Futur centre d’enfouissement de Casablanca : l’annonce du gestionnaire est imminente

Selon nos informations, la commune a finalisé l’examen des offres financières de ce marché. Elle est à présent en train d’examiner le financement proposé par le groupement retenu avec des experts, d’autant que le montant est jugé élevé.

« Nous sommes en phase finale« , nous confient nos interlocuteurs. « Nous allons bientôt annoncer le nom du groupement retenu ».

Rappelons que trois groupements étaient en lice pour ce marché, dont chacun est composé d’au moins une société marocaine, comme exigé par le cahier des charges afin de garantir une représentation des entreprises nationales.

Ce projet est attendu par toute la communauté casablancaise pour tourner la page des décharges et de la problématique du lixiviat. Selon les termes du cahier des charges de ce marché, l’enfouissement, réalisé actuellement dans la décharge contrôlée à hauteur de plus de 90%, doit être réduit pour atteindre un maximum de 50% à partir du 24ème mois de la notification de l’ordre de service prescrivant le démarrage de la gestion du CEV.

Le futur gestionnaire devra donc privilégier la valorisation des déchets, pour atteindre un minimum de 25%.

Une fois l’annonce du nouveau délégataire faite, les travaux devront démarrer rapidement pour rattraper le retard qu’accuse ce projet. La commune ambitionne de réaliser ce CEV au plus tard dans les deux ans à venir, soit vers fin 2026, ou début 2027.

Déchets ménagers : 21 MMDH pour la réhabilitation de 230 décharges non contrôlées d’ici 2034

En collaboration avec le département de l’Environnement durable relevant du ministère de la Transition énergétique, et avec l’appui de la Banque mondiale, le ministère de l’Intérieur avait lancé en 2008 le Programme national des déchets ménagers et assimilés (PNDM) dans l’objectif d’assurer la collecte et le nettoiement des déchets ménagers, la réalisation de centres d’enfouissement et de valorisation (CEV), la réhabilitation ou la fermeture de décharges sauvages, ainsi que la modernisation du secteur des déchets par la professionnalisation du secteur. Où en est ce programme ? Et quels sont ses résultats ? Le point avec la Direction des réseaux publics locaux relevant du ministère de l’Intérieur.

Le PNVDM pour rattraper le retard du PNDM

« La réhabilitation des décharges sauvages au Maroc a été lancée pour la première fois dans le cadre du PNDM, mis en place par l’Etat en 2008 pour une durée de 15 ans« , nous rappelle la Direction.

« Ce programme avait pour objectif principal de résorber la pollution due aux déchets ménagers via, entre autres, la réalisation de décharges contrôlées, la réhabilitation de décharges sauvages en milieu urbain au niveau de 220 collectivités territoriales, ainsi que le développement de la filière de tri-valorisation, et ce, dans le but de porter le taux de recyclage des déchets ménagers et assimilés à 20% à l’horizon 2022″.

« Après l’achèvement de ce programme en 2022, le ministère de l’Intérieur a mis en œuvre un nouveau programme intitulé Programme national de valorisation des déchets ménagers (PNVDM), visant à consolider les acquis et à rattraper les retards enregistrés dans le cadre du programme précédent, notamment en ce qui concerne la réhabilitation des décharges et la valorisation des déchets ménagers », explique notre source.

« Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur, en concertation avec les collectivités territoriales, a mis en œuvre un plan d’action visant à éliminer les dépotoirs de déchets ménagers et à réhabiliter toutes les décharges non contrôlées d’ici 2034, dont le nombre est d’environ 230″.

« Cette étape interviendra après la réalisation des centres d’enfouissement et de valorisation des déchets ménagers (CEV), ou des centres d’enfouissement technique (CET) », précise la Direction.

« Le coût global de l’investissement pour la période 2023-2034 est de 21,14 milliards de DH, dont 695,46 millions de DH seront consacrés aux projets de réhabilitation des décharges sauvages« .

67 décharges réhabilitées entre 2008 et 2022 pour 900 MDH

Selon la Direction des réseaux publics locaux, à peine 67 décharges ont été réhabilitées dans le cadre du programme PNDM, avec un budget de 900 MDH.

Celles-ci se trouvent dans les douze régions du pays, et principalement au niveau de :

Casablanca-Settat : l’ancienne décharge sauvage de Médiouna, fermée à l’arrivée du nouveau bureau du conseil de la ville de Casablanca ; les décharges au niveau des provinces et préfectures de Mohammédia et Benslimane, gérées par le groupement solidaire pour l’environnement ; et les décharges d’El Jadida, Moulay Abdellah et Bir Jdid.

L’Oriental : les décharges d’Oujda, Nador, gérée par l’ECI ‘Grand Nador’, Berkane, gérée par le groupement ‘Trifa’, Figuig et Taourit.

Fès-Meknès : les décharges de Fès, Taza, Taounate, Meknès, Ifrane et Boulemane.

– Rabat-Salé-Kénitra : les décharges de Rabat, Salé, Témara, Sidi Slimane, Sidi Yahya, Khémisset, Sidi Allal Bahraoui, Kénitra, Souk Larbaâ du Gharb, Mehdia et Moulay Bousselham.

La carte ci-dessous montre, dans le détail, les communes concernées par la réhabilitation des décharges sauvages par région.

27 décharges contrôlées construites au niveau de 178 communes

De nouvelles décharges contrôlées ont par ailleurs été construites au niveau de 178 communes par le ministère de l’Intérieur. Il s’agit d’un total de 27 centres d’enfouissement et de valorisation (CEV) et centres d’enfouissement technique (CET).

Ces centres ont été construits dans les 11 régions suivantes : l’Oriental, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, TTAH, Fès-Meknès, Beni Mellal-Khénifra, Souss-Massa, Laâyoune-Sakia El Hamra, Guelmim-Oued Noun et Dakhla-Oued Eddahab.

Toujours selon la même source :

– Dans la région de l’Oriental, les nouvelles décharges contrôlées construites se trouvent à Oujda, Nador, Berkane, Figuig et Taourirt.

– Dans la région de Marrakech-Safi, elles se trouvent à Marrakech, Essaouira et Safi.

– Dans la région de Rabat-Salé-Kénitra, elles ont été construites à Salé (décharge d’Oum Azza) et à Kénitra.

– Dans la région de Casablanca-Settat, elles se trouvent à Casablanca (la décharge contrôlée en cours d’exploitation actuellement), à Mohammédia-Benslimane et à El Jadida.

– Dans la région de TTAH, de nouvelles décharges contrôlées ont par ailleurs été ouvertes à Al Hoceima, M’diq-Fnideq, Assilah et Tétouan.

– Dans la région de Fès-Meknès, elles se trouvent à Béni Mellal et à Khénifra.

La carte ci-dessous détaille les provinces et préfectures ayant connu la construction de nouvelles décharges contrôlées.

37 décharges en cours de réhabilitation dans le cadre du PNVDM

Par ailleurs, dans le cadre du PNVDM lancé en septembre 2023 par le ministère de l’Intérieur, 37 décharges sauvages sont en cours de réhabilitation, pour un budget de 695,46 MDH.

Parmi les décharges concernées, la Direction des réseaux publics locaux cite celles de Casablanca (233 MDH), de Rabat (76 MDH), de Béni Mellal (26 MDH) et de Tarfaya (48 MDH).

« Toutes les mesures seront mises en place pour que l’ensemble des décharges (230 au total) soient réhabilitées dans le cadre du PNVDM à l’horizon 2034 », assure la Direction. Pour ce faire, un plan d’action a été élaboré, structuré autour des trois étapes suivantes :

– l’identification et la localisation des décharges non contrôlées en concertation avec les collectivités territoriales ;

– l’accompagnement des communes concernées pour la réalisation des études de réhabilitation de chaque décharge ;

– l’accompagnement des communes pour la réalisation des CEV/CET et la réhabilitation des décharges correspondantes.

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Centre d’enfouissement de Casablanca : annonce imminente du nouveau délégataire, trois groupements en lice

Ce projet structurant accusait beaucoup de retard en raison de difficultés liées au foncier, réglées par Mohamed Mhidia à son arrivée. Sa réalisation permettra à la métropole une meilleure gestion des déchets et du lixiviat, et contribuera à diminuer les odeurs nauséabondes dont souffrent les riverains des décharges sauvages et contrôlées depuis plusieurs années.

Trois groupements en lice

Selon nos informations, trois groupements sont en lice pour la gestion du futur Centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) des déchets ménagers et assimilés, qui sera érigé sur le territoire de la commune de Mejjatia Ouled Taleb sur une superficie de 264 ha.

« Ces groupements se composent tous d’au moins une société marocaine, comme exigé par le cahier des charges, pour garantir une représentation des entreprises nationales », expliquent nos sources.

« Nous avons également insisté, dans notre sélection, sur le génie civil. Les sociétés soumissionnaires doivent absolument avoir de l’expérience dans le génie civil, notamment pour la construction de la station de traitement des lixiviats » reçus et produits au CEV et des lixiviats provenant éventuellement d’anciennes décharges réhabilitées.

En effet, en plus de la conception des installations et des ouvrages de ce CEV, le futur délégataire sera chargé de la réalisation des investissements nécessaires à son exploitation, à sa gestion, ainsi qu’à la mise en place d’un centre de tri semi-mécanisé, d’ouvrages et d’installation nécessaires à l’enfouissement, et d’une station de traitement des lixiviats. Il sera aussi chargé de la gestion post-fermeture des deux anciennes décharges.

Annonce imminente du futur gestionnaire

Les examens des dossiers des soumissionnaires sont à l’étape finale, d’après nos interlocuteurs. Les plis financiers, dernière phase d’étude des dossiers, ont été ouverts. « L’annonce du nouveau délégataire est donc imminente, et on espère que ce sera une bonne nouvelle pour Casablanca ».

Parmi les exigences prises en considération dans l’examen de ces dossiers, la créativité dans les solutions apportées, notamment pour réduire l’enfouissement au profit de la valorisation des déchets. « Nous avons, sur ce point, laissé la porte ouverte à différents choix et propositions ».

Selon les termes du cahier des charges de ce marché, consulté par Médias24, l’enfouissement, réalisé actuellement dans la décharge contrôlée à hauteur de plus de 90%, doit être réduit pour atteindre un taux maximal de 50% à partir de 24 mois de la notification de l’ordre de service prescrivant le démarrage de la gestion du CEV.

Le futur gestionnaire devra donc privilégier la valorisation des déchets pour atteindre un minimum de 25% (recyclage, combustibles solides de récupération et compostage). C’est d’ailleurs un engagement du délégataire. En cas de non atteinte de ce taux, selon le planning contractuel proposé dans le contrat de gestion, les prix à la tonne seront impactés, tenant compte des taux atteints effectivement.

« On encourage l’autofinancement »

Ce projet nécessitera un investissement de plus de 3,15 milliards de DH, dont 400 MDH pour le foncier.

« La gestion des lixiviats et des gravats, que nous avons déjà réalisée, entre également dans ce budget total », précisent nos sources. « L’on peut alors dire que le budget pour la réalisation et la gestion de cette structure s’élève à 2 MMDH, dont plus de 1 MMDH financés par la commune de Casablanca ».

« Au-delà de ce budget, nous demandons aux sociétés privées soumissionnaires de s’autofinancer. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certaines ont demandé une gestion de 24 ans, voire de 30 ans« , alors que dans le cahier des charges, la gestion de ce centre est fixée à 20 ans.

« Nous sommes également en train de négocier le coût à la tonne de traitement des déchets qui s’élève actuellement à 35 DH. Il s’agit d’un traitement basique, sans le lixiviat », et sans la valorisation des déchets prévue. Ce coût sera donc sûrement revu à la hausse.

Deux ans pour la concrétisation de ce projet

« Une fois l’annonce du nouveau délégataire faite, les travaux devront démarrer rapidement pour rattraper notre retard », concluent nos sources. « Nous espérons que ce CEV sera réalisé, au plus tard, dans les deux ans qui viennent », vers fin 2026 ou début 2027, avant l’accueil du Mondial 2030.

Casablanca : le marché d’exploitation de la décharge contrôlée relancé

La gestion de la décharge contrôlée avait été décrochée par SOS NDD en 2020 pour une durée de 3 ans, reconductible d’année en année, pour chaque exercice budgétaire. Son contrat a pris fin, apprend-on auprès d’une source de la commune, et pour assurer la continuité du service de la décharge, un nouveau marché a été lancé par la SDL Casa Baia relatif à son exploitation.

Le nouveau contrat d’exploitation sera conclu pour une année n’excédant pas l’année budgétaire en cours, toutefois le marché sera reconductible d’année en année pour une période de trois ans, lit-on sur les documents de cet appel d’offres. Un délai durant lequel la commune de Casablanca espère finaliser la construction du futur centre d’enfouissement et de valorisation, qui devrait remplacer cette décharge contrôlée.

Le coût des prestations est estimé à 49,56 millions de DH. La gestion du lixiviat et la fermeture des casiers saturés sont les principaux points de ce marché. L’ouverture des plis est prévue pour le 20 novembre prochain.

Trois casiers existants à gérer en plus des casiers d’extension prévus

Le périmètre d’exécution de ce marché comprend ce qui suit :

– La décharge contrôlée de Casablanca contenant :

– Les casiers d’extension, qui seront éventuellement aménagés par les soins du maître d’ouvrage et mis à la disposition de l’exploitant.

Comme le montre l’image ci-dessous, le site de la décharge se situe sur le territoire de la commune Mejjatia Ouled Taleb relevant de la province de Médiouna. Il est accessible via la RR315, qui passe à environ 600 m du portail d’entrée de la décharge.

Près de 1,3 million de tonnes enfouies par an

Le tonnage enfoui au niveau de cette décharge durant les deux dernières années s’élève à près de 1,27 million de tonnes en 2022, contre 1,3 Mt en 2023.

Ce tonnage comprend les déchets ménagers et assimilés, les déchets verts et les déchets industriels banals provenant des unités industrielles.

Cette structure reçoit les déchets collectés sur le territoire de la commune de Casablanca ainsi que les communes avoisinantes relevant des provinces de Médiouana et de Nouaceur, à savoir les communes de Médiouna, Mejjatia Ouled Taleb, Sidi Hajjaj Oued Hassar, Tit Mellil, Lahraouiyine, ainsi que les communes relevant de l’Etablissement de coopération intercommunal Al Bayda, notamment Dar Bouazza, Ouled Saleh, Ouled Azzouz, Bouskoura, et Nouaceur.

La gestion du lixiviat, l’un des principaux engagements du titulaire

Outre les engagements classiques habituels relatifs à la gestion de cette décharge, le titulaire de ce marché est également tenu de prendre en considération toutes les conditions et les contraintes existantes au niveau du site de la décharge concernant la gestion du lixiviat. Il devra ainsi assurer le pompage des lixiviats vers tout exutoire, et réaliser un réseau de collecte des lixiviats aux niveaux supérieurs des casiers avec un raccordement vers le réseau de drainage.

Sur le volet du traitement des lixiviats, Nabila Rmili, maire de Casablanca, avait annoncé le 7 octobre dernier, lors de la session ordinaire du conseil de la ville, que 700 m3 sont quotidiennement traités dans une station d’épuration ; ce qui a permis de régler la problématique des odeurs nauséabondes dont souffraient les riverains.

Le titulaire devra également réaliser, en fin d’exploitation, les travaux de fermeture de l’ensemble des casiers saturés (casier 1, 2 et 3, ainsi que les casiers d’extension).

Le CEV, un projet qui prend beaucoup de retard

Rappelons que cette décharge contrôlée est temporaire. Elle devrait être réhabilitée et laisser place au futur centre d’enfouissement et de valorisation, un projet d’envergure qui nécessite un investissement de plus de 3 milliards de DH.

Il s’agit d’un projet ambitieux qui a connu plusieurs blocages relatifs notamment au foncier. La commune Mejjatia Ouled Taleb, qui accueille actuellement la décharge contrôlée, avait refusé d’accueillir de nouveau un projet en relation avec les déchets, ce qui avait bloqué le projet pendant des mois. Le dossier a été débloqué par le nouveau wali à son arrivée.

Ces blocages ont retardé le projet qui devait voir le jour après trois ans d’exploitation de la décharge contrôlée par SOS NDD, mais il n’en est toujours rien.

Le marché relatif à la réalisation de ce projet en est encore au stade de l’appel d’offres, dont l’ouverture des plis a été reportée au moins à deux reprises.

« Nous avons reçu plusieurs demandes de la part de plusieurs grandes sociétés qui désirent participer à ce marché. Pour n’en exclure aucune, nous avons alors décidé de reporter l’ouverture des plis au 19 novembre prochain« , nous explique notre source à la commune.

Réhabilitation de la décharge sauvage : le taux d’avancement des travaux atteint près de 50%

En ce qui concerne l’ancienne décharge sauvage de Casablanca, Nabila Rmili avait annoncé, lors de la session ordinaire du conseil de la ville, que le projet de réhabilitation était en cours. « Comme promis aux citoyens de la commune Mejjatia Ouled Taleb, la décharge sauvage est en cours de réhabilitation pour être transformée en jardin. Les travaux sont à 50% de réalisation ».

« Nous avons prévu une visite des lieux dans les prochains jours pour constater à nouveau l’état d’avancement. L’objectif est de supprimer tout ce qui a porté préjudice à l’environnement durant plusieurs années ».

Centre d’enfouissement de Casablanca : le marché relancé, la consistance et le périmètre de gestion détaillés

La commune de Casablanca a relancé l’appel d’offres international relatif à la gestion déléguée du centre d’enfouissement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés de la métropole, dont l’ouverture des plis est prévue le 19 novembre prochain.

Aucune entreprise ni groupement ne se sont manifestés pour celui ouvert en début d’année, ni pour l’appel international pour la préqualification des sociétés éligibles à la procédure de cet appel d’offres.

Consistance et périmètre de gestion

Ce nouvel appel d’offres présente le cahier des charges à respecter par le futur délégataire, mais aussi la convention de gestion déléguée de 20 ans, qui sera signée entre la Commune de Casablanca, le nouveau délégataire et le ministère de l’Intérieur.

Consulté par nos soins, le cahier des charges définit les conditions techniques et administratives pour cette gestion, qui couvre la conception, le financement, la réalisation, l’exploitation, l’entretien du centre d’enfouissement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés (CEV) ainsi que la réhabilitation de la décharge contrôlée de Casablanca et des casiers saturés et fermés, ainsi que la gestion post fermeture des décharges réhabilitées (décharge contrôlée actuellement en service et l’ancienne décharge de Médiouna).

Le futur délégataire aura l’exclusivité de l’enfouissement et de la valorisation des déchets ménagers collectés dans le périmètre de la gestion déléguée.

Il s’agit d’un terrain situé à la commune Mejjatia Ouled Taleb, à la province de Médiouna. Ce site est accessible par la RR315 et par la RP 3020. La population la plus proche est implantée à moins de 500 m du site.

Le terrain dédié à la réalisation du CEV, comme le montre le plan ci-dessous, est une parcelle du foncier objet du TF 3395/48 d’une superficie globale de 264 ha. Le délégataire doit utiliser la partie du foncier nécessaire à l’implantation du CEV. Le reste du foncier sera affecté par le déléguant à d’autres projets.

Ce CEV est destiné à recevoir les déchets ménagers et assimilés du périmètre délimité par le découpage administratif des communes de Casablanca, et celles relevant des provinces de Médionna (Lahraouine, Mediouna, Tit Mellil, Majjatia Ouled Taleb, Sidi Hajjaj Oued Hassar) et de Nouaceur (Bouskoura, Dar Bouazza, Nouaceur, Ouled Azzouz, Ouled Saleh).

La population cible s’élève ainsi à près de 3,9 millions de personnes, dont 3,36 millions situées au niveau de la commune de Casablanca.

Le délégant, qui est la commune de Casablanca, confie à titre exclusif au délégataire, à ses risques et périls, les prestations de mise en décharge, de tri et de valorisation des déchets ménagers et assimilés du délégant. La responsabilité du délégataire est engagée dès lors que les déchets franchissent la barrière d’entrée du site du CEV, et qu’ils sont acceptés.

Le traitement mécano-biologique préconisé, pour un minimum de 25% de valorisation

La solution proposée pour le traitement et la valorisation des déchets ménagers et assimilés à l’intérieur du périmètre de gestion déléguée peut intégrer toute opération physique, thermique, chimique ou biologique en vue de réduire dans des conditions contrôlées le volume des déchets à enfouir et atteindre au minimum les objectifs de valorisation ci-dessous :

réduire le volume des déchets enfouis par rapport aux déchets reçus à moins de 50%. Actuellement, ce taux est à plus de 90%.

– atteindre un taux de valorisation minimum de 25% (recyclage, combustibles solides de récupération- CSR, compostage).

Ce taux désigne le rapport des quantités recyclées et/ou valorisées sur les quantités de déchets arrivées à l’entrée du CEV. C’est un engagement du délégataire. En cas de non atteinte de ce taux selon le planning contractuel proposé, les prix à la tonne seront impactés tenant compte des taux atteints effectivement.

La commune exige par ailleurs que la qualité du CSR produit respecte les exigences et les valeurs limites en matière de teneurs en polluants. Sa production doit toutefois monter en charge. Selon les chiffres prévisionnels, elle doit atteindre 270.000 tonnes à partir de 2030, jusqu’à la fin du contrat de gestion, contre environ 144.000 tonnes en 2024.

Toutefois, le traitement préconisé pour le traitement et la valorisation des déchets à l’intérieur du périmètre de gestion déléguée est le traitement mécano-biologique (MBT). Il consiste en l’imbrication étroite d’opérations mécaniques (tri, broyage et séchage pour la production du combustible solide de récupération…) et d’étapes biologiques (compostage…)

En plus de cette solution de base, le délégataire pourra proposer toutes autres solutions de traitement et de valorisation tant qu’elle permet d’améliorer le taux de valorisation de 25% exigé ou d’améliorer la rentabilité du projet dans sa globalité à la tonne pour le déléguant en respectant les capacités budgétaires y afférentes.

Principales missions du futur délégataire

Le futur délégataire devra couvrir un ensemble de prestations, dont les plus importantes sont les suivantes :

– La conception des installations et des ouvrages du CEV ;

– La réalisation des investissements nécessaires à l’exploitation du CEV ;

– La gestion du CEV ;

– La mise en place d’un centre de tri semi-mécanisé et la mise en place des lignes pour le tri de la totalité des déchets reçus pour atteindre les objectifs exigés ;

– La réception, la pesée et le contrôle de la nature des déchets rentrant au CEV ;

– La mise en place des ouvrages et des installations nécessaires à l’enfouissement des déchets ménagers et assimilés pour atteindre un taux d’enfouissement maximal de 50% à partir de 24 mois de la notification de l’ordre de service prescrivant le démarrage de la gestion du CEV. Il s’agit notamment de :

– La réalisation d’une station de traitement des lixiviats dimensionnés pour le traitement des lixiviats reçus et produits au CEV et des lixiviats provenant éventuellement des anciennes décharges réhabilitées, y compris le système d’évacuation et de stockage des eaux traitées à réutiliser pour l’arrosage des espaces verts et le branchement au réseau d’assainissement des eaux usées pour l’évacuation des eaux traitées non réutilisées ;

– La production et la commercialisation des produits de valorisation (produits recyclables, CSR, compost, électricité…) ;

– La gestion post-fermeture des anciennes décharges (la décharge de Médiouna qui sera réhabilitée par la commune et la décharge contrôlée qui sera réhabilitée par le futur délégataire) et des casiers saturés et fermées.

Le premier centre d’enfouissement construit 6 mois après l’entrée en vigueur du contrat de gestion

En ce qui concerne le délai de réalisation de ces prestations, le cahier des charges précise que le délégataire devra prendre en charge toutes ses responsabilités vis-à-vis de la gestion et l’exploitation, y compris la réception et l’enfouissement des déchets de la commune pendant la durée des travaux et ce à compter de 6 mois après la date de l’entrée en vigueur du contrat.

Il devra aussi assurer une gestion transitoire du CEV (y compris la gestion, le transport et l’évacuation des lixiviats dans une station de traitement à l’extérieur du site) pendant la durée de la réalisation des installations du nouveau CEV, lesquelles doivent être mises en place dans un délai maximum de 24 mois à compter de l’entrée en vigueur du contrat de gestion.

Le premier casier d’enfouissement doit être mis en place 6 mois après cette date pour assurer la continuité de réception des déchets du déléguant, et 14 mois après ladite date pour la station de traitement des lixiviats. Le casier d’enfouissement doit être aménagé par le dispositif d’étanchéité, et le délégataire devra privilégier la subdivision des casiers exploités en alvéoles pour réduire au maximum la surface d’exploitation à ciel ouvert.

Les centres de tri et de valorisation devront pour leur part être mis en place, respectivement, 12 mois et 14 mois après l’entrée en vigueur dudit contrat. En ce qui concerne la réhabilitation de la décharge contrôle, elle devra être achevée 14 mois après l’entrée en vigueur du contrat de gestion.

Une moyenne de 1,63 million de tonnes par an

Le cahier des charges donne également des indications sur le taux d’accroissement annuel moyen de la quantité de déchet. L’évolution est de 1,1% par an pour Casablanca et de 5,8% pour les provinces de Nouaceur et de Médiouna. La moyenne de production des déchets par an est estimée à 1,63 million de tonnes, soit environ 4.400 tonnes par jour.

En 2043, les déchets prévus d’être produits s’élèvent à une moyenne de plus de 2 millions de tonnes. Et seuls les déchets ménagers, les déchets verts et les déchets industriels banals sont admissibles. Les déchets ménagers, qui représentent 55% des déchets de la ville, sont caractérisés par une forte humidité, entre 65 et 70%.

En ce qui concerne les déchets inertes (matériaux de démolition, déblais..) parvenant à la décharge, soit par des apports volontaires, soit par le délégataire, devront être déposés séparément dans un endroit de la décharge autre que les casiers aménagés pour l’enfouissement des déchets. Le délégataire devra se servir ultérieurement de ce type de déchets pour l’aménagement des pistes tertiaires, s’ils sont de nature appropriée. Sont toutefois interdits tous les déchets liquides, toxiques, explosifs et plus généralement tous les déchets dangereux.

Sur le volet investissement, au cours des premières années du contrat, les travaux d’investissement se rapportent essentiellement à la construction de l’ensemble des ouvrages et installations relatives au CEV, y compris les travaux de réhabilitation et de fermeture de la charge contrôlée de Casablanca et la réhabilitation des nouveaux casiers au fur et à mesure de leur exploitation et à la fin de leur exploitation.

Tanger : plus de 90 MDH pour la gestion des centres de transferts et d’enfouissement des déchets

Le site du Centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) d’Al Boughaz est localisé dans la commune d’Al Manzla, à environ 38 km au sud de la métropole de Tanger. Quant au site du Centre de transfert de Tanger, il est situé sur la route nationale n°2 menant vers Tétouan à 10 km du centre de Tanger. Le centre de transfert se trouve à une distance de 28 km par rapport au CEV de Tanger.

Le tonnage reçu au niveau du CEV est scindé en trois catégories :

– Un tonnage de 3 communes (Tanger, Gueznaia et Laaouama) compacté dans les compacteurs du Centre de transfert de Tanger puis transporté et traité au sein du CEV ;

– Un tonnage transporté par 9 communes (Al Bahraoyene, Hjar Ennhal, Jbel Lahbib, Assilah, Aquwass Briech, Sahel Chamali, Had Gharbia, Sidi Lyamani et Dar Chaoui) via leurs moyens propres ; puis déposé au CEV d’Al Boughaz pour traitement ;

– Un tonnage des déchets industriels banals provenant des unités industrielles et du secteur privé reçu au niveau du CEV d’Al Boughaz.

Le tonnage moyen reçu au niveau du CEV de Tanger en 2023 s’élève à environ 1.360 tonnes/jour, y compris celui du secteur privé. Les tonnages prévisionnels annuels des communes sont estimés à 450.000 tonnes pour le CEV et à 435.000 tonnes pour le centre de transfert.

Un tonnage supplémentaire annuel a été reçu au niveau du CEV d’Al Boughaz, correspondant aux unités industrielles et au secteur privé. Ce gisement du secteur privé était de 80.000 t/an en 2023. Il comprend aussi les boues communales.

Casablanca : le terrain qui accueillera le nouveau centre d’enfouissement est évalué à plus de 400 MDH

La valeur foncière pour l’acquisition du terrain portant le titre foncier 48/3395, dont la superficie s’élève à 260 hectares, et qui sera dédié à la réalisation du nouveau centre d’enfouissement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés à Médiouna, a été déterminée par la Commission administrative d’évaluation du Conseil.

Cette valeur s’élève à 157 DH/ m2, apprend-on auprès de Moulay Ahmed Afilal, vice-président du Conseil chargé du nettoiement .

« Ce chantier avance bien, en coordination avec le Wali de la région Casablanca – Settat, qui a joué un grand rôle dans son accélération », a déclaré Nabila Rmili, maire de la ville, à l’occasion de la session ordinaire tenue ce mercredi.

« Les dispositifs réglementaires pour l’acquisition du foncier, dans l’objectif de réaliser ce projet, avancent bien », a-t-elle ajouté, notant que la nouvelle décharge actuelle est presque remplie.

« Ce centre d’enfouissement est très urgent. La décharge contrôlée actuelle devait être exploitée durant 3 ans, une durée à laquelle on pourra ajouter quelques mois ». Un appel d’offres a d’ailleurs été lancé pour la doter d’un troisième casier d’enfouissement.

« Nous sommes actuellement à plus de deux ans d’exploitation, et cette décharge pourra encore être exploitée durant 18  mois au maximum », a ajouté Mme Rmili.

La fixation de cette valeur foncière d’acquisition est donc une étape majeure de ce projet, « qui permettra le lancement des travaux, après l’acquisition du terrain ».

« Nous avons également réalisé des visites au niveau de la décharge actuelle contrôlée et de l’ancienne décharge, pour faire le point sur la problématique des odeurs nauséabondes dans la ville. De grands efforts ont ainsi été fournis pour traiter une grande partie du lixiviat stocké dans les bassins des deux décharges, et l’on peut dire qu’on ne sent quasiment plus ces odeurs », a-t-elle conclu à ce sujet.

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Décharge de Casa : révision des critères techniques du marché, une dizaine d’entreprises intéressées

Lancé en novembre 2023, le tant attendu marché de gestion du futur centre d’enfouissement et de valorisation des déchets (CEV) « connaîtra des modifications qui toucheront au volet technique », nous apprend une source de la mairie de Casablanca, jointe par Médias24.

Le candidat doit satisfaire différents critères dont : « Avoir au minimum une expérience relative aux travaux de génie civil comprenant les terrassements, les casiers d’enfouissement ou les bassins de stockage et les digues de protection, ou bien encore les dispositifs d’étanchéité et de complexe de drainage d’un montant supérieur ou égal à 500 millions de DH« . En cas de groupement, « le chef de file mandataire doit à lui seul satisfaire ce critère notamment ».

Les exigences de cet appel d’offres sont jugées élevées, notamment par les entreprises de taille moyenne.

« Ce critère pourrait exclure les petites ou moyennes entreprises de ce marché, alors que l’on ne dispose que d’un faible nombre de grandes entreprises dans le domaine. Ce critère de chiffre d’affaires sera donc revu à la baisse, de manière à rendre cet appel d’offres accessible aux entreprises de toutes tailles », nous explique notre source à la mairie.

Un avis modificatif sera ainsi publié dans les jours à venir afin de permettre aux candidats intéressés de déposer leurs dossiers.

Plus d’une dizaine de sociétés ont visité le lieu du futur centre d’enfouissement

Après le lancement de cet appel international pour pré-qualification, une visite des lieux a été effectuée le 7 novembre au site de la décharge de Médiouna, de la décharge contrôlée actuelle et du futur centre d’enfouissement et de valorisation.

Au total, 12 entreprises ont participé à cette visite, selon le procès-verbal dont dispose Médias24 :

Rappelons que le CEV sera construit dans la commune de Mejjatia Ouled Taleb, dans la province de Médiouna. D’une superficie de 260 hectares, ce centre est destiné à recevoir les déchets ménagers et assimilés de la commune de Casablanca et des communes relevant de Médiouna et Nouaceur.

Ce marché représente la première étape du processus de pré-qualification pour ce projet. Elle sera suivie par l’analyse des candidatures, à l’issue de laquelle les candidats retenus devront soumettre leur offre dans un délai de 60 jours à compter de la date de notification.

Les objectifs fixés par la ville de Casablanca sont les suivants : un taux de valorisation minimum de 25% et un taux d’enfouissement maximum de 50%.

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Gestion des déchets à Casablanca : le dossier débloqué par le wali, l’appel à préqualification lancé

La commune de Casablanca a récemment lancé un appel international pour la préqualification des sociétés éligibles à la procédure d’appel d’offres pour la gestion déléguée du centre d’enfouissement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés de Casablanca.

Selon les documents de cet appel d’offres, consultés par Médias24, ce CEV sera construit dans la commune de Mejjatia Ouled Taleb, dans la province de Médiouna. D’une superficie de 260 hectares, ce centre est destiné à recevoir les déchets ménagers et assimilés de la commune de Casablanca, et des communes relevant de Médiouna et Nouaceur.

Ce projet a fait polémique durant plusieurs semaines car on ne savait pas s’il allait être maintenu ou pas sur le même site.  Contacté par nos soins, Mohamed Afilal, vice-président du conseil de la ville de Casablanca, chargé du nettoiement, indique que ce dossier a été débloqué sur ordre du ministre de l’Intérieur. « A son arrivée, le nouveau wali de la région a accéléré plusieurs projets phares de la ville, en priorité celui du CEV et celui relatif à l’exploitation des sources d’eau de Casablanca ».

« Le CEV est un projet très important pour la métropole. Nous devons donner l’exemple à Casablanca, d’autant que le pays accueillera dans quelques années des évènements internationaux tels que la CAN 2025 et le Mondial 2030. De plus, avec le nouveau casier dont sera dotée la décharge contrôlée actuelle, celle-ci n’est encore exploitable que pour un an et demi tout au plus. Ce projet doit voir le jour au plus tôt », justifie-t-il.

Près de 6.000 tonnes de déchets par jour à Casablanca, Nouaceur et Médiouna

En effet, rien qu’en 2023, une moyenne journalière de plus de 6.000 tonnes de déchets est produite dans ces trois provinces/préfectures, soit une moyenne annuelle de 2,2 millions de tonnes dont 1,6 rien qu’à Casablanca.

Cette quantité est appelée à évoluer. Selon la commune, la quantité des déchets qui devrait être produite dans les trois provinces s’élève à 2,791 MT dans 20 ans, en 2043.

Ces derniers sont caractérisés par une forte humidité (65 à 70%) et composés à hauteur de 55% de déchets alimentaires, 10% de papier carton, 8% de plastique, 5% de déchets verts, 3% de bois et paille, 2% de verre, 2% de textile, 2% de métal et 1% d’aluminium, d’où l’importance du projet de CEV et du centre de tri dont il sera composé.

Élimination du stock de lixiviat en moins de 2 ans

Les prestations de l’appel à préqualification lancé par la commune couvrent la conception, le financement, la réalisation, la gestion, l’exploitation et l’entretien du CEV des déchets ménagers et assimilés du déléguant à l’intérieur du périmètre de la gestion déléguée, y compris le traitement et l’élimination des lixiviats stockés dans les bassins situés dans les anciennes décharges (décharge publique de Médiouna et décharge contrôlée de Casablanca), et ce pendant une durée de vingt ans.

Dans le détail, les prestations couvertes concernent :

– le traitement et l’élimination des lixiviats stockés dans les bassins situés dans la décharge publique et la décharge contrôlée dans un délai ne dépassant pas 2 ans, à compter de la date de signature du contrat de gestion déléguée ;

– la mise en place d’un centre de tri semi-mécanique et la mise en place des lignes de tri semi-automatique pour trier les déchets reçus ;

– les ouvrages et installations de mise en décharge comprenant notamment :

Au moins 25% de valorisation de déchets

Elles concernent également :

– les ouvrages et installations des déchets permettant un taux de valorisation des déchets de 25% au minimum, avec la production de CSR (combustible solide de récupération) et d’autres produits valorisables ;

– les ouvrages et installations de production du compost, si c’est intégré comme variante dans l’offre du soumissionnaire ;

– la réalisation d’études topographiques, investigations géotechniques, plans d’exécution et toutes autres études complémentaires, notamment l’étude relative à la caractérisation des déchets reçus au CEV ;

– la clôture et l’aménagement extérieur du terrain affecté au CEV ;

– la réalisation des locaux d’exploitation nécessaires ;

– la plantation d’un écran végétal en haie périphérique sur l’ensemble du périmètre du CEV ;

– la mise en place de moyens humains et matériels nécessaires.

Élimination des odeurs

Le délégataire ou le groupement retenu sera également tenu de :

– la gestion, l’entretien, le renouvellement et l’exploitation de l’ensemble des ouvrages matériels et installations du CEV dans le respect des normes et réglementations en vigueur ;

– le contrôle et le suivi des impacts environnementaux liés à la réalisation des ouvrages et l’exploitation du CEV de sorte à éliminer toute nuisance éventuelle notamment les odeurs ;

– la remise au déléguant de l’ensemble des données d’exploitation, comptables et financières relatives à l’ensemble des prestations de la gestion déléguée, conformément aux exigences du déléguant, ainsi que la mise en œuvre d’un système de suivi et contrôle partagé avec le déléguant à sa satisfaction et accessible par lui dans ses locaux.

Enfouissement, valorisation et gestion du lixiviat : le candidat doit décrire la solution proposée

Cet appel représente la première étape du processus de préqualification des candidats suite à l’analyse des candidatures, à l’issue de laquelle les candidats retenus devront soumettre leur offre dans un délai de 60 jours, à compter de la date de notification.

Les candidats doivent alors fournir avec leurs dossiers de candidature une description sommaire de l’ensemble des installations et des prestations, ainsi que leurs consistances qu’ils envisagent de mettre en œuvre, permettant de répondre aux objectifs fixés, qui sont un taux de valorisation minimum de 25% et un taux d’enfouissement maximum de 50%.

En plus de la solution de base, les candidats peuvent présenter des solutions variantes. Le candidat devra alors présenter sommairement les solutions et précédés techniques, en prédisant le bilan massique, la consistance des objectifs attendus et la description des ouvrages.

« Le taux de valorisation désigne le rapport des quantités recyclées et/ou valorisées sur les quantités de déchets arrivées à l’entrée du CEV », précise la commune dans ses documents. « Les pertes en masse / poids et en eau des déchets lors du traitement, ne sont pas considérées comme valorisation. »

Pour le traitement et l’élimination des lixiviats stockés dans les bassins des décharges (environ 800.000 m3), les candidats doivent présenter la solution envisagée et la planification dans le temps des interventions. Le candidat doit aussi décrire le circuit emprunté par les déchets depuis l’admission au CEV jusqu’aux différents produits de valorisation ou enfouissement.

Les informations d’ordre général sur le périmètre de la gestion déléguée et les caractéristiques des déchets du futur CEV feront pour leur part l’objet du contrat de gestion déléguée. Une visite des lieux sera organisée au site de la décharge de Médiouna (l’ancienne décharge sauvage), de la décharge contrôlée de Casablanca et au site du centre d’enfouissement et de valorisation le 7 décembre prochain.

En ce qui concerne le financement prévu du programme d’investissement contractuel, une subvention d’investissement sera accordée au futur délégataire.

Critères d’éligibilité au marché

Pour être préqualifié, le candidat devra satisfaire plusieurs critères relatifs à sa situation administrative, la taille de son entreprise, sa situation financière et ses expériences professionnelles.

En ce qui concerne la capacité financière du candidat, ce dernier doit justifier des capitaux propres supérieurs ou égaux à 300 millions de DH. En cas de groupement, les membres doivent justifier leur capacité en cumul du montant susvisé.

Pour ce qui est de la taille du candidat, il doit justifier d’un chiffre d’affaires annuel hors taxes d’un montant supérieur à 200 MDH lors des trois derniers exercices. En cas de groupement, le chef de file mandataire (opérateur de référence) doit à lui seul réaliser un chiffre d’affaires annuel moyen égal ou supérieur à 200 MDH hors taxe et ce lors des trois derniers exercices.

S’agissant de la santé financière de l’entreprise, le candidat doit soumettre les bilans et états financiers audités des trois derniers exercices, qui devront démontrer sa solidité financière à court terme et sa rentabilité à long terme.

Quant à l’expérience technique, le candidat doit justifier au minimum d’une expérience dans le domaine de l’exploitation des décharges contrôlées et d’une expérience relative aux travaux de génie civil comprenant les terrassements, les casiers d’enfouissement, les bassins de stockage et les digues de protection, ou encore les dispositifs d’étanchéité et de complexe de drainage d’un montant supérieur ou égal à 800 MDH. En cas de groupement, le chef de file mandataire doit à lui seul satisfaire au critère susmentionné.

Par ailleurs, un candidat peut être préqualifié sous réserve de corriger certaines insuffisances mineures aux conditions de préqualification, d’une manière satisfaisante par le délégant avant de présenter une offre.

À Casablanca, adoption de la convention sur les déchets, mais sera-t-elle appliquée de sitôt ?

Lors de la session ordinaire du conseil de la région de Casablanca-Settat tenue ce mardi 02 octobre, la convention relative à la réalisation du centre d’enfouissement et de valorisation des déchets de Casablanca faisait partie des points à l’ordre du jour.

Un point qui a causé trouble et remous lors de la session, tant le projet est clivant.

Quand la politique politicienne s’en mêle

« Le centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) est la solution miracle proposée par le bureau actuel de la ville de Casablanca. C’est le bijou de notre plan d’action communal. C’est très grave ce qui se passe autour de ce projet« , nous confie Moulay Ahmed Afilal, vice-président du conseil de la ville de Casablanca, chargé du nettoiement.

« Il s’agit d’un projet d’intérêt général. La solution radicale à une problématique qui n’a que trop duré. On aurait pu, comme les bureaux précédents, exploiter la nouvelle décharge pendant de nombreuses années et laisser des montagnes de déchets derrière nous. Mais nous avons promis de faire aboutir ce projet, qui mettra fin au calvaire des habitants de la ville, notamment ceux de Médiouna », poursuit-il déplorant un blocage d’ordre politique.

Pour le vice-président, la politique s’en est mêlée causant blocage et retard. « Dans lancienne décharge fermée, plus de 70 m de déchets sétaient accumulés. Je ne comprends donc pas le comportement de certains élus de la majorité. Même le PJD, qui est dans l’opposition, a voté en faveur de ce centre, conscient de son importance », commente Afilal.

« Certaines personnes évoquent la piste de l’incinération comme solution de traitement des déchets, sauf que cette technique coûte environ 800 DH la tonne. Actuellement, avec l’enfouissement, nous sommes à environ 130 DH la tonne. Dans le CEV, nous envisageons 10 à 15% d’enfouissement au plus et près de 85% de valorisation, contre 100% d’enfouissement actuellement. Ce traitement nous coûtera un peu plus de 200 DH la tonne« , explique notre source.

« D’autres élus proposent pour leur part de délocaliser ce projet à l’extérieur du Grand Casablanca, à Berrechid notamment. Mais qui nous garantit que dautres provinces voudront accueillir nos déchets ? En plus, cela engendrera des coûts supplémentaires. Le secteur du nettoiement nous coûte déjà 1 milliard de DH par an, en plus des 243 millions de DH par an convenus après la signature, en mai 2023 en contrepartie de l’amélioration du service ».

Médiouna ne veut plus de la décharge

En effet, lors de la session, il y a eu plusieurs passages critiques délus de la majorité, notamment du PAM, et de la province de Médiouna. Ces derniers ont dénoncé le fait que la province a toujours été désignée pour accueillir ce genre de projets, mais aussi le flou qui persiste encore autour du foncier qui devra abriter cette usine.

Dans un courrier adressé en mai 2023 à la maire de Casablanca, le ministère de l’Intérieur l’avait informée que la commune d’Al Majjatia Oulad Taleb ne pouvait pas accueillir le futur CEV, car il ne correspondait pas aux orientations du plan d’aménagement de celle-ci, adopté en 2019.

« Pourquoi c’est à la province de Médiouna d’accueillir ce genre projets ? », déplore un élu du PAM, qui a assuré au président de la région que tous les élus de Médiouna refusaient ce projet.

Et dajouter : « Plusieurs questionnements persistent autour de ce projet. Le foncier n’existe pas encore, aucune commune ne veut de ce projet, la participation de la région ne sera pas débloquée de sitôt, et il n’existe aucune étude d’un nouveau foncier pouvant abriter le projet. Qu’est-ce que lon va voter au juste ? ».

En réponse, Abdellatif Maâzouz avait par la suite expliqué que ce « projet sera voté pour éviter que la région ne soit la raison de son blocage. Toutefois, le déblocage de notre participation sera conditionné par lidentification du foncier notamment ».

Voté à la majorité, le projet a encore du chemin à faire

L’échange sur ce point a été houleux en public et puis en privé lors des discussions menées en privé par Maazouz. La session du 02 octobre a repris après près dune quinzaine de minutes, à l’issue desquelles Abdellatif Maâzouz a annoncé avoir trouvé un arrangement avec les élus, apaisant ainsi les tensions.

Il a été décidé dajouter deux conditions au déblocage de la participation de la région à ce projet :

– Le foncier doit d’abord être identifié ;

– Le CEV peut être construit dans la province de Médiouna ou toute autre province du Grand Casablanca.

Le deuxième point permet de ne pas fixer le projet à Médiouna et laisser une échappatoire à la province. Un bon compromis politique pour débloquer l’adoption de la convention, mais qui risque par ailleurs de compliquer son application.

« Nous n’avons pas le choix, ce projet doit voir le jour à temps »

Cependant, pour M. Afilal, il est évident que ce centre sera construit à Médiouna. « A présent que la convention a été adoptée par le conseil de la région, elle doit être visée par le ministère de l’Intérieur. Une fois les participations des différentes parties débloquées, nous pourrons démarrer les travaux ainsi que le traitement du lixiviat et la réhabilitation de l’ancienne décharge, en parallèle de la construction du CEV ».

Mais la question est de savoir si ce projet sera réalisé dans les délais. Le vice-président du conseil de la ville de Casablanca, chargé du nettoiement s’est montré catégorique :  « On ne peut pas se permettre d’avoir du retard. La décharge actuelle nest encore exploitable que pour un an et demi. Contrairement à l’ancienne, c’est un système de casiers qui y est adopté. Une fois remplis, on ne pourra plus y jeter des déchets. Où est-ce que l’on mettra les 4.000 tonnes de déchets ménagers collectés quotidiennement ? Le CEV doit voir le jour à temps ».

Notons que lusine nécessitera un investissement de 3,15 MMDH, qui sera financé de la manière suivante :

– ministère de l’Intérieur (DGCT) : 1,98 MMDH répartis sur dix ans (de 2023 à 2032), à raison de 198.2 MDH par an ;

– région de Casablanca-Settat : 272 MDH répartis sur cinq ans (de 2023 à 2027), à raison de 54,4 MDH par an ;

– commune de Casablanca : 894 MDH, financés à travers une gestion déléguée.

Casablanca : dans le futur Centre des déchets, un taux de valorisation escompté allant jusqu’à 85%

Le dossier de préqualification pour remporter la gestion du futur projet de Centre d’enfouissement et de valorisation des déchets (CEV) a été finalisé, et le foncier identifié (une superficie de 264 ha). Le dossier risque cependant de connaître un nouveau retard en raison des obstacles survenus dans l’acquisition du foncier. Le ministère de l’Intérieur a en effet estimé en mai dernier que la commune d’Al Majjatia Ouled Taleb, qui devait accueillir initialement ce CEV, ne pouvait plus abriter de décharge. Les pourparlers sont actuellement en cours pour trouver une issue à ce blocage.

Un pourcentage de valorisation escompté allant jusqu’à 85%

Dans un échange avec Médias 24, Abdelkader Bouda, directeur de la propreté et des déchets à Casablanca Baia, et Rafik Meniaoui, chargé de la division traitement et valorisation des déchets à la décharge contrôlée, font le point sur l’avancement du projet du CEV.

« L’idée principale de ce nouveau projet est de privilégier la valorisation sur le mode de gestion actuel limité à l’enfouissement. L’objectif est d’atteindre un taux élevé de valorisation. Il s’agit de l’une des conditions essentielles de préqualification pour la gestion déléguée de ce centre », nous expliquent nos interlocuteurs.

« Actuellement, environ 98% des déchets reçus à la décharge sont enfouis. Les déchets sont déversés tels qu’ils arrivent à la décharge. Ils sont ensuite étalés, compactés et recouverts de terre. Le lixiviat est quant à lui stocké dans des bassins pour éviter qu’il ne soit déversé à l’extérieur de la décharge. »

« Le dossier de préqualification pour remporter la gestion déléguée du futur CEV des déchets ménagers et assimilés de la ville de Casablanca est fin prêt. Il a été discuté en commission à la commune de Casablanca, et il a été adopté par le conseil de la ville durant la session de février 2023. » Concrètement, ce dossier permettra la préqualification des entreprises éligibles à la procédure d’appel d’offres pour la gestion de ce nouveau centre pour une durée de vingt ans. Voici ses principales exigences :

– un taux de traitement et de valorisation escompté allant jusqu’à 85% ;

– recourir au minimum à l’enfouissement ;

– la mise en place d’une unité de tri mécanique ;

– la mise en place d’une unité de production de combustible solide de récupération (CSR) qui sera acheminé aux cimentiers, dans le cadre d’un contrat signé avec la Direction générale des collectivités territoriales (DGCT). Selon nos informations, ce combustible servira à chauffer les fours des cimentiers ;

– la valorisation énergétique par le traitement du biogaz, qui permettra de subvenir aux besoins énergétiques du site. Il servira aussi à alimenter le réseau d’éclairage public ;

– une structure de traitement du lixiviat.

D’après nos deux sources, « ce projet s’inscrit dans le cadre de la vision de l’Etat d’encourager le recyclage, le recours aux énergies propres et renouvelables. Il vise également à maîtriser l’émanation des odeurs nauséabondes dont souffrent les Casablancais depuis des années ».

Pour ce faire, « différentes solutions, qui existent déjà, peuvent être proposées par les concurrents, telles que le tri, le compostage, l’incinération, la méthanisation ou encore un mix entre différentes solutions ».

« Nous cherchons une solution multi process. Nous ne fermons la porte à aucune proposition, et ouvrons la concurrence à l’ensemble des technologies possibles. De plus, les déchets, par leur nature, imposent un traitement multi filières. »

Et d’ajouter : « La valorisation des déchets va en effet dégager des recettes qui vont faire diminuer la redevance de traitement des déchets à payer par la commune. Elle lui permettra donc d’augmenter ses ressources. C’est également une source d’énergie et d’emplois, dans la mesure où elle intégrera les chiffonniers déclarés qui s’activent dans la décharge contrôlée actuelle. »

« Depuis l’ouverture de l’actuelle décharge contrôlée, un inventaire des chiffonniers a été effectué par les autorités locales. Ces derniers se sont organisés en deux coopératives, travaillant au niveau de la décharge contrôlée par alternance tous les 15 jours. La liste des chiffonniers reconnus sera donc intégrée dans le centre de tri prévu au niveau du nouveau CEV. »

Nos deux sources rappellent par ailleurs que ce CEV « s’inscrit dans le cadre d’un Programme national des déchets ménagers (PNDM). Ce centre est le projet phare d’un programme intégré plus large, qui intègre également la réhabilitation de l’ancienne décharge sauvage, ainsi que la reconversion de la décharge actuelle en espaces verts ou en un espace récréatif comme celle de Sidi Moumen. Des études seront menées pour décider des travaux de réhabilitation et de reconversion ».

En d’autres termes, l’entreprise qui remportera la gestion déléguée du CEV devra également réhabiliter l’ancienne décharge et celle exploitée actuellement.

11 ha déjà exploités dans la décharge contrôlée

Nos deux interlocuteurs sont également revenus sur l’historique de la décharge de Médiouna. L’ancienne décharge a été exploitée depuis 1986 de manière sauvage, selon eux. « Celle-ci ne répondait à aucune norme d’étanchéité. En 2008, un contrat de gestion déléguée a été signé entre la commune de Casablanca et Ecomed, qui a ensuite été résilié en 2018. SOS NDD a donc été désignée pour gérer la période transitoire pour assurer la continuité du service. La société a assuré l’enfouissement des déchets non traités ainsi que le pompage et la canalisation des lixiviats vers les bassins de stockage pour limiter les dégâts. Les déchets étaient donc recouverts de couches de terre pour réduire les nuisances olfactives. Le massif de déchets de l’ancienne décharge a quant à lui subi des travaux de reprofilage pour assurer sa stabilité dans l’optique de sa fermeture. »

« En parallèle, Casablanca Baia avait lancé les travaux d’aménagement de l’actuelle décharge contrôlée, achevés en 2020, et dont la gestion a été attribuée à SOS NDD pour une période de trois ans. Cette décharge est opérationnelle depuis novembre 2021, après obtention de toutes les autorisations nécessaires. »

« Trois ans est le temps que nous avons estimé nécessaire pour construire le CEV. Cette durée correspond à l’autonomie de stockage de la décharge contrôlée actuelle en termes de capacité d’accueil de déchets et de surface. Cette décharge répond aux normes d’une décharge contrôlées. Les accès sont contrôlés, et l’aspect environnemental est respecté ainsi que les règles d’étanchéité. Par ailleurs, elle est entourée d’un mur de clôture et surveillée par des caméras. »

« À ce jour, un total de 11 hectares a déjà été consommé au niveau de cette décharge contrôlée. Un second casier d’extension, étalé sur une surface de 9 ha, est en cours d’exploitation actuellement pour assurer l’enfouissement des déchets durant cette période transitoire, avant la mise en service du nouveau CEV. »

Lors de la session de février du conseil de la ville de Casablanca, Nabila Rmili, maire de la ville, avait annoncé que le CEV devait être prêt vers début 2025, et que les travaux devaient être lancés cet été. Ce calendrier pourrait toutefois être chamboulé.

Rappelons que cette  usine nécessitera un investissement de 3,15 milliards de DH (MMDH), qui sera financé de la manière suivante :

– le ministère de l’Intérieur (DGCT) : 1,98 MMDH répartis sur dix ans (de 2023 à 2032), à raison de 198.2 MDH par an ;

– la région de Casablanca-Settat : 272 MDH répartis sur cinq ans (de 2023 à 2027), à raison de 54,4 MDH par an ;

– la commune de Casablanca : 894 MDH, financés à travers une gestion déléguée.

Médiouna : lancement cet été des travaux du centre d’enfouissement et de valorisation des déchets

Le conseil de la ville de Casablanca a tenu, le mercredi 22 février, la deuxième réunion de sa session ordinaire. Plus d’une trentaine de points étaient à l’ordre du jour, dont le dossier de préqualification pour la gestion déléguée du centre d’enfouissement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés, qui sera construit à Médiouna.

Voté à la majorité (71 voix pour et 13 voix contre), il permettra d’accélérer ce projet tant attendu qui, espérons-le, mettra fin aux nuisances dont se plaignent les Casablancais.

Vingt ans de gestion déléguée

Lors de cette réunion, la maire de la ville, Nabila Rmili, a expliqué que « ce dossier permettra de procéder à la préqualification des entreprises éligibles à la procédure d’appel d’offres pour la gestion de ce nouveau centre, pour une durée de vingt ans ».

« Préparé par la société de développement locale Casa Baia, le vice-président du conseil de la ville chargé du nettoiement et le ministère de l’Intérieur, ce dossier a été présenté devant la Commission des services publics de la commune », dont les membres ont recommandé de privilégier la valorisation à hauteur de 70% par rapport à l’enfouissement (30%).

« Ce dossier contient ainsi les exigences nécessaires pour qu’une entreprise puisse soumissionner au marché de gestion de ce nouveau centre. »

Le lancement des travaux de construction prévu en été

« Une fois adopté, ce dossier sera publié par Casa Baia. L’examen des offres des soumissionnaires nécessitera environ deux mois avant de choisir une société. Nous allons ensuite préparer un cahier des charges qu’on devra adopter vers le mois de mai, pour lancer les travaux de construction dudit centre en juin ou juillet 2023″, ajoute la maire.

« Le nouveau centre d’enfouissement et de valorisation des déchets doit être prêt vers début 2025, puisque le bassin exploité actuellement dans la décharge contrôlée ne pourra l’être encore que pour une année et demie, voire deux ans au maximum, et on n’aimerait pas avoir à nouveau une montagne de déchets. »

Après la mise en service du centre, « le casier actuel sera réhabilité et transformé en espace vert au profit des habitants de la commune de Médiouna ».

700.000 tonnes de lixiviat accumulées

« Nous allons également construire une usine de traitement de lixiviat. Le taux d’humidité de nos déchets ménagers est élevé. Les déchets à Casablanca sont constitués à 65% d’eau, ce qui rend leur traitement difficile », indique Nabila Rmili.

« A cette occasion, je lance un appel à tous les citoyens casablancais pour trier leurs déchets chez eux, et d’en éliminer le maximum d’eau avant de les jeter. »

« Nous collectons quotidiennement 700 m3 de lixiviat, qui sont transportés à la décharge. Le volume total du lixiviat accumulé s’élève à plus de 700.000 tonnes », souligne-t-elle.

Le ministère de la Transition énergétique évincé

Lors de la première réunion de la session ordinaire du conseil de la ville, tenue le 14 février dernier, les élus ont voté, à la majorité, l’annulation de la première convention relative à la construction de ce centre, signée entre la commune de Casablanca, la Direction générale des collectivités territoriales (DGCT), relevant du ministère de l’Intérieur, le ministère de la Transition énergétique et du développement durable, et la wilaya de la région Casablanca-Settat, pour en adopter une autre, avec une configuration différente.

Des élus joints par nos soins nous avaient alors expliqué que le changement concerne les parties signataires de cette convention. La loi de finances 2023 supprime la participation dans les projets de décharge des prérogatives du ministère de la Transition énergétique, ce qui implique un changement au niveau du financement de ce projet.

La nouvelle convention, consultée par nos soins, sera signée entre la DGCT, la wilaya de la région Casablanca-Settat, le conseil provincial de Médiouna, le conseil régional de Casablanca-Settat, et le conseil communal de Casablanca, en tant qu’initiateur du projet.

Le budget total de l’investissement s’élève à 3,15 milliards de DH (MMDH). Le projet sera financé par :

– la DGCT, à hauteur de 1,98 MMDH réparti sur dix ans (de 2023 à 2032), à raison de 198,2 millions de DH (MDH) par an ;

– la région de Casablanca-Settat, à hauteur de 272 MDH réparti sur cinq ans (de 2023 à 2027), à raison de 54,4 MDH par an ;

– le reste, soit environ 894 MDH, sera financé par la commune de Casablanca, à travers une gestion déléguée.

Le ministère de l’Intérieur a donc récupéré la part du ministère de la Transition énergétique, qui devait participer au projet avec une enveloppe budgétaire totale de 1,46 MMDH, répartie entre 2022 et 2026. La part de la DGCT dans ce projet passe ainsi de 524,7 MDH à 1,98 MMDH.

Quant à la part du conseil communal de Casablanca, elle a été revue à la baisse, et une partie a été récupérée par le conseil régional de Casablanca-Settat.

Traitement urgent du lixiviat

L’autre nouveauté de la convention concerne les engagements de la commune de Casablanca. Celle-ci, en plus de la construction de l’unité de tri, de l’unité de traitement et de valorisation des déchets et de l’unité de traitement du lixiviat, devra se charger de la réalisation de travaux urgents. Il s’agit notamment du traitement du lixiviat accumulé au niveau du casier en exploitation, et de celui dispersé à l’extérieur de la décharge contrôlée. La commune se chargera aussi du traitement des déchets inertes.

Notons par ailleurs que le foncier pour ce projet a déjà été identifié. A proximité de la décharge actuelle, le site s’étendra sur environ 264 hectares.