Le Maroc et le Sénégal explorent de nouvelles perspectives de coopération économique

La rencontre s’inscrit dans un contexte de montée en puissance des relations économiques entre Rabat et Dakar, portée par une présence marocaine de plus en plus affirmée au Sénégal dans plusieurs secteurs, et par les ambitions de transformation économique affichées par les deux pays. Cela étant, elle intervient également dans un moment sensible après les débordements qui ont affecté la finale de la CAN 2025 entre les deux pays.

Renforcer et accélérer la coopération économique

Lors de son intervention, Chakib Alj, président de la CGEM a déclaré que la relation entre le Maroc et le Sénégal repose sur un socle politique et humain solide, qui s’est traduit par un partenariat économique significatif. « Le Maroc et le Sénégal ont une relation de longue date, fondée sur la confiance, le respect, et une réelle proximité humaine, politique, sociale, culturelle et religieuse ».

« Les exportations marocaines vers le Sénégal ont dépassé 4 milliards de DH en 2024, tandis que les importations marocaines ont plus que doublé pour atteindre près de 600 millions de DH« .

Selon lui, cette trajectoire confirme l’existence d’un partenariat gagnant-gagnant, tout en appelant à une diversification plus poussée des échanges et à un renforcement des co-investissements.

« Les opérateurs économiques marocains sont prêts à investir plus, en partenariat avec les entreprises locales et dans un esprit de win-win. Le Groupe d’impulsion économique Maroc-Sénégal a un rôle clé à jouer dans ce sens. Il doit être un outil d’accélération, pour passer plus rapidement de l’intention à l’action, identifier des projets concrets, lever les obstacles et accélérer le déploiement des investissements », a souligné Chakib Alj.

Dynamique des investissements marocains au Sénégal

Selon Bakary Sega Bathily, directeur général de l’APIX, les IDE marocains représentent un levier de croissance au Sénégal. « 36 projets marocains ont été agréés au Sénégal entre 2010 et 2025, pour un montant cumulé d’environ 320 millions de dollars, donnant lieu à la création de près de 1.900 emplois », a-t-il indiqué.

« Ces investissements concernent principalement les infrastructures portuaires, l’agro-industrie, l’aviculture et les matériaux de construction ».

Dans le même sens, Pierre Goudiaby Atepa, président du Club des investisseurs du Sénégal, a insisté sur le climat de confiance qui caractérise l’accueil des investisseurs marocains au Sénégal. « Les entreprises marocaines évoluent au Sénégal comme chez elles, soulignant la proximité des relations économiques et la volonté des autorités sénégalaises de créer un environnement favorable aux investissements étrangers, en particulier ceux en provenance du Maroc. Cette déclaration s’inscrit dans une logique de continuité politique visant à rassurer les opérateurs économiques et à encourager de nouveaux projets.

La dynamique macroéconomique du Sénégal a également été mise en avant par Pierre Goudiaby Atepa. « Le Sénégal affiche une dynamique de croissance soutenue avec un taux de croissance de 7,8% en 2025, reflétant une expansion rapide de l’économie au cours de la dernière décennie. Cette trajectoire s’accompagne d’une inflation contenue, projetée à environ 1,2% en 2025″.

Par ailleurs, le président du patronat sénégalais a tenu à rassurer les opérateurs marocains sur leur place au Sénégal, en mettant en avant un climat de confiance durable. « Les entreprises marocaines qui investissent au Sénégal font partie intégrante de notre écosystème économique et elles opèrent comme chez elles, dans un esprit de partenariat, de respect mutuel et de confiance réciproque », a-t-il souligné.

« L’accès à une énergie compétitive est une condition essentielle pour le développement industriel. Nous sommes en discussion avec l’État sénégalais afin de négocier des conditions énergétiques plus favorables, permettant aux investisseurs de déployer leurs projets dans de bonnes conditions, avec une visibilité à moyen et long terme », a conclu Pierre Goudiaby Atepa.

Talib et Semlali : de rivaux à partenaires à la tête de la Fédération des entreprises de santé de la CGEM

Rochdi Talib et Redouane Semlali ont été élus, ce mardi 16 décembre, respectivement président et vice-président de la Fédération marocaine des entreprises de services de santé (FMAESS).

Une annonce d’apparence anodine, mais qui marque en réalité l’enterrement d’une hache de guerre longtemps brandie entre deux figures majeures – et jusque-là antagonistes – de la santé privée marocaine.

Derrière ce binôme unanimement élu aujourd’hui se cache une rivalité ancienne, souvent frontale, qui a structuré pendant plusieurs années les luttes de représentativité d’un secteur en pleine mutation.

Une rivalité née de la crise de représentativité du privé

Pour comprendre la portée de cette élection, il faut remonter à 2020. À l’époque, la crise covid met le secteur de la santé au cœur de l’actualité et des politiques publiques.

Une pandémie mondiale dont les répercussions sont multisectorielles, des réformes importantes à forts enjeux, un secteur privé en mutation par l’émergence de grands groupes structurés à la faveur de la loi 131-13, ouvrant le capital des cliniques privées à des investisseurs non-médecins…

Dans ce contexte, la CGEM cherchait donc à faire représenter le secteur privé de la santé au sein de ses instances. Une volonté qui a enclenché une grande bataille.

Deux camps s’opposent alors. D’un côté, les instances historiques, au premier rang desquelles l’Association nationale des cliniques privées (ANCP), présidée par le Pr Redouane Semlali. Ce dernier était également le vice-président de la Fédération nationale de la santé, à travers laquelle il voulait intégrer la CGEM.

De l’autre, de nouveaux groupes émergeant à la faveur de la nouvelle réglementation. Des groupes/entreprises structurés de taille plus importante – Akdital, ODM, entre autres. Ils se regroupent au sein de l’Association marocaine des groupes de santé (AMGS).

Les premiers revendiquent la représentation historique du secteur. Les seconds, dont les problématiques diffèrent, contestent une représentation jugée inadaptée à la nouvelle réalité du secteur et veulent avoir leur propre voix.

Les tensions montent et la CGEM décide enfin qu’elle ne cooptera pas d’association externe et fera représenter le secteur par une fédération interne. Cette dernière restera dormante, jusqu’à ce 16 décembre.

Et la bataille entre Talib et Semlali prendra ensuite une tournure plus personnelle, jalonnée par plusieurs crises, des attaques et contre-attaques par communiqués interposés. En 2022, nous titrions sur une « Bataille d’égo et d’influence dans les cliniques privées » sur fond de guerre de leadership et de contrôle des instances.

Rochdi Talib accusait alors l’ANCP d’avoir été « détournée de son objet » et instrumentalisée contre son groupe. Mais plus globalement, les groupes structurés estimaient que malgré leur poids, ils n’étaient jamais consultés ni impliqués dans les dossiers stratégiques.

De l’autre côté, on reprochait aux groupes de « vouloir mettre la main sur les instances du secteur à coups de moyens financiers » et « de mener une charge contre le Pr Semlali et l’ANCP car l’association, sous sa direction, défend davantage les petites cliniques que les grands groupes ».

Les rivaux d’hier, partenaires d’aujourd’hui

Alors comment les rivaux d’hier sont-ils devenus les partenaires d’aujourd’hui, et portent ainsi tous les deux la représentativité du secteur ?

« La santé privée est le seul secteur qui n’était pas encore représenté au niveau de la CGEM », déclare Rochdi Talib à Médias24, après son élection en tant que président de la fédération. « Avec le Pr Redouane Semlali, on s’est alors mis d’accord pour constituer un binôme. Nous avons été élus à l’unanimité ce mardi, et nous sommes très motivés pour l’accompagner. Nous avons un secteur public qui est fort. Nous avons besoin d’un secteur privé aussi fort, pour créer une complémentarité totale, dans l’intérêt des Marocains ».

L’élection de Rochdi Talib et Redouane Semlali marque donc un tournant, celui de l’activation réelle de cette fédération et, surtout, d’un compromis entre deux visions (personnes) longtemps irréconciliables.

Selon des sources sûres, les opérateurs privés du secteur de la santé ont été au cœur de plusieurs polémiques ces derniers mois, sans qu’ils aient un représentant qui prenne la parole en leur nom.

Il y a eu le sujet des médecins publics qui optent pour le privé, l’AMO qui bénéficie plus aux opérateurs privés. Puis il y a eu l’épisode des subventions d’investissement, puis celui des marges et des remises sur les produits hospitaliers… entre autres sujets qui ternissent l’image du secteur, énumère une de nos sources.

Le groupe Akdital a été particulièrement touché et directement concerné par certaines de ces polémiques, du fait de sa taille qui lui confère aujourd’hui le titre de leader du secteur et donc aux yeux du public, il cristallise le secteur privé de la santé.

« Pendant ce temps, les divisions internes ont eu un impact négatif car elles privent le secteur de représentativité structurée », ajoute une autre source.

C’est ce contexte tendu qui a fait que les deux protagonistes se sont rapprochés et ont décidé de mettre fin aux logiques de clans et de parler d’une seule voix face aux pouvoirs publics.

Début octobre 2025, la CGEM lance les élections pour la présidence de la Fédération des entreprises de services de la santé et annonce le calendrier du scrutin qui s’est tenu, donc, ce 16 décembre.

La FMAESS revendique aujourd’hui la représentation de l’ensemble de l’écosystème privé de la santé.

« L’ensemble des acteurs privés intervenant dans l’écosystème de la santé privée, notamment les cliniques privées, les distributeurs de dispositifs médicaux, et plus largement, tous les représentants des sociétés apportant une valeur ajoutée au système de santé », nous précise Rochdi Talib.

Un poids loin d’être négligeable : le privé concentre environ 40% de la capacité litière nationale et assure plus de 70% de la prise en charge des pathologies lourdes.

Que compte faire le binôme Talib-Semlali de la Fédération ?

Derrière la réconciliation, l’enjeu est désormais politique et stratégique. « Notre vision avec le Pr Semlali est simple. Nous souhaitons participer aux grandes décisions dans le secteur de la santé », affirme Rochdi Talib. « Dans ce sens, j’espère que nous allons collaborer pleinement avec le ministère de tutelle, pour apporter notre expertise ».

Le chantier prioritaire est le partenariat public-privé. « Il faut savoir qu’aujourd’hui, le secteur privé de la santé, et plus précisément les cliniques privées, représentent 40% des lits au Maroc. Et la majorité des grosses pathologies, telles que les cancers, la cardiologie et l’intervention chirurgicale se pratiquent à plus de 70% dans le secteur privé ».

Et de poursuivre : « Nous avons donc intérêt à accorder nos violons avec le ministère de la Santé, et à essayer de trouver un terrain d’entente pour un partenariat public-privé, qui n’a pas encore vu le jour jusqu’à présent, à part dans le cadre de la prise en charge des hémodialysés ».

« Là où le secteur privé présente des lacunes, le public prend le relais, et inversement. Là où le public fait défaut, le privé apporte sa valeur ajoutée », poursuit Talib.

Reste à savoir si cette trêve entre deux figures longtemps irréconciliables survivra à l’épreuve des dossiers concrets. Mais une chose est certaine : pour la première fois depuis des années, le secteur privé de la santé dispose d’une instance patronale activée, portée par ceux-là mêmes qui en incarnaient hier les fractures.

Retenue à la source : malgré l’amendement, le dispositif jugé incohérent

La retenue à la source (RAS) continue de susciter des interrogations parmi les praticiens, tant sur son architecture que sur sa cohérence interne.

Une réforme revue en profondeur

La proposition initiale du PLF, qui prévoyait d’étendre la retenue à la source aux banques, aux compagnies d’assurance et aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires d’au moins 50 MDH, a été profondément revue lors des amendements.

Le seuil a été relevé à 500 MDH pour l’année 2026, avec une baisse progressive prévue par la suite afin d’élargir la RAS à davantage d’entreprises à horizon 2028. Ce qui n’est pas pour déplaire aux praticiens du chiffre que cette mesure inquiétait.

Interrogé par Médias24, le chef d’une grande entreprise indique que la forme finale de la RAS après amendement reflète le choix d’une approche expérimentale, avant de passer à la généralisation prévue initialement.

« Les amendements vont servir d’évaluation réelle de la retenue à la source lorsqu’elle sera appliquée à une grande partie des entreprises. Le fait de commencer par les entreprises disposant d’un chiffre d’affaires de plus de 500 MDH permettra de mesurer les effets du dispositif », explique-t-il.

Un manque de cohérence

Pour notre interlocuteur, l’application de la retenue à la source au secteur privé souffre d’un manque de cohérence interne.

« Le problème de l’élargissement de la retenue à la source au secteur privé, telle qu’elle est pensée aujourd’hui, c’est qu’elle manque de cohérence. Lorsqu’on demande à une grande entreprise, déjà en pleine conformité fiscale et travaillant étroitement avec l’État, d’opérer la retenue à la source pour des fournisseurs plus petits, cela reste concevable », précise-t-il.

« Mais l’incohérence apparaît quand le mécanisme fonctionne dans les deux sens. On demande à une entreprise à laquelle l’État fait confiance pour collecter la TVA et la reverser, et à laquelle on fait confiance pour payer correctement ses propres impôts, d’être en même temps soumise à la retenue à la source par d’autres entreprises, grandes ou petites. C’est là où se situe la non-cohérence ».

Selon notre interlocuteur, le système actuel gagnerait à être resserré. Plutôt que d’étendre la retenue à la source à l’ensemble du tissu entrepreneurial, il serait plus pertinent d’en limiter l’application aux grandes entreprises.

« Le système tel qu’il est prévu aujourd’hui mérite d’être revu. La stratégie la plus cohérente serait de limiter la retenue à la source aux grandes entreprises uniquement. Elles feraient la retenue sans la subir, ce qui leur permettrait d’appuyer l’administration dans la collecte de la TVA et de l’IS. Cela éviterait de transférer cette responsabilité vers des opérateurs plus petits, dont la situation fiscale est souvent plus fragile et marquée par un risque plus élevé de retard ou de défaut de paiement de leurs propres impôts », analyse notre chef d’entreprise.

« Leur confier davantage de TVA à reverser accroîtrait mécaniquement le risque pour l’administration.Étendre la retenue à ces entreprises rendrait donc le dispositif plus lourd et moins sûr, alors qu’un mécanisme clair, unidirectionnel et concentré sur les grandes structures serait plus cohérent et plus facile à gérer », poursuit-il.

Il convient par ailleurs de noter que les taux applicables n’ont pas été revus. « Les taux n’ont pas été revus. Ni le taux de l’IS en retenue à la source, ni celui de la TVA. On reste sur les mêmes niveaux, avec une TVA retenue à la source qui reste à 75% », conclut notre interlocuteur.

Voici les principaux amendements de la CGEM adoptés à la Chambre des conseillers

À la suite de la séance du lundi 1° décembre 2025, consacrée à l’examen et au vote des amendements du PLF 2026 au sein de la Commission des finances, de la planification et du développement économique à la Chambre des conseillers, plusieurs dispositions du PLF 2026 ont été modifiées.

Les débats ont porté sur un ensemble de 227 propositions d’amendements émanant du gouvernement, de la majorité et des différents groupes représentés.

Dans ce contexte, contacté par Médias24, Réda Lahmini, Vice-Président de la Commission des Finances à la Chambre des Conseillers du Parlement, revient sur les principaux amendements présentés par le groupe parlementaire de la CGEM et adoptés en commission à la Chambre des Conseillers.

Il s’agit des principaux amendements adoptés et qui présentent un impact direct ou significatif sur l’activité des entreprises.

« Parmi 48 amendements proposés par le groupe parlementaire de la CGEM et qui consistent à accompagner les opérateurs économiques à la création de la valeur ajoutée, les emplois et le développement de l’investissement dans notre pays, plusieurs ont été adoptés », indique le vice-président de la Commission des finances.

« Voici donc les principaux amendements adoptés qui ont un impact direct ou significatif sur l’activité des entreprises :

-Instauration d’un droit d’importation de 17,5% applicable aux dispositifs de dépistage rapide ;

-⁠Maintien du droit d’importation, au taux de 30%, applicable aux profilés en aluminium d’une épaisseur n’excédant pas 1 mm et d’un poids maximal de 255 g/m ;

-Baisse des droits de douane sur les smartphones de 17,5% à 2,5% ;

-⁠Maintien de l’exonération des droits de douane pour 300.000 têtes de bovins et 10.000 têtes de camelins ;

-Réduction de la taxe forestière applicable aux bois de 12% à 6%.

-Relèvement du champ d’application de la retenue à la source en matière d’IS et de TVA, de manière progressive, comme suit :

-Exonération des pensions et rentes viagères versées aux retraités de la CIMR au titre des contrats d’assurance retraite ;

-Réduction des droits d’enregistrement applicables à la cession d’actions ou de parts dans les sociétés à prépondérance immobilière, passant de 6% à 5% ;

-Exonération du droit fixe d’enregistrement de 200 dirhams sur les opérations de crédit, les garanties présentées et les mainlevées y afférentes, réalisées par les établissements de crédit et organismes assimilés.

-Révision du régime d’imposition des salaires, primes et rémunérations versées aux salariés occupant des postes dans les entreprises ayant le statut CFC.

-Augmentation du taux de déduction applicable aux dons en numéraire ou en nature accordés au profit des sociétés sportives de 10% à 20% ;

-Aligner le taux de TVA appliqué au couscous aux pâtes alimentaires courtes, non cuites et non farcies ;

-Intégrer dans le champ d’application du régime d’incitation fiscale aux opérations de restructuration des groupes de sociétés, les éléments d’actif circulant.

-Extension de l’exonération des produits pharmaceutiques pour inclure le sang et ses dérivés« , conclut notre source.

Un amendement de la retenue à la source attendu à la Chambre des conseillers

Parmi l’ensemble des mesures fiscales proposées par le PLF 2026, l’élargissement de la retenue à la source sur la TVA demeure le point le plus important, sujet à débat.

Le gouvernement souhaite étendre la retenue à la source au secteur privé, en soumettant toutes les entreprises dépassant 50 MDH de chiffre d’affaires à une retenue à la source de 75% de la TVA facturée par leurs fournisseurs et en reversant cette part directement au Trésor.

Cette disposition rompt avec la pratique actuelle où seule la commande publique applique la retenue.

Les entreprises avaient déjà exprimé leur inquiétude face à l’impact immédiat sur leur trésorerie, car la RAS transforme une taxe normalement neutre en un décalage financier réel. Lorsqu’un fournisseur facture une administration, trois quarts de la TVA sont retenus et versés au Trésor, ce qui réduit l’encaissement effectif.

Ce montant se transforme ensuite en crédit de TVA qui dépend entièrement des délais de restitution.

La contre-proposition de la CGEM pour la retenue à la source

Selon nos informations, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) prépare des amendements visant cette disposition. Une de nos sources précise que le patronat ne conteste pas le principe d’un élargissement de la retenue à la source, mais considère que l’architecture proposée dans le PLF manque de progressivité et de cohérence économique.

Les amendements insistent pour que la réforme se fasse avec une évaluation et une mesure des contraintes des entreprises. Ainsi, il est question de proposer une étude et une évaluation du système de la retenue à la source, car son extension doit reposer sur des données solides.

La logique économique avancée par la CGEM s’appuie sur l’idée que la retenue à la source peut jouer un rôle utile dans la sécurisation du recouvrement fiscal, mais que son extension doit être ciblée.

Par ailleurs, une autre source contactée par Médias24 détaille davantage la logique derrière les amendements de la CGEM.

Le PLF propose d’étendre la retenue à la source aux banques et aux sociétés d’assurance et au secteur privé.

Le patronat évalue l’idée d’exclure le secteur privé et de maintenir l’extension de la retenue à la source aux banques et aux sociétés d’assurance uniquement. Ces dernières sont en effet déjà structurées, dotées de systèmes comptables solides et capables d’intégrer la retenue sur la TVA de manière plus fluide.  À cela s’ajoutera une condition de révision du taux de retenue à la baisse.

Si le gouvernement refuse ? Nos sources laissent entendre que l’enjeu alors sera certainement le niveau du chiffre d’affaires des entreprises concernées.

Karim Zidane représente le Roi au 17ᵉ Sommet des affaires USA-Afrique

Karim Zidane conduit une importante délégation composée de dirigeants et de hauts responsables du secteur public et privé, notamment de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), de l’Office national des chemins de fer (ONCF), de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), ainsi que de Medz, de Marsa Maroc et de représentants des banques marocaines.

La participation à cet évènement, qui se tient en présence de plusieurs chefs d’État africains ainsi que de hauts responsables de gouvernements de plusieurs pays, s’inscrit en droite ligne des hautes orientations royales en faveur du renforcement des partenariats économiques du Royaume avec les pays africains et les partenaires internationaux.

Elle vise à mettre en valeur les réformes engagées par le Maroc pour renforcer son attractivité économique, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI, en particulier la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement, et à promouvoir, ainsi, les opportunités qu’offre le Royaume dans des secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, l’industrie automobile, l’aéronautique, l’agro-industrie et les technologies vertes.

Dans cette dynamique partenariale, le Maroc se positionne désormais comme un acteur incontournable dans les chaînes de valeur mondiales, à la faveur des relations économiques privilégiées et du partenariat structuré et durable qu’il entretient avec les États-Unis d’Amérique, consolidé par l’accord de libre-échange en vigueur depuis 2006. En effet, le Royaume figure parmi les principaux partenaires commerciaux des États-Unis en Afrique.

Organisé en présence de plus de 1.500 participants, dont des chefs d’État, des ministres, des décideurs économiques et politiques et des représentants du secteur privé, ce sommet constitue une plateforme majeure pour le dialogue économique et la construction de partenariats stratégiques durables entre les États-Unis et les pays africains.

Délais de paiement. Réflexion en cours sur le stock des impayés antérieur à la loi

Comme annoncé dans le communiqué qui a sanctionné cette réunion, la CGEM a mis en avant l’évolution positive du crédit interentreprises suite à l’entrée en vigueur de la loi n° 69-21 relative aux délais de paiement. Cette loi a permis au crédit bancaire de redevenir la principale source de financement.

Selon des sources présentes à la réunion jointes par Médias24, la CGEM a expliqué que « le crédit interentreprises qui culminait à 450 MMDH a baissé de 25%, passant largement sous la barre des 400 MMDH. Ce qui le positionne derrière le crédit bancaire, pour la première fois depuis des années ».

La loi fonctionne. Elle fonctionne pour toutes les transactions commerciales qui entrent dans son champ d’application. On comprend qu’elle permet aussi de constituer d’importants stocks d’impayés. Mais « il reste tout de même près de 320 MMDH de stock d’arriérés de paiement qui ne sont pas couverts par la loi et pour lesquels il faut trouver une solution », expliquent nos sources.

Que faire alors ? « Il a été décidé de la mise en place d’une commission pour discuter de ce point en particulier et proposer des solutions concrètes », nous confie-t-on.

Autre information importante qui ressort de cette réunion, le bilan chiffré de l’état d’avancement du dispositif de sanctions pécuniaires. Selon nos informations, le montant de sanctions pécuniaires collecté dans ce cadre atteint 2 MMDH.

« La plus grosse part de ce montant émane des secteurs énergétique et minier », avancent nos sources, qui précisent que sont également concernées de grandes entreprises publiques à caractère marchand.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2024/12/27/loi-sur-les-delais-de-paiement-quelle-dates-retenir-pour-eviter-les-penalites/

La CGEM en mission économique en Corée

Conduite par le président de la CGEM, Chakib Alj, la délégation est composée d’entreprises opérant dans les secteurs de l’automobile, de la plasturgie, de l’industrie chimique et parachimique, de l’agroalimentaire, de l’industrie lourde, de l’industrie pharmaceutique, des mines, des énergies renouvelables et des nouvelles technologies.

La première étape de cette mission a conduit la délégation marocaine à la zone économique libre d’Incheon (IFEZ), en présence de Chafik Rachadi, ambassadeur du Roi en République de Corée.

À cette occasion, Wonsok Yun, commissaire de l’IFEZ, a présenté aux membres de la délégation l’écosystème dynamique de cette zone, qui héberge aujourd’hui plus de 300 entreprises étrangères actives dans des secteurs variés, dont l’industrie manufacturière et la recherche et développement.

Un moment fort de cette visite a été la découverte du Smart City Integrated Operation Center (SCIOC), une plateforme centrale opérationnelle depuis 2012, qui coordonne en temps réel les services urbains clés tels que la gestion du trafic, les interventions d’urgence, la surveillance environnementale et la maintenance des infrastructures.

Par ailleurs, la délégation a visité, dimanche, le Samsung Innovation Museum (SIM) à Suwon, près de Séoul. Cette visite immersive a permis de retracer l’histoire des innovations majeures du géant coréen, depuis ses premiers appareils électriques jusqu’aux solutions technologiques les plus avancées.

La mission se poursuit jusqu’au 13 juin et sera marquée par des réunions avec des entreprises coréennes leaders, des rencontres avec des organisations professionnelles coréennes, notamment l’Association coréenne du commerce international (KITA) et la Chambre de commerce et d’industrie de Corée (KCCI), ainsi que des B2B et des sessions sectorielles.

Les Jeunes Maçons en redressement : nouvelles créances validées

Le juge-commissaire chargé de la procédure de redressement de la société Les Jeunes Maçons a validé, le lundi 2 juin 2025, une nouvelle série de créances.

Il s’agit de la troisième vague d’ordonnances rendues dans le cadre de cette procédure collective ouverte à la mi-février 2025 devant le tribunal de commerce de Fès.

Plus de 6,3 MDH de créances ont été validées lors de cette audience. Selon nos informations, les créances validées concernent notamment :

Ces sommes sont toutes considérées comme des créances ordinaires (chirographaires) au passif de l’entreprise.

Ces décisions s’ajoutent à deux précédentes séries d’ordonnances rendues début mai et le 26 mai 2025, comme Médias24 l’a déjà rapporté. Le total des créances validées dépasse désormais les 20 millions de dirhams, un montant relativement faible mais en augmentation constante.

Le dossier est suivi par le juge-commissaire Abdelkader Benaddou et le syndic Samir Benyachou, chargé à la fois de superviser la vérification des créances et de soumettre, à terme, ses propositions pour surmonter les difficultés de l’entreprise.

Une solution à définir dans les mois à venir

L’affaire reste de dimension modeste sur le plan financier. Elle n’en suscite pas moins une attention particulière du fait du lien capitalistique entre Les Jeunes Maçons et CAP Holding, le groupe dirigé par Chakib Alj. Les soubresauts de cette filiale avaient alimenté une polémique médiatique en début d’année à laquelle le président de la CGEM avait réagi dans nos colonnes.

D’autres dossiers de créanciers sont toujours en cours de vérification. Certaines déclarations ont été mises en délibéré ou renvoyées à une audience ultérieure. Le chiffre définitif du passif de l’entreprise ne pourra être arrêté qu’à l’issue de l’examen de l’ensemble des créances déclarées.

Entretemps, le syndic chargé de la procédure se penche sur la préparation du bilan global de l’entreprise. Ce document permettra d’envisager « une solution » aux difficultés de Les Jeunes Maçons, aujourd’hui en situation de cessation de paiement. Le syndic dispose d’un délai de quatre mois, prorogeable une seule fois, pour déposer son rapport.

Entrepreneuriat. « À 5 ans, j’étais au souk avec mon père. À 8 ans, je pensais à monter mon propre business » (Noureddine Zine)

Plongé très jeune dans l’univers du commerce informel, Noureddine Zine garde de ses premières années une relation intuitive avec l’entrepreneuriat.

« Depuis l’âge de 5 ans, j’allais au souk avec mon père, mais je n’allais à l’école que deux fois par semaine. Quand j’ai eu 8 ans, je me suis mis à penser à monter un business personnel. J’ai alors commencé à acheter et à revendre de petits articles », raconte-t-il.

À seulement 9 ans, Noureddine Zine a pris une décision rare pour un enfant de son âge : quitter El Jadida, sa ville natale, et tenter sa chance, seul, à Casablanca.

« Un jour, quand j’avais 9 ans, j’ai dit à mon père que nous étions vingt frères et sœurs, que les conditions étaient défavorables, et je lui ai demandé de me permettre de partir à Casablanca pour chercher une opportunité. J’y suis arrivé et j’ai loué une chambre à 60 DH par mois. Petit à petit, j’ai accédé au marché de gros, où j’achetais et je distribuais aux vendeurs de détail. Comme ça, je pouvais dégager un profit de 20 à 25 DH, parfois 30 DH par jour, ce qui était un montant respectable à l’époque », explique-t-il.

« Après m’être fait un nom au Garage Allal et avoir gagné le respect des grands commerçants, notamment grâce à mon sérieux, ils ont commencé à me faire des facilités. Cela m’a permis d’avancer rapidement dans le monde du business ».

Cosumar, le tournant

À la fin des années 1980, Noureddine Zine entre dans un circuit bien particulier : celui des bons d’achat de sucre, délivrés sous agrément.

« Les gens qui avaient un agrément pouvaient acheter les bons Cosumar et les revendre. Chaque opération permettait de dégager un profit de 100 à 150 DH. J’ai fait mon entrée dans ce marché, et nous étions au total 23 personnes à exercer cette activité. Petit à petit, je suis devenu le plus important parmi ces 23 commerçants », confie-t-il.

« Dans les années 1990, le chiffre d’affaires tournait autour de 2 milliards de DH, mais ce business dépendait des personnes disposant de l’agrément. Je me suis alors rendu compte que cette activité autour de Cosumar était limitée, et qu’un jour elle disparaîtrait. J’ai donc commencé à réfléchir à un business personnel dans le domaine de la distribution. J’ai acheté un premier camion, puis un deuxième, puis un troisième. En 2001, j’ai commencé à travailler avec Lesieur et d’autres marques. Cependant, la distribution s’est elle aussi révélée limitée, et c’est là que j’ai commencé à penser à l’industrie ».

Le passage à l’industrie

En rachetant une marque qu’il distribuait, Noureddine Zine amorce une montée en puissance industrielle, dans un secteur encore peu structuré à l’époque.

« En 2008, j’ai fait mon premier pas dans la minoterie. Avant cela, je faisais la distribution de la marque Tria, que j’ai fini par racheter. Actuellement, je fais l’écrasement de plus de 2.000 tonnes par jour. Aujourd’hui, je suis le deuxième producteur de couscous au Maroc, et le premier pour les pâtes. Nous faisons également de la biscuiterie, du snacking, des cornflakes, des chips, etc. ».

Selon Noureddine Zine, c’est à travers son activité de distribution qu’il repère l’opportunité d’acquérir une entreprise à fort potentiel : Savola.

« En 2022, je faisais la distribution de l’huile pour des associations émiraties qui mènent des actions caritatives pendant le mois de Ramadan. Lors d’une de nos rotations, il s’est avéré que Savola n’avait pas de stock. J’ai appelé sur place son directeur, et je lui ai demandé de me vendre la société. C’est ce qui a été fait. À l’époque, Savola vendait 3.000 tonnes. Aujourd’hui, je l’ai portée à 10.000 tonnes ».

Le fondateur du groupe Zine Capital Invest résume le secret de sa réussite en un seul mot : l’optimisme.

« Quand je me réveille, je suis toujours optimiste. Je crois que la journée va être pleine de succès, et je ne pense jamais de manière pessimiste ».

Entrepreneuriat. « La seule et unique solution pour faire grandir une entreprise, c’est le cash » (Moncef Belkhayat)

La séquence a été centrée sur les parcours de développement, de la très petite à la grande entreprise, ainsi que sur les dynamiques de croissance et la transmission d’entreprises familiales.

Moncef Belkhayat, PDG du groupe Dislog, a ouvert la séquence témoignages d’entrepreneurs en soulignant que le travail qui a été fait pour la grande entreprise n’a pas été fait de manière similaire pour la petite entreprise.

« Nos gouvernements successifs ont beaucoup travaillé pour la grande entreprise et pas assez pour la petite et moyenne entreprise, soyons clairs. Ces petites et moyennes entreprises sont souvent dans l’informel, et la question qu’on doit poser est : pourquoi la grande entreprise est-elle structurée et un contributeur important de l’impôt au Maroc ? et pourquoi la petite et moyenne entreprise est complètement en dehors du circuit ? Et puis il y a une partie de la petite et moyenne entreprise qui entre un peu dans le circuit à travers le programme de l’auto-entrepreneur ».

Pour ce qui est de son expérience, Moncef Belkhayat a évoqué un parcours de vingt ans d’entrepreneuriat.

« Il y a vingt ans, j’étais petit entrepreneur. J’ai commencé par créer une holding avec une seule personne, un seul employé. Après vingt ans, nous sommes plus de 5.000 employés, 23 filiales, avec un chiffre d’affaires global consolidé de 6,5 MMDH, opérant dans 10 pays dans le monde ».

Cash, mindset et réseautage : les ingrédients du succès

Moncef Belkhayat n’a pas manqué de partager ce qu’il considère comme la clé de la croissance d’une entreprise : le cash.

« Soyons clairs, la seule et unique solution pour faire grandir une entreprise, c’est le cash. Si vous ne sécurisez pas l’accès au financement, vous ne pouvez pas y arriver », précise-t-il.

« Ma première opération a été d’acheter Dislog. Il s’agit d’un achat, pas d’une création. J’ai acheté Dislog il y a vingt ans à un coût de 4 MDH… J’étais cadre, très bien payé, et après quatorze années d’expérience, j’ai fait un cycle exécutif dans une université américaine et j’ai rencontré des professeurs qui m’ont expliqué que la meilleure manière d’être épanoui, c’est de devenir entrepreneur. Je suis revenu quatre mois plus tard avec l’idée de le devenir », poursuit le PDG de Dislog.Mindset d’entrepreneur : faire des sacrifices et prendre des risquesPour Moncef Belkhayat, tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur. Il s’agit d’un état d’esprit, d’un mindset caractérisé par une appétence pour le risque.

« Faire des sacrifices, prendre des risques, accepter de contracter des crédits et de payer des intérêts. Il y a des jeunes qui considèrent que prendre un crédit et payer des intérêts est haram. D’ailleurs, j’invite la CGEM et le GPBM à ouvrir un débat national sur le fait de savoir si prendre un crédit est halal ou haram« .

Moncef Belkhayat revient ensuite sur l’importance du réseautage et de la qualité des relations professionnelles.

« Il y a vingt ans, acquérir des entreprises n’était pas finançable, c’était un instrument compliqué. Je parle à beaucoup de jeunes, je leur dis : avant de vous lancer dans l’entrepreneuriat, construisez votre réseau… et à partir de là, on peut se faire aider. Je me suis fait aider par Saâd Bendidi, qui était mon président à Méditel et qui m’a aidé à obtenir le crédit pour acheter Dislog », conclut-il.

À Abidjan, la CGEM et la CGECI explorent de nouvelles pistes de coopération

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et celle de Côte d’Ivoire (CGECI) ont tenu, le 13 mai 2025 à Abidjan, un Forum économique en marge de l’Africa CEO Forum. L’initiative a rassemblé des chefs d’entreprise ivoiriens et marocains opérant dans divers secteurs tels que l’industrie, les services financiers, les technologies de l’information ou encore les énergies renouvelables.

Dans son discours d’ouverture, Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM, a salué la qualité des relations économiques entre les deux pays, marquées par une progression continue des échanges commerciaux. Il a mis en avant le fort potentiel de complémentarité entre les deux économies et la nécessité de bâtir de nouveaux partenariats innovants, ancrés dans la durabilité.

« Nous devons conjuguer nos efforts autour de pôles d’innovation, de villes intelligentes, de technologies vertes, d’intelligence artificielle et de cybersécurité », a-t-il affirmé. Il a également souligné l’atout que représente la jeunesse qualifiée des deux nations pour relever ces défis communs.

M. Tazi a par ailleurs évoqué les retombées économiques que pourrait générer la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc avec l’Espagne et le Portugal. Il y voit une occasion stratégique d’accélérer les co-investissements dans les infrastructures, le tourisme, l’économie sportive, les services numériques et la mobilité verte.

Ce Forum économique s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération Sud-Sud, portée par une ambition partagée de développement durable et de prospérité inclusive, explique un communiqué de la CGEM. Il vise à stimuler les investissements croisés, à favoriser l’intégration économique continentale à travers la ZLECAf et à structurer des chaînes de valeur africaines dans des secteurs porteurs.

La rencontre a également été l’occasion pour les deux confédérations de réaffirmer leur volonté de faire du Groupe d’impulsion économique Maroc–Côte d’Ivoire, lancé en 2015 sous l’impulsion du Roi Mohammed VI et du Président Alassane Ouattara, un outil stratégique pour concrétiser des projets bilatéraux structurants.