Forum de la Chimie : Chakib Alj appelle à la mise à jour de la réglementation en vigueur dans le secteur

« L’industrie de la chimie est parfois perçue comme peu visible au Maroc. Il s’agit pourtant de l’un des piliers silencieux de notre économie« , a déclaré M. Alj lors de cet événement. « C’est un secteur central qui irrigue nos chaînes de valeur industrielles et alimente d’autres secteurs, notamment notre agriculture, celui de la santé et du textile ».

« Le secteur de la chimie est essentiel dans notre économie, avec un poids de 25% du PIB industriel et plus de 20% de nos exportations. Il joue aussi un rôle majeur dans l’emploi, avec 180.000 emplois directs et indirects de qualité ».

« Le Roi Mohammed VI nous a fixé un objectif clair de souveraineté dans ce secteur, lequel est de réduire notre dépendance aux importations, afin de développer une industrie forte, permettant de fournir les intrants et les commodities nécessaires aux autres industries ».

La réglementation en vigueur dans le secteur de la chimie constitue un frein à son développement

« Pour que tout ceci soit possible, nous devons renforcer la recherche et développement dans plusieurs secteurs, notamment celui de la chimie. L’innovation est une condition nécessaire à la montée en gamme industrielle. De plus, le fonds Tatwir R&D, qui dispose de 300 millions de DH annuels, doit être renforcé, et son accès ainsi que ses modalités de remboursement doivent être facilités pour les entreprises ».

« Nous avons également besoin d’actualiser notre réglementation en vigueur. La législation qui encadre les entreprises du secteur actuellement est ancienne, et les textes de loi datent parfois de la période du protectorat. Ce règlement constitue, en 2025, un frein au secteur ».

« Nous avons aussi besoin de renforcer notre capital humain. La refonte de la formation professionnelle est aujourd’hui impérative et urgente, si nous voulons permettre des passerelles vers les filières d’avenir. Aujourd’hui, seules 1% des entreprises qui cotisent en bénéficient, et c’est une anomalie du système qui ne peut plus durer ». 

« La mise en place de contrats d’apprentissage est aussi un prérequis si nous voulons gagner du temps et permettre aux jeunes d’être opérationnels dès l’obtention de leurs diplômes ».

« Nous avons annoncé la semaine dernière que nous allons multiplier par 4 le nombre de jeunes en alternance dès 2026, et c’est une bonne nouvelle dont il faut se féliciter ».

Le Maroc est capable de produire 4% de la demande mondiale en hydrogène vert dès 2030

« Le prochain défi est l’hydrogène vert et nous ne parlerons pas d’un avenir prochain. Nous sommes l’un des pays les plus prometteurs au monde en termes de production de cette énergie, et nous avons la capacité de produire 4% de la demande mondiale dès 2030″.

« Les possibilités qu’offre cette énergie pour répondre aux défis du transport maritime et aérien et des industries lourdes attirent des investissements de partout dans le monde qui se comptent en plusieurs milliards de DH. Le secteur de la chimie devra donc accompagner le développement de cette énergie ».

« Nous continuons par ailleurs à développer l’écosystème des batteries qui a déjà attiré des investissements massifs. Avec cet écosystème, nous avons la capacité de fournir au monde et particulièrement à l’Europe la solution d’une mobilité durable ».

« En réussissant ces défis, le secteur de la chimie pourrait radicalement changer notre positionnement dans le monde. Le développement de l’hydrogène vert pourrait nous faire intégrer le cercle très fermé des exportateurs net d’énergie, et les implications géopolitiques de cette nouvelle donne seraient profondes.

Le Maroc remporte les Olympiades de la chimie à Paris grâce au groupe scolaire Jacques Chirac de Rabat

La victoire des deux lycéens conjugue excellence scientifique et patrimoine culturel marocain. Ils ont été encadrés par leur professeure de physique-chimie, Ilham Chichaoui, et leur professeur de technologie, Yassine Naji. Yasmine Kadmiri Idrissi et Yassine Bekkaoui ont séduit le jury du concours « Parlons Chimie » avec un projet aussi ambitieux qu’original, intitulé « La chimie au galop ! ».

Quand la Tbourida rencontre la chimie de pointe

Conforme à la thématique 2025 du concours « Chimie et sport », ce projet explore la lutte contre le dopage équin à travers l’art ancestral de la Tbourida, inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco. Une manière de lier sciences de laboratoire et héritage marocain, en mettant en lumière le rôle fondamental de la chimie analytique dans la protection de l’éthique sportive et du bien-être animal.

Grâce à des techniques de pointe telles que la chromatographie et la spectrométrie de masse, Yasmine et Yassine ont simulé l’analyse de substances dopantes (comme la caféine ou la bétaméthasone) dans des échantillons biologiques. Le tout dans une démarche de vulgarisation scientifique appuyée par un site web, des contenus numériques, une action de sensibilisation locale et une immersion dans les coulisses du laboratoire antidopage de l’IAV Hassan II, sous la direction du Dr Taha Elkamli.

Un projet à la croisée des savoirs, des valeurs et de l’innovation

Porté par l’envie de défendre le patrimoine équin marocain face aux dérives du dopage, le projet a également intégré une dimension éthique et sociétale forte. Lors de leur visite d’une compétition de Tbourida à Tiflet, les élèves ont observé l’alchimie entre cavaliers et chevaux, en compagnie du Dr Oussidhoum de la SOREC. Ils ont aussi étudié la symbolique culturelle et religieuse de cette pratique, perçue comme un acte d’honneur transmis de génération en génération.

Les deux lauréats ont également conçu un gel anti-inflammatoire naturel pour chevaux, le Lavandéquin, posant ainsi les bases d’un futur projet entrepreneurial. Une innovation qui pourrait déboucher sur la création d’une start-up, démontrant qu’un projet scolaire peut se transformer en levier de transformation réelle.

Une école d’excellence, une jeunesse en mouvement

Cette victoire est un symbole fort pour le groupe scolaire Jacques Chirac, qui place au cœur de sa pédagogie l’excellence académique, l’ancrage culturel, la citoyenneté active et l’ouverture sur le monde. L’établissement confirme ainsi son positionnement comme incubateur de talents marocains capables de porter haut les couleurs du Royaume sur la scène internationale.

À travers ce projet, c’est toute une vision éducative qui se déploie : former des jeunes responsables, conscients des enjeux contemporains, capables de conjuguer savoir scientifique, engagement éthique et attachement à leurs racines.

Le Maroc au galop vers l’avenir

Cette reconnaissance à Paris ne marque pas une fin, mais un début. Yasmine et Yassine, comme leurs encadrants et leur établissement, ambitionnent désormais d’élargir leur démarche, de poursuivre la recherche, de valoriser la culture scientifique au Maroc… et pourquoi pas, de contribuer à un modèle marocain de lutte contre le dopage équin, à la croisée de la science et du patrimoine.

Le groupe scolaire Jacques Chirac, situé à Rabat, est un établissement AEFE d’excellence à vocation internationale, homologué par le ministère français de l’Éducation nationale. De la maternelle au lycée, le GSJC propose un enseignement plurilingue, rigoureux et ouvert sur le monde, dans un cadre propice à l’épanouissement intellectuel, culturel et citoyen. Porté par des valeurs d’exigence, de respect et d’engagement, le GSJC accompagne chaque élève vers la réussite et l’excellence, en favorisant l’innovation, la curiosité scientifique et l’esprit d’initiative.

Le prix Nobel de chimie décerné à trois scientifiques pour leurs recherches sur les protéines

Déjà honorés par le prestigieux prix Lasker en 2023, John M. Jumper, directeur de Google DeepMind, et Demis Hassabis, PDG et cofondateur de l’entreprise, remportent cette fois-ci un prix pour AlphaFold, un modèle d’IA capable de prédire la structure tridimensionnelle des protéines à partir de leur séquence d’acides aminés.