Le diktat de Pékin ou comment la Chine force la baisse des prix du fer

Contrairement à plusieurs métaux stratégiques, le cours du fer a enregistré une chute progressive en ce début d’année 2026, alimentée par les craintes d’une offre excédentaire. Cette baisse pourrait porter un coup dur aux principaux pays producteurs, notamment l’Australie où le secteur minier est principalement porté par les revenus d’exportation du minerai de fer.

La Chine, premier importateur de ce minerai, constitue le moteur de la demande mondiale en tant que premier producteur d’acier. Récemment, les volumes de ses stocks portuaires ont atteint des niveaux inédits alors que la production d’acier a baissé.

Une déstabilisation des prix du fer est prévue à partir de 2026

Depuis 2024 et jusqu’à la fin de 2025, le cours du minerai de fer est resté relativement stable, porté par une grande demande des aciéries chinoises. Cette stabilité n’a pas empêché des volatilités périodiques du cours de ce minerai, en baisse ou en hausse, mais celui-ci se situe généralement autour de 100 dollars la tonne (à plus ou moins 10 dollars près).

Cependant, comme pour tous les métaux stratégiques, des pénuries d’approvisionnement peuvent causer des flambées vertigineuses des prix, comme ce fut le cas en 2021 lorsque le cours du fer a doublé, dépassant le seuil de 200 dollars la tonne.

En 2026, les estimations de la plateforme Platts prévoient un cours du fer sur le marché de Singapour, en moyenne autour de 100 $/tonne sèche au début de 2026, avant de prévoir une diminution des prix de fer à teneur élevée en dessous de ce seuil au moins à partir du deuxième trimestre de l’année 2026.

De même, Bloomberg, qui a sondé plusieurs analystes du marché, estime que le cours en 2026 devrait passer d’une médiane de 100 dollars la tonne au premier trimestre 2026 à 90 dollars au deuxième trimestre 2027.

La Chine resserre la demande mondiale en fer

Par sa position, la Chine choisit d’exercer un contrôle sur les prix de ce métal. Depuis un certain temps, elle est en pourparlers avec plusieurs grands mineurs (BHP, Fortescue, Rio Tinto, Vale), à travers une stratégie qui devrait porter ses fruits dès 2026.

Cette stratégie stipule qu’une seule compagnie chinoise, China Mineral Resources Group, consolide le pouvoir de négociation des aciéries chinoises à travers des négociations contractuelles qu’elle entretient exclusivement avec les fournisseurs mondiaux du minerai de fer.

Sous la contrainte de perdre un marché important, la compagnie minière australienne BHP, qui possède l’une des plus grandes mines de fer à ciel ouvert au monde, a déjà accepté des prix inférieurs à ceux du marché, cédant aux pressions chinoises, bien qu’elle estime que ces mesures soient limitées et temporaires.

De son côté, la Chine estime que cette stratégie est légitime pour sécuriser à long terme ses importations, indispensables pour satisfaire ses besoins en ce métal dont elle dépend fortement pour son secteur sidérurgique, moteur de sa croissance industrielle.

Ainsi, contrairement aux autres métaux, le pouvoir de négociation dans le cas du fer se trouve exceptionnellement du côté du consommateur. Or, la Chine est la seule à pouvoir imposer ses conditions grâce à sa position sur le marché, représentant à elle seule une demande dix fois supérieure à celle de tout le marché européen.

En 2026, une offre excédentaire portée par l’entrée en production de la mine de Simandou (Guinée)

La force de négociation chinoise est portée par l’entrée en production de la grande mine de fer de Simandou en Guinée, qui constitue une alternative d’approvisionnement capable de livrer de grands volumes du minerai de fer de haute qualité. Une première livraison inaugurale de 200.000 tonnes a récemment été réceptionnée en Chine par voie maritime, alors qu’un deuxième minéralier est déjà en route pour assurer la seconde livraison.

Entrée en production en novembre 2025, cette mine est capable de produire 120 millions de tonnes du minerai de fer à haute teneur (65%) annuellement et devrait présenter un impact stratégique sur le prix du fer à mesure qu’elle intensifie ses opérations.

La Chine, qui s’approvisionne habituellement auprès des mines australiennes de Pilbara, ne pourrait se passer totalement du minerai australien, car la liaison maritime avec la Guinée dure environ 45 jours. Cependant, le rapport de force penche en faveur de Pékin depuis sa décision de centraliser les négociations d’achat, ce qui lui confère un pouvoir de négociation accru, d’autant plus que la Chine est le principal marché mondial, avec une demande en acier d’environ un milliard de tonnes de minerai par an, faisant du marché chinois le plus grand porteur de la demande en minerai de fer.

La Chine limite les exportations sur plusieurs types d’acier

À l’opposé, les mesures de restriction chinoises concernant les exportations de matériaux stratégiques (argent, phosphates, cuivre) concernent également plusieurs types d’aciers. Cette décision s’inscrit dans l’ambition de Pékin de mieux maîtriser les chaînes d’approvisionnement en amont de plusieurs industries clés, telles que celle des véhicules électriques.

D’autre part, un accident meurtrier survenu dans une aciérie chinoise située à Baotou en Mongolie intérieure devrait entraîner un renforcement des inspections dans l’ensemble des aciéries chinoises.

En 2025, la production d’acier en Chine s’est établie à environ 961 millions de tonnes en 2025 et devrait continuer sa baisse en 2026, au moins durant le premier trimestre de 2026. S’ajoutant aux négociations en cours sur le fer, cette vague de contrôles devrait ralentir la production et réduire temporairement la demande de minerai de fer, et ce malgré des stocks actuellement très élevés.

De son côté, la production marocaine de minerai de fer reste limitée à un seul gisement, situé dans la région d’Ouixane à Nador. L’entreprise chinoise China Railway Construction Corporation (CRCC) a réussi à redémarrer l’exploitation de ce gisement et a réussi à exporter vers la Chine environ 30.250 tonnes de minerai en 2024.  

Ce qu’il faut retenir de l’exonération chinoise appliquée aux exportations marocaines

L’annonce de l’exonération chinoise sur 100% des lignes de produits provenant des pays africains les moins avancés a suscité une certaine effervescence médiatique, souvent exagérée.

Lors de la 4ᵉ exposition économique et commerciale Chine-Afrique, qui s’est tenue à Changsha, en Chine, le ministère des Affaires étrangères a déclaré : « La Chine est prête à accueillir des produits africains de qualité sur son marché ».

Comme le rapportent Reuters et la BBC, Pékin prévoit d’étendre l’exonération totale des droits de douane à presque l’ensemble des produits exportés par les pays africains vers la Chine.

Cependant, aucun détail n’a toutefois été communiqué concernant la date d’entrée en vigueur, mais il est probable que cette mesure soit officiellement annoncée lors du prochain sommet sino-africain (FOCAC), prévu en septembre 2025.

Un effet d’annonce plus qu’une révolution commerciale

En réalité, ce dispositif n’est pas nouveau : il couvre déjà environ 98% des lignes tarifaires pour plus des deux tiers des pays africains, représentant ainsi une large majorité du continent.

Plus précisément, trente-cinq pays, principalement les moins avancés, profitent de l’accès en franchise de droits au marché chinois. La nouveauté annoncée à Changsha réside dans l’élargissement de cette mesure à l’ensemble des 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec la Chine, à l’exception de l’Eswatini, seul État africain à reconnaître Taïwan.

La Chine prévoit également d’élargir la gamme de produits concernés. Selon le South China Morning Post, il s’agirait de presque tous les biens que les pays africains sont capables d’exporter, y compris des produits agricoles, manufacturés et bruts.

Il est toutefois important de rappeler que plus de 70% des exportations africaines vers la Chine proviennent de seulement quatre pays : la République démocratique du Congo (RDC), l’Angola, la Zambie et la Guinée, et concernent essentiellement les minéraux critiques (critical minerals).

L’effet d’annonce de l’exonération chinoise masque donc la continuité d’un régime existant, avec des ajustements à la marge.

Pour des pays comme le Maroc, l’impact de cette mesure devrait rester marginal, car ses principales exportations, notamment les produits automobiles, les phosphates et dérivés, ne sont pas principalement orientées vers le marché chinois, qui demeure secondaire dans la structure géographique des exportations marocaines.

Lauren Johnston, professeure associée au Centre d’études chinoises de l’université de Sydney, a déclaré dans une interview au South China Morning Post qu’elle doutait que cette exonération ait un impact significatif.

« La politique chinoise de zéro droit de douane pour les pays africains aura probablement un impact global marginal. Je doute que les droits de douane aient été le principal obstacle commercial pour de nombreux pays dans leurs exportations vers la Chine ».

Huawei ICT Competition : un projet marocain remporte le Grand Prix de l’innovation en Chine

Le Maroc s’est illustré à Shenzhen, au sud de la Chine, lors de la finale de la phase mondiale de la Huawei ICT Competition 2024-2025, organisée du 19 au 25 mai, en remportant le Grand Prix dans la catégorie « Innovation Track » grâce au projet « NovaOR out of the Box », développé par des étudiants de la Faculté des sciences et techniques d’Errachidia, relevant de l’Université Moulay Ismaïl.

Porté par les étudiants Ayman Amokrane et Maryeme Hassani, sous la supervision du professeur Yousef Farhaoui, le projet primé s’appuie sur l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la gestion des établissements de santé grâce à des technologies d’analyse prédictive.

Plus de 200.000 étudiants issus des meilleures universités du monde ont participé aux différentes phases, nationale, régionale et mondiale, de cette compétition prestigieuse organisée par le géant chinois des télécoms.

Dans une déclaration à la MAP, Yousef Farhaoui a salué un succès collectif, fruit des efforts conjoints du ministère de tutelle, de l’Université Moulay Ismaïl et de la Faculté des sciences et techniques d’Errachidia, précisant que l’équipe avait dominé les phases nationale et africaine avant de décrocher la première place mondiale.

Outre « NovaOR out of the Box », le Royaume était également représenté lors de la finale mondiale dans deux autres catégories, à savoir celle du « Cloud », par une équipe de l’Institut national des postes et télécommunications (INPT), et celle du « Computing », par un autre groupe de la Faculté des sciences et techniques d’Errachidia.

L’aventure a débuté en septembre 2024, avec le lancement des inscriptions. Les équipes marocaines ont suivi un programme de formation intensif sur la plateforme « Huawei eTalent », avant de franchir les étapes nationale puis régionale, couvrant les pays d’Afrique du Nord.

L’Académie Huawei des technologies de l’information et de la communication forme et certifie chaque année des milliers d’étudiants dans plus de 110 pays. À ce jour, elle a déjà formé plus de 1,3 million d’étudiants à travers le monde.

(Avec MAP)

Investissements. Invest Hong Kong en prospection au Maroc et en Afrique

Dans un entretien accordé à Médias24, Charles Ng, directeur général adjoint de la promotion des investissements à Invest Hong Kong, a présenté les multiples avantages qu’offre Hong Kong aux investisseurs étrangers.

« L’offre de Hong Kong est complète : fiscalité allégée, accès privilégié au marché chinois, hub logistique et financier mondial », indique-t-il.

Une offre compétitive sur tous les plans

Selon Charles Ng, Hong Kong représente un territoire où la gouvernance, les infrastructures, la fiscalité et le secteur financier s’articulent autour d’un objectif unique : faciliter les investissements.

« Hong Kong est intégralement orientée business. Chez nous, le chef de gouvernement porte le titre de Chief Executive. Cela illustre bien notre culture économique : nous fonctionnons comme une entreprise, avec des objectifs clairs de compétitivité, d’attractivité et de performance », explique-t-il.

Au centre de cette stratégie figure une fiscalité résolument avantageuse. « L’impôt sur les sociétés est plafonné à 16,5%, mais n’est que de 8,25% sur les premiers 2 millions HKD (2,4 MDH) de bénéfices. Et surtout, pas de TVA, pas d’impôt sur les plus-values, pas de retenue à la source sur les dividendes, pas de droits de succession. C’est un système simple, clair et prévisible », poursuit-il.

Selon notre interlocuteur, l’attrait de Hong Kong dépasse largement la seule fiscalité avantageuse. Il réside aussi dans l’accès direct et simplifié qu’elle offre au marché chinois.

« Grâce à l’accord CEPA, les entreprises installées à Hong Kong bénéficient d’un accès préférentiel à la Chine dans de nombreux secteurs : finance, ingénierie, TIC, audiovisuel, tourisme, etc. En plus, les produits d’origine hongkongaise peuvent entrer en Chine avec zéro droit de douane« , précise-t-il.Moins de cinq heures de vol suffisent pour atteindre la moitié de la population mondiale.La position géographique renforce cette fonction de hub régional. « En moins de cinq heures de vol, on peut atteindre plus de la moitié de la population mondiale. Hong Kong est également la première plateforme mondiale pour le fret aérien et l’un des ports les plus actifs au monde. Plus de 220 destinations sont desservies par notre aéroport », souligne notre interlocuteur.

Cette position fait de Hong Kong un point d’entrée privilégié dans la Greater Bay Area, l’une des régions économiques les plus dynamiques de Chine. « Avec un PIB équivalent à celui de la Corée du Sud et une population de 87 millions d’habitants, la GBA est une mégarégion en pleine expansion. Hong Kong en est le centre financier et logistique », ajoute Charles Ng.

À cela s’ajoute un écosystème financier de premier plan. « Nous sommes la troisième place financière mondiale. Plus de 2.600 entreprises sont cotées à la bourse de Hong Kong. Notre marché est liquide et transparent », poursuit-il.

Plusieurs services gratuits pour accompagner l’innovation

Selon Charles Ng, de nombreux services sont proposés gratuitement par InvestHK aux entreprises étrangères désirant s’installer à Hong Kong. « Dès la phase d’installation, nous accompagnons les investisseurs : conseils juridiques, recherche de bureaux, contacts bancaires, ressources humaines, networking… Notre objectif est d’accélérer leur développement », explique-t-il.

Pour ce qui est de l’innovation, notre source insiste qu’à Hong Kong, l’innovation n’est pas un slogan, c’est un écosystème en action. « Nous avons des programmes de soutien pour les fintechs, les start-ups technologiques, la blockchain ou encore l’IA. Le gouvernement investit massivement dans l’écosystème via des fonds publics comme le Hong Kong Investment Corporation. Et nous avons des structures comme Cyberport et le Science Park qui offrent des subventions, des bureaux et de l’accompagnement aux jeunes entreprises ».

« Nous avons cinq universités classées dans le top 100 mondial, un système juridique stable, une communauté internationale dense et un marché du travail ouvert aux compétences étrangères », conclut-il.

Le Maroc n’exporte pas de produits avicoles vers la Chine, rappelle la FISA face aux rumeurs

La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA) a démenti les rumeurs circulant ces derniers jours au sujet d’une supposée suspension des importations de produits avicoles marocains par la Chine. Dans un communiqué publié le 14 mai 2025, la FISA précise qu’aucun produit avicole marocain n’a jamais été exporté vers le marché chinois, faute d’accord sanitaire entre les deux pays.

Selon la fédération, les articles et les publications relayées sur les réseaux sociaux évoquant une telle mesure sont donc « dénués de tout fondement ». Le Maroc n’ayant pas d’accord d’exportation en matière avicole avec la Chine, il ne peut y avoir de suspension de flux commerciaux inexistants.

La clarification intervient alors que certaines rumeurs liaient cette prétendue décision chinoise à la détection d’un foyer de la maladie de Newcastle dans la région de Rabat-Salé-Kénitra.

La FISA rappelle à ce sujet que le dernier cas recensé remonte à février 2024. Celui-ci a été « traité et clôturé » conformément aux protocoles sanitaires en vigueur, et aucun autre cas n’a été signalé depuis.

La maladie de Newcastle, bien que source de pertes économiques dans les élevages, ne présente « aucun risque pour la santé humaine », souligne encore la FISA. Elle est considérée comme endémique dans de nombreux pays producteurs de volailles, mais reste maîtrisable grâce à des programmes de vaccination et de surveillance sanitaire.

Face à la propagation d’informations jugées infondées, la FISA appelle à la vigilance et assure que la sécurité sanitaire est pleinement garantie tout au long de la chaîne de valeur, en étroite coordination avec l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Les produits avicoles marocains, affirme la fédération, « demeurent sûrs à la consommation ».

La trêve tarifaire de 90 jours entre Pékin et Washington soulage les marchés

Les deux puissances ont convenu de ramener leurs tarifs réciproques à 10%, un niveau certes réduit, mais toujours supérieur aux niveaux antérieurs à l’escalade. Certains droits restent toutefois en vigueur, notamment les 20% imposés par Washington au nom de la lutte contre le fentanyl, et les taxes sur des secteurs stratégiques comme l’acier, l’aluminium et l’automobile n’ont pas été levées.

Marchés financiers et matières premières : des réactions cohérentes à la détente commerciale

La déclaration du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, selon laquelle un « bon mécanisme » est désormais en place pour prévenir toute nouvelle escalade, a été interprétée comme un signal positif.

En réaction, les marchés ont immédiatement intégré cette détente : les contrats à terme sur actions américaines ont bondi, le dollar s’est renforcé face à un panier de devises, et le yuan chinois a gagné du terrain. Ces mouvements reflètent un regain d’optimisme quant à la stabilité commerciale bilatérale.

Les principales places boursières, sans exception, ont ouvert en nette hausse ce lundi 12 mai, traduisant un regain de confiance des investisseurs face à l’apaisement des tensions entre les deux premières puissances économiques mondiales. Cette dynamique haussière s’inscrit dans un mouvement de soulagement global après des semaines de volatilité.

Du côté des matières premières, les réactions, bien que contrastées, demeurent en ligne avec les mécanismes classiques de transmission entre la sphère géopolitique et l’économie réelle.

Les actifs refuges, à l’image de l’or et de l’argent, sont en repli, conséquence directe du retour de l’appétit pour le risque. À l’inverse, les cours du pétrole (Brent et WTI) ainsi que du gaz naturel affichent une progression marquée. Celle-ci est portée par l’anticipation d’un rebond de la demande mondiale consécutif à la baisse des tarifs douaniers et à l’espoir d’une reprise plus fluide des échanges internationaux.

Source : Investing

Les marchés financiers mondiaux commencent à renouer avec leur niveau antérieur aux tarifs de Trump

La majorité des marchés financiers évoluent dans le vert pour la cinquième séance consécutive. Les gains enregistrés par l’ensemble des indices, au moment de la rédaction de cet article, ont permis de résorber quasi intégralement les pertes subies depuis le 2 avril 2025, date de l’annonce par Donald Trump de l’instauration de droits de douane généralisés.

Cette dynamique haussière concerne la quasi-totalité des places boursières mondiales, avec des performances variables mais globalement positives. Seules les bourses du Mexique et de l’Espagne affichent encore un repli.

Source : Investing

Ce rebond s’explique par deux facteurs majeurs. D’une part, l’annonce d’une trêve de 90 jours destinée à ouvrir une fenêtre de négociation entre l’administration Trump et ses principaux partenaires commerciaux. D’autre part, et de manière plus déterminante, la déclaration de Donald Trump évoquant une possible révision à la baisse des droits de douane sur les produits chinois ainsi que l’ouverture à des discussions bilatérales.

La combinaison de ces deux signaux a favorisé un climat d’apaisement sur les marchés, ravivant la confiance des investisseurs. Cet optimisme s’est traduit par un regain d’appétit pour les actifs risqués, dopant les indices boursiers à l’échelle mondiale.

Marchés financiers. La dynamique haussière se renforce, les actifs refuges sous pression

Cette embellie trouve sa source principale dans les récents propos de Donald Trump, évoquant une possible réduction des droits de douane imposés à la Chine, un signal perçu comme un tournant majeur par les investisseurs.

La perspective d’un apaisement commercial entre les deux premières économies mondiales nourrit l’optimisme sur les marchés. Depuis l’annonce de Trump, les indices enregistrent des progressions quotidiennes de l’ordre de 1% à 2%. Si ce rythme se maintient sur une semaine, la majorité des places boursières pourraient retrouver leurs niveaux d’avant l’instauration des mesures tarifaires du 2 avril 2025.

Source : Investing

Ce regain de confiance traduit plusieurs dynamiques sous-jacentes. La réduction des incertitudes géopolitiques diminue la prime de risque exigée par les investisseurs, favorisant ainsi une réallocation des capitaux vers les actifs plus risqués. De plus, l’anticipation d’une reprise économique alimentée par une détente commerciale renforce l’appétit pour les actions.

Qu’en est-il des matières premières ?

Parallèlement à la remontée des actions, les matières premières, en particulier les actifs refuges, subissent une pression à la baisse. L’or, valeur traditionnelle de protection contre l’incertitude, accuse sa troisième séance consécutive de recul. Le repli des métaux précieux confirme le déplacement des flux financiers des actifs sécuritaires vers les actifs plus risqués.

De leur côté, les cours du pétrole, Brent et WTI, enregistrent aussi de faibles baisses, attribuables à des prises de bénéfices et à l’attente d’une stabilisation de la demande mondiale.

Source : Investing

Si la tendance actuelle est clairement haussière, certains éléments appellent toutefois à la prudence. La poursuite du rebond dépend largement d’avancées concrètes dans les négociations commerciales sino-américaines. Tout retour en arrière dans les discussions pourrait inverser brutalement la dynamique.

Nouvel échange de menaces entre Donald Trump et la Chine

Donald Trump, via un message publié sur Truth Social, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie d’escalade inacceptable dans une guerre commerciale déjà ancienne.

« Hier, la Chine a émis des droits de douane de représailles de 34%, en plus de ses tarifs déjà records, de ses mesures non tarifaires, de la subvention illégale de ses entreprises et d’une manipulation monétaire massive et de longue durée », a déclaré le président américain.

Donald Trump affirme que cette décision est intervenue malgré ses avertissements répétés, en particulier contre toute riposte commerciale jugée excessive : « Malgré mon avertissement selon lequel tout pays qui riposte contre les États-Unis en imposant des droits de douane supplémentaires, en plus de leur abus tarifaire prolongé contre notre nation, sera immédiatement confronté à de nouveaux droits de douane nettement plus élevés, au-delà de ceux déjà en place ».

Dans ce même message, Trump fixe un ultimatum : si Pékin ne retire pas cette hausse de 34% d’ici le mardi 8 avril 2025, les États-Unis imposeront des droits de douane supplémentaires de 50% dès le 9 avril.

« Par conséquent, si la Chine ne retire pas son augmentation de 34%, au-dessus de ses abus commerciaux prolongés, d’ici demain 8 avril 2025, les États-Unis imposeront des droits de douane supplémentaires de 50%, effectifs le 9 avril », indique-t-il.

Au-delà des mesures économiques, Trump annonce également une rupture diplomatique temporaire avec Pékin : « De plus, toutes les discussions avec la Chine concernant les réunions qu’elle nous a demandées seront annulées ».

Réaction des marchés

Une telle déclaration peut être perçue comme déstabilisatrice, susceptible d’amplifier les tensions sur les marchés, d’autant plus qu’elle intervient après le démenti d’une suspension des droits de douane. Pourtant, les réactions des marchés ont été relativement modérées. L’indice phare de Wall Street, le S&P 500, n’a reculé que de 0,23%, enregistrant ainsi sa plus faible baisse depuis l’annonce des nouveaux droits de douane. Ce léger repli tranche avec les deux fortes chutes précédentes, respectivement de 4,84% et 5,97%.

De son côté, l’indice de volatilité VIX, souvent surnommé « indice de la peur », a reculé après trois séances consécutives de hausse. Ce repli indique une atténuation des tensions sur les marchés, en cohérence avec la modération du recul de l’indice S&P 500. La baisse conjointe des deux indicateurs suggère que les investisseurs, bien que prudents, ne s’attendent pas à une détérioration immédiate du climat économique.

Cela intervient après un message publié par Donald Trump sur la même plateforme dans lequel il appelle le peuple américain et les investisseurs à rester confiants et déterminés : « Les États-Unis ont aujourd’hui l’opportunité de faire ce qui aurait dû être accompli depuis des décennies. Ne soyez ni faibles, ni stupides. Ne cédez pas à la panique. Soyez forts, courageux et patients : la grandeur en découlera ».

Royal Air Maroc et China Southern s’allient pour renforcer la connectivité entre l’Afrique et la Chine

Dans le cadre de ce protocole d’accord, China Southern et Royal Air Maroc élargiront leur coopération interligne et établiront un partenariat de partage de codes pour améliorer la connectivité de leurs réseaux aériens respectifs, indique un communiqué conjoint.

L’objectif est d’offrir aux voyageurs une plus grande variété d’options de voyage aussi bien sur les différentes destinations chinoises et asiatiques à travers le réseau dense de la compagnie chinoise qu’en Afrique par le biais du réseau étoffé de la compagnie marocaine sur le continent, ajoute la même source.

Par ailleurs, les deux transporteurs aériens examineront des opportunités de coopération dans les domaines du transport de passagers et de fret, ainsi que dans les activités liées au secteur, permettant d’offrir des services plus fluides, plus simplifiés et de qualité supérieure aux voyageurs.

Cité dans le communiqué, Qu Guangji, vice-président exécutif de China Southern Airlines, indique que la signature de ce protocole d’accord « est une étape importante pour China Southern Airlines en réponse à l’Initiative de la Ceinture et de la Route, et marque un nouveau point de départ pour la coopération entre China Southern Airlines et Royal Air Maroc. Nous sommes honorés de travailler conjointement avec Royal Air Maroc pour tirer pleinement parti de nos forces respectives, tout en explorant continuellement de nouvelles possibilités de coopération afin d’offrir aux passagers des expériences de voyage fluides et exceptionnelles ».

De son côté, Hamid Addou, président-directeur général de Royal Air Maroc, affirme que « ce partenariat avec China Southern Airlines représente une étape majeure dans le renforcement de la connectivité aérienne entre l’Afrique et la Chine. Cette collaboration permettra d’élargir les options de voyage pour nos passagers tout en renforçant le tourisme et les relations économiques et commerciales entre nos deux pays. En consolidant nos forces mutuelles, nous nous engageons à offrir des expériences de voyage favorisant des liens plus étroits entre l’Afrique et la Chine, d’une part, tout en facilitant l’accès à la destination Maroc des touristes chinois, venant des différentes régions du pays ».

Pour rappel, Royal Air Maroc a repris la première liaison directe reliant le Maroc à la Chine depuis le 20 janvier 2025. La ligne directe Casablanca-Pékin est désormais opérée par la compagnie nationale trois fois par semaine, conclut le communiqué.

DeepSeek, le chatbot chinois qui bouscule l’IA mondiale

Fondée en 2023 à Hangzhou, la start-up chinoise DeepSeek s’est imposée comme un concurrent redoutable aux géants de l’intelligence artificielle générative tels que ChatGPT (OpenAI) et Gemini (Google). Grâce à son modèle d’IA performant et peu coûteux, elle a récemment pris la tête des téléchargements sur l’App Store, surpassant OpenAI.

DeepSeek a été fondée par Liang Wengfeng, un ingénieur diplômé de l’Université du Zhejiang, qui s’est rapidement passionné pour l’intelligence artificielle. Convaincu de son potentiel, il a d’abord appliqué l’IA à différents domaines avant de lancer DeepSeek. Dès 2021, il a discrètement commencé à acheter des processeurs Nvidia pour un « projet parallèle », qui deviendra son chatbot révolutionnaire.

Ses partenaires le décrivent comme un « geek » doté d’une « capacité d’apprentissage terrifiante » plutôt qu’un chef d’entreprise traditionnel.

Une montée en puissance spectaculaire

DeepSeek a fait sensation en développant le modèle DeepSeek-R1, qui rivalise avec les meilleures IA américaines à une fraction de leur coût. Son dernier modèle, DeepSeek-V3, aurait nécessité moins de 6 millions de dollars en puissance de calcul, une prouesse dans un secteur où les investissements se chiffrent habituellement en milliards. Cette efficacité économique a semé la panique à Wall Street, entraînant une chute des actions de Nvidia et AMD.

L’entreprise Nvidia a vu son cours boursier chuter de 17%, tandis qu’AMD a perdu plus de 6% de sa valeur. Ces baisses s’expliquent par le fait que DeepSeek a réussi à concurrencer OpenAI et Meta en utilisant un nombre limité de puces Nvidia H800, remettant en cause la pertinence des investissements colossaux des entreprises américaines dans l’IA.

Le succès de DeepSeek ne passe pas inaperçu. Des experts de la Silicon Valley saluent la qualité et l’efficacité de ses modèles. Même Sam Altman, CEO d’OpenAI, a reconnu sur X que « DeepSeek-R1 est un modèle impressionnant, particulièrement pour ce qu’il est capable de proposer à ce prix. Nous proposerons évidemment de meilleurs modèles, mais c’est stimulant d’avoir un nouveau concurrent ».

La réaction des marchés financiers à l’ascension de DeepSeek met en évidence une problématique clé du secteur de l’IA : le modèle économique des entreprises américaines repose sur des investissements massifs dans des infrastructures coûteuses. Or, DeepSeek démontre qu’il est possible d’atteindre un niveau de performance similaire, avec une approche beaucoup plus économique.

Cette situation remet en question la dépendance des acteurs occidentaux aux puces Nvidia, alors même que les restrictions américaines visaient à limiter la montée en puissance de la Chine en IA. DeepSeek a suscité l’intérêt pour sa capacité apparente à contourner les restrictions américaines sur l’exportation de puces avancées vers la Chine.

En quelques mois, DeepSeek est passé d’un projet confidentiel à un acteur clé du paysage mondial de l’intelligence artificielle. En combinant innovation technologique et rentabilité, la start-up chinoise bouleverse un marché dominé par les États-Unis et redéfinit les règles du jeu dans la course à l’IA.

Dr Moulay Said Afif : « Il n’y a pas d’épidémie liée au virus HMPV au Maroc »

Le métapneumovirus humain (HMPV) peut entraîner des infections des voies respiratoires supérieures et inférieures chez les individus de tous âges, en particulier chez les jeunes enfants, les personnes âgées et celles ayant un système immunitaire affaibli, selon les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

Le virus HMPV, identifié pour la première fois en 2001 chez des enfants souffrant d’infections respiratoires, était déjà présent aux Pays-Bas en 1958. Considéré comme un pathogène des voies respiratoires, comme le rapporte une étude de la National Library of Medicine (NLM).

Les symptômes et le diagnostic

Le virus HMPV provoque des symptômes respiratoires tels que la toux, la fièvre, la congestion nasale et l’essoufflement, pouvant évoluer vers des affections plus graves comme la bronchite ou la pneumonie.

Il n’y a actuellement pas d’épidémie liée à ce virus, ni en France, ni au Maroc

Contacté par Médias24, Dr My Said Afif, pédiatre et spécialiste en vaccination, indique que » les symptômes du virus HMPV sont similaires à ceux d’autres virus respiratoires. Il se classe au quatrième rang en termes de fréquence, après le virus respiratoire syncytial (VRS), le virus de la grippe et le mycoplasme. Ce virus n’est pas nouveau. Le HMPV est désormais détecté grâce au quadruple test, qui a remplacé l’ancien triple test en France. Il n’y a actuellement pas d’épidémie liée à ce virus, ni en France, ni au Maroc ».

« Au Maroc, une cellule de veille épidémiologique, composée d’experts et dirigée par la Direction de l’épidémiologie au sein du ministère de la Santé, suit de près la situation. Aucun communiqué officiel n’a été émis à ce sujet, ce qui rassure sur l’absence de préoccupations majeures. Par ailleurs, il est important de souligner qu’aucun traitement spécifique, ni vaccin n’existe actuellement contre ce virus. Grâce à l’introduction du vaccin contre le VRS en France cette année, il n’y a pas d’épidémie, car tous les enfants nés récemment ont été vaccinés », ajoute la même source.

Comment se prémunir

« Ce qu’on peut tirer comme conséquences avec tous les virus qui circulent actuellement, c’est qu’il est essentiel de continuer à suivre les mesures de prévention habituelles, notamment en se lavant régulièrement les mains. Lorsque l’on est malade, surtout si l’on vit avec des personnes vulnérables, comme des parents âgés ou ceux souffrant de maladies chroniques, il convient de redoubler de prudence, car une infection virale peut être beaucoup plus grave pour eux. Il est donc important de porter un masque et d’éviter tout contact étroit jusqu’à la guérison. En outre, lorsqu’on tousse, il est recommandé d’utiliser un mouchoir ou de se couvrir avec le coude. Il a également été prouvé que l’aération des chambres est cruciale, car la propagation des virus se fait principalement dans les espaces clos« , explique Dr Afif.

Cette année, on a observé des cas de grippe plus graves chez les personnes âgées souffrant de maladies chroniques, ainsi que chez les nourrissons de moins de trois mois

Notre interlocuteur ajoute que « cette année, on a observé des cas de grippe plus graves chez les personnes âgées souffrant de maladies chroniques, ainsi que chez les nourrissons de moins de trois mois. Pour les enfants atteints de maladies chroniques, il est encore temps de se faire vacciner contre la grippe, car ce vaccin permet de réduire la gravité de la maladie. »

« Il est essentiel de maintenir notre vigilance, comme nous l’avons toujours fait, car ce qui demeure essentiel avant tout, c’est la prévention« , conclut Dr My Said Afif .