Les pharmaciens dénoncent des « réformes précipitées et non concertées »

La Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM) exprime ses préoccupations concernant deux réformes majeures touchant le secteur officinal au Maroc : la convention de tiers payant applicable (TPA) et la dématérialisation des feuilles de soins. Dans un communiqué, la fédération souligne les nombreuses lacunes et répercussions négatives de ces mesures et appelle à une discussion approfondie avant leur mise en œuvre.

Une convention TPA inefficace et inégalitaire

La FNSPM dénonce les dysfonctionnements de l’actuelle convention TPA avec ticket modérateur, en insistant sur le non-respect de plusieurs clauses fondamentales. Parmi les problèmes relevés :

Selon la FNSPM, la convention TPA a généré un climat d’iniquité où certaines pharmacies bénéficient de privilèges injustifiés, notamment via la création sélective de comptes clients et l’orientation des patients vers des points de vente précis. La fédération annonce ainsi son refus catégorique de la généralisation de cette convention et envisage de soumettre au prochain conseil fédéral la procédure nécessaire à sa résiliation.

La dématérialisation des feuilles de soins : une réforme mal préparée

Concernant la dématérialisation des feuilles de soins, la FNSPM regrette le manque total de concertation avec les syndicats de pharmaciens. Si cette digitalisation présente des avantages, la fédération insiste sur plusieurs conditions préalables essentielles :

La FNSPM alerte sur les répercussions économiques et pratiques de cette réforme pour les pharmaciens :

Face à ces défis, la FNSPM considère que la digitalisation des feuilles de soins est prématurée et demande que cette question soit débattue lors du prochain conseil fédéral.

La FNSPM appelle à une réflexion approfondie et à une concertation réelle avec les instances professionnelles avant toute mise en œuvre de ces réformes. La fédération souligne l’importance de garantir un cadre éthique, équitable et pragmatique pour l’avenir de la pharmacie au Maroc.

Les pharmaciens obtiennent gain de cause : l’AMMPS convoque une nouvelle réunion avec les syndicats

Les pharmaciens ont obtenu gain de cause. Après avoir refusé de les recevoir conjointement, le lundi 24 février dernier, le directeur de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS) a convié les quatre principales centrales syndicales à une nouvelle rencontre.

Ces quatre centrales – la Fédération nationale des syndicats de pharmaciens du Maroc, la Confédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, l’Union nationale des pharmaciens du Maroc et le Syndicat national des pharmaciens du Maroc – ont finalement annulé la conférence de presse initialement prévue ce jeudi 27 février, dans l’attente des conclusions de leur réunion avec le professeur Samir Ahid.

Cette nouvelle rencontre aura lieu ce vendredi 28 février.

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Prise de contact tendue entre l’Agence du médicament et les syndicats de pharmaciens

 

 

 

Les pharmaciens autorisés à réaliser cinq tests rapides d’orientation diagnostique

Dans un communiqué daté du dimanche 18 Août, la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, informe de l’ajout par arrêté ministériel numéro 1236.24- de nouveaux tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) pouvant être effectués en officine.

Contactée par Médias24, Dr Souad Moutaouakil, présidente du conseil régional de l’ordre des pharmaciens du sud apporte plusieurs éclairages en lien, entre autres avec les types de test, la tarification et le démarrage effectif en officine.

Cinq nouveaux tests sont désormais réalisables en officines : la glycémie capillaire, le test oropharyngé pour l’angine streptococcique de type A, le test oropharyngé pour la grippe, ainsi que les tests de grossesse et d’ovulation.

Plusieurs avantages avérés des TROD

Selon notre interlocutrice, les TROD peuvent être déterminants dans plusieurs cas et orienter vers le bon diagnostic, ce qui est en soi important pour prendre le bon traitement. C’est le cas par exemple pour le test oropharyngé pour l’angine qui peut être utilisé pour déterminer la nature de l’angine qui peut être virale ou bactérienne. Le test permet ainsi d’orienter le diagnostic et d’éviter aux patients un recours systématique aux antibiotiques. Ce qui limite les risques liés à l’antibiorésistance.

Toujours selon Dr Moutaouakil, « le test capillaire pour la glycémie a l’avantage de favoriser le dépistage précoce du diabète et d’orienter rapidement le patient vers le médecin avant la survenance des complications majeures».

Celle-ci rappelle que les TROD permettant d’éviter les complications pour les maladies chroniques et l’antibiorésistance se font déjà dans plusieurs pays développés comme la France, la Suisse et le Canada.

Il importe de préciser qu’un TROD n’est pas un acte de biologie médicale. En conséquence, il ne peut pas remplacer un diagnostic réalisé au moyen d’un examen de biologie médicale.

Au sujet de la date de l’opérationnalisation et de  la tarification des TROD, Dr Moutaouakil précise que : «Nous sommes en train de réfléchir au niveau de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc pour l’application d’un tarif pour chaque test. La détermination de la tarification qui doit être harmonisée au niveau des différentes pharmacies du Maroc permettra ensuite l’opérationnalisation des TROD en officine».

L’autorisation pour les pharmaciens d’effectuer de nouveaux TROD, une décision saluée par la profession, valorise selon notre interlocutrice l’acte pharmaceutique.

Khalid Ait Taleb se réunit avec les centrales syndicales nationales des pharmaciens

L’organisation de cette réunion s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des termes de l’accord conclu entre le ministère de la Santé et de la protection sociale et les centrales syndicales nationales des pharmaciens le 15 avril 2023 concernant les revendications, précise un communiqué du ministère.

Le ministère de la Santé et de la protection sociale s’est engagé à poursuivre la politique de dialogue et à adopter une approche participative avec les centrales syndicales nationales des pharmaciens par rapport à l’intégration de la profession des pharmaciens dans tous les projets de réforme du secteur de la santé national, poursuit la même source. En tête de ces projets figurent la généralisation de la couverture sanitaire universelle, la protection sociale et l’assurance de la souveraineté pharmaceutique, à travers l’adoption d’une politique pharmaceutique nationale garantissant l’amélioration de la profession et la qualité des services de santé fournis aux citoyennes et citoyens, poursuit la même source.

Dans ce contexte, le ministre de la Santé et de la protection sociale a souligné « l’importance primordiale du secteur pharmaceutique dans la politique ministérielle ainsi que dans le système de santé national, en plus du rôle majeur joué par les pharmaciens dans la réussite des réformes ambitieuses que connaît le secteur », ajoute-t-on.

La rencontre s’est tenue en présence du directeur des médicaments et de la pharmacie au ministère, ainsi que des représentants des centrales syndicales nationales des pharmaciens au Maroc, à savoir : la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, la Confédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, l’Union nationale des pharmaciens du Maroc et le Syndicat national des pharmaciens du Maroc, conclut le communiqué.

Intégrer les pharmaciens dans la réforme

Dans une déclaration à la presse, les représentants des centrales syndicales des pharmaciens se sont félicités de l’interaction positive du ministère de tutelle avec leurs revendications et de l’intégration de la profession des pharmaciens dans tous les projets structurants visant la réforme du secteur.

Dans ce sens, le secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens, Mohamed Mounir Tadlaoui, a indiqué que le ministère a réagi favorablement à un nombre de revendications présentées par la fédération, notamment la mise en place de conseils régionaux des pharmaciens.

Cette rencontre a été l’occasion d’examiner d’autres questions portant sur « le respect de la chaîne de distribution des médicaments et la mise à disposition des médicaments originaux et génériques aux citoyens », a-t-il noté.

Pour sa part, le président du Syndicat national des pharmaciens du Maroc, Abderrazak El Manfalouti, a salué les efforts soutenus déployés par le ministère et l’ensemble des partenaires concernés en vue d’impulser une réforme globale du système de la santé au Maroc, à travers notamment la généralisation de la couverture sanitaire universelle, la protection sociale et la garantie de la souveraineté pharmaceutique.

Il a souligné l’importance d’adopter une politique pharmaceutique nationale à même de promouvoir la profession et d’améliorer la qualité des prestations de santé fournies aux citoyens.

De son côté, le président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, Mohamed Lahbabi, a estimé que cette réunion, marquée par la présentation du bilan des acquis réalisés, a permis d’amorcer « une contractualisation entre les pharmaciens et le ministère de la Santé et de la protection sociale en vue de mettre en œuvre les chantiers entrepris avec la commission ad hoc« .

Le président de l’Union nationale des pharmaciens du Maroc, Fassih Hicham, a, quant à lui, indiqué que cette réunion intervient suite à huit autres rencontres avec la commission technique chargée du dialogue, relevant que « la majorité des points discutés tiennent compte des intérêts des citoyens et des pharmaciens sur un pied d’égalité ».

(Avec MAP)