Le HCP mènera deux enquêtes nationales sur l’utilisation du temps et sur la famille

Le haut-commissariat au Plan (HCP) mènera, en 2025, deux enquêtes nationales sur l’utilisation du temps et sur la famille, a annoncé, le mardi 25 mars à Rabat, le haut-commissaire au Plan, Chakib Benmoussa.

« Dans le cadre des travaux du HCP programmés pour approfondir l’analyse des freins économiques, sociaux et culturels liés aux inégalités de genre, de nouvelles enquêtes et études seront menées cette année, notamment l’enquête nationale sur l’utilisation du temps et l’enquête nationale sur la famille », a indiqué Chakib Benmoussa lors d’une conférence-débat sur le thème « Autonomisation des femmes au Maroc : comprendre les défis pour mieux agir ».

La première enquête permettra d’évaluer la répartition sociale du travail entre les femmes et les hommes, et d’identifier les contraintes qui influencent la gestion du temps entre activités rémunérées et non rémunérées. La deuxième apportera, quant à elle, un éclairage précieux sur l’évolution des structures familiales et des dynamiques de genre au sein des foyers, a-t-il précisé. « Une attention particulière sera portée à la mesure de l’économie du soin et à l’évolution des rôles et responsabilités entre les membres de la famille. Ses résultats permettront d’analyser l’impact des transformations sociétales sur la répartition des tâches domestiques, la prise de décision et l’accès aux ressources ».

Par ailleurs, le HCP compte réaliser une étude sur les inégalités de genre aux niveaux communal et provincial, en exploitant les données des RGPH de 2014 et de 2024, a fait savoir Chakib Benmoussa.

Selon lui, cette étude permettra d’établir, avec une granularité fine, une cartographie détaillée des écarts entre hommes et femmes en matière de capital éducatif, de santé, d’accès aux services de base et de participation économique, ainsi que l’évolution à travers le temps des principaux indicateurs. L’ensemble des données issues de ces travaux, ainsi que du dernier RGPH et des études sur le secteur informel, constitue un patrimoine collectif qui sera au fur et à mesure largement partagé, a souligné Chakib Benmoussa. Ce patrimoine collectif fournira aux chercheurs, aux think tanks et aux experts des éléments factuels essentiels pour éclairer les décideurs publics et privés, et orienter les stratégies en faveur de l’égalité femmes-hommes à l’échelle nationale et territoriale, a-t-il noté.

Organisée à l’initiative du HCP, en partenariat avec ONU Femmes et avec l’appui de la délégation de l’Union européenne, cette rencontre a été l’occasion de débattre des enjeux de l’inclusion économique des femmes, d’échanger sur les résultats de trois études portant sur l’autonomisation des femmes et leur intégration dans le marché du travail.

Chakib Benmoussa rejoint l’Académie du Royaume et consacre sa leçon d’investiture à l’éducation

Dans l’écrin solennel de l’Académie du Royaume du Maroc, face à une assemblée prestigieuse, le haut-commissaire au Plan et ancien ministre de l’Éducation, a livré une réflexion profonde sur les défis du système éducatif marocain et la nécessité d’un nouveau contrat social pour garantir une école publique de qualité, inclusive et ancrée dans les réalités contemporaines.

Son intervention, à la fois analytique et visionnaire, a mis en lumière les transformations en cours, les enjeux d’avenir et l’importance d’une gouvernance fondée sur la confiance et l’engagement collectif.

Nommé haut-commissaire au Plan en octobre 2024, par le Roi Mohammed VI, Chakib Benmoussa avait occupé plusieurs postes de responsabilité, dont celui de ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, ainsi que celui de ministre de l’Intérieur et, plus récemment, président de la Commission sur le Nouveau Modèle de développement.

Voici le texte intégral de son discours de réception :

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ACADÉMIE DU ROYAUME DU MAROC

LEÇON D’INVESTITURE le 19 février 2025

La transformation de l’éducation, un déterminant du contrat social

Par Chakib Benmoussa, haut-commissaire au Plan, ancien ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports

 

Monsieur le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume,

Mesdames et messieurs les membres de l’Académie du Royaume,

Excellences, honorable assistance, chers amis,

Toute ma gratitude à Sa Majesté le Roi pour cet honneur qui m’est fait en me nommant membre de cette prestigieuse Académie et qui m’offre le plaisir de m’adresser à vous aujourd’hui. Toute ma considération pour cette renaissance de l’Académie du Royaume afin d’en faire un forum vivant de débats et d’échanges en phase avec les sujets de son temps, ancrée dans l’identité du Royaume du Maroc et ouvert à l’universel. Mes remerciements à Si Lahjomri, Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume en tant que catalyseur de cette renaissance et pour le portrait qu’il a dressé en me présentant et qui reflète considération et estime partagées.

Ma reconnaissance va à Sa Majesté le Roi, que Dieu Le protège, pour la confiance plusieurs fois renouvelée, et sans laquelle ce parcours professionnel n’aurait pas été aussi riche et varié.

Permettez-moi de profiter de cette occasion solennelle pour dire un grand merci à toutes celles et ceux, sans les citer, qui m’ont inspiré, encouragé, soutenu ou accompagné avec bienveillance tout au long de ce parcours.

J’ai décidé de consacrer cette leçon d’investiture à l’éducation, un sujet qui m’est cher, au cœur du développement de notre pays et qui touche à l’essentiel : l’hubmain.

L’éducation est simultanément l’art de transmettre des connaissances à nos enfants et l’art de développer des compétences cognitives (apprendre à organiser l’information, à innover, à porter un jugement critique, à résoudre les problèmes, à continuer à apprendre tout au long de la vie) et des compétences émotionnelles et relationnelles (notamment former des citoyens partageant les mêmes valeurs dans le respect de la diversité).

L’éducation assure une fonction de reproduction culturelle et d’ancrage dans ce que nous sommes, dans notre identité et notre histoire, et une fonction de préparation à un futur meilleur et aux compétences permettant de le forger.

La complexité des systèmes éducatifs résulte de l’interaction forte entre de nombreuses composantes socio-économique et pédagogique, de la multiplicité des parties prenantes qui ont des perspectives différentes, et de la nature même de l’éducation qui consiste à agir sur le présent pour préparer un avenir incertain, en s’appuyant sur le legs du passé avec ses réussites et ses échecs.

Les réponses aux défis complexes que pose une éducation de qualité ne peuvent être techniques

Il est important à ce stade de souligner une conviction personnelle acquise tout au long de mon expérience terrain dans le service public, et qui sous-tendra cette leçon : les réponses aux défis complexes que pose une éducation de qualité ne peuvent être techniques. Ces réponses sont à trouver dans les interactions sociales et imposent de faire de l’éducation de qualité pour tous, une composante essentielle du contrat social.

Dans ce sens, j’aborde ce qui permet de favoriser la transformation vertueuse du système éducatif et souligne la place qui doit être accordée à la conduite du changement pour passer des intentions aux résultats concrets pour les citoyens. Le sujet de la transformation a été au cœur de mon parcours professionnel, j’en tire quelques éléments de réflexion, que j’ai l’honneur de partager avec vous aujourd’hui.

Excellences, Mesdames et messieurs,

L’édification d’un Etat social est tributaire de la satisfaction des attentes prioritaires des citoyens notamment en matière d’éducation. Il est établi que l’éducation contribue à l’épanouissement des individus et à la réalisation du potentiel de chacun, qu’elle favorise la croissance économique à long terme et stimule l’innovation, qu’elle participe à améliorer les revenus et à réduire la pauvreté et qu’elle renforce les institutions et consolide la cohésion sociale.

Ce lien structurel entre éducation et développement explique que la communauté internationale ait consacré le quatrième objectif de développement durable (ODD) à l’éducation.

Près de 3 millions de jeunes exposés à devenir des NEET en une décennie

Le Maroc, à travers le HCP et le rapport national sur les ODD, mesure régulièrement les progrès accomplis dans l’éducation, avec le constat d’avancées notables en matière de scolarisation des enfants mais sans générer les résultats attendus sur la qualité des apprentissages et cela malgré la mobilisation de financement public conséquent. Ce constat est corroboré par les évaluations nationales (PNEA 2019) et internationales (PISA, PIRLS ou TIMSS). A cela s’ajoute, un nombre important d’élèves qui abandonnent l’école avant l’âge de 16 ans. Ils sont près de 300.000 chaque année à abandonner l’école ; sur une décennie, c’est près de 3 millions de jeunes qui sont exposés au risque de devenir des NEET. L’école publique subit aussi, une grave crise de pertinence, puisqu’elle ne dote pas assez les nouvelles générations des valeurs, connaissances et compétences dont elles ont besoin pour s’épanouir dans le monde complexe d’aujourd’hui et encore moins de demain.

Dans le même temps, notre société, à l’instar d’autres sociétés dans le monde, est impactée par les transformations radicales en cours, qu’elles soient démographiques, technologiques, climatiques ou géopolitiques. Ce nouveau contexte nécessite de redéfinir un contrat social qui soit guidé par le courage de se réformer pour préparer un avenir meilleur, par la confiance en nous en tant que collectif composé d’individus différents, par le sens de l’intérêt général et de l’unité nationale, au-delà des intérêts de groupes et de classes et contre les privilèges dont sont exclus la majorité ou les situations de rente. Le défi est de répondre aux attentes des citoyens en construisant avec toutes les parties prenantes et en se projetant au-delà du court terme pour mettre en avant l’intérêt de la Nation. A travers le contrat social, il s’agit de reconnaitre notre interdépendance, et d’investir davantage dans les biens communs. L’éducation est une composante essentielle de ce nouveau contrat social. Pour jouer pleinement son rôle, l’éducation doit être repensée dans sa conception, dans son rôle et son organisation, mais aussi dans le contenu de nos apprentissages comme le souligne le rapport de 2021 de l’UNESCO sur les futurs de l’éducation.

Un nouveau contrat social pour l’éducation signifie un effort des familles et de la société, justifié par le bénéfice collectif. Il faut pour cela un financement public adéquat et équitable pour l’éducation, et parvenir à intégrer l’ensemble du tissu social dans des débats qui concernent fondamentalement chacun.

Parmi les déterminants permettant de guider l’élaboration de ce contrat social, j’en évoquerai quatre :

·       La confiance des citoyens ;

·       La mixité sociale à l’école publique ;

·       L’appel au tiers secteur pour la gestion de certaines composantes du système éducatif ;

·       L’incarnation de la nouvelle école publique.

Le premier déterminant pour que l’Education soit un élément d’un contrat social redéfini est le rétablissement de la confiance des citoyens, grâce à la bonne gouvernance du système éducatif.

La confiance est un aspect fondamental du développement et du bien-être général des individus et des sociétés, elle est la pierre angulaire d’une société saine, prospère et fonctionnelle. L’Etat doit garantir un cadre pour agir en confiance et en responsabilité selon des règles claires et appliquées à tous, renforçant l’État de droit, la bonne gouvernance et les libertés. C’est la nouvelle doctrine du rôle de l’État telle qu’elle a émergé dans le cadre du Nouveau Modèle de développement. Cette doctrine élargit les champs et l’autonomie d’action des acteurs, et permet de les mettre en responsabilité. L’autonomie de décision, le renforcement des libertés, la lisibilité des leaderships et la traçabilité de l’action doivent aller de pair avec des devoirs assumés et la responsabilisation de tous.

La confiance passe par la transparence

L’instauration de la confiance nécessite un savant mélange d’amélioration des prestations des services publics et de gouvernance de ces services. Une étude récente sur la confiance dans les institutions publiques au Maroc a fait ressortir que la crédibilité et l’intégrité des institutions publiques est plus importante que leur performance. En d’autres termes, la satisfaction à l’égard de la qualité des processus publics comme la transparence de l’information et de la prise de décision, l’implication des citoyens dans ce processus ou l’équité des politiques publiques et des prestations de service, génère un dividende de confiance plus élevé que les résultats des politiques.

Il est donc utile de noter que si la confiance des citoyens est tributaire de l’accès et de la qualité de l’éducation, elle dépend encore plus de la transparence dans la gestion des ressources, de l’intégrité de ceux qui fournissent ces services et de leur engagement à les traiter équitablement.

Un système à plusieurs vitesses dans l’éducation

Le second déterminant de ce contrat social est de faire de l’école publique le creuset de la mixité sociale.

Au Maroc, les enfants de la classe aisée ont quitté depuis longtemps l’école publique pour le privé marocain ou l’enseignement étranger. La classe moyenne cherche à en faire de même, lorsque que les conditions matérielles le lui permettent, même au prix de l’endettement. Cette tendance porte en soi des risques pour le vivre ensemble et la cohésion sociale et crée un système à plusieurs vitesses en contradiction avec l’objectif d’équité et d’égalité des chances. On ne peut évoquer un contrat social autour de l’éducation si chaque segment de la société a son propre système au détriment de ce qui fait sens ensemble, et de la protection des biens communs qui permettent de construire un avenir meilleur. En conséquence œuvrer à favoriser la mixité sociale dans les écoles publiques est un axe essentiel de la transformation de l’éducation.

La gratuité de l’enseignement public faisant consensus, la question de la mixité passe essentiellement par la qualité de l’école publique et par l’accent mis sur le développement des compétences transversales des enfants. Ce constat est confirmé par des transferts d’inscription d’enfants du secteur privé vers le secteur public, qui ont été observés au niveau du préscolaire et des écoles primaires publiques inscrites dans le programme d’écoles pionnières.

Le troisième déterminant du contrat social autour de l’éducation est la place à accorder au tiers secteur dans la gestion de certaines composantes du système éducatif.

Le secteur public, à travers l’État et les collectivités locales, est traditionnellement le principal opérateur de l’éducation. Son rôle est crucial pour garantir l’accès à une éducation de qualité pour tous les élèves, indépendamment de leur milieu socio-économique.

Les établissements privés jouent un rôle complémentaire aux écoles publiques, et bien qu’ils ne garantissent pas un accès universel, ils sont souvent associés à l’innovation et à la diversification de l’offre éducative.

A côté des secteurs publics et privés, le tiers secteur, composé des organisations non gouvernementales (ONG), des associations, des fondations, et des entreprises sociales, joue un rôle croissant dans l’éducation. Ces organisations sont souvent motivées par des objectifs sociaux ou éducatifs spécifiques, et elles interviennent là où ni le secteur public ni le secteur privé ne peuvent répondre à certains besoins. Elles interviennent aussi avec plus d’efficacité dans la gestion d’un bien commun comme l’éducation et dans l’instauration d’une relation de confiance et de proximité avec l’ensemble des parties-prenantes.

Le tiers secteur peut dans un cadre de partenariat, combiner la défense de l’intérêt général en assurant l’accès à un service public, avec l’efficacité du privé. C’est le modèle retenu dans notre pays pour la gestion des classes de préscolaire, qui accueillent les enfants entre 4 et 6 ans, pour la gestion de l’école de deuxième chance ou pour le développement des activités extrascolaires, dans une approche de « faire-faire » contractuelle mais aussi pour développer des programmes éducatifs innovants. Le renforcement du tiers secteur, comme le préconise le Nouveau Modèle de Développement, est à ce titre un puissant levier de transformation. Il peut donc, de manière complémentaire aux secteurs public et privé, combler des lacunes et offrir un soutien aux élèves les plus vulnérables tout en apportant des solutions innovantes et inclusives.

Enfin, pour que ce contrat social autour de l’Education puisse être établi, il faut que cette école publique nouvelle soit incarnée et qu’elle devienne un maillon fort de la chaine éducative, c’est le sens de la réforme entreprise par notre pays dès 2022.

L’école nouvelle, telle qu’esquissée par la loi cadre repose sur trois fondements :

* l’équité et l’égalité des chances ;

* la qualité pour tous traduite par une meilleure maitrise des apprentissages et une plus grande pertinence ;

* la promotion de l’individu et de la société en liaison avec l’apprentissage tout au long de la vie.

Ces concepts doivent trouver leur traduction opérationnelle en veillant dans les faits à ce que l’école soit centrée sur l’apprenant et offre une diversité de parcours d’apprentissage en fonction des aspirations, des capacités et des acquis des apprenants.

Les récentes avancées en neuroscience montrent que les méthodes d’apprentissage les plus efficaces veillent à stimuler l’enfant dès le plus jeune âge ; à encourager l’enfant à être actif, curieux, engagé et autonome ; à valoriser les efforts et à consolider les apprentissages en assurant un feed-back bienveillant et de qualité des enseignants.

Ces lignes directrices ont sous-tendu de nombreux projets au cœur de la feuille de route 2022-2026 relative à la réforme du système éducatif et en particulier la généralisation d’un préscolaire de qualité avec des pratiques pédagogiques éprouvées et l’expérimentation des écoles pionnières lancée en 2023 et celle des collèges pionniers lancée en 2024 avec des objectifs concrets et mesurés d’amélioration des apprentissages.

Le recours aux nouvelles technologies a permis de faciliter la réalisation des objectifs de la nouvelle école en personnalisant les apprentissages, en rendant les cours plus interactifs ou en libérant du temps enseignant.

Excellences, Mesdames et messieurs,

Ce nouveau contrat social autour de l’éducation n’atteindrait pas des résultats concrets pour les citoyens, si les problèmes de conduite du changement ne sont pas adressés. Cette rupture de transmission entre la politique éducative et la réalité du terrain s’explique par la prévalence d’un mode de gestion axé sur les moyens et non sur les résultats. En l’absence d’indicateurs et d’objectifs clairs centrés sur la qualité, les efforts des acteurs sont biaisés. Ce phénomène de déconnexion est amplifié par une gestion en silos du processus de réforme qui ne prend pas en compte le caractère systémique de la transformation de l’éducation.

Le changement ne se limite pas à identifier les pratiques et les outils adéquats et à les disséminer dans l’ensemble du système éducatif à travers les normes et les prescriptions spécifiques. La réforme doit concrétiser la capacité à reconnecter la politique éducative avec la réalité des établissements et des classes en agissant notamment sur la pratique effective des enseignants.

La réforme de l’enseignement ne peut réussir sans l’implication et la mobilisation de l’ensemble des acteurs pour sa mise en œuvre. C’est le sens du dialogue constructif né dans le sillage des concertations pour « une école de qualité pour tous », mené de mai à juillet 2022 auprès de plus de 100.000 parties prenantes de toutes les régions du Royaume, et qui a abouti à l’établissement et l’adoption de la feuille de route 2022-2026. C’est aussi le sens du dialogue mené en 2022 et 2023 avec les partenaires sociaux, qui a abouti à un accord sur un nouveau statut des enseignants adopté en février 2024, après une longue période de grève qui a permis à tous les acteurs de converger in-fine vers le sens donné à la feuille de route.

Mais pour que la transformation réussisse, il convient de réaliser que c’est un process rigoureux qui se décline en étapes qui construisent sur les résultats successifs et des ajustements continus. Ce process n’est jamais linéaire.

Permettez-moi de passer en revue les étapes principales de ce processus.

→La première étape est l’amorçage de la transformation.

La transformation suppose d’établir un sens de l’urgence. Ce qui signifie un état des lieux sans complaisance et une évaluation des risques si on ne fait rien, pour justifier pourquoi les parties-prenantes doivent sortir de leur zone de confort.

La transformation suppose de développer une vision co-construite qui s’appuie sur des femmes et des hommes de terrain engagés. Une vision qui soit ambitieuse mais réaliste et simple, pour être en mesure de guider le changement en semant en chacun le sentiment qu’un monde meilleur est à la portée. A la portée du Maroc.

La transformation de l’éducation suppose de la méthode. Ce qui signifie de bien choisir ses priorités et ses batailles, de rester ferme sur le cap et souple et agile sur le chemin et de privilégier une approche basée sur l’expérimentation et les données probantes d’impact sur les apprentissages des élèves. De la méthode aussi à travers la mobilisation d’une task force dédiée. A l’éducation, ce fut la raison d’être de la création de l’unité d’appui à la réforme, composée de personnes engagées en capacité d’initier le mouvement, de mobiliser un premier groupe d’acteurs de terrain disposés à faire partie de l’aventure, sur la base du principe de volontariat et d’appuyer la dynamique de mise en œuvre au niveau des écoles.

La conduite de changement est tributaire d’un mindset ou état d’esprit qui favorise la confiance. Pour cela, il est important d’avoir un effet d’exemplarité au niveau du leadership.  Etre en mesure de s’inscrire dans une démarche d’apprentissage continu, de reconnaitre, valoriser, encourager et inspirer sans peur d’échouer et d’être guidé par des valeurs d’intégrité, de transparence et d’engagement désintéressé pour les élèves.

→La seconde étape est l’implémentation.

Il n’y a pas de bonne politique éducationnelle, si elle ne peut être mise en œuvre. Dès le départ, il convient d’être redevable auprès de tous, des résultats et pas des intentions.

Les engagements de la feuille de route ont été traduits en projets concrets pouvant faire l’objet d’un suivi détaillé autour de 3 axes : élève, enseignant, école.

Le contenu pédagogique a été adapté à la réalité des enfants et ajusté en fonction de leur progression d’apprentissage. Les enseignants ont été formés, leurs conditions de travail améliorées et un encadrement bienveillant de proximité assuré par les inspecteurs pédagogiques. Pour un impact optimal en classe, l’ensemble du dispositif a été mis en œuvre simultanément dans chacune des écoles expérimentales. Cette nécessaire convergence des mesures dans le temps et l’espace est un véritable défi, particulièrement dans des systèmes éducatifs déconcentrés et suppose une attention particulière à l’exécution et aux détails.

La gestion du changement suppose aussi une approche d’ensemble : mesurer l’impact par des évaluations régulières internes, effectuées par les enseignants et contrôlées par échantillonnage par une tiers partie et des évaluations externes, tant au niveau national à travers le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation ou l’Observatoire nationale de développement humain, qu’au niveau international, à travers une étude lancée en septembre 2023 avec l’UM6P-JPAL et dont les résultats ont été présentée en Septembre 2024. Ces évaluations ont pour objectif d’ajuster les processus, de communiquer en toute transparence, y compris sur les écueils, et surtout d’investir dans les relations humaines notamment dans les conditions d’échanges et de feedbacks et de diffusion des bonnes pratiques à travers des approches de tutoring et de coaching.

→La troisième étape est la mise à l’échelle et l’institutionnalisation.

Comment passer d’une expérimentation qui concerne un nombre limité d’établissements scolaires, d’enseignants et d’élèves à une mise à l’échelle du programme en préservant la qualité et l’impact ? Comment passer d’une approche artisanale, à une approche industrielle, sans perdre l’âme et le sens de l’action ? C’est là qu’intervient un travail d’anticipation, de planification et de séquencement rigoureux pour lister tous les chantiers de déploiement et définir des process documentés permettant d’agencer l’ensemble des chantiers de manière fluide et efficace. Un travail qui nécessite l’émergence de nouveaux leaders en capacité de porter le projet de manière déconcentrée avec la même ADN, dès lors qu’ils ont été formés et dotés des moyens adéquats, et un plaidoyer porté par les premiers agents du changement pour mobiliser et former de nouveaux volontaires pour l’extension du programme.

Au-delà de la maitrise de l’extension du programme, sa pérennisation est aussi en cause. Cela suppose que les nouvelles approches deviennent la norme, en les institutionnalisant à travers l’amendement des circulaires et textes réglementaires qui doivent l’être et cela en collaboration avec toutes les instances consultatives prévues à cet effet.

Un autre levier pouvant aider la mise à l’échelle est de favoriser une gestion par la demande des parents et de la société. En communiquant efficacement sur les résultats des écoles pionnières, et en élargissant les règles d’inscription dans les établissements scolaires, il est possible d’augmenter la demande des parents pour l’inscription de leurs enfants dans des établissements de qualité. Cette hausse de la demande crée une pression positive sur le système éducatif pour que l’offre éducative publique soit ajustée dans le sens de l’extension du programme.

Une réforme n’est jamais une fin en soi, il ne s’agit pas d’un instant ou tout un système bascule vers un nouvel état, la finalité est la dynamique de progrès.

Toute transformation du système éducatif ne peut être permanente, ni définitive, mais doit s’inscrire dans une dynamique vertueuse d’ajustements continus.

Pour cela, tout en encourageant le recours aux pratiques pédagogiques ayant fait leurs preuves, il est essentiel de préserver et encourager une liberté d’initiative permettant aux enseignants d’adapter leurs approches au contexte spécifique de chaque élève, mais aussi en fonction du lieu et du moment. L’expérimentation de pratiques innovantes peut parfois faire appel aux nouvelles technologies comme elle peut s’exprimer plus simplement à travers l’attention et l’empathie de l’enseignant pour ses élèves (caring teacher).

La mise en place d’un Fonds de l’innovation de l’éducation comme prévu dans la feuille de route 2022-2026, peut aider à soutenir des projets innovants portés par les enseignants, ayant un impact sur la qualité de l’enseignement et sur la performance des élèves. La mise en réseau et le partage des pratiques professionnelles, en s’appuyant sur des facilitateurs au niveau des bassins scolaires ou sur des forums d’enseignants, est ensuite un puissant moyen de dissémination.

En conclusion de mon intervention, permettez-moi de rappeler que l’éducation est un droit humain constitutif du développement, mais ce droit ne peut se matérialiser pour tous, de manière inclusive, avec la qualité requise et une pertinence des contenus, en phase avec les enjeux d’aujourd’hui et de demain, que si on le considère comme une composante essentielle du contrat social et si la conduite du changement dans l’éducation permet d’aligner les intentions avec la réalité des apprentissages des élèves.

Le contrat social autour de l’éducation nécessite d’être attentif à quelques principes essentiels :

·       la confiance de la société, notamment par des processus co-construits, transparents et justes ;

·       la mixité sociale pour que l’école publique joue son rôle d’éducation à la citoyenneté et d’ascenseur social ;

·       l’appel au tiers secteur pour allier gestion d’un bien commun et intérêt collectif, avec efficacité et obligation de résultats ;

·       et enfin la promotion de l’école de demain, bienveillante, qui assure la transmission effective des savoirs fondamentaux et des compétences de vie depuis la plus petite enfance et qui fait de la technologie l’alliée des enseignants au profit des élèves.

La transformation de l’éducation resterait une simple intention si elle n’est vécue en classe et si sa mise en œuvre effective n’est pas organisée par une démarche structurée et formalisée de conduite du changement.

Je l’ai dit au début de mon intervention, le secret de la réussite n’est jamais dans les solutions techniques. Si la méthode suivie, que je viens d’exposer, a pu aider notre pays à obtenir des premiers résultats encourageants, c’est parce que des femmes et des hommes se sont engagés sur un chemin où ils ont trouvé du sens, et que cet engagement a redéfini les liens de collaboration entre les acteurs et a créé une dynamique vertueuse de transformation, qui in fine est la raison d’être du contrat social. [FIN]

Le HCP et l’ACAPS signent une convention de coopération pour le partage de données et d’expertise

« Cette convention traduit la volonté des deux institutions de renforcer leur coopération et de la rehausser au niveau de leur ambition en faveur d’un partage régulier de données, d’échange d’expertise et de réalisation d’analyses stratégiques sur les thématiques d’intérêt commun », annonce un communiqué conjoint.

Les signataires ont également exprimé « leur engagement à mettre en place les mécanismes nécessaires pour garantir une mise en œuvre efficace des dispositions de ladite convention et à explorer de nouvelles opportunités de collaboration »

Il est aussi à souligner que cette coopération s’inscrit dans une démarche globale visant à optimiser l’analyse des dynamiques économiques et sociales du pays en s’appuyant sur une meilleure intégration des données. Elle témoigne de la volonté commune des deux institutions de renforcer l’accessibilité, la transparence et la fiabilité des statistiques dans le cadre de la promotion des politiques publiques et des stratégies de développement.

Aicha Akalay rejoint le cabinet de Benmoussa au HCP

Aicha Akalay a récemment intégré le cabinet de Chakib Benmoussa au Haut-commissariat au plan (HCP).

Chakib Benmoussa a été nommé en octobre 2024 par le Roi Mohammed VI à la tête du HCP, succédant à Ahmed Lahlimi.

Avant de rejoindre le cabinet de Benmoussa au ministère de l’Éducation nationale, Aicha Akalay a été, jusqu’en septembre 2019, la directrice de publication de TelQuel, où elle a également piloté le lancement de sa version numérique. Elle est diplômée d’un master en journalisme de Sciences Po Paris.

Taux de chômage : 21,3% ou 13,6% ? Voici les explications

Quel est le vrai taux de chômage au Maroc? Est-il de 13,6% comme l’indiquait la dernière enquête trimestrielle du HCP? Ou de 21,3% comme l’indiquent les résultats du RGPH 2024?

Ce taux de 21,3% a été dévoilé mardi 17 décembre par Chakib Benmoussa dont c’était la première sortie médiatique en tant que Haut-commissaire au Plan. Il présentait une nouvelle fournée de résultats du RGPH (Recensement général de la population et de l’habitat), très riche et, heureuse surprise, avec pour la première fois la possibilité d’explorer la data.

En marge de cet important événement à longue portée (puisque les résultats seront utilisés pendant plusieurs années), un débat a été déclenché par le chiffre du chômage puisque celui-ci ne cadre pas avec les récents chiffres du HCP. Alors, quel est le bon chiffre?

Pour répondre à cette question et expliquer le contexte, Médias24 a échangé avec trois sources de haut niveau, directement concernées par le HCP et ses travaux.

→ Y a-t-il des précédents? Qu’en est-il du RGPH 2014?

Le même problème et quasiment le même écart ont été constatés lors du recensement de 2014.

Alors que les chiffres de l’enquête trimestrielle tournaient autour de 9% de chômage en 2014, le recensement de la population a dégagé un taux de chômage de 16%. Un écart de 7 points donc. Comparable à celui de cette année (7,7 points).

Notons que la tendance est dans les deux cas, conforme. Autrement dit, le taux des enquêtes trimestrielles est passé de 9% en 2014 à 13,6% en 2024. Et celui du recensement est passé au cours de la même période de 16% à 21,3%.

→ Quelle est la place du chômage et de l’emploi dans le Recensement?

Le recensement cible la population et l’habitat d’abord. Si on devait y inclure un questionnaire détaillé sur le chômage, comme celui de l’enquête trimestrielle, cela serait tout simplement impossible. Le questionnaire est trop long et détaillé.

Le questionnaire du recensement est léger et rapide. Dans 30% des cas (en moyenne nationale), un questionnaire plus détaillé a été posé. Il comprenait deux questions sur le chômage:

*Avez-vous travaillé au cours des 7 derniers jours?

*Etes-vous en train de chercher du travail ou prêt à travailler si on vous en propose?

Les réponses à ces deux questions ont fourni le chiffre de 21,3%.

→ Qu’en est-il dans l’enquête trimestrielle du HCP?

On dit que le recensement est déclaratif, tandis que les chiffres trimestriels proviennent d’une enquête. Pour schématiser, le premier niveau de compréhension d’une population est le déclaratif. Le deuxième est la mesure par une enquête avec un échantillon représentatif et un questionnaire approfondi. Le troisième est le comptage (comptabilité nationale par exemple, ou encore le comptage du chômage à travers l’assurance-chômage en France).

Dans les enquêtes trimestrielles, les questions sont nombreuses, pour essayer de recouper et préciser les réponses. C’est ce qui permet de cerner par exemple le sous-emploi, l’emploi non rémunéré, les secteurs concernés, la durée du chômage, le niveau de diplôme etc…

Contrairement au recensement où la question de l’emploi a été posée à 30% des ménages interrogés (plus de 12 millions de personnes concernées donc), l’enquête trimestrielle porte sur un échantillon de 90.000 ménages soit environ 400.000 personnes.

Le recensement est donc exhaustif mais superficiel et instantané. L’enquête trimestrielle, elle, est ciblée selon un échantillon large et représentatif, avec un questionnaire approfondi et renouvelé chaque trimestre. Le premier est déclaratif, c’est une perception. Le second est le fruit d’une enquête, donc une mesure.

Les méthodologies appliquées sont validées à l’international.

Le HCP veille d’ailleurs à suivre les meilleures pratiques. Il a entrepris de transformer la méthodologie de l’enquête trimestrielle avec le concours du BIT (Bureau International du Travail): on ajoutera notamment des questions et surtout l’échantillon sera élargi pour obtenir une meilleure granularité.

La nouvelle méthodologie sera testée discrètement en 2025 -trimestre par trimestre- et devrait être lancée en 2026.

→ Comment expliquer concrètement la différence ?

Nos sources indiquent qu’à l’échelle internationale, ce qui est « déclaratif » est toujours supérieur à ce qui est « mesuré ». En d’autres termes, le recensement est déclaratif, l’enquête trimestrielle est considérée comme une mesure de l’emploi et du chômage.

L’un de nos interlocuteurs explique la différence par le sous-emploi. Pour lui, si on additionne les taux de sous-emploi (10%) et de chômage (13,6%), on dépasse un peu le fameux taux de 21,3%. D’autres explications concrètes sont avancées dont l’emploi non rémunéré (9% des emplois), non comptabilisé en tant que tel dans le recensement. Ou encore le fameux RSU, des déclarants ayant peur d’être privés des aides sociales si jamais l’Etat apprenait (alors que le recensement est anonyme) qu’ils travaillent.

→ En conclusion.

A ce stade, on peut dire que le recensement permet d’avoir une connaissance plus fine, plus granulaire, des bassins d’emploi dans le pays, jusqu’au niveau du district et du quartier. Par contre, l’enquête trimestrielle du HCP est ciblée emploi et chômage. Elle est en cours de réforme pour devenir encore plus qualitative et élargir son échantillon.

Le HCP applique les méthodologies validées internationalement. Ces méthodologies, comme le veulent les bonnes pratiques, sont régulièrement mises à jour. L’aspect psychologique ne peut être écarté de ce débat, impactant aussi bien le RGPH que l’enquête trimestrielle. Pour le moment, c’est cette enquête trimestrielle, par son historique, par son niveau de détails, par sa méthodologie reconnue, par le fait que c’est un instrument de mesure, qui reste la référence.

RGPH 2024. Chômage, activité, langue amazighe et accessibilité des données : l’essentiel de la première sortie de Benmoussa

Lors de la conférence du Haut-Commissariat au Plan dédiée à la présentation des résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitat, Chakib Benmoussa, Haut-Commissaire au Plan, s’est exprimé sur plusieurs thématiques, dont le chômage, l’activité, le partage des données et bien d’autres sujets.

L’emploi : des perspectives variées, mais un constat immuable

Les résultats du RGPH 2024 n’ont pas dérogé à la règle en apportant des éclairages sur le marché de l’emploi au Maroc. Les taux d’activité affichent une tendance à la baisse, particulièrement chez les jeunes et les femmes. Cette situation est encore plus marquée en milieu rural où les opportunités économiques restent limitées et les dynamiques de développement insuffisamment inclusives.

Dans la même lignée, le taux de chômage continue d’être une source de préoccupation majeure pour l’économie nationale. Le taux de chômage trimestriel, estimé à 13,6% au troisième trimestre 2024, témoigne de la persistance des difficultés structurelles du marché du travail. Cependant, les résultats du RGPH révèlent un taux de chômage global nettement plus élevé, s’établissant à 21,3%, contre 16,2% en 2014.

Il convient de noter que cette différence marquante entre le taux global du recensement et le taux trimestriel publié régulièrement par le HCP est d’ordre méthodologique. En effet, le taux global issu du RGPH repose sur des déclarations recueillies lors du recensement, tandis que les enquêtes trimestrielles adoptent une approche d’échantillonnage, de croisement des données et de durée d’observation. Ces enquêtes se conforment par ailleurs aux normes internationales établies par le Bureau International du Travail (BIT), garantissant une précision plus fine et une comparaison internationale cohérente. C’est dans cette distinction méthodologique que réside l’écart entre les deux taux.

Dans le même sens, en réponse à une question sur la différence entre les deux taux – le taux déclaratif et celui mesuré trimestriellement par le HCP – Chakib Benmoussa a précisé que l’enquête trimestrielle est plus fiable, tout en reconnaissant l’importance de l’enquête générale.

« La différence réside dans le caractère spécifique de chaque enquête. L’enquête générale, qui fournit un taux de 21,6%, se distingue par le fait qu’elle décrit la situation des individus à un moment donné. Ainsi, certaines personnes en situation de sous-emploi peuvent se déclarer comme étant au chômage. En revanche, l’enquête trimestrielle menée par le HCP sur le marché de l’emploi s’avère plus fiable dans son domaine, car elle couvre un large échantillon de près de 90.000 ménages, qui est un échantillon représentatif de la population. Cette enquête repose également sur des questions croisées, permettant de garantir des résultats plus robustes et fiables ».

« Cependant, il convient de souligner que l’enquête générale sur l’emploi, réalisée tous les dix ans lors des recensements généraux, revêt une grande importance. Elle permet de recueillir des données à des niveaux de détail que l’enquête trimestrielle ne peut atteindre. En effet, elle offre une couverture étendue avec une précision allant jusqu’aux provinces et communes, ce qui en fait un outil précieux et particulièrement instructif », explique le HCP.

Plus de 24% des Marocains parlent l’amazighLes résultats du RGPH indiquent que presque le quart des Marocains parle l’amazigh, soit un taux dépassant les 24%. Cela démontre le poids significatif de la langue amazighe et justifie pleinement son adoption comme l’une des deux langues officielles du Royaume.

Une application pour un accès simplifié aux résultats du RGPH

Dans le cadre de la vulgarisation de l’information, le HCP a mis en place une plateforme numérique interactive permettant une exploration dynamique et flexible des résultats du RGPH 2024. Cette plateforme couvre des niveaux d’analyse variés, allant du national aux communes, en passant par les régions, provinces et préfectures.

L’outil propose une palette d’options de visualisation innovantes. Les utilisateurs peuvent superposer des variables, croiser des données et interagir en temps réel avec une carte interactive enrichie par des colorisations thématiques. Chaque zone géographique sélectionnée affiche un profil détaillé, offrant des données spécifiques sur des variables telles que le sexe, l’âge, la fécondité, ainsi que d’autres indicateurs socioéconomiques clés.

Par ailleurs, l’application permet aux utilisateurs de télécharger l’ensemble des résultats sous des formats exploitables tels que Excel ou CSV, facilitant ainsi les analyses approfondies par les chercheurs, les institutions et le grand public.

Chakib Benmoussa : « Les outils technologiques ont optimisé le traitement des données du RGPH »

Cette conférence a marqué la première apparition publique de M. Chakib Benmoussa en tant que nouveau Haut Commissaire au Plan.

Dans son allocution d’ouverture, M. Benmoussa, a souligné le rôle déterminant des outils technologiques mis en œuvre par le HCP. Ces derniers ont permis d’optimiser considérablement le temps de traitement et de préparation des résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2024).

« Le traitement a duré deux semaines, alors que lors des recensements précédents, cette phase avait nécessité jusqu’à six mois« , a précisé M. Benmoussa.

À partir du 17 décembre, le HCP poursuivra la publication de nouveaux résultats, croisés avec plusieurs variables afin d’offrir une perspective holistique sur la situation démographique au Maroc.

Ainsi, dans les mois à venir, le HCP entamera une nouvelle étape, à savoir l’analyse approfondie des résultats. Cette phase, selon M. Benmoussa, sera dédiée à la préparation d’études, de recherches et d’insights permettant une compréhension approfondie des dynamiques démographiques du pays.

Mohamed Saâd Berrada à l’Education, la grande énigme du remaniement

Dans cet article, il n’est pas question de faire un procès au nouveau ministre de l’Education nationale. Mohamed Saad Berrada, comme tous les hauts responsables publics, a droit à un délai de grâce et nous jugerons sur pièce, le moment venu.

Sauf que de brûlantes questions se posent quant à cette nomination, aussi bien dans les rangs des personnels du ministère qu’au sein de l’opinion publique.

Choc et Stupeur

« On avait l’impression que le ciel nous est tombé sur la tête! », affirme un haut cadre du ministère et qui a participé à de grands chantiers depuis bientôt trois décennies. Et d’expliquer: « Aussi bien Mohamed Hassad, Rachid Belmokhtar, Saaïd Amzazi que Chakib Benmoussa avaient assumé de hautes fonctions avant de prendre en charge l’Education nationale. Ce qui n’a jamais été le cas du nouveau ministre qui n’a même pas un seul mandat dans un cabinet ministériel ».

Que connaît-il des maux de l’Education nationale, des rouages de ce département? Arrivera-t-il a gérer une armée de centaines de milliers de fonctionnaires entre staffs pédagogiques et personnels administratifs? Arrivera-t-il à s’entendre avec une pléthore de partenaires sociaux entre syndicats et coordinations aux multiples attentes? Sa nomination ne mettrait-elle pas en péril les quelque réformes initiées par ses prédécesseurs? Des questions légitimes que soulève cette nomination.

Et c’est la vérité. Mohamed Saâd Berrada, diplômé de Ponts et Chaussées, est plutôt un prospère homme d’affaires. En plus d’être PDG de Michoc et de Safilait (autre entreprise familiale fondée à Beni Mellal en 2006), il siège depuis plusieurs années au Conseil d’administration d’Afriquia Gaz, y cumulant les mandats, comme il avait siégé au CA de la TGCC de Mohammed Bouzoubaâ. Un lien avec l’Education? Aucun lien visible.

Une récompense indue ?

Quand on revient aussi sur la carrière politique de Mohamed Saâd Berrada, on s’aperçoit qu’il est presque une feuille vierge. « Il n’a ni le parcours de Mohamed Aujjar, ni celui de Rachid Talbi Alami, voire du militant Lambda qui a toujours été biberonné à la littérature du RNI », affirme une source qui connaît bien les arcanes du parti de Aziz Akhannouch.

Mohamed Saâd Berrada a intégré le RNI il n’y a pas très longtemps et a été nommé président de la commission des élections. « C’est un chic type et d’une grande sympathie », dit-on de lui dans les milieux des affaires où il semble largement apprécié. Mais cela suffira-t-il pour diriger un département dont le titulaire doit avoir les reins solides. Et les épaules aussi.

On se retrouve avec un gouvernement où deux secteurs sociaux très sensibles ont été confiés à deux proches d’Akhannouch issus du secteur privé et sans aucune expérience politique

« On se retrouve avec un gouvernement où deux secteurs sociaux très sensibles ont été confiés à deux proches d’Akhannouch issus du secteur privé et sans aucune expérience politique. Aurait-il l’intention de pousser l’enseignement et la santé dans les bras du privé? », s’interroge un haut cadre du ministère de l’Education en faisant aussi allusion à la nomination d’Amine Tahraoui au ministère de la Santé.

Du côté de l’équipe gouvernementale, des « arguments » plaident en faveur de ces nominations. Comme nous l’expliquent des sources partisanes, « il fallait injecter du sang neuf, avoir « de nouveaux profils » qui ne portent pas les séquelles des négociations passées et capables d’exécuter et piloter la mise en œuvre des réformes passées dans la douleur ».

Pour le cas spécifique de Saad Berrada, nos sources défendent le choix en précisant qu’il s’agit « d’un ingénieur investi dans la politique qui connaît le terrain et a le bras long dans les territoires, car il préside la commission des élections du RNI, une fonction vitale au sein du parti ».

Mohamed Saâd Berrada, en plus de l’Education nationale, doit gérer les départements du préscolaire et des sports. Dans la nouvelle architecture gouvernementale, il ne sera pas épaulé par un secrétaire d’Etat comme dans la configuration d’autres ministères moins stratégiques.

Le successeur de Chakib Benmoussa sera attendu au tournant et on scrutera les moindres faits, gestes et décisions de celui qui est désormais responsable du sort de plus de 8 millions d’élèves et une véritable armée de fonctionnaires.

Note: Nous avons essayé de joindre Mohamed Saad Berrada, mais il n’a pas répondu à nos sollicitations.

Après l’échec aux J.O. de Paris, Chakib Benmoussa défend son programme pour développer le sport national

Dans une rétrospective de la participation marocaine aux Jeux olympiques de Paris 2024, le ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement préscolaire et des sports, Chakib Benmoussa, a déclaré dans une présentation devant la commission de l’Education, la culture et la communication (Chambre des représentants) que la performance sportive de haut niveau ne peut pas être atteinte par l’attentisme ou le hasard. « Cela nécessite une planification stratégique rigoureuse et sérieuse, basée sur une nouvelle approche dans la préparation des athlètes ».

Lors de la réunion de cette commission, consacrée à l’évaluation de la participation des sportifs marocains aux Jeux olympiques, le ministre a ajouté qu’il est essentiel de renforcer la politique d’amélioration du sport de haut niveau, en se basant sur trois piliers fondamentaux : la formation, la bonne gouvernance et la performance sportive.

Le ministre a expliqué que des mesures pratiques ont été prises à court, moyen et long terme pour promouvoir le sport. À court terme, il a été demandé au Comité national olympique marocain (CNOM) et aux fédérations sportives concernées de préparer un rapport d’évaluation complet et objectif sur la participation marocaine.

De plus, la mise en place de la Commission nationale des sports de haut niveau, prévue par la loi 30-09, ainsi que la nomination d’une commission d’experts, visent à établir une stratégie intégrée et cohérente pour développer le sport de haut niveau au cours des quatre prochaines années.

Le responsable gouvernemental a également mentionné la mise en place d’un système de contrats d’objectifs avec les fédérations sportives nationales pour développer leur projet de développement stratégique en vue des prochains Jeux olympiques.

À moyen terme, le ministre a annoncé l’établissement d’un modèle spécifique pour le sport de haut niveau, adapté à la réalité marocaine qui s’appuie sur les réalisations obtenues tout en tirant parti des bonnes pratiques et des modèles étrangers réussis. Une étude a également été lancée selon une méthode sélective pour identifier les disciplines sportives susceptibles de remporter des médailles dans le domaine de la compétition sportive. De plus, les fédérations sportives bénéficieront d’un soutien pour développer le sport de haut niveau en rationalisant les ressources qui leur sont allouées.

Le ministère investit également dans la formation des cadres techniques de haut niveau et valorise les bonnes expériences développées au Maroc, notamment l’Académie Mohammed VI de football. Chaque fédération sportive sera désormais tenue de créer une académie de haut niveau, alliant sport et études.

Ces mesures visent aussi à améliorer le système de détection et d’orientation des jeunes talents dès 2025, et à créer et moderniser des centres spécialisés et intégrés pour l’excellence sportive de haut niveau, avec six centres prévus d’ici 2028.

À long terme, les mesures incluent la promotion des activités sportives et de l’éducation physique de qualité à l’école, en établissant des liens entre elles et en développant le sport de base pour permettre à un plus grand nombre d’enfants et de jeunes de pratiquer le sport et de découvrir des talents.

Le ministre a également souligné l’importance d’adopter une approche de discrimination positive dans les programmes éducatifs en faveur des athlètes de haut niveau, ainsi que la création d’une unité de veille stratégique pour mieux analyser l’environnement concurrentiel et prendre des décisions anticipées afin de renforcer la diplomatie sportive marocaine.

Année scolaire 2024-2025 : lancement de la phase pilote des collèges pionniers

Le lancement de cette phase pilote de collèges pionniers, annoncé par Médias24 dans un article précédent, a été officialisé par Chakib Benmoussa, ministre de l’Education nationale, ce vendredi 6 septembre, lors de la conférence annuelle dédiée à la présentation des nouveautés de la rentrée scolaire.

232 établissements publics comptant 200.000 élèves

« Cette première phase concernera 232 établissements publics et 200.000 élèves, soit 10% des effectifs des collèges publics, issus des milieux rural et urbain, et des différentes provinces du Royaume » a déclaré le ministre à cette occasion.

Selon nos informations, 7.000 enseignants et 800 inspecteurs sont impliqués dans cette première phase, couvrant la majorité des disciplines, ainsi que le champ de l’orientation scolaire et de l’action psychosociale.

« Parmi ses principaux objectifs, l’amélioration de l’autonomie des élèves grâce aux compétences transversales, et la baisse du taux d’abandon scolaire qui s’élève à 50% au collège, à cause de plusieurs facteurs », a-t-il expliqué.

Les mêmes piliers que le primaire, avec des adaptations aux enjeux du secondaire

Le modèle collège pionnier reposera sur les mêmes piliers que celui du primaire : curatif, préventif et mesure d’impact, mais avec des adaptations aux enjeux du secondaire, cycle durant lequel les élèves doivent développer des compétences transversales nouvelles et des aptitudes psychosociales pour compléter et réussir leur parcours scolaire, et être autonomes dans un monde marqué par les disruptions.

« Le collège, c’est l’âge de l’adolescence, et certains adolescents ont besoin d’un accompagnement spécial durant cette période », a expliqué Benmoussa. « Nous avons à cet effet mis en place des cellules de veille, et nous avons démarré la formation de cadres spécialisés sociaux pour accompagner les élèves de ce cycle ».

« Sur le volet éducatif, la méthode TARL du collège est différente de celle du primaire« . Elle prend en considération l’âge et la phase de développement des collégiens. « Au collège, il y a également un volet en relation avec les activités parallèles et sportives. Nous souhaitons élargir ces activités et en améliorer la qualité. Pour ce faire, des opérations de coaching ont déjà démarré au profit des cadres spécialisés ».

Cinq matières au lieu de trois au primaire

Dans ce modèle pionnier, le parcours du collégien reposera sur six axes principaux, dont le premier a trait à la remédiation scolaire, selon nos informations.

Contrairement au primaire, où le renforcement des compétences se fait au niveau de trois matières, en deuxième et troisième année du secondaire collégial, il concernera cinq matières.

Les élèves de la première année du collège commenceront l’année scolaire avec 8 semaines de remédiation selon la méthode TARL, adaptée au cycle secondaire, en arabe, mathématiques et français.

Les élèves de deuxième et troisième année du collège bénéficieront quant à eux de 4 semaines de TARL, afin de ne pas perturber les calendriers d’examens, pour les mêmes matières, auxquelles s’ajoutent les SVT et la physique/chimie.

Mobilisés pour accompagner cette large opération de soutien des élèves, les enseignants de plusieurs disciplines se sont organisés en trois pôles de compétences afin d’assurer au mieux et avec célérité un rattrapage de leurs élèves dans les compétences fondamentales.

Un test de positionnement sera mené avant et après TARL afin de suivre l’efficacité de cette méthode. Des livrets d’élèves et des supports digitaux dédiés aux activités de remédiation ont également été développés pour accompagner cette importante opération avec laquelle va démarrer l’année scolaire.

Renouvellement du contenu d’apprentissage

En plus du renouvellement de la programmation détaillée de l’enseignement pour alléger et rendre l’apprentissage plus progressif, selon le rythme de l’élève, de nouvelles méthodes d’enseignement, à l’efficacité démontrée par la recherche (Enseignement explicite), sont introduites.

Ces méthodes exigent qu’un enseignant ne passe à la leçon suivante qu’après s’être assuré que la majorité des élèves ont bien maîtrisé les fondamentaux des cours. Un dispositif didactique complet (leçons structurées et scriptées, supports de cours, assistance d’une voix générée par l’IA pour les langues) est remis à l’enseignant pour faciliter la mise en œuvre de ces méthodes efficaces. Des plateformes numériques permettant un suivi personnalisé sont également mises à la disposition des enseignants et des élèves.

Toute l’approche consiste à rendre l’expérience d’apprentissage agréable, efficace et motivante pour les élèves. Les objectifs d’apprentissage, conformes aux standards internationaux, font l’objet d’un suivi grâce à un cahier des compétences pour chaque élève.

Pour assurer la mise en œuvre de ces opérations pédagogiques, les enseignants des collèges pionniers bénéficient de formations pratiques ainsi que d’un accompagnement par des inspecteurs. Il s’agit là du second axe.

Un soutien scolaire gratuit assuré tout au long de l’année en mathématiques et en français

Le soutien scolaire (heures supplémentaires) est le troisième axe de la nouvelle méthode d’enseignement qui sera expérimentée cette année au niveau des collèges retenus. Il est institutionnalisé et inscrit dans l’emploi du temps des élèves.

Durant toute l’année scolaire, 20% des élèves de ces collèges vont bénéficier d’heures de soutien scolaire à raison de 2 heures de mathématiques et 2 heures de français chaque semaine. Ces cours seront assurés par les enseignants du collège qui le souhaitent (heures supplémentaires rémunérées) et les étudiants du cycle Sciences de l’éducation.

Des activités parascolaires pour développer les compétences transversales

À partir de novembre, chaque élève aura dans son emploi du temps, en plus du programme standard, au moins 2 heures hebdomadaires d’activités parascolaires ou de sport scolaire, encadrées par des animateurs formés.

Pour assurer cette vaste opération inédite, le ministère a lancé un appel à projet en janvier 2024 auprès d’associations nationales expertes spécialisées dans les activités parascolaires. Plus d’une centaine de propositions ont été reçues, le ministère a retenu 5 domaines d’activités portées par 4 associations : le théâtre, l’improvisation, l’esprit entrepreneurial, l’art audiovisuel et l’esprit scientifique, dont le contenu et la formation des animateurs seront assurés par les associations sélectionnées.

L’animation de ces activités sera assurée par des enseignants, des animateurs des centres régionaux d’épanouissement ou des acteurs associatifs partenaires des écoles. Des inspecteurs en orientation sont mobilisés afin de s’assurer que les élèves bénéficient de ces activités, et selon des standards de qualité. Des championnats régionaux et nationaux seront régulièrement organisés pour stimuler l’engagement des acteurs et partager les meilleures pratiques.

Ces activités auront pour objectif de développer des compétences transversales importantes chez les élèves, notamment la créativité, la collaboration, la prise d’initiative, l’esprit critique et la communication.

Accompagnement psychosocial pour aider les élèves en difficultés

Il s’agit là du cinquième axe de ce modèle pionnier du secondaire. Pour la première fois, un programme national d’accompagnement psychosocial des élèves, porté par des cadres d’appui social (un corps du ministère, jeune, formé à l’écoute et à l’appui des adolescents et bien outillé), sera mis en place.

Cette centaine de cadres assurera :

– un volet préventif de masse à travers 4 ateliers de développement des compétences psychosociales par an pour chaque classe. Tous les élèves en bénéficieront en groupe, dans des formats innovants déjà expérimentés à moindre échelle. Ils porteront sur les compétences intra ou interpersonnelles : confiance en soi, gestion des émotions, gestion des conflits, motivation et esprit de développement. Il s’agit également de développer la résilience des élèves face à la perte de confiance, au harcèlement, aux conflits, etc.

– un volet curatif ciblé qui consistera en un accompagnement individualisé des élèves en difficulté. Durant ces ateliers ou à d’autres occasions, les cadres d’appui social pourront identifier les élèves qui expriment ce besoin, les écouter et les conseiller.

Un dispositif de veille dans chaque établissement pour prévenir l’abandon scolaire

Enfin, un dispositif nouveau verra le jour à l’échelle de chaque établissement pour identifier en amont les élèves à risque d’abandon scolaire.

Il s’agit d’une cellule de veille, unité opérationnelle sous la supervision du directeur de l’établissement pour identifier ces élèves notamment grâce à un outil informatique développé par le ministère, utilisant les données Massar de type pédagogique (moyenne, redoublement, appréciations) permettant d’évaluer le niveau de risque d’abandon.

Cette cellule de veille aura pour mission d’établir une liste d’élèves à risque et de développer un plan d’action qui leur est adapté, ainsi qu’un suivi régulier mensuel pour s’assurer qu’ils puissent poursuivre leur scolarité en étant accompagnés et mieux outillés.

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Chiffres, formation et écoles pionnières : les nouveautés de la rentrée scolaire 2024-2025

Le ministère de l’Education nationale a organisé ce vendredi 6 septembre sa conférence annuelle dédiée aux nouveautés de la rentrée scolaire.

Les principaux objectifs pour la nouvelle année sont la poursuite de l’amélioration des apprentissages des élèves dans tous les cycles d’enseignement, ainsi que la réduction du taux d’abandon et de la surcharge des classes.

Pour ce faire, plusieurs moyens et outils ont été mis en œuvre par le ministère.

Amélioration du nombre d’élèves au collège et au lycée

Avant de faire le point sur ces outils et moyens, Chakib Benmoussa est d’abord revenu sur les chiffres de la rentrée.

Pour cette nouvelle année scolaire, le nombre d’élèves atteint 8,112 millions, dont 6,975 millions dans les établissements publics, et 1,136 million dans les écoles privées.

Si le nombre d’élèves du primaire public, qui s’élève à 3,715 millions, est en baisse de 1,3%, ceux du collège (2 millions d’élèves) et du lycée (1,235 million d’élèves) sont en hausse, respectivement de 5% et de 12%, ce qui est plutôt une bonne nouvelle.

Aux 8,112 millions d’élèves de ces trois cycles s’ajoutent également ceux du préscolaire, qui sont d’environ 1 million dans le privé et le public. C’est une augmentation continue d’environ 3% par an de manière générale, mais elle est davantage plus élevée dans le public, ou elle s’établit cette année entre 5% et 6%, ce qui démontre la réduction du nombre d’établissements d’enseignement préscolaire non organisés, laissant place à des établissements organisés, avec une bonne qualité d’apprentissage.

Au total, le nombre d’élèves, du préscolaire au baccalauréat, qui ont rejoint les établissements scolaires publics et privés cette année s’élève à un peu plus de 9 millions.

Le ministre Benmoussa a également noté une augmentation du nombre d’établissements et des salles de classe, visant à réduire la surcharge, et à répondre au besoin national en terme d’éducation nationale.

Ainsi, 189 nouveaux établissements publics ont ouvert leurs portes cette année, et près de 3.500 salles ont été rajoutées dans des établissements déjà existants. En ce qui concerne les internats, 15 nouvelles structures, spécialement dans le monde rural, ont ouvert leurs portes pour cette rentrée.

Le nombre d’établissements scolaires dans tout le Royaume s’élève ainsi à environ 12.300, dont 8.433 primaires, 2.298 collèges et 1.568 lycées, auxquels s’ajoutent 13.000 annexes.

18.000 enseignants nouveaux, dont 8.000 en remplacement des départs

En termes de ressources humaines, Chakib Benmoussa a souligné une augmentation, avec 18.000 enseignants qui rejoignent les établissements publics du pays, dont 8.000 en remplacement des départs en retraite, ou des cadres ou responsables qui ont quitté le système éducatif.

Les 10.000 autres enseignants ont été recrutés dans l’objectif de réduire la surcharge au niveau des classes. Au primaire, les classes dont le nombre d’élèves est supérieur à 40 ne dépassent pas les 4% au total, contre 20% au collège, et 10% au lycée.

Notons que le nombre total des enseignants, tous cycles confondus, s’élève cette année à 288.072.

Une aide sociale en remplacement du programme « Un million de cartables »

L’autre nouveauté de cette rentrée est le remplacement du mythique programme « Un million de cartables » par une aide sociale de 200 DH par élève dans le cycle primaire et 300 DH pour ceux du collège et du lycée ; une aide qui bénéficiera aux 3 millions de familles concernées par le soutien social de l’Etat.

Cette aide sera lancée, selon Benmoussa, à partir de la semaine prochaine, et sera gérée par l’INDH (Initiative nationale pour le développement humain). « Auparavant, les cartables distribués aux élèves coûtaient entre 100 et 120 DH, et le lycée n’en bénéficiait pas », a-t-il expliqué. « L’opération a donc été élargie ».

100 MDH déboursés par la Caisse de compensation pour maintenir les prix des manuels

Pour ce qui est des manuels scolaires, le ministre de l’Education nationale a fait savoir que l’Etat a fait un grand effort pour maintenir le niveau des prix.

« La Caisse de compensation a déboursé 100 millions de DH au profit des éditeurs, pour couvrir le prix des feuilles qui a augmenté, dans le but de maintenir le prix des manuels au même niveau », a-t-il déclaré lors de la conférence de ce vendredi.

« Une organisation préalable a par ailleurs été mise en place depuis des mois aux niveaux local, provincial et régional, avec l’accompagnement du ministère de l’Intérieur, pour que cette rentrée ait lieu en ce début du mois de septembre », a-t-il poursuivi.

« La rentrée des classes a eu lieu à partir de ce mercredi [4 septembre, ndlr], et les élèves ont continué à rejoindre leurs classes progressivement selon les niveaux, pour une rentrée effective le lundi 9 septembre prochain ».

Écoles pionnières : le programme élargi à 1,3 million d’élèves

À la lumière de l’ensemble des évaluations et des résultats positifs obtenus lors de la première année expérimentale des écoles pionnières, le processus de généralisation progressive commence cette rentrée scolaire avec un ajout de 2.000 écoles supplémentaires par an. Cette année, plus de 1,3 million d’élèves seront concernés, soit 30% des élèves du primaire et près de 45.000 enseignants ont été formés et engagés pour mener cette transformation des apprentissages, a déclaré Chakib Benmoussa.

Rappelons que la première phase expérimentale a concerné 626 classes et 320.000 élèves, soit 7% des élèves du primaire, issus des milieux rural et urbain. 10.500 enseignants ont été formés pour accompagner cette première phase, et quatre évaluations réalisées sur ce programme ont montré de bons résultats et un impact positif sur les apprentissages des élèves. La publication des résultats définitifs de la dernière enquête est prévue vers mi-septembre.

Notons que ce nouveau modèle d’école primaire publique repose sur la transformation concrète des pratiques d’enseignement en classe. Tous les enseignants bénéficient de formation, d’un accompagnement de proximité assuré par les inspecteurs et d’outils pour renforcer l’efficacité de leur travail au quotidien.

Une première évaluation de cette phase pilote a été conduite par l’association Sanady pour vérifier l’impact du programme de remédiation TaRL, et une deuxième évaluation de perception qualitative a été réalisée par l’Observatoire national du développement humain (ONDH) auprès des enseignants et des acteurs impliqués dans les écoles pionnières. Cette seconde enquête a été menée dans 5 régions (Casablanca-Settat, Fès-Meknès, l’Oriental, Draâ-Tafilalet, Béni Mellal-Khénifra) selon un tirage au sort des écoles. Elle a ainsi révélé que le programme a des effets concrets sur la vie scolaire.

Une troisième évaluation a ensuite été menée par l’Instance nationale d’évaluation (INE), rattachée au Conseil supérieur de l’éducation, pour mesurer la performance des établissements pionniers. Enfin, une quatrième évaluation a été conduite par le centre de recherche fruit du partenariat entre l’UM6P et J-PAL affilié à l’université américaine MIT, qui vise à quantifier l’impact sur les apprentissages des élèves. Les résultats préliminaires de cette dernière enquête révèlent un impact positif des écoles pionnières sur les apprentissages. La publication des résultats définitifs est prévue pour mi-septembre 2024.

Outre la généralisation des écoles pionnières, le ministère de l’Education nationale lance également cette année la phase pilote du programme des collèges pionniers, dont les nouveautés feront l’objet d’un autre article.

Institutionnalisation pour sécuriser la dynamique de transformation des écoles 

Afin de pérenniser les résultats prometteurs du projet d’école pionnière, désormais confronté au défi de sa généralisation et son amélioration, et de mener à bien l’expérimentation du modèle collège pionnier, le ministère a conduit un vaste chantier pour assurer l’institutionnalisation des efforts, de l’engagement et des résultats des équipes sur le terrain : enseignants, inspecteurs, directeurs, équipes managériales des échelons provinciaux, régionaux et du central.

Le ministère mise également sur la formation initiale et continue des enseignants. La formation dans les Centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation a été adaptée, intégrant désormais les nouvelles pratiques pédagogiques : TaRL et enseignement explicite.

Par ailleurs, l’organisation du concours de recrutement pour cette année a été avancée en octobre, afin de permettre une formation optimale des futurs enseignants, avec une augmentation de la part des lauréats.

Au niveau de la formation continue, une formation certifiante a été introduite au profit des inspecteurs pédagogiques et des enseignants, orientée sur la pratique au sein des écoles pionnières et collèges pionniers, qui a concerné plus de 60.000 bénéficiaires. Une formation au PEI (projet d’établissement intégré) a été menée au profit de tous les directeurs d’établissements. Le PEI  constitue le cadre méthodologique de transformation et d’engagement des acteurs.

Un nouveau statut plus motivant qui améliore la gestion de carrière

En termes de statut des enseignants, le statut unifié, dont le décret a été publié récemment, crée une seule catégorie de fonctionnaires de l’Éducation nationale pour mener la transformation de l’école publique, grâce à un cadre qui garantit les droits et l’équité, basé sur le mérite, la clarification des responsabilités, avec un parcours de carrière plus attractif et des possibilités de promotions privilégiées.

La totalité des « ex-cadres des AREF » ou appelés « contractuels » ont tous été titularisés fonctionnaires de l’Education nationale. Il s’agit de plus de 110.000 enseignants.

Plus de 8 millions d’élèves attendus pour l’année scolaire 2024-2025

Le ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Chakib Benmoussa, a supervisé, mercredi 4 septembre, à l’école primaire Al Massira Al Khadra à Tahnnaout dans la province d’Al Haouz, le démarrage de la nouvelle année scolaire, avec le retour progressif en classe des élèves et des enfants inscrits dans l’enseignement préscolaire selon les dates prévues pour chaque cycle et niveau, précise le ministère de tutelle dans un communiqué.

Les cours débuteront de manière effective le lundi 9 septembre pour tous les cycles et niveaux d’enseignement dans l’ensemble des établissements scolaires, rappelle la même source.

L’enseignement public accueillera environ 6,976 millions élèves, dont 3,716 millions élèves dans l’enseignement primaire, soit une diminution de 1,3% de l’effectif des élèves scolarisés dans ce cycle, 2,025 millions d’élèves dans l’enseignement secondaire collégial, en hausse de 5,5%, et environ 1,235 million d’élèves dans l’enseignement secondaire qualifiant (+12,7%), précise le ministère.

S’agissant des nouveaux inscrits dans l’enseignement public, leur nombre devrait atteindre plus de 1,813 million élèves, dont 585.000 inscrits en première année de l’enseignement primaire, 625.000 en première année de l’enseignement secondaire collégial et 453.000 dans les troncs communs.

Afin de réduire la surcharge des classes et du nombre des classes multiniveaux, l’offre pédagogique s’est renforcée par la construction de 189 nouveaux établissements, dont 68% en milieu rural, avec 10 écoles communautaires, portant ainsi le nombre des établissements scolaires au niveau national à environ 12.300, dont 56% dans les zones rurales.

En outre, 3.492 salles de classe ont été créées dans le cadre de l’extension des établissements scolaires, dont 59% en milieu rural.

Les espaces d’hébergement ont été renforcés avec la création de 15 nouveaux internats en milieu rural, ce qui porte le nombre d’internats au niveau national à 1.103, dont 68% sont situés en milieu rural, souligne le ministère, notant que plus de 288.000 enseignants, dont 18.000 nouveaux, seront chargés de l’éducation et de la formation des élèves dans l’enseignement public.

L’actuelle année scolaire sera marquée par l’application de la nouvelle formule de mise en œuvre de l’initiative royale « Un million de portefeuilles », dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain.

Cette initiative devrait profiter à plus de 3,053 millions élèves, étant donné que des montants supplémentaires seront versés aux familles bénéficiaires du système d’aide sociale directe (200 dirhams pour le primaire et le secondaire collégial), précise le ministère, notant que le champ de cette aide a été élargi pour inclure le secondaire qualifiant, en ce sens que les familles concernées devraient recevoir une allocation financière de 300 DH.

En ce qui concerne l’hébergement, le nombre des bénéficiaires des services d’internats scolaires devrait atteindre plus de 147.000, soit une augmentation de 9,5%, tandis qu’environ 639.000 élèves, dont 58% des filles, bénéficieront du transport scolaire.

Par ailleurs, le gouvernement a accordé aux éditeurs un soutien financier de 25% du prix de de vente des manuels pour les niveaux du primaire et secondaire qualifiant, note le ministère.