Les Jeunes Maçons : la dette se dessine, les banques patientent
Filiale de CAP Holding, la société Les Jeunes Maçons poursuit sa procédure de redressement judiciaire ouverte en février dernier par la cour d’appel de commerce de Fès. En attendant le rapport du syndic sur la situation de l’entreprise, la vérification des créances se poursuit sur une fréquence soutenue, esquissant peu à peu le passif de la société.
Selon le bilan actualisé dressé par Médias24, les ordonnances rendues entre juin et début novembre portent désormais les créances validées à près de 63,8 millions de dirhams, réparties entre créances ordinaires et créances privilégiées.
La part la plus importante revient à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), reconnue pour une créance de 16,4 MDH, bénéficiant d’un privilège général sur les biens mobiliers de l’entreprise.
Viennent ensuite plusieurs fournisseurs et prestataires techniques : Sicmaco (5,17 MDH), RMACO (4,95 MDH), Somacham (4,08 MDH), Mexico Marbre (3,69 MDH) ou encore Al Oustoura Investissement (2,1 MDH). Toutes ces sommes ont été admises en tant que créances ordinaires, certaines partiellement.
Ces décisions marquent une quatrième vague de validation depuis l’ouverture de la procédure, après celles de mai et juin dernier, où le passif reconnu s’élevait à environ 20 millions de dirhams.
Les créanciers bancaires encore en suspens
Les créances déclarées par les banques demeurent en instruction. Le tribunal a ordonné deux expertises bancaires distinctes, confiées à Mustapha Hadaq, expert à Fès, dans les dossiers Bank of Africa et BMCI.
Sa mission consiste à examiner les comptes, à confronter les documents produits par les parties et à établir le montant exact de la dette de la société à la date du 19 février 2025, conformément aux circulaires de Bank Al-Maghrib et à la « loi sur la protection du consommateur », selon les termes des ordonnances consultées par nos soins. Les deux dossiers reviendront à l’audience de ce lundi 10 novembre 2025.
D’autres créances plus ou moins importantes ont été soit rejetées, soit mises en suspens pour cause de litige en cours. D’autres attendent l’issue des vérifications.
En dehors du volet des créances, le dossier se joue désormais sur un front plus stratégique pour Les Jeunes Maçons. Le syndic Samir Benyachou doit finaliser le rapport global sur la situation économique, financière et sociale de l’entreprise. Attendu dans les prochaines semaines, ce document orientera la décision du tribunal sur l’avenir de la société : plan de continuation, cession ou liquidation.
Le premier scénario – celui espéré par le management – impliquerait un rééchelonnement des dettes sur une période pouvant atteindre dix ans.
La CGEM en mission économique en Corée
Conduite par le président de la CGEM, Chakib Alj, la délégation est composée d’entreprises opérant dans les secteurs de l’automobile, de la plasturgie, de l’industrie chimique et parachimique, de l’agroalimentaire, de l’industrie lourde, de l’industrie pharmaceutique, des mines, des énergies renouvelables et des nouvelles technologies.
La première étape de cette mission a conduit la délégation marocaine à la zone économique libre d’Incheon (IFEZ), en présence de Chafik Rachadi, ambassadeur du Roi en République de Corée.
À cette occasion, Wonsok Yun, commissaire de l’IFEZ, a présenté aux membres de la délégation l’écosystème dynamique de cette zone, qui héberge aujourd’hui plus de 300 entreprises étrangères actives dans des secteurs variés, dont l’industrie manufacturière et la recherche et développement.
Un moment fort de cette visite a été la découverte du Smart City Integrated Operation Center (SCIOC), une plateforme centrale opérationnelle depuis 2012, qui coordonne en temps réel les services urbains clés tels que la gestion du trafic, les interventions d’urgence, la surveillance environnementale et la maintenance des infrastructures.
Par ailleurs, la délégation a visité, dimanche, le Samsung Innovation Museum (SIM) à Suwon, près de Séoul. Cette visite immersive a permis de retracer l’histoire des innovations majeures du géant coréen, depuis ses premiers appareils électriques jusqu’aux solutions technologiques les plus avancées.
La mission se poursuit jusqu’au 13 juin et sera marquée par des réunions avec des entreprises coréennes leaders, des rencontres avec des organisations professionnelles coréennes, notamment l’Association coréenne du commerce international (KITA) et la Chambre de commerce et d’industrie de Corée (KCCI), ainsi que des B2B et des sessions sectorielles.
Les Jeunes Maçons en redressement : nouvelles créances validées
Il s’agit de la troisième vague d’ordonnances rendues dans le cadre de cette procédure collective ouverte à la mi-février 2025 devant le tribunal de commerce de Fès.
Plus de 6,3 MDH de créances ont été validées lors de cette audience. Selon nos informations, les créances validées concernent notamment :
Armature du Maroc : 2.057.471,61 DH ;
Menara Prefa : 792.084,72 DH (avec intérêts légaux à compter de la date d’échéance de chaque effet jusqu’au 19 février 2025) ;
Darwood : 3.238.744,87 DH ;
PCTC : 267.934,03 DH.
Ces sommes sont toutes considérées comme des créances ordinaires (chirographaires) au passif de l’entreprise.
Ces décisions s’ajoutent à deux précédentes séries d’ordonnances rendues début mai et le 26 mai 2025, comme Médias24 l’a déjà rapporté. Le total des créances validées dépasse désormais les 20 millions de dirhams, un montant relativement faible mais en augmentation constante.
Le dossier est suivi par le juge-commissaire Abdelkader Benaddou et le syndic Samir Benyachou, chargé à la fois de superviser la vérification des créances et de soumettre, à terme, ses propositions pour surmonter les difficultés de l’entreprise.
Une solution à définir dans les mois à venir
L’affaire reste de dimension modeste sur le plan financier. Elle n’en suscite pas moins une attention particulière du fait du lien capitalistique entre Les Jeunes Maçons et CAP Holding, le groupe dirigé par Chakib Alj. Les soubresauts de cette filiale avaient alimenté une polémique médiatique en début d’année à laquelle le président de la CGEM avait réagi dans nos colonnes.
D’autres dossiers de créanciers sont toujours en cours de vérification. Certaines déclarations ont été mises en délibéré ou renvoyées à une audience ultérieure. Le chiffre définitif du passif de l’entreprise ne pourra être arrêté qu’à l’issue de l’examen de l’ensemble des créances déclarées.
Entretemps, le syndic chargé de la procédure se penche sur la préparation du bilan global de l’entreprise. Ce document permettra d’envisager « une solution » aux difficultés de Les Jeunes Maçons, aujourd’hui en situation de cessation de paiement. Le syndic dispose d’un délai de quatre mois, prorogeable une seule fois, pour déposer son rapport.
Les Jeunes Maçons : la justice valide les premières créances
Au tribunal de commerce de Fès, le juge-commissaire chargé du redressement de la société Les Jeunes Maçons a validé une première vague de créances, apprend Médias24 de source judiciaire.
Rendues le 5 mai, les ordonnances de validation concernent sept créanciers de la filiale de CAP Holding (Chakib Alj). Ces décisions portent, pour l’heure, sur de petits montants, en attendant la suite de la procédure.
Les créances validées concernent respectivement les sociétés ENCE (372.649,01 DH), Sadvel (83.634,11 DH), Ataly Travaux (449.113,79 DH), Béton Chantier (899.368,00 DH), Sonasid (499.032,76 DH), Adlydist Maroc (341.796,25 DH) et Sofabim (559.468 DH). Soit un total de 3,2 millions de DH. Aucun de ces montants n’a été approuvé à titre « privilégié », ces créanciers étant considérés comme « chirographaires ».
Selon nos recherches, une deuxième salve de créances est en cours de vérification, avec des dossiers enrôlés à l’audience du 19 mai. Cette vague comprend huit créanciers, dont Lafarge Placo Maroc ou encore Eqdom. Nous n’avons pas pu déterminer les montants déclarés.
Les Jeunes Maçons, filiale de Cap Holding, est en redressement depuis la mi-février 2025, conséquence de ses difficultés financières. Les créanciers marocains disposaient d’un délai de deux mois pour procéder aux déclarations. Les entités étrangères bénéficient, pour leur part, d’un délai de quatre mois.
Le total des créances, hors celles dont la vérification a donné lieu à l’ouverture d’un dossier, reste donc à préciser. Le chiffre sera arrêté après examen de toutes les créances.
La procédure de vérification est supervisée par le juge-commissaire Abdelkader Benaddou, en coordination avec le syndic Samir Benyachou. Ce dernier se penche, parallèlement, sur une mission plus stratégique. Il a de quatre à huit mois pour trouver « une solution » aux difficultés de l’entreprise. L’intéressé doit dresser une radioscopie complète de la société, avant de soumettre une proposition de « continuation », de « cession » ou de liquidation.
Le management des Jeunes Maçons plaide évidemment pour la première option, synonyme de rééchelonnement de dettes. L’entreprise débitrice pourra ainsi organiser le règlement de son endettement sur une période atteignant dix ans.
En attendant l’homologation d’un plan de continuation, la société pourra compter sur le sursis que lui offre une période dite d’observation, où elle est protégée contre toute action judiciaire portant sur des créances nées avant l’ouverture du redressement.
Chakib Alj : “Gitex rassemble des personnes qui ne se contentent pas d’imaginer l’avenir, mais qui le construisent”
« Cette année, avec plus de 800 startups, 1 500 exposants et des délégations issues de 140 pays, Marrakech confirme une fois de plus son statut de capitale technologique de l’Afrique. Ce qui me marque le plus – au-delà de la taille et du prestige de cet événement – c’est la vision qu’il incarne : celle d’un continent qui embrasse l’innovation pour relever ses défis les plus pressants, non pas en suivant les chemins classiques du développement, mais en les dépassant. »
« L’Afrique a déjà démontré sa capacité à adopter des technologies disruptives. La révolution fintech en est un parfait exemple. Les solutions de paiement mobile – portées par les opérateurs télécoms et les startups – ont permis à des millions de personnes d’accéder à des services financiers sans dépendre d’infrastructures bancaires lourdes. »
« En 2024, cette dynamique ne fait que s’accélérer. Plus de 1 200 fintechs opèrent aujourd’hui sur le continent, proposant des services qui vont bien au-delà du simple paiement mobile, incluant le crédit, l’investissement ou encore l’assurance. »
« En agriculture, la souveraineté alimentaire n’est pas seulement un défi : c’est une opportunité. L’Afrique détient plus de 60 % des terres arables non cultivées du monde. Et pourtant, la productivité reste faible : entre 1,5 et 3 tonnes de céréales à l’hectare, contre 9 à 10 tonnes dans certains pays européens.
La technologie est la clé. Les innovations en IoT, intelligence artificielle, agriculture de précision ou encore irrigation intelligente peuvent révolutionner l’agriculture et assurer l’avenir alimentaire de l’Afrique. »
« Quant à l’éducation, nous devons relever deux défis. D’un côté, il s’agit d’un marché en pleine expansion et d’une formidable opportunité de saut technologique que les startups doivent saisir. De l’autre, c’est un prérequis fondamental à l’émergence d’un écosystème technologique solide sur le continent. »
« L’intelligence artificielle, le cloud, la cybersécurité ou encore l’Internet des objets sont des secteurs en plein essor, appelés à dépasser les 14 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale d’ici 2030. Si nous voulons que l’Afrique soit compétitive dans ces domaines, nous devons investir dans notre ressource la plus précieuse : notre talent. »
« D’ici 2030, l’Afrique comptera 1,4 milliard d’habitants – dont plus de 60 % auront moins de 25 ans. En 2050, ce chiffre atteindra 2,6 milliards. »
« Pour ne pas devenir de simples consommateurs passifs de technologies importées, nous devons doter notre jeunesse de compétences numériques – dès maintenant. L’edtech offre un moyen évolutif et impactant de préparer la prochaine génération aux métiers du digital. »
« Un autre pilier stratégique : les infrastructures. D’ici 2030, le Maroc ambitionne de couvrir 70 % de sa population en 5G – une étape essentielle alors que nous nous préparons à co-organiser la Coupe du Monde de la FIFA 2030 avec l’Espagne et le Portugal. »
« Gitex Africa est bien plus qu’un salon technologique. C’est un espace d’idées audacieuses, de dialogues significatifs et de connexions puissantes. Il réunit des visionnaires, des investisseurs, des entrepreneurs et des décideurs – des personnes qui ne se contentent pas d’imaginer l’avenir, mais qui le construisent. »
En difficulté, la société « Les Jeunes Maçons » de Chakib Alj mise en redressement
Filiale de Cap Holding (Chakib Alj), la société Les Jeunes Maçons a été placée en redressement judiciaire. Cette décision, passée inaperçue, a été rendue mi-février par la Cour d’appel de commerce de Fès.
En ouvrant la procédure de redressement, les juges ont fixé, de manière provisoire, la date de cessation de paiement de l’entreprise au 30 avril 2024, selon le dispositif de l’arrêt consulté par Médias24.
Selon nos informations, « Les Jeunes Maçons » avait d’abord saisi le tribunal de commerce pour une procédure de sauvegarde. Ce mécanisme est octroyé, en principe, aux entreprises connaissant des difficultés, mais sans être en cessation de paiement.
Cette demande a été rejetée par le tribunal, ce qui a conduit la société à faire appel. C’est à l’issue de ce recours que l’entreprise a été mise en redressement. Cette mesure signifie que son passif exigible ne couvre pas son actif disponible.
La Cour a nommé Abdelkader Benaddou pour superviser le processus en tant que juge-commissaire. L’expert Samir Benyachou a été désigné comme syndic et se chargera d’épauler le gérant dans la gestion de l’entreprise opérant dans le secteur de la construction. Chakib Alj a été le gérant unique de la société jusqu’à sa démission, en mai 2024, au profit de Tawfik Benhaba.
Selon l’arrêt, le syndic devra également « élaborer un rapport détaillé concernant le bilan financier, économique et social de l’entreprise, en collaboration avec son dirigeant ».
Ce rapport devra être soumis dans un délai maximal de huit mois au juge-commissaire, puis au tribunal de commerce. L’expert proposera des solutions aux difficultés de l’entreprise, qui pourront consister en un plan de continuation, de cession ou en une liquidation judiciaire.
Entre l’arrêt actant le redressement et l’adoption de la proposition du syndic par le tribunal, s’écoulera une période dite « d’observation ». Durant cet intervalle, l’entreprise sera protégée de toute action en paiement pour une créance née antérieurement à l’ouverture de la procédure. Elle pourra également requérir la levée de saisies en cours. En cas d’adoption d’un plan de continuation, il pourrait faire bénéficier cette entité d’un rééchelonnement de dettes sur dix ans.
La Bourse de Casablanca courtise les acteurs de l’industrie agroalimentaire
Ce vendredi 31 janvier, le ministère de l’Industrie, la Bourse de Casablanca, l’AMMC, la CGEM ainsi que les fédérations sectorielles de l’agro-industrie se sont réunis pour consacrer une journée à expliquer, détailler et dissiper toutes les inquiétudes concernant le financement par le biais de la bourse. Leur objectif est de convaincre les opérateurs de l’importance de la bourse poursoutenir le développement de l’industrie marocaine.
Ryad Mezzour : “La bourse peut faire peur, mais les bénéfices qu’elle génère sont largement supérieurs.”
Lors de cette rencontre, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a délivré un message puissant aux acteurs du secteur industriel et agroalimentaire. « Vous êtes les acteurs, les promoteurs et les impulseurs, au quotidien, de la souveraineté industrielle et alimentaire du Maroc », a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : « De plus, comme vous le savez, nous faisons face à une urgence pressante en matière de création d’emplois (…) et vous représentez l’un des secteurs phares sur lesquels nous comptons pour agir rapidement. Vous connaissez mon slogan : c’est x2 en emploi le plus vite possible. Cela doit figurer dans vos plans d’affaires, en augmentant le chiffre d’affaires. C’est une contribution essentielle pour nous tous. Chaque année, de nombreux jeunes entrent sur le marché du travail, et nous avons deux fois plus de jeunes à la recherche d’emplois que ce que notre secteur économique est en mesure de créer actuellement. »
Quel est le lien avec la bourse ? La réponse du ministre est rapide : « La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des perspectives et des moyens de croitre. Cet outil, la bourse, représente un moyen de financement encore peu exploité par la plupart d’entre vous, mais qui a permis des réussites exceptionnelles ».
« La bourse peut susciter des craintes pour plusieursraisons. Un amont n’est pas toujours très transparent, notamment sur le plan fiscal. Les transactions ne se déroulent pas toujours dans un cadre formel, en particulier sur le marché intérieur. Des efforts de transparence sont exigés. Je comprends ces préoccupations, mais les bénéfices sont nettement supérieurs àl’effort requis. »
Le ministre soutient que « l’accès est bien plus facile qu’on ne l’imagine. Cela demande beaucoup d’efforts, mais ce sont des efforts d’investissement initiaux qui permettront d’obtenir davantage de tranquillité et un potentiel de croissance accru par la suite ».
Nezha Hayat, présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), a déclaré: « Les exigences en matière de transparence et de gouvernance des sociétés cotées ont été renforcées afin de protéger l’épargne. Cependant, ces exigences sont adaptées à différents profils d’entreprise. »
Elle évoque ainsi le marché alternatif, qui est soumis à des règles allégées pour répondre aux besoins des PME, pour lesquelles une définition assez large a été adoptée.
Nezha Hayat a souligné que « au-delà des aspects techniques des instruments financiers, le marché des capitaux permet principalement de diminuer les coûts de financement en favorisant la rencontre entre l’offre et la demande de capitaux ».
Chakib Alj : « Je suis convaincu du fait que je dois introduire en bourse des sociétés de mon groupe. Je pense que cela se réalisera prochainement. »
La journée a également été marquée par la présence de Chakib Alj, président de la CGEM et acteur majeur du secteur agroindustriel.
« Aujourd’hui, la Bourse de Casablanca ne reflète pas pleinement les ambitions des opérateurs économiques. Il est évident que de nombreux changements ont eu lieu si l’on examine la trajectoire que notre pays a suivie au cours des 20 dernières années. Il est regrettable de constater que les PME sont encore rares en bourse. Pourtant, le potentiel est considérable. Prenons l’exemple d’une entreprise qui, il y a 30 ans, a fait son entrée en bourse avec une valorisation de 22 millions de dirhams et qui vaut aujourd’hui un milliard. Cela démontre clairement que les entreprises qui s’introduisent à la Bourse peuvent connaître une croissance impressionnante », affirme le patron des patrons.
Il ajoute : « Le secteur bancaire à lui seul ne pourra pas continuer à financer l’ensemble de notre économie. Actuellement, 90% du financement provient du secteur bancaire, ce qui est clairement insuffisant pour soutenir la croissance de notre pays. À titre de comparaison, en Europe, les financements bancaires représentent 50%, tandis que l’autre moitié provient de sources de financement alternatives. Aux États-Unis, ce rapport est encore plus marqué : 80% des financements proviennent du marché alternatif, contre seulement 20% des banques ».
« Les financements alternatifs présentent des perspectives prometteuses pour soutenir la croissance des entreprises et garantir la pérennité de l’environnement économique. Ils recèlent également de nombreuses opportunités pour générer des emplois et soutenir le développement de notre économie. »
Il ajoute : « Pour ma part, je suis convaincu que je dois introduire en bourse des sociétés de mon groupe. Je pense que cela se réalisera prochainement. Il faut donner l’exemple ».
Industrialisation, création d’écosystèmes, montée en gamme de l’industrie, ce sont les thématiques fortes que met en avant le président de la CGEM, Chakib Alj dans cet entretien avec Médias24, en marge de la 2ème édition de la Journée nationale de l’industrie.
Le patron des patrons détaille la recette idéale pour enrichir et solidifier le paysage industriel marocain.
Il faut simplifier le parcours de l’investisseur pour accompagner justement la montée en gamme dans notre industrie et impliquer davantage le privé dans la formation professionnelle.
Médias24. En quoi cette deuxième édition de la Journée nationale de l’industrie est-elle importante pour la CGEM ?
Chakib Alj. Le discours de Sa Majesté lors de la 1ère édition a tracé une feuille de route claire sur ce qu’on doit faire pour développer l’industrie dans notre pays. À mon sens, la prise de conscience est générale, que ce soit au niveau des entrepreneurs ou au niveau de l’administration et du gouvernement. Nous sommes maintenant prêts pour industrialiser davantage notre pays.
Ces dernières années, les infrastructures mises en place sont de première classe. Et ceci au niveau portuaire, des aéroports, des autoroutes, de la logistique et de la production d’énergie. Dans le secteur de l’énergie propre, nous visons 52% d’ici 2030. Afin d’amortir ces investissements, nous avons besoin d’investir dans notre industrie, et de créer plus d’emplois. Avec l’expérience du Covid-19, nous nous sommes rendus compte que nous avons besoin d’être autosuffisants sur certains produits.
Le capital humain marocain a montré qu’il est capable de créer un écosystème en moins de 15 ans, que ce soit dans l’automobile et l’aéronautique. Nous sommes en train de faire la même chose pour le textile. Nous allons développer encore d’autres écosystèmes.
Le gouvernement est présent, et il est à l’écoute. Ce genre d’initiatives va créer une émulsion où les gens, du secteur public ou privé, vont se rendre compte que le potentiel industriel du royaume est énorme.
– La montée en gamme de notre industrie est au coeur des échanges. Qu’est-ce qui nous manque pour aller vers cette montée en gamme ?
– 80% du travail a été fait, maintenant, ce qui manque, réellement, c’est la simplification administrative. Il faut simplifier le parcours de l’investisseur, la formation professionnelle pour accompagner justement la montée en gamme dans notre industrie et impliquer davantage le privé dans la formation professionnelle.
Les meilleurs exemples sont les secteurs de l’automobile, l’aéronautique, et l’industrie textile. Cela prouve que quand les professionnels s’impliquent, l’emploi et la création d’emplois sont beaucoup plus professionnels.
Ce modèle doit être dupliqué afin que les professionnels soient impliqués dans la formation de leurs futurs ingénieurs ou techniciens. Il y a également la disponibilité du foncier, sujet sur lequel il y a une prise de conscience.
Maintenant, il faudrait faciliter les autorisations. Certaines personnes ont des terrains, et veulent en faire des zones industrielles. Pourquoi ne pas leur faciliter la tâche pour qu’ils puissent créer des bassins industriels et de l’emploi ?
Il va falloir que les banques commencent à choisir en fonction de la qualité du projet et non pas seulement de la qualité de l’investisseur.
En 20 ans, nous avons connu des changements et révolutions. On ne connaît pas les métiers de demain, et à quoi ils vont ressembler. Donc, il faudrait anticiper et avoir un code du travail beaucoup plus équilibré entre l’employé et l’employeur.
L’aspect financement est primordial. Il faut que les banques puissent suivre et deviennent audacieuses. Il va falloir que les banques commencent à choisir en fonction de la qualité du projet et non pas seulement de la qualité de l’investisseur.
Je pense que la voie est tracée, la vision est claire, autant chez le gouvernement, l’administration ainsi que dans le secteur privé. On y croit très fort !
Il y a beaucoup d’opérateurs qui, maintenant, pensent à s’industrialiser. Il ne faut pas oublier que dans les années 80-90, beaucoup de gens ont quitté l’industrie pour se diriger vers l’immobilier, vers des choses plus faciles. Prenons l’exemple de Fès, Meknès, des villes sinistrées, qui étaient des fleurons de l’industrie marocaine. Maintenant, je pense qu’il faut faire revivre leur potentiel.
– Vous dites que les investisseurs, aujourd’hui, reviennent à l’industrie et que des régions qui étaient par le passé des fleurons sont en souffrance. Comment la CGEM peut pousser l’industrie à revenir dans ces régions et sortir de l’axe traditionnel que l’on connaît ?
– On peut mentionner Fès, Meknès, Oujda, ces régions ne connaissent pas le développement qu’elles méritent. Maintenant, la charte d’investissement donne des incitations pour aller vers des régions excentrées.
On voit beaucoup d’entreprises multinationales qui vont investir à Oujda, dans la câblerie, où dans des zones excentrées parce qu’elles cherchent un bassin de travail, où elles vont s’installer. La région Fès-Meknès a beaucoup de potentiel, et de disponibilité de main-d’œuvre. Il faudrait déjà commencer par développer cette zone.
Il va y avoir des investissements importants dans l’écosystème de l’industrie du textile. C’est l’occasion de re-dynamiser et refaire vivre la zone Fès-Meknès à travers le textile, par exemple, ou l’automobile avec les gigafactories qu’ils vont avoir, et tout l’écosystème qui va se créer autour des batteries.
Nous espérons que les fruits seront récoltés rapidement puisque tous les ingrédients sont là. Il faut juste que tout le monde mette la main à la pâte.
– Aujourd’hui, ose-t-on investir davantage dans l’industrie ? A-t-on ce mindset qui change pour se diriger vers l’industrie ?
– Il faut avoir un ADN industriel. Moi, j’ai cet ADN, donc pour moi, c’est logique d’aller vers l’industrie. Il faut créer cet ADN, et cela se fait au niveau de la formation et de l’entrepreneuriat. Il faut goûter à l’industrie, je pense qu’il n’y a pas mieux.
En mettant à disposition le foncier, et des crédits, je pense qu’il n’y a plus d’excuse. Il faut y croire. Il faut se dire que nous avons des jeunes talents avec des idées géniales. Le Royaume est l’un des rares pays à avoir autant d’accords de libre-échange, avec l’Europe, les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Beaucoup de personnes souhaitent investir au Maroc, des étrangers aussi. Pourquoi les Marocains n’investiraient pas dans leur pays ?
Le but de cette 2ème édition de la Journée nationale de l’industrie est de poser les problématiques, les débattre et trouver des solutions ensemble. Nous travaillons en partenariat avec le gouvernement. Nous espérons que les fruits seront récoltés rapidement puisque tous les ingrédients sont là. Il faut juste que tout le monde mette la main à la pâte.
Verbatim. Le plaidoyer de Chakib Alj pour l’industrie à la 2e édition de la JNI
« Cette Journée nationale de l’industrie s’inscrit dans la continuité du succès de la première édition en 2023. Elle répond aux hautes directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, avec des orientations clairvoyantes, ambitieuses et réalisables qui tracent le chemin pour une véritable montée en gamme de notre industrie », a affirmé Chakib Alj, président de la CGEM.
Il a ensuite souligné que la JNI s’impose désormais comme un rendez-vous annuel incontournable, offrant une plateforme de discussion sur des sujets essentiels pour le développement industriel du Maroc et sa place dans l’économie mondiale. Dans une économie mondiale en perpétuelle transformation, où la souveraineté industrielle et l’indépendance économique sont devenues des priorités stratégiques, la JNI permet de réfléchir aux défis actuels et futurs.
Le président de la CGEM a également mis en avant la progression notable des exportations industrielles marocaines : « En 2023, notre industrie a atteint 429 milliards de DH d’exportations, contre 329 milliards en 2021. Une industrie performante et exportatrice contribue non seulement à rééquilibrer notre balance commerciale, mais aussi à renforcer la stabilité de notre monnaie ».
Des acquis…
Chakib Alj a évoqué la Charte de l’investissement et le Fonds Mohammed VI, doté de 15 milliards de DH, comme des catalyseurs du développement industriel. « Ces initiatives, ouvertes aux TPME, dynamisent les projets à travers tout le pays ».
Sur le plan environnemental, la décarbonation occupe une place centrale dans la stratégie industrielle. Le Maroc dispose aujourd’hui de 38% de capacité installée en énergies renouvelables, avec une ambition d’atteindre 52% d’ici 2030. En parallèle, la stratégie digitale à l’horizon 2030 vise à transformer les administrations et les entreprises, en intégrant la transformation digitale au secteur industriel, notamment pour les PME. Selon lui, cela est essentiel pour maintenir la compétitivité du pays sur la scène internationale.
Pour M. Alj, le Maroc est désormais perçu comme un connecteur stratégique et une base arrière industrielle de premier plan pour les marchés mondiaux. Parmi les succès notables, il a cité le projet de gigafactory et les récentes investissements chinois dans le secteur textile, qui devraient générer près de 10.000 emplois.
… et des défis
Le président de la CGEM a insisté sur l’importance d’une inclusion territoriale plus large, rappelant que 80% de l’industrie est concentrée entre El Jadida et Tanger. Le développement des autres régions et l’accessibilité au foncier sont des priorités pour attirer les investissements. Il a également souligné l’urgence de réformer le système de formation professionnelle, avec l’appui du secteur privé, pour former la main-d’œuvre nécessaire à la transformation industrielle.
Lors de son discours, Chakib Alj a également mis en exergue la nécessité de réformer le Code du travail, en vigueur depuis plus de 20 ans, et de promulguer la loi sur la grève, afin de stimuler la création d’emplois. Il a ajouté que la simplification des procédures administratives est cruciale pour améliorer l’attractivité des investissements, appelant à une refonte du parcours de l’investisseur.
Le financement des projets industriels reste un défi central. Le président de la CGEM a appelé les banques à soutenir davantage les entrepreneurs, tout en mettant en avant la Bourse de Casablanca comme un levier essentiel pour l’accélération du développement des entreprises via des levées de fonds publics.
Chakib Alj a conclu en réaffirmant que l’objectif ultime est d’accélérer le développement industriel du Maroc, avec une inclusion territoriale accrue et la création d’emplois durables, tout en renforçant la souveraineté industrielle. Il a également appelé à l’émergence de champions nationaux capables de porter les ambitions marocaines à l’international, notamment en Afrique, à travers des complémentarités régionales dans des secteurs clés comme l’agroalimentaire, le textile, l’électronique et l’automobile.
CA de la CGEM : priorités économiques et nouvelles nominations
Lors de ce conseil d’administration qui coïncide avec la rentrée économique, le président de la CGEM a souligné l’importance de redoubler d’efforts en faveur de l’investissement et de la création d’emplois de qualité, qui relèvent de la responsabilité de tous, indique un communiqué publié à cette occasion.
Chakib Alj a également affirmé que la CGEM placera la question de l’eau au cœur de son action, jouant un rôle majeur dans la formulation de solutions innovantes face au stress hydrique et dans le développement d’une économie de l’eau efficiente. Il a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer le savoir-faire national en la matière pour répondre aux besoins de notre pays, ajoute la même source.
Chakib Alj a passé en revue les priorités de la Confédération pour cette rentrée économique, notamment la préparation de la loi de finances 2025, le dialogue social avec une attention particulière pour le projet de loi organique sur le droit de grève, ainsi que le renforcement de l’appui à la TPME et à l’écosystème des start-up.
Il a également souligné l’importance des actions liées à l’amélioration du climat des affaires et à la digitalisation. La montée en gamme de l’industrie nationale, dont les leviers — capital humain, transition énergétique, innovation et R&D — seront traités lors de la Journée nationale de l’industrie, prévue le 16 octobre 2024 à Benguérir, organisée conjointement par la CGEM et le ministère de l’Industrie et du commerce, souligne le communiqué.
Par ailleurs, lors de ce conseil d’administration, les administrateurs de la CGEM ont approuvé la nomination des présidents des conseils d’affaires suivants :
Anas Guennoun : président du conseil d’affaires Maroc-Émirats arabes unis ;
Anwar Radi : président du conseil d’affaires Maroc-Grèce ;
Driss Benomar : président du conseil d’affaires Maroc-Singapour ;
Hamid Bentahar : président du conseil d’affaires Maroc-Brésil ;
Karim Mouttaki : président du conseil d’affaires Maroc-Qatar ;
Mohammed Ali Tazi : président du conseil d’affaires Maroc-Égypte ;
Mohamed Baida : président du conseil d’affaires Maroc-Oman ;
Mohammed Réda Lahmini : président du conseil d’affaires Maroc-Koweït ;
Toufik Kamil : président du conseil d’affaires Maroc-Gabon.
Loi sur la grève mais pas seulement : la CGEM rappelle ses attentes dans le dialogue social
En réaction à l’annonce du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, d’un nouveau round de dialogue social ce jeudi 11 juillet pour discuter des dispositions de la loi organique sur la grève, le président de la CGEM affirme sa « confiance dans le gouvernement pour respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord social d’avril 2024, et mettre en œuvre l’agenda de cet accord, notamment en ce qui concerne la promulgation de la loi sur la grève, la révision du Code de travail, la réforme des retraites et la révision juridique et institutionnel du cadre de la formation professionnelle continue en amendant la loi n°60-17 relative à la formation professionnelle. ».
« Le respect des engagements pris contribuera de manière significative à réaliser la justice sociale, à accroître la compétitivité des entreprises marocaines, à libérer des énergies pour l’investissement, à créer des opportunités d’emploi et à accélérer le développement économique et social de notre pays », a conclu Chakib Alj dans un message diffusé ce mercredi 10 juillet.
Lors d’une session consacrée le mardi 9 juillet à la politique générale de l’Etat, le chef du gouvernement a déclaré que la loi organique sur la grève sera inscrite parmi les priorités de la nouvelle session du dialogue social, et que son contenu sera soumis au Parlement cette année.
Chakib Alj : l’IA, un catalyseur de transformation économique pour l’Afrique
Les techniques de l’Intelligence artificielle (IA) ont le potentiel de transformer les économies africaines et de révolutionner de nombreux secteurs en apportant des solutions adaptées aux défis spécifiques du continent africain, a déclaré le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), ce mercredi 29 mai à Marrakech.
Lors de l’ouverture de la 2e édition du Gitex Africa Morocco, Chakib Alj a souligné que le fait de promouvoir la puissance technologique de l’Afrique est crucial pour l’industrialisation, la croissance économique et la création d’emplois, alors que la population du continent devrait doubler d’ici 2050. Il a ajouté que cette édition du GITEX offre de grandes opportunités pour l’Afrique, tant sur le plan économique que social.
Il a, dans ce sens, mis l’accent sur les avantages de la high-tech dans la promotion de l’environnement socio-économique, citant à titre d’exemple la fintech, qui joue un rôle essentiel dans l’inclusion financière et l’accès aux services de paiement d’une population encore sous-bancarisée, ou encore la télémédecine et les applications mobiles de santé, dont l’adoption est de nature à combler les écarts en matière d’accès et de qualité des soins.
Côté agriculture, la technologie offre les meilleures solutions pour assurer la sécurité alimentaire de l’Afrique, a-t-il dit, notant que le développement de ces secteurs requiert des partenariats public-privé forts, mais aussi une innovation ouverte et un meilleur accès aux marchés.