CFG Bank lance un emprunt obligataire subordonné de 500 MDH

CFG Bank a obtenu le visa de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) pour l’émission d’un emprunt obligataire subordonné, plafonné à 500 MDH. L’opération est structurée en deux tranches non cotées, A et B, d’une maturité de 10 ans.

La tranche A, à taux fixe, sera rémunérée sur la base du taux 10 ans issu de la courbe des taux de référence des bons du Trésor publiée par Bank Al-Maghrib au 17 décembre 2025, augmenté d’une prime de risque de 70 points de base.

La tranche B, à taux révisable annuellement, sera indexée pour la première année sur le taux plein 52 semaines du marché monétaire, majoré d’une prime de risque de 65 points de base.

Le remboursement du principal est prévu in fine. L’allocation se fera au prorata, avec priorité accordée à la tranche A. Les titres ne seront pas cotés et resteront négociables de gré à gré, hors Bourse.

La période de souscription est fixée du 19 au 23 décembre 2025 inclus.

https://medias24.com/2025/05/29/cfg-bank-vise-un-doublement-de-sa-taille-a-lhorizon-2028-2029/

Bourse de Casablanca : banques, énergie… les nouvelles recommandations des analystes

Dans un marché marqué par une forte dynamique boursière et une attention accrue des investisseurs sur la qualité des fondamentaux, plusieurs valeurs cotées à la Bourse de Casablanca ont récemment fait l’objet de mises à jour de la part des maisons de recherche.

Celles-ci ont, pour l’essentiel, choisi de maintenir leurs recommandations et leurs cours objectifs, estimant que les performances récentes et la visibilité à moyen terme restent en ligne avec leurs scénarios centraux. Voici ce qui ressort de ces dernières recommandations.

Les valeurs bancaires

CIH Bank

Sur CIH Bank, la lecture d’Attijari Global Research reste résolument positive, portée par des réalisations jugées solides à fin septembre 2025 et une visibilité bénéficiaire qui demeure bien orientée. L’analyste maintient ainsi sa recommandation « Acheter » sur le titre, avec un cours objectif de 492 DH, faisant ressortir un potentiel de hausse de 22% par rapport aux niveaux de cours observés en 2 décembre et avec un horizon de recommandation de 12 mois.

Dans le détail, les performances opérationnelles enregistrées au cours des neuf premiers mois de l’année viennent conforter les anticipations de croissance retenues pour l’ensemble de l’exercice.

Le produit net bancaire affiche une progression de 14,3% à 4.041 MDH, un rythme supérieur à celui attendu sur l’année et correspondant à un taux de réalisation confortable des prévisions annuelles. Cette dynamique repose d’abord sur la marge d’intérêt, en hausse sensible, bénéficiant à la fois de la croissance des crédits et d’une amélioration de la marge d’intermédiation. En parallèle, la banque enregistre une forte accélération de ses commissions ainsi qu’une contribution positive des activités de marché, traduisant une diversification accrue de ses sources de revenus.

Sur le front du risque, Attijari Global Research relève une situation maîtrisée. Le coût du risque demeure globalement contenu et progresse à un rythme inférieur à celui des encours de crédits, ce qui se traduit par une amélioration du taux du coût du risque. Cette évolution est jugée cohérente avec le profil de croissance du portefeuille et conforte le scénario retenu pour l’ensemble de l’année, dans un environnement qui reste pourtant marqué par certaines incertitudes.

Enfin, la rentabilité ressort comme l’un des principaux points d’appui de la thèse d’investissement. Le résultat net part du groupe affiche une hausse de 31,2% à 862 MDH à fin septembre, un niveau supérieur aux attentes initiales et correspondant à près de 80% de l’objectif annuel. Cette performance conforte le scénario central d’Attijari Global Research, qui anticipe pour CIH Bank le franchissement du seuil d’un milliard de dirhams de bénéfice sur l’exercice 2025, justifiant le maintien du cours objectif et de la recommandation sur le titre.

Crédit du Maroc

Sur Crédit du Maroc, la lecture d’Attijari Global Research s’inscrit elle aussi dans une logique de continuité, l’analyste ayant maintenu sa recommandation « Acheter » sur le titre, avec un cours objectif inchangé de 1.285 DH. Par rapport au cours observé le 2 décembre de 970 DH, ce scénario fait ressortir un potentiel de hausse de 32%.

Les réalisations à fin septembre 2025 confirment en effet la trajectoire de croissance retenue par AGR pour les exercices à venir. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire affiche une progression de 9,8% à 2.678 MDH, en ligne avec la prévision annuelle, correspondant à un taux de réalisation de 75%. Cette évolution repose très largement sur la marge d’intérêt, qui explique plus de 80% de la croissance du PNB, portée à la fois par la progression des encours de crédits et par une amélioration marquée de la marge d’intermédiation. Les commissions et les activités de marché continuent également de contribuer positivement, traduisant une dynamique commerciale plus équilibrée.

Sur le plan opérationnel, Crédit du Maroc poursuit sa trajectoire d’amélioration de l’efficacité. Le coefficient d’exploitation recule de 1,6 point pour s’établir à 45,2%, un niveau meilleur que celui anticipé pour l’ensemble de l’exercice.

Depuis le changement d’actionnariat intervenu en 2022, AGR met en avant une baisse cumulée significative de cet indicateur, reflet d’un nouveau dynamisme du produit net bancaire dont le rythme de croissance est désormais nettement supérieur à celui des charges de gestion. Cette évolution renforce la visibilité sur la capacité de la banque à dégager durablement de la valeur.

L’amélioration du profil de risque constitue toutefois le point le plus saillant de la note. Le coût du risque recule fortement pour s’établir à 228 MDH, en baisse de plus de 20% sur un an et largement inférieur aux anticipations initiales. Cette évolution s’explique notamment par l’amélioration du taux de créances en souffrance, qui recule de manière significative sur la période, un élément jugé structurant dans l’appréciation du scénario de moyen terme.

Enfin, la progression de la rentabilité vient confirmer la solidité de cette trajectoire. Le résultat net part du groupe ressort en hausse de 19,9% à 690 MDH à fin septembre, soit un taux de réalisation élevé de 83% de l’objectif annuel.

Bank of Africa

Sur Bank of Africa, l’analyse d’Attijari Global Research demeure favorable, portée par une dynamique bénéficiaire jugée solide et par des progrès continus en matière d’efficacité opérationnelle. L’analyste maintient sa recommandation « Acheter » sur le titre, assortie d’un cours objectif de 300 DH, ce qui fait ressortir un potentiel de hausse de 35% par rapport au cours du 1er décembre (223 DH).

Les réalisations à fin septembre 2025 viennent conforter le scénario retenu pour l’exercice en cours. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire ressort en hausse de 8,7% à 15.279 MDH, un rythme supérieur à celui anticipé sur l’ensemble de l’exercice et correspondant à un taux de réalisation de 77% des prévisions annuelles.

Cette progression est très largement portée par la marge d’intérêt, qui explique 85% de la croissance du PNB, avec une hausse de 10,9% à 10.613 MDH, soutenue à la fois par la progression des crédits et par une amélioration marquée de la marge d’intermédiation.

Enfin, la rentabilité confirme la solidité de la dynamique observée. Le résultat net part du groupe progresse de 12% à 3.011 MDH à fin septembre, soit 80% de l’objectif annuel fixé par l’analyste. Cette performance, supérieure aux prévisions initiales, conforte le scénario de croissance bénéficiaire d’Attijari Global Research pour l’exercice 2025 et justifie le maintien du cours objectif et de la recommandation sur le titre.

CFG Bank

Sur CFG Bank, l’analyse d’Attijari Global Research demeure favorable, l’analyste maintenant sa recommandation « Acheter » avec un cours objectif inchangé de 287 DH.

Par rapport au cours observé fin novembre, ce scénario fait ressortir un potentiel de hausse de 19%, soutenu par une amélioration jugée remarquable de la profitabilité et par la montée en puissance progressive du modèle de la banque.

Les réalisations à fin septembre 2025 confirment la dynamique de croissance retenue pour l’exercice. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire progresse de 34% à 909 MDH, en ligne avec la prévision annuelle de 1.204 MDH, soit un taux de réalisation de 75%.

Dans le détail, la marge d’intérêt évolue mieux que prévu, en hausse de 32% à 376 MDH, portée par la forte dynamique des crédits, en progression de 20%, et par une amélioration de la marge d’intermédiation de 25 points de base à 2,87%. La marge sur commissions progresse pour sa part de 21% à 335 MDH, correspondant à un taux de réalisation de 76% de la prévision annuelle, tandis que les activités de marché enregistrent une hausse marquée de 71%, dans un contexte obligataire et boursier favorable.

L’élément le plus structurant de la note réside toutefois dans les gains d’efficacité liés à l’effet taille. Grâce aux économies d’échelle, le coefficient d’exploitation s’améliore de 11,3 points pour s’établir à 47,4%, un niveau qui surperforme déjà les projections communiquées par le management lors des « Capital Market Days » de mai 2025, lesquelles tablaient sur un COEX inférieur à 50% à partir de 2028–2029. Pour AGR, cette avancée traduit une inflexion durable du profil de rentabilité de la banque.

Cette amélioration opérationnelle se reflète directement dans la capacité bénéficiaire. Le résultat brut d’exploitation ressort à 478 MDH, en hausse de 71%, représentant un taux de réalisation élevé de 83% de la prévision annuelle. Dans ce contexte, et par mesure de prudence, Attijari Global Research indique maintenir inchangée sa prévision de résultat net part du groupe pour 2025, anticipé à 363 MDH, en progression de 39% sur un an, soit une croissance supérieure de 11 points à celle du PNB. L’analyste rappelle par ailleurs que la banque devrait consommer la totalité de ses déficits reportables sur l’exercice 2025, un élément structurant pour la lecture des résultats à venir.

Taqa Morocco : maintient de la recommandation « Achat »

Sur Taqa Morocco, la lecture de BMCE Capital Global Research demeure clairement constructive, malgré un premier semestre marqué par des contraintes opérationnelles et conjoncturelles.

BKGR maintient sa recommandation « Achat » sur le titre, avec un objectif de cours de 3.078 DH, faisant ressortir un potentiel de hausse de 34% par rapport au cours de 2.300 DH observé début décembre.

Le chiffre d’affaires consolidé ressort ainsi en retrait de 4,8% à 5.379 MDH à fin juin, avant de limiter sa baisse à -2,2% à 7.957 MDH à fin septembre, porté par un troisième trimestre plus dynamique.

À l’échelle de l’exercice, BKGR anticipe néanmoins un redressement progressif de l’activité, avec un chiffre d’affaires attendu à 11,2 MMDH en 2025, en hausse de 2,1%, puis à 11,6 MMDH en 2026, sous l’hypothèse d’une stabilisation des prix du charbon et d’une normalisation de l’effet change.

Cette pression conjoncturelle se reflète également dans la rentabilité opérationnelle. L’EBE recule de 9,7% à 1.648 MDH au premier semestre, avant de s’établir à 2.415 MDH à fin septembre, soit une baisse plus limitée de 6,7%.

Sur le plan de la capacité bénéficiaire, un RNPG attendu à 1.080 MDH en 2025, en légère progression de 2,6%, puis à 1.119 MDH en 2026, soit une croissance additionnelle de 3,6%. Cette amélioration s’accompagne d’un allègement de l’endettement net, en baisse de 6,6% à 6.327 MDH à fin juin 2025, soutenu par la génération de flux de trésorerie et les remboursements de dettes réalisés sur la période.

https://medias24.com/2025/12/02/bourse-les-banques-cotees-voient-leur-pnb-augmenter-de-63-a-fin-septembre-2025-1587927/

CFG Bank : le PNB en hausse de 34% à 909 MDH au T3-2025

CFG Bank a enregistré un encours des crédits de 17,4 MMDH au 30 septembre 2025, en hausse de 20% sur un an, soit une production nette d’environ 3 MMDH, tirée principalement par le segment Entreprises.

Dans le même temps, les dépôts de la clientèle progressent eux aussi de 20%, pour s’établir à 18,2 MMDH. Les dépôts non rémunérés enregistrent une hausse de 36% sur douze mois et représentent désormais près de 50% de l’ensemble des dépôts, un niveau remarquable compte tenu de la forte croissance du portefeuille de crédits.

Une rentabilité en nette amélioration

Cette dynamique commerciale s’est traduite par une nette amélioration de la rentabilité. Le produit net bancaire (PNB) consolidé s’élève à 909 MDH à fin septembre 2025, contre 678 MDH un an plus tôt, soit une progression de 34%.

Le PNB récurrent, constitué de la marge d’intérêt et des commissions, atteint 711 MDH, en hausse de 27%. Dans le détail, la marge d’intérêt ressort à 376 MDH (+32%), portée par l’augmentation des encours, tandis que les commissions atteignent 335 MDH (+21%), incluant celles issues des métiers de gestion d’actifs.

Par ailleurs, le PNB non récurrent, regroupant les activités d’intermédiation boursière, de trading obligataire et actions ainsi que le corporate finance, bondit à 198 MDH, en progression de 71%, profitant de la vigueur des marchés actions et obligations cette année.

Cette solide croissance des revenus s’accompagne d’une maîtrise efficace des charges, en hausse limitée à 9%. Le résultat brut d’exploitation (RBE) s’envole ainsi de 71% pour atteindre 478 MDH, une progression nettement supérieure à celle du PNB.

Objectifs annuels confirmés

Dans ce contexte, CFG Bank confirme ses objectifs annuels révisés en septembre dernier, à savoir une croissance du RBE supérieure à 40%, du résultat avant impôt (RAI) de plus de 45% et du résultat net part du groupe (RNPG) au-delà de 25%.

Cela dit, CFG Bank précise qu’elle terminera en 2025 la consommation de ses déficits reportables, ce qui la conduira à commencer à supporter l’impôt sur les sociétés (IS). De ce fait, la croissance du RNPG sera légèrement inférieure à celle du RAI.

Renforcement du financement et perspectives

Dans le même esprit de consolidation, CFG Bank a procédé en juin 2025 à une émission réussie de dette subordonnée de 500 MDH, afin de soutenir la croissance rapide de ses encours de crédits et de dépôts.

Enfin, sur le plan institutionnel, le groupe rappelle avoir organisé en mai 2025 son premier Capital Markets Day, au cours duquel le management a présenté à la communauté financière son modèle de développement et ses ambitions à moyen terme : doubler la taille de la banque à horizon 2028/2029, sans apport de capitaux propres supplémentaires, pour atteindre un PNB d’environ 2 MMDH, un RNPG de 500 MDH et un ROE supérieur à 16%.

Les bancaires en bourse : ce qui se cache derrière l’écart de valorisation avec le marché

Alors que le marché boursier marocain affiche un niveau de valorisation soutenu, avec un PER moyen de 20,8x en mai 2025, le secteur bancaire continue d’évoluer à un rythme distinct.

Son ratio cours/bénéfices plafonne à 13,9x selon les calculs de Serval Asset Management, creusant un écart de 6 points avec l’ensemble du marché. Ce différentiel, rarement atteint depuis dix ans, attire l’attention des analystes comme des investisseurs.

L’écart interroge d’autant plus que les banques marocaines conservent des fondamentaux solides. La croissance des bénéfices devrait dépasser les 10% en 2025 selon les prévisions de BKGR, portée par la bonne tenue du produit net bancaire, la baisse progressive du coût du risque et un environnement monétaire devenu plus favorable depuis l’assouplissement du taux directeur en mars.

Pourtant, la valorisation boursière des grandes banques reste stable, comme si le marché hésitait à reconsidérer leur profil de risque.

Faut-il y voir une prime de risque persistante, liée à une perception structurelle du secteur, ou bien une opportunité temporaire de revalorisation ? L’analyse des écarts de PER, croisée avec les dynamiques bénéficiaires, permet d’esquisser plusieurs pistes de lecture.

Des fondamentaux bancaires pourtant solides

Si l’on remonte quelques années en arrière, le PER moyen du secteur bancaire marocain évoluait autour de 17x, dans un marché porté par une croissance régulière du crédit et une perception de stabilité. Ce niveau a été perturbé par la crise sanitaire en 2020, mais les valorisations avaient partiellement rebondi à partir de 2021, à mesure que les résultats des banques se redressaient.

Depuis 2023, le mouvement s’est enrayé. Malgré une amélioration continue des résultats, les multiples de valorisation restent contenus, bien en deçà des moyennes historiques. Cette stagnation contraste avec le retour d’un environnement favorable : la politique monétaire est redevenue accommodante, avec un taux directeur abaissé à 2,25% en mars 2025, ce qui réduit le coût de refinancement pour les banques. En parallèle, la structure des dépôts demeure stable, tandis que la collecte, notamment sur les segments retail et corporate, continue de progresser.

Du côté des risques, la tendance est également rassurante. Les banques maintiennent une politique prudente de provisionnement, ce qui permet d’anticiper une légère baisse du coût du risque en 2025, selon les projections de BKGR. Cela contribue à préserver les marges nettes et à soutenir la rentabilité.

Des profils qui expliquent, en partie, la décote sectorielle

Derrière la moyenne sectorielle de 13,9x, le paysage bancaire marocain présente une forte dispersion. Ce sont surtout les grandes banques, pourtant les plus solides sur le plan des résultats, qui tirent cette moyenne vers le bas.

Le différentiel de valorisation entre les banques marocaines et le reste du marché reste marqué, mais il n’est pas figé. Il reflète avant tout des réalités contrastées. Certaines banques, comme Attijariwafa bank ou BCP, affichent des PER modérés alors que leurs fondamentaux restent solides, et leur croissance bénéficiaire attendue dépasse les 10%. D’autres, comme CFG ou BMCI, présentent des multiples plus élevés pour des raisons spécifiques, liées à leur structure de revenus ou à leur profil boursier.

Attijariwafa bank, valorisée à 13,9x, affiche l’un des PER les plus faibles du secteur. BCP suit une trajectoire proche, avec un PER de 14x. CIH Bank, de son côté, affiche un multiple de 14,9x, en ligne avec sa stratégie de développement actif et la reconnaissance progressive de son positionnement auprès des investisseurs.

Plus haut dans la fourchette, Bank of Africa (16,3x) et Crédit du Maroc (15,75x) se distinguent par des profils plus différenciés. BOA capitalise sur sa présence régionale et une trajectoire de croissance continue.

À l’autre bout du spectre, deux banques présentent des PER nettement plus élevés. BMCI, valorisée à 25,2x, se distingue par un effet mécanique lié à une base bénéficiaire encore en reprise. Sa faible liquidité boursière rend également son PER plus sensible aux variations ponctuelles.

CFG Bank, avec un PER de 30,2x, évolue dans une configuration différente : sa récente entrée en bourse et la nature de ses activités en font un profil particulier, que le marché semble valoriser selon d’autres critères.

Lors d’un échange avec la presse à l’occasion du Capital Market Day de CFG Bank, Younes Benjelloun, directeur général exécutif, a expliqué que ce multiple reflète deux éléments fondamentaux : une croissance annuelle attendue de l’ordre de 20% à l’horizon 2028-2029, au-dessus des standards bancaires, et un ROE cible supérieur à 16 %, contre une moyenne de 10% à 12% dans le secteur.

Ce niveau élevé de rentabilité est rendu possible par un modèle hybride, avec 50% de revenus issus des commissions (peu gourmands en fonds propres) et 50% de marge d’intérêt. Ainsi, le PER de CFG ne peut être comparé mécaniquement à celui des banques matures. Il reflète une équation croissance + rentabilité, que le marché semble reconnaître. Tant que ce profil se confirme, le PER pourra rester durablement au-dessus de la moyenne sectorielle, sans pour autant constituer une survalorisation injustifiée.

Vers une revalorisation du secteur bancaire ?

Pour un analyste de marché, « la moyenne sectorielle est trompeuse. Ce sont les grandes capitalisations, bien détenues, qui tirent le ratio vers le bas. Mais chaque banque raconte une histoire différente ».

« Le contexte boursier de 2025 vient aussi renforcer les arguments en faveur d’une revalorisation progressive. Le MASI bancaire a franchi la barre des 19.000 points, un seuil symbolique qui confirme une tendance haussière installée. Dans le même temps, la politique monétaire s’oriente à la détente, avec un taux directeur abaissé à 2,25% en mars et d’autres ajustements envisagés. Ce n’est pas anodin pour les banques. Un cycle de baisse des taux élargit les marges d’intérêt, relance la demande de crédit, et améliore les perspectives de résultats », explique-t-il. Dans cet environnement, les investisseurs pourraient revoir leur grille de lecture.

Enfin, au-delà du positionnement technique, les fondamentaux plaident pour une attention renouvelée au secteur bancaire. En 2024, les banques ont affiché des progressions notables de leurs produits nets bancaires, une amélioration de leurs marges et des politiques de distribution attractives. « On a un secteur rentable, bien capitalisé, qui distribue généreusement et qui bénéficie d’un environnement macro stable. Il n’est pas logique qu’il reste en décote trop longtemps ». « La revalorisation n’est pas garantie. Mais elle n’a rien d’illusoire, surtout si le marché poursuit sa dynamique haussière et que les banques continuent d’exécuter leur trajectoire », conclut-il.

CFG Bank : un dividende de 3,3 DH par action au titre de 2024

L’assemblée générale ordinaire de CFG Bank, tenue le 29 mai 2025 à Casablanca, a validé à l’unanimité les états financiers arrêtés au 31 décembre 2024. Elle a également approuvé la distribution d’un dividende ordinaire de 3,3 DH par action, identique à celui versé au titre de 2023.

La date de détachement est fixée au 13 juin 2025. Les actionnaires éligibles recevront le paiement en compte à partir du 24 juin. Tout achat d’action après le 13 juin ne donnera donc plus droit à ce dividende.

CFG Bank vise un doublement de sa taille à l’horizon 2028-2029

À l’occasion de son premier Capital Market Day, CFG Bank a levé le voile sur sa feuille de route stratégique à moyen terme. Devant un parterre d’analystes, d’investisseurs et d’actionnaires, la banque a exposé les principaux axes de son développement pour les prochaines années.

En marge de l’événement, les deux directeurs généraux, Younès Benjelloun et Driss Benchaffai, ainsi que le directeur exécutif Finances groupe, Salim Rais, ont tenu un point presse pour présenter les fondements de cette stratégie, ses leviers concrets et la trajectoire visée par la banque à l’horizon 2028–2029.

Un cap assumé : doubler de taille sans augmentation de capital

« Dans le cap vers lequel on va, la synthèse globale, c’est qu’on va doubler de taille à l’horizon 2028–2029″.

Doubler de taille tout en restant dans nos segments actuels, sans besoin de renforcer les fonds propres et en maintenant une rentabilité actionnaire, un ROE élevé, supérieur à 16%

Le ROE, ou retour sur fonds propres, permet de savoir si l’argent investi par les actionnaires est utilisé de manière efficace. En d’autres termes, il mesure la capacité de la banque à faire fructifier ses propres ressources. Un ROE élevé signifie que la banque parvient à transformer ses fonds propres en bénéfices de manière performante, sans avoir besoin de puiser ailleurs.

« En gros, les principaux chiffres, c’est un PNB qui passe de 940 MDH à 2 MMDH à peu près, un résultat net part du groupe qui passe de 250 MDH à près de 500 MDH, et un encours de crédit qui passe de 15 MMDH à près de 30 MMDH ».

Pour rappel, lors de son IPO à fin 2023, CFG Bank s’était fixée pour objectif de doubler son bénéfice net d’ici 2026. Cet objectif pourrait être atteint dès 2025, soit avec un an d’avance sur le calendrier. Le groupe prévoit en effet de dépasser la barre des 300 millions de dirhams de bénéfices dès cette année.

Le modèle présenté se veut prudent et réaliste, sans pari sur de nouveaux segments ou sur une accélération macroéconomique. « Juste en continuant à croître dans nos segments actuels, sachant qu’on n’offre pas encore tous les produits, et qu’on peut être amené à les développer dans le temps; ça nous conduit automatiquement à doubler de taille », explique le management.

Ce scénario se fonde sur une combinaison de leviers internes : le réinvestissement des résultats non distribués, le maintien d’une politique de dividende modérée et l’émission d’une dette subordonnée de 500 MDH, déjà lancée en 2025.

« Il serait irrationnel de ne pas commencer par saturer notre capacité réglementaire en dette subordonnée. Ce type de financement nous coûte à peine 4%, alors que les fonds propres exigent un rendement de 16%, conformément à l’engagement que nous avons vis-à-vis de nos actionnaires », ajoute le management.

En maintenant cette discipline financière, CFG anticipe une évolution de ses fonds propres de 1,8 MMDH à près de 3 MMDH d’ici 2028–2029, sans levée externe. « Tout ce qu’on ne distribue pas, c’est un renforcement des fonds propres qui est naturel », insiste le management.

Le ratio de solvabilité Tier 2 devrait ainsi rester au-dessus de 13%, avec une capacité à augmenter progressivement les tickets moyens de financement par client.

Revenus : équilibre entre intérêt et commissions

« Aujourd’hui, environ 50% du produit net bancaire provient de la marge nette d’intérêt, c’est-à-dire des activités de crédit, et les 50% restants sont issus des commissions », explique le management.

« Ce n’est pas un hasard. Nous venons du métier de banque d’affaires. Pendant 20 ans, nous n’avons généré que des commissions ».

Cette part importante de revenus non liés au crédit provient de plusieurs métiers complémentaires : asset management, gestion d’actifs immobiliers (REITs), change, brokerage, custody, ou encore commissions bancaires classiques.

« Si cette moitié du PNB est une activité à commissions, c’est qu’elle ne nécessite pas de fonds propres. Et si elle ne nécessite pas de fonds propres, alors ça fait mécaniquement monter le ROE », détaille le management.

À cette structure s’ajoute une discipline opérationnelle forte. Le coût du risque, historiquement bas (25 à 30 points de base), est appelé à rester contenu, tandis que le coefficient d’exploitation devrait passer sous la barre des 50% à horizon du plan. Ces fondamentaux nourrissent une rentabilité durable, sans levier excessif ni pari risqué.

Valorisation soutenue

Ce positionnement atypique se reflète dans la valorisation boursière de CFG Bank, supérieure à celle des autres banques cotées. « Ce qui défend notre niveau de valorisation plus élevé que les autres banques, ce sont deux facteurs majeurs : un, on a encore une croissance très forte. Deux, on a un ROE plus élevé que les autres », résume le management.

Pour autant, cette croissance ne repose pas sur une conquête agressive de parts de marché.

Malgré tout cela, notre part de marché en encours de crédit restera autour de 2% à l’horizon 2028–2029. Elle est aujourd’hui à 1,3%. On ne parle pas de 10% ou plus

Un modèle à deux moteurs, pensé dès l’origine

Au cœur du dispositif de CFG Bank, deux piliers complémentaires structurent l’ensemble de l’activité commerciale : la banque de détail et la banque des grandes et moyennes entreprises (GME).

« On a ré-explicité le modèle avec maintenant 10 ans d’historique pour crédibiliser ce qu’on avait comme vision à l’époque », explique le management.

« Et donc, on a insisté sur le fait qu’on avait deux piliers. Un pilier qui s’appelle banque de détail. Ce pilier, c’est les clients particuliers, pour lesquels on a mis en place les meilleurs outils possibles, qu’ils soient en termes d’agence, de ressources humaines, d’informatique, de produits, de fonctionnalités. Ça tourne bien, et ça fait que chaque année, on gagne à peu près 10.000 à 12.000 nouveaux clients ».

Le nombre de clients actifs, aujourd’hui autour de 64.000, est attendu à 140.000 à l’horizon du plan

Ce premier moteur, orienté clients premium, repose sur un réseau limité mais efficace. CFG compte aujourd’hui 14 agences, et prévoit de porter ce chiffre à 21 à l’horizon 2028–2029. Cette croissance s’appuie également sur une stratégie multicanale affirmée : application notée 4,7/5, centre de relation client étendu, GABs avec dépôts, et fonctionnalités digitales avancées.

Le second pilier est plus vaste dans son périmètre que ne le suggère son intitulé. « On a un autre pilier à qui on a affecté un titre, un nouveau nom, qu’on a appelé grande et moyenne entreprise », explique le management.

« Sauf que dans ce pilier […] on n’a pas mis que l’activité de crédit et de dépôt de la grande et moyenne entreprise. On a mis tous les produits et services qui peuvent être rendus à l’entreprise, mais aussi à son chef, son promoteur, son fondateur, son actionnaire majoritaire et ses dirigeants ».

Autrement dit, ce pilier regroupe à la fois le corporate banking, le corporate finance avec l’activité d’introductions en Bourse et d’émissions obligataires, et la banque privée, dédiée aux dirigeants et actionnaires. L’organisation vise à générer des synergies concrètes entre ces métiers, dans une logique de transversalité et d’ingénierie sur mesure.

« On a explicité à quel point on avait des synergies entre ces différents métiers, ou ces différentes équipes qui travaillent ensemble pour avoir une offre complète vis-à-vis des entreprises et vis-à-vis des chefs d’entreprise », résume le management.

CFG Bank : croissance accélérée du PNB et forte collecte au T1-2025

À fin mars 2025, le PNB consolidé de CFG Bank s’élève à 303 MDH, en hausse de 45% sur un an. Ce chiffre regroupe la marge d’intérêt, les commissions et les revenus des activités de marché. Le PNB récurrent (marge d’intérêt + commissions) atteint 224 MDH, en progression de 24%.

Dans le détail, la marge d’intérêt atteint 116 MDH (+29%), portée par la hausse des encours. Les commissions, qui regroupent les frais bancaires et de gestion d’actifs, s’établissent à 108 MDH (+19%).

Les revenus non récurrents (activités de marché, courtage, corporate finance) enregistrent une envolée de +191%, à 78 MDH, grâce à un environnement boursier favorable en ce début d’année.

Les dépôts de la clientèle atteignent 18,2 MMDH à fin mars, en progression de 33% sur un an, soit une collecte nette de 4,5 MMDH. Fait notable, les dépôts non rémunérés bondissent de 57% et représentent en moyenne 50% des dépôts totaux.

Les encours de crédits s’élèvent à 16 MMDH (+22% sur un an), en hausse de 2,9 MMDH, principalement portés par le segment « Entreprises ».

Le résultat brut d’exploitation (RBE) atteint 170 MDH, en progression de 62% par rapport au premier trimestre 2024. Cette croissance est supérieure à celle du PNB, traduisant un bon levier opérationnel malgré une augmentation de 29% des charges.

Perspectives 2025

CFG Bank confirme ses objectifs pour 2025, avec une croissance attendue :

Ce dernier indicateur sera impacté par la fin du report des déficits fiscaux : CFG Bank sera désormais pleinement imposée sur ses bénéfices, ce qui ralentira la croissance nette.

La banque annonce également l’organisation de son premier Capital Markets Day à fin mai 2025 à Casablanca. Cet événement permettra de présenter des perspectives chiffrées à moyen terme.

CFG Bank affiche une hausse de 58% de son bénéfice et accélère sa croissance

Après une introduction en bourse réussie en 2023, CFG Bank a poursuivi sur sa lancée en 2024 et affiche de belles performances.

>> Encours de crédits

Au 31 décembre 2024, l’encours de crédits a atteint 15,4 MMDH, soit une progression de 28%. Cette augmentation repose principalement sur le segment des entreprises, qui continue de tirer la production de crédits vers le haut.

>> Encours des dépôts

L’encours des dépôts de la clientèle suit une évolution encore plus marquée, avec une hausse de 36% sur un an, atteignant 18,3 MMDH.

Cette croissance s’appuie sur une collecte nette de 4,8 MMDH et un équilibre entre dépôts rémunérés et non rémunérés, ces derniers représentant près de 46% du total.

>> Produit net bancaire

Le produit net bancaire consolidé progresse de 43% pour s’établir à 941 MDH. L’essentiel de cette croissance provient de la marge d’intérêt, qui atteint 387 MDH, en hausse de 36%.

Cette performance traduit l’augmentation des encours, malgré une légère contraction du spread en raison du renchérissement du coût des ressources. La contribution des commissions s’affiche à 394 MDH, en progression de 41%. Ce segment inclut les commissions bancaires classiques ainsi que celles issues des métiers de gestion d’actifs, un domaine dans lequel CFG Bank continue de renforcer ses positions.

>> Résultat brut d’exploitation

L’année 2024 est également marquée par une forte progression du résultat brut d’exploitation, qui s’élève à 388 MDH, soit une hausse spectaculaire de 74%. Cette dynamique illustre une capacité accrue à générer des revenus malgré la relance du programme d’investissement. Celui-ci se traduit par une hausse des charges, mais la rentabilité de la banque compense largement cet effort.

>> RNPG

Le résultat net part du groupe atteint 262 MDH, en progression de 58%. Cette performance prend en compte un coût du risque de 41 millions de dirhams, soit 0,3% des encours. Le positionnement spécifique de CFG Bank et la solidité de ses garanties permettent de maintenir un coût du risque maîtrisé, dans un environnement qui reste exigeant.

>> Autres indicateurs

Les capitaux propres consolidés progressent pour s’établir à 1,8 MMDH, en hausse par rapport aux 1,7 MMDH de l’année précédente. Cette évolution permet d’afficher un retour sur fonds propres (ROE) de 15,7%.

Le coût du risque reste maîtrisé à 41 MDH, représentant 0,3% des encours, un niveau relativement bas grâce au positionnement prudent de CFG Bank et à une politique de couverture des crédits bien établie.

Le segment de l’intermédiation boursière, du trading et du corporate finance enregistre une envolée remarquable, avec un chiffre d’affaires de 161 MDH contre 92 MDH en 2023. Cette performance repose sur un contexte de marché favorable aussi bien pour les actions que pour les obligations, ainsi que sur la montée en puissance des activités de banque d’investissement de CFG Bank.

>> Dividende

Sur le plan de la politique de dividendes, le Conseil d’administration a décidé de proposer un dividende de 3,3 DH par action, identique à celui versé l’an dernier. Son versement reste conditionné à l’approbation des autorités de régulation et est prévu pour juin 2025.

Perspectives 2025 : un cap de croissance confirmé

Forte de ces résultats solides, CFG Bank aborde 2025 avec des perspectives de croissance bien définies.

Le groupe prévoit une augmentation de plus de 20% de son résultat brut d’exploitation (RBE) et une progression de plus de 25% de son résultat avant impôts.

En revanche, la hausse du résultat net part du groupe sera plus modérée, avec une anticipation de plus 12%. Ce ralentissement relatif s’explique par l’épuisement des déficits fiscaux reportables, qui va exposer CFG Bank à une imposition plus élevée.

Dans ce contexte, la banque a décidé d’organiser en mai 2025 son premier « Capital Markets Day », un événement stratégique qui permettra de préciser sa feuille de route pour les prochaines années. L’ambition affichée est de structurer une guidance à moyen terme, en complément des projections annuelles déjà annoncées.

Parallèlement à ces indicateurs financiers, 2024 a été une année d’accélération pour le développement commercial et technologique de CFG Bank. Deux nouvelles agences ont été inaugurées à Casablanca, dont une spécifiquement dédiée aux professionnels et aux petites et moyennes entreprises.

D’ici 2026, le réseau sera renforcé par l’ouverture de cinq agences supplémentaires à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger.

>> Dispositif multicanal CFG Bank

L’architecture multicanale de CFG Bank continue d’évoluer avec une montée en puissance du digital. L’application mobile, notée 4,7 sur l’Apple Store, s’impose comme un canal de gestion privilégié, tandis que les agences, ouvertes jusqu’à 19 h, et le centre de relation client, accessible 7 j/7 jusqu’à 21 h, offrent un service premium qui fidélise une clientèle exigeante.

L’approche différenciante de CFG Bank repose sur un modèle hybride, qui combine un socle technologique avancé et un maillage physique optimisé. Ce positionnement, associé à une montée en puissance des activités de marché et de gestion d’actifs, permet à la banque d’afficher une trajectoire de croissance unique dans le paysage bancaire marocain.

Les titres recommandés par AGR, BKGR et CFG Bank

Face à un marché en mouvement, les institutions de recherche AGR, BKGR et CFG Bank affinent leurs recommandations, mettant en avant des secteurs et des entreprises qui captent la dynamique actuelle.

Chacune avec sa propre lecture, elles identifient des opportunités à travers la solidité des banques, l’essor de la santé privée, la montée en puissance des paiements digitaux et le développement des infrastructures.

Si certaines valeurs se démarquent par leur potentiel de revalorisation, d’autres s’imposent par leur résilience ou leur rôle stratégique dans l’économie.

Derrière ces choix, des tendances se dessinent, révélant des approches distinctes.

Quels secteurs porteront la croissance en 2025 et où se situent les meilleures opportunités ?

>> Secteur bancaire

L’institution de recherche AGR identifie BCP, Crédit du Maroc (CDM) et BMCI comme des opportunités d’achat. D’après ses projections, BCP présente un potentiel d’appréciation de 12% à horizon 2026, avec un ratio P/E estimé à 13,0x.

De son côté, CDM affiche une progression potentielle de 28%, soutenue par une amélioration de sa rentabilité et une valorisation post-OPV jugée attractive (P/E 26E à 16,1x).

Quant à BMCI, elle bénéficie d’une dynamique favorable, mais son coefficient d’exploitation élevé limite son potentiel de valorisation à 18%.

En revanche, AGR recommande de conserver en portefeuille les titres de BOA, CIH Bank et CFG Bank, considérant que leur valorisation actuelle intègre déjà leur potentiel de croissance.

Les analystes de CFG Bank recommandent l’achat de Crédit du Maroc et Attijariwafa bank, mettant en avant leur robustesse financière et leur capacité à capter la reprise économique.

De leur côté, les analystes de BKGR estiment qu’Attijariwafa bank est une valeur sous-évaluée et bien positionnée pour bénéficier de la croissance économique à venir. Selon l’institution, la banque représente une valeur stratégique du marché, qui offre un profil équilibré entre stabilité et potentiel de valorisation.

>> Secteur de la Santé

Akdital figure parmi les valeurs stratégiques du secteur de la santé recommandées par CFG Bank et BKGR. En 2024, le groupe a enregistré une hausse exceptionnelle de 114,7%.

L’entreprise bénéficie d’une forte dynamique soutenue par l’essor du secteur privé de la santé au Maroc.

BKGR considère Akdital comme une valeur Momentum Driven, portée par la demande croissante en soins et l’expansion de son réseau hospitalier.

>> Secteur de la technologie

HPS s’impose comme une référence dans le secteur des paiements digitaux, et les analystes s’accordent sur son rôle dans un marché en pleine mutation, le recommandant à l’achat.

BKGR estime que le titre reste sous-évalué, malgré une performance négative de -1,33% en 2024, et met en avant son potentiel de revalorisation grâce à ses fondamentaux solides et à la croissance soutenue du secteur.

Pour CFG Bank, c’est surtout son expansion internationale qui constitue son principal atout. L’institution insiste sur sa capacité à capter de nouveaux marchés et à s’imposer comme un acteur majeur des paiements électroniques à l’échelle mondiale.

>> Secteur des télécommunications et de la consommation

BKGR reste sur la réserve concernant Itissalat Al-Maghrib, qualifiant le titre d’élément déclencheur après une année 2024 en repli de 14,3%.

De son côté, CFG Bank adopte une approche plus confiante envers Maroc Telecom, mettant en avant sa solide capacité de génération de cash et sa politique de dividendes régulière, qui en fait une valeur défensive attrayante.

Dans le secteur de la consommation, Mutandis retient l’attention de CFG Bank, qui souligne son modèle économique robuste et sa croissance soutenue, confortant ainsi sa place parmi les valeurs à privilégier.

>> Secteur de l’assurance et de l’agroalimentaire

BKGR recommande AtlantaSanad, considérée comme une valeur bien positionnée dans le secteur des assurances avec une valorisation jugée cohérente. L’institution met en avant sa capacité à maintenir une rentabilité stable dans un environnement économique en évolution.

Dans l’agroalimentaire, Cosumar est également retenue pour son profil défensif. Elle offre une stabilité financière et des flux de revenus prévisibles, ce qui en fait une option intéressante pour les investisseurs cherchant une exposition à un secteur résilient.

>> Secteur de l’industrie et des infrastructures

Dans le secteur industriel, BKGR met en avant Sonasid, qui bénéficie d’un potentiel de rebond avec la relance des grands projets de construction.

La société profite d’un environnement favorable dans l’acier et les matériaux de construction, soutenu par la demande croissante des infrastructures. Managem, de son côté, reste une valeur suivie dans le secteur minier, notamment pour son exposition aux métaux précieux, où les perspectives de prix sont jugées attractives à moyen terme.

CFG Bank recommande de suivre Taqa Morocco, positionnée sur le marché de la production d’énergie avec un rôle stratégique dans la transition énergétique. L’entreprise s’oriente vers des projets de dessalement et d’hydrogène vert, ce qui lui confère un intérêt accru pour les investisseurs cherchant une exposition aux énergies renouvelables.

>> Secteur du transport et de la logistique

Enfin, dans le domaine du transport, BKGR recommande à l’achat Marsa Maroc, qui bénéficie de l’augmentation des flux commerciaux et d’une demande croissante pour les services logistiques au Maroc.

Son rôle dans la gestion portuaire en fait un acteur essentiel pour le développement du commerce extérieur, avec un potentiel de croissance stable à long terme.

CFG Bank : hausse de 38% du PNB consolidé à fin juin

Le groupe CFG Bank affiche à fin juin une hausse de 45% de l’encours des crédits à 14,2 MMDH.

Les dépôts de la clientèle ont crû de 20% en 12 mois, soit une collecte nette de près de 2,5 MMDH, pour s’établir à fin juin 2024 à 14,8 MMDH.

Les dépôts non rémunérés représentent en moyenne 47% de l’ensemble des dépôts et ce, malgré la très forte croissance des crédits.

Le PNB consolidé ressort à 424 MDH au 30 juin 2024, contre 309 MDH à la même période en 2023, soit une hausse de 38%.

Le PNB à caractère récurrent, décomposé en marge d’intérêt et commissions, a atteint 362 MDH, en hausse de 37%. La marge d’intérêt s’établit à 176 MDH (+31%), tirée par la hausse des encours. Les commissions atteignent 186 MDH (+44%), et comprennent tant les commissions bancaires que ceux des métiers de gestion d’actifs.

Le PNB à caractère moins prévisible (intermédiation boursière, trading obligataire et actions, corporate finance) atteint 62 MDH (+81%), grâce à un marché actions favorable au 1er semestre 2024.

Le Résultat Brut d’exploitation progresse à un rythme plus soutenu que le PNB, suite à la bonne maîtrise des charges qui affichent une hausse de 29%, alors que le PNB croît de 38%. Il atteint 160 MDH en hausse de 54%.

Pour sa guidance 2024 le groupe anticipe d’ici la fin de l’année, une hausse de son PNB entre 20% et 24% du fait de la poursuite de la croissance des encours, de l’amélioration des marges sur une année pleine, et de la poursuite de la hausse des commissions.

Le RBE 2024 est attendu en hausse de 28% à 38% poussé par la croissance des charges continuera d’être moins rapide que celle du PNB.

De son côté le RNPG 2024 devrait croitre de 40% à 50% avec une stabilisation du coût du risque autour de 0,25% – 0,30%.

Le marché boursier a intégré la quasi-totalité de la baisse des taux (CFG Bank)

La baisse du taux directeur de 25 pbs ayant entrainé un retrait des taux obligataires, est-elle correctement reflétée dans les cours de bourse suite à la récente hausse du MASI ? C’est la question que se pose CFG Bank dans une note diffusée le 24 juillet.

En effet, les taux obligataires rémunèrent moins les investisseurs suite à la baisse du taux directeur annoncée par Bank Al Maghrib fin juin 2024. CFG Bank souligne que « les taux des BDT-10 ans ont enregistré une baisse quasi-similaire, passant de 3,74% à 3,49%. Cette détente s’inscrit dans la continuité du mouvement baissier amorcé à partir de fin juin 2023 après le pic de 4,6% enregistré en avril 2023 ».

Cette baisse du taux directeur était globalement anticipée par le marché depuis plusieurs mois, mais elle est intervenue plus tôt que ce qui était espéré.

De fait, la société de recherche a calculé le PER théorique du marché pour déterminer s’il était valorisé adéquatement. Il s’avère que « le niveau actuel du taux sans risque, soit 3,49%, induirait un PER théorique de 18,6x », explique CFG Bank.

La société de recherche note : « nous avons calculé l’écart entre le taux sans risque (BDT-10 ans) et l’inverse du PER constaté sur la période 2014-2023. Sur la base de nos calculs, l’écart moyen sur les 10 dernières années serait de 1,88% ». Par la suite, elle a appliqué cet écart au taux de 3,49% des BDT-10 ans pour estimer le ‘earning yields’ et par la suite le PER théorique.

Le marché a pleinement intégré la baisse des taux

Étant donné les prévisions d’évolution de la masse bénéficiaire de la cote, le marché traiterait actuellement à 18,2x les bénéfices 2024. « Les cours actuels font donc ressortir une décote de 2,1% par rapport au niveau d’équilibre tel qu’observé historiquement », explique CFG Bank.

In fine, le marché est actuellement correctement valorisé et intègre donc la quasi-totalité de la baisse des taux. « Bien entendu, le marché oscille autour de son niveau théorique. De ce fait, le momentum actuel pourrait l’entrainer au-dessus du niveau de 18,6x les bénéfices 2024 avant qu’il ne se stabilise ou entame une correction », note la société de recherche.

Il faut désormais noter que ces prévisions pourraient être revues si la Banque Centrale venait à revoir à la baisse l’évolution du taux directeur. De fait, les taux obligataires connaitraient une pression baissière et cela devrait tirer à la hausse le marché action. « Si ce scénario se matérialise, nous devrions assister à une baisse du ‘earnings yield’, une dilatation du PER théorique et donc une progression du marché boursier plus importante », conclut CFG Bank.

Maroc Telecom : CFG Bank valorise le titre à 105 dirhams malgré l’amende et le recommande à l’achat

Malgré les déboires judiciaires du groupe, Maroc Telecom affiche un bon potentiel en bourse d’après CFG Bank.

Dans une note sur la valeur, CFG Bank estime que le titre Maroc Telecom est sous-valorisé et dispose d’un potentiel de croissance de 14% à 105 dirhams, contre 92 dirhams à la mi-séance du 10 juillet.

La société de recherche précise dans sa note qu’elle conserve une approche conservatrice, en intégrant l’indemnité de 6,4 MMDH que l’opérateur devra verser à Wana Corporate sur les fonds propres du groupe. « Si toutefois le recours de Maroc Telecom s’avère concluant ou si le groupe parvient à négocier un montant inférieur, le cours cible serait d’autant plus élevé », estime CFG Bank.

Le potentiel de croissance du groupe en bourse est catalysé par plusieurs facteurs opérationnels.

Une activité internationale en bonne tenue portée par la data mobile

La dynamique de croissance du groupe à l’international affiche une croissance bien supérieure à celle observée sur le marché local. « Le chiffre d’affaires réalisé par les filiales africaines a augmenté selon un TCAM de 3,5% entre 2015 et 2023, contre un TCAM de -0,9% pour l’activité au Maroc sur la même période », note CFG Bank.

Les marchés africains où le groupe est présent, notamment le Burkina Faso, la Mauritanie et la Gabon affichent des taux de pénétration du téléphone mobile assez élevés avec, à l’instar du Maroc, une mutation des usages de la voix à la data mobile. Ainsi, l’opérateur cherche à consolider sa position sur ces marchés et à proposer d’autres services tels que la fibre (FTTH) et le mobile money.

D’autres pays comme le Togo, le Tchad ou encore le Niger disposent de taux de pénétration mobile encore faibles et affichent donc un fort potentiel de croissance pour Maroc Telecom. « De manière générale, nous estimons que le secteur des télécoms devrait encore présenter des opportunités intéressantes en Afrique à moyen et long terme. Nous pensons que les caractéristiques démographiques et économiques du continent devraient être les premiers drivers de la croissance du secteur des télécoms, spécialement le segment Mobile », précise CFG Bank.

Cette année, le groupe anticipe un chiffre d’affaires à l’international de près de 19 MMDH pour croître de 3% par an jusqu’en 2027 et atteindre 20,7 MMDH.

Une rentabilité opérationnelle saluée

IAM affiche l’une des rentabilités opérationnelles parmi les meilleures au niveau mondial, par comparaison à d’autres acteurs du secteur si on se concentre sur les activités au Maroc. « La marge d’EBITDA moyenne des opérateurs télécoms serait de 31% au niveau mondial et de 28% dans les pays émergents selon la base de données Damodaran ; alors qu’au cours des cinq dernières années, le groupe a enregistré une marge d’EBITDA consolidée variant autour des 52% après une stagnation sur la période 2014-2018 où elle s’établissait en moyenne à 49% », souligne CFG Bank.

Cette progression de la marge d’EBITDA du groupe a notamment été portée par la hausse de la marge sur les activités africaines qui est passée de 41,2% en 2019 à 44,1% en 2023. L’EBITDA au Maroc devrait légèrement décroître dans les années à venir, compensé par l’EBITDA en croissance dans les pays subsahariens. « In fine, la marge d’EBITDA consolidée devrait rester relativement stable en s’établissant à 52,3% en 2027, contre 52,7% en 2023. Profitant de la croissance de l’activité, l’EBITDA devrait augmenter selon un TCAM de 1,4% pour atteindre 20,4 MMDH en 2027″, précise CFG Bank.

Avec une meilleure dilution des charges de dépréciation et d’amortissement, l’EBIT consolidé devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 2% sur la période 2023-2027. « Nous estimons que le RNPG ajusté d’éléments exceptionnels (provisions, dons, pénalités/amendes, etc.) devrait rester relativement stable à court terme et s’établir à des niveaux similaires à celui observé en 2023. En 2026, il devrait cependant profiter de la non-reconduction de la Contribution sociale de solidarité pour enregistrer un bond d’environ 400 MDH », note la société de recherche. La marge nette du groupe devrait se positionner à 17% en 2027 contre 16,6% en 2023, avec un RNPG ajusté qui devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 2,1% sur la période 2023-2027.

Côté rétribution aux actionnaires, le groupe devrait afficher une amélioration du dividende par action dans les années à venir. « Il devrait croître selon un TCAM de 5,9% sous l’hypothèse d’un taux de distribution stable à 70%. Cette progression émane principalement de l’impact de certaines charges non récurrentes sur le RNPG en 2023, à savoir la provision de 500 MDH pour le litige avec Wana Corporate et le don de 700 MDH au profit du Fonds dédié à la gestion des effets du séisme d’Al Haouz, ainsi que la non-reconduction de la CSS en 2026 », conclut CFG Bank.

Le groupe note que ces prévisions peuvent être impactées par plusieurs facteurs, notamment le litige judiciaire entre Maroc Telecom et Wana Corporate.

D’ailleurs, ce mercredi 10 juillet ont été reprises par la presse des déclarations du management d’Etisalat, actionnaire majoritaire de Maroc Telecom à hauteur de 53%. Si le management a fait part de sa volonté de se conformer aux lois du pays, il déplore néanmoins un environnement réglementaire difficile qui « affecte négativement les perspectives d’avenir de nos investissements au Maroc ».