit-bail clôture l’année 2022 sur une baisse de 3,8%. Les ressources à vue progressent de 2,9% à 34,1 MMDH.

Le PNB consolidé du groupe progresse de 4,4%, porté par la bonne performance de l’ensemble des lignes métier. La marge nette d’intérêt s’élève à 1.996,4 MDH, en croissance annuelle de 2,1%, et la marge sur commissions s’élève à 403,2 MDH, en hausse de 2,5% grâce à la progression du taux d’équipement produit et à la bonne tenue des activités de commerce international et de cash-management.

Le coût du risque consolidé augmente fortement à 310 MDH contre 64 MDH en 2021. Une hausse que le groupe explique par « un effet de base lié à la constatation d’une reprise exceptionnelle de 176 MDH au niveau du coût du risque de l’année 2021. Hors cet élément exceptionnel, le coût du risque ressort en hausse de 29,4% ».

En 2022, CDM affiche un RNPG en baisse de 35,6% par rapport à l’année 2021 à 404 MDH. Une chute qui s’explique principalement par des charges non récurrentes constatées en 2022, et par l’effet de base d’une reprise exceptionnelle en 2021. Un dividende de 27 dirhams par action sera proposé au titre de l’exercice 2022, contre 25,9 dirhams par action l’année précédente.

Le président du directoire, Ali Benkirane a également présenté quelques aspects de l’évolution de l’organisation à la suite du changement d’actionnaire majoritaire. Concernant les synergies qui s’opéreront après le rapprochement capitalistique du groupe Holmarcom et CDM, la communication reste timide.

Une synergie à venir, sans détails conséquents

Naturellement, le rapprochement des deux groupes a fait couler beaucoup d’encre, laissant présager des dynamiques futures, notamment dans le secteur de la bancassurance. Mais la conférence de presse a dévoilé assez peu d’éléments concrets sur les synergies à venir. Ali Benkirane a d’ailleurs rappelé que dans le cadre de l’activité de bancassurance, CDM détient un partenariat avec l’assureur Sanlam Maroc. « Concernant ce sujet, nous avons un partenariat avec Sanlam Maroc. Il est toujours en cours et n’est pas remis en question. Nous continuerons à travailler avec Sanlam Maroc pour le faire progresser dans l’intérêt des deux institutions », a indiqué le président du directoire.

Pour en savoir plus, il faudra patienter et attendre la prise en main de la banque par le management. « Ce que je peux vous dire, c’est que l’on va aller chercher l’ensemble des opportunités de synergies pour créer de la valeur pour le groupe. Le sujet est en cours, nous pourrons donner plus de détails par la suite », a confié le président du directoire.

Concernant l’organisation du directoire de CDM, les activités retail et corporate seront séparées, mais rapprochées au niveau du réseau. « Nous considérons que par rapport aux enjeux et ambitions que nous avons, l’organisation du directoire devrait permettre aux membres de se consacrer pleinement au développement du marché retail et au marché corporate. L’organisation mise en place est une organisation par marché (retail, corporate, institutionnel) et par ligne métier (habitat, investissement, etc.). D’où la nomination des directeurs réseaux qui auront une couverture régionale, ce qui nous permettra d’avoir une meilleure synergie entre les deux marchés« , a précisé Ali Benkirane.

Outre les sujets de réorganisation du groupe, il a également été question d’aborder les perspectives marché, dans un contexte économique encore chahuté par une inflation persistante et une hausse du taux directeur.

De bonnes perspectives en 2023 qui découlent des plans d’investissement nationaux

Cette année, malgré un contexte économique global assez morose, tant dans les économies émergentes qu’avancées, le président du directoire de CDM reste confiant. Il souligne notamment les perspectives favorables offertes par le Nouveau Modèle de développement, la Charte de l’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. « Pour nous, secteur bancaire, il s’agit d’une opportunité importante pour accompagner les différents acteurs économiques du pays. »

Sur le plan opérationnel, le groupe compte accroître ses parts de marché sur le secteur habitat et consommation. « Nous souhaitons accélérer notre développement sur le marché corporate avec les crédits d’équipement et d’investissement. Tout un plan stratégie est en cours d’élaboration, nous comptons le présenter à notre conseil de surveillance au cours des mois prochains », a fait savoir Ali Benkirane.

Il a aussi été question de l’impact de la hausse du taux directeur, destinée à freiner l’inflation en baissant les octrois de crédits bancaires. « Nous suivons cette évolution de manière prudente. Les banques ont pris plusieurs mois avant de répercuter de façon partielle cette hausse du taux directeur sur les taux débiteurs. Nous constatons des répercussions, dépendant des produits, entre la moitié et 70% de cette hausse », a-t-il commenté.

Cette hausse du taux directeur, à terme, pourrait entraîner un impact au niveau de la banque concernant la marge d’intérêt et le résultat sur opérations de marché. Encore une fois, peu de détails sont fournis. « La hausse du taux de 100 pbs a été maîtrisée par une gestion prudente de la liquidité et la désensibilisation du portefeuille. Cette gestion nous positionne de façon confortable face à la hausse des taux. Nous suivrons ce qu’il se passe sur le marché de façon prudente et en veillant à optimiser nos coûts de refinancement », a précisé Ikram Erryahi, directrice générale adjointe de CDM.

Interrogé sur la politique de distribution des dividendes à la suite du changement d’actionnariat, Ali Benkirane est resté évasif quant à son évolution. « Il y a eu un changement de management, d’actionnaires… Naturellement les choses vont évoluer, même si on ne peut pas dire comment », a-t-il expliqué avant de poursuivre sur les prévisions du groupe.

Concernant les évolutions attendues en 2023 au niveau du PNB et de RNPG, « nous tablons sur des évolutions significatives par rapport à ce qui a été constaté les années précédente », a conclu le président du directoire.

Maroc vs Chili : les modifications tactiques envisagées par Walid Regragui

Walid Regragui en est conscient. A moins de deux mois du Mondial, le temps n’est pas aux expérimentations. Pour son premier match officiel aux commandes de l’équipe nationale face au Chili, ce vendredi 23 septembre à 20 heures, au stade Cornellà-El Prat, à Barcelone, le nouveau sélectionneur apportera des modifications sans pour autant engager une révolution.

Au vu de la structure de la liste des joueurs convoqués, on se doutait que la défense à cinq avait vécu. C’est une animation qui demande beaucoup d’automatismes et de travail tactique, a évacué Walid Regragui lors de la conférence de presse d’avant match.

“Mais le temps presse, on préfère miser sur une défense à quatre. Nos joueurs y sont habitués. Ceci dit, je ne m’interdis pas de revenir à une défense à trois axiaux pour compliquer la tâche aux Belges et aux Croates”, a-t-il ajouté afin d’entretenir le flou dans l’esprit de ses futurs adversaires au Qatar.

Un double pivot défensif au milieu de terrain

Pour Walid Regragui, la défense à quatre se traduit souvent par un système en 4-2-3-1 qui se mue en 4-5-1 à la perte du ballon. Dans cette structure, le rôle des milieux de terrain axiaux est primordial, pour garantir une bonne assise défensive quand l’équipe sera potentiellement coupée en deux, et servir de rampe de lancement en phase offensive.

Si Soufiane Amrabat est indéboulonnable dans ce double pivot, Yahya Jabrane est susceptible de l’accompagner. Le joueur du Wydad de Casablanca possède les qualités pour se projeter et faire le lien avec le quatuor offensif, tout en assurant les mécanismes de compensations.

Le maintien de l’équilibre du bloc équipe est en effet nécessaire pour couvrir des latéraux, N. Mazraoui et A. Hakimi, à la culture défensive imparfaite. Leurs titularisations, l’un à gauche et l’autre à droite, ne serait pas fortuite, en complément d’une charnière centrale certainement composée du capitaine R. Saiss et S. Mmaee, afin de protéger M. Mhamdi, qui pourrait suppléer un Y. Bouno convalescent.

A l’évidence, le sélectionneur tient Mazraoui et Hakimi en haute estime. “Quand on possède des joueurs de très haut niveau comme Noussair et Achraf, il est difficile de ne pas les faire jouer”, a-t-il souligné.

Ziyech, clé de voûte de l’animation offensive 

L’autre joueur de classe mondiale à disposition du sélectionneur n’est autre que Hakim Ziyech, dont Walid Regragui a fait l’éloge. “La réintégration de Hakim s’est très bien déroulée. Il est très positif, enthousiaste, et quel pied gauche ! C’est un grand joueur.” La titularisation du milieu de terrain de Chelsea est donc quasiment garantie, contrairement à son positionnement sur le terrain.

Dans le système préférentiel du sélectionneur, le gaucher peut occuper le poste de milieu offensif axial mais aussi celui de milieu excentré droit. Dans les deux cas, son implication défensive sera scrutée à la loupe, afin de gêner les premières relances adverses dans l’axe ou prêter un coup de main à son latéral sur le côté. Pour sûr, Hakim Ziyech sera la clé de voûte de l’animation offensive de l’équipe nationale.

L’identité des joueurs qui compléteront cette animation est moins évidente. Sur l’aile gauche, S. Boufal a une carte à jouer. Idem pour A. Harit. A moins que Y. Belhanda ne soit intégré au milieu de terrain, décalant H. Ziyech sur l’aile droite. Un poste également lorgné par A. Zalzouli et M. Haddadi.

Sur le front de l’attaque, Y. En-Neysiri semble partir avec un temps d’avance sur W. Cheddira, R. Mmaee et A. Al Kaabi. Une armada offensive dont la complémentarité et les qualités sont susceptibles de mettre à mal une défense chilienne aux abois.

Non qualifié à la Coupe du monde, le Chili a fini avec la 3e pire défense des qualifications AmSud. Mais ses joueurs vieillissants (Medel, Vidal, Sanchez…) ont une “grinta qui va nous servir pour préparer l’engagement et l’intensité de la Coupe du monde”, s’est réjoui Walid Regragui qui, chose assez rare, officiera hors du Maroc pour son premier match à la tête de l’équipe nationale.

Hakim Ziyech et Younes Belhanda rappelés en équipe nationale

Walid Regragui s’apprête à diriger ses deux premières rencontres aux commandes de l’équipe nationale, le 23 septembre à Barcelone contre le Chili, et le 27 septembre à Séville face au Paraguay. La troisième confrontation prévue a été annulée par manque d’adversaire.

Pour disputer ces confrontations amicales servant de préparation à la phase finale de la Coupe du monde au Qatar, Walid Regragui a convoqué un groupe de 31 joueurs “pour en voir un maximum avant la Coupe du monde”, a-t-il justifié. Parmi eux, cinq joueurs de la Botola Pro.

Très attendu, le retour de Ziyech a été décidé “après une discussion rapide avec Hakim qui a prouvé son envie de porter à nouveau le maillot du Maroc”, a précisé M. Regragui.

La présence de Ziyech, plus d’un an après sa dernière sélection, répond également à la volonté de former un groupe “de joueurs expérimentés qui ont déjà participé à une phase finale de Coupe du monde”. Raison pour laquelle Noussair Mazraoui a été convoqué et surtout Younes Belhanda, contre toute attente.

“Younes est titulaire avec son club. Il est efficace et en plus, c’est un joueur d’expérience”, a défendu le sélectionneur. “Certes, il a eu des problèmes avec le staff précédent, mais la forme du moment prime”, a-t-il assuré, avant d’évacuer le débat sur Abderrazak Hamdallah, prétextant qu’il voulait “de la continuité avec Ryan Mmaee et Ayoub El Kaabi”.

Pourtant, le trio d’avant-centre sera complété par un nouveau venu, Walid Cheddira. Mais ses performances parlent pour lui. L’attaquant du SC Bari en Serie B italienne est en effet l’auteur de quatre réalisations et trois passes décisives en cinq matchs.

A noter aussi les premières convocations du latéral gauche et récent vainqueur de la Supercoupe de la CAF avec la Renaissance sportive de Berkane, Hazma El Moussaoui, et celle de Abdelhamid Sabiri, milieu de terrain du club de Serie A, l’UC Sampdoria.

La structure de la liste suggère que Walid Regragui déploiera son Onze dans un système de jeu en 4-3-3 ou en 4-2-3-1, se démarquant ainsi de son prédécesseur qui évoluait le plus souvent avec une défense à trois.

L’absence de Nayef Aguerd a certainement limité sa réflexion dans le choix du système de jeu qui sera utilisé lors des prochaines échéances.

Maroc-Paraguay le 27 septembre à Séville

Le standing de l’adversaire sud-américain qu’affrontera l’équipe nationale, lors de sa préparation à la Coupe du monde au Qatar, a baissé d’un niveau ou deux. Après les rumeurs insistantes plaçant sur le chemin du Maroc des nations comme l’Argentine ou le Brésil, c’est finalement le Paraguay qui sera opposé aux Lions de l’Atlas, selon un communiqué de l’Association paraguayenne de football.

Le Paraguay, 50e nation au classement FIFA, n’est pas qualifié au Mondial pour la deuxième fois consécutive. Un constat qui interroge sur l’intérêt d’une telle confrontation face à un adversaire pas au mieux de sa forme, d’autant que le Maroc est opposé, en phase finale de la Coupe du monde, à deux nations européennes (Belgique, Croatie) et à une sélection nord-américaine (Canada) au style de jeu tout aussi européen.

Le fait marquant des huit précédentes participations de « Los Leones » paraguayens au Mondial reste le quart de finale perdu lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud contre le futur tenant du titre espagnol.