Gaz naturel. Le champ Grand Tortue Ahmeyim s’apprête à booster sa production gazière

Les négociations entre British Petroleum (BP) et les gouvernements sénégalais et mauritanien pour lancer la deuxième phase du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) sont en cours.

Cette nouvelle phase permettra, à terme, d’atteindre une production annuelle de 5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), soit environ 6,9 milliards de mètres cubes par an.

Inaugurée officiellement le 22 mai par les présidents Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et Bassirou Diomaye Faye, la plateforme gazière fera l’objet de négociations visant à augmenter sa capacité de production. Les deux chefs d’État ont réaffirmé la priorité d’accorder une part significative de la production aux marchés locaux, notamment l’électricité.

Cette demande locale sera satisfaite via des gazoducs nationaux. En Mauritanie, les études nécessaires pour la construction d’un gazoduc ont déjà été lancées. Ce projet vise d’abord à alimenter en gaz naturel la centrale électrique de Nouakchott (180 MW), puis à desservir Nouadhibou pour traiter les minerais de fer transportés par le train minier depuis Zouerate. Du côté sénégalais, le contrat de construction du segment nord a été signé et permettra à terme d’approvisionner en gaz la centrale de Gandon (250 MW).

À ce jour, le champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) a livré deux cargaisons de gaz naturel destinées à l’exportation. Le navire British Sponsor a chargé sa livraison le 16 avril dernier, tandis que le British Achiever a quitté la plateforme gazière, il y a quelques jours, en direction de Singapour, via le cap de Bonne-Espérance.

Les premières extractions de gaz ont été enregistrées le 31 décembre 2024, depuis les puits vers l’unité Floating production storage and offloading (FPSO), avant transfert vers le navire Floating LNG (FLNG) pour liquéfaction. Ce dispositif permettra d’atteindre, d’ici fin 2025, une production annuelle de 2,3 Mt de gaz naturel liquéfié (GNL), soit 3,4 MMm3.

Le champ de GTA, dont les réserves sont estimées à 424 MMm3, garantira une exploitation sur plus de trente ans. Une fois les coûts d’investissement remboursés, le projet devrait générer à lui seul 150 millions de dollars par an. Son capital est réparti entre British Petroleum (62%), Kosmos Energy (29%), la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) (5%) et la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier (SMHPM) (5%).

Outre le champ GTA, la Mauritanie dispose d’un autre gisement de gaz en attente de développement, dont les ressources sont énormes, s’élevant à environ 1.400 MMm3, ce qui renforcera davantage sa position stratégique. De son côté, le Sénégal possède également son propre projet gazier, Yakaar-Teranga, dont les ressources sont estimées à 25 trillions de pieds cubes, soit l’équivalent de 707 MMm3.